Archive for the ‘Lainages’ Category

Une liasse de tissus typiques

10 novembre 2014

Arrivé chez un tailleur anglais, la première chose qu’il vous demandera est ‘petit tweed ou worsted?’ Sous ces appellations se cachent en fait les deux grandes catégories de laines : les cardées (woollen), c’est à dire assez brutes, souvent vierges, simplement filées et tissées, qui donnent des tissus très rustiques ou très flanellés. La flanelle est un tissu cardé à l’origine. La seconde est la catégorie des laines peignées (worsted), c’est à dire dont les fibres ont été raffinées avant tissage, pour obtenir des tissus de catégorie supérieure. Le terme super 120’s par exemple provient du peignage et du raffinage des fibres laineuses.

Ces tissus peignés peuvent être soit très lisses au touché soit un peu flannellés, c’est à dire duveteux, laineux. Mais le procédé pour arriver à ce résultat est très différent des flanelles et autres tissus cardés. Il y a donc là un petit piège.

Cet honorable tailleur en posant cette question vous oriente alors vers les deux grands pans de la mode masculine classique : le registre sport d’un côté, le registre ville de l’autre.

Intéressons nous cette semaine au registre de la ville. Prenons une liasse typique fictive. Les tissus composant celle-ci sont d’un poids moyen. C’est à dire en 1970 400grs, en 1990 340grs, et en 2014 260grs. Vous le voyez, suivant votre goût, vous vous orienterez différemment. En 2014 toujours, la jauge moyenne des fibres laineuses est super 110’s/ super 130’s. En 1990, elle devait être super 80’s. Les moutons donnant les laines fines doivent être élevés dans des conditions de tranquillité absolue, plutôt en plaine qu’en montagne, pour que leurs fibres soient douces. La race de moutons mérinos est très en vogue de nos jours. En Europe, longtemps fut utilisée la laine de moutons de race cheviot. Hélas, j’ai entendu dire que sa laine est maintenant considérée si épaisse et intissable pour l’industrie du vêtement que celle-ci n’en veut plus et qu’elle est tout juste bonne pour les tapis et l’isolation des maisons.

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Dans cette liasse type, nous trouvons d’abord des unis. En général, le choix est toujours le même : trois gris, de l’anthracite au gris clair accompagnés de trois bleus, minuit, marine et air force. Ces tissus teints en pièce sont très unis. C’est pourquoi ils sont quelques fois complétés des mêmes coloris, mais en fil à fil, proposant un effet plus chiné, avec un peu de blanc dedans. Quelques fois également, les unis sont tissés en twill (serge) visible à ses petits raies diagonales et les fil à fil sont tissés en toile, pour un grain plus présent sous le doigts. Ces premiers choix sont les meilleurs, les plus versatiles et pratiques. Il ne faut pas hésiter à taper dedans le plus souvent possible, quitte même à avoir de faibles différences d’un costume à l’autre (trois boutons contre deux boutons, poches horizontales ou en biais etc…).

Ensuite, vous pourrez trouver dans la liasse trois ou quatre caviars (birdeyes en anglais). Le caviar se reconnait à ses petits ronds de couleur sur fond noir. En effet, cette étoffe consiste à placer dans les ‘yeux’ la couleur dominante, assez claire parfois, en éteignant le tout avec une trame de fond noir. Les caviars anthracite, gris moyen et gris clair sont intemporels. Les caviars bleus peuvent être très beaux, mais il faut se méfier de la présence parfois trop forte de cette couleur. Le caviar est très intéressant, car il donne une lecture d’échelle de votre costume. De loin, il est absolument uni. Par contre, plus vous vous approchez, plus la couleur dominante va se dissocier pour faire apparaitre des nuances et rendre le tissu vibrant. La taille de ‘l’œil’ varie aussi, les italiens le préférant petit, les anglais plus gros.

Les caviars ne doivent pas être confondus avec les tissus également tramés que les anglais appellent ‘nailshead’, tête d’épingle en français. Ceux-ci sont difficiles à décrire. Le fond plutôt uni est parsemé à intervalles très rapprochés de petits motifs fins légèrement plus clairs. Parfois ce tramage est intensifié à la verticale, ce qui fait apparaitre des lignes verticales, presque des rayures.

Après les unis et les caviars viennent les chevrons. Souvent moins bien considérés par les clients que les autres étoffes, les chevrons constituent un met de choix pour le gourmand de costumes. Ils ont l’immense pouvoir de faire vivre le tissu, de le dynamiser. Certains chevrons irisent en effet le drap, donnant une brillante changeante d’une raie à l’autre. Nous ne sommes pas dans le registre de la rayure, mais l’effet est similaire. La matière est riche, elle vibre. Ces chevrons peuvent être disponibles en gris, de l’anthracite au gris moyen et également en marine. C’est superbe !

