Archive for the ‘Editoriaux’ Category

Signature ?

18 septembre 2014

Mes chers amis,

peut-être ne le savez vous pas, mais je ne suis pas très bon gestionnaire de mes Relations Publiques (même si je peux donner le sentiment inverse). J’aime bien le calme de ma boutique ou de ma chambre, devant mon écran à vous écrire. Seulement, nombreux sont les lecteurs qui me poussent à organiser une petite soirée dédicace…

Alors soit, je pensais un des premiers mercredi soir du mois d’octobre ? le 15 ? Qu’en pensez vous ? Je suis à l’écoute :) Ma boutique n’est pas bien grande, mais si le temps le permet, le trottoir est très large !

JS

STIFF COLLAR PASSE LE MILLION !!

12 juillet 2013

Et voilà,

plus ou moins 3 ans après la création du blog, nous venons de passer le million de visites ! Un grand jour ! Merci à toutes et à tous !

Bel été. Julien Scavini

Capture d’écran 2013-07-12 à 14.07.02

Quelle tristesse, encore des adieux

15 janvier 2013

Ce court billet pour signaler la fermeture prochaine de la Socoval, sous-traitant cherbourgeois de costumes de belle qualité. Spécialisé dans les costumes à vestons entoilés, la Socoval est la dernière usine de France à maîtriser ce savoir-faire… Une vrai désolation industrielle !

Ici un lien vers un reportage de France 3.

Je suis assez triste de cette nouvelle. Et heureusement soulagé de ne pas avoir sélectionné ce fournisseur quand je me suis lancé ; d’autres concurrents doivent être en souffrance. J’avais en effet visité la Socoval. Le produit était bon. Pas tout à fait assez pour moi, mais l’outil industriel et le savoir-faire ne demandait qu’à être boosté. Trouver un patron-industriel au niveau n’est pas simple, dommage pour cet atelier. Cette visite m’avait laissé un bon souvenir. J’y avais découvert des ouvrières passionnées et professionnelles, un produit classique de bonne facture. Mais une direction épouvantable… Triste.

Mais je suis ravi de constater que ces temps-ci la France manifeste pour le bonheur de ses enfants. Bonheur avec ou sans prospérité ; on a les priorités que l’on veut …

Julien Scavini

Les voeux de Stiff Collar

7 janvier 2013

Mesdames, mesdemoiselles et messieurs, permettez moi de vous présenter mes vœux pour 2013.

Je souhaite que cette année soit heureuse pour vous et vos proches, qu’elle apporte paix, santé et prospérité !

Pour ma part, je continuerai à jongler tant bien que mal entre mon activité professionnel et le blog, pour vous apporter chaque semaine un nouveau petit caillou sur le chemin semé d’embûches de l’élégance.

voeux 2013

Amicalement. Julien Scavini

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Pour bien commencer l’année, je vous joins deux vidéos explorant la fabrication des tweeds Molloy & Sons :

Les chemises Scavini

19 novembre 2012

En marge des articles sur la chemise, j’aimerais vous faire part du lancement maintenant officiel – après une longue période de mise au point – d’un service de chemiserie en mesure industrielle. Sur un choix plutôt petit de tissus pour le moment (environ 300) le temps de roder l’affaire, j’apporte ce service en complément des honorables institutions précédemment citées, à partir de 160€, d’après l’idée de Jamas Darwen qu’une belle chemise vaut 1/10 d’un beau costume.

Évidemment pour ce prix, le col et les poignets sont entoilés (avec deux niveaux de rigidité, souple ou raide) et les boutons sont en nacre, fine ou épaisse. Les baleines sont amovibles (ou pas) et le choix de cols et des poignets est vaste : col classique ou mini, col rond on très rond, col tab-collar à pointes rectangulaires ou rondes, col italien ou italien très ouvert, cols hauts ou boutonnés, col requin comme dans Apparel Arts etc… Confectionné en France, un petit plus.

