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Les hommes politiques et le vêtement

15 décembre 2014

Les hommes politiques et le vêtement, c’est toute une histoire ! Le désamour est de plus en plus profond entre eux et leurs costumes. Il n’y a qu’à ouvrir une page de magazine, politique ou people, pour le constater. Et je ne parle pas là que de notre seul président, qui le pauvre, n’a pas un physique facile et doit donner bien du fil à retordre à son tailleur, plutôt habilleur.

Nos présidents portaient l’habit sur les photos officielles… jusqu’à Valérie Giscard d’Estaing, qui fit souffler un vent de modernité sur la fonction. A la différence – c’est curieux – de son propre goût  personnel pour la décoration très versé dans le 17ème français. Pour autant, il s’habillait chez le tailleur, à Londres dit-on. F. Mitterrand allait chez le tailleur à Paris, Cifonelli dit-on également. Aucune de ses tenues ne m’a laissé un souvenir éclatant. Au moins était il présentable. J. Chirac eut une démarche inverse. Élégant quand il était jeune et mince, il s’habilla assez rapidement comme un sac.

N. Sarkozy est un animal vestimentaire plus curieux. Avant de devenir président, il n’était pas extrêmement bien habillé. Mais il avait le goût classique des bourgeois du XVIème. Lors de son arrivé à Bercy en 2004, il rétablit la tenue des huissiers (habit noir et lourd breloques dorés) que Francis Mer son prédécesseur avait jugé bon d’abandonner. Un signe. Plus tard lors de son arrivé à l’Elysée, il fit progressivement évoluer son style. Style italien, trois boutons et épaule molle, style parisien, veston plus carré à deux boutons. Nina Ricci et Franck Namani ai-je souvent entendu dire. Nous ne le saurons jamais, mais au moins l’ensemble était bien coupé, si ce n’est le signe d’un goût, au moins le signe d’une conscience de la question.

François Hollande ne mérite même pas une ligne. Smuggler et Agnès B. dit-on coupent ses costumes. La tâche n’est pas facile. L’homme fait un bon 56 de tour de poitrine, a un peu de ventre, aucune hanche et une épaule franchement plus haute d’un côté. On est comme on est. Seulement, organiser un diner d’Etat en l’honneur de la reine de Suède en simple costume sombre est une injure à la culture et au bon goût, cf. Franck Ferrand du Figaro.

Plus généralement, les hommes politiques sont élus. Ils sont donc les représentants du peuple. Et il est amusant de constater qu’en l’occurrence, il n’existe pas un fossé énorme entre cette élite et la base de la pyramide sociale… Pour une fois, pas de fracture sociale, le mauvais goût est partout ! Certes le commun s’habille chez Décathlon et le député ou le conseiller général plutôt chez Armand Thierry ou Brice, mais au fond, peu de différence de goût. Un goût simple.

Comment expliquer cela ? Premièrement, les hommes politiques ne sont pas si différents des hommes normaux. L’éducation au vêtement étant tombé en désuétude, il n’est pas curieux de voir des maires, présidents de régions et sénateurs ventripotents habillés comme l’as de pique.

ILLUS68Au delà de cette explication, un client lui même dans la politique m’a raconté une anecdote amusante. Un député, ancien secrétaire d’Etat au goût prononcé pour la voute plantaire de ces dames adore les vêtements, les beaux vêtements italiens, Etro, Pal Zileri etc… et porte à Paris de magnifiques costumes bleu marine, avec des Lobb à double boucles et un manteau de cachemire l’hiver. Mais lorsque son chauffeur le ramène dans sa circonscription, il fait alors un détour par le coffre. Exit la magnifique cravate en reps, bonjour le nœud Kiabi. Exit le beau manteau, bonjour le vieux caban élimé.

Pourquoi un tel tour de passe-passe ? Tout simplement parce que les électeurs ne comprennent pas un tel goût. En latin, le commun ou l’ordinaire se traduit par vulgus, qui a donné vulgaire en français. Vous voyez où je veux en venir… Il ne faut donc pas heurter et rester très discret, voir carrément plouc. En bref, il faut savoir se mettre au niveau. Le concept peut tout à fait s’entendre ! C’est triste, mais si c’est obligatoire…

Regardez comment E. Balladur s’était fait moquer pour ses chaussettes rouges. Le Chouan des Villes n’a t il pas non plus démontré comment ses costumes étroits et bien coupés avaient été jugés sévèrement par ses communicants. Je n’irai pas prétendre qu’il fut battu à cause de cela. Mais ce détail n’a pas du aidé non plus. C’est ainsi que j’émets les plus sérieuses réserves sur l’avenir politique de Bruno Lemaire, qui adore beaucoup trop les pulls en cachemire et les beaux costumes Brioni.

Ce qui pour moi constitue un point fort passera un jour ou l’autre pour une marque d’affectation indigne d’un présidentiable. Pour moi, cela est au contraire une marque d’intelligence. Le vêtement demande une recherche, une patience, un goût synonyme d’intelligence, une intelligence du propos et de la mesure !