Ces étoffes classiques sont en général complétées par quelques coloris amusants ou plus clairs, bleu pétrole ou indigo, des beiges, des motifs fins comme les pieds de poule fondus etc.

Viennent ensuite les motifs marqués. Les premiers sont les rayures, rayure tennis à raies très fines et marquées ou rayures craies, à raies plus larges et estompées. Le conseil le plus simple qu’il soit possible de donner est de choisir des tissus à rayures blanches. La rayure blanche est la plus simple à coordonner, la plus élégante aussi d’une certaine manière. Ceci dit, les drapiers placent souvent des tissus gris moyen à rayure bleue ou bleu marine à rayure ciel. Votre propre goût doit vous guider.

Les carreaux se font assez rares dans les liasses de ville, car il s’agit plutôt d’un motif sport. Malgré tout, les chevrons sont parfois ornés d’une fenêtre bleue ou rouge. Et évidemment, les tissus Prince de Galles sont toujours bien présent. Ceux-ci sont très recherchés par les connaisseurs. Le PdG classique est gris moyen ou gris foncé. Il présente le plus souvent un carreau fenêtre bleu ciel ou rouge brique. Ce PdG peut être parfois fondu, presque invisible ou au contraire très marqué. Le PdG bleu est plus rare. Pour autant, il peut être très beau, surtout rehaussé d’une fenêtre bleue elle aussi.

Bref, voici un ensemble de tissus classiques qui devrait vous permettre de vous habiller au mieux, sans difficultés ou peur du ridicule. Un choix large aussi qui vous permettra pendant de nombreuses années de faire réaliser des costumes sans redondance.

Bonne semaine, Julien Scavini

La laine solaire

30 juin 2014

L’été, lorsqu’il fait chaud – ce qui est assez loin d’être atteint cette année – la question vestimentaire devient cruciale, surtout si vous devez être habillé classiquement, j’entends par là le contraire de la combinaison t-shirt et pantacourt. Le port du costume peut même devenir une vraie plaie si les températures grimpent trop. Je me souviens à ce titre d’un agent revenant du Pitti Uomo l’année dernière à Florence qui m’avait amusé en parlant de, je cite, tous ces gugusses sappés en croisé sous 35°c à l’ombre. Le-dit agent vendait du sportswear, ceci expliquant peut-être cela.

Et en parlant de Pitti, l’une des grandes trouvailles depuis deux ans maintenant dont on parle partout est le Solaro. A ne pas confondre avec le Solano, un étoffe britannique ressemblant en texture à du lin mais composé de 50% de laine, de 25% de coton et de 25% de lin, très frais et peu froissable, à l’aspect assez brut.

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Bref, le solaro, vous connaissez tous je pense. Il s’agit d’une étoffe de laine. Mais pas d’une étoffe de laine froide. C’est d’ailleurs la grande incongruité de ce tissu. Réalisé en serge simple ou en chevrons, il n’est pas particulièrement respirant. En revanche, il renvoie bien la lumière grâce à son tissage mêlant deux fils de couleurs différentes. Le solaro est une matière dite changeante. Sa couleur et ses nuances varient suivant l’angle du regard. Cela en fait une étoffe rare et amusante.

La plupart d’entre vous connaissent le solaro dans sa version ‘tumblr et autres blogs’, c’est à dire rouille, un mélange de rouge et de vert. Mais je pense que peu savent en revanche que le solaro existe dans toutes les couleurs. En voici quelques exemples, à carreaux et chevrons, à chevrons et en serge simple.

Cette matière assez solide du fait qu’elle n’est pas une toile permet de réaliser des veste et des pantalons, et donc des costumes. Les costumes sont toujours les plus simples, limitant l’accord de couleur à la cravate et à la chemise. Mais une belle veste en solaro peut constituer une alternative intéressante à la veste sport en tweed de l’hiver. Car l’été, il est assez difficile de trouver des étoffes pour réaliser des vestes seules. Trop unie, trop fade, trop épaisse, le choix de l’étoffe sport de l’été se réduit souvent au natté bleu ou au lin beige. Et bien maintenant, vous avez la laine solaire !

Bonne semaine, Julien Scavini

Pâte et poils

28 février 2011

Rapide article ce soir pour faire le point sur les différentes matières qui s’offrent à nous dans les boutiques, sous la coupe croisée du marketing et de la musique trop forte. Les progrès de l’industrie ont permis de s’affranchir des matières naturelles, complexes et variables par essence, pour s’intéresser aux nouveautés ‘techniques’. Alors que le prix de la laine stagne autour des 3 à 6 euros le kilo, elle reste l’une des matières les plus abondantes et les plus facile à récolter. La terre entière veut déguster de la viande, le mouton nous fournit les deux! Hélas, elle a perdu beaucoup de son usage au profit du coton.

