Archive for novembre 2009

Les pardessus de ville

30 novembre 2009

Petit tour par la tradition du pardessus hivernal ce jour, avec la présentation des trois grands canons classiques que l’on peut trouver dans le vestiaire masculin pour la ville. Les méthodes de coupe préconisent de relever les mesures de la personne sur son gilet et de les majorer suivants quelques règles simples, dont 3cm de plus que la longueur de manche de veste.

Premièrement, on trouve le pardessus croisé classique, sans pinces sous le revers, donnant une bonne ampleur sur les hanches et le bas. Cette coupe permet de conserver une bonne capacité de mouvement, et tient également chaud. Réalisé pourquoi pas en vigogne, c’est tout à fait élégant!La deuxième évolution, issue de la première est le pardessus anglais de forme droite. Réalisé dans un lainage en super 120, son col est en velour ras. Les poches classiques sont, pourquoi pas, plaquées à rabats.

Enfin, la dernière forme du manteau de ville est quelque peu désuette, c’est pour cela que je l’aime, il s’agit du pardessus MacFarlane, connu pour sa pélerine de cocher. Ce vetêment était autrefois en vogue dans le monde élégant. Il emprunte la forme du pardessus droit de soirée. Les revers, s’il en possède, seront recouvert de soie. La pélerine quant à elle est une grande pièce de tissus couvrante, coupée en biais (donnant alors de nombreux plis). Le MacFarlane peut avoir des manches ou pas. Réalisé dans un gros chevron, c’est délicieux:

Vous voilà donc prêt à sortir couvert!

La coupe des revers

23 novembre 2009

S’il est une tâche extrêmement agréable dans le métier de tailleur, c’est bien celui de couper! Et la coupe, c’est tout un art! Si la formation que je suis à l’A.F.T me destine à devenir uniquement apiéceur (celui qui réalise le veston), je goûte mon plaisir lorsque je trace, ce qui n’est pas du goût d’ailleurs du maître tailleur.

En effet, le fonctionnement traditionnel d’un atelier est très hiérarchisé: le tailleur qui reçoit le client prend les mesures et dessine le patron. Il coupe ensuite les tissus, puis donne la bûche (les différents tissus roulés en bûche donc) à : un apiéceur qui réalise le veston, un culottier qui réalise le pantalon, un giletier qui réalise le gilet. Ensuite l’apiéceur rend le travail exécuté, avec les manches et le col non montés, ce qui sera le privilège du tailleur. Un bon ouvrier apiéceur (qui le désire) pourra éventuellement passer ouvrier coupeur (celui qui coupe suivant les patrons), puis tailleur, puis maître en son art… voilà pour le cursus hérité du compagnonnage. Et les tailleurs ont toujours voulu garder au secret leurs méthodes de coupe! Dieu, un apiéceur ne doit pas me voir!

Car la coupe, c’est l’ultime étape du goût et de l’esthétique. Les derniers grands maîtres tailleurs étaient tous des coupeurs de formation; formation dispensée dans la très célèbre école de coupe de la rue d’Aboukir me semble-t-il, aujourd’hui fermée. Francesco Smalto était coupeur chez Camps où il a fait ses armes par exemple.

Mais comme disait Pépin, bref! Revenons en à la coupe du revers de la veste, pour vous montrer à quel point la coupe, c’est important:

Voici figurés trois devants gauches à trois boutons, avec assemblés le devant et le petit côté. La pince recoupe les poches. La ligne rouge foncée représente l’axe de symétrie du revers, sur lequel on le pivote. Faites l’essaie avec votre veste, vous comprendrez.

