Archive for the ‘Chroniques’ Category

Boutiques fouillis !

13 octobre 2014

Comme ancien architecte, j’aime bien réfléchir moi même à l’aménagement et à la décoration de ma boutique. Choix des coloris, harmonie de la charte graphique, sacs, housses ; de la couleur des plinthes à la couleur des murs, des rangements etc. C’est un travail de longue haleine, qui se couple aussi avec l’apprentissage du goût en matière de décoration intérieure et de style : style résolument moderne, Art Déco ou Régence ; plutôt style anglais ou style français (car oui en décoration cela existe à la différence du vêtement homme).

Ces questionnements sont doublés par le placement commercial de mon activité. Où dois je me situer? Haut de gamme ou moyenne gamme, humble artisan ou belle maison, échoppe moderne ou d’un goût plus désuet? Car l’esthétique d’un commerce révèle tout de celui-ci. Un art du stéréotype en somme. On n’entre pas chez Ralph Lauren comme l’on entre chez Melinda Gloss.

Même si je mène un questionnement de la cible comme on dit dans les milieux intéressés, je ne suis pas pour autant marketeur et n’ai pas fait de hautes études commerciales. Alors je tâtonne, de manière empirique. Le chic me guidant, comme seul maître mot.

Toutefois, au fil de mes recherches, je note une chose, le goût de l’authentique. Depuis peu, pour faire face au succès grandissant, je suis obligé d’utiliser occasionnellement l’atelier comme lieu pour les essayages ou les commandes, pour garder un caractère intime à l’acte tailleur, pendant que visiteurs ou curieux attendent dans la première pièce. J’ai noté un certain plaisir des clients à venir à l’atelier, là où les chutes de tissus trainent par terre, où la table de coupe est recouverte de gros ciseaux et où les vestes sont parfois éventrées, en attente de retouches.

Je me souviens avoir visité il y a fort longtemps un autre tailleur, Markal je crois, qui recevait au premier étage d’un immeuble haussmannien dans un désordre indescriptible. Une chatte n’y aurait pas retrouvé ses petits. Et pourtant le bougre a la plus belle clientèle de tout Paris, une foule de DG et autres notables de la politique et des arts.

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A l’instar de cet honorable tailleur, je connais un petit pressing, qui ne paie pas de mine et propose de la demi-mesure de qualité moyenne. Je sais qu’il fonctionne très bien. Nombre de messieurs en apportant chemises et caleçons le samedi matin s’y font prendre les mesures. J’imagine que cette ambiance ouvrieuse, chargée de vapeur et de perchlorétylène les inspire.

j’ai souvent noté cette curieuse envie de certains hommes pour le très basique, voir le bazar. Regardez chez Mettez, vénérable institution parisienne. Impossible de circuler, le stock est immense et je peine à croire qu’ils soient même capable d’en faire l’inventaire. Et pourtant, les messieurs adorent.

J’explique cela de trois manières. Une première catégorie d’homme n’aime pas le vêtement, par inintérêt. Une seconde n’aime pas le chic, par dégoût ou par peur (peur de ne pas se sentir à la hauteur socialement par exemple). C’est sûr qu’il fallait une petite dose de courage pour rentrer chez Arnys et oser regarder les vêtements, encore plus pour s’asseoir dans une de leur bergère. Ce luxe de service, qui se ressent dans le prix, peut effrayer.

Je décrierais également une autre catégorie d’hommes que je pense être toujours des enfants au fond d’eux. Ainsi, s’ils ne vont plus acheter des jouets pour eux même – bien que l’envie d’un train électrique les mette en joie – le vêtement est l’objet d’un achat de plaisir. Ainsi, au lieu de baver devant la devanture du marchand de jouet, ils bavent devant la devanture d’une boutique de vêtements et accessoires, tout en fouillis. Il y a là un petit côté malle au trésor. On ne sait tout à fait si l’on y trouvera son plaisir, mais par plaisir, on va aller y fouiller.