Insaisissable style français, partie I

8 octobre 2012

Il y a quelques mois, un lecteur m’a envoyé, suite à mon article sur le derby, une passion française, une suite de questions sur le style français. Je vous livre ici une partie de son exposé :  » je suis retombé il y a quelques jours sur l’un de vos anciens articles où vous pointiez le fait que porter des derbys à lacets plats était l’assurance de n’être pris ni pour un anglais ni pour un italien et revenait presque à défendre une sorte de « style français », pas très heureux certes et découlant plus d’un manque d’éducation que d’un véritable jugement esthétique national…

Ceci m’a amené vers cette simple question: qu’est ce qui ferait, aujourd’hui un style français? Est-il possible aujourd’hui de déterminer des caractéristiques qui, assemblées, signeraient à coup sur pour l’œil averti la provenance française de la tenue, un genre d’élégance hexagonal?

La question n’est sans aucun doute pas nouvelle, et je suppose qu’elle doit se poser à tout homme qui s’étant penché sur les subtilités du vestiaire masculin, en arrive après avoir plus ou moins repéré les différences entre les styles anglais et italiens, à se demander si le style français a bel et bien disparu à la fin du XVIIIè siècle… Toujours est-il que la réponse ne m’a pas semblé évidente et que sont nombreux autour de moi les jeunes gens au début de leur démarche qui semblent se la poser.

J’ai bien conscience qu’il y a là deux dimensions: la constatation de l’homme de la rue, qui risque de nous amener sans doute vers la terrible conclusion selon laquelle il n’y a guère de style français actuellement, ou plutôt que celui-ci n’est que l’absence d’un style britannique ou transalpin marqué, une mise fade et sans personnalité véritable, un non-style en somme… Et la préconisation du connaisseur, qui saurait trier dans les usages actuels ce qui relève d’une vraie tendance esthétique distincte et peut-être exhumer quelques éléments de tenue traditionnels que l’on aurait oubliés. C’est, vous vous en doutez, la seconde option qui m’intéresse. « 

Longue interrogation n’est-il pas, qui soulève presque autant de questions que d’ébauches de réponses.

Un style français alors ? Devrait-il d’ailleurs y avoir un style français ? Cette question d’un style nationale – nationaliste ? – est le préliminaire au débat. Car si l’on en a un, ou besoin d’un, il doit en être tout autant des belges, allemands, hollandais, tchèques et autres pays européens. Qu’en est-il justement ?

Nous savons que le style moderne que nous connaissons aujourd’hui a été savamment développé en Grande Bretagne à partir du début du 19ème siècle, pour connaître un essor sans précédent en France à partir du Second Empire. Entre 1920 et 1950 s’est produit une sorte d’âge d’or de l’élégance masculine classique, d’une grande homogénéité à l’échelle de l’occident. Aujourd’hui, l’Italie mène la danse en proposant des idées de style qui font mouches : ensembles dépareillés, notamment avec un jean qui s’est embourgeoisé, tonalités plus claires, bien plus claires que les anglaises. Il est assez facile de reconnaître un anglais d’un italien. Ces deux caricatures en illustration éclairent mon idée. Difficile du reste de trouver l’anglais moyen élégant de nos jours. Un séjour à Londres, même en passant par la City, suffit à s’en convaincre. Le mauvais goût Outre-Manche a repris le dessus et le trop plein de couleurs est vite atteint. Parallèlement, la région constituée du sud de l’Allemagne et du Nord-Est de la Suisse, avec une partie de l’Autriche, a su conserver bien vivantes des traditions vestimentaires folkloriques, faites de culottes en peau de cerf et autres vestons en tweeds alpins.

Se faisant, deux pistes d’étude se dévoilent. D’une part, le besoin de caricatures – voire plutôt de stéréotypes – auxquels nous cherchons à nous raccrocher, et d’autre part le niveau de la société auquel on lit les informations de style vestimentaire.

