Archive for the ‘Pièces de dessus’ Category

La couleur des pantalons et des souliers

2 mars 2015

Commencer à assembler une garde-robe raisonnée demande un peu de réflexion, sur ses propres usages en particulier. Être majoritairement au travail en costume ou au contraire en décontracté change la donne. Si vous n’avez pas besoin du costume pour tous les jours, acheter quelques bons pantalons est important. Mais par quoi commencer?

Du point de vue anglais, le pantalon dépareillé est par essence gris. Le pantalon gris est le complément indispensable des vestes en tweed et des pullovers. C’est la tenue idoine pour toutes les occasions informelles. Le pantalon gris peut aussi faire moins british s’il est associé avec un pull anthracite ou noir et des souliers noirs. Il devient alors plus urbain, bon chic bon genre. Avoir plusieurs tonalités de gris est envisageable et souhaitable, anthracite, gris moyen, gris clair. Avec, aucune erreur, vous serez toujours le ton.

Si vous allez un peu au delà de ce raisonnement sur la couleur, vous pouvez aussi imaginer des pantalons gris dans des matières plus saisonnières. Par exemple un pantalon gris moyen en flanelle pour l’hiver et un autre gris clair dans une laine froide très légère. Non pas que le clair soit réservé à l’été et le foncé à l’hiver d’ailleurs, une flanelle presque blanche peut créer des accords merveilleux avec le tweed durant la saison froide.

Au delà du gris, vous pouvez acheter un pantalon bleu marine. Comme je l’avais dit il y a quelques temps dans un article consacré au sujet, il remplace merveilleusement tous les chinos marine. Et en laine, le tombé est bien meilleur. Avec un pantalon marine, vous tenez la pièce passe-partout, à additionner d’un pull aubergine ou gris clair, d’un pull zippé marron etc…

Je recommande aussi la possession d’un pantalon de laine marron, qui est un essentiel simple de la garde-robe aussi. Le marron n’est pas une couleur facile et ne va pas forcément à toutes les peaux. Mais le pantalon est loin des yeux et du visage, la mine apparaitra moins terreuse qu’avec une veste marron par exemple, qui n’est pas facile à manier. Le pantalon marron va très bien avec un pull marine ou une belle veste de tweed, unie ou à carreaux. Réalisé dans un drap de super 120’s, il sera doux et remplacera avantageusement le modèle en tweed qui gratte.

Enfin, le pantalon chino réalisé en toile beige de coton est l’essentiel de presque toute garde-robe. Attention toutefois à choisir un coton avec de la tenue et un modèle avec surtout pas trop d’aisance. Car un chino beige mal ajusté peut vite faire sac à patates. Les pinces sont à utiliser avec précautions à ce sujet.

Une fois ce tour d’horizon effectué, quelle couleur de souliers mettre. Voilà une question passionnante aussi et qui mérite réflexion. A priori, toujours dans une optique classique, le soulier noir ne va qu’avec le costume et n’est pas adapté à une tenue dépareillée. Seulement si vous ne portez jamais le costume et que vous souhaitez tout de même porter des modèles noirs, vous pouvez. Le tout est de faire cela avec chic et allure.

Ainsi, j’ai tenté des associations à ce sujet. J’ai dessiné un pantalon et je propose les couleurs de cuirs qui iraient avec. Cette proposition vaut pour un pantalon seul et pour un costume aussi. Dans un premier temps, avec un pantalon anthracite, le soulier noir va bien. Je ne l’ai pas dessiné mais un soulier en veau-velours foncé est aussi idéal. Avec un pantalon marine, le noir va (si vous portez le costume) et le marron va (si vous portez le costume ou le pantalon seul). L’accord de marine et de marron est difficile aux yeux des anglais. L’accord de marine avec du noir est difficile aux yeux de nombre de mes clients mais pas des anglais. Choisissez votre camp !

ILLUS76aAvec des pantalons gris moyen et gris clair, la chaussure noire continue d’aller, en particulier si vous portez le costume. Si le pantalon est seul avec des souliers noirs, il vaudra mieux jouer une carte plus urbaine en complétant en haut avec de l’anthracite ou du violet par exemple, une couleur sombre. Le marron foncé type bergeronnette est toujours bien vu et le marron clair presque mordoré apparait. Ces souliers très clairs sont maintenant très à la mode. Autant en parler. Ils correspondent au goût actuel pour le mélange très ‘Brunello Cuccinelli’ de gris très clair et de couleur camel. Un engouement italien pour les nuances claires.

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Enfin, avec les pantalons marron et beige, c’est évident, il faut accorder les cuirs dans les mêmes tons. Et je ne parle même pas des souliers burgundy et autres fantaisies patinées.

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Je vous souhaite une excellente semaine, Julien Scavini.

