Archive for the ‘Général’ Category

Boutiques fouillis !

13 octobre 2014

Comme ancien architecte, j’aime bien réfléchir moi même à l’aménagement et à la décoration de ma boutique. Choix des coloris, harmonie de la charte graphique, sacs, housses ; de la couleur des plinthes à la couleur des murs, des rangements etc. C’est un travail de longue haleine, qui se couple aussi avec l’apprentissage du goût en matière de décoration intérieure et de style : style résolument moderne, Art Déco ou Régence ; plutôt style anglais ou style français (car oui en décoration cela existe à la différence du vêtement homme).

Ces questionnements sont doublés par le placement commercial de mon activité. Où dois je me situer? Haut de gamme ou moyenne gamme, humble artisan ou belle maison, échoppe moderne ou d’un goût plus désuet? Car l’esthétique d’un commerce révèle tout de celui-ci. Un art du stéréotype en somme. On n’entre pas chez Ralph Lauren comme l’on entre chez Melinda Gloss.

Même si je mène un questionnement de la cible comme on dit dans les milieux intéressés, je ne suis pas pour autant marketeur et n’ai pas fait de hautes études commerciales. Alors je tâtonne, de manière empirique. Le chic me guidant, comme seul maître mot.

Toutefois, au fil de mes recherches, je note une chose, le goût de l’authentique. Depuis peu, pour faire face au succès grandissant, je suis obligé d’utiliser occasionnellement l’atelier comme lieu pour les essayages ou les commandes, pour garder un caractère intime à l’acte tailleur, pendant que visiteurs ou curieux attendent dans la première pièce. J’ai noté un certain plaisir des clients à venir à l’atelier, là où les chutes de tissus trainent par terre, où la table de coupe est recouverte de gros ciseaux et où les vestes sont parfois éventrées, en attente de retouches.

Je me souviens avoir visité il y a fort longtemps un autre tailleur, Markal je crois, qui recevait au premier étage d’un immeuble haussmannien dans un désordre indescriptible. Une chatte n’y aurait pas retrouvé ses petits. Et pourtant le bougre a la plus belle clientèle de tout Paris, une foule de DG et autres notables de la politique et des arts.

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A l’instar de cet honorable tailleur, je connais un petit pressing, qui ne paie pas de mine et propose de la demi-mesure de qualité moyenne. Je sais qu’il fonctionne très bien. Nombre de messieurs en apportant chemises et caleçons le samedi matin s’y font prendre les mesures. J’imagine que cette ambiance ouvrieuse, chargée de vapeur et de perchlorétylène les inspire.

j’ai souvent noté cette curieuse envie de certains hommes pour le très basique, voir le bazar. Regardez chez Mettez, vénérable institution parisienne. Impossible de circuler, le stock est immense et je peine à croire qu’ils soient même capable d’en faire l’inventaire. Et pourtant, les messieurs adorent.

J’explique cela de trois manières. Une première catégorie d’homme n’aime pas le vêtement, par inintérêt. Une seconde n’aime pas le chic, par dégoût ou par peur (peur de ne pas se sentir à la hauteur socialement par exemple). C’est sûr qu’il fallait une petite dose de courage pour rentrer chez Arnys et oser regarder les vêtements, encore plus pour s’asseoir dans une de leur bergère. Ce luxe de service, qui se ressent dans le prix, peut effrayer.

Je décrierais également une autre catégorie d’hommes que je pense être toujours des enfants au fond d’eux. Ainsi, s’ils ne vont plus acheter des jouets pour eux même – bien que l’envie d’un train électrique les mette en joie – le vêtement est l’objet d’un achat de plaisir. Ainsi, au lieu de baver devant la devanture du marchand de jouet, ils bavent devant la devanture d’une boutique de vêtements et accessoires, tout en fouillis. Il y a là un petit côté malle au trésor. On ne sait tout à fait si l’on y trouvera son plaisir, mais par plaisir, on va aller y fouiller.