J’ai un peu approché cette idée dans mon dernier article sur Ralph Lauren. Sa réussite est principalement du à sa capacité à rendre lisible un ensemble de références éparses, à stéréotyper le langage et le code masculin. Il est très facile de décrire en quelques mots son travail et l’expression stylistiques de ses différentes lignes. Qu’on le veuille ou non, le monde d’aujourd’hui fonctionne beaucoup de cette manière : bien plus complexe qu’hier, mais raconté à travers le prisme de concepts et d’idées simples. Je ne pense pas simplistes, mais plutôt simplifiées. Prenons la définition de wikipédia : un stéréotype est l’image préconçue d’un sujet dans un cadre de référence donné, telle qu’elle y est habituellement admise et véhiculée. Ne serait-il pas vain de chercher un style français ? En parler, le rendre rationnel, n’en transformerait-il pas l’idée –fuyante par nature – en stéréotype d’un style français ? Pouvoir dire au premier coup d’œil, ce monsieur est habillé à la française, un tel autre à l’américaine, ne reviendrait-il pas à admettre une telle chose ? Et comment donc jugeons-nous le stéréotypes ? Avec le plaisir et l’extase d’un confort serein ou la méfiance et l’orthodoxie du penseur ?

Par ailleurs, comment lire un style national ? A quel niveau ? Doit-on se placer du point de vue national ou régional ? Doit-on regarder juste Paris, ou encore mieux, juste la Rive Gauche ? Et quelle couche de population ? L’élite ou les basses couches ? Ou l’entre-deux bourgeois, petit-bourgeois ou bobo ?

Les deux prochaines semaines, nous étudierons successivement l’héritage français et ses artéfacts puis une supposée élégance française, avec un prisme ‘veille France’, le seul que j’ai trouvé et qui réalise une synthèse classique, en droite ligne des propos tenus sur Stiff Collar.

Julien Scavini

Relativisme de point de vue

7 mai 2012

A force de lire et d’écrire sur les règles du vêtement et les vêtements anciens, je finis par butter sur des non-sens stylistiques. Le dernier bon exemple me fut posé par un commentaire au dernier article sur les tenues de sport. Quelle tenue pour le sport, aujourd’hui. Bien malin qui saurait répondre en alliant pratique et élégance, disons beau !

Car l’aspect pratique des choses est le galet autour duquel s’articule notre époque. Soyons pratique, ayons l’esprit pratique, faisons pratique, consommons pratique. Le superflu est plus que jamais sujet à interrogation. Dieu sait pourtant que la société de consommation pousse au superflu. Mais en ce qui concerne le vêtement, ce n’est pas le cas. Les vêtements doivent être pratiques. Ils doivent par exemple passer à la machine à laver donc être très solides aux coutures et de formes simples à repasser. Repassage qui doit être facilité et l’on développa le non-iron coton. Matière souple et endurante, qui ne gratte pas et l’on sacrifia alors les moutons pour la fleur de coton et la filière polyester. Au point que le denim est devenu l’uniforme des habitants de la terre. Il faudrait d’ailleurs souffler aux costumiers de Star Trek d’arrêter de projeter des tenues d’officiers en laine pour préférer la toile jean.

Pour qu’un vêtement soit bon, il doit être pratique, utile et confortable. Le confort, deuxième ou premier? grand thème. Les vêtements doivent être confortables. Je ne rejette pas du tout ces idées. Je dresse ici un constat interrogatif. Je suis jeune et ces thématiques ne peuvent me laisser de marbre.

C’est en allant re-voir Titanic que m’est venue cette réflexion : les Hommes souffraient dans leurs beaux vêtements. Mais cols durs et vestes lourdes n’empêchaient nullement la vie. Mais un effort était fait contre le confort. En quelque sorte le Surmoi annihilant tout Ça. Pourquoi ? Le statut social, la vie en groupe, l’apparat, l’apparence ? L’apparence, la forme n’était pas seulement l’expression de la fonction -habiller- mais une recherche stylistique issue de siècles de travaux divers. On ne s’habillait pas pour soi -pas seulement- mais pour les autres. L’on représentait.

Aujourd’hui, peu de monde représente. Je ne suis pas le dernier à enfiler des paires de jeans ou chinos sur une petite chemise à col boutonnée pour sortir vite fait. Je ne suis pas le dernier à renier le confort d’une vêtement décontracté, léger et confortable. Notre époque, et cela transcende les classes sociales -en cela elle est unique- place le Moi au centre des préoccupations (certains sont plus près du Ça que d’autres également).