Sur ce, je vous souhaite d’excellentes fêtes de fin d’année! Je me retire quelques temps pour un repos bien mérité. Bonne semaine. JS.

Le Style Français, à la ville.

8 décembre 2014

Voilà un énième questionnement sur le fameux style français. Au fil de mes discussions avec des amis sur le sujet, et à force d’observation de mes clients, je nourris cette réflexion sans fin.

Quand on parle de style français, comme du style anglais, il existe une vraie différence entre le registre ville et le registre campagne. Mais alors que l’anglais est versatile à ce sujet, changeant suivant le lieu et les circonstances de registre (le lord s’habille et fréquente clubs à Londres et propriétés à la campagne en changeant de tenue), le français telle que je le pose dans ma démonstration (que j’appellerai Monsieur de F.) est un esthète au goût peut-être moins versatile.

Ainsi, beaucoup de Messieurs de F. affectionnent le registre de la campagne en exclusivité, donc même et surtout en ville ! C’est le fameux gentleman farmer des magazines, un terme absolument affreux et impropre pour désigner antiquaires, médecins, éditeurs, conseillers d’État et autres intellectuels qui se régalent des couleurs et des velours campagnards, à la ville.

Il s’agit d’une catégorie d’hommes que j’ai déjà eu l’occasion de décrire ici et là. Avec eux, le style est plus fait de couleurs et de matières que d’une véritable étude tailleur. Les formes peuvent être aussi bien étriquées qu’amples, affutées que molles. Ce qui compte, c’est l’effet visuel, le panache immédiat. Pour autant, si la recherche est flamboyante, la palette est réduite. Il ne s’agit pas d’un vestiaire de Pinocchio.

Ce registre, nous l’avons tous identifié. Serge Moati, Jean Pierre Coffe et d’autres à la télévision. Il est reconnaissable. Et il fait style! Style Français, c’est certain. A la différence du style anglais, il est moins regardant des usages et circonstances. Il est assez revendicatif de liberté, d’un esprit un peu bohême parfois agaçant mais qui fonctionne comme lorsque F. Fillon avait mis une forestière.

La seconde facette du style français, dans le registre urbain est plus difficile à cerner. Très anglophile dans son esprit, ce style est plus autonome, différent de la raison du lord anglais.

J’ai pu observer celui-ci sur quelques clients, mais assez peu. Ceci dit, la silhouette que ceux-ci dégagaient était tout à fait remarquable.

Premièrement, il s’agit là encore de professions supérieures, avocats, producteurs, haut-fonctionnaires. Les plus remarquables dans le genre portent aussi des noms à particule. Comme si ce petit ‘de’ était porteur d’un inné ad hoc. Par contre, à la différence de la facette ‘campagne’, ces Messieurs de F. ont un physique pour.

Je m’explique. Comme évoqué, les amateurs du style coloré décrit plus haut ont des physiques qui apprécient la rondeur et l’aise, et l’art de la coupe n’est pas vraiment prise en compte. Mais dans le cas qui m’intéresse maintenant, le physique racé est l’objet d’une véritable recherche sculpturale, comme Etienne de Beaumont dans la photo d’Adolf de Meyer. Ce n’est pas un chic fatigué.

J’ai noté que ces Messieurs de F. ont des physiques et au delà, des attitudes gracieuses, délicates et distinguées. Quand ils pinaillent sur un demi-pli, ce n’est pas seulement pas coquetterie, ni pour montrer qu’à 50 ans ils ont toujours un physique de jeune premier, mais pour au contraire être au plus proche du potentiel de la coupe. C’est un esthétisme, une recherche d’art.

Et en les regardant, une chose m’a frappé, l’allure d’ancien régime. Ce petit gentilhomme à l’allure un peu grêle, juché sur des jambes minces que le bas de soie mettait en valeur, était devant moi.

Une impression amusante. Plusieurs facteurs expliquent cette impression, que le physique aide absolument :

1- les pantalons sont coupés très étroits. Très très étroits, possibilité offerte par une cuisse fine. Je le redis, ce n’est pas un style pour rugbyman, mais au contraire pour un homme aux dimensions de l’ancien régime (1m70 environ, 60kg). Ce pantalon est étroit et est porté haut sur les hanches. Un petit effet carotte sympathique qui emboite bien le ventre. Ce pantalon étroit est arrêté très court sur la chaussure, à l’anglaise (trop court au goût du commun). Le plus souvent, un généreux revers termine le bas. Pour autant, ce n’est pas une allure à la Tom Browne ou à l’italienne. Car ici les coloris sont sombres et les souliers noirs.