Le pantalon à carreaux

9 février 2015

Il y a quelques années au début du blog, je me souviens m’être intérrogé sur l’usage d’un pantalon à motif, comme le carreau, porté seul, sans la veste. Je trouvais l’idée saugrenue, autant que celle d’un pantalon uni bleu marine. Les années ont passé et mon goût très britannique et très figé dans un carcan de code 1950 a lui aussi évolué. L’âge, mon développement professionnel et la confrontation aux multiples idées soumises par mes clients expliquent peut-être cela.

Quoiqu’il en soit, j’ai pris l’habitude le samedi, le jour du commerce et aussi le jour où je suis le plus en effervescence de m’habiller décontracté. C’est à dire que je ne mets pas de veste. Car lorsqu’il faut se baisser de manière intempestive pour mettre un ourlet en place, ou examiner la longueur d’une manche, la veste n’est pas pratique. Certes, le gilet a été inventé pour cela, mais je n’en ai pas encore assez.

Depuis un certain moment alors, j’ai pris l’habitude de porter un chino bleu marine, une couleur que j’aime, surtout en association avec du marron et du marron veau-velours. Tenue que j’ai renforcée par l’adjonction de paires de bucks blanc et crème que j’ai acheté il y a quelque temps. Car qui dit tenue décontractée ne veut pas dire tenue négligée. J’essaye de cette manière de trouver un style un peu américain 40’s. Seulement voilà, le coton c’est moche. Un pantalon de coton se froisse très vite et fait débraillé. En bleu marine, c’est pire, la couleur fait délavé. Y compris d’ailleurs avec les plus beaux cotons.

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En souvenir d’un monsieur très élégant, mais très simple aperçu dans le métro il y a quelques mois, je me suis alors confectionné un beau pantalon bleu marine lumineux, en laine simple super 120’s. Et dès lors ma tenue du samedi était toute trouvée. Chemise à rayures bengal ou carreaux fins, pantalon de laine bien coupé, richelieu ou mocassin en veau-velours, avec quand il fait froid, un peau pull violet, marron ou beige. Un ensemble un peu italien, j’en conviens.

Et puis, un client est venu me voir un peu avant Noël pour réaliser un pantalon de tartan, type golf, pour mettre le week end. L’idée m’est apparue fabuleuse. En regardant des dessins d’Apparel Arts, toujours disponibles ici, je me suis aperçu que la chose pouvait avoir de l’intérêt.

Le pantalon à motif, prioritairement le carreau, le prince de galles ou le tartan, a de l’intérêt car il est la pièce principale d’une tenue. Car lorsque l’on ne porte pas de veste, il est possible d’être vite fade. Or, le pantalon ainsi réalisé apporte immédiatement un plus. En haut, la chemise peut être unie ou arborer de fins carreaux. Le pull-over est le plus souvent uni. Il n’apporte rien mais peut tempérer le carreau.

Aussi, je trouve que le pantalon à carreaux est le parfait lien vers des souliers de qualité. Il les mets bien en valeur dans mon esprit. La tenue peut être dans l’ensemble à la fois sobre et contrastée.

Car le pantalon à carreaux permet de jouer avec une ou deux couleurs. Il peut être gris avec un prince de galles fenêtré violet, il peut être en prince de galles beige, il peut être en tartan de bleu et de marron, il peut être vert à discrets carreaux rouille, etc etc etc. Vous pouvez ainsi broder autour de ces couleurs, pour faire des rappels sur la chemise, d’autres sur le pull ou le cardigan, d’autres sur le soulier. La variété est importante.

A4 Portrait _ Master Layout

Enfin, le choix est moins risqué. Car lorsque l’on parle de veste sport, la réalisation sur-mesure est plus complexe que pour une veste unie. Que choisir ? Quel tweed ? Comment se rendre compte de l’effet final ? Le motif n’est-il pas trop fort ? La couleur pas trop criarde? Que de questions que seuls les plus téméraires osent affronter. Alors qu’un pantalon, entre 300 et 400€, représente un risque moindre et une fantaisie calculée.

Bref, j’ai comme vous le voyez sur ce sujet, abandonné mes grands principes anglais. Car au fond, la plus grande élégance de nos jours est une élégance de la situation. Il ne sert à rien d’être endimanché pour être endimanché. Il convient plutôt de faire l’effort maximum suivant son rythme de vie et le milieu dans lequel on évolue. Être un plouc friqué et décontracté en doudoune Moncler est à la portée de beaucoup. Réfléchir à l’accord de son pantalon de tartan avec son chandail William Lockie et ses brogues est autre chose et le résultat sera toujours plus plaisant aux yeux des amateurs, y compris aux plus britanniques !

Bonne semaine, Julien Scavini

Quand la veste est plus claire

1 décembre 2014

Lorsqu’il s’habille de manière décontractée, le gentleman passe du registre ville au registre sport. D’un choix relativement restreint (du gris, du bleu, un peu de rayures etc.), il passe alors dans catégorie bien plus étoffée, c’est le cas de le dire ! Le choix est très vaste, uni, un peu de rayures et beaucoup de carreaux, un peu de gris, beaucoup de bleu ou de marron, mais aussi du vert, du rouge, du jaune, du violet etc. suivant ses goûts et ses couleurs.

