Et le ‘un bouton’ alors?

Et oui, comme soulevé dans les commentaires de l’article de la semaine dernière, qu’en est-il des vestes ‘un bouton’ ? A priori, ce n’est pas un choix fort classique. L’un des rares éléments du vestiaire avec un bouton qui me vient à l’esprit est le smoking. Et ses dérivés / ou ancêtres, les vestons d’intérieurs, mais ceux-ci ont parfois une cordelette plutôt qu’un boutonnage.

Notons que les vestons ‘un bouton’ furent à la mode dans les années 30. Je me souviens d’un beau portrait de Maurice Ravel avec une telle veste, qui arborait en plus un bouton jumelle. Cela signifie en fait qu’il y a deux boutons au même endroit, un sur l’endroit (classique) et un sur l’envers. Et les deux pans de la veste se boutonnent en s’épousant et non en se chevauchant. A l’instar des jaquettes. Un petit truc amusant. La veste du célèbre compositeur présentait des revers en pointes, ce qui parait le plus logique. Un petit côté formel émane immédiatement d’une telle mise.

un boutonL’histoire nous donne donc quelques exemples. Elle nous apprend aussi que le vestiaire se dépouille, s’allège de plus en plus. Les vestons sont maintenant majoritairement deux boutons, donc le dernier – le plus bas – ne sert pas. Le pas est facile pour supprimer ce dernier. Le boutonnage d’une veste un bouton est donc égal à celui d’une veste deux boutons, seul le dernier ‘inutile’ disparait, sans modification de la hauteur de fermeture. C’est logique, le bouton principal étant vers la taille, c’est ici que se ferme le veston.

Alors pourquoi un deux boutons ? Je vais répondre d’abord, pour qui. Les hommes pas très grands peuvent admirablement porter le ‘un bouton’, de même que ceux qui sont corpulents. En associant cela avec une belle échancrure du V des revers, la silhouette est allongée. Je me souviens du blog d’un jeune homme asiatique vivant à NYC qui faisait systématiquement faire des vestes ‘un bouton’, y compris dans les tweeds. La question du registre se pose donc. Je n’en ai jamais eu encore, mais je me fais actuellement un costume bleu nuit avec un bouton. Et des revers classiques, sport. Pour essayer justement. J’ai été assez convaincu sur les clients qui voulait cela. Seulement, il ne faut pas en faire une règle absolue. La variété est souvent par parente de l’élégance.

Vous pouvez donc prendre le parti du formalisme et réserver cela pour les costumes de mariage ou du soir. Vous pouvez également trouver cela très sport, et l’utiliser sur des tweeds. Nous touchons ici à des questions de style très contemporaines. L’histoire ne nous dit pas grand chose. Il revient donc à chacun de se faire son idée…

Bon repos ce jour et bonne semaine. Julien Scavini.

8 Réponses to “Et le ‘un bouton’ alors?”

  1. François Says:

    Bonjour à vous Julien,

    J’aime beaucoup suivre votre blog qui est une petite mine d’information sur le vestiaire masculin.
    Pour revenir sur le 1 bouton, il me semble qu’il devient presque indispensable avec un certain type de col : le col châle.

    Récemment j’ai investi dans un costume marron clair/taupe avec un col châle et je pense sincèrement que seul un bouton pouvait rendre un effet aussi « chic » et élégant que le deux boutons.

    Bref, c’est agréable de varier de temps en temps le nombre de boutons.

    Salutations,

    François.

  2. Jean Says:

    Bonjour Julien, je me suis toujours posé une question quant au nombre de boutons et la taille de la personne. Je trouve que les vestes un bouton vont mieux aux grands alors que les trois boutons, aux petits. Je m’explique, sur une veste un bouton, le cintrage a tendance à être plus bas, donc à casser l’effet tige ; alors que sur un trois boutons, le cintrage est un peu plus haut et l’encolure plus petite encore, ce qui a pour effet d’allonger la silhouette – aussi réussir à placer trois boutons sur un petit… ça ne le rend pas si petit que ça !

    C’est pourquoi je n’ai jamais vraiment compris la règle communément admise à ce sujet, qui conseille aux grands de porter des vestes trois, voire quatre boutons, et aux petits, deux, voire un. Peut-être pourriez-vous m’éclairer ?

    Merci

    • Julien Scavini Says:

      C’est pas faux votre analyse, je la partage un peu… comme quoi on peut dire beaucoup de choses très différentes au sujet des morphologies ;)

  3. LM Says:

    Huntsman a fait du ‘un bouton’ son style maison.

  4. Dirnelli Says:

    Très bonne remarque LM, je me faisais la même réflexion l’autre jour lorsque j’ai sorti mon Huntsman 1-bouton, que voici en photo:

    http://dirnelli.tumblr.com/post/49424068650/h-hunstman-sons-mtm-mohair-alpaca-1b-suit

    Je pense que j’ai enfin potentiellement compris l’utilité du 1-bouton sur le costume de ville. Comme on le voit sur ma photo, le point de boutonnage est plus bas que d’ordinaire, au niveau du nombril, offrant ainsi un plus long revers. Dans cette configuration, un deuxième bouton serait forcément placé plus bas que d’habitude, accentuant potentiellement un déséquilibre, ou une assymétrie, par rapport à la partie supérieure plus longue.

    Dorénavant, lorsque je voudrais un point de boutonnage plus bas sur une veste, je pense que je la ferais réaliser à un seul bouton, pour cette raison d’equilibre dans la verticalité.

    Dans le même ordre d’idée, on remarquera que le point de fermeture sur un 3-boutons est souvent placé légèrement plus bas que sur un 2-boutons. On se retrouve avec un bouton au dessus et un bouton en dessous du point de fermeture, comme une forme de symétrie. On pourrait presque en conclure qu’il faudrait soit mettre un bouton ou alors trois boutons pour préserver la symétrie verticale par rapport au point de boutonnage, et que c’est finalement le 2-boutons qui est assymetrique et déséquilibré, avec ce bouton solitaire qui vient pendouiller inutilement en bas de la veste.

  5. Le Chiffre Says:

    Intéressant article. Personnellement je réserverai le un bouton aux smokings et strollers uniquement. Mais je dois dire qu’il pourrait être une bonne alternative en tant que costume pour l’été, permettant plus d’aération.
    Très juste remarque sur les années 30. Je me souviens, moi, de Pierre Fresnay dans Marius, de Pagnol, qui, le soir, pour sortir avec Fanny, mettait un costume droit un bouton à cran aigu, avec noeud papillon, pochette et canotier : superbe. Et n’étant pas très grand, le un bouton était très flatteur sur sa personne.
    Comme quoi les tailleurs auront toujours le dernier mot, et pas la mode !… enfin si les gens veulent bien les écouter.

    • François Says:

      Pour visualiser le fameux soir de sortie de Marius avec Fanny (avec accessoirement une des parties de cartes les plus connues du cinéma) :

      • Le Chiffre Says:

        Sacré Charpin… merci d’avoir mis le lien, c’est plus parlant que mon commentaire.

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