2- les souliers sont très fins également. Je me souviens du film Les Vestiges du Jour, où le personnage du diplomate joué par Michael Lonsdale se plaint de souliers trop étroits, uniquement achetés ‘par vanité’ dit-il. Il y a là dedans quelque chose d’essentiel pour ce goût français que je décris. Le lord anglais est dans la mesure. Il est flegme. Ce monsieur de F. que je décris ne l’est pas, ou alors pas de la même manière. D’ailleurs, les souliers produits par la maison Aubercy sont remarquables à ce titre. Je n’ai jamais vu une telle ligne. Avec on perd deux tailles. Le chaussant est minuscule, le débord de la semelle quasi inexistant. La ligne est très fine et racée. Un peu à la manière de Corthay, qui autre fait intéressant dans le débat qui nous occupe ce jour, a mis à l’honneur de soulier derby, une forme très peu anglaise à la ville.

3- la veste est taillée à la serpe. La taille est bien serrée et comme tous les hommes ont des fesses, le bassin un peu visible. Impression de bassin un peu large renforcée par une épaule très étroite, en forme de bouteille de Saint Galmier comme l’expression le dit. Tout le haut la veste fait l’objet d’une attention précise: emmanchure haute et épaule étroite, peu épaule sans trop d’épaulette, à l’anglaise, et manches montées (et non pas tombantes à l’italienne) avec un peu de volume, mais qui s’effondre vite sous l’effet de l’utilisation. Le style à ce niveau des grands tailleurs comme Cifonelli ou Camps est aussi une réponse différente des tailleurs anglais pour un goût différent. Cette belle tête de manche, bien rembourrée finie inévitablement par se tasser un peu. En s’effondrant, elle renforce le côté fuyant de l’épaule. Monsieur de F. ne fait pas beaucoup de sport, aussi le biceps n’est pas fort mais la manche est plutôt ample.

Ces trois points coordonnés donnent une allure distinctive à Monsieur de F. Un petit duc juché sur deux ergots, les manières fines et l’allure alerte. On pourrait qualifier cette recherche de dandysme. Oui un petit peu. Mais un vrai, pas à la façon d’un article grossier sur le sujet trouvé dans un magazine quelconque. En même temps ce qui surprend, c’est l’étonnant détachement dont font preuve ces clients. J’ai l’impression que c’est presque une évidence pour eux, pas un effort.

Et le plus remarquable, cette allure n’est pas vraiment reconnaissable par le commun. Ce n’est pas une ostentation italienne. Cela reste simple et souvent sombre (je le répète, je parle du registre ville ici).

Une sorte de nonchalance française. Un esthétique pour esthètes. Une sprezzatura de chez nous, qui emprunte tout à l’anglais mais dans un esprit de salon un petit peu précieux, à la française d’une certaine manière…

Que d’idées ! Peut-être fausses… c’est tout le piquant du débat.

Je dédicace cet article et tous les autres sur le sujet du style français à mon cher et toujours mystérieux ami, Le Chouan Des Villes !

Petit à propos sur le prix et la valeur…

23 novembre 2014

Mon ami Jean-Baptiste R. m’a glissé ce petit billet au questionnement passionnant et à l’humour sous-jacent… Je vous laisse profiter de ce court texte à l’accent Chap’ !

            Les discours et cérémonies de vente des enseignes du luxe ont toujours attaché une grande importance aux mots. Marketing oblige. L’objectif final étant de vous procurer une expérience inoubliable.

Dès lors, chaque terme est soigneusement sélectionné pour vous suggérer ou vous faire oublier certaines pensées afin que ce moment soit le plus mémorable. On vous parlera de manufacture plutôt que d’usine, d’artisan plutôt que d’ouvrier, de maison plutôt que de marque… La liste est longue et continue de s’agrandir avec le temps.

Parmi ces trouvailles, nous observons le remplacement du mot « prix » par la notion de « valeur ». Cette pirouette linguistique permettrait en effet d’éviter d’utiliser le mot qui fâche pour vous suggérer l’un des bénéfices directs de votre achat. Ainsi, on parlera, par exemple, de la valeur d’une montre et non de son prix.

glen tweed

Cependant, en associant les termes de « prix » et de « valeur », les marques de luxe ne passeraient-elles pas à côté de l’essentiel ?

En effet, ce jeu dangereux pourrait bien vite se retourner contre eux : dans une grande enseigne internationale, une montre à X milliers d’euros ne « vaut » pas son prix, qui inclut des frais importants, étrangers à la fabrication de cette dernière (communication, événements, marges requises par les actionnaires). A l’opposé, une marque de niche proposant des montres de qualité comparable ou supérieur, proposera généralement des prix nettement inférieurs à la valeur du produit (valeur intrinsèque, rareté, rapport personnalisé…).

 Ce faisant, le gentilhomme élégant devrait toujours acquérir un objet qui a plus de valeur que son prix.

 Finalement, le regain d’intérêt pour ces maisons confidentielles n’illustre-t-il pas une recherche de notre part d’un prix juste pour une valeur infiniment plus grande ?

