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La couleur des pantalons et des souliers

2 mars 2015

Commencer à assembler une garde-robe raisonnée demande un peu de réflexion, sur ses propres usages en particulier. Être majoritairement au travail en costume ou au contraire en décontracté change la donne. Si vous n’avez pas besoin du costume pour tous les jours, acheter quelques bons pantalons est important. Mais par quoi commencer?

Du point de vue anglais, le pantalon dépareillé est par essence gris. Le pantalon gris est le complément indispensable des vestes en tweed et des pullovers. C’est la tenue idoine pour toutes les occasions informelles. Le pantalon gris peut aussi faire moins british s’il est associé avec un pull anthracite ou noir et des souliers noirs. Il devient alors plus urbain, bon chic bon genre. Avoir plusieurs tonalités de gris est envisageable et souhaitable, anthracite, gris moyen, gris clair. Avec, aucune erreur, vous serez toujours le ton.

Si vous allez un peu au delà de ce raisonnement sur la couleur, vous pouvez aussi imaginer des pantalons gris dans des matières plus saisonnières. Par exemple un pantalon gris moyen en flanelle pour l’hiver et un autre gris clair dans une laine froide très légère. Non pas que le clair soit réservé à l’été et le foncé à l’hiver d’ailleurs, une flanelle presque blanche peut créer des accords merveilleux avec le tweed durant la saison froide.

Au delà du gris, vous pouvez acheter un pantalon bleu marine. Comme je l’avais dit il y a quelques temps dans un article consacré au sujet, il remplace merveilleusement tous les chinos marine. Et en laine, le tombé est bien meilleur. Avec un pantalon marine, vous tenez la pièce passe-partout, à additionner d’un pull aubergine ou gris clair, d’un pull zippé marron etc…

Je recommande aussi la possession d’un pantalon de laine marron, qui est un essentiel simple de la garde-robe aussi. Le marron n’est pas une couleur facile et ne va pas forcément à toutes les peaux. Mais le pantalon est loin des yeux et du visage, la mine apparaitra moins terreuse qu’avec une veste marron par exemple, qui n’est pas facile à manier. Le pantalon marron va très bien avec un pull marine ou une belle veste de tweed, unie ou à carreaux. Réalisé dans un drap de super 120’s, il sera doux et remplacera avantageusement le modèle en tweed qui gratte.

Enfin, le pantalon chino réalisé en toile beige de coton est l’essentiel de presque toute garde-robe. Attention toutefois à choisir un coton avec de la tenue et un modèle avec surtout pas trop d’aisance. Car un chino beige mal ajusté peut vite faire sac à patates. Les pinces sont à utiliser avec précautions à ce sujet.

Une fois ce tour d’horizon effectué, quelle couleur de souliers mettre. Voilà une question passionnante aussi et qui mérite réflexion. A priori, toujours dans une optique classique, le soulier noir ne va qu’avec le costume et n’est pas adapté à une tenue dépareillée. Seulement si vous ne portez jamais le costume et que vous souhaitez tout de même porter des modèles noirs, vous pouvez. Le tout est de faire cela avec chic et allure.

Ainsi, j’ai tenté des associations à ce sujet. J’ai dessiné un pantalon et je propose les couleurs de cuirs qui iraient avec. Cette proposition vaut pour un pantalon seul et pour un costume aussi. Dans un premier temps, avec un pantalon anthracite, le soulier noir va bien. Je ne l’ai pas dessiné mais un soulier en veau-velours foncé est aussi idéal. Avec un pantalon marine, le noir va (si vous portez le costume) et le marron va (si vous portez le costume ou le pantalon seul). L’accord de marine et de marron est difficile aux yeux des anglais. L’accord de marine avec du noir est difficile aux yeux de nombre de mes clients mais pas des anglais. Choisissez votre camp !

ILLUS76aAvec des pantalons gris moyen et gris clair, la chaussure noire continue d’aller, en particulier si vous portez le costume. Si le pantalon est seul avec des souliers noirs, il vaudra mieux jouer une carte plus urbaine en complétant en haut avec de l’anthracite ou du violet par exemple, une couleur sombre. Le marron foncé type bergeronnette est toujours bien vu et le marron clair presque mordoré apparait. Ces souliers très clairs sont maintenant très à la mode. Autant en parler. Ils correspondent au goût actuel pour le mélange très ‘Brunello Cuccinelli’ de gris très clair et de couleur camel. Un engouement italien pour les nuances claires.

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Enfin, avec les pantalons marron et beige, c’est évident, il faut accorder les cuirs dans les mêmes tons. Et je ne parle même pas des souliers burgundy et autres fantaisies patinées.

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Je vous souhaite une excellente semaine, Julien Scavini.

Le pantalon à carreaux

9 février 2015

Il y a quelques années au début du blog, je me souviens m’être intérrogé sur l’usage d’un pantalon à motif, comme le carreau, porté seul, sans la veste. Je trouvais l’idée saugrenue, autant que celle d’un pantalon uni bleu marine. Les années ont passé et mon goût très britannique et très figé dans un carcan de code 1950 a lui aussi évolué. L’âge, mon développement professionnel et la confrontation aux multiples idées soumises par mes clients expliquent peut-être cela.