C’est d’ailleurs tout le charme des boutiques anglaises, qui sont sombres, avec des murs recouverts d’acajou foncé, du tartan au sol, des fauteuils clubs affaissés et de marchandises qui jaillissent de partout. Rien que par cette description, je pense que vous serez plusieurs à éprouver le même plaisir que celui qui consiste à tremper son doigts dans un pot de pâte chocolat-noisette. Les américains ont un mot pour décrire cette atmosphère : haberdashery qui signifierait Mercerie.

Certains clients aiment le chic, l’ordonné et le luxueux. Ils aiment s’asseoir dans un fauteuil Louis XVI et apprécient qu’on leur serve un thé. Si le vendeur est légèrement obséquieux, c’est encore mieux. Question de rang. Il y a d’autres messieurs, qui au contraire aimeront tutoyer le vendeur, se sentir comme chez eux, au milieu d’un désordre indescriptible. Ils aimeront relativiser le moment, ne pas en faire toute une histoire. Bref, deux parcours différents.

Une chose est sûre, les hommes sont plus difficiles à convaincre quand il s’agit de vêtement. Les mettre à l’aise est la première qualité d’un bon vendeur, et d’une bonne boutique !

Des pièces millésimées dans vos vestiaires

5 octobre 2014

Cette semaine, je donne la parole à mon ami, Jean-Baptiste R., qui a eu la bonne idée de me soumettre ce papier très intéressant !

Ces derniers temps, l’actualité ne cesse de relayer les nombreux changements qui se produisent au sein du secteur du luxe et de l’artisanat. Rachats spectaculaires (à l’instar de la fameuse Savile Row tombée dans l’escarcelle d’un fond d’investissement norvégien), volatilité des directions artistiques, naissance et renaissance de « maisons » en tout genre… Tous ces éléments nous rappellent que ces entreprises mènent une existence propre, avec des conséquences importantes sur les produits qu’elles fabriquent.

On oublie trop souvent que les articles proposés illustrent à merveille l’état d’esprit d’une maison à un moment donné. Dans ce secteur où le facteur humain est prédominant, chaque incident peut avoir une influence considérable sur le rendu final du modèle.

Chaque pièce a sa propre histoire. L’ambiance régnant dans l’atelier, la présence ou non de tel artisan, la qualité de tel arrivage de matière première, lors du passage de votre commande peut avoir un impact important sur le résultat final. N’oublions pas les périodes d’apogées, de déclin voire de rachat. Avez-vous acquis votre Forestière chez Arnys ou chez Berluti ? Vos costumes de chez Kilgour datent-ils de votre grand-père ou de 2013, date du rachat du tailleur par le fond Fung Capital ?

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Poussons la logique jusqu’au bout : le comportement du client influence également sa commande. Incitera-t-il par sa gentillesse, sa personnalité, sa confiance ou sa fidélité l’artisan ou le vendeur à se surpasser ?

Dès lors, avant de pousser la porte d’une boutique il convient de garder à l’esprit ces réflexions suivantes : dans quelle situation se trouve l’entreprise actuellement (indépendante ou non, en situation d’émergence, d’apogée ou de déclin…), qui est votre interlocuteur (fondateur, salarié ou stagiaire ?), la production est-elle stable (changement de sous-traitant, délocalisation, changement de personnel…) , quid du timing de votre commande (fermeture annuelle de l’atelier, manufacture débordée par les commandes…), etc.

Il n’y a pas de règle établie pour une commande exceptionnelle. Néanmoins il s’agit toujours d’une aventure humaine qui dépend en partie de la chance et de votre engagement personnel. Ce raisonnement est également valable pour les achats d’occasion.

Et vous, possédez-vous quelques pièces millésimées dans votre garde-robe ?

Bonne semaine, JS.

