Archive for mars 2011

Arnys, une fois encore, pour le défilé.

28 mars 2011

La nouvelle politique d’Arnys qui entend se développer l’amène à tester de nouveaux principes de communication parmi lesquels le défilé de mode. Cette charmante et très élitiste maison qui s’érige maintenant en Hermès de la rive gauche a donc testé le principe pour présenter sa collection de l’hiver prochain, au théâtre Récamier. Votre serviteur n’était hélas pas invité mais j’ai cherché à en savoir plus.

Prônant un style résolument contre la mode et recherchant des formes dans les vêtements historiques, le résultat est la plupart du temps très intéressant, notamment par l’usage des couleurs. Les étoffes sont rares et couteuses. La démarche captivante. Il me prend souvent de dessiner quelques modèles en m’inspirant de leurs vitrines. Le fait est que le travail est ardu :Mais je n’y travaille pas alors laissons faire les professionnels : MM. Grimbert et fille. Continuons donc par le texte rédigé pour accompagner la présentation de la nouvelle collection:

Un voyageur se promène des bords de Loire à Oulan Bator…

Ce long périple lui fait parcourir les villes européennes le long du Danube, à travers des paysages de forêts, de prairies et de plaines. Puis, par-delà Minsk et Novgorod, par-delà l’Oural, s’offrent à lui la taïga, la steppe, l’Asie centrale et ses grands espaces.

Ses vêtements reflètent, par touches, l’histoire de ce long voyage initiatique et empruntent les couleurs du temps et des paysages : pastel vert d’eau, lichen et vert mousse, moutarde, palette des bruns et des rouille, symphonie de bleus profonds.

Une vingtaine de silhouettes, longues et fines, quintessence de la collection de la saison, proposent un instantané du chic germanopratin, une interprétation culturelle moderne de l’allure et de la distinction.

Dans un premier temps, les costumes esprit Saint-Germain-des-Prés se révèlent : boutonnage haut et taille rehaussée des vestes droites 2 ou 3 boutons, épaule étroite et fine, près du corps et naturelle, tête de manche en olive qui autorise la gestuelle.

Ces vestes souples à la française aux devants ouverts, un rien plongeants, réminiscence de la chasuble XVIIIe, laissent apparaître des pantalons plats, hauts de montant, fuselés, étroits du bas et cassants sur la chaussure, la plupart portés avec des bretelles.

La part belle est faite aux riches et nobles tissus anglais et irlandais, et aux effets de matières : draps à rayures colorées, flanelles teintées, pèle-mêle tweeds, shetland, lambswool et cachemire…

Les chemises, traitées dans les plus beaux cotons, cachemire et soie, offrent un réel travail du col, sous-boutonné, anglais, à rabat en demi-lune ou à pointe émoussée.

Symbole de l’élégance et élément identitaire d’Arnys, les manches des vestes possèdent toujours 4 boutons dont 3 boutonnables.

La veste se porte avec une seule boutonnière orpheline à droite et deux à gauche côté montre, suggérant le poignet double – parfois simple – de la chemise. Poignet agrémenté de boutons de manchettes, or et pierre dure ou précieuse, le seul bijou que peut raisonnablement se permettre l’homme d’aujourd’hui, une joaillerie que propose la maison.

Alternative au costume de ville, le vêtement devient plus nonchalant pour un autre porter citadin. Entre ainsi en scène la ligne Saint-Germain-des-Prés, vestes d’inspiration mongole, matelassées et détournées dans de superbes tissages, auxquelles s’ajoutent en détails des éléments en cuir surpiqué utilisé en sellerie et pour les ceintures. Le raffinement est dans le travail des doublures, parfois matelassées dans la longueur à la chinoise, et l’emploi du swakara, fin agneau bouclé typé breitschwanz pour les cols et les parements.

In fine, ce long trajet donne l’occasion d’une réception. C’est l’heure du smoking noir formel en fin et souple alpaga/mohair noir avec nœud et ceinture en satin. Les deux autres propositions, élégante offre contemporaine, sont la veste courte à parements boutonnés telle une veste de batelier, ainsi que la veste appelée «  Cornac », d’inspiration indienne, revisitée ici pour le soir avec petit col de satin.

Maintenant, admirez les images sur le site du Figaro Madame (ne me demandez pas pourquoi…)

Je suis circonspect. L’ensemble est pour le moins curieux, plutôt hétérogène à mon goût et certainement pas assez minimaliste. Les couleurs sont outrées et les styles détonants (apparemment revendiqués), allant du russe cosack au voyou des années 30 en passant par le néo-autrichien. Je suis d’accord avec leur positionnement, à savoir rechercher du nouveau dans le confort décontracté et l’élégance à la française. Mais tout de même, pousser à ce point le bouchon! L’ensemble est vraiment ‘costumé’ et pas dans le bon sens. Jean-Paul Goude ne ferait pas différemment pour une commémoration de la prise de  La Bastille.

Qu’en pensez-vous?