C’est d’ailleurs tout le charme des boutiques anglaises, qui sont sombres, avec des murs recouverts d’acajou foncé, du tartan au sol, des fauteuils clubs affaissés et de marchandises qui jaillissent de partout. Rien que par cette description, je pense que vous serez plusieurs à éprouver le même plaisir que celui qui consiste à tremper son doigts dans un pot de pâte chocolat-noisette. Les américains ont un mot pour décrire cette atmosphère : haberdashery qui signifierait Mercerie.

Certains clients aiment le chic, l’ordonné et le luxueux. Ils aiment s’asseoir dans un fauteuil Louis XVI et apprécient qu’on leur serve un thé. Si le vendeur est légèrement obséquieux, c’est encore mieux. Question de rang. Il y a d’autres messieurs, qui au contraire aimeront tutoyer le vendeur, se sentir comme chez eux, au milieu d’un désordre indescriptible. Ils aimeront relativiser le moment, ne pas en faire toute une histoire. Bref, deux parcours différents.

Une chose est sûre, les hommes sont plus difficiles à convaincre quand il s’agit de vêtement. Les mettre à l’aise est la première qualité d’un bon vendeur, et d’une bonne boutique !

Des pièces millésimées dans vos vestiaires

5 octobre 2014

Cette semaine, je donne la parole à mon ami, Jean-Baptiste R., qui a eu la bonne idée de me soumettre ce papier très intéressant !

Ces derniers temps, l’actualité ne cesse de relayer les nombreux changements qui se produisent au sein du secteur du luxe et de l’artisanat. Rachats spectaculaires (à l’instar de la fameuse Savile Row tombée dans l’escarcelle d’un fond d’investissement norvégien), volatilité des directions artistiques, naissance et renaissance de « maisons » en tout genre… Tous ces éléments nous rappellent que ces entreprises mènent une existence propre, avec des conséquences importantes sur les produits qu’elles fabriquent.

On oublie trop souvent que les articles proposés illustrent à merveille l’état d’esprit d’une maison à un moment donné. Dans ce secteur où le facteur humain est prédominant, chaque incident peut avoir une influence considérable sur le rendu final du modèle.

Chaque pièce a sa propre histoire. L’ambiance régnant dans l’atelier, la présence ou non de tel artisan, la qualité de tel arrivage de matière première, lors du passage de votre commande peut avoir un impact important sur le résultat final. N’oublions pas les périodes d’apogées, de déclin voire de rachat. Avez-vous acquis votre Forestière chez Arnys ou chez Berluti ? Vos costumes de chez Kilgour datent-ils de votre grand-père ou de 2013, date du rachat du tailleur par le fond Fung Capital ?

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Poussons la logique jusqu’au bout : le comportement du client influence également sa commande. Incitera-t-il par sa gentillesse, sa personnalité, sa confiance ou sa fidélité l’artisan ou le vendeur à se surpasser ?

Dès lors, avant de pousser la porte d’une boutique il convient de garder à l’esprit ces réflexions suivantes : dans quelle situation se trouve l’entreprise actuellement (indépendante ou non, en situation d’émergence, d’apogée ou de déclin…), qui est votre interlocuteur (fondateur, salarié ou stagiaire ?), la production est-elle stable (changement de sous-traitant, délocalisation, changement de personnel…) , quid du timing de votre commande (fermeture annuelle de l’atelier, manufacture débordée par les commandes…), etc.

Il n’y a pas de règle établie pour une commande exceptionnelle. Néanmoins il s’agit toujours d’une aventure humaine qui dépend en partie de la chance et de votre engagement personnel. Ce raisonnement est également valable pour les achats d’occasion.

Et vous, possédez-vous quelques pièces millésimées dans votre garde-robe ?

Bonne semaine, JS.

 

Classe américaine

29 septembre 2014

Je discutais récemment avec une journaliste qui m’interrogeait sur la cravate et son usage, qui lui semblait à juste titre tendre à disparaitre de nos jours. Par différent biais, nous arrivâmes à discuter des cravates des hommes politiques, français notamment, qui semble affectionner les modèles ton sur ton du costume.