Bonne semaine, Julien Scavini

Une liasse de tissus typiques

10 novembre 2014

Arrivé chez un tailleur anglais, la première chose qu’il vous demandera est ‘petit tweed ou worsted?’ Sous ces appellations se cachent en fait les deux grandes catégories de laines : les cardées (woollen), c’est à dire assez brutes, souvent vierges, simplement filées et tissées, qui donnent des tissus très rustiques ou très flanellés. La flanelle est un tissu cardé à l’origine. La seconde est la catégorie des laines peignées (worsted), c’est à dire dont les fibres ont été raffinées avant tissage, pour obtenir des tissus de catégorie supérieure. Le terme super 120’s par exemple provient du peignage et du raffinage des fibres laineuses.

Ces tissus peignés peuvent être soit très lisses au touché soit un peu flannellés, c’est à dire duveteux, laineux. Mais le procédé pour arriver à ce résultat est très différent des flanelles et autres tissus cardés. Il y a donc là un petit piège.

Cet honorable tailleur en posant cette question vous oriente alors vers les deux grands pans de la mode masculine classique : le registre sport d’un côté, le registre ville de l’autre.

Intéressons nous cette semaine au registre de la ville. Prenons une liasse typique fictive. Les tissus composant celle-ci sont d’un poids moyen. C’est à dire en 1970 400grs, en 1990 340grs, et en 2014 260grs. Vous le voyez, suivant votre goût, vous vous orienterez différemment. En 2014 toujours, la jauge moyenne des fibres laineuses est super 110’s/ super 130’s. En 1990, elle devait être super 80’s. Les moutons donnant les laines fines doivent être élevés dans des conditions de tranquillité absolue, plutôt en plaine qu’en montagne, pour que leurs fibres soient douces. La race de moutons mérinos est très en vogue de nos jours. En Europe, longtemps fut utilisée la laine de moutons de race cheviot. Hélas, j’ai entendu dire que sa laine est maintenant considérée si épaisse et intissable pour l’industrie du vêtement que celle-ci n’en veut plus et qu’elle est tout juste bonne pour les tapis et l’isolation des maisons.

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Dans cette liasse type, nous trouvons d’abord des unis. En général, le choix est toujours le même : trois gris, de l’anthracite au gris clair accompagnés de trois bleus, minuit, marine et air force. Ces tissus teints en pièce sont très unis. C’est pourquoi ils sont quelques fois complétés des mêmes coloris, mais en fil à fil, proposant un effet plus chiné, avec un peu de blanc dedans. Quelques fois également, les unis sont tissés en twill (serge) visible à ses petits raies diagonales et les fil à fil sont tissés en toile, pour un grain plus présent sous le doigts. Ces premiers choix sont les meilleurs, les plus versatiles et pratiques. Il ne faut pas hésiter à taper dedans le plus souvent possible, quitte même à avoir de faibles différences d’un costume à l’autre (trois boutons contre deux boutons, poches horizontales ou en biais etc…).

Ensuite, vous pourrez trouver dans la liasse trois ou quatre caviars (birdeyes en anglais). Le caviar se reconnait à ses petits ronds de couleur sur fond noir. En effet, cette étoffe consiste à placer dans les ‘yeux’ la couleur dominante, assez claire parfois, en éteignant le tout avec une trame de fond noir. Les caviars anthracite, gris moyen et gris clair sont intemporels. Les caviars bleus peuvent être très beaux, mais il faut se méfier de la présence parfois trop forte de cette couleur. Le caviar est très intéressant, car il donne une lecture d’échelle de votre costume. De loin, il est absolument uni. Par contre, plus vous vous approchez, plus la couleur dominante va se dissocier pour faire apparaitre des nuances et rendre le tissu vibrant. La taille de ‘l’œil’ varie aussi, les italiens le préférant petit, les anglais plus gros.

Les caviars ne doivent pas être confondus avec les tissus également tramés que les anglais appellent ‘nailshead’, tête d’épingle en français. Ceux-ci sont difficiles à décrire. Le fond plutôt uni est parsemé à intervalles très rapprochés de petits motifs fins légèrement plus clairs. Parfois ce tramage est intensifié à la verticale, ce qui fait apparaitre des lignes verticales, presque des rayures.

Après les unis et les caviars viennent les chevrons. Souvent moins bien considérés par les clients que les autres étoffes, les chevrons constituent un met de choix pour le gourmand de costumes. Ils ont l’immense pouvoir de faire vivre le tissu, de le dynamiser. Certains chevrons irisent en effet le drap, donnant une brillante changeante d’une raie à l’autre. Nous ne sommes pas dans le registre de la rayure, mais l’effet est similaire. La matière est riche, elle vibre. Ces chevrons peuvent être disponibles en gris, de l’anthracite au gris moyen et également en marine. C’est superbe !

Ces étoffes classiques sont en général complétées par quelques coloris amusants ou plus clairs, bleu pétrole ou indigo, des beiges, des motifs fins comme les pieds de poule fondus etc.

Viennent ensuite les motifs marqués. Les premiers sont les rayures, rayure tennis à raies très fines et marquées ou rayures craies, à raies plus larges et estompées. Le conseil le plus simple qu’il soit possible de donner est de choisir des tissus à rayures blanches. La rayure blanche est la plus simple à coordonner, la plus élégante aussi d’une certaine manière. Ceci dit, les drapiers placent souvent des tissus gris moyen à rayure bleue ou bleu marine à rayure ciel. Votre propre goût doit vous guider.