Mais en ces temps de questionnement écologique, celui-ci aussi n’est plus en odeur de sainteté, il n’y a qu’à voir la mer d’Aral pour comprendre. Alors même que la Terre cherche de l’eau douce, en quelques phrases, il est facile et amusant de placer problèmes et solutions en perspectives. Les hollandais ont la solution. C’est par ces mots qu’une récente chronique sur Europe1 cherchait des réponses à la limitation des ressources en coton, et accessoirement en caoutchouc, Adidas prévoyant une forte hausse de la demande mondiale. La réponse hélas n’était pas la laine, mais le bambou ou l’ortie. Et oui les voies des nouvelles technologies sont impénétrables.

De la maille, donc des pulls, des chaussettes, des vestons tricotés en bambou ou en ortie? A première vue, le premier une fois tressé donne l’impression de revêtir une côte de maille en rotin, pas très aisé. De très bons paniers existent, mais difficile de s’en vêtir. La deuxième, si elle est bonne en soupe, n’en demeure pas moins urticante. Alors par quel mystérieux procédé ont ils procédés?

La réponse est toute simple, ils ont remis au goût du jour cette bonne vieille étoffe des familles qu’est la viscose! Eh oui, vous vous demandez certainement très souvent ce qu’est la viscose de vos doublures de costumes: de la pâte à papier! Prenez n’importe quelle source abondante de fibres cellulosiques, broyez là, lavez-là, triturez-là, chlorez-là et vous obtiendrez cette chère pâte blanche découverte par les chinois il y a quelques millénaires. La viscose donc, matière molle et peu coûteuse, dont on peut tirer des fils ou des feuilles (in-tissé de fibres). Au fond, c’est un peu la même chose que la laine, dont on peut tirer des fils ou des feuilles (in-tissé de fibres de laine = feutre). Ceci dit, la viscose, pardon, le bambou, c’est plutôt doux!

De l’autre côté de la chaîne industrielle, on trouve les partisans des fibres animales donc. Ceci, poussés par l’irrésistible envie de ‘luxe’ aime proposer du cachemire à qui mieux mieux. Comment est-il possible de trouver des pulls en cachemire à 39 euros dans les devantures, alors même que la production mondiale chute, à la fois comme contre-coup de la sur-production et des guerres dans cette région qu’est le cachemire..? (Rappelons qu’une chèvre cachemire produit 100 à 150gr de laine par an, uniquement obtenue par peignage, la tonte étant impossible). Envoyé Spécial avait produit un bon reportage sur le sujet. L’adjonction de soie était alors soulevée comme point principal de ce mensonge du marketing. Le cachemire n’est pas une matière démocratisable, même si cela ne plait pas!

Au fond, pourquoi ne pas ajouter de la soie, c’est une noble matière, relativement économique qui plus est. Ce qu’oubliait le reportage, c’est la question du tissage. Le cachemire est caractérisé par ses longues fibres, ce qui rend le produit fini soyeux et doux. Plus la fibre est longue, plus la laine est douce. Ce qui caractérise aussi les mérinos. Les bonnes filatures tissent donc à partir de la belle matière première de fibres longues. Il leur reste sur les bras, après cardage et peignage une sorte de ‘bourre’ de fibres courtes, effectivement de cachemire, mais de piètre qualité. C’est cette matière qui est ensuite achetée par le marché du cachemire démocratique. Car comment expliquer la différence de prix entre un pull à 300 euros et un à 39 euros? Ceci dit, notons par exemple que Ralph Lauren vend à 300 des produits valant 39, sans trop exagérer… Un test simple à vérifier sur vos propres pulls: est-ce qu’ils boulochent? surtout en bas des manches? présentent-ils de petites peluches aux endroits d’usure, que certains pressing prétendent raser? Cette présence manifeste souligne la qualité moyenne d’une matière, la bourre, difficile à tisser, ressortant.

Enfin, ce petit tableau récapitule les différents types de matières textiles. Il est recopié du livre ‘Technologie des Textiles » de I. Brossard aux éditions Dunod:

Julien Scavini

Les tweeds

21 février 2011

L’une des catégories de laine les plus connues est certainement le tweed. Cette étoffe, souvent lourde est appréciée pour son confort thermique et sa durée de vie, très importante. Ce tissage cardé est d’une robustesse rare. Il existe trois grandes catégories de tweed: les Harris Tweed, protégés par la Harris Tweed Authority, les Saxony Tweed issus de moutons de race saxony (originellement issus de Saxe donc) et les Donegal Tweed, tissés en Irlande et reconnaissables à leurs petites imperfections de couleur dans le tissage. Certains de ces tweeds peuvent aussi être homespun, c’est à dire tissés directement chez l’habitant, à la maison ‘home’. C’est en effet l’une des caractéristiques d’origine des tweeds que d’être fabriqués directement sur les exploitations agricoles, appelées ‘croft’ dans les îles hébrides.