  1. Cas 1, revers à cran sport (en rose), de type droit. Comme vous le voyez, la coupe du bord du devant suit l’axe DL, y compris le revers. Ainsi, lorsque l’on roule celui-ci, il présente une petite surface et surtout un roulé (à la base, au niveau du bouton) très peu visible. C’est la coupe du prêt à porter, qui l’utilise par soucis d’économie notamment. La pose du passement (bande de coton qui longe le bord intérieur du veston) est facilitée par cette coupe en ligne droite! Cela crée des ‘petits’ revers, disons plutôt mode actuellement.
  2. Cas 2, revers à cran parisien (en rose), de type revers courbe. Vous constatez que le dessin du revers à plat (orange) ne suit pas le DL, et est quelque peu bombé. Cette technique, très culture tailleur, permet au revers de rouler avec élégance, et de bien marquer la base du revers, au niveau du bouton. Elle oblige à poser le passement en courbe, et à piquer les lainages de manière courbe aussi, ce qui n’est pas le plus facile!
  3. Cas 3, revers à cran aigu (en rose), de type devant courbé. Ici, on atteint le summum de l’élégance en terme de coupe, (mais ce n’est pas une obligation ni même une démarche, cela dépend du ‘style’ de la maison) peut-être plus français qu’anglais dans la tradition, quoique… Pour arriver à ce rendu, on courbe aussi le devant, en le rentrant vers l’intérieur (par rapport au DL) au niveau du dernier bouton, et en bombant le revers. Cela crée un ressaut marqué au niveau du roulé. Il est alors possible (à l’instar d’Arnys) d’arrondir le reste de la coupe, notamment l’échancrure du bas, les pinces ou encore les passepoils des poches, ce qui représente un travail non-négligeable. Cela donne un petit esprit équestre pas désagréable, et adoucie le côté strict de la coupe droite, sans pour autant sortir du cadre codifié de la tradition!

Vous constaterez ainsi qu’une coupe grande mesure apporte quelque chose de différent d’un prêt-à-porter, et quelle se remarque, de par son esthétique finement élaborée, dans le détail, car l’élégance n’est que détails…

Editorial du catalogue Arnys AH09

18 novembre 2009

Cette petite retranscription pour les amateurs que nous sommes… enjoy:

Quand j’étais un jeune garçon, rue de Sèvres, la piscine Lutécia et le tailleur Arnys se faisaient face. Tandis que, désireux de barboter, le fiston se dévêtait côté impair, son papa composait avec délectation sa garde-robe côté pair. J’associe ces deux noms car la fonction d’une piscine et celle d’un tailleur pour hommes sont analogues. Ici et là, nous apprenons à respecter notre corps, à veiller à notre silhouette, à résister à la tentation de l’avachissement.

Un collégien débraillé peut avoir son charme, mais non un homme d’âge mûr qui se néglige. Dans les années 70 et 80 du siècle dernier, l’allure cradingue, la doudoune bisexuelle, la bedaine mal comprimée dans un jean trop étroit, le rejet systématique de la cravate (je veux dire: même en des circonstances et des lieux où elle s’impose) firent florès. C’était le triomphe de la laideur flasque.

Aujourd’hui les hommes sont las de ressembler à des sacs, ils ont la nostalgie des vêtements bien coupés, ils redécouvrent le plaisir d’être – avec nonchalance et désinvolture – tiré à quatre épingles.

Le contraire de l’avachissement n’est pas le guinderie, c’est l’élégance. Et l’élégance n’est jamais guindée, ostentatoire. Le dandy, mixte d’épicurien et de stoïcien, a horreur de l’épate et n’aime rien tant que passer inaperçu.

L’élégance a son prix, et un esthète fauché ne peut certes pas rendre chaque semaine visite à son tailleur, mais une garde-robe masculine n’a pas besoin d’être surabondante : quelques vêtements de qualité (et donc inusables) suffisent. A thing of beauty is a joy for ever, et c’est pourquoi nous aimons, de temps à autre, casser notre tirelire et pousser la porte de notre tailleur pour nous offrir le gilet, ou l’imperméable, ou le costume, de nos rêves.