Les carreaux se font assez rares dans les liasses de ville, car il s’agit plutôt d’un motif sport. Malgré tout, les chevrons sont parfois ornés d’une fenêtre bleue ou rouge. Et évidemment, les tissus Prince de Galles sont toujours bien présent. Ceux-ci sont très recherchés par les connaisseurs. Le PdG classique est gris moyen ou gris foncé. Il présente le plus souvent un carreau fenêtre bleu ciel ou rouge brique. Ce PdG peut être parfois fondu, presque invisible ou au contraire très marqué. Le PdG bleu est plus rare. Pour autant, il peut être très beau, surtout rehaussé d’une fenêtre bleue elle aussi.

Bref, voici un ensemble de tissus classiques qui devrait vous permettre de vous habiller au mieux, sans difficultés ou peur du ridicule. Un choix large aussi qui vous permettra pendant de nombreuses années de faire réaliser des costumes sans redondance.

Bonne semaine, Julien Scavini

La doublure d’une veste

27 octobre 2014

Chaque commande d’un nouveau costume signifie pour le client de faire des choix multiples : allure générale, forme des poches, format du revers et coloris de la doublure. C’est toujours un grand moment de solitude pour le client, face à ce choix essentiel et si superficiel. Car au fond, la doublure, personne ne peut la voir. Ainsi veste fermé, il est bien difficile de deviner.

Je conseille toujours de choisir une doublure ton sur ton, plutôt foncée, car on s’en lasse beaucoup moins qu’une couleur franche, rose bonbon ou rose fushia. Si le résultat est certes beau à la réception de la veste, au bout d’un an, une certaine lassitude apparait. Et lorsque l’on vient faire un effort financier pour investir dans un produit durable, c’est un choix difficile. Ceci dit, il est évident qu’une doublure grise sur un costume gris est un peu triste. Mais un beau rouge brique sera au contraire superbe! A l’intérieur d’un veste bleu marine, il est possible de coudre du bleu, roi ou marine, ou même un beau violet! C’est toujours superbe.

Les doublures contemporaines sont artificielles, toutes. Il existe à ce titre deux catégories de fibres artificielles : celles organiques et dérivées du pétrole, comme les polyesters (dont sont dérivés les fibres laineuses appelées Tergal, Dacron ou Trevira) et celles végétales, dérivées de pulpes de bois : la viscose en générale (issue de pulpes de bois contenant aussi les écorces) et ses variantes haut de gamme, Cupro et Bemberg(™) (issues de pulpes de coton). En France, on appelle ces doublures rayonnes, bien que le terme anglais Rayon soit plus spécifique. Cette catégorie de matières  issues de fibres végétales est plus intéressante, car elle donne des textiles plus ‘naturels’. La viscose présente d’excellentes qualités thermiques (elle ne tient pas chaud en été ni froid en hiver, à la différence des polyesters). Elle ne peluche pas et est solide. Le satin que l’on en tire est très lumineux.

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Les doublures peuvent être de deux types. Si elles sont en satin, elles sont très lumineuses et brillantes. Elles peuvent aussi se présenter sous forme de taffetas (donc des toiles) plus légères pour l’été. Une catégorie supérieure de ces viscoses est appelée Cupro ou Bemberg(™).

Évidemment, il est toujours possible d’utiliser la soie. Mais celle-ci est devenue difficile à trouver d’une part, et surtout elle s’use très vite. Le coton de la chemise agit comme un abrasif à sa surface, la faisant boulocher. Elle se perce assez facilement, car souvent tissée fine.

Petit aparté enfin, je n’ai jamais entendu parler nul part d’une règle énonçant qu’il faut accorder la couleur de la doublure de la veste à celle de la cravate! Le jeu des association est déjà assez difficile sans vouloir tomber dans le ridicule. Ainsi, la doublure vit seule ! La cravate se choisit d’abord et avant tout en complément du costume et de la chemise. Ensuite seulement se pose la question du mouchoir de pochette. On peut chercher le raccord, c’est d’ailleurs ce que j’ai fait dans le dessin, mais ce n’est pas obligatoire, il vaut mieux ne pas prendre en considération ce point lors de la commande, la doublure fonctionnant plus comme un complément de la laine du costume que comme un élément du dialogue des couleurs de la mise.

Et je préfère cent fois quelqu’un qui aura pris soin d’accorder le cuir de ses chaussures avec le cuir de sa ceinture – voire raffinement suprême – avec le cuir de son porte-document, plutôt qu’un homme avec une ceinture marron et des souliers noirs, mais qui aura choisi une cravate rouge pour aller avec sa doublure rouge ! Car là, c’est un effort superficiel et superflu !

Boutiques fouillis !