Coordonner cet ensemble n’est pas chose aisée. Evidemment, s’habiller peut être un art. Et comme tous les arts, il est difficile. Les choses belles sont ardues. Mais l’habitude, la routine et l’expérience permettent de palier aux difficultés.

Premièrement, il convient de bâtir un ensemble stylistique basé sur la couleur, deux ou trois en général. En général, les coloris anglais sont plutôt foncé, alors que ceux italiens sont plus clairs. Construire sa tenue à partir d’une ou deux couleurs, de leur accord, est une idée assez contemporaine. Classiquement, c’est à dire de manière anglaise, le vêtement se pense par usage et non par couleur. La cravate régimental se porte par usage et convention, parfois sans importance pour la couleur.

Je vais donc être très précautionneux sur ce point. Le point de vue classique est anglais. Mais les anglais étant (je trouve) assez peu adroits avec les couleurs, ils peuvent faire des mélanges osés, frisant parfois le mauvais goût. C’est par exemple le cas en décoration d’intérieur… Certaines pièces de leurs manoirs peuvent heurter le goût classique français.

Construire sa garde robe autour de deux couleurs fétiches (avec leurs variantes, claires ou foncées) est une excellente idée de départ.

Au delà de la couleur se pose aussi la question de la tonalité (sombre ou clair), principalement entre le haut et le bas.

C’est aussi une question essentielle. Habituellement dans une tenue sport, la veste est plus foncée que le pantalon, ou les deux sont de la même tonalité. Les anglais affectionnent je pense un peu plus les ensemble foncés, alors que les italiens, soleil oblige ont tendance à éclaircir leurs tenues.

La veste dans une tenue sport peut tout à fait être plus claire que le bas. C’est tout à fait possible. Si la veste est de la même couleur que le pantalon, ou d’une couleur approchante, l’effet pourrait être désastreux en terme d’élégance, donnant une fausse impression de costume. Sauf si c’est la matière qui apporte une différence par la texture par exemple. Haut et bas de même couleur claire, mais l’un mat l’autre plus satiné. Et encore…

Une tenue composée d’une veste claire peut poser problème. Le pantalon doit trancher. La plupart du temps, cela se fera par la couleur (veste beige, pantalon orange comme sur l’illustration). Cela peut aussi se faire par la tonalité (veste gris clair, pantalon de flanelle anthracite). Vous pouvez ainsi jouer sur les deux tableaux (pantalon aussi clair mais coloré, ou pantalon de même couleur mais très foncé). Il faudra éviter seulement la couleur d’une tonalité approchante donc.

La couleur est le plus souvent la réponse idéale, surtout l’hiver, où les velours permettent un large panel de configurations. Par exemple veste gris clair avec pantalon côtelé vert fougère. Il ne faut pas hésiter.

Les italiens pourraient par goût de la provocation faire le discours inverse. Avec une veste poil de chameau, ils chercheraient un bas encore plus clair ! Presque blanc, comme une moleskine crème par exemple.

Finalement, l’art de s’habiller, c’est l’art de tout accommoder ! Comme une bonne cuisinière. C’est certes moins académique, mais c’est très bon.

Le vestiaire classique anglais que nous idéalisons (car comme je le répète, dans sa forme usuelle, il est parfois l’occasion de bien des incongruités visuelles) est normé : les couleurs froides de la ville ensemble, les couleurs des feuilles mortes entre elles. Les mariages sont le plus souvent simples : harmonie des couleurs, dialogue entre les textures et matières, concordance de la luminosité et du contraste.

La vision contemporaine peut donc être plus biaisée. La sprezzatura de nos amis italiens ose plus. Ainsi, il est possible de justifier plus d’idées, avec art et manière. Le tout est d’affirmer son point de vue !

Manteaux doudounes !

3 novembre 2014

Récemment, je discutais avec un client de mon humble contribution à la littérature vestimentaire, toujours heureux d’entendre les critiques qui me sont faites. Celui-ci me reproche deux oublis. Le premier est de n’avoir pas cité Edward Green dans les bonnes adresse. Un réel oubli ! Le second est plus intéressant. Il concerne le chapitre des manteaux.

Si j’ai essayé de parler de toutes les modèles, capes, croisé, covert coat, trench, puis Barbour et blousons en peau d’inspiration militaire, j’ai oublié une bonne partie consacrée aux doudounes modernes et autres vêtements d’hiver, à la fois techniques et élégants.

Car évidemment, les parkas de ski ne font pas partie du propos de ModeMen, ni même de Stiff Collar. Ceci dit, ces dernières se sont glissées discrètement mais sûrement dans nos penderies depuis quelques temps maintenant. Mais pas tout à fait sous la même forme blanche à galons oranges fluos !

Ces parkas modernes et urbaines sont techniques mais peuvent aussi avoir recours à des matériaux classiques, comme la flanelle ou la fourrure.

