Archive for the ‘Jaquettes et pièces à taille’ Category

Tenue de marié / et de tous les jours

23 septembre 2013

Un lecteur m’écrivait récemment pour avoir des précisions sur les tenues de marié réutilisable par la suite. Car évidemment, la jaquette n’est pas le vêtement le plus versatile. La mienne dort sagement dans la penderie depuis des mois et pour encore de longs mois. La jaquette c’est beau, mais en effet, c’est assez peu pratique au bureau ou dans le bus.

Comment faire alors ? J’ai quelque fois eu à traiter cette question avec des clients. Voici quelques pistes. En général, la solution se présente parmi d’autres solutions, pas de bonne ni de mauvaise. Et du coup, une bonne décision :

1- ne doit jamais être prise avant une analyse rationnelle et approfondie de la question (ICI :) )

2- suppose un choix entre des solutions différentes.

Premièrement la couleur. Suivant votre goût, le bleu marine et le gris sont de bonnes réponses. Le bleu marine a l’avantage d’être toujours plus lumineux que le gris, à tonalité identique. Dans les gris, ils sont tous bons. Seulement, l’anthracite sera peut-être plus formel. Un gris moyen pourrait être indiqué pour l’été. Attention toutefois au gris trop clair car vous seriez pâle sur la photo de mariage en noir et blanc. Il faut quelque chose qui tranche visuellement du blanc de la mariée.

Deuxièmement, costume 2 pièces ou 3 pièces ? Encore une fois, question de goût. Notons seulement que si la veste est assez belle, avec un revers particulier par exemple et que le mariage se tient l’été, le gilet peut être abandonné. Si la veste est plus sobre, alors un gilet ira très bien.

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Continuons sur ce sujet. La veste doit-elle avoir un, deux ou trois boutons ? La encore, il n’existe pas de solution claire et votre avis seul comptera. J’émettrai juste qu’une veste deux – voire un bouton à l’instar de la jaquette – dégagera plus de place pour le gilet et/ou la cravate.

Le gilet donc. Vous pouvez le choisir du même tissu que le costume. Le résultat est un vrai trois pièces. Vous pourrez réutiliser le gilet l’hiver au travail ou dans le cadre de soirée ‘habillée’ par exemple. L’autre solution est le gilet dépareillé. Croisé ou droit, là encore, question de choix, il peut être réalisé dans un tissu différent ou seulement plus clair. Par exemple pour un client, j’ai réalisé en complément d’un costume gris moyen un gilet dans un fine laine bleu ciel rayée blanc. L’effet était très réussi. Vous pourriez également opter pour un gilet de lin lilas ou plus osé, un gilet en soie avec des motifs stylisés. Ce gilet dépareillé sera la pièce phare du costume. Certes vous ne pourrez pas le remettre facilement, mais il restera comme l’empreinte de votre tenue, un petit reliquat au fond pas très couteux.

Si l’on étudie d’autres petits détails, il y a la question du revers de la veste. Le cran sport est évidemment le plus répandu et tout va avec. Mais un beau col à pointes peut aussi donner du cacher à une tenue, surtout si vous ne portez pas de gilet. Comme sur l’illustration, un costume bleu marine à col pointe avec une belle chemise bleu très pâle et une fleur à la boutonnière (fleur que les témoins et pères peuvent aussi arborer, pour unifier la cérémonie) peut être très sobre. Les poches peuvent être horizontales ou légèrement penchés, qu’importe la encore.

Enfin, le pantalon de ce costume n’arborera pas de revers et les souliers seront noirs, surtout ! J’espère que cela vous aidera.

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Bonne semaine, Julien Scavini

Le mariage (MàJ 1)

16 juillet 2012

Ce soir, je vous retranscris un article d’un vieux numéro d’Adam des années 60. La partie I ce soir, l’habit. Par Jean Laury.

"Non! Non! Il ne s’agit pas ici de guider le choix de votre coeur : fut-il désastreux, c’est votre affaire. Mais de vous conseiller vestimentairement, ce qui nous regarde. ‘Adam’ maintient avec ses lecteurs – et avec plaisir – un contact épistolaire permanent. Il reçoit presque chaque jour des lettres anxieuses concernant la tenue dans laquelle on doit se présenter devant le maire et le curé. Ces lettres témoignent parfois d’un tel embarras qu’elles laissent à penser que l’amour et les usages sont incompatibles pour les uns – que les autres ayant organisé leurs finances pour prendre femme en sont, de ce fait, réduits à ne plus pouvoir s’acheter une paire de souliers, ni de gants !

Dès 1950, nous avons édité un petit livre – précisément intitulé Mariages et toujours en vente 4, rue de la Paix – où nous nous sommes efforcés de résoudre a plupart des problèmes ‘des fiançailles au voyage de noces’. Aujourd’hui, nous allons d’abord passer le marié en revue, de la tête aux pieds, avant de le laisser monter en voiture pour s’aller mettre l’anneau au doigt … et la corde au cou !