Quoiqu’il en soit, j’ai pris l’habitude le samedi, le jour du commerce et aussi le jour où je suis le plus en effervescence de m’habiller décontracté. C’est à dire que je ne mets pas de veste. Car lorsqu’il faut se baisser de manière intempestive pour mettre un ourlet en place, ou examiner la longueur d’une manche, la veste n’est pas pratique. Certes, le gilet a été inventé pour cela, mais je n’en ai pas encore assez.

Depuis un certain moment alors, j’ai pris l’habitude de porter un chino bleu marine, une couleur que j’aime, surtout en association avec du marron et du marron veau-velours. Tenue que j’ai renforcée par l’adjonction de paires de bucks blanc et crème que j’ai acheté il y a quelque temps. Car qui dit tenue décontractée ne veut pas dire tenue négligée. J’essaye de cette manière de trouver un style un peu américain 40’s. Seulement voilà, le coton c’est moche. Un pantalon de coton se froisse très vite et fait débraillé. En bleu marine, c’est pire, la couleur fait délavé. Y compris d’ailleurs avec les plus beaux cotons.

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En souvenir d’un monsieur très élégant, mais très simple aperçu dans le métro il y a quelques mois, je me suis alors confectionné un beau pantalon bleu marine lumineux, en laine simple super 120’s. Et dès lors ma tenue du samedi était toute trouvée. Chemise à rayures bengal ou carreaux fins, pantalon de laine bien coupé, richelieu ou mocassin en veau-velours, avec quand il fait froid, un peau pull violet, marron ou beige. Un ensemble un peu italien, j’en conviens.

Et puis, un client est venu me voir un peu avant Noël pour réaliser un pantalon de tartan, type golf, pour mettre le week end. L’idée m’est apparue fabuleuse. En regardant des dessins d’Apparel Arts, toujours disponibles ici, je me suis aperçu que la chose pouvait avoir de l’intérêt.

Le pantalon à motif, prioritairement le carreau, le prince de galles ou le tartan, a de l’intérêt car il est la pièce principale d’une tenue. Car lorsque l’on ne porte pas de veste, il est possible d’être vite fade. Or, le pantalon ainsi réalisé apporte immédiatement un plus. En haut, la chemise peut être unie ou arborer de fins carreaux. Le pull-over est le plus souvent uni. Il n’apporte rien mais peut tempérer le carreau.

Aussi, je trouve que le pantalon à carreaux est le parfait lien vers des souliers de qualité. Il les mets bien en valeur dans mon esprit. La tenue peut être dans l’ensemble à la fois sobre et contrastée.

Car le pantalon à carreaux permet de jouer avec une ou deux couleurs. Il peut être gris avec un prince de galles fenêtré violet, il peut être en prince de galles beige, il peut être en tartan de bleu et de marron, il peut être vert à discrets carreaux rouille, etc etc etc. Vous pouvez ainsi broder autour de ces couleurs, pour faire des rappels sur la chemise, d’autres sur le pull ou le cardigan, d’autres sur le soulier. La variété est importante.

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Enfin, le choix est moins risqué. Car lorsque l’on parle de veste sport, la réalisation sur-mesure est plus complexe que pour une veste unie. Que choisir ? Quel tweed ? Comment se rendre compte de l’effet final ? Le motif n’est-il pas trop fort ? La couleur pas trop criarde? Que de questions que seuls les plus téméraires osent affronter. Alors qu’un pantalon, entre 300 et 400€, représente un risque moindre et une fantaisie calculée.

Bref, j’ai comme vous le voyez sur ce sujet, abandonné mes grands principes anglais. Car au fond, la plus grande élégance de nos jours est une élégance de la situation. Il ne sert à rien d’être endimanché pour être endimanché. Il convient plutôt de faire l’effort maximum suivant son rythme de vie et le milieu dans lequel on évolue. Être un plouc friqué et décontracté en doudoune Moncler est à la portée de beaucoup. Réfléchir à l’accord de son pantalon de tartan avec son chandail William Lockie et ses brogues est autre chose et le résultat sera toujours plus plaisant aux yeux des amateurs, y compris aux plus britanniques !

Bonne semaine, Julien Scavini

La hauteur du pantalon

9 décembre 2013

Evoquons aujourd’hui la hauteur de port du pantalon, sujet récurent et ô combien épineux ! Car au fil des mois, j’ai tout vu : les jeunes qui veulent des tailles hautes, les messieurs âgés qui ne portent plus que des jeans taille basse (pour le ventre), chaque catégorie voulant tester une nouvelle approche pour se sentir plus libre, plus à l’aise. Autant de conversations menées, autant de conseils répétés que je vais essayer de synthétiser dans cet article.

En effet, la hauteur de port d’un pantalon dépend grandement du placement sur le haut des hanches. Et ce point est critique. La recherche de celui-ci est lié au ‘montant’ du pantalon. Le montant, c’est la différence entre la hauteur du pantalon (prise sous la ceinture) et l’entrejambe, c’est à dire la mesure de la couture intérieure.