Tout commence avec la matière, la laine brute. L’une des plus reconnues et des plus protégées provient de deux îles des hébrides : Lewis et Harris. Les divers ballots de pure laine vierge sont mélangés (blended). Ensuite l’ensemble est transporté à l’usine pour la filature du fils avec lesquels on tissera les laizes. Le premier traitement consiste à laver à l’eau clair, mais pas trop pour ne pas retirer les suints (graisses du mouton) qui imprègnent la matière. Cette opération est parfois réalisée à même les cours d’eau pour certains homespun. Puis intervient la teinture dans la masse, à l’aide de colorants naturels le plus souvent, comme les mousses et les lichens pour obtenir des teintes douces.


Ensuite le cardage permet de dresser les fibres dans le même sens. Le traitement à ce niveau sera court, ce qui donnera au tweed cet aspect très rêche, peu travaillé. D’autres types de tissages plus doux sont ensuite peignés par exemple. Le cardage permet de tirer les fil,s qui le plus souvent sont liés par deux, pour obtenir un double retors. Les fils ne sont d’ailleurs pas positionnés sur des bobines comme à l’habitude mais sur des clefs en bois, qui les tendent. Des centaines de fils concourent finalement au métier à tisser, pour l’étape du ‘weaving’.

Cette étape est exclusivement réalisée sur des métiers manuels dans des ‘croft’ en ce qui concerne les Harris Tweed, étape nécessaire pour obtenir l’appellation d’origine protégée. Les tisserands produisent généralement des laizes de 85 yards, soit 78 mètres, en petite largeur (74cm) ce qui en fait un tissu cher et compliqué à couper. Traditionnellement, le tissu tailleur a une largeur de 2x 75cm soit 150cm vendu ‘dossé’, c’est-à-dire replié lisière contre lisière.

Enfin, comme tous les tissus, le tweed subit une étape de finition, le ‘finishing’ pour 3 à 4 euros du mètre. Il est lavé une dernière fois, les impuretés sont enlevées à la main et des contrôleurs reprennent les mailles sautées. Différents traitements peuvent être appliqués à la surface, comme un dernier cardage ou un brossage aux chardons.

Vous êtes maintenant renseignés sur les diverses étapes qui permettent d’aboutir à ce tissu d’exception, qui grâce à un montage efficace par le tailleur, durera des années.

Julien Scavini

Le crépon de coton

29 mars 2010

Sous ce nom amusant du logiciel de traduction se cache en fait le fameux seersucker tant apprécié des anglais et des américains. Parlons en ce soir.

Le seersucker de coton est un tissu généralement rayé, utilisé pour confectionner des tenues estivales. Ce terme anglais découvert en Inde provient du perse  « shir o shekar », qui signifierait « de lait et de sucre », probablement du à la ressemblance de ses raies alternées lisses et grossières. Le seersucker est surtout reconnaissable à son tissage curieux. Les fils de trame et de chaîne ne sont pas tendus de la même manière sur le métier.Peu de fabricants existent encore sur ce type de matière, son tissage étant long et complexe. Car une fois les fils bleus (par exemple) insérés dans le tissu, la laize produite est détendue, donnant au drap une apparence froncée le long des rayures blanches. Cette caractéristique facilite la dissipation de chaleur et la circulation d’air. Il convient évidemment de ne pas repasser un seersucker. En revanche il a un côté pratique car infroissable et lavable en machine.

Il est possible de trouver de nombreux articles en seersucker, allant des costumes aux bermudas, en passant par les peignoirs. Les couleurs les plus communes, outre le blanc de fond, sont le bleu et le marron. Mais il est également possible de trouver des raies vertes ou violettes, toujours légèrement plus large que des têtes d’épingles.

Ce sont les commerçants musulmans qui ont rendu célèbre cette étoffe qui fut popularisée dans les chaudes colonies britanniques. Il fut également utilisé pour les uniformes des infirmières durant la deuxième guerre mondiale. Les Américains l’apprécièrent aussi avant le développement de la climatisation. Si son origine dans ce pays fut relativement difficile, il devint à partir du début du siècle la tenue par excellence des gens du sud. Peu à peu les gentlemen du nord le portèrent, popularisé également par les étudiants qui y voyaient à la fois une nouveauté pratique et une occasion de se démarquer des traditionnels costumes. Les journalistes politiques rendirent également honneur au seersucker, en commentant les débats à Washington, ville relativement chaude l’été.  Il est toujours à noter qu’au mois de Juin, il est habituel pour les sénateurs américains de porter des costumes en seersucker, lors des bien nommé seersucker thursday.