L’habit

A la belle époque, et même après, tout grand mariage comportait un long cortège d’habits : époux, parents, témoins et proches. Aujourd’hui, il n’y a presque plus de cortège, mais encore des gens qui se marient en habit : c’est exactement la tenue de soirée de gala, adoptée quelquefois par les deux pères et témoins. Ou alors il faut renoncer à la formule.

  • L’habit s’accompagne du chapeau haut-de-forme, mais dût-il claquer des dents, par -10°c, le marié sort de l’église sans endosser son manteau.
  • La boutonnière d’habit du marié s’orne obligatoirement d’une fleur blanche. Précisons :  le gardénia. Mais cette fleur étant – presque – introuvable entre janvier et septembre, on la remplacera alors par un œillet blanc. Les parents, les témoins arborent un œillet blanc pas trop volumineux type ‘œillet de Paris’.
  • Les décorations sont absolument incompatibles avec une fleur. Choisissez. Elles sont exactement les mêmes sur l’habit que celles portées à la ville : rubans et rosettes. A moins qu’il ne s’agisse d’un mariage officiel, où figurent des personnes de marques : on fixe alors au revers, la barrette des réductions.
  • La chemise du marié, dont il n’aura pas le temps de changer, entre la cérémonie et la réception, doit, avec confort, résister à la cassure, hâtée par les agenouillements de la messe. On fait, pour éviter ce petit drame, des chemises d’habit demi-souples, qui demeurent impeccables jusqu’à ‘l’ouf, enfin seuls‘…
  • Les souliers du marié en habit sont tout simplement les classiques vernis à lacets. Ses gants sont blancs : agneau glacé ou peau chamoisée.

Par ailleurs, aucune fantaisie n’est admise dans la coupe du vêtement d’apparat. Pour cette cérémonie, il reste conforme à sa ligne classique : revers pointus recouverts de soie. Les parents et les témoins pourront être soit en habit, soit en jaquette, à la condition de s’entendre préalablement pour donner une unité au cortège.

  • Le pantalon est assez étroit et tombe droit sur la chaussure, en veau verni.
  • La chemise est à plastron empesé nid d’abeille ou unie, à col cassé et manchettes empesées, cravate papillon blanche en fine batiste ou nid d’abeille, de forme classique ou à bouts pointus.
  • Le gilet est blanc en piqué de coton nid d’abeille.
  • Chapeau haut de forme brillant (alors qu’il est mat pour accompagner l’habit le soir).
  • Les gants sont blancs, en chevreau glacé ou suède.
  • Pochette blanche en fil de main.
  • Chaussettes en soie noire.

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La jaquette

C’est actuellement (toujours dans les années 60 ; article extrait d’Adam, note de Stiff Collar : *) la formule préférée, bien qu’elle pose, pour certains, un problème pécuniaire.

  •  Sur la jaquette, le Président de la République fut-il présent, on ne porte ses décorations qu’en rubans et rosettes. Si l’on n’a pas – ou que l’on ne porte pas – de décorations, le gardénia est remplacé par l’œillet blanc pour le marié, rouge pour les autres, à l’exclusion de toute autre fleur.
  • La chemise chemise, à col cassé (* non représenté dans le dessin, où j’ai préféré le col turn-down) à poignets empesés (* plutôt single cuff je pense), peut être à plastron souple, si la cravate est également plastron : ce qui cache cette mollesse. C’est la formule que nous conseillons, pour son élégance et sa commodité. La cravate plastron (* ce que l’on appelle à tord maintenant la lavallière (la lavallière étant autre chose))  est obligatoirement grise. Le choix du tissu, limité, se porte sur de fins motifs ton sur ton ou noirs, des diagonales, des chevrons. La régate (* la cravate moderne, celle de tous les jours), toujours grise, unie, bien sûr, s’étale sur le plastron de chemise dur.
  • Le marié en jaquette se coiffe d’un tube. Ses gants sont de peau chamoisée grise. Ses chaussures basses, noires, cirées, comportent un empeigne rigoureusement unie. A la campagne (grands mariages hors-Paris) on note une certaine faveur pour la jaquette claire et – gaieté – le haut de forme gris.

Aucune erreur n’est tolérée dans cet ensemble. Il obéit à la loi stricte de la tradition, résumée ci-dessous :

  • La jaquette est gris marengo, légèrement pincée à la taille, les basques s’arrêtant au-dessus de la pliure du genoux. Les revers sont à cran pointus.
  • Le pantalon peut être uni ou à petits chevrons ou à rayures sur fond gris. Il tombe droit sur la chaussure sans cassure et sans être relevé, bien entendu.
  • Le gilet est croisé de préférence, est en toile bis ou en lainage gris clair ou beige.
  • La chemise est blanche et comporte, pour le marié, un col cassé et manchettes empesées (* pour le col, c’est à voir).
  • Tous les membres du cortège doivent avoir un chapeau haut de forme brillant.
  • Pochette en fil de main.
  • Gants gris clair en agneau velours ou en chevreau
  • Chaussettes en soie noire.
  • Chaussures noires cirées, unies.