Et cela implique tous les échelons de la société. Toujours en regardant Titanic, je m’interrogeais sur le ligne du navire comparativement au Costa Concordia récemment coulé. Alors que le premier était un porte étendard, à l’instar des Queen Mary et autres Normandie, le second n’est qu’un ponton flotant, empilant des cabines algéco sur un fond de coque plat. Non pas que ces anciens paquebots étaient uniquement de belles formes, mais une recherche était menée pour le beau. Le nez du France fut l’objet d’un intense dessin pour en affiner la ligne. De nos jours, les bateaux sont plutôt moches de l’extérieur. Ils sont conçus pour être vécu, ils sont pensés de l’intérieur. Je crois que l’on peut dire la même chose de l’architecture. Un principe formulé par Le Corbusier dans les années 10 était que l’architecture, une maison par exemple, devait être vue comme une machine à habiter, une machine à vivre. Et hors des somptueuses machines du Conservatoire des Arts et Métiers empruntant aux ordres doriques et corinthiens pour leurs atours, je crois que beaucoup de machines sont quand même très moches.

En tout cas, les habits sont des machineries à vivre. Elles doivent pouvoir donner chaud au bon moment, être légères, voire même intégrer des commandes d’iPod comme dans certaines doudounes Moncler. Les tissus doivent être ‘techniques’, les coutures ‘au laser’. Mon but n’est encore une fois pas de désapprouver un fait actuel. J’aime autant accompagner les changements, d’autant que j’en fais partie comme tout un chacun. Mais je m’interroge sur la part que l’on doit réserver au pratique, au Moi par rapport à celle dédiée à ‘l’Art’ ; à la petite part nécessaire abandon de soi au profit du beau. Lorsque je vois d’autres jeunes vêtus de simples t-shirt sur un jean et enveloppés d’une grosse doudoune, je ne peux m’empêcher de penser, à la fois et de manière contradictoire, qu’ils ont l’air à l’aise et plus ‘jeunes’ que moi qui suis dans mon costume. Mais qu’en même temps, mon costume est divin et qu’une bonne présentation donne autant de plaisir aux autres qu’à soi-même…

Le point de vue est donc relatif. Regarde-t-on seulement un vêtement de son point de vue, ou du point de vue des autres ; et dans quelle proportion ? Bref, quelques légers éléments de réflexion…  à méditer.

Julien Scavini

Black Friday

25 novembre 2011

> MAIL <

MàJ: Merci à tous pour votre rapidité.

Chaque lundi, je prends beaucoup de plaisir à écrire mon article. J’espère vous apporter autant d’envie que j’en éprouve. Si j’ai récemment lancé mon offre commerciale, c’est pour amener un produit de qualité, mais le meilleur prix est une notion difficile et tangente. Si je peux rendre un peu du soutiens que vous m’apportez, cher lecteurs, ici, c’est avec joie. Cette petite offre en était l’illustration…

L’empire du dépareillé

5 septembre 2011

Nous y sommes, troisième année pour Stiff Collar. L’occasion aujourd’hui de réfléchir sur la mode du moment, ou plutôt les orientations des habitudes vestimentaires des hommes alors que depuis trois ans la crise fait rage. Une crise qui touche assez durement l’industrie textile, surtout celle du milieu de gamme, précisément celle que nous fabriquons en Europe et en France, quand le très haut de gamme et le très bas de gamme (l’un à destination de l’autre et l’autre à destination de l’un, curieux non?) se portent bien.

Bref, je me promenais récemment rue Marbeuf à Paris connue pour son alignement de boutiques et de tailleurs – dont Cifonelli – pour homme. Le constat est simple : le look italien est partout. Si je trouvais cela admirable au début, force est de constater que cela est lassant à la longue, surtout lorsque les maisons françaises (Arthur & Fox, Hartwood, Smalto etc…) s’y mettent, s’en rien chercher de plus innovant, bien aidé, il faut le dire par Loro Piana qui semble fournisseur officiel de toutes ces enseignes.