Commençons par tuer dans l’œuf un mythe : pour un personne donnée, la mesure de l’entrejambe sera toujours la même (sauf pour certains jeans qui se portent tombant). Toujours. Cette mesure ne varie pas d’un pantalon à l’autre. Ce qui varie en revanche, c’est le montant.

Hauteur du pantalon = entrejambe + montant.

coupe pantalon

Si l’entrejambe est invariable, restent les deux autres paramètres. Ce détail ne fonctionne que si l’on porte le pantalon correctement : à savoir la fourche parfaitement placée sous le sexe (si celui-ci est considéré porté au centre, car avant on coupait pour gauche ou droite). Je demande toujours aux clients de porter ‘à sensation’. Si le pantalon ne touche pas, il tombe. Il y a alors trop de tissu dessous, cela rend moche.

J’ai eu quelques fois des messieurs d’un certain âge demandant des tailles classiques voire haute, avec du ventre. A la livraison, le pantalon ne tenant  pas sur le ventre mou (et sans bretelles), le pantalon tombe. Ces messieurs rétorquaient qu’il y avait trop de tissu dessous… Mais ce tissu en trop n’est que l’expression d’un montant haut.

Ceci est un problème assez récurent. Le pantalon dit à taille haute, s’il n’est pas porté avec des bretelles, a une tendance à tomber. Et il y a alors trop de tissu dessous. Un classique du pantalon porté par les américains. Et ce n’est pas une question de mauvaise coupe. Juste de mauvais style.

Avec bretelles, la question ne se pose pas, le montant de pantalon peut grandir indéfiniment. En revanche, avec ceinture, son calcul est plus compliqué. Nous sommes à l’heure actuelle à une époque charnière. Les coupes ayant évoluées et les matières aussi, les pantalons sont coupés plus étroits. Cela entraine une quête compliquée, je pense que vous confirmerez, du bon pantalon ! Car s’il est trop haut, il va comprimer le ventre lorsque vous allez vous asseoir.

Le pantalon taille haute arrive au dessus du nombril, au niveau du ventre ‘mou’. Ainsi, en station debout, pour tenir sans bretelles, il devra être serré, pour tenir à la taille. En revanche, une fois assis, le ventre se relâchant, une désagréable sensation d’étranglement apparait. Trop serré. Et lorsque vous vous relevez, le pantalon tombe car il ne retrouve pas immédiatement la taille. Conclusion, avec une taille naturelle, les bretelles sont obligatoires. Même plus, il doit être un peu ample à la ceinture pour ne pas comprimer. La coupe taille haute s’accompagne souvent d’un pantalon coupé droit, sans rétrécissement au genoux, appelée full-cut. Le dos en arête de poisson rend le port des bretelles idéal.

En dessous de la taille naturelle, il y a les hanches: le haut des hanches puis le milieu du bassin. Ici, l’os ne se relâchant pas, aucun sentiment d’étranglement, le pantalon tient tout seul. Cette façon de porter le pantalon à taille classique ou moderne ( à la différence de la taille naturelle ) apporte un grand confort avec une ceinture. Une impression de taille haute peut être donnée en recherchant finement le point d’appui sur le haut des hanches. C’est la grande majorité des coupes.

hauteurs du pantalon

Pour essayer d’y voir clair, voici un petit comparatif que j’ai dressé permettant de comparer différents montants par rapport à la longueur de la braguette zip. Le montant est en réalité plus long que la seule braguette, mais la variation en plus est presque une constante.

  • Hauteur taille basse : de quelques centimètres à 10cm de zip.
  • Hauteur moderne milieu des hanches : 14 cm de zip.
  • Hauteur classique haut des hanches : 15 à 16cm de zip.
  • Hauteur à la taille naturelle : 18 à 20 cm de zip.
  • Hauteur à la taille haute : plus de 22 cm de zip.

Ces valeurs sont données pour indication sur les tailles intermédiaires, disons du 38 au 46.

Vous le constatez, un pantalon à la fois classique et moderne – la plus difficile des gageures – ne sera pas si haut que ça. Normal, les hanches humaines, plutôt les os iliaque droit et gauche ne sont pas très hauts.

Enfin notons un dernier point. Pour les messieurs avec beaucoup de ventre, le pantalon ne trouve absolument pas sa place sur les hanches et encore moins sur le ventre. Un port haut sans bretelles est à exclure. Deux options restent : soit le pantalon taille basse intégrale, soit le pantalon coupé très en biais. Une réelle difficulté pour le tailleur, mais un résultat qui peut être idéal : une taille classique sur l’arrière et les reins (montant simulé 18cm), une taille basse devant avec un zip de 12 à 14cm sur le devant. Mais c’est pas facile à réaliser !

pantalon gros ventre

Enfin petit point de détail tailleur, la taille des pantalons en France est la demi-ceinture, relevée à la taille naturelle. Quelqu’un avec un taille de 96cm fera une taille 48. Sur un pantalon à la taille naturelle, la dimension de la demi-ceinture sera 48cm. Mais sur un pantalon ‘moderne’, le bassin étant un peu plus large que la taille, la demi-ceinture fera 49cm. Une question – logique – de coupe !