Les deux raisons de leur appropriation rapide sont là. Les modes de vie urbains et le travail en bureau rendent le port de costumes chauds et aussi des trois pièces compliqué. Ainsi, les vendeurs de costumes et les fabricants de tissus vendent en priorité des laines appelées ‘4 saisons’, avec un poids moyen à léger (250/280grs).

Ainsi, le besoin d’un vêtement de dessus très chaud se fait sentir. Mais le manteau long et lourd n’a plus la côte. Dans les brasseries où les porte-manteaux ont disparus, il est impossible de ranger ce dernier sans l’abimer sur le dossier d’une chaise ou le bas qui traine par terre. A scooter, il n’est pas non plus pratique. Et enfin, composé essentiellement de laine, même épaisse, il finit par prendre l’eau.

doudoune herno

Dans le même temps, les industriels de la laine, en particulier Loro Piana avec son ‘StormSystem’, ont développé des tissus à la fois classiques (comme les flanelles voire même des cachemires peignés) et techniques, car résiliant à l’humidité, déparlant à l’eau et coupe-vent, avec un poids très raisonnable.

Les industriels de la confection ont senti le vent venir et se sont adaptés également. Ainsi sont apparus dans un premier temps des manteaux classiques type covert-coat, mais plus court (trois quart) et pourvus de détails modernes comme la fermeture centrale à zip. Dans un second temps sont apparues des vestes très sports, intégrant des parementures zippées ou des empiècements de pulls à capuche ou à col cheminé. Moins racées que leurs grandes sœurs en tweed, elles conviennent néanmoins à une très large frange de la population qui cherche un classique chic et moderne. Parfois bi-matières, alliant la flanelle bleu à la suédine marron, elles sont polyvalentes, tant en terme de confort et d’usage que de style.

Dernière apparition en date, la fameuse doudoune. Déjà à la mode dans les années 80, ce vêtement bibendum gonflé aux plumes d’oies s’est modernisé : nylon très légers et très chauds, zip posés au laser etc. Et enfin, tissus classiques. C’est ainsi que les grandes marques se sont ruées sur ces pièces, qui dès lors avaient leur place dans les rayonnages chics, chez Zegna, Hermès, Moncler le spécialiste et bien d’autres…

Une estimable maison comme Arthur et Fox ne s’y est pas trompé, mettant en avant, par dessus ses petits complets en flanelle des doudounes et parkas de la marque italienne Herno. Confort et classicisme.

Pour conclure, j’émets d’une certaine manière des louanges envers ses pièces d’un usage agréable et utile, même si je continue de penser qu’un beau manteau est bien plus alluré et élégant. Mais avoir les deux est aussi possible.

Je remarque enfin un fait amusant. Pour une fois, l’élégance masculine ne s’est pas appauvrie. Car on aurait pu croire que ces fameuses doudounes des années 80 finiraient par prendre le dessus. D’une société de beaux manteaux peignés foncés, nous serions passés à un monde rempli de couleurs flashy et de formes rembourrées disgracieuses. Et bien non ! Il n’est est rien, le classicisme a gagné. La flanelle si longtemps délaissée s’est taillée une place de choix dans ce nouvel univers. Les coloris et les formes restent classiques ! Ouf! Comme quoi, le mouvement de progrès n’est pas forcément tourné vers le bas ou l’affadissement, mais peut au contraire faire d’amusants aller et retour haut et bas !

Bonne semaine, Julien Scavini.

La doublure d’une veste

27 octobre 2014

Chaque commande d’un nouveau costume signifie pour le client de faire des choix multiples : allure générale, forme des poches, format du revers et coloris de la doublure. C’est toujours un grand moment de solitude pour le client, face à ce choix essentiel et si superficiel. Car au fond, la doublure, personne ne peut la voir. Ainsi veste fermé, il est bien difficile de deviner.

Je conseille toujours de choisir une doublure ton sur ton, plutôt foncée, car on s’en lasse beaucoup moins qu’une couleur franche, rose bonbon ou rose fushia. Si le résultat est certes beau à la réception de la veste, au bout d’un an, une certaine lassitude apparait. Et lorsque l’on vient faire un effort financier pour investir dans un produit durable, c’est un choix difficile. Ceci dit, il est évident qu’une doublure grise sur un costume gris est un peu triste. Mais un beau rouge brique sera au contraire superbe! A l’intérieur d’un veste bleu marine, il est possible de coudre du bleu, roi ou marine, ou même un beau violet! C’est toujours superbe.