Je repensais ainsi à M. Sarkosy qui aime les cravates en grenadine. La grenadine pour ceux qui l’ignorent est une fine maille de soie, tissée et non tricotée. Elle a une tenue assez raide du fait de son épaisseur et est assez mat du fait de ton tissage qui absorbe la lumière.

De manière générale, les gouvernants français aiment le sobre, le sans relief, le sans goût pourrait-on dire. Le gouvernement (presque) actuel est très représentatif de cela. Des cravates sombres, avec parfois un bleu plus roi, comme pour notre président. Amusant du reste un tel choix de coloris.

A mon humble niveau de commerçant, je constate aussi que le bleu marine, plutôt sombre a le vent en poupe. Etant attaché à ma trésorerie que je ne saurais laisser en souffrance trop longtemps, j’ai la lâcheté de produire des cravates bleus en quasi majorité. Toutefois, je n’en ai jamais vendu d’unie. Elles sont toujours texturées, soit imprimées ou brodées d’un petit motif, peut-être ton sur ton, mais jamais unies. Je m’adapte à ma clientèle. Deux cravates bleu ciel que j’ai fabriqué cherchent désespèrent preneurs !

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Pourquoi un tel goût en France? Toujours ce plaisir d’être soit disant en retrait par rapport à l’élégance de la gent féminine ? Ou un goût à l’italienne ?

Mes petites recherches sur le sujet m’ont amené à regarder les autres pays. Le Royaume (encore) Uni a à sa tête un gouvernement assez fade aussi. Les cravates n’y sont pas que bleu ou marine ou océan, mais parfois violette ou jaune. Seulement, ces couleurs sont plutôt criardes, en tout cas rarement de bon goût.

Enfin, la journaliste et moi avons évoqué les séries politiques que j’affectionne, House Of Cards ou The West Wing. Une remarque m’est alors apparue. Eux, les américains, portent du bleu ciel. Il portent aussi du rouge à l’envie. Et diantre, ils osent encore la rayure club ! Ce conformisme social faisait d’ailleurs l’objet d’une blague dans le film The Social Network, relatant la création de Facebook quand les deux frères je ne sais plus comment se présentaient à je sais plus qui, leur répondant : hey vous voulez quoi, me faire ouvrir une franchise Brooks Brothers? Les deux portraits de sénateurs ci-dessus sont extraits du trombinoscope du Sénat. Ce sont les plus sobres et les plus représentatifs. La chemise blanche est aussi le complément quasi essentiel ! Les chemises à rayures bengal sont rares aussi, sauf pour les plus anciens représentants. Les rares en chemises bleues doivent être des biknit comme dirait Coluche ! Barack Obama ne dénote pas dans le tableau.

Par contre, un point qui mettra tout le monde au même niveau, les parlementaires des deux côtés de l’atlantique sont aussi mal fagotés !

Emboitement et emmanchure

21 septembre 2014

Confectionner une veste pour un client exige beaucoup de travail et des mesures précises. Cela demande aussi de comprendre ce dernier, et encore plus, d’arriver à le faire parler sur ses goûts, ses envies et son ressenti, peut-être le point le plus important.

Les longueurs sont un point crucial, longueur du corps d’abord, longueurs  des manches ensuite. Mais ce sont des points stylistiques. Il y a ensuite le niveau de cintrage, un point stylistique qui mêle aussi le confort. Car il faut pouvoir respirer dans une veste, il faut aussi pouvoir la fermer. ll faut aussi prévoir les éléments que le client va mettre dans les poches intérieures. Qui plus est, les vestes entoilées supportent moins bien les cintrages forts que les veste collées. Le tissu n’étant pas rigidifié (par le thermocollant) mais seulement accompagné (par la toile), la nuance est importante, il a tendance à se comporter naturellement. Aussi, le fameux X décrit dans la documentation spécialisée se produit plus rapidement avec une veste entoilée, parfois même pour un simple cintrage. C’est plus souple ! Sauf à utiliser une flanelle de 400gr, mais ce n’est pas forcément l’envie commune. Et puis le corps gonfle dans la journée…

Attention aussi à votre physique. Si vous avez les épaules larges et hautes, ou la tête assez forte, une veste trop cintrée pourrait vous donner l’air d’un bilboquet !