Gabriel Matzneff


Le Prince de Galles

18 novembre 2009

Non, cet article ne sera pas une extension de Point de Vue – Images du mondes, mais il parlera simplement de ce tissu qui porte le nom de Prince de Galles, cette étoffe si chère aux esthètes de l’habillement. Inventé à Londres vers la fin du XIXème siècle par Charles Redfem, il fut adopté par le futur Edouard VII, prince de Galles, pour ses tenues de voyage. Il lança alors Redfem qui baptisa sa création du nom de son royal client!

schéma de larmure prince de galles, simple et fenêtrée

Dans les faits, le motif du prince de Galles est basé sur les carreaux, faits de jeux de lignes horizontales et verticales qui se croisent à des intervales réguliers dans des nuances voisines du blanc au gris foncé sur un fond gris clair. Quelque fois, ce motif de base est surcoupé d’un mince filet rouge ou bleu, on parle alors de prince de Galles à carreaux-fenêtres. Il diffère du dessin écossais qui lui est généralement fait de nuances vives.

Ce motif est généralement réalisé en croisé 2 et 2 qui présente un quadrillage, souvent contrasté ou plus marqué, qui se superpose sur une armure pied-de-poule. A ce sujet, le pied-de-poule est une armure toile qui présente un visuel d’armure sergé (en diagonale). Le pied-de-poule est un tissu croisé 2 et 2 formé de deux fils de couleurs différentes en chaîne et en trame. Le dessin en forme de damier empietant, caractéristique du tissu pied-de-poule est obtenu par le rythme des effets de chaînes et des effets de trame, associé à une alternance régulière des fils de couleur, en chaîne et en trame. Les motifs gros pied-de-poule sont appelés pied-de-coq.

Pour ce qui est du port du prince de Galles, ce bon compromis entre tissu sport et tissu ville, il est varié et souvent de bon goût. Il permet de porter un motif carreau sans que cela devienne fatiguant. Il est le plus souvent très discret, mis à part peut-être ces princes de Galles des années 30 présentant un format supersized… Deux grandes couleurs dominent: le beige estival (ci-dessus) et le gris plus hivernal (ci-dessous). Ceci dit, cette différenciation n’est qu’une proposition de style, le prince de galles porté en journée peut être très polyvalent, à la ville comme à la campagne ou dans une gare de la côte amalfitaine à côté de vos malles…

Ça ne coûte pas si cher de bien s’habiller

16 novembre 2009

C’est sur cette rengaine commerciale que je vais vous faire part de la tenue que je portais aujourd’hui, pour répondre à un discussion que j’ai entretenu sur un autre blog à propos du coût et de la relation à la classe sociale que peut représenter l’habillement. Si l’on sait que les dépenses d’habillement des ménages français ont baissé de moitié en 45 ans, passant de 11,8 à 4,7% du budget annuel, la perte qualitative fut aussi très grande. (CF cet article captivant de La Dépêche). Ainsi, ce jour pour aller en cours à l’AFT, j’avais sorti ma panoplie méga-brand pas chers, dans une tonalité très automnale:celio

  • La veste en velours côtelé marron, 3 Suisses de l’année dernière, 78€ (+boutons changés pour des modèles en cuirs, chez Ultramode mercerie, 5€)
  • Le pantalon en velours côtelé moutarde, Celio d’il y a trois ans, une cinquantaine d’euros, de bonne coupe.
  • Une chemise Le Grand Comptoir (une sorte de bazar de meubles) blanche rayée marron, 29€
  • Un nœud papillon Polo Ralph Lauren bleu rayé club rouge avec des têtes de chiens de chasse, 9€ à La Vallée Village
  • Une ceinture en veaux-velours, à boucle dorée, Bexley, 29€
  • Une paire de souliers à bouts droits en veaux-velours, amoureusement entretenus, Bexley, 129€
  • Une paire de boutons de manchette ronds dorés, aux puces de Vanves, 15€
  • Un petit mouchoir de pochette beige à pois blancs découpé dans un échantillon de tissus, O€

Voilà pour ce petit tour d’horizon, qui ne manquait pas de panache, pour une prix total franchement raisonnable, avec des classiques réutilisables. Comme quoi aussi, dans les sous-marques, on peut trouver de quoi se fagoter convenablement, à ma grande surprise aussi.