Les italiens ont développé ce nouveau concept du ‘sport chic’ ; une fausse-nouvelle manière d’aborder le vêtement qui est directement issu du code anglais dépareillé : veste seule + pantalon. Le confort et la simplicité prime. Pourquoi pas au fond. Il faut bien admettre que le costume ‘tout de même’, déjà inventé pour sa simplicité est sur le déclin, de même que la cravate. Les gens recherchent du confort, pour se concentrer sur leur travail et/ou adoucir un quotidien plutôt éreintant, surtout en ville. Un confort qui est renforcé par des produits plus techniques, avec des zips, des inserts au laser, des plastifiants, des imperméabilisant etc…

Mais que signifie dépareiller ? C’est en effet une tâche plus ardue que d’enfiler un costume, surtout si l’on se donne la peine de réfléchir à sa mise. Car évidemment, il est possible d’enfiler un t-shirt sur un jean. Mais là, aucun art, aucune finesse ou recherche. C’est pourtant ce qui a longtemps caractérisé les civilisations humaines. En revanche, penser une veste seule est un travail, un vrai travail, peut-être même plus dur que le simple ensemble gris ou bleu. Quelle couleur donner à la veste, quelle coupe, quels motifs, quels détails sélectionner? Ce n’est pas aisé. La plupart du temps, la cravate n’est plus utilisée avec les ensembles dépareillés, cela enlève une épine du pied.

Au fond, je suis assez satisfait de cette nouvelle (pas si nouvelle, nous le verrons) approche. Elle permet plus que jamais de trouver un juste équilibre entre des pantalons assez peu coûteux (quoique certains jeans soient très onéreux) et de belles vestes. Je suis d’ailleurs ravi d’en confectionner à l’occasion. Et cela demande un travail de sélection du tissu encore plus poussé.

Il peut être noté qu’historiquement, le costume veste + pantalon identiques, ou ‘tout de même’ est une anomalie. Anomalie qui apparue vers 1920 pour se prolonger de nos jours, avec un pic autour de la seconde guerre mondiale et des 60’s. Jamais auparavant n’avait-on assisté à une telle unité. Cela n’était tout simplement pas la règle. Le pantalon collant arborait une couleur, quelque fois un motif, la redingote ou le paletot une autre. Et si l’on pousse jusqu’à l’ancien régime, les hommes arboraient autant de couleurs que les femmes (du moins à la cour), ils faisaient les paons.

Le dépareillé d’aujourd’hui, (belle) veste sur jean (puisque c’est la norme) ne pourrait-il pas être analogue à la combinaison jaquette sur pantalon rayé ? C’est la même idée, seule la notion d’élégance changeant.

Le développement du costume est l’aboutissement d’un long processus bourgeois, qui va de paire avec le développement du noir dans le vêtement. Le noir, non-couleur par excellence qui est également une anomalie. Enfin anomalie à moitié, car ce fut la couleur des gens d’église et de services (banquiers, notaires, lettrés etc…). Couleur qui fut adoptée au détour du 19ème siècle par la nouvelle bourgeoisie industrieuse, sous la forme du frac puis de la queue de morue. Finalement, le costume ‘tout de même’ n’est qu’une version plus courte, donc moi chère, de la jaquette, idéal pour les nouvelles classes…Et il est des environnements de travail où le dépareillé n’est pas tellement admis (la banque typiquement). Certains également n’osent pas franchir le pas, ils sont plus français qu’italiens ;) C’est ici que les choses se compliquent. Pour quand même faire preuve d’un peu de fantaisie, certains hommes achètent alors des costumes vaguement sombres qu’ils mettent avec des souliers marrons. Il n’est plus rare de trouver dans les devantures des vestes aux boutonnières colorées ou des souliers aux lacets multicolores. La chemise blanche ne se fait plus bleu ou rose, elle incorpore seulement des parties de col noires ou fushia, des boutons sur le côté du col etc… Bref beaucoup d’hommes n’osent pas se défaire du petit costume bourgeois. Mais, ils le malmènent. La chaussette de couleur aussi se démocratise. C’est alors que le goût individuel se transforme paradoxalement en mauvais goût collectif. Et c’est un goût assez français, un style français presque et hélas.