 

Classe américaine

29 septembre 2014

Je discutais récemment avec une journaliste qui m’interrogeait sur la cravate et son usage, qui lui semblait à juste titre tendre à disparaitre de nos jours. Par différent biais, nous arrivâmes à discuter des cravates des hommes politiques, français notamment, qui semble affectionner les modèles ton sur ton du costume.

Je repensais ainsi à M. Sarkosy qui aime les cravates en grenadine. La grenadine pour ceux qui l’ignorent est une fine maille de soie, tissée et non tricotée. Elle a une tenue assez raide du fait de son épaisseur et est assez mat du fait de ton tissage qui absorbe la lumière.

De manière générale, les gouvernants français aiment le sobre, le sans relief, le sans goût pourrait-on dire. Le gouvernement (presque) actuel est très représentatif de cela. Des cravates sombres, avec parfois un bleu plus roi, comme pour notre président. Amusant du reste un tel choix de coloris.

A mon humble niveau de commerçant, je constate aussi que le bleu marine, plutôt sombre a le vent en poupe. Etant attaché à ma trésorerie que je ne saurais laisser en souffrance trop longtemps, j’ai la lâcheté de produire des cravates bleus en quasi majorité. Toutefois, je n’en ai jamais vendu d’unie. Elles sont toujours texturées, soit imprimées ou brodées d’un petit motif, peut-être ton sur ton, mais jamais unies. Je m’adapte à ma clientèle. Deux cravates bleu ciel que j’ai fabriqué cherchent désespèrent preneurs !

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Pourquoi un tel goût en France? Toujours ce plaisir d’être soit disant en retrait par rapport à l’élégance de la gent féminine ? Ou un goût à l’italienne ?

Mes petites recherches sur le sujet m’ont amené à regarder les autres pays. Le Royaume (encore) Uni a à sa tête un gouvernement assez fade aussi. Les cravates n’y sont pas que bleu ou marine ou océan, mais parfois violette ou jaune. Seulement, ces couleurs sont plutôt criardes, en tout cas rarement de bon goût.

Enfin, la journaliste et moi avons évoqué les séries politiques que j’affectionne, House Of Cards ou The West Wing. Une remarque m’est alors apparue. Eux, les américains, portent du bleu ciel. Il portent aussi du rouge à l’envie. Et diantre, ils osent encore la rayure club ! Ce conformisme social faisait d’ailleurs l’objet d’une blague dans le film The Social Network, relatant la création de Facebook quand les deux frères je ne sais plus comment se présentaient à je sais plus qui, leur répondant : hey vous voulez quoi, me faire ouvrir une franchise Brooks Brothers? Les deux portraits de sénateurs ci-dessus sont extraits du trombinoscope du Sénat. Ce sont les plus sobres et les plus représentatifs. La chemise blanche est aussi le complément quasi essentiel ! Les chemises à rayures bengal sont rares aussi, sauf pour les plus anciens représentants. Les rares en chemises bleues doivent être des biknit comme dirait Coluche ! Barack Obama ne dénote pas dans le tableau.

Par contre, un point qui mettra tout le monde au même niveau, les parlementaires des deux côtés de l’atlantique sont aussi mal fagotés !

Emboitement et emmanchure

21 septembre 2014

Confectionner une veste pour un client exige beaucoup de travail et des mesures précises. Cela demande aussi de comprendre ce dernier, et encore plus, d’arriver à le faire parler sur ses goûts, ses envies et son ressenti, peut-être le point le plus important.