* PS: j’ai dessiné la lavallière portée avec un col de chemise classique. Hérésie ou pas ? Je m’interroge encore. De toute manière, le col cassé n’est beau que lorsqu’il est véritable, c’est à dire faux et rattaché. Donc introuvable.

La tenue militaire

J’ai ouï dire qu’un officier de dragons, avant 1914, avait eu maille à partir avec les Suisses de la Madeleine : il entendait gardait sur la tête son casque à crinière pour monter à l’autel ! (* tiens, qui sait quand et pourquoi les gardes Suisses de la Madeleine ont disparu ?) Aujourd’hui, les gens d’armes revêtent ce que l’on pourrait appeler la petite tenue. Mais parcequ’ils portent le sabre, ils entrent et se tiennent durant la cérémonie, du côté de l’Évangile, contrairement aux civils auxquels est dévolu le côté de l’Épitre. Ceci vaut pour la famille et les amis. Et c’est le bras droit que l’époux, pour sortir, offre à son épouse.

* intéressant détail n’est-il pas? Bonnes vacances pour les chanceux qui y sont déjà. A la semaine prochaine pour le dernier épisode.

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Dernier épisode aujourd’hui, toujours la retranscription d’un article d’Adam des années 60, par Jean Laury. Note de Stiff Collar, avec une * .

Le costume de ville

Si l’on choisit cette formule, la plus simple, du moins faut-il la soigner d’autant mieux : complet foncé, bleu marine de préférence, chemise blanche, régate grise (* cravate grise, mais un peu de couleur est accepté maintenant), gants chamoisés de même ton – jamais de beige – chaussures cirées, nues au possible et à lacets, chapeau mou et fendu : chapeau rond interdit. Bref le comble de la sobriété : presque l’effacement !

Enfin, quelle que soit la tenue, la pochette à laquelle le marié a droit, doit dépasser à peine – et non plus en pointe, mais horizontalement. Et en habit, en jaquette, en tenue militaire, en veston, il portera invariablement des chaussettes en soie noire.

Erreurs et vérités

Quant à vous marier en smoking, c’est l’hérésie même du point de vue vestimentaire. En ce qui nous concerne, nous ne serions pas plus choqués par un marié en tenue de chasse, de golf, de ski, que par un marié en smoking ! A moins qu’il ne s’agisse d’un enlèvement au sortir d’un petit dîner en ville. (* du même genre, je rajoute les souliers marrons … se marier en souliers marrons… et puis quoi encore…)

Baiser la main. Doit-on le faire, à la sacristie, pour la mariée ? Bien sûr : ce geste, avec l’appelation de Madame, fait partie de ses nouvelles prérogatives. A tant faire que de salir les gants qu’elle porte, mieux vaut s’y livrer en s’inclinant sur sa main qu’en la lui serrant.

Les chapeaux. On nous pose parfois cette question : soit chez elle, soit dans un local loué, la mère de la mariée doit-elle garder son chapeau ? Sûrement. D’abord parce que le temps lui manque pour remettre sa coiffure en ordre. Ensuite, parce que cela se fait. Si elle porte un immense chapeau qui se cogne à la foule, elle peut tourner la difficulté comme le fit récemment une femme très élégante. En rentrant de la messe, elle avait hâtivement troqué de larges bords contre une étroite coiffure de fleurs, très habillée, qui s’harmonisait avec sa robe et lui permettait de circuler librement, sans collision !

La cadeaux

Ah ! Ces cadeaux ! Les temps ont bien changé, les portefeuilles sont encore plus plats. Mais la coutume admise, chez les gens les plus traditionalistes, c’est le dépôt d’une liste, établie par les fiancés, dans plusieurs magasins, dont les donataires éventuels se communiquent les noms. Cette liste va des porte-couteaux en cristal au plat en argent pour la dinde de Noël et au réfrigérateur. On peut compléter par un service de verrerie, de vaisselle, se décider pour un plateau, des cendriers de table, des tasses à déjeuner, un aspirateur – toutes choses qu’on n’eut jamais osé d’offrir au temps de nos grand-mères. Le tout, c’est d’arriver, pour le choix, parmi les bons premiers : de ne pas se trouver, précisément, devant une liste close, à l’exception de ses deux extrêmes : la vendeuse suggère, alors, tout autre chose, au hasard, lequel  – c’est bien connu – ne vous sert jamais.