13 octobre 2014

Comme ancien architecte, j’aime bien réfléchir moi même à l’aménagement et à la décoration de ma boutique. Choix des coloris, harmonie de la charte graphique, sacs, housses ; de la couleur des plinthes à la couleur des murs, des rangements etc. C’est un travail de longue haleine, qui se couple aussi avec l’apprentissage du goût en matière de décoration intérieure et de style : style résolument moderne, Art Déco ou Régence ; plutôt style anglais ou style français (car oui en décoration cela existe à la différence du vêtement homme).

Ces questionnements sont doublés par le placement commercial de mon activité. Où dois je me situer? Haut de gamme ou moyenne gamme, humble artisan ou belle maison, échoppe moderne ou d’un goût plus désuet? Car l’esthétique d’un commerce révèle tout de celui-ci. Un art du stéréotype en somme. On n’entre pas chez Ralph Lauren comme l’on entre chez Melinda Gloss.

Même si je mène un questionnement de la cible comme on dit dans les milieux intéressés, je ne suis pas pour autant marketeur et n’ai pas fait de hautes études commerciales. Alors je tâtonne, de manière empirique. Le chic me guidant, comme seul maître mot.

Toutefois, au fil de mes recherches, je note une chose, le goût de l’authentique. Depuis peu, pour faire face au succès grandissant, je suis obligé d’utiliser occasionnellement l’atelier comme lieu pour les essayages ou les commandes, pour garder un caractère intime à l’acte tailleur, pendant que visiteurs ou curieux attendent dans la première pièce. J’ai noté un certain plaisir des clients à venir à l’atelier, là où les chutes de tissus trainent par terre, où la table de coupe est recouverte de gros ciseaux et où les vestes sont parfois éventrées, en attente de retouches.

Je me souviens avoir visité il y a fort longtemps un autre tailleur, Markal je crois, qui recevait au premier étage d’un immeuble haussmannien dans un désordre indescriptible. Une chatte n’y aurait pas retrouvé ses petits. Et pourtant le bougre a la plus belle clientèle de tout Paris, une foule de DG et autres notables de la politique et des arts.

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A l’instar de cet honorable tailleur, je connais un petit pressing, qui ne paie pas de mine et propose de la demi-mesure de qualité moyenne. Je sais qu’il fonctionne très bien. Nombre de messieurs en apportant chemises et caleçons le samedi matin s’y font prendre les mesures. J’imagine que cette ambiance ouvrieuse, chargée de vapeur et de perchlorétylène les inspire.

j’ai souvent noté cette curieuse envie de certains hommes pour le très basique, voir le bazar. Regardez chez Mettez, vénérable institution parisienne. Impossible de circuler, le stock est immense et je peine à croire qu’ils soient même capable d’en faire l’inventaire. Et pourtant, les messieurs adorent.

J’explique cela de trois manières. Une première catégorie d’homme n’aime pas le vêtement, par inintérêt. Une seconde n’aime pas le chic, par dégoût ou par peur (peur de ne pas se sentir à la hauteur socialement par exemple). C’est sûr qu’il fallait une petite dose de courage pour rentrer chez Arnys et oser regarder les vêtements, encore plus pour s’asseoir dans une de leur bergère. Ce luxe de service, qui se ressent dans le prix, peut effrayer.

Je décrierais également une autre catégorie d’hommes que je pense être toujours des enfants au fond d’eux. Ainsi, s’ils ne vont plus acheter des jouets pour eux même – bien que l’envie d’un train électrique les mette en joie – le vêtement est l’objet d’un achat de plaisir. Ainsi, au lieu de baver devant la devanture du marchand de jouet, ils bavent devant la devanture d’une boutique de vêtements et accessoires, tout en fouillis. Il y a là un petit côté malle au trésor. On ne sait tout à fait si l’on y trouvera son plaisir, mais par plaisir, on va aller y fouiller.

C’est d’ailleurs tout le charme des boutiques anglaises, qui sont sombres, avec des murs recouverts d’acajou foncé, du tartan au sol, des fauteuils clubs affaissés et de marchandises qui jaillissent de partout. Rien que par cette description, je pense que vous serez plusieurs à éprouver le même plaisir que celui qui consiste à tremper son doigts dans un pot de pâte chocolat-noisette. Les américains ont un mot pour décrire cette atmosphère : haberdashery qui signifierait Mercerie.

Certains clients aiment le chic, l’ordonné et le luxueux. Ils aiment s’asseoir dans un fauteuil Louis XVI et apprécient qu’on leur serve un thé. Si le vendeur est légèrement obséquieux, c’est encore mieux. Question de rang. Il y a d’autres messieurs, qui au contraire aimeront tutoyer le vendeur, se sentir comme chez eux, au milieu d’un désordre indescriptible. Ils aimeront relativiser le moment, ne pas en faire toute une histoire. Bref, deux parcours différents.

Une chose est sûre, les hommes sont plus difficiles à convaincre quand il s’agit de vêtement. Les mettre à l’aise est la première qualité d’un bon vendeur, et d’une bonne boutique !