MàJ: Ceci dit, nous sommes tous d’accord que l’Art ne nait pas dans le médiocre ou même le moyen. Mais avec un peu de goût, sans trop de moyen et un grand respect des codes, on peut être correctement ‘mis’. Mais en aucun cas cela ne peut dépasser ou remplacer l’Art, le bien fait et le vrai savoir-faire…

Distractions hivernales

13 novembre 2009

L’annonce de l’hiver flaire bon les ballades au bord des étangs ou ces autres joies de petits matins brumeux. Encore faut-il avoir la bonne tenue, la plus chaude, la plus décontractée, la plus pratique…

Si l’on identifie quatre grandes activités pour la saison froide (chasse, promenade, pêche, équitation), il convient de faire un petit tour des idéaux vestimentaires qu’elles recouvrent. Cet article reprend les thèmes du magazine ADAM d’Avril/Mai 1961, dont la citation.norfolk

La chasse (aux tetras ou aux pigeons d’argiles, c’est selon…) pour commencer. Le veston le plus cannonique qui soit est la veste norfolk (ci dessus), une petite merveille anglo-saxonne, très bien décrite dans cet article sur De Pied en Cap. Cette veste qui réapparait cycliquement suivant un rythme d’une vingtaine d’année doit beaucoup de son succès au prince d’Edinbourgh qui "en choisissant le veston norfolk (…) a prouvé son côté foncièrement pratique. En effet, aucun autre vêtement n’est aussi adapté aux exigences du tireur. L’aisance de cette veste invariablement fendue à mi-hauteur dans le dos, la ceinture lâche, les vastes pohes à soufflets et la coupe confortable des manches et des épaules font de ce vêtement un costume pratique et souple". Les modèles hérités de l’époque victorienne étaient réalisés en velours cotelés ou en whipcord et les années 60 les ont adoré en drap Grenfell. Ce modèle est notable pour ses bretelles intégrées qui retiennent les poches depuis les épaules. Un bon chevron ou un tweed saxony seront du meilleur effet, en coordonné ou pas. La casquette et les souliers peuvent reprendre le même tissus que la veste…

marchePour la marche, une veste droite imperméable sera de bon aloi. Trois quart, elle permettra un bon jeu de jambe pour les promenades. Réalisée en gabardine de coton avec un intérieur en velours, elle est réversible. Les larges poches de côté (sur des modèles de poche poitrine) permettent de tenir les main au chaud. Un bon pantalon de tweed, pourquoi pas à carreaux fenêtres, c’est la mode du dépareillé inversé (merci le Chouan) sera complété par des derbys en veaux-velours et des gants en pécari.

pechePour la pêche, visons du sérieux, à savoir cette veste coupée dans un tissus type Gore-Tex, tout à fait imperméable à la pluie et au vent, chaude, légère et lavable. La plaque d’épaule est réalisée dans une couleur différente. Des poches à soufflets et à pli creux permettent de promener ses accessoires et de larges poches ventrales permettent d’attendre le goujon les mains au chaud.

chevalPour une visite au paddock, préférez donc cette large veste à col raglan dotée de trois poches extérieures à rabats. Réalisée dans une laine chaude, elle est doublée aux manches d’un fin coton, et son ouverture est réglée par une doublure de protection sur le devant. Les poignets sont dotés de caoutchouc permettant un resserrement sur les gants, pour ne pas faire manche à air à grand galop.

Ces quatre figurines pour vous prouver à quel point, un vêtement bien porté dans une occasion particulière sera d’un grand secours pour assurer votre confort. Une place pour chaque chose, et chaque chose à sa place (dixit un écrivain écossais, on y revient toujours)!

En bras de chemise

9 novembre 2009

Comme le titre de ce billet le laisse présager, nous allons ce soir laisser tomber la veste, pour une raison simple, il fait chaud, dans ces intérieurs surchauffés. Comment donc dès lors être chic? rester élégant?

Le port du gilet, ce vêtement de plus en plus manquant à nos gardes robes semble revenir à la mode, même si l’on voit rarement les gens porter des complets (nom du costume trois pièces d’une même matière). Une raison notable à cela, le coût du gilet. En grande mesure et à 1000€, le choix est vite vu, aussi vite qu’en confection industrielle, où les 150€ de surcoût sont plutôt mis dans la commande d’un second pantalon. Cet argument économique n’est pas le seul, la chaleur étant la seconde des raisons.