Fleur ou décorations

Lors d’un grand mariage parisien, la nationalité suisse du marié posait un problème à la famille française de la jeune fille : le père, grand-pères, frères et oncles de la mariée pouvaient tous arborer une imposante brochette de décorations civiles et militaires. Par déférence vis-à-vis de leurs amis et invités, des beaux-parents suisses, originaires d’un pays ne décernant aucune décoration, tous les français avaient décidé de remplacer rubans et rosettes par une simple fleur à la boutonnière. C’était là un geste de bonne éducation.

Sortie de l’église

Rien n’est plus charmant que la coutume de la haie d’honneur accueillant le jeune couple entouré de son cortège de garçonnets et de fillettes. Cette haie évoquera l’activité sportive de l’un des époux : trompes de chasse, pour les veneurs et chasseurs, avirons, skis, épées, dressés en voûte, composeront un tableau que le photographe immortalisera pour l’album de famille.

Mariage israélite

N’oubliez pas ce tire qui veut que tout assistant à une cérémonie, dans une synagogue, ait le chef recouvert d’une coiffure. Si vous êtes un va nu-tête, on vous prêtera une calotte, mais vous serez certainement plus à votre aise en extirpant de votre garde-robe un de vos chapeaux personnels.  Jean Laury.

Julien Scavini

Le bal de l’X

19 mars 2012

Vendredi soir avait lieu à l’Opéra Garnier l’un des évènements les plus mondains de la saison, le bal de l’Ecole Polytechnique. En avant soirée, j’ai eu l’occasion de regarder de plus près l’uniforme d’un des élèves. L’occasion intéressante d’observer une pièce à taille de plus près ; les tuniques militaires étant toujours captivantes à regarder, avec leur allure rigoureuse et leurs gros boutons dorés.

Alors, faisons un peu d’histoire. L’École Polytechnique fut officiellement créée durant la Révolution Française mais elle reste pour autant associée à l’Empire. En effet, Napoléon 1er lui conféra le statut d’école militaire, obligeant par là l’élite des ingénieurs à servir sous les drapeaux. Notons d’ailleurs que l’ingénierie fut originellement une activité des militaires, plus précisément, le génie. Cela remonte de l’époque romaine, où les ‘ingénieux’ concevaient de l’architecture et des machines, notamment de guerre. Vitruve nous ayant laissé dans son livre le De Architectura une somme de connaissance sur l’époque. Quelques architectes passèrent par l’Ecole Polytechnique, dont Jacques Nicolas Louis Durand, le père du rationalisme architectural. Mais je digresse.

Le 121ème bal ayant eut lieu samedi, ce fut l’occasion de voir dans Paris et son métro des hommes en uniforme, chose assez rare maintenant que nous vivons dans une société relativement démilitarisée. Qui pourrait citer le nom d’un général de nos jours ? Bref, j’ai eu l’occasion de regarder sous toutes les coutures une de ces tuniques, faite d’une épaisse serge de laine noire.

L’uniforme est constitué d’une tunique croisée, à sept boutons dorés, dépourvue de poche extérieure et ceinturée à la taille. Elle se complète d’un pantalon droit à plis avec un triple galonnage rouge en baguette. Les souliers sont des bottines type équestre à élastiques. La chemise possède un col cheminée court et des poignets mousquetaires, sur lesquels sont fixés des boutons de manchette dorés aux armes de l’École. Enfin, quelques accessoires, un bicorne placé dans l’axe du chef, des gants blancs et une épée. Pour parfaire la tenue, un faux col est fixée à l’intérieur du col officier. Mais pour des raisons pratiques, ce faux col est en fait un morceaux de plastique blanc, ce qui donne bien chaud au porteur de l’uniforme.

Et c’est ici la limite de la tradition. Il devient assez hasardeux de conserver la forme d’un héritage sans en préserver le fond. A l’instar de ce col en plastique, la tunique elle-même a subi les affres de la modernisation et est maintenant dépourvue de couture de taille. L’effet est moins net, la structure est rigide et non pas fluide comme peuvent l’être les pièces ajustées. Ceci dit, c’est une critique à la marge, l’effet restant assuré ! Le fabricant de ces pièces de série : Balsan, heureusement encore une entreprise française qu’il convient de saluer.

Pourtant, il fut une époque où tailleurs et militaires, notamment cadet de l’X avaient en commun. A l’instar de la médecine où il faut passer une certaine note pour être reçu dans le numerus clausus, il faut à Polytechnique passer la barre du tailleur, c’est à dire une certaine note permettant d’être reçu et par là même de filer se faire confectionner son grand uniforme !

Julien Scavini

Les gants

12 mars 2012

Un client me demandait récemment si je pouvais l’éclairer sur les diverses qualités de gants et lui donner quelques conseils. Je fus bien dépourvu car la bise était déjà venue. Et je n’avais hélas pas de réponse immédiate. J’ai creusé un peu la question, je vais tâcher d’amener quelques éléments de réponse ici, vous incitant à continuer le débat après.