Des pièces millésimées dans vos vestiaires

5 octobre 2014

Cette semaine, je donne la parole à mon ami, Jean-Baptiste R., qui a eu la bonne idée de me soumettre ce papier très intéressant !

Ces derniers temps, l’actualité ne cesse de relayer les nombreux changements qui se produisent au sein du secteur du luxe et de l’artisanat. Rachats spectaculaires (à l’instar de la fameuse Savile Row tombée dans l’escarcelle d’un fond d’investissement norvégien), volatilité des directions artistiques, naissance et renaissance de « maisons » en tout genre… Tous ces éléments nous rappellent que ces entreprises mènent une existence propre, avec des conséquences importantes sur les produits qu’elles fabriquent.

On oublie trop souvent que les articles proposés illustrent à merveille l’état d’esprit d’une maison à un moment donné. Dans ce secteur où le facteur humain est prédominant, chaque incident peut avoir une influence considérable sur le rendu final du modèle.

Chaque pièce a sa propre histoire. L’ambiance régnant dans l’atelier, la présence ou non de tel artisan, la qualité de tel arrivage de matière première, lors du passage de votre commande peut avoir un impact important sur le résultat final. N’oublions pas les périodes d’apogées, de déclin voire de rachat. Avez-vous acquis votre Forestière chez Arnys ou chez Berluti ? Vos costumes de chez Kilgour datent-ils de votre grand-père ou de 2013, date du rachat du tailleur par le fond Fung Capital ?

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Poussons la logique jusqu’au bout : le comportement du client influence également sa commande. Incitera-t-il par sa gentillesse, sa personnalité, sa confiance ou sa fidélité l’artisan ou le vendeur à se surpasser ?

Dès lors, avant de pousser la porte d’une boutique il convient de garder à l’esprit ces réflexions suivantes : dans quelle situation se trouve l’entreprise actuellement (indépendante ou non, en situation d’émergence, d’apogée ou de déclin…), qui est votre interlocuteur (fondateur, salarié ou stagiaire ?), la production est-elle stable (changement de sous-traitant, délocalisation, changement de personnel…) , quid du timing de votre commande (fermeture annuelle de l’atelier, manufacture débordée par les commandes…), etc.

Il n’y a pas de règle établie pour une commande exceptionnelle. Néanmoins il s’agit toujours d’une aventure humaine qui dépend en partie de la chance et de votre engagement personnel. Ce raisonnement est également valable pour les achats d’occasion.

Et vous, possédez-vous quelques pièces millésimées dans votre garde-robe ?

Bonne semaine, JS.

 

Classe américaine

29 septembre 2014

Je discutais récemment avec une journaliste qui m’interrogeait sur la cravate et son usage, qui lui semblait à juste titre tendre à disparaitre de nos jours. Par différent biais, nous arrivâmes à discuter des cravates des hommes politiques, français notamment, qui semble affectionner les modèles ton sur ton du costume.

Je repensais ainsi à M. Sarkosy qui aime les cravates en grenadine. La grenadine pour ceux qui l’ignorent est une fine maille de soie, tissée et non tricotée. Elle a une tenue assez raide du fait de son épaisseur et est assez mat du fait de ton tissage qui absorbe la lumière.

De manière générale, les gouvernants français aiment le sobre, le sans relief, le sans goût pourrait-on dire. Le gouvernement (presque) actuel est très représentatif de cela. Des cravates sombres, avec parfois un bleu plus roi, comme pour notre président. Amusant du reste un tel choix de coloris.

A mon humble niveau de commerçant, je constate aussi que le bleu marine, plutôt sombre a le vent en poupe. Etant attaché à ma trésorerie que je ne saurais laisser en souffrance trop longtemps, j’ai la lâcheté de produire des cravates bleus en quasi majorité. Toutefois, je n’en ai jamais vendu d’unie. Elles sont toujours texturées, soit imprimées ou brodées d’un petit motif, peut-être ton sur ton, mais jamais unies. Je m’adapte à ma clientèle. Deux cravates bleu ciel que j’ai fabriqué cherchent désespèrent preneurs !

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Pourquoi un tel goût en France? Toujours ce plaisir d’être soit disant en retrait par rapport à l’élégance de la gent féminine ? Ou un goût à l’italienne ?

Mes petites recherches sur le sujet m’ont amené à regarder les autres pays. Le Royaume (encore) Uni a à sa tête un gouvernement assez fade aussi. Les cravates n’y sont pas que bleu ou marine ou océan, mais parfois violette ou jaune. Seulement, ces couleurs sont plutôt criardes, en tout cas rarement de bon goût.