Les doublures contemporaines sont artificielles, toutes. Il existe à ce titre deux catégories de fibres artificielles : celles organiques et dérivées du pétrole, comme les polyesters (dont sont dérivés les fibres laineuses appelées Tergal, Dacron ou Trevira) et celles végétales, dérivées de pulpes de bois : la viscose en générale (issue de pulpes de bois contenant aussi les écorces) et ses variantes haut de gamme, Cupro et Bemberg(™) (issues de pulpes de coton). En France, on appelle ces doublures rayonnes, bien que le terme anglais Rayon soit plus spécifique. Cette catégorie de matières  issues de fibres végétales est plus intéressante, car elle donne des textiles plus ‘naturels’. La viscose présente d’excellentes qualités thermiques (elle ne tient pas chaud en été ni froid en hiver, à la différence des polyesters). Elle ne peluche pas et est solide. Le satin que l’on en tire est très lumineux.

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Les doublures peuvent être de deux types. Si elles sont en satin, elles sont très lumineuses et brillantes. Elles peuvent aussi se présenter sous forme de taffetas (donc des toiles) plus légères pour l’été. Une catégorie supérieure de ces viscoses est appelée Cupro ou Bemberg(™).

Évidemment, il est toujours possible d’utiliser la soie. Mais celle-ci est devenue difficile à trouver d’une part, et surtout elle s’use très vite. Le coton de la chemise agit comme un abrasif à sa surface, la faisant boulocher. Elle se perce assez facilement, car souvent tissée fine.

Petit aparté enfin, je n’ai jamais entendu parler nul part d’une règle énonçant qu’il faut accorder la couleur de la doublure de la veste à celle de la cravate! Le jeu des association est déjà assez difficile sans vouloir tomber dans le ridicule. Ainsi, la doublure vit seule ! La cravate se choisit d’abord et avant tout en complément du costume et de la chemise. Ensuite seulement se pose la question du mouchoir de pochette. On peut chercher le raccord, c’est d’ailleurs ce que j’ai fait dans le dessin, mais ce n’est pas obligatoire, il vaut mieux ne pas prendre en considération ce point lors de la commande, la doublure fonctionnant plus comme un complément de la laine du costume que comme un élément du dialogue des couleurs de la mise.

Et je préfère cent fois quelqu’un qui aura pris soin d’accorder le cuir de ses chaussures avec le cuir de sa ceinture – voire raffinement suprême – avec le cuir de son porte-document, plutôt qu’un homme avec une ceinture marron et des souliers noirs, mais qui aura choisi une cravate rouge pour aller avec sa doublure rouge ! Car là, c’est un effort superficiel et superflu !

Emboitement et emmanchure

21 septembre 2014

Confectionner une veste pour un client exige beaucoup de travail et des mesures précises. Cela demande aussi de comprendre ce dernier, et encore plus, d’arriver à le faire parler sur ses goûts, ses envies et son ressenti, peut-être le point le plus important.

Les longueurs sont un point crucial, longueur du corps d’abord, longueurs  des manches ensuite. Mais ce sont des points stylistiques. Il y a ensuite le niveau de cintrage, un point stylistique qui mêle aussi le confort. Car il faut pouvoir respirer dans une veste, il faut aussi pouvoir la fermer. ll faut aussi prévoir les éléments que le client va mettre dans les poches intérieures. Qui plus est, les vestes entoilées supportent moins bien les cintrages forts que les veste collées. Le tissu n’étant pas rigidifié (par le thermocollant) mais seulement accompagné (par la toile), la nuance est importante, il a tendance à se comporter naturellement. Aussi, le fameux X décrit dans la documentation spécialisée se produit plus rapidement avec une veste entoilée, parfois même pour un simple cintrage. C’est plus souple ! Sauf à utiliser une flanelle de 400gr, mais ce n’est pas forcément l’envie commune. Et puis le corps gonfle dans la journée…

Attention aussi à votre physique. Si vous avez les épaules larges et hautes, ou la tête assez forte, une veste trop cintrée pourrait vous donner l’air d’un bilboquet !

Un peu plus haut que le cintrage, il y a la poitrine et le raccord des manches. Ici, l’étude doit être approfondie et le tailleur ne trouvera pas forcément le ton juste dès la première veste. Car devant, le long de l’emmanchure, au dessus du poitrail, le niveau de drapé du tissu peut-être modulé, c’est ce qu’on appelle l’emboitement ! La veste peut ainsi plus ou moins serrer le flanc pour tourner et passer sous la manche. Laisser un peu trop de tissu aura tendance a visuellement gonfler la poitrine. En retirer juste un peu trop pourra faire ouvrir le revers. Et ce point se commande difficilement, passant de trop à trop peu assez rapidement.

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Les tailleurs s’écharperont tous sur le sujet. Certains aimeront laisser un peu de gras, d’autres préféreront tendre la ligne pour emboiter le flanc. Un travail spécifique de la toile et de la courbe d’emmanchure sera alors réalisé. La toile pourrait être par exemple piquée en même temps que la manche dans sa partie basse et courbée, et être bâti souplement dans sa partie haute avec l’épaulette. D’où une certaine rigidité au galbe mais une épaule qui avance souplement.

Se sentir tenu au bord du flan et sous la manche peut être ressenti comme un avantage (pour une majorité de clients actuels) ou une gêne (principalement pour les clients au delà de 50ans ou ceux n’ayant pas l’habitude).