S’il est véritable (et donc non lisse), ce tissu constitue une agréable solution pour l’été, à utiliser certes avec modération, mais qui peut faire un effet certain. Voir un élégant porter un costume de cette matière annonce certainement le printemps et le retour des chaudes journées ensoleillées. Traditionnellement, vous trouverez cet article chez Brooks Brothers, bien que de nombreux autres confectionneurs en vendent également.

MàJ: dans le dictionnaire du textile, on trouve aussi à l’onglet historique la définition suivante: tissus de soie, d’or et argent à l’effet ondulé originaire de l’inde et destiné aux habits de cérémonie. Il fut importé en Europe aux alentours de 1746 et devint très recherché à la cour du roi louis XV(1764) – dictionnaire international des tissus.article du journal du textile du 6 avril 1998. Voilà qui n’est pas forcément contradictoire avec son histoire anglaise.

Du choix de la bonne laine

22 mars 2010

Le grand drapier anglais Holland & Sherry inaugurait la semaine dernière son grand et nouveau showroom rue de l’Echaudé dans le quartier de Saint Germain des Près à Paris. Ce nouvel espace qui fait la part belle aux tissus d’ameublement ne doit pas faire oublier l’origine de la marque, qui est l’une des plus renommée qui soit. C’est l’occasion de se pencher sur cette question du tissu de costume.

Car l’un des critères prépondérants en ce qui concerne l’achat d’un nouveau costume est son tissu. Quelle matière choisir d’abord et quelle couleur éventuellement. Dans cette quête de perfection et de qualité, les drapiers justement nous viennent en aide. Un drapier est un acheteur et/ou un fabriquant de laine. Ils sont nombreux, Holland & Sherry donc, mais aussi Harrison of Edinburgh, Robert Noble ou Moxon pour les anglais, Dormeuil en France , Scabal en Belgique, Loro Piana, Zegna ou Vitale Barberis Canonico chez nos amis italiens et Gorina (Certain) pour les espagnols. Notons que les anglais et les italiens mènent la danse, en terme de fabrication ou d’innovation.

Les critères de sélection d’une laine de costume sont:

  • le toucher
  • le tomber (le poids)
  • la résistance
  • la finition (teinture notamment)
  • la qualité générale

Alors autant le dire tout de suite, la laine est une produit couteux, dont les prix varient de 40€ HT/m à 4000€ HT/m pour la vigogne par exemple. Et la laine est un produit vivant aussi, à l’instar du cuir. Une bonne laine provient d’un bon mouton, élevé dans un bon terroir! La chaine de production est également peu mécanisée encore, le tri de la laine (du ventre au dos du mouton) étant le plus souvent réalisé à la main. Ensuite les laines sont lavées pour certaines, afin de retirer les suints du mouton. Après tissages, les laizes subissent des finitions, coutant entre 2 et 4€ HT/m. Certains cachemires tissés en écosse sont mêmes frottés avec de véritables chardons pour obtenir une qualité optimale. Quant aux flanelles, elles sont lavées en tambour pour faire feutrer leur surface. Ces petits traitements de surface sont des triches des drapiers pour améliorer l’esthétique du tissu; esthétique qui s’estompe (rassurez vous, j’amplifie la réalité) lors du décatissage (action de laver ou de passer à la vapeur les laizes avant de les travailler, pour qu’elles rétrécissent en position normale).

Les deux grandes manières de tisser les laines sont la toile et la serge. Évidemment, la toile est plus estivale, car plus aérée. Cette toile présente un maillage simple: un fil sur l’autre, l’un après l’autre, c’est la plus basique. La serge (ou le sergé) présente en revanche un effet de diagonale. Les tissus fil à fil sont par exemple des toiles teintes au fil (présentant donc un effet de chiné) alors que les serges sont plus souvent teintes en pièces. Le caviar se réalise dans la serge, la tête d’épingle dans la toile et le prince de galles dans les deux pour l’exemple.

Le choix de la bonne laine chez son tailleur ou son confectionneur est avant tout un problème d’éducation du client. Pour un usage normal, prenez toujours une de plus de 300gr, minimum 280gr. Une 180gr est pénible à travailler en artisanat et par ailleurs, tous les confectionneurs confondus, gonfle avec l’humidité ambiante et qui plus est la pluie. Le travail se détruit!

Par ailleurs, la grand mode actuellement est de parler de laine super 100’s ou autres. Autant le redire, c’est une absurdité! Donc révisons: la longueur de fil qu’il est possible de tisser à partir d’un kilogramme de laine se définie comme suit:

  • super 100’s, dans 1kg de laine non tissée se trouvent 100km de fils,
  • super 150’s, dans 1kg de laine non tissée se trouvent 150km de fils.