Pourtant, le gilet permet de retirer la veste sans peur d’être trop ‘nu’, de modérer sa température corporel tout en restant civilisé.

Il existe plusieurs sortes de gilets bien évidemment, du plus simple au plus habillé. La classification reprend les grands thèmes de la veste, à savoir droit ou croisé, à revers ou non etc… le tableau ci-dessous récapitule ces idées:gilets3Alors évidemment, il convient de ne pas porter le gilet à revers avec n’importe quelle veste. Reprenons les conseils de Parisian Gentleman:

- Avec une veste droite avec des revers à crans simples:

  • gilet droit : sans crans, crans simples
  • gilet croisé : col châle

- Avec une veste droite avec des revers à crans aigus:

  • gilet droit : sans crans, crans aigus
  • gilet croisé: crans aigus, col châle

NB: pour la classification des cols et revers, je renvoie à mon article sur les revers. De plus, il est tout à fait possible de porter un gilet sous une veste croisée, mais si cela se fait moins. Le secret (s’il en est un) est de faire correspondre le ‘formalisme’ des revers, du plus simple au plus formel donc.

Ensuite, libre à vous des porter, à la ville:gilet1ou à la campagne, plus facile notamment en soirée où le compromis élégance/contrôle thermal est optimisé:gilet2Pour ce qui est des couleurs, soit vous préférez le complet (gilet, veste et pantalon sont de la même matière), soit le dépareillé, avec un gilet d’une laine différente, mais c’est alors une histoire plus compliquée, mais peut-être plus ‘moderne’ ou ‘mode’… Pour ce qui est des poches, le gilet est le lieu des fantaisies tailleurs. La norme est quatre poches (du type poche poitrine). Mais vous pouvez trouver des poches passepoilées à rabats, des poches à passepoilées simples, des poches paysannes (un seul et haut passepoil) et que sais-je encore…

Alors messieurs, n’hésitez pas! Vous seriez si élégants sans votre veste mais en complet pantalon+gilet…

Mariez-vous qu’ils disaient…

3 novembre 2009

Ce jour, nous allons étudier les différentes possibilités qui s’offrent à l’homme élégant pour le jour de son mariage. Une chose est sûre dans tous les cas, le port du costume de ville (ou dans son appellation contemporaine, costume de travail) n’est pas autorisé pour des noces. Le côté formel de l’habit devra être primordial. Votre femme fera un effort souvent démesuré, digne des plus grands chantiers navals, pour construite sa tenue, ne vous contentez pas du minimum légal.

Également, je ne vais certainement pas vous présenter les horreurs du style Canotier et consort, qui font passer les veste trop longues pour des redingotes d’un nouvel âge. Nous resterons dans une ligne classique, sobre, car il convient de ne pas faire d’ombre non plus à la robe de la mariée. C’est elle que l’on doit admirer. Exit donc les gilets rouge et or. (Par ailleurs, la rédaction de SC s’excuse pour les lamentables robes de mariée, mais SC n’a aucun goût en ce qui concerne le vestiaire féminin)

Premier exemple, le plus canonique: la jaquette:

mariage1

La jaquette est cette grande redingote à queue de pie, à un bouton. Une jaquette en gris moyen sera indiquée, avec un pantalon plus clair, de flanelle ou à rayures. Le gilet bleu est croisé. La chemise à poignets mousquetaires est bleue à col blanc (pourquoi pas détachable?), et la cravate lavande. L’homme sera ganté. Je n’opte pas pour la lavallière, mais pourquoi pas… Les tons sont donc dans les bleus clairs, tenue idéale pour un mariage dit ‘bourgeois’.

Deuxième exemple, plus sobre, plus urbain aussi, peut-être plus abordable, le costume un bouton à cran aigü:mariage2C’est en costume en flanelle anthracite, à un bouton (de type smoking), avec un gilet moutarde, une chemise bleue à col blanc, et une cravate en fin lainage bleu éteint. Il s’agit là d’un compromis pratique, qui permet de remettre le costume pour des occasions plus particulières, ou même en milieu profesionnel sans le gilet.