Pantalons en coton d’hiver

18 novembre 2013

Continuons sur la lancée initiée il y a quelques semaines – et ajournée durant le pont du 11 novembre – sur les pantalons de l’hiver. Nous avons ainsi passé en revue les tissus de laine, comme les whipcords et les flanelles, intéressons nous ce jour aux cotons. Ah le coton, la matière presque universelle de nos jours, tant les jeans ont envahi la rue. Mais au delà ce la grosse serge de toile denim, il existe d’autres manières d’utiliser le coton.

A l’inverse de la laine, le coton est plus doux contre la jambe, beaucoup plus doux. C’est son point le plus attractif. En revanche, il froisse beaucoup plus que la laine, son tombé est moins naturel. Problème qui est compensé par sa facilité d’entretien. Un passage en machine est possible, quand la laine exige plus de délicatesse et un recours au pressing.

Pour l’hiver, le velours apparaît comme LA référence. Chaud, moelleux, il se décline en une important variété de coloris, les plus classiques étant le mordoré, l’orangé ‘whisky’ ou le vert sapin. Bien sûr, les bleus marines peuvent être très beaux avec des souliers en veaux velours, dans un accord à l’italienne.

Le velours peut se présenter sous deux formes : le velours lisse, appelé ‘palatine’ qui est totalement inadapté à la confection de pantalons et le velours côtelé, qui nous intéresse ici. Notons que le velours est fabriqué par des métiers à tisser qui exécutent des boucles de fils sur une toile de base. Ces boucles sont ensuite rasées pour faire apparaître le côté ‘poilu’.

A.01 Layout _ LayoutLes velours côtelés peuvent se présenter sous trois formes : les mille-raies, les 750 raies et les 500 raies, appelées grosses côtes. Les mille-raies ne sont pas très raffinées et souvent rejetées par les ouvrages érudits. Mais c’est une question de goût, car ces mêmes ouvrages font l’éloge des 500 raies / grosses côtes. Pour ma part je trouve celles-ci un peu vieillotte, s’avachissant très vite. Mais encore une fois, pure question de jugement personnel. Les 750 raies m’apparaissent plus raffinées… Les velours côtelés font un poids moyen de 350 à 400grs, voire 500 à 620grs pour certaines références. Je rappelle le poids moyen d’un costume : 260 à 340grs.

Après les velours, nous pourrions citer les cotons grattés, type serge lourde. La maison Holland & Sherry en édite toujours de très belles l’hiver. C’est chaud et cela ressemble un peu à une serge peignée.

Enfin le dernier choix, celui des connaisseurs est la moleskine. La peau de taupe en français est une étoffe lourde (450 à 650grs) de coton à l’aspect peau de pêche. C’est l’un des must-have de l’hiver. Disponible dans une grande variété de coloris, la moleskine est très chaude, très moelleuse et garde surtout sa forme. Si les chinos en coton froissent facilement, le poids de celle-ci lui donne un tombé parfait ! Que demander de plus !

Le pantalon de flanelle

4 novembre 2013

Suite logique de l’article de la semaine précédente, évoquons aujourd’hui le pantalon de flanelle, un classique entre les classiques. Pour ceux qui ne connaitraient pas, la flanelle est un tissu de laine très feutrée, moelleux. Mais elle ne doit pas être confondue avec le feutre. Le feutre de laine (qui sert par exemple à faire les dessous de cols) est une matière non-tissée. Il s’agit juste de fibres agglomérées entres elles par un procédé de foulage. On parle alors de textile non-tissé. La flanelle bien au contraire est une matière tissée.

La véritable flanelle (au sens technique) est une toile. Relisez l’article de la semaine dernière pour un aperçu rapide de ce terme. C’est une toile de fils plutôt épais et surtout c’est une toile tissée lâche. C’est à dire qu’il a y de l’air qui passe entre les mailles. La surface du tissu est ensuite foulée, c’est à dire grattée, pour que les fibres ‘feutrent’. Ainsi le côté duveteux apparaît et cache ainsi les fils. Il s’agit donc à la base d’un tissu plutôt aéré, c’est pourquoi on l’utilisait pour les costumes d’été et pantalons de sport au début du siècle dernier. Mais évidemment c’est un tissu très épais que l’on aurait plus idée de porter sur la plage… cela s’est fait !

La vraie flanelle est donc un tissu plutôt lourd, une toile au dessus de 400gr. La laine utilisée est une laine de fibres cardées, c’est à dire assez peu raffinées. Ainsi elles feutrent facilement. Cela pourrait s’apparenter à une laine vierge. Si la fibre de laine est travaillée, on parle de laine peignée (à ne pas confondre avec le terme ‘peigné’ qui désigne une laine que l’on a fait feutrer en surface). Cette laine peignée a donnée naissance aux appellations super 110’s etc. Car pour mesurer le diamètre des fibres et donner l’appellation super XXX, il faut raffiner les fibres.

pantalon de flanelleBref, de nos jours, la plupart des flanelles portent l’appellation ‘flanelle super 120’s’ par exemple. Ce n’est pas véritablement une flanelle, puisque elle incorpore des fibres peignées.