Beaucoup de personnes n’acceptent plus les codes. Petite anecdote paradoxale : l’exemple le plus marquant que j’ai en tête est l’uniforme des agents de la SCNF. Il est affreux, coupé affreusement, dans un affreux tissu gris. Affreux. Pourtant, il s’agit d’un uniforme, mais on a voulu en faire un costume. Les anciens modèles forts militaires et noirs ou bleus étaient pourtant de toute beauté et très pratiques. Ils furent sacrifiés au prix d’une désacralisation de la fonction et/ou de la modernisation, c’est selon. Quant aux agents de conduite, ils peuvent être en t-shirt… La société, consciemment, cherche à affadir les frontières et les odieux marqueurs. Mais c’est évidemment un leurre, jamais les disparités et inégalités n’ont été aussi grandes.

Les gens aiment le changement. Les gens doivent être riches. A l’inverse la stabilité est souvent mère de la vertu dans les domaines financiers et économiques. Puisse la crise que nous traversons se révéler utile à ce niveau.

Enfin bref, terminons là ce monologue. Admettons que les vestes sports soient l’avenir en ce qui concerne les belles pièces. Dommage pour les pantalons qui soit dit en passant sont les pièces les plus difficiles à bien couper. Il reste à bien les porter, non pas trop courte comme c’est la mode, non pas trop sombre comme c’est la mode, non pas trop fantaisiste comme c’est la mode, mais avec goût et haut en couleur! Égayons-nous, évidemment, pour notre plus grand plaisir, notre plus grand bien! Et si l’on doit être en costume, alors tenons-en nous aux classiques !

Le vêtement est et restera un vecteur social, un élément signifiant de notre rapport à la société. Toute altération, tout affadissement de ce code, sous prétexte d’égalitarisme, ne peut-être que néfaste à la cohésion générale de nos sociétés, c’est mon avis… Qu’en pensez-vous ?

Julien Scavini

The Big Bang Theory

21 mars 2011

Si vous ne connaissez pas The Big Band Theory, sachez qu’il s’agit d’une série télévisée américaine diffusée sur CBS et qui fait actuellement beaucoup parler aux Etats-Unis et ailleurs, tant elle est drôle. Mais non, je ne vais pas disserter sur le ‘look’ des personnages, mais plutôt sur celui d’un des acteurs.

Je faisais une petite recherche sur internet à propos de ce programme quand je suis tombé sur cette photo du groupe de comédiens : ICI. Et rien ne m’a sauté aux yeux. L’un arbore une chemise noire, comble du mauvais goût, le second un costume trois pièce un peu trop fashion et étriqué qui pourrait sortir de chez The Kooples et le dernier sur l’image un affreux manteau qui lui donne l’air mal fagoté. Et puis il y a l’indien, Kunal Nayyar pour être exact.

J’ai été légèrement interloqué par sa tenue, depuis j’y pense constamment. Ce monsieur a réalisé un exploit (de mon avis) : associer la veste dépareillée, appelée aussi veste sport, à une soirée… D’après mes savantes règles elles-mêmes tirées des meilleures théories, seul le costume peut être de mise le soir. Avec des souliers noirs!

La veste sport doit être accompagnée de souliers marrons, ce qui la cantonne à la journée. Je n’aurais pas idée de débarquer à une soirée en souliers marrons et veste dépareillée. Le costume me paraitrait la meilleure option, sans aller forcément vers le smoking. Or ici, la veste est seule, en petit pied-de-poule noir (celui dont je n’aurais jamais su quoi faire auparavant) et accompagnée d’un pantalon noir. Je partage avec le Chouan son avis sur le pantalon noir. Mais ici, c’est la seule option qui paraisse viable. Avec les richelieus noirs et la cravate noire, cela crée un ensemble cohérent, qui ne fait pas garçon de café et qui convient absolument (de mon pur avis très subjectif) à une soirée, si le smoking n’est pas exigé. Sachant qu’évidemment aujourd’hui, rien n’est jamais exigé et que les gens croient bon de venir en jeans, à un vernissage par exemple.

Cette personne a, peut-être est-elle conseillée, ouvert une petite brèche pas idiotes dans les sacro-saintes règles. Une brèche de goût. On peut être de mauvaise foi pour défendre sa position, mais quelques fois il faut reconnaitre l’intérêt là où il est. Car marier la veste sport avec un événement mondain est un tour de force, presque une théorie du big bang!

Julien Scavini


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