Le diamètre de la fibre ensuite: super 100’s= 18,5 microns; super 150’s= 16 microns; super 220’s 12,5 microns. Mais le poids du tissu, généralement mesuré en gramme par mètre linéaire, ne dépend pas la qualité du tissu. Un super 120’s peut aussi bien avoir un poids de 220gr ou de 400gr! Cela ne préfigure par la laine finie, seulement son fil, donc c’est un mensonge que de parler de légèreté. Cela décrit uniquement la finesse du fil utilisé. Par ailleurs, je vous recommande de voir la certification (genuine) du tissu en ce qui concerne son super XXX’s, sinon il s’agira de laine mélangée. Ceci dit, une laine en super 140’s de 300gr peut constituer une superbe solution pour un costume. En dessous de 300gr, on parlera de tissus légers, au dessus de 300gr de tissus lourds. Un tweed de campagne se trouvera du côté des 450gr et toile d’été plutôt du côté des 250gr.

Mais, chaque occasion nécessite le bon tissu. Pour ce qui est de toutes les saisons, quelque chose de moyen fera l’affaire. Il est à noter que plus l’on monte en europe, plus les clients veulent du léger -comble- ce qui s’explique par le plus grand développement du chauffage centralisé. Les laines d’épaisseurs moyennes auront une tendance naturelle à se défroisser simplement sur cintre, alors que les laines fines froissent (derrière les genoux, aux coudes) de manière visible. Si vous voyagez beaucoup, n’hésitez pas à choisir, si vous souhaitez du léger, une laine avec du polyester de type super 100’s en 230gr par exemple. Sinon, du côté du rêve, de nombreuses inventions récentes (vigogne et cachemire, ortie, bambou, mouton bio) ou anciennes (lin irlandais en 400gr) sont du plus grand secours pour varier les plaisirs. Sinon, les laines de mérinos qui sont constituées de fibres très longues et très douces sont intéressantes à considérer, de même que le mohair qui est un poil de chèvre rêche.

Nous pouvons également trouver, dans le désordre, le poil de chameau, l’orilag (chinchila/angora/laine), l’alpaga (du lama, une des plus chaude laine du monde), l’angora (du lapin), le cashgora (chèvre croisée chachemire et mohair) et enfin les laines peignées etc… Petit coup de pouce final à Holland & Sherry, je recommande fortement ses liasses victory (280gr laine et cachemire) et dakota (whipcord, cavalry twill et flanelles).

Le bon tweed pour les highlands

25 janvier 2010

Concentrons nous ce soir sur ce vêtement, ou plutôt cette étoffe si chère aux gentlemen, qu’ils soient farmers ou urbains, le tweed!

Si l’on en croit la légende, le mot tweed proviendrait du mot tweel en scots, signifiant tissage ou tissus, et non de la rivière du même nom que les premiers marchands ont confondu à cause du fort accent des écossais. Cette matière encore très artisanale est obtenue à partir d’une laine vierge cardée, qui possède encore tous les suints, c’est-à-dire les apprêts naturels graisseux qui confèrent aux poils des qualités d’étanchéités thermique et aquatique. Cette matière simplement travaillée, est encore de temps à autres nettoyée à même les ruisseaux et teintée à l’aide de mousses et autres herbes de la lande donnant des tons naturels (verts, marrons, orangés etc…) et mats.

Tissé artisanalement dans des crofts (fermes) dans les hébrides, il sort sur des métiers à tisser en (environ) 70cm de large, ce qui oblige à en utiliser deux fois plus et peut alors avoir l’origine géographique controlée d’Harris tweed, provenant des îles Lewis ou Harris. Mais il existe une infinie variété de tweed, dont le très célèbre Donegal irlandais, connu pour son poids moyen et son effet de chiné gris, avec des pointes de couleurs. Nous noterons également l’existence du reconnu saxony tweed dont la laine provient des moutons de saxe (à l’origine).

Le tweed reste pour autant un tissus choquant pour les non-initiés à cause de son touché très rêche et de son poids souvent jugé excessif. Au premier abord, vous pourrez avoir l’impression d’un matière en spontex alourdi… Mais bien sûr, c’est nécessaire pour aller chasser, lors de parties où l’attente et la patience le disputent souvent au froid cinglant, ou encore dans des relais ne possédant qu’un chauffage succinct. Ou même lors des derniers grands froids en France, quel plaisir que de sortir son complet en tweed, qui vous procure une réelle impression de chaleur!

Le code vestimentaire autorise le tweed à la campagne et rarement en ville, bien qu’il ait fait dernièrement une apparition comme tenue de week end. Il est en revanche la marque des étudiants et professeurs et rappelons nous du cousin de Charles Ryder dans Brideshead lui conseillant le bon tweed plutôt que le costume urbain pour Oxford.