Ce point de précision est complété par l’emmanchure haute. Plus elle est haute, plus le confort dans les mouvements est intense. Mais cela peut être ressenti comme une véritable gêne. Je ne joue pas trop avec ce point, préférant une version entre deux. Car l’emmanchure haute demande une réelle habitude. Elle se sent et peut faire transpirer plus. De là découle une usure rapide des doublures sous l’effet de l’humidité acide.

Les messieurs d’un certain âge préfèrent quant à eux une emmanchure profonde et un emboitement au large, pour ne pas sentir la veste. Ils y trouvent une plus grande liberté de mouvement, le tout soutenu par une épaulette cantilever. Tout l’inverse de l’affection italienne pour l’emmanchure haute et l’emboitement serré. Mais au fond, chacun ses goûts !

Bonne semaine, Julien Scavini

La laine solaire

30 juin 2014

L’été, lorsqu’il fait chaud – ce qui est assez loin d’être atteint cette année – la question vestimentaire devient cruciale, surtout si vous devez être habillé classiquement, j’entends par là le contraire de la combinaison t-shirt et pantacourt. Le port du costume peut même devenir une vraie plaie si les températures grimpent trop. Je me souviens à ce titre d’un agent revenant du Pitti Uomo l’année dernière à Florence qui m’avait amusé en parlant de, je cite, tous ces gugusses sappés en croisé sous 35°c à l’ombre. Le-dit agent vendait du sportswear, ceci expliquant peut-être cela.

Et en parlant de Pitti, l’une des grandes trouvailles depuis deux ans maintenant dont on parle partout est le Solaro. A ne pas confondre avec le Solano, un étoffe britannique ressemblant en texture à du lin mais composé de 50% de laine, de 25% de coton et de 25% de lin, très frais et peu froissable, à l’aspect assez brut.

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Bref, le solaro, vous connaissez tous je pense. Il s’agit d’une étoffe de laine. Mais pas d’une étoffe de laine froide. C’est d’ailleurs la grande incongruité de ce tissu. Réalisé en serge simple ou en chevrons, il n’est pas particulièrement respirant. En revanche, il renvoie bien la lumière grâce à son tissage mêlant deux fils de couleurs différentes. Le solaro est une matière dite changeante. Sa couleur et ses nuances varient suivant l’angle du regard. Cela en fait une étoffe rare et amusante.

La plupart d’entre vous connaissent le solaro dans sa version ‘tumblr et autres blogs’, c’est à dire rouille, un mélange de rouge et de vert. Mais je pense que peu savent en revanche que le solaro existe dans toutes les couleurs. En voici quelques exemples, à carreaux et chevrons, à chevrons et en serge simple.

Cette matière assez solide du fait qu’elle n’est pas une toile permet de réaliser des veste et des pantalons, et donc des costumes. Les costumes sont toujours les plus simples, limitant l’accord de couleur à la cravate et à la chemise. Mais une belle veste en solaro peut constituer une alternative intéressante à la veste sport en tweed de l’hiver. Car l’été, il est assez difficile de trouver des étoffes pour réaliser des vestes seules. Trop unie, trop fade, trop épaisse, le choix de l’étoffe sport de l’été se réduit souvent au natté bleu ou au lin beige. Et bien maintenant, vous avez la laine solaire !

Bonne semaine, Julien Scavini

Aux couleurs de l’Union Jack !

23 juin 2014

Récemment, je faisais une recherche sur Albert Golberg, créateur de Façonnable et qui se consacre maintenant à sa nouvelle danseuse, Albert Arts, une marque implantée à Nice, sur la côte d’Azur. Albert Arts propose comme j’ai déjà pu l’évoquer ici et là, des articles de grande qualité. Mais surtout des articles hyper brandés et reconnaissables par l’utilisation d’une palette de couleur extrêmement restreinte : les couleurs de l’Union Jack, qui sont déclinées à l’envi. Ces couleurs sont au nombre de trois : rouge, blanc, bleu.

Vous connaissez depuis longtemps ma passion pour les harmonies de couleur. Le bleu reste la couleur la plus masculine qui soit. A partir d’un bleu de prusse ou d’un bleu marine, par adjonction de blanc, il est possible d’obtenir des nuances plus claires, pétrole ou azur par exemple. Tous ces bleus s’associent entre eux à merveille, chinos marine avec chemise ciel, complétés parfois par des souliers en veau-velours cobalt ou une veste en seersucker rayée barbeau.