Julien Scavini

The Big Bang Theory

21 mars 2011

Si vous ne connaissez pas The Big Band Theory, sachez qu’il s’agit d’une série télévisée américaine diffusée sur CBS et qui fait actuellement beaucoup parler aux Etats-Unis et ailleurs, tant elle est drôle. Mais non, je ne vais pas disserter sur le ‘look’ des personnages, mais plutôt sur celui d’un des acteurs.

Je faisais une petite recherche sur internet à propos de ce programme quand je suis tombé sur cette photo du groupe de comédiens : ICI. Et rien ne m’a sauté aux yeux. L’un arbore une chemise noire, comble du mauvais goût, le second un costume trois pièce un peu trop fashion et étriqué qui pourrait sortir de chez The Kooples et le dernier sur l’image un affreux manteau qui lui donne l’air mal fagoté. Et puis il y a l’indien, Kunal Nayyar pour être exact.

J’ai été légèrement interloqué par sa tenue, depuis j’y pense constamment. Ce monsieur a réalisé un exploit (de mon avis) : associer la veste dépareillée, appelée aussi veste sport, à une soirée… D’après mes savantes règles elles-mêmes tirées des meilleures théories, seul le costume peut être de mise le soir. Avec des souliers noirs!

La veste sport doit être accompagnée de souliers marrons, ce qui la cantonne à la journée. Je n’aurais pas idée de débarquer à une soirée en souliers marrons et veste dépareillée. Le costume me paraitrait la meilleure option, sans aller forcément vers le smoking. Or ici, la veste est seule, en petit pied-de-poule noir (celui dont je n’aurais jamais su quoi faire auparavant) et accompagnée d’un pantalon noir. Je partage avec le Chouan son avis sur le pantalon noir. Mais ici, c’est la seule option qui paraisse viable. Avec les richelieus noirs et la cravate noire, cela crée un ensemble cohérent, qui ne fait pas garçon de café et qui convient absolument (de mon pur avis très subjectif) à une soirée, si le smoking n’est pas exigé. Sachant qu’évidemment aujourd’hui, rien n’est jamais exigé et que les gens croient bon de venir en jeans, à un vernissage par exemple.

Cette personne a, peut-être est-elle conseillée, ouvert une petite brèche pas idiotes dans les sacro-saintes règles. Une brèche de goût. On peut être de mauvaise foi pour défendre sa position, mais quelques fois il faut reconnaitre l’intérêt là où il est. Car marier la veste sport avec un événement mondain est un tour de force, presque une théorie du big bang!

Julien Scavini

Le whiskey d’Islay

20 mars 2011

Une petite vidéo ce dimanche sur la fabrication du whiskey Bruichladdich en provenance d’Islay, petite île proche des Hébrides en Écosse. Les spiriteux et leurs mystères ne sont pas un sujet de Stiff Collar, mais quand ils ont fabriqués si joliment, ça le devient! Entre les tisseurs de tweeds et les malteurs d’orge, l’Écosse regorge de trésors du patrimoine vivant.

Sur arte+7 pour une semaine

Vidéo Arnys

15 mars 2011

Lien vidéo ici : http://www.video.mensup.fr/video/iLyROoaf8oA9.html

La pattemouille

14 mars 2011

L’entretien d’un costume est une chose délicate qu’il ne faut pas traiter à la légère. Une laine bien entretenue durera, c’est là le point principal. Mais évidemment, les traitements différeront entre un costume thermocollé et un entoilé, surtout grande-mesure.

Le point principal est de s’occuper régulièrement et simplement de son costume ou de sa veste. Après une journée et de retour chez soi, je conseille de retirer le pantalon pour passer quelques chose de différents (un jogging de coton? :-)). Laissez reposer le lainage, comme vos chaussures en cuir qui doivent impérativement être garnies d’embauchoirs. Un valet de chambre en bois représente le nec-plus-ultra du confort pour vos habits. La veste sur son cintre pour galber les épaules et faire retomber la vapeur, le pantalon dans la presse pour faire disparaitre les plis de genoux.

Vous complèterez avec un petit coup de brosse pour enlever la poussière avant de ranger l’ensemble sur un cintre dans la penderie. Avec au minimum un costume par jour ouvré, la rotation est efficace. Plus vous aurez de costumes, moins ils s’useront! Idem pour les souliers (en fait, les plus riches sont d’une certaine manière économes sur ce poste de dépense…). Dans l’armoire (ou le placard), certains aiment les housses données par la boutique : uniquement pour les longs repos de contre-saison et pour y placer de l’anti-mite.