Traditionnellement, le complet en tweed comprend un veston à trois boutons (voire quatre) avec une fente dans le dos. Le cran du col n’est pas placé trop haut pour permettre de le rabattre comme un col officier en cas de vent. Une patte peut permettre éventuellement de fermer la veste autour du cou ce qui redonne à la boutonnière de revers son usage. Le gilet quant à lui possède cinq à six boutons, dont une boutonnière verticale pour la chaine de la montre, ainsi que quatre poches (du type poche poitrine ou à rabats). Il arbore également souvent des revers, à l’instar de la veste. Le pantalon est pour sa part assez serré, et non doublé au royaume uni (ce qui gratte…). Les boutons sont en cornes et non en cuir, ces derniers étant l’apanage des tailleurs américains cherchant la ‘différence’. Les tissus habituels pour la chasse sont à carreaux (pour ne pas être confondu avec la végétation) et ceux plus urbains unis.

Deux bonnes maisons proposent à Londres des complets de tweed et se nomment Bookster et Cordings. Notons également les italiens de chez Beretta dont les vestes de tweed doublées de gore-tex sont d’un grand secours sous le crachin!

Les tissus et leurs motifs

7 décembre 2009

Si deux grandes catégories de tissages se disputent le marché des tissus de gentlemen (à savoir l’armure toile (fils à 90°) et l’armure sergé (effets diagonaux)), de nombreuses déclinaisons existent et font le bonheur des stylistes et des tailleurs, qui aiment, ou pas les travailler. Souvent d’ailleurs, le choix des armures de tissus est une question de mode. La grosse toile a disparu, trop difficile à travailler, trop visible aussi, au profit le plus souvent de l’armure sergé, résistante, et donnant un bel effet de brillant à la lumière. Par exemple, si la flanelle est une armure toile, il est devenu plus courant de voir le même effet feutré sur des sergés peignés.

Le petit tableau ci-dessous récapitule les grands motifs utilisés, tissés à partir des armures toile et sergé:

1- Armure sergé, motif tennis (en anglais Pin stripe). ce tissus à rayures présente des lignes plutôt fines. Vu de près, cela ressemble à une succession de points. Elle n’est pas à recommander pour qui veut être discret.

2- Armure toile, motif carreau-fenêtre (en anglais window pane). Ce motif est par exemple, à la mode actuellement. Il peut-être réalisé à partir d’une armure sergé également.

3- Armure sergé, motif rayure à la craie (en anglais chalk stripe). C’est une rayure plus large, souvent moins forte que la rayure pin stripe. Elle peut présenter une bon compromis entre port de la rayure et discrétion.

4- Armure toile, motif caviar (en anglais birdseye). Ce tissage est formidable pour qui veut un costume uni avec de la personnalité. L’effet changeant vu de près permet de rompre la monotonie d’un uni.

5- Armure toile, motif pick & pick. Cet effet peut facilement être confondu avec un sergé, mais les rayures sont inversées. Les tissus en pick & pick jouent souvent sur l’opposition de fils de couleurs contrastées pour créer une couleur générale entre-deux, permettant également un effet de chiné.

6- Armure toile, motif pied-de-coq (en anglais hounds tooth). C’est par excellence un exemple de tissus hors du temps, réservé aux vestes de nos grands pères. Ceci dit, bien porté, ce peut être très original.

7- Armure toile, motif glencheck. Souvent confondu avec le prince de Galles, il en représente une version édulcorée, guère à la mode. Le croisement des lignes horizontales et verticales se fait par l’intermédiaire d’un motif pied-de-coq, alourdissant l’ensemble. Idéal pour les manteaux ceci-dit.

8- Armure toile, motif prince de Galles. Tissage excessivement connu, souvent du meilleur effet.

9- Armure sergé, motif chevrons (en anglais herringbone). Il s’agit d’une version complexifiée de l’armure sergé (à diagonales donc) qui n’était plus tout à fait à la mode jusqu’à ce qu’Uniclo propose de très beaux pantalons dans ce motif. Très résistant, il évoque immédiatement les vêtements d’avant-guerre. Ceci dit, il est souvent très esthétiques, car il ‘brille’ d’une rangée à l’autre.

Ce rapide tour est clôt, si toutefois vous aviez des questions ou des remarques, n’hésitez pas, le sujet des tissages est vastes et l’on peut facilement s’y perdre!

Le Prince de Galles

18 novembre 2009

Non, cet article ne sera pas une extension de Point de Vue – Images du mondes, mais il parlera simplement de ce tissu qui porte le nom de Prince de Galles, cette étoffe si chère aux esthètes de l’habillement. Inventé à Londres vers la fin du XIXème siècle par Charles Redfem, il fut adopté par le futur Edouard VII, prince de Galles, pour ses tenues de voyage. Il lança alors Redfem qui baptisa sa création du nom de son royal client!

schéma de larmure prince de galles, simple et fenêtrée

Dans les faits, le motif du prince de Galles est basé sur les carreaux, faits de jeux de lignes horizontales et verticales qui se croisent à des intervales réguliers dans des nuances voisines du blanc au gris foncé sur un fond gris clair. Quelque fois, ce motif de base est surcoupé d’un mince filet rouge ou bleu, on parle alors de prince de Galles à carreaux-fenêtres. Il diffère du dessin écossais qui lui est généralement fait de nuances vives.