Premièrement, il est nécessaire de porter des gants d’un cuir similaire à celui des souliers : gants noirs avec souliers noirs, gants marrons avec souliers marrons. Dans cette catégorie, on pourrait dissocier gants de cuir lisse et gants de croute de cuir (veaux-velours), à associer chacun avec le même type de cuir de souliers, mais c’est déjà un raffinement. Pour pousser plus loin le bouchon, il serait également élégant d’avoir la même couleur de peau pour la ceinture et le bracelet montre, histoire d’être logique jusqu’au bout. Bon, mais je vous l’accorde, en dehors de l’association de cuirs noirs, indispensable selon moi, il est tout à fait possible de croiser les types de marrons.

Les peausseries ensuite. Le plus courant est le cuir de veau ‘pleine fleur’, c’est-à-dire un cuir non poncé, directement coupé car exempt de défauts. Le veau, car son cuir est fin, ce qui est appréciable pour des gants souples. Il y a également le chevreau ou l’agneau dont les cuirs sont très recherchés. Sinon, la grande masse de production provient de la vache ou vachette, souvent dans des cuirs corrigés, c’est-à-dire recoupés dans l’épaisseur. Enfin, notons le cuir de porc pour des gants de piètre qualité. A l’opposé, le cuir de pécari, sorte de petit sanglier d’Amérique du sud, est très recherché pour ses effets piquetés. Quant à la catégorie des cuirs-velours, ou veaux-velours, elle est vaste. Parfois appelée suédine, ou cuir-suède, ou encore nubuck, elle est suivant les qualités issue d’un traitement par ponçage de l’envers du cuir (la peau côté chair). La profondeur de cette matière, souvent comparée aux flanelles pour les costumes est très appréciable mais vieilli un peu moins bien qu’un cuir lisse.

La façon ensuite. Permettez-moi d’émettre un avis à propos des procédés actuels de fabrication. Je n’en peux plus de voir à longueur de rayons de grands magasins des gants cousus par l’extérieur. Ces modèles sont reconnaissables à leur cousu petit-point sur les bords et une fin de doigt en X. En effet, les coutures sont inversées et se trouvent donc à l’extérieur. Et c’est une fadaise ! Ah mais quelle idée de mettre des coutures à l’extérieur. C’est une simplification des fabricants. Car normalement, cette méthode est réalisée uniquement dans le cas de gants non-doublés, pour que la couture ne soit pas désagréable contre les doigts. A ce moment là c’est chic. Le piqué-bord peut être joli, je le concède, mais il faut qu’il soit logique. Car finalement, il n’existe plus aucune différence entre un gant pas cher et un gant de prix, les deux sont doublés, les deux sont cousus par l’extérieur. Et cela fait des grosses mains. Non, nous voulons de la finesse, de la délicatesse.

Car le raffinement voudrait que l’on recherche la façon la plus délicate, celle où les coutures sont soigneusement dissimulées à l’intérieur sous la doublure, de soie le plus souvent. Cette dissimulation, c’est un art ! J’en veux pour preuve que l’armée de l’air, pour ses pilotes de chasse, se fournie encore à Millau, la ville incontournable pour ce métier (et pour la mégisserie) de gants à la finesse extrême, facilitant la tenue minutieuse du manche.

Et pour finir, quatre liens vers Millau :

Que pensez-vous de cette idée de finesse alors ? Je sais que je ne vais pas être très populaire à dire cela, mais c’est mon crédo : raffinement et délicatesse.

L’illustration de la semaine : jaquette de mariage noire gansée, pantalon de pied de poule (pour un style très 30’s), cravate club comme cela se faisait (et oui) et chemise blanche.

Julien Scavini

L’homme le plus élégant du monde est …

11 juillet 2011

Pour Stiff Collar, l’homme, que dis-je l’être supérieur, le plus élégant du monde est Sa Majesté l’empereur du Japon, plus connu sous un nom qui ne se prononce pas, Akihito. Fils d’Hirohito, il accéda au trône en 1989 et ouvrit alors l’ère Heisei du calendrier administratif nippon.

Récemment, je regardais la chaîne d’information continue NHK World lorsque j’aperçus la cérémonie de remise des lettres de créance des ambassadeurs à l’Empereur et fus saisi par l’implacable netteté des habits au palais de Tokyo. La jaquette, ou morning coat, y est portée mieux que partout ailleurs, à la fois par le personnel et par sa majesté – normal me direz-vous -. Il m’a même semblé que l’esthétique et la rigueur dépassaient de loin celles du palais de Buckingham.