Pour avoir ce côté feutré typique de la flanelle, le tissu une fois sorti du métier à tisser est déroulé sous une machine équipée de chardons métalliques (autrefois de vrais chardons) qui grattent la surface des mailles. Cette opération fait ‘venir’ la fibre, la fait feutrer en surface.

Pour beaucoup, le principal souci des flanelles est l’épaisseur. Car pour avoir de la tenue – le tissu étant lâche – il faut de l’épaisseur. Sinon un effet d’affaissement apparaît. On dit que le pantalon ‘poche’ sous les genoux, sous les fesses, en le détendant à ces endroits. Une toile feutrée fine se déliterait très vite. Les grands drapiers ont donc maintenant recours le plus possible à des bases de serge. Après tissage, le tissu suit le même procédé de feutrage / foulage pour faire apparaître le moelleux de la flanelle. Techniquement, il s’agit de serge foulée, serge peignée ou serge grattée, mais elles sont appelées commercialement flanelles. L’avantage ? 350, 300 voire 280gr, soit un gain très important !

Ainsi, ces flanelles de 300gr seront presque aussi solides que celles de 500gr. Le tombé sera un peu moins impeccable, mais le confort sera le même ; un confort moelleux, chaud, idéal pour l’automne et l’hiver, en complément de beaucoup de vestes, tweed campagnards ou urbains.

Si toutefois vous n’aimiez pas la flanelle qui gratte (c’est de moins en moins vrai tout de même), vous pourriez vous laisser convaincre par ce que les anglais appellent ‘pick & pick’, un tissu sec, fils à fils, très chiné.

Bel hiver ! Julien Scavini

Pantalons en laine automnaux

28 octobre 2013

Cette semaine, intéressons-nous à une catégorie d’étoffes de laine, aux tissages anciens mais pourtant plus qu’idéals pour les pantalons : les dérivés de serges complexes, à savoir les whipcords, les cavalry twills, les Bedford cords et autres gabardines de laine. Je rappelle qu’il existe en textile classique pour homme deux grandes catégories de tissage : la toile et la serge (autrement appelée twill). Dans une toile, les fils se croisent à 90°, l’un sur l’autre. C’est simple. Dans une serge, les fils se croisent toujours à 90°, seulement les fils ne se superposent pas de manière linéaire, un sur deux, mais plutôt un sur trois etc… En découle un effet d’escalier, créant l’effet d’une diagonale à 45°.

Ces différentes matières en serges complexes étaient utilisées pour réaliser des culottes, le type court comme les knickers ou des pantalons plus longs (pendant sur le talon, d’après l’étymologie du nom).

Le cavalry twill est le plus connu. Son nom est hérité des culottes d’équitation qui étaient réalisées dans cette étoffe lourde et très endurante. Cette catégorie de serge est en effet – par sa construction – particulièrement indiqué pour les vêtements subissant une forte abrasion, comme c’est le cas entre le fessier et un siège. Le cavalry twill fait aussi apparaître des diagonales à 70°, mais celles-ci sont composées de petites échelles… Entre deux côtes, on peut ainsi distinguer de petits mailles horizontales.

Le whipcord présente de grosses côtes (plus ou moins fines suivant le tissage) allant dans une diagonale à 70° (et non à 45° comme une serge classique). Les whipcords sont souvent très beaux, surtout dans des coloris clairs, car des effets chinés apparaissent. C’était un grand classique de la maison Arnys l’hiver. Un aspect à la fois rustique et précieux.

Le Bedford est une étoffe particulièrement ancienne, qu’il est difficile de trouver maintenant. La maison espagnole Gorina m’en fournit de très lourds, aux alentours de 500gr (ce qui représente quand même le poids d’un manteau contemporain !). L’aspect est semblable à du velours côtelé, avec ses côtes verticales en relief. Un client m’a un jour montré un vieil ensemble du siècle dernier comprenant culotte de cheval et gilet croisé, le tout en bedford blanc, pour l’équitation. Superbe.

La gabardine – de laine – a une histoire plus compliquée. Souvent réalisée en coton, elle a donné son nom à un manteau en France : la gabardine. Mais c’est une ellipse linguistique. La gabardine est un type de tissage. A l’œil elle n’est pas facile à reconnaître d’une serge classique, mais ses diagonales sont plus penchées.

Ces matières sont donc idéales pour réaliser de beaux pantalons, chauds et endurants, idéals pour la mi-saison et même l’hiver. Nous verrons bientôt quels pantalons en coton pourrait s’y substituer. Un whipcord brun irait à merveille avec une veste en tweed, et le même en gris pourrait compléter aisément un blazer en flanelle. Voici une pièce versatile incontournable !

A.01 Layout _ LayoutLes tissus scannés proviennent de chez Holland & Sherry et Gorina. Bonne semaine, Julien Scavini

PS : je me suis enfin décidé à acheter le domaine STIFF COLLAR .COM à WordPress, ce qui débarrasse les bas de pages des publicités encombrantes ! Un grand pas !