Le dernier exemple est le plus formel, le white tie ou habit:mariage3Cette tenue que les anglais appellent pour l’occasion ‘full formal’ est extrêmement rigoureuse et très très formelle. L’habit est constitué d’une queue de pie, d’un pantalon à double galon, d’un gilet en nid d’abeille, d’une chemise à col cassé et d’un nœud papillon en nid d’abeille également. Le port des gants s’impose. Stiff Collar lui donne sa préférence: l’habit peut se réutiliser; il permet aussi de rester sobre et élégant.

Enfin, détail sartorial unique au mariage, il convient d’arborer à la boutonnière un oeillet blanc, pris au bouquet de votre épouse. J’espère dès lors que vous éviterez le costume trois boutons en laine-polyestère beige…

De l’épaisseur des lainages

2 novembre 2009

Nous entendons parler de plus en plus souvent pour décrire les costumes de l’épaisseur de leur lainage, appelée super quelque chose… Mais que signifie exactement ce terme?

La laine, après avoir été tondue sur le dos des moutons, est envoyée au lavage pour en retirer les saletés puis dans des sortes de rouleaux pour être cardée, c’est-à-dire être transformée en fibres longues de laine. Après cette opération, elle est relavée, apprêtée, et enroulée par plusieurs brins. Ensuite, si les fibres sont trop courtes, on s’arrêtera là, ce qui donne la laine cardée (le tweed par exemple), et si les fibres sont de bonnes qualités, on les peignera. Le fil primaire s’appelle le retor. Il peut de nouveau être enroulé pour former un fil double retor.

La finesse de fil ainsi obtenu se distingue sur les normalisations oko tex suivant les termes super 60, super 70, super 100, super 180, super 200 etc. Il s’agit en fait du nombre de fil que l’on peut disposer les uns à cotés des autres sur une longueur d’un pouce. Cela donne donc une indication sur la finesse du fil utilisé pour tisser le lainage.

Car vous pouvez très bien obtenir un tissus lâche et estival avec un super 110’s, il suffira de tisser les fibres de manière aérée. Il n’y aura pas 110 fils sur un pouce mais il aura été tissé avec un fil super 110… Cela ne préfigure donc en rien la qualité finale du tissus.

Cumunel

Blazer en lainage armure chevron super 90s, et chino en sergé de coton.

Deux grands types de tissage sont utilisés en mode masculine, l’armure toile et l’armure sergé, dont est dérivé le chevron.  La flanelle par exemple est une armure toile en laine cardée, qui peut se présenter en super 110’s ou super 180’s. Le lainage grain de poudre (vu dans l’article sur les smoking) est à l’inverse une armure toile en laine peignée, qui peut se présenter.. idem.

Alors attention, cette mode actuelle pour la finesse du tissus ne veut rien dire en revanche. Se prévaloir d’un costume en super 150’s ne veut pas dire grand chose. Les lainages fins (super 130, 140, 170 etc…) ont été développé grâce au perfectionnement des outils de production, dans le même temps que l’industrialisation du prêt à porter. Un maître tailleur ne se risquera que rarement sur des lainages supérieurs à super 130’s. Les tissages d’une finesse supérieure sont plutôt destinés à être travaillé par des robots automatisés. Ils demandent une extrême précision dans leur mise en œuvre, car ils frisent vite (effet de vague aux coutures) et demandent des fils extrêmement fins ne se tordant pas (donc plutôt en 100% polyester). Ils sont donc d’une grande difficulté à travailler, et ne sont pas appropriés au travail à la main. De plus, les industriels vantant ces produits en super 160’s ont souvent recours aux toiles thermocollantes pour les plastrons, thermocollants qui marquent assez vite sur ces fins lainages…

La norme acceptable pour un tailleur se situe aux alentours du super 110’s, voire maximum super 130’s. Au delà, des techniques industrielles (notamment le picotage des revers au fil de nylon sur une machine à aiguille courbe) s’imposent plus ouvertement.

Une figurine pour le plaisir

1 novembre 2009

Petit clin d’oeil chasse à un ami:

garin_chasseDans le rêve, toujours et encore…


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