Ce motif est généralement réalisé en croisé 2 et 2 qui présente un quadrillage, souvent contrasté ou plus marqué, qui se superpose sur une armure pied-de-poule. A ce sujet, le pied-de-poule est une armure toile qui présente un visuel d’armure sergé (en diagonale). Le pied-de-poule est un tissu croisé 2 et 2 formé de deux fils de couleurs différentes en chaîne et en trame. Le dessin en forme de damier empietant, caractéristique du tissu pied-de-poule est obtenu par le rythme des effets de chaînes et des effets de trame, associé à une alternance régulière des fils de couleur, en chaîne et en trame. Les motifs gros pied-de-poule sont appelés pied-de-coq.

Pour ce qui est du port du prince de Galles, ce bon compromis entre tissu sport et tissu ville, il est varié et souvent de bon goût. Il permet de porter un motif carreau sans que cela devienne fatiguant. Il est le plus souvent très discret, mis à part peut-être ces princes de Galles des années 30 présentant un format supersized… Deux grandes couleurs dominent: le beige estival (ci-dessus) et le gris plus hivernal (ci-dessous). Ceci dit, cette différenciation n’est qu’une proposition de style, le prince de galles porté en journée peut être très polyvalent, à la ville comme à la campagne ou dans une gare de la côte amalfitaine à côté de vos malles…

De l’épaisseur des lainages

2 novembre 2009

Nous entendons parler de plus en plus souvent pour décrire les costumes de l’épaisseur de leur lainage, appelée super quelque chose… Mais que signifie exactement ce terme?

La laine, après avoir été tondue sur le dos des moutons, est envoyée au lavage pour en retirer les saletés puis dans des sortes de rouleaux pour être cardée, c’est-à-dire être transformée en fibres longues de laine. Après cette opération, elle est relavée, apprêtée, et enroulée par plusieurs brins. Ensuite, si les fibres sont trop courtes, on s’arrêtera là, ce qui donne la laine cardée (le tweed par exemple), et si les fibres sont de bonnes qualités, on les peignera. Le fil primaire s’appelle le retor. Il peut de nouveau être enroulé pour former un fil double retor.

La finesse de fil ainsi obtenu se distingue sur les normalisations oko tex suivant les termes super 60, super 70, super 100, super 180, super 200 etc. Il s’agit en fait du nombre de fil que l’on peut disposer les uns à cotés des autres sur une longueur d’un pouce. Cela donne donc une indication sur la finesse du fil utilisé pour tisser le lainage.

Car vous pouvez très bien obtenir un tissus lâche et estival avec un super 110’s, il suffira de tisser les fibres de manière aérée. Il n’y aura pas 110 fils sur un pouce mais il aura été tissé avec un fil super 110… Cela ne préfigure donc en rien la qualité finale du tissus.

Cumunel

Blazer en lainage armure chevron super 90s, et chino en sergé de coton.

Deux grands types de tissage sont utilisés en mode masculine, l’armure toile et l’armure sergé, dont est dérivé le chevron.  La flanelle par exemple est une armure toile en laine cardée, qui peut se présenter en super 110’s ou super 180’s. Le lainage grain de poudre (vu dans l’article sur les smoking) est à l’inverse une armure toile en laine peignée, qui peut se présenter.. idem.

Alors attention, cette mode actuelle pour la finesse du tissus ne veut rien dire en revanche. Se prévaloir d’un costume en super 150’s ne veut pas dire grand chose. Les lainages fins (super 130, 140, 170 etc…) ont été développé grâce au perfectionnement des outils de production, dans le même temps que l’industrialisation du prêt à porter. Un maître tailleur ne se risquera que rarement sur des lainages supérieurs à super 130’s. Les tissages d’une finesse supérieure sont plutôt destinés à être travaillé par des robots automatisés. Ils demandent une extrême précision dans leur mise en œuvre, car ils frisent vite (effet de vague aux coutures) et demandent des fils extrêmement fins ne se tordant pas (donc plutôt en 100% polyester). Ils sont donc d’une grande difficulté à travailler, et ne sont pas appropriés au travail à la main. De plus, les industriels vantant ces produits en super 160’s ont souvent recours aux toiles thermocollantes pour les plastrons, thermocollants qui marquent assez vite sur ces fins lainages…

La norme acceptable pour un tailleur se situe aux alentours du super 110’s, voire maximum super 130’s. Au delà, des techniques industrielles (notamment le picotage des revers au fil de nylon sur une machine à aiguille courbe) s’imposent plus ouvertement.


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