Enfin, la journaliste et moi avons évoqué les séries politiques que j’affectionne, House Of Cards ou The West Wing. Une remarque m’est alors apparue. Eux, les américains, portent du bleu ciel. Il portent aussi du rouge à l’envie. Et diantre, ils osent encore la rayure club ! Ce conformisme social faisait d’ailleurs l’objet d’une blague dans le film The Social Network, relatant la création de Facebook quand les deux frères je ne sais plus comment se présentaient à je sais plus qui, leur répondant : hey vous voulez quoi, me faire ouvrir une franchise Brooks Brothers? Les deux portraits de sénateurs ci-dessus sont extraits du trombinoscope du Sénat. Ce sont les plus sobres et les plus représentatifs. La chemise blanche est aussi le complément quasi essentiel ! Les chemises à rayures bengal sont rares aussi, sauf pour les plus anciens représentants. Les rares en chemises bleues doivent être des biknit comme dirait Coluche ! Barack Obama ne dénote pas dans le tableau.

Par contre, un point qui mettra tout le monde au même niveau, les parlementaires des deux côtés de l’atlantique sont aussi mal fagotés !

Emboitement et emmanchure

21 septembre 2014

Confectionner une veste pour un client exige beaucoup de travail et des mesures précises. Cela demande aussi de comprendre ce dernier, et encore plus, d’arriver à le faire parler sur ses goûts, ses envies et son ressenti, peut-être le point le plus important.

Les longueurs sont un point crucial, longueur du corps d’abord, longueurs  des manches ensuite. Mais ce sont des points stylistiques. Il y a ensuite le niveau de cintrage, un point stylistique qui mêle aussi le confort. Car il faut pouvoir respirer dans une veste, il faut aussi pouvoir la fermer. ll faut aussi prévoir les éléments que le client va mettre dans les poches intérieures. Qui plus est, les vestes entoilées supportent moins bien les cintrages forts que les veste collées. Le tissu n’étant pas rigidifié (par le thermocollant) mais seulement accompagné (par la toile), la nuance est importante, il a tendance à se comporter naturellement. Aussi, le fameux X décrit dans la documentation spécialisée se produit plus rapidement avec une veste entoilée, parfois même pour un simple cintrage. C’est plus souple ! Sauf à utiliser une flanelle de 400gr, mais ce n’est pas forcément l’envie commune. Et puis le corps gonfle dans la journée…

Attention aussi à votre physique. Si vous avez les épaules larges et hautes, ou la tête assez forte, une veste trop cintrée pourrait vous donner l’air d’un bilboquet !

Un peu plus haut que le cintrage, il y a la poitrine et le raccord des manches. Ici, l’étude doit être approfondie et le tailleur ne trouvera pas forcément le ton juste dès la première veste. Car devant, le long de l’emmanchure, au dessus du poitrail, le niveau de drapé du tissu peut-être modulé, c’est ce qu’on appelle l’emboitement ! La veste peut ainsi plus ou moins serrer le flanc pour tourner et passer sous la manche. Laisser un peu trop de tissu aura tendance a visuellement gonfler la poitrine. En retirer juste un peu trop pourra faire ouvrir le revers. Et ce point se commande difficilement, passant de trop à trop peu assez rapidement.

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Les tailleurs s’écharperont tous sur le sujet. Certains aimeront laisser un peu de gras, d’autres préféreront tendre la ligne pour emboiter le flanc. Un travail spécifique de la toile et de la courbe d’emmanchure sera alors réalisé. La toile pourrait être par exemple piquée en même temps que la manche dans sa partie basse et courbée, et être bâti souplement dans sa partie haute avec l’épaulette. D’où une certaine rigidité au galbe mais une épaule qui avance souplement.

Se sentir tenu au bord du flan et sous la manche peut être ressenti comme un avantage (pour une majorité de clients actuels) ou une gêne (principalement pour les clients au delà de 50ans ou ceux n’ayant pas l’habitude).

Ce point de précision est complété par l’emmanchure haute. Plus elle est haute, plus le confort dans les mouvements est intense. Mais cela peut être ressenti comme une véritable gêne. Je ne joue pas trop avec ce point, préférant une version entre deux. Car l’emmanchure haute demande une réelle habitude. Elle se sent et peut faire transpirer plus. De là découle une usure rapide des doublures sous l’effet de l’humidité acide.

Les messieurs d’un certain âge préfèrent quant à eux une emmanchure profonde et un emboitement au large, pour ne pas sentir la veste. Ils y trouvent une plus grande liberté de mouvement, le tout soutenu par une épaulette cantilever. Tout l’inverse de l’affection italienne pour l’emmanchure haute et l’emboitement serré. Mais au fond, chacun ses goûts !

Bonne semaine, Julien Scavini

Signature ?

18 septembre 2014

Mes chers amis,

peut-être ne le savez vous pas, mais je ne suis pas très bon gestionnaire de mes Relations Publiques (même si je peux donner le sentiment inverse). J’aime bien le calme de ma boutique ou de ma chambre, devant mon écran à vous écrire. Seulement, nombreux sont les lecteurs qui me poussent à organiser une petite soirée dédicace…

Alors soit, je pensais un des premiers mercredi soir du mois d’octobre ? le 15 ? Qu’en pensez vous ? Je suis à l’écoute :) Ma boutique n’est pas bien grande, mais si le temps le permet, le trottoir est très large !

JS


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