Le pantalon à pont

17 septembre 2012

C’est en regardant ‘Reviens Moi – Atonement‘ sur Arte, magnifique film anglais, que je vous écris ce billet sur une pièce un peu oubliée du vestiaire masculin, le pantalon à pont. Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit d’un pantalon dépourvu de braguette. Mais évidement, une ouverture reste aménagée pour faire des choses, sous la forme d’un grand bas-volet boutonné ; voyez sur ces deux schémas :

Son origine est pour le moins floue. L’histoire la plus courante raconte que les marins auraient utilisés ce modèle pour éviter les boutons de braguette, susceptibles de se prendre dans les cordages, enfin les bouts pardon. Les marins agissant sur le pont du navire, le pantalon à pont serait maritime uniquement. Mais curieusement, c’est précisément le pantalon des marins (à droite au dessus) qui est pourvu de boutons visibles. L’histoire me parait donc fausse. En revanche, cette méthode de fermeture est très ancienne (je ne pourrais la dater), mais remonte au moins au 16ème siècle. Elle permettait de réaliser une ouverture utile dans la culotte. Notons qu’alors, les boutons étaient la plupart du temps camouflés.

Mais revenons en à cette histoire de pont. Dans un pantalon, même en construction moderne, la patte qui permet le boutonnage à l’intérieur de la ceinture est appelée le sous-pont. Souvent, il s’agit d’une troisième boutonnière déportée. Cette pièce permet de relier les deux parties du pantalons. Je penche plus pour une explication de ce côté là. Le pantalon à pont porterait son nom car chez lui, cette pièce est beaucoup plus grande, car passant derrière le bas-volet et même le supportant. Il ne s’agit plus d’un sous-pont mais d’un pont tout simplement. Cela joint les deux parties, gauche et droite, et supporte le centre : le bas-volet.Après, notons que le pantalon à pont a deux avatars. L’un à petit pont, classique sur les culottes d’ancien régime et les pantalons civils, jusqu’à 1880. Sur ces modèles, plus élégants, les boutons étaient cachés par une gorge. La construction doit être plutôt ardue. Le deuxième modèle est celui à large pont, classique des marins, sur lequel les boutons sont visibles, mais déportés assez loin sur les côtés. En effet, cela doit limiter les interférences avec le matériel maritime, quoique… C’est peut-être de là que vient la fable des pantalons à pont relatée plus haut. Le mystère reste entier. Et seules les femmes encore arborent ces pantalons d’histoire…

Julien Scavini

Le haut du pantalon

5 mars 2012

Cette semaine, suite et fin du tour du pantalon, une pièce ô combien difficile à couper et aux détails si nombreux, et souvent si minimalistes. Je lisais récemment sur un autre blog que le pantalon à plis ne pouvait se concevoir qu’avec des revers. Comme je vous l’ai dit la semaine précédent, il est possible d’ériger des dogmes personnels, c’est une marque de talent, mais il faut bien se garder de les faire passer pour absolu. Le pantalon de jaquette par exemple doit être ample, avec des plis, mais sans revers…

Le haut devant du pantalon peut être parfaitement plat, c’est de loin l’option la plus courante de nos jours, et qui du reste est historiquement la plus valide. Jusque dans les années 20, les pantalons arboraient des devants plats, sans plis, mais en revanche avec beaucoup de bassin, signe stylistique du temps où les hommes étaient dessinés comme des garçonnets. Puis, les années 30 et le mythe du bel homme grand et fort virent arriver les plis, un puis deux puis trois etc. J’ai déjà vu un pantalon 1940 avec un pli faisant 8cm ! (en fait 4 x2 car c’est un repli).

Le vocabulaire est ici important. Je parle bien de plis devant, souvent appelés pinces. C’est un peu la même chose, mais pour avoir les idées claires, je dissocie les termes. Les pinces sont plutôt présentes sur l’arrière, mais alors il ne s’agit plus d’un repli mais d’une couture.

La sobriété du devant sans pli est un avantage indéniable. Les pantalons sans plis font jeune ! Oui, mais ils ont l’inconvénient d’être un peu plus serré et par là même de faire disparaitre le pli central (autre sens de pli ici). Pour un pantalon seul, j’aime mieux. En revanche, avec le costume, avoir de l’aisance : c’est bien !

De nos jours, le pli a perdu de son lustre. Pour ma part, je l’adore, surtout en double, juste histoire d’être à contre courant de la mode. C’est dit ! Le double pli, c’est à dire un gros au niveau du pli du pantalon (1,5cm x2) puis un petit (0,5cm x2) vers la poche. Ils permettent de pincer plus fortement la taille (à la limite un avantage lorsque l’on veut aussi des vestes cintrées) et de donner de l’aisance aux cuisses, surtout en station assis.