Les longueurs sont un point crucial, longueur du corps d’abord, longueurs  des manches ensuite. Mais ce sont des points stylistiques. Il y a ensuite le niveau de cintrage, un point stylistique qui mêle aussi le confort. Car il faut pouvoir respirer dans une veste, il faut aussi pouvoir la fermer. ll faut aussi prévoir les éléments que le client va mettre dans les poches intérieures. Qui plus est, les vestes entoilées supportent moins bien les cintrages forts que les veste collées. Le tissu n’étant pas rigidifié (par le thermocollant) mais seulement accompagné (par la toile), la nuance est importante, il a tendance à se comporter naturellement. Aussi, le fameux X décrit dans la documentation spécialisée se produit plus rapidement avec une veste entoilée, parfois même pour un simple cintrage. C’est plus souple ! Sauf à utiliser une flanelle de 400gr, mais ce n’est pas forcément l’envie commune. Et puis le corps gonfle dans la journée…

Attention aussi à votre physique. Si vous avez les épaules larges et hautes, ou la tête assez forte, une veste trop cintrée pourrait vous donner l’air d’un bilboquet !

Un peu plus haut que le cintrage, il y a la poitrine et le raccord des manches. Ici, l’étude doit être approfondie et le tailleur ne trouvera pas forcément le ton juste dès la première veste. Car devant, le long de l’emmanchure, au dessus du poitrail, le niveau de drapé du tissu peut-être modulé, c’est ce qu’on appelle l’emboitement ! La veste peut ainsi plus ou moins serrer le flanc pour tourner et passer sous la manche. Laisser un peu trop de tissu aura tendance a visuellement gonfler la poitrine. En retirer juste un peu trop pourra faire ouvrir le revers. Et ce point se commande difficilement, passant de trop à trop peu assez rapidement.

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Les tailleurs s’écharperont tous sur le sujet. Certains aimeront laisser un peu de gras, d’autres préféreront tendre la ligne pour emboiter le flanc. Un travail spécifique de la toile et de la courbe d’emmanchure sera alors réalisé. La toile pourrait être par exemple piquée en même temps que la manche dans sa partie basse et courbée, et être bâti souplement dans sa partie haute avec l’épaulette. D’où une certaine rigidité au galbe mais une épaule qui avance souplement.

Se sentir tenu au bord du flan et sous la manche peut être ressenti comme un avantage (pour une majorité de clients actuels) ou une gêne (principalement pour les clients au delà de 50ans ou ceux n’ayant pas l’habitude).

Ce point de précision est complété par l’emmanchure haute. Plus elle est haute, plus le confort dans les mouvements est intense. Mais cela peut être ressenti comme une véritable gêne. Je ne joue pas trop avec ce point, préférant une version entre deux. Car l’emmanchure haute demande une réelle habitude. Elle se sent et peut faire transpirer plus. De là découle une usure rapide des doublures sous l’effet de l’humidité acide.

Les messieurs d’un certain âge préfèrent quant à eux une emmanchure profonde et un emboitement au large, pour ne pas sentir la veste. Ils y trouvent une plus grande liberté de mouvement, le tout soutenu par une épaulette cantilever. Tout l’inverse de l’affection italienne pour l’emmanchure haute et l’emboitement serré. Mais au fond, chacun ses goûts !

Bonne semaine, Julien Scavini

Aux couleurs de l’Union Jack !

23 juin 2014

Récemment, je faisais une recherche sur Albert Golberg, créateur de Façonnable et qui se consacre maintenant à sa nouvelle danseuse, Albert Arts, une marque implantée à Nice, sur la côte d’Azur. Albert Arts propose comme j’ai déjà pu l’évoquer ici et là, des articles de grande qualité. Mais surtout des articles hyper brandés et reconnaissables par l’utilisation d’une palette de couleur extrêmement restreinte : les couleurs de l’Union Jack, qui sont déclinées à l’envi. Ces couleurs sont au nombre de trois : rouge, blanc, bleu.

Vous connaissez depuis longtemps ma passion pour les harmonies de couleur. Le bleu reste la couleur la plus masculine qui soit. A partir d’un bleu de prusse ou d’un bleu marine, par adjonction de blanc, il est possible d’obtenir des nuances plus claires, pétrole ou azur par exemple. Tous ces bleus s’associent entre eux à merveille, chinos marine avec chemise ciel, complétés parfois par des souliers en veau-velours cobalt ou une veste en seersucker rayée barbeau.