Un peu plus haut que le cintrage, il y a la poitrine et le raccord des manches. Ici, l’étude doit être approfondie et le tailleur ne trouvera pas forcément le ton juste dès la première veste. Car devant, le long de l’emmanchure, au dessus du poitrail, le niveau de drapé du tissu peut-être modulé, c’est ce qu’on appelle l’emboitement ! La veste peut ainsi plus ou moins serrer le flanc pour tourner et passer sous la manche. Laisser un peu trop de tissu aura tendance a visuellement gonfler la poitrine. En retirer juste un peu trop pourra faire ouvrir le revers. Et ce point se commande difficilement, passant de trop à trop peu assez rapidement.

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Les tailleurs s’écharperont tous sur le sujet. Certains aimeront laisser un peu de gras, d’autres préféreront tendre la ligne pour emboiter le flanc. Un travail spécifique de la toile et de la courbe d’emmanchure sera alors réalisé. La toile pourrait être par exemple piquée en même temps que la manche dans sa partie basse et courbée, et être bâti souplement dans sa partie haute avec l’épaulette. D’où une certaine rigidité au galbe mais une épaule qui avance souplement.

Se sentir tenu au bord du flan et sous la manche peut être ressenti comme un avantage (pour une majorité de clients actuels) ou une gêne (principalement pour les clients au delà de 50ans ou ceux n’ayant pas l’habitude).

Ce point de précision est complété par l’emmanchure haute. Plus elle est haute, plus le confort dans les mouvements est intense. Mais cela peut être ressenti comme une véritable gêne. Je ne joue pas trop avec ce point, préférant une version entre deux. Car l’emmanchure haute demande une réelle habitude. Elle se sent et peut faire transpirer plus. De là découle une usure rapide des doublures sous l’effet de l’humidité acide.

Les messieurs d’un certain âge préfèrent quant à eux une emmanchure profonde et un emboitement au large, pour ne pas sentir la veste. Ils y trouvent une plus grande liberté de mouvement, le tout soutenu par une épaulette cantilever. Tout l’inverse de l’affection italienne pour l’emmanchure haute et l’emboitement serré. Mais au fond, chacun ses goûts !

Bonne semaine, Julien Scavini

Signature ?

18 septembre 2014

Mes chers amis,

peut-être ne le savez vous pas, mais je ne suis pas très bon gestionnaire de mes Relations Publiques (même si je peux donner le sentiment inverse). J’aime bien le calme de ma boutique ou de ma chambre, devant mon écran à vous écrire. Seulement, nombreux sont les lecteurs qui me poussent à organiser une petite soirée dédicace…

Alors soit, je pensais un des premiers mercredi soir du mois d’octobre ? le 15 ? Qu’en pensez vous ? Je suis à l’écoute :) Ma boutique n’est pas bien grande, mais si le temps le permet, le trottoir est très large !

JS

C’est l’été

14 juillet 2014

C’est l’été, et donc les vacances. Si mon activité professionnelle continue encore quelques temps, le blog lui se met au repos après une année bien chargée ! Je vous dis donc à tous et à chacun : bel été, bon repos ! Je vous laisse en compagnie de l’orchestre du Titanic, qui interprétera pour vous quelques rag time pour faire passer le temps …

TITANIC

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La laine solaire

30 juin 2014

L’été, lorsqu’il fait chaud – ce qui est assez loin d’être atteint cette année – la question vestimentaire devient cruciale, surtout si vous devez être habillé classiquement, j’entends par là le contraire de la combinaison t-shirt et pantacourt. Le port du costume peut même devenir une vraie plaie si les températures grimpent trop. Je me souviens à ce titre d’un agent revenant du Pitti Uomo l’année dernière à Florence qui m’avait amusé en parlant de, je cite, tous ces gugusses sappés en croisé sous 35°c à l’ombre. Le-dit agent vendait du sportswear, ceci expliquant peut-être cela.