Bref, Albert Arts use et abuse du drapeau anglais qu’il plaque sur beaucoup de ses créations. Par là, le ‘petit’ façonnier de Nice se rappelle l’âge d’or de la promenade des Anglais. L’Union Jack fait symbole et il n’est pas le seul à l’avoir compris : Hackett et Barbour au Royaume-Uni utilisent la même tactique, de même qu’un nombre très impressionnant de couturiers. Certains utilisent l’emblème par attachement conservateur, pour véhiculer un idéal de qualité et de respectabilité, distillant par là même un esprit tailleur, celui de Savile Row et Jermyn Street. D’autres en revanche le dérobent dans un esprit pop, libéral et novateur, détracteur ou rebelle aussi. C’est l’Union Jack de l’esprit rock, des Beatles et du renouveau post-industriel.

gilet rouge

La maison de Nice se situe certainement plus dans la première catégorie. Et à partir de ces trois couleurs tisse un véritable dialogue de nuances. Les cravates, la plupart du temps magnifiques alternent marine et rouge avec marine et blanc. Les tonalités se croisent et se conjuguent donnant à l’ensemble des produits proposés une véritable homogénéité. Qui plus est dans une gamme masculine. Je loue cet effort qui est fait. Au fond, pourrait-on dire qu’en dehors du bleu et du blanc, point de salut ?

Ceci étant dit, il convient de remarquer le rôle pivot du rouge dans cette dialectique. Une couleur pas évidente car parfois criarde, en tous cas toujours forte. Une cravate rouge ou une paire de chaussette rouge, cela réveille et parfois choque. Tout autant qu’un pantalon rouge, sans parler d’une veste rouge ! Une couleur à laquelle beaucoup d’hommes préfèrent le violet, plus discret.

Je voulais vous faire part de ce court sentiment après avoir vu la photo d’une mise avec un gilet rouge, superbe ! Cette touche de couleur rehaussait toute la mise, sport d’ailleurs. Elle l’égayait et lui donnait une vraie personnalité. Sans être de trop, l’ensemble parait à la fois classique et légèrement désinvolte.  Enfin, je souhaitais parler de l’Union Jack pour faire remarquer et pour s’amuser du fait que les couleurs de notre drapeau – étant l’exact inverse, bleu, blanc, rouge - sont bien moins souvent placardées sur les vestes que le drapeau de l’Union !

Bonne semaine, Julien Scavini.

La saison des mariages, partie IV

31 mars 2014

Suite et fin des diverses possibilités pour s’habiller à SON mariage et ce soir pièce incontournable : le costume gris. Le mariage est l’événement formel par excellence, rare par définition. Le vêtement absolu (et rare) en terme de style reste d’abord et avant tout la jaquette. La jaquette est constituée d’un vêtement long (jusqu’aux genoux) de forme caractéristique (rond sur le devant et un bouton), principalement noire ou grise, que l’on associe avec un pantalon noir rayé de gris et de blanc (au dessin caractéristique la encore) et un gilet gris clair ou de couleur. Pour plus d’information, cet article fait le point sur le sujet.

Un client m’interrogeait récemment sur le porte de la veste longue, genre redingote. Comme il me dit, c’est la proposition incontournable des vendeurs ‘marieux’, et comme il me dit aussi : « c’est toujours d’un goût douteux ». J’étais d’accord. Il s’agit là d’une invention contemporaine, batarde du point de vue du style. Si l’idée découle des redingotes droites du début du siècle, l’esprit ici est radicalement différent, et totalement déguisé. A la limite, tant qu’à être mal fagoté en ‘costard’ dans la vie de tous les jours, autant l’être aussi à son mariage. Non, ce vêtement est idiot, surtout en écru brillant comme il est possible de voir dans les vitrines. Si l’on veut un vêtement long, alors il faut se tourner vers la jaquette. En plus, si l’un comme l’autre se portent peu, vous pourrez reporter la jaquette à d’autres mariages, alors qu’il serait saugrenu de reporter une redingote blanche ailleurs (et même à votre mariage).

Bref, si vous trouvez la jaquette un peu trop formelle et pas pratique (car il est vrai qu’il est difficile d’arriver au bureau dans une telle tenue), l’alternative courte serait le costume gris ou anthracite. Je passe volontairement sur le ‘stroller’, qui paraitra décalé aux non initiés.

Je trouve le costume gris légèrement plus formel que le costume bleu marine à un mariage. Peut-être pour le côté plus éteint, moins lumineux que le bleu. Un bel anthracite, peut-être à chevrons fins comme pour les jaquettes peut être du plus bel effet, avec une chemise blanche et des souliers noirs. Là encore, le gris du costume appelle plus logiquement le noir aux pieds.

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Ce costume peut être trois pièces aussi. Trois pièces sur même tissu, trois pièces avec un gilet du même tissu mais d’une teinte plus claire, ou encore trois pièces avec un gilet dépareillé. Trois écoles se font face.

J’ai réalisé l’année dernière pour un client un complet gris moyen, dans une belle laine froide, lourde mais avec un veston non doublé. Avec, nous avons décidé de réaliser un gilet droit dépareillé, bleu ciel à fines rayures blanches : un tissu de costume, une laine froide là encore, sélectionnée dans une autre liasse. J’étais interrogatif lors du choix – du client – mais conquis par le résultat. L’ensemble était léger et très agréable et le rappel de bleu et de blanc faisait écho à la chemise et à la cravate.