Bref, Albert Arts use et abuse du drapeau anglais qu’il plaque sur beaucoup de ses créations. Par là, le ‘petit’ façonnier de Nice se rappelle l’âge d’or de la promenade des Anglais. L’Union Jack fait symbole et il n’est pas le seul à l’avoir compris : Hackett et Barbour au Royaume-Uni utilisent la même tactique, de même qu’un nombre très impressionnant de couturiers. Certains utilisent l’emblème par attachement conservateur, pour véhiculer un idéal de qualité et de respectabilité, distillant par là même un esprit tailleur, celui de Savile Row et Jermyn Street. D’autres en revanche le dérobent dans un esprit pop, libéral et novateur, détracteur ou rebelle aussi. C’est l’Union Jack de l’esprit rock, des Beatles et du renouveau post-industriel.

gilet rouge

La maison de Nice se situe certainement plus dans la première catégorie. Et à partir de ces trois couleurs tisse un véritable dialogue de nuances. Les cravates, la plupart du temps magnifiques alternent marine et rouge avec marine et blanc. Les tonalités se croisent et se conjuguent donnant à l’ensemble des produits proposés une véritable homogénéité. Qui plus est dans une gamme masculine. Je loue cet effort qui est fait. Au fond, pourrait-on dire qu’en dehors du bleu et du blanc, point de salut ?

Ceci étant dit, il convient de remarquer le rôle pivot du rouge dans cette dialectique. Une couleur pas évidente car parfois criarde, en tous cas toujours forte. Une cravate rouge ou une paire de chaussette rouge, cela réveille et parfois choque. Tout autant qu’un pantalon rouge, sans parler d’une veste rouge ! Une couleur à laquelle beaucoup d’hommes préfèrent le violet, plus discret.

Je voulais vous faire part de ce court sentiment après avoir vu la photo d’une mise avec un gilet rouge, superbe ! Cette touche de couleur rehaussait toute la mise, sport d’ailleurs. Elle l’égayait et lui donnait une vraie personnalité. Sans être de trop, l’ensemble parait à la fois classique et légèrement désinvolte.  Enfin, je souhaitais parler de l’Union Jack pour faire remarquer et pour s’amuser du fait que les couleurs de notre drapeau – étant l’exact inverse, bleu, blanc, rouge - sont bien moins souvent placardées sur les vestes que le drapeau de l’Union !

Bonne semaine, Julien Scavini.

Lundi Dandy

30 mai 2014

Les plus parisiens d’entre vous pourront se rendre lundi à une soirée organisée pour Massimiliano Mocchia di Coggiola, qui une fois par mois, réunit des dandys et des gentlemen autour d’un verre et d’un thème dans un lieu convivial.

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Lancement du concours !

19 mai 2014

Chers amis et amies s’il y en a, permettez moi d’abord de vous remercier pour votre lecture assidue, vos commentaires toujours constructifs et votre bonne humeur, malgré parfois mon orthographe fantaisiste ! Je tiens le blog depuis un certain temps déjà, toujours avec envie, même si avec le temps les sujets paraissent plus difficile à trouver. Paraissent seulement, car le sujet est sans fin et les redites ne sont jamais un mal. Il faut rabâcher pour faire entrer des idées dans les têtes, surtout pour les nouvelles recrues !

Bref, cet humble blog, toujours droit dans ses bottes, raide comme le Stiff Collar, m’a permis de me développer, personnellement et professionnellement ! Je n’ai jamais voulu en faire la vitrine directe de mon activité de tailleur, sauf lorsque je suis assez fier d’une création ou de telles ou telles pochettes roulottées main.