Les plis peuvent avoir deux orientations : vers l’intérieur à la française et vers l’extérieur à l’italienne. L’un et l’autre sont discutables. Notons seulement que vers l’intérieur, c’est beaucoup plus classique. Cela crée une belle silhouette, autant de face que de profil. Le profil des pantalons à plis est beau. L’inconvénient est le côté bouffant au niveau de la braguette. La version vers l’extérieur est une invention contemporaine, peut-être bien du prêt-à-porter italien. Elle a l’avantage de lisser la braguette pour ne pas avoir cet aspect bouffant, mais l’esthétique est moins raffinée. Ceci dit, je pense que cette option a été développée car les hommes ‘portent’ maintenant au milieu (logique en PàP). ‘Le poignard’ n’est plus logé à droite ou à gauche. Une explication … ? La pince, dans les deux cas est normalement cousue sur 3cm à partir de la ceinture et se libère plus ou moins progressivement.

La suite. Le pantalon doit avoir un bon bassin. De manière générale, le pantalon ne doit pas être serré. Lorsque je vois les publicités du prêt à porter avec des hommes en costume, j’ai l’impression qu’ils portent des pantalons en stretch. Ça tiraille partout, aux cuisses, aux mollets (cela va de paire avec des pantalons trop courts du reste) et évidemment aux fesses. Et oui, mine de rien, les hommes aussi ont des fesses. Et n’écoutez pas le vendeur vous dire que la poche côté ouvre normalement pour l’aisance, cela n’a rien à voir. S’il n’y peut rien, soit ; mais pas de balivernes.

Généralement, la belle ligne à l’arrière du pantalon veut que le pli parte du plus fort de la fesse en ligne droite jusqu’à la chaussure. Le pli central en ‘droit fil’ structure alors la silhouette. Les fesses ne doivent pas être mises en évidence, les genoux ne doivent pas être à l’étroit et la poche ne doit pas servir de ‘relarge’.

Par ailleurs, abordons l’épineuse question des pantalons taille haute. C’est une sorte de lubie du moment. Il faut bien se retirer une idée de la tête, un pantalon à taille haute sans bretelles, ça n’existe pas. J’ai déjà tenté, bonjour la catastrophe. Car la taille haute correspond aux tissus mous du ventre. Donc debout, pour bien faire tenir le pantalon en place, il faut serrer, pourquoi pas avec des ajusteurs sur les côtés. Mais dès que l’on s’assoie, la ceinture serre horriblement et surtout butte dans les côtes. Bref, cela ne marche pas. Avec ceinture ou side adjusters, il vaut mieux se rabattre sur une mesure de ‘montant’ plus classique, pour arriver juste au dessus des hanches, vers le nombril, voilà la bonne option !

Julien Scavini

Le bas du pantalon

27 février 2012

Cet après-midi, je vais tenter d’énoncer les diverses manières de terminer un bas de pantalon, plusieurs lecteurs m’ayant questionnés sur le sujet suite à divers articles et prises de position. Comme à l’habitude sur Stiff Collar, restons encyclopédiques.

Bien ! le bas du pantalon, toute une histoire. Sa largeur d’abord est un grand sujet de questionnement, et l’histoire ne nous apprend pas grand chose justement, le pantalon long étant une invention relativement moderne. Autrefois, la culotte était préférentiellement utilisée et celle-ci s’arrêtait aux genoux. Avec, l’on portait soit des chausses hautes (bottes) soit des bas de soie finissant sur une chaussure à boucle ou un mocassin. Sauf pour la paysannerie, qui justement utilisait des sortes de culottes longues voire des braies. Mais depuis environ 1830, l’usage du pan-long s’est répandu. Il fut originellement ‘collant’, c’est à dire marquant les cuisses et les mollets. Il fallait agrandir une cuisse pour loger les choses de la vie et certains modèles possédaient une sous-patte passant en dessous de la chaussure et servant à tendre l’étoffe. Très esthétique, mais du dernier inconfort. De nos jours, il n’y a guère plus que les matadors qui utilisent la culotte (longue) et le bas de soie.

Puis, au tournant du siècle dernier, le pantalon s’est élargi. La coupe droite militaire, héritée des campagnes de 1870 en France est un fait notable. Vers 1910 / 1920, les pantalons devinrent plus actuels, mais avec des hanches marquées. Leur largeur en bas était assez similaire à ce que l’on trouve maintenant. En revanche, dans les années 30, le pantalon couvrait les trois quart de la chaussure, et les knickers (Knickerbockers) hérités des anciennes culottes avaient le vent en poupe. Certains étudiants, dans les milieux oxfordiens testèrent les ‘Oxford bags’, pantalons plus que patte d’eph’ faisant au moins 45cm de largeur en bas.

La coupe parfaitement droite subit encore des modifications dans les 70’s mais resta globalement inchangée jusqu’à nos jours. Actuellement, il est conseillé dans les ouvrages spécialisés de couvrir la moitié du soulier. C’est un jugement de valeur très personnel qui doit amener chacun à prendre position. Pour une conformation standard (taille 50, 1m80 par exemple), je pourrais conseiller 22cm pour un pantalon en laine de costume, 21 pour un pantalon en laine sport et pourquoi pas 19 dans un coton. Mais attention, plus vous serrez, moins le pli sera marqué.