Cet année, j’ai guidé un client vers un costume gris uni, d’une coupe relativement simple (deux boutons, deux poches horizontales) associé à un gilet croisé. Ce gilet, plutôt que de batailler des heures à trouver un autre tissu coloré, nous l’avons simplement réalisé dans le gris clair, juste à côté dans la liasse. Sans complication, mais avec un rendu exceptionnel. Ainsi, le complet n’était pas chargé et juste assez formel pour cet événement. Passé le mariage, le costume intégrera la vie de tous les jours et le gilet pourra ressortir à l’occasion de baptêmes ou fêtes de famille. D’une pierre, deux coups.

Je souhaite qu’avec ces diverses propositions, ce long chemin pour les non initiés paraitra plus simple et plus agréable à parcourir. Retenez une chose de ces articles. Il ne sert à rien de vouloir absolument faire de l’effet à votre mariage. Vous êtes le marié, tout le monde le saura. Et le simple fait de pousser la porte d’un tailleur donnera déjà à votre costume assez de cachet et une allure remarquable. Cela suffit.

Bonne semaine, Julien Scavini

La saison des mariages, partie III

24 mars 2014

L’une des difficultés des cérémonies de mariage, c’est qu’il a parfois lieu en deux temps, civil puis religieux, avec quelques jours ou mois d’avance. C’est par exemple le cas d’un de mes clients, qui se marie religieusement assez tard au mois d’aout, mais dont la cérémonie à la mairie a lieu au mois de juin. Vous me direz, où est la complication : costume les deux fois et costume identique. Et bien ce n’est pas si facile. Car il faut aussi compter avec la mariée, qui en toute logique garde la grande robe blanche pour l’Eglise. Les tenues pour le mariage civil sont plus sobres. ll est alors possible pour le marié de recourir à un simple costume de travail, que l’on aura mis au pressing avant, avec des souliers simples que l’on aura bien ciré également.

Dans le cas qui nous intéresse ce jour, ce mariage civil aura lieu à la campagne, dans l’arrière pays Varois. Il pourrait faire chaud, très chaud. Et l’idée d’un costume ne plaisait qu’à moitié. Son père quelques années auparavant et dans les mêmes conditions, avait porté un costume de coton beige puis un costume bleu marine. Mais il est rare que les fils fassent exactement comme les pères.

Nous avons passé en revue une grande quantité de tissu à la quête d’une idée. Pour ma part, je me souvenais d’une mise portée par le personnage de Peter Campbell dans la série Mad Men, lors d’une garden partie à l’occasion d’un mariage (S03E03). Le rapport était immédiat dans ma tête grâce à ce détail. Le blazer était marron et le pantalon bleu pétrole. Cravate fine très années 60 et petits derbys marrons foncés. L’ensemble était harmonieux. Seulement les tonalités étaient fortes, alors que la robe de la mariée sera claire. Dans un cadre champêtre, cela nous a paru déséquilibré.

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Nous avons également essayé d’inverser l’ensemble, souliers marrons et pantalon marron, le haut bleu (chemise + cravate + veste). Là encore, l’ensemble semble à la fois foncé et trop tranché (marron en bas, bleu en haut). L’avantage d’un pantalon bleu marine au milieu est de séparer deux masses de marron : souliers et veste.

Mais plus nous avancions plus la veste marron nous semblait fade. Le marron est une couleur formidable, qui dans une mise à l’italienne est facile et complète admirablement le bleu marine et les souliers en veau-velours tabac, mais qui en veste est assez ennuyeux. Une belle idée sur le papier mais une mise en œuvre plus difficile. J’en possède une mais ne suis jamais très enthousiaste à l’idée de la mettre. Le côté terreux sans doute. Alors qu’un ocre ou une teinte chamois est superbe.

Nous aurions pu pencher pour une veste sable précisément, et un pantalon bleu marine, mais pour le coup l’ensemble nous parut déséquilibré. Car les mises dépareillées doivent être équilibrées. Teintes foncées ensemble, ou teintes claires ensemble, ou tonalités se faisant écho etc.

Devions nous revenir au costume? Non. Nous trouvâmes bien un caviar bleu tirant sur le beige, mais il était à la fois trop lourd pour l’été et trop gris vu de loin. Car il faut penser à tester les échantillons à diverses distances.

Finalement, nous nous arrêtâmes sur un coton sable pour le pantalon. Une matière lourde (360grs) avec un joli tombé. Et pour la veste, nous avons sélectionné deux tissus bleus, l’un bleu piqué de beige assez clair et l’autre natté bleu plus franc. C’est moi qui choisirai, le client n’en pouvant plus au bout d’une heure et demie de choix cornélien. Il y a un moment où le tailleur reprend la main, que lui laisse courtoisement son client en toute confiance. Et j’ai toute confiance dans les deux choix. Il me reste donc à choisir :)

Bonne semaine, Julien Scavini


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