Et en parlant de Pitti, l’une des grandes trouvailles depuis deux ans maintenant dont on parle partout est le Solaro. A ne pas confondre avec le Solano, un étoffe britannique ressemblant en texture à du lin mais composé de 50% de laine, de 25% de coton et de 25% de lin, très frais et peu froissable, à l’aspect assez brut.

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Bref, le solaro, vous connaissez tous je pense. Il s’agit d’une étoffe de laine. Mais pas d’une étoffe de laine froide. C’est d’ailleurs la grande incongruité de ce tissu. Réalisé en serge simple ou en chevrons, il n’est pas particulièrement respirant. En revanche, il renvoie bien la lumière grâce à son tissage mêlant deux fils de couleurs différentes. Le solaro est une matière dite changeante. Sa couleur et ses nuances varient suivant l’angle du regard. Cela en fait une étoffe rare et amusante.

La plupart d’entre vous connaissent le solaro dans sa version ‘tumblr et autres blogs’, c’est à dire rouille, un mélange de rouge et de vert. Mais je pense que peu savent en revanche que le solaro existe dans toutes les couleurs. En voici quelques exemples, à carreaux et chevrons, à chevrons et en serge simple.

Cette matière assez solide du fait qu’elle n’est pas une toile permet de réaliser des veste et des pantalons, et donc des costumes. Les costumes sont toujours les plus simples, limitant l’accord de couleur à la cravate et à la chemise. Mais une belle veste en solaro peut constituer une alternative intéressante à la veste sport en tweed de l’hiver. Car l’été, il est assez difficile de trouver des étoffes pour réaliser des vestes seules. Trop unie, trop fade, trop épaisse, le choix de l’étoffe sport de l’été se réduit souvent au natté bleu ou au lin beige. Et bien maintenant, vous avez la laine solaire !

Bonne semaine, Julien Scavini

Aux couleurs de l’Union Jack !

23 juin 2014

Récemment, je faisais une recherche sur Albert Golberg, créateur de Façonnable et qui se consacre maintenant à sa nouvelle danseuse, Albert Arts, une marque implantée à Nice, sur la côte d’Azur. Albert Arts propose comme j’ai déjà pu l’évoquer ici et là, des articles de grande qualité. Mais surtout des articles hyper brandés et reconnaissables par l’utilisation d’une palette de couleur extrêmement restreinte : les couleurs de l’Union Jack, qui sont déclinées à l’envi. Ces couleurs sont au nombre de trois : rouge, blanc, bleu.

Vous connaissez depuis longtemps ma passion pour les harmonies de couleur. Le bleu reste la couleur la plus masculine qui soit. A partir d’un bleu de prusse ou d’un bleu marine, par adjonction de blanc, il est possible d’obtenir des nuances plus claires, pétrole ou azur par exemple. Tous ces bleus s’associent entre eux à merveille, chinos marine avec chemise ciel, complétés parfois par des souliers en veau-velours cobalt ou une veste en seersucker rayée barbeau.

Bref, Albert Arts use et abuse du drapeau anglais qu’il plaque sur beaucoup de ses créations. Par là, le ‘petit’ façonnier de Nice se rappelle l’âge d’or de la promenade des Anglais. L’Union Jack fait symbole et il n’est pas le seul à l’avoir compris : Hackett et Barbour au Royaume-Uni utilisent la même tactique, de même qu’un nombre très impressionnant de couturiers. Certains utilisent l’emblème par attachement conservateur, pour véhiculer un idéal de qualité et de respectabilité, distillant par là même un esprit tailleur, celui de Savile Row et Jermyn Street. D’autres en revanche le dérobent dans un esprit pop, libéral et novateur, détracteur ou rebelle aussi. C’est l’Union Jack de l’esprit rock, des Beatles et du renouveau post-industriel.

gilet rouge

La maison de Nice se situe certainement plus dans la première catégorie. Et à partir de ces trois couleurs tisse un véritable dialogue de nuances. Les cravates, la plupart du temps magnifiques alternent marine et rouge avec marine et blanc. Les tonalités se croisent et se conjuguent donnant à l’ensemble des produits proposés une véritable homogénéité. Qui plus est dans une gamme masculine. Je loue cet effort qui est fait. Au fond, pourrait-on dire qu’en dehors du bleu et du blanc, point de salut ?