Si les membres de familles royales sont souvent habillés pour le mieux, je trouve que rien ne surpasse en maitrise et en classicisme les mises de l’héritier du Trône du Chrysanthème. Car il n’a pas un physique facile, étant petit, fort et – surtout avec le temps –  légèrement voûté. Il possède également un cou très court. Bref, une physionomie pas évidente à habiller. Et pourtant, et pourtant, quelle prestance! Ses tailleurs ont réussi la gageure de la lui procurer. Même si la précision et le maintien japonnais aident beaucoup.Ces trois tenues que j’ai dessiné ce soir représentent un peu la quintessence de son répertoire. Il pourrait être aisé de rapprocher celui-ci de la garde robe d’un autre royal gentleman, le duc de Windsor, frère ainé abdicateur de George VI. Ils ont un peu les mêmes physiques courts et se ressemblent en jaquette. Mais au japon, point de motifs bariolés, point de vestes sport.

Trois tenues donc. A la ville, il me semble qu’il porte systématique le costume veste croisé sur pantalon large et droit. Ses vestons sont coupés sur deux boutons fonctionnels. Ce qui passerait pour un vieux croisé des années 80 prend ici tout son sens et augmentant le V des revers. Additionné à une veste courte, cela fait oublier sa taille. Et il ne se sert pas, malgré son rang ô combien important, de talonnettes comme M. Sarkozy.

Le costume d’apparat est aussi issu d’une tradition britannique. Il est d’ailleurs marquant de voir à quel point les codes anglais ont été intégrés à la culture japonaise, et pas de travers en plus! Costume donc constitué d’une queue de pie portant décorations, à l’instar de nombreuses Maisons européennes.

Enfin, toutes cérémonies appellent le port de la jaquette et là encore d’une divine façon. La couture de taille permet d’épouser les formes au mieux. Le pantalon à rayures, le gilet croisé, les gants, le haut de forme complètent l’ensemble.

J’entends souvent dire que telle ou telle tenue n’est pas adaptée à telle ou telle morphologie. Souvent par excès de pudeur. Tout peut aller à tout le monde pourvu que ce soit revendiqué et évidemment, bien coupé! Nous le voyons ici.

Julien Scavini

Les pièces à taille

17 janvier 2011

L’art des tailleurs s’est patiemment construit au fil des ans, pour arriver à des solutions techniques de plus en plus précises, ne recherchant qu’un seul but : exprimer les formes masculines, en trichant au mieux, pour imprimer aux messieurs une silhouette caractéristique. Cette longue étude a permis au textile, matière molle et sans forme, d’épouser les courbes sans les altérer, notamment le buste et sa taille. L’une des plus formidable réponse trouvée fut la découpe à la taille. Ce répertoire des pièces à taille est relativement mal connu et réduit à une expression très formelle de nos jours. Seules les jaquettes, queue de pie et vestes d’équipage utilisent cet artifice de construction (à voir dans le dessin, à l’envers de la citation).

Les pièces à taille se caractérisent par la présence d’une couture, tout autour du ventre à son endroit le plus resserré, aux alentours du nombril. Pour être correctement réalisées, ces pièces doivent être confectionnées avec art et minutie, en partant du haut. La coupe importe excessivement, beaucoup plus que d’habitude. Le tailleur commence par réaliser le veston haut, appelé corsage, semblable alors à un spencer. Les dos des pièces à taille sont très souvent pourvus de couture en rond vers les épaules. Cela permet d’approcher au plus près des omoplates et de la courbure des flancs.

Une fois que ce haut est validé, que son bien aller est contrôlé, il est possible d’y accrocher le bas. Le plus souvent, celui-ci présente une forme particulière, avec des basques rondes, fuyantes ou arrondies, comme sur les tenues de mariage. Les manteaux de chasse à courre sont plus classiques avec un bas droit, mais le dos est le même, avec une longue fente centrale à partir de la taille, et deux boutons, situés de part et d’autre sur cette ligne. Ils sont souvent la signature de ces vêtements, quelques fois appelés redingote, même si ce terme recouvre une pièce plus précise encore.

Les pièces à taille peuvent arborer une poche poitrine, et plus rarement des poches côtés, qui sont alors logées, sans passepoils, dans la couture de taille.

La disparition progressive de ces vêtements est dû en grande partie à sa difficulté de maîtrise. Il faut en effet placer correctement la taille sur la personne, ce qui exclut très vite le prêt à porter. Par ailleurs, les retouches sont quasi impossibles, que ce soit en ceintrage ou en hauteur. Une telle pièce se construit from scratch disent les anglais. Par ailleurs, même les tailleurs ne maîtrisent pas tous cet art difficile, qui prend surtout du temps, et beaucoup il y a encore quelques années envoyaient leurs clients chez Avilla ou Latreille, qui effectuaient les opérations de coupe avec maestria.

Julien Scavini

Frac contre smoking dans les 60’s.