Ce blog est lu uniquement par des gens influents ! Entre autres, je me souviens d’un charmant industriel-businessman qui m’a tourné autour quelques temps… Parmi eux, je retiens un autre Julien, maquettiste chez Hachette Presse, qui eut l’excellente idée de montrer mon travail à son éditrice. C’était il y a deux ans, et depuis je lutte chaque semaine à mettre des petites pierres les unes sur les autres, pour constituer une compilation complète – et presque nouvelle – de mon blog. Si j’y arrive, ce livre sortira bientôt, normalement. Je pense que cela vous ravira au plus haut point ! Je vous en dirai plus en temps et en heure.

Seconde personne, M. Alexis Brézet du Figaro qui fut emballé par cette tribune m’a-t-on rapporté. Tellement emballé qu’aussitôt je fus contacté pour y écrire une chronique hebdomadaire ! Depuis samedi donc, vous pouvez retrouver un feuillet de mon cru dans le cahier Art De Vivre en fin du Figaro Magazine. Quel avancement ! Je souhaite que vous y trouviez autant de plaisir que sur le blog. Le ton est le même, et en plus une correctrice passe derrière moi ;)

Entre temps, et cela certains l’ont déjà découvert, j’ai eu la chance d’être trouvé par M6 et la BBC pour l’adaptation de l’émission britannique English Sewing Bee. Dans ce programme, dix couturiers amateurs s’affrontent sur différentes épreuves techniques ou inventives, jupe, chemise, salopette d’enfant etc… Leurs travaux sont examinés par un jury composé d’un homme et d’une femme. Au Royaume-Uni, M. Patrick Grant est jury, et en France, ce sera moi ! Quelle aventure. Rarement vu tant d’engouement et d’envie de la part des candidats ; rarement vu tant de dévotion et d’effort de la part des équipes de télévision durant un tournage, disons le, éreintant ! Le programme est présenté par ma chérie, Chritina Cordula et sera diffusé à la rentrée.

Voici pour l’actualité, un peu chargée. Pour autant je ne délaisse pas du tout mon petit commerce, et serais bientôt épaulé par mon premier salarié !

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Passons enfin au concours du début juin. Comme l’année dernière, je vais vous soumettre un thème. Vous allez me proposer en retour une description précise. De cette description, je pourrais tirer de multiples figurines, et nous voterons pour la meilleure, les meilleures.

Cette année, il y a des prix :

  • PREMIER PRIX : une des mes cravates 7 plis, de la collection actuelle ou à venir, ainsi qu’une bouteille de Crozes-Hermitages E. Guigal 2010 rouge.
  • SECOND PRIX : une des mes cravates 7 plis, de la collection actuelle ou à venir.
  • TROISIÈME PRIX : une pochette roulottée main de la collection.

(Les frais de port pour les gagnants en province seront à discuter).

Mais allons-y. Le thème est EMBARQUEMENT A BORD DE L’ORIENT-EXPRESS.

En marge de la fabuleuse exposition Orient-Express à l’Institut du Monde Arabe à Paris, où les wagons ainsi que la locomotive vapeur de la SNCF sont présentés (et visitables, ce qui constitue vraiment le clou de l’exposition!), imaginez une tenue, costume ou dépareillée, pour vous présenter à l’enregistrement à la Gare de l’Est. Mettons que vous arrivez un matin, au printemps, pour un départ suivi d’une collation le midi. Au champagne bien sûr ! Le groom en livrée bleue vous tend une contremarque et prend vos valises. Montez !