Ceci étant dit, il convient de remarquer le rôle pivot du rouge dans cette dialectique. Une couleur pas évidente car parfois criarde, en tous cas toujours forte. Une cravate rouge ou une paire de chaussette rouge, cela réveille et parfois choque. Tout autant qu’un pantalon rouge, sans parler d’une veste rouge ! Une couleur à laquelle beaucoup d’hommes préfèrent le violet, plus discret.

Je voulais vous faire part de ce court sentiment après avoir vu la photo d’une mise avec un gilet rouge, superbe ! Cette touche de couleur rehaussait toute la mise, sport d’ailleurs. Elle l’égayait et lui donnait une vraie personnalité. Sans être de trop, l’ensemble parait à la fois classique et légèrement désinvolte.  Enfin, je souhaitais parler de l’Union Jack pour faire remarquer et pour s’amuser du fait que les couleurs de notre drapeau – étant l’exact inverse, bleu, blanc, rouge - sont bien moins souvent placardées sur les vestes que le drapeau de l’Union !

Bonne semaine, Julien Scavini.

LE CONCOURS – LE RESULTAT EN IMAGE !

16 juin 2014

Bien ! A l’issue de cet important concours par son nombre de participant et de votants, les résultats ont clairement départagé les vainqueurs, qui sont :

  • 1er – ALEXANDRE K, qui gagne une cravate 7 plis, de la collection actuelle ou à venir, ainsi qu’une bouteille de Crozes-Hermitages E. Guigal 2010 rouge.
  • 2ème – ADes, qui gagne une cravate 7 plis, de la collection actuelle ou à venir.
  • 3ème – RoSaCe, qui gagne une pochette roulottée main de la collection ou à venir.

J’en suis heureux pour eux et les recevrai à la boutique dès qu’ils m’en feront la demande. Voici donc un dessin reprenant les tenues.

Alexandre K a écrit une veste, sorte de Norfolk d’été en coton beige, une sorte de mélange de saharienne et de blazer.  Une veste ceinturée, à poches plaquées à soufflets et rabats (poche poitrine également), une extension de la contre anglaise pour fermer le col si relevé. Bref, une belle veste de voyage. Avec une chemise blanche, col cutaway, poignets simples. Pantalon et gilet de fine laine à motif vichy beige et marron. Le pantalon repose sur le haut des hanches, sans pinces, avec side adjusters et revers relativement large. Une paire de boots, assez solide, en cuir grainé marron. Cap Toe à l’avant. Le pantalon est taillé un poil court pour mettre en valeur les boots. On ne vois pas les mi-bas. Cravate en maille d’un vert foret ainsi qu’une casquette 8 Cotes en lin beige. Enfin un sac de voyages en cuir.

ADes avait stipulé une veste de weed irlandais uni olive clair (lumineux pour le printemps) ; deux boutons ; trois poches à rabat ; deux fentes d’aisance. Une chemise à col italien ; vichy bleu ciel pour célébrer le printemps encore une fois. Un pantalon chino avec ceinture beige clair avec ourlets ; ceinture marron à boucle argent. Des derbies marron simples ; mi-bas bleus marine. Et autour du cou, une cravate bleue marine en tricot (fin « plate ») complété d’une pochette blanche à liseré bleu ciel portée en « double triangle ».