21 juin 2010

Cet article est extrait du très célèbre magazine masculin ADAM n°262, décembre/janvier 1960/61, aux éditions Condé Nast. J’ai tout à fait apprécié le ton du journaliste (non crédité) à propos d’une soirée parisienne. Il fait suite à la série d’articles sur le frac et le smoking. L’occasion de vous le retranscrire, et de l’illustrer:

"Faut-il le déplorer? L’habit perd pied dans les soirées parisiennes. Le gala de la première représentation de l’International Ballet du marquis de Cuevas justifiait pourtant le port du frac dans le magnifique théâtre des Champs Elysées. Mais les smokings y étaient représentés dans une proportion de 99%. Le marquis lui même était en smoking, alors ses invités se sentaient parfaitement dans le ton. Où est-il, le temps où les habitués de la Salle Garnier ne pouvaient se rendre à l’Opéra autrement qu’en cravate blanche, manteau noir et haut de forme mat? On ne les compterait même pas sur les cinq doigts d’une main lors des soirs habillés actuels. Il faut la présence du chef de l’État pour un gala donné en l’honneur d’un hôte illustre, de passage, pour que réapparaissent les habits – sur lesquels les brochettes de décorations jettent leur éclat coloré. Mais alors combien on s’attristera, lors de l’entrée du théâtre, en voyant nos contemporains gravir les marches de l’escalier d’honneur sur lesquelles les gardes républicains – eux, en grande tenue – saluent de l’éclair de leur sabre les hautes personnalités, vêtues de manteaux de pluie, trench-coats, pardessus beiges en poil de chameau, contrastant si pauvrement avec les visons, les brocarts, les soies des riches manteaux féminins. que de va-nu-tête! Que de gants maculés (bien sûr, le chevreau ne s’accorde guère au contact  du volant). On ne voudrait pas être, ici, censeur impitoyable et grogner une fois encore sur l’évanouissement des traditions d’élégance. Pourtant, que diable! un manteau noir n’est pas un luxe! Il peut être en vigogne, en cachemire, mais aussi en drap d’honnête qualité ; il devient alors à la portée de toutes les bourses."

Julien Scavini

Du côté du board: le stroller

11 janvier 2010

S’il est une tenue aussi formelle qu’inusitée, c’est bien du stroller qu’il s’agit. Ce complément du smoking se porte le jour uniquement, et se distingue ardemment du complet de ville. Totalement tombé en disgrâce, cet ensemble n’en demeure pas moins intéressant, complétant  admirablement le vestiaire de gentlemen, pour toutes les occasions où vous souhaiterez remiser votre costume, pour un vernissage ou même le mariage d’un ami.

Il se constitue d’un veston droit à un bouton (certaines fois deux ou trois) sombre voire noir, d’un gilet, droit ou plutôt croisé en gris clair (ou coordonné sur le veston), et surtout d’un pantalon à rayures, du même type que celui que l’on porte avec la jaquette. Il partage d’ailleurs ces codes avec le morning coat, à la différence que l’habit à basques longues est remplacé par une veste courte.

Ce vêtement a eu une histoire courte, notamment chez nos amis grands bretons où il est appelé Black Lounge, ne trompant pas sur sa couleur. Les américains qui le nomment stroller ont véritablement fait perdurer son usage, comme les japonnais pour qui le director’s suit représente l’élégance suprême des membres de conseils d’administration. Quant à nos amis germaniques, l’ancien chancellier Gustav Stresemann a donné son nom à cette version plus pratique du morning coat.

L’association du veston droit avec le pantalon formel à rayures constitue le stroller. Son usage diurne comme tenue semi-formelle a pris le pas de nos jours sur son ancien usage par les majordomes et autres employés de direction. Interressant pour changer du costume, n’est-il pas?

L’ancêtre des habits et son sousbressaut

24 décembre 2009

Suite à l’article sur les habits formels, voici deux exemples, l’un préfigurant ces vêtements contemporains, l’autre figurant son héritier le plus direct:
Le premier est donc la version originelle, présentée ici dans la mode de 1830, peu avant l’intronisation de la reine Victoria. C’est l’habit qui a donné à Beau Brumel la base du costume contemporain, raccourcit par rapport à cette version du "frac", caractérisée par sa coupe courte et horizontale à la taille. Ces ensembles étaient la plupart du temps en lainage, voire en velours de soie, avec un col châle très imposant, très rembourré, recouvert de fourrure ou de velours… Le col de chemise était haut, et entouré d’un ancêtre de la cravate lavallière. La coupe du frac était croisée, sur de nombreux boutons. Le dos présente par ailleurs en quatre partie, avec une couture courbe, parant de la taille et mourant dans les homoplates aux manches. Deux boutons sont présents dans le dos, pour placer une martingale (et même un détail plus ancien: une sorte d’étuis, de trousse de gens d’armes, analogue aux ‘bananes’), deux boutons qui sont conservés dans les queues de pie d’aujourd’hui, en ayant perdu tout usage…

Le pantalon était très serré, maintenu en bas par des passants entourant le soulier sous la semelle (plutôt des bottines à l’époque). Le pantalon était d’ailleurs si près du corps qu’il marquait fortement l’entrejambe, donnant, d’après la légende, l’idée au prince Consort de se faire poser un percing sur le sexe pour tendre le dit attribut avec une ficelle, percing toujours appelé ‘prince Albert’…

La version la plus contemporaine de cet habit est la tenue de cavalier, très représentée dans les conventions équestres. Le frac conserve sa forte croisure, mais avec un cran aigu cette fois-ci. Il est complété par un gilet et une culotte de cheval (la bien nommée) réalisée dans un lainage fort, de type cavalry twill ou whipcord. La lavallière complète toujours l’ensemble. Les pans intérieurs de la queue de pie sont recouverts de cuirs, pour éviter que la sueur acide du cheval n’abime le lainage, cuirs qu’il faut changer tous les deux ans en moyenne, à l’instar des ensembles de chasse à courre.