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La description des tenues d’aujourd’hui, à écrire dans la page commentaire, doit être formulée de la manière suivante pour être recevable :

  • VESTE : forme, couleur, matière etc…
  • CHEMISE OU AUTRE :
  • PANTALON (AVEC OU SANS CEINTURE) :
  • SOULIERS (ET CHAUSSETTE) : forme, couleur etc…
  • AUTOUR DU COU :
  • AUTRE (optionnel) :

Suivant le nombre de tenues proposées, je ne pourrais toutes les dessiner. Je ferais alors un choix – le mien – souverain. Je me laisse éventuellement une semaine sans publication pour bien dessiner toutes les idées. Nous nous retrouverons alors et jugerons ! A vos marques…

Le premier rendez-vous chez le tailleur

13 janvier 2014

Dans les mails professionnels que je reçois, beaucoup de jeunes me questionnent sur la procédure à suivre pour venir chez le tailleur. La réponse que je leur donne vaut pour une visite dans mon atelier mais aussi très certainement pour mes confrères.

Habituellement, si vous souhaitez faire un costume ou n’importe qu’elle autre pièce sur-mesure, il faut compter trois rendez-vous. Le premier est consacré à la discussion autour de projet : pour quel moment de la journée, pour l’hiver ou pour l’été, habillé ou décontracté etc. Ces propos liminaires permettent de cerner l’idée et d’aider aussi le client à se faire lui-même une idée plus précise de ce qu’il veut. Différents tissus sont proposés, différentes liasses posées devant lui au fur et à mesure. Faire un premier tri d’une dizaine de coupons est habituel.

Dans un second temps de ce premier rendez-vous, les tissus sont éliminés pour n’en garder que deux ou trois… Là est le plus difficile : choisir. Les liasses sont plutôt petites et il existe toujours une difficulté à prévoir le résultat, sauf pour le tailleur qui saura et vous guidera. Une chose est sûre, tous les tissus sont beaux ! Si vous cherchez une étoffe grise pour un costume de ville, il n’y aura pas d’erreur. Par contre si avec le même projet, vous vous arrêtez sur des princes de galles très voyants ou des rayures bariolées, le tailleur devra vous ré-aiguiller, ou seulement souligner ce fait.

Une fois le choix du tissu et du style (forme des poches, du revers ect.) effectué, la prise de mesure commence. D’abord sur la chemise à même le corps (poitrine, taille, bassin), puis un veston fini vous est passé ; c’est devenu assez commun, y compris en Grande Mesure chez Camps De Luca. Ce veston, au delà des simples mesures, permettra d’apprécier l’attitude du client (épaules hautes ou basses, omoplates saillantes, différence entre gauche et droite etc.). En demi-mesure, exigez un essayage sur veston fini. Car sans cela, la veste pourrait arriver avec des défauts non retouchables. Cela vous donne un bon aperçu du résultat final aussi.

A ce sujet, apportez toujours un de vos pantalons ou de vestons préférés. Même si la pièce a des défauts (que vous évoquerez et que le tailleur verra), cela permettra au professionnel de se faire une idée plus précise de la façon dont vous portez les choses et dont vous aimez les porter. Nous sommes à une époque charnière où jeunes et moins jeunes portent vestes et pantalons de manière radicalement différentes, et où certains jeunes veulent l’aisance des anciens quand des seniors veulent passer pour des jeunes… Le tailleur y perd son latin. Donc voir et apprécier les dimensions (notamment les longueurs de veste) est utile. Bien sûr il est toujours possible de se fier à l’œil du tailleur, mais il ne faudra pas râler si la veste est considérée comme trop longue… ou trop courte. Rassurez-vous, cela se joue à un ou deux centimètres.

En trois temps donc, le premier rendez-vous se déroule. Quelques semaines après, l’essayage a lieu. Celui-ci permet d’apprécier le résultat final, et de procéder à divers ajustements : cintrage, longueurs manches ou pantalon, aisance bassin etc. En Grande-Mesure, ce premier essayage est réalisé sur une veste à l’état primitif. Plusieurs semaines après, un essayage plus complet est réalisé.

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Enfin, dernière entrevue, la livraison. A ce moment là, le costume ou la veste est complètement terminé et une nouvelle pièce, neuve et encore un peu raide prend place dans votre penderie. Il faudra quelques ports pour apprécier complètement le tombé. Un petit temps est nécessaire pour la mise en place des épaulettes sur vous ou pour que la ceinture du pantalon se détende un peu.