RoSaCe m’avait en plus fait un croquis explicatif très réussi.  D’abord une veste croisée dépareillée 4X2 transformable. Le tissu est un prince de galles caramel avec des grandes fenêtres bleu ciel. L’épaule est romaine et les poches sont plaquées (sauf la poche poitrine, qui elle est « barchetta ». La chemise a un col boutonné, à l’italienne, peut-être déboutonnée? Le tissu est léger, et elle est bleu ciel. Le pantalon est en laine froide ivoire, avec une ceinture en cuir tressé dans les caramel. Le pantalon a un revers de 4 cm. Le veau velours se prête assez bien aux voyages, et aux climats méditerranéens. Sans doute une paire de chukkas, couleur moutarde. Les mi-bas sont des Mazarin en fil d’écosse bleu ciel, mais on ne les voit pas. Dans la poche de la veste: une pochette exquisite trimming rouge et jaune, rappelant une vieille réclame de la ville de Lyon. Sur l’épaule enfin, un sac de weekend en cuir grainé.

Voici donc l’illustration, dans laquelle j’ai ajouté mon grain de sel, un costume, pour changer. J’ai pensé pour ma part à une veste souple, un bouton et poches plaquées accompagnée d’un pantalon à revers, réalisés dans un prince de galles brun fenêtré bleu en fine flanelle, avec chemise bleu et cravate ancient madder et chaussé de doubles boucles en veau-velours.

ORIENT EXPRESS 3

Cette petite assemblée à fière allure n’est-il pas? Un petit côté Pitti Uomo ;)

Après, j’avais envie de commenter les tenues une à une mais je vais me retenir, car cela donnerait une désagréable impression de maître d’école à élèves. Par contre, je peux donner quelques accessits du point de vue de Stiff Collar, blog ô combien classique. Ainsi, je tiens à concéder une première distinction pour le port du costume, à Matthieu, le Chiffre et Adrien, pour lequel j’aurais voté, malgré les souliers mal choisis (j’aurais mis des bucks blanches avec ce bleu ciel). Je tiens également à honorer les solutions simples (et que j’adopterai certainement si je prenais l’Orient Express demain matin) de Guillaume hautcoeur ou Alexandre C. Je tiens aussi à lever mon chapeau à 2M et le bibliothécaire pour l’ajout d’un cardigan sous la veste. Enfin, Loic, Etienne L et Arthur mérite une remarque dans la catégorie couleur !

Merci à tous pour votre participation. Le vote fut certes un peu déséquilibré par les appels au vote ici et là, mais l’essentiel n’était là. A le semaine prochaine, et d’ici là, habillez vous (bien). Julien Scavini

LE CONCOURS – LES RESULTATS !

9 juin 2014

Mesdames (il y en a, oui oui!) et messieurs, ce concours fut très amusant et a donné à chacun le moyen de laisser libre court à son imagination. La planche est très belle. Peut-être qu’un jour elle sera éditée avec l’intitulé , prouvant à quel point les réponses peuvent être multiples et la plupart du temps de bon goût.

A l’issu des votes par commentaires, rehaussés pour chaque participants d’un point (le sien), VOICI LE GRAPHIQUE TANT ATTENDU !  Ah je suis content. J’ai senti dans les dernières minutes de ce concours une réelle excitation des participants. Les votes se sont enchainés à un rythme très soutenu. Ce fut très amusant à suivre derrière ma console. Nous y sommes :

1er – ALEXANDRE K, gagne une cravate 7 plis, de la collection actuelle ou à venir, ainsi qu’une bouteille de Crozes-Hermitages E. Guigal 2010 rouge.

2ème – ADes, gagne une cravate 7 plis, de la collection actuelle ou à venir.

3ème – RoSaCe, gagne une pochette roulottée main de la collection ou à venir.

vote-finalePour ma part – je suis sûr que vous vous en fichez – mais j’aurais voté pour …

… vous le saurez au prochain épisode ! Lundi. Je finis le dessin tranquillement et vous livre une conclusion complète, avec mes coups de cœurs et mes remarques diverses. Et merci pour votre franche camaraderie durant cet exercice. J’ai été un peu dépassé par l’ampleur de l’événement, mais je crois que chacun en sortira diverti ;)

Julien Scavini


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