Le bas du pantalon maintenant. Plusieurs options s’offrent à vous tant dans la forme que dans les mesures. Pour les formes hors du commun, il y a le pli fendu terminé par une abeille (broderie en triangle) (A) ou le bas fendu sans repli (B). Plus classiquement, il y a le revers (C). Il peut mesurer entre 3 et 5cm suivant votre goût, mais il est vrai que quitte à avoir un revers, autant qu’il se voit. (D) une option classique à Paris, le demi-revers uniquement positionné sur l’avant. Enfin (E), l’ourlet simple.

A propos du revers, nous noterons que son invention remonte à Edouard VII qui aurait fait des revers à son pantalon un jour de pluie et de boue à la campagne, pour éviter de tâcher ses bas. Et que le fils de ce monarque s’en est pris quelques années plus tard à un visiteur qui lui rendait visite dans son palais de Londres avec des pantalons à revers en lui demandant ‘trouvez-vous ma maison humide pour arborer un retroussis au pantalon ?’ Classiquement donc, le revers est plutôt connoté campagne, les pantalons de ville en étant dépourvus. De nos jours, c’est selon le goût. Et inutile d’en faire une règle absolue : ni le costume croisé, ni celui à rayures ou que sais-je encore ne s’accorde plus qu’un autre au revers.
La largeur du bas maintenant. En 1, nous visualisons un bas classique, de 24 ou 25cm typique du tombé des années 30 anglaises. Cette largeur est encore indiquée pour les pantalons formels comme celui de la jaquette par exemple. En 2, nous voyons l’erreur contemporaine. Le pantalon fait la même longueur que précédemment, mais sa largeur a fortement diminuée, il butte donc sur le haut de la chaussure et casse vingt fois ! Si l’on veut un bas étroit, il faut raccourcir le pantalon, comme en 3. C’est la mode anglaise, ou quand le pantalon tutoie le haut du soulier. Sur le continent, on aime les pantalons franchement plus longs, surtout sur l’arrière. Donc l’idéal chez un tailleur ou un bon retoucheur, c’est de faire exécuter le bas en biais. Pour cela, il existe deux méthode, le biais complet permettant d’effleurer l’avant du soulier et d’emboiter l’arrière (4). La seconde, à la manière de Smalto, consiste à obtenir un avant horizontal puis à partir en biais depuis la couture vers l’arrière (5). MàJ: il est possible de réaliser la (4) avec un revers, mais le biais sera moindre, car l’effet est plus dur à obtenir.

J’espère que ce rapide tour des possibles vous sera d’une grande aide lors de vos prochains achats ou commandes. La semaine prochaine, nous verrons le haut du pantalon.

Julien Scavini

Le pantalon pour l’hiver

24 octobre 2011

Un client me demandait récemment un article sur le pantalon formel. Mais que veut dire cette expression ? A vrai dire elle ne signifie rien ! Le seul pantalon formel que je connaisse est celui de la jaquette, noir ou anthracite à rayures grises et blanches. C’est un pantalon seul, qui n’est pas du même tissu que le veston. Les grandes tenues formelles que sont la queue de pie ou le smoking sont elles unies, haut et bas. Le costume, nouvel habit formel, est également uni.

Reste donc les pantalons ‘sports’ dépareillés. Peut-on les classer du plus ou moins formel ? Peut-être. Au sommet, nous mettrons les flanelles foncées grises, de l’anthracite au clair. A utiliser avec une veste sport, petits chevrons marrons ou encore blazer bleu marine. En bas, les chinos et les jeans et entre les velours notamment les 500 raies, dans de nombreuses couleurs, plus volontiers vives.

Mais maintenant que l’hiver est là, il faut quelque chose de chaud pour couvrir les jambes. Cette pièce parait être le parent pauvre du vestiaire masculin de nos jours. Les hommes ne portent plus de laine et préfèrent le denim. Dommage. Pourquoi? Deux pistes me viennent à l’idée : la complexité au nettoyage (à sec au pressing) et la mauvaise coupe.

Pour le premier problème, je n’hésite pas à mettre les miens à la machine, en cycle laine froid. Pas à chaque port non, mais de temps en temps. Le plus dur est le repassage. La coupe ensuite, et là, gros point noir. Le pantalon, oui!, est peut-être la pièce la moins évidente à couper. Si la mode indique un bas étroit – ce que j’aime assez – le reste doit être assez ample surtout à partir des genoux. Le pli doit tomber droit.

Marre de ces pantalons de prêt-à-porter à effet moulant aux cuisses. Il suffit de regarder les catalogues. Les pinces ont disparu et c’est bien dommage. Un client récemment, à qui je conseillais la double pince, m’interrogea sur leur justesse par rapport à la mode actuelle. En effet, c’est ringard rétorquais-je, mais confortable ; que voulez-vous ? En position assise, elles s’ouvrent, laissant de l’aisance pour les cuisses et le postérieur. L’affaire fut tranchée.

Il commanda des modèles d’hiver, en whipcord. L’idéal. Épais et robuste. Pour ma part, j’ai actuellement en fabrication deux modèles en flanelles marrons, l’une chocolat, l’autre tabac. Ce sera parfait en complément de vestes marrons/ vertes et même bleues.

Julien Scavini


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