Un de ces habits de cavalier est actuellement exposé dans le hall de l’Association de Formation Tailleurs, avenue Victor Hugo dans le 16ème.

Les habits formels

21 décembre 2009

Suite à de nombreuses demandes concernant le sujet des habits, voici ce court article pour clarifier les idées sur les noms et les formes de ces pièces bien souvent oubliées du vestiaire contemporain.

La confusion provient le plus souvent de la complexité des noms, entre dénomination anglo-saxonne et française. Je donnerai donc les deux pour être bien sûr que tout le monde comprenne. Commençons d’abord par les habits de soirées:

- Le premier est l’habit de soirée par excellence, réservé aux grands bals et aux soirées d’ambassadeurs, éventuellement aux premières d’opéra, mais c’est plus que rare. Son nom français est : habit ou frac ou queue de pie, ou encore cravate blanche. Son nom anglais est : frack (avec un k) ou white tie. Le veston arbore des revers de soie, à crans aigus et ne se boutonne pas à la taille (forme analogue au spencers). On le porte généralement avec un chapeau haut de forme et des souliers richelieus noirs. Le pantalon arbore deux galons parallèle sur le côté. La chemise est généralement une popeline empesée, pourquoi pas plastronnée, à col cassé. Le nœud papillon et le gilet sont en piqué de coton ou marcela blanc. Le gilet a un quadruple boutonnage bas et est très échancré, avec deux revers plats. Les gants blancs complètent la tenue. MAJ: le gilet en marcela ne doit pas dépasser du veston bien évidemment (ce qui est rare sur les nombreuses illustrations google). Le port de bretelles s’impose aussi pour soutenir le pantalon en place.

- Le deuxième est le plus connu: le smoking en français, ou dinner jacket en anglais, autrement appelé black tie (cravate noire). Exclusivement réservé à l’origine aux diners intimes (à la différence des diners d’État ou de grandes réceptions en queue de pie) d’où son nom, il est aujourd’hui une tenue de soirée de bon ton. Je renvoie à l’article sur les smoking pour plus de précisions. Le pantalon arbore un galon sur le côté. On le porte plutôt avec une chemise à col turn-down sur le continent, en popeline blanche, avec les boutons cachés éventuellement. Le nœud papillon est noir. Les souliers peuvent être des richelieus noirs vernis, ou des mocassins à gros nœud de soie noire, appelé opéra pump en anglais.

Ces jaquettes sont identiques dans la forme. Les anglais la nomment morning coat. C’est l’habit par excellence des matins londoniens de l’aristocratie et des courses à Ascot. Il se porte soit avec un haut de forme, soit avec un melon, gris plutôt. Le nom français est donc jaquette (et non pas queue de pie). Le veston s’attache par une bouton dit jumelle (double bouton à la taille). Les gentlemen peuvent le porter uni ou dépareillé. Le premier exemple fut arboré par le prince de Galles aux dernières courses, dans une version unie, avec gilet croisé, et cravate simple, sur chemise à col blanc. Le deuxième exemple est plus dans la tradition française des mariages, avec un pantalon rayé dépareillé et un gilet de couleur marquée en soie. La cravate lavallière complète la chemise à col lavallière. Les souliers sont le plus souvent des richelieus noirs, mais les bottines sont aussi un excellent choix.

Retenez donc la différence entre queue de pie (frack), pour les soirées royales et les chefs d’orchestres et jaquette (morning coat), pour les mariages et les courses. Leurs usages ne sont pas du tout identiques et il serait fâcheux de se tromper. N’hésitez pas à sortir ces vieux classiques pour vos événements familiaux de fin d’année (la queue de pie plutôt) ou vos mariages (la jaquette alors), ce sera du meilleur effet, sans que vous ayez besoin de vous mettre la tête au court bouillon pour trouver un vêtement dont le goût sera fortement discutable du point de vue de l’élégance.

MAJ: vous souhaitez trouver ces articles dans le commerce? Il faudra trouver la bonne crèmerie alors… Hackett propose de beaux Morning Coat et Brooks Brothers de sympathiques Frack. Old England peut vous venir en aide, comme d’ailleurs le service mesure industrielle de Handson…


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