Dernier conseil dont il faut avoir conscience : la première pièce réalisée chez un tailleur (que ce soit en demi-mesure ou en Grande-Mesure) n’est jamais à 100% parfaite. Du point de vue technique, quelques imperfections subsisteront tout naturellement, qui seront corrigées lors de prochaines commandes (léger aplomb des manches ou du dos par exemple). Du point de vue du client, certains détails auront échappés également (hauteur des poches ou dimension du revers par exemple). C’est inhérent à toute collaboration : le tailleur a son idée, le client aussi et ces idées ne s’expriment pas à 100% des deux côtés. Les personnes doivent apprendre à se connaître et à s’apprécier – et donc contourner – les défauts de caractères de chacun. Ainsi on bâtit une relation de confiance à long terme. Ce qu’un simple vendeur n’apporte évidemment pas.

Enfin, dernier petit conseil aux plus jeunes : lors de ‘votre première fois’, ne gâchez pas l’expérience en allant dans un supermarché de la mesure comme Gambler. Certes le produit y est bon, mais le service que diable ! Car un bon service et un moment agréable, c’est au moins aussi important que le produit ; tout du moins, cela laisse plus de satisfaction sur le long terme…

Bonne année ! & le look de l’année !

6 janvier 2014

Chers lecteurs et amis, permettez moi de vous présenter mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année qui débute !

Je vous souhaite santé, bonheur et prospérité, dans un ordre que je laisse à votre appréciation.

Voici pour bien débuter l’année un ‘petit’ travail que j’ai mené à bien durant les vacances. Dessin que l’on pourrait intituler ‘Hamptons chics‘.

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Le Look de l’Année !

Durant mes vacances de fin d’année, je me suis promené dans les rues de Bayonne et de Cherbourg. La flânerie étant souvent la mère de l’observation, je me suis amusé à regarder les provinciaux – dont je suis à l’origine et peut-être toujours. Si je ne commenterais pas les messieurs  – tant il n’y a rien à commenter – je m’attarderais volontiers sur le look des adolescents, aussi à la ‘page’ à Paris qu’en régions. Un petit tour chez les fournisseurs attitrés, par exemple H&M, Célio, Kaporal, etc. m’a permis de cerner mieux le ‘style’ type du moment.

Les éléments récurrents sont simples :

  1. un cardigan ou pull (sur un t-shirt, voire deux)
  2. un chino beige ou camarel
  3. des baskets type Converse mais montantes, en cuir ou veaux-velours ces temps-ci, cela doit être considéré comme plus chic

Finalement, cela m’a beaucoup amusé… Diable, tout cela est d’un grand classicisme ! Surtout à voir les rééditions de sweater col-châle aux motifs Fair-Island qui emplissent nombre d’échoppes low-cost.

look de l'année

Alors vous me direz bien, oui mais pourquoi ici, sur Stiff Collar ? Parcequ’il n’est jamais complètement idiot de rester éveillé face aux nouvelles modes. Premièrement on pourrait y trouver de l’intérêt – sait-on jamais – et secondo, quand les jeunes s’habillent dans les coloris des vieux, les vieux passent pour des jeunes ! Et ça, c’est amusant ;) Enfin ce serait presque amusant si les coupes n’étaient pas complètement avachies ou trop courtes.

Bonne semaine et bonne année, Julien Scavini

Joyeuses fêtes de fin d’année

23 décembre 2013

Chers amis et lecteurs,

je manque un peu de temps en cette fin d’année pour entretenir le blog. Aussi, je vous souhaite d’excellentes fêtes de fin d’année, en famille ou avec des amis. Le Père Noël lui, se repose un peu avant sa traditionnelle tournée…

pere noel

Joyeux Noël et à l’année prochaine !

Julien Scavini


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