Pour le grand nettoyage, la chose de complique. Les grands tailleurs du ‘bespoke’ demandent souvent à leurs clients de rapporter les vêtements pour nettoyage. Le traitement commence par la brosse, puis la brosse humide. Ensuite la fameuse pattemouille entre en jeux. Cette fameuse pièce de tissu des tailleurs est généralement faite d’un grand bout de lainage doublé de coton. La laine va contre la laine. La patte-sèche, appliquée contre la veste est alors humectée et devient pattemouille. Il s’agit de commencer par l’intérieur en doublure, en particulier aux aisselles. Un peu de vapeur pour chasser les résidus n’est pas un mal. Puis côté lainage, la patience est de mise. Comptez une petite heure pour une veste. Celle-ci doit d’ailleurs être disposée sur un coussin tailleur ou œuf, qui est une sorte de grosse masse  rembourrée un peu gauche pour donner le galbe au veston pendant le repassage. On pose la patte-sèche, on mouille, on sèche. Cela fixe les fibres de laine en même temps que la saleté passe dans la pattemouille. Vous pouvez essayer si cela vous amuse. Attention à la vapeur dans ce cas. Les tailleurs font rentrer certains ‘trop pleins’ de laine appelés ‘embus’ grâce au poids et à la chaleur du fer tailleur que la vapeur fait ressortir, créant des boursouflures, notamment sur le col.

En moyenne, un costume grande mesure doit être nettoyé une à deux fois l’an. Cela est permis par le grand nombre de pièces qu’ont les élégants assez fortunés pour ce type de service. Le pantalon un peu plus, qui lui est plus facilement rapportable au pressing.

Un costume thermocollé peut subir exactement le même processus. C’est d’ailleurs plutôt conseillé. Non pas que le nettoyage à sec soit particulièrement mauvais (quoiqu’à force, cela abime un peu les laines), mais plutôt le repassage qui est effectué à la vapeur. Celle-ci, par effet mécanique (la puissance du jet et aussi la forte chaleur) va décoller les toiles en quelques mois voire quelques années suivant votre rythme. Mais si vous y allez quatre fois par an, cela devrait tenir très bien le choc. Les pantalons eux peuvent subir un traitement maison. Je n’hésite pas à mettre les miens dans la machine, en cycle laine 10°c. Les fabricants d’électro-ménager ont fait tout de même de gros progrès, et cela ne détruira pas un pantalon. En revanche, vous aurez fort-à-faire avec le repassage, d’ailleurs toujours à la pattemouille pour prévenir le lustrage (effet de laine qui brille à cause de la chaleur). Sinon, si vous ne voulez pas mettre votre pantalon dans un tambour, vous pouvez intégralement le passer sous la pattemouille, ce qui est déjà un excellent nettoyage.

Enfin, il existe un nouveau procédé dans les pressings pour remplacer le perchloroéthylène (solvant) dans les nettoyages à sec qui consiste à utiliser du silicone… Pas eu de retour de cette technologie encore, même si ces techniques me laisse songeur. Patrick Nègre, Pdg d’Universal Music est un des investisseurs des ‘green pressing’, quand on voit ce qu’il porte…

Julien Scavini

J’aime assez le noir

7 mars 2011

Shocking! What!? Stiff Collar prône le noir???

Rassurez-vous, je ne bouge pas sur mes fondements! Explication. Hier soir, France 2 diffusait le dernier volet du téléfilm avec Lòrant Deutsch consacré à la vie de Fouquet, ce fameux sur-intendant de Louis XIV qui fut emprisonné pour crime de lèse-majesté. Les films en habits me plaisent toujours, moi qui cherche constamment des pistes pour renouveller ‘le style français’ grand siècle.

Dans ce téléfilm, j’ai noté la grande différence vestimentaire qu’il existait entre Fouquet ou Colbert et le reste de la cour. Ces deux personnages influents étaient vêtus de noir, de manière très présente, comme les ecclésiastiques du reste. Ce n’est pas une découverte que je fais là, le noir étant historiquement et traditionnellement la couleur des gens d’église, de justice et de service : clercs, avocats, banquiers ; bref, des bourgeois travailleurs et autres porteurs de ‘charges’ se différenciant là des aristocrates. Ce principe a continué jusqu’à nos jours. Ci-dessous, Jeeves en noir, la majordome, accompagne Wooster, en prince de Galles, le maître.

J’ai toujours condamné le port du vêtement noir uni, à l’instar du Chouan des villes ou de For The Discerning Few. Un gentleman ne porte pas de noir, sauf si celui-ci est entrecoupé de rayures ou alors pour certaines occasions comme les enterrements, ou alors s’il vit en 1930 et travaille dans une banque de la City.

Mais au fond, si les gens veulent porter du noir, cela ne me dérange pas le moins du monde. Architectes, artistes, présentateurs de tv ou cadre moyen : aucun problème, portez du noir!

Car se vêtir de noir, c’est accepter une chose : sa condition de subordonné (dans le système général ou dans le système judiciaire où la justice prédomine sur les hommes ou dans une chaine, par exemple, l’entreprise). Être un modéré (ce que je cherche), c’est ne pas en vouloir aux autres de ne pas faire ce que vous prônez. Dès lors j’accepte et lis leur comportement comme un aveux d’infériorité, un indice d’expression sociale.

Alors ne crachons pas sur les gens en noirs, ce sont nos obligés!

Julien Scavini


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