Archive for the ‘Vêtements d’intérieur’ Category

Dinner jacket contre smoking jacket

20 décembre 2010

L’une des mésententes principales entre anglais et français est bien celle de l’habit de diner que les français s’obstinent à nommer ‘smoking’, alors que précisément, cette pièce de la garde robe est tout autre. Parlons-en.

Il fut un temps, que l’on peut situer avant la première guerre mondiale en gros, où les anglais (suivis des français, ayant depuis longtemps abandonnés la culotte de cour) portaient pour diner l’evening dress ou cravate blanche ou queue de pie (décrit ici). Cette tenue était appropriée pour le soir et les dîners, formels ou intimes, urbains ou ruraux. De jour, c’était la jaquette ou morning dress que l’on utilisait. Après diners, les riches anglais, aristocrates ou grands bourgeois, avaient pour habitude de se retirer au fumoir, laissant les dames jouer au bridge voire même médire. L’ennui au retour du fumoir était la désagréable odeur de tabac froid qui tenait jusqu’au soir suivant.

Alors fut inventée, certainement aux alentours de 1850, la véritable smoking jacket. Il s’agit d’une veste plutôt courte (pour être assis avec), croisée avec des fermoirs à brandebourg (pour faciliter la fermeture après un repas trop arrosé). Le col, exclusivement châle était de satin ou de faille de soie matelassée alors que le veston lui même était en laine ou souvent en velours de soie, vert ou violet profond. Des passementeries terminaient de décorer cette pièce. De ce modèle est dérivé la veste d’intérieur, plus tardive. Il était donc d’usage de porter successivement une queue de pie (avec nœud papillon blanc) et une smoking jacket dans la même soirée.

Bien plus tard, dans les années 1880, la dinner jacket fut cette-fois inventée, dit-on à la demande du prince de Galles, futur Edouard VII. Il avait demandé à son tailleur une veste aussi courte que la smoking jacket qui puisse être portée cette fois-ci à table, dans un cadre intime, où la queue de pie était un attirail trop lourd à porter. L’idée fut simple et consista à conserver le corsage (partie haute) de l’evening dress (même si la version croisé du smoking parait plus historique), avec ses profonds revers satinés en pointes et son boutonnage unique.

Cette dernière idée se répandit comme une trainée de poudre et fut popularisée immédiatement aux Etats-Unis sous le nom de Tuxedo. Et en France, on ne sait toujours pas sur quel pied danser, où l’on appelle la dinner jacket (qui recouvre le pantalon et la veste) smoking quand la smoking jacket est traduite par veste de fumoir (et parfois d’intérieur, les deux idées ayant fusionnées). Cette légère confusion est aussi exprimée dans l’utilisation variable du col à pointe ou châle sur le smoking français (ou américain), ma préférence allant au premier, les cols châles du commerce étant désespérément étriqués!

Julien Scavini

L’homme dans son intérieur

19 octobre 2009

S’il est une tradition qui s’est relativement perdue, c’est celle de l’habillement domestique, du bien mis chez soi. Être élégant tous les jours est une tâche que beaucoup de gentlemen réussissent relativement bien. Mais être chic ‘en négligé’ est plus une occupation de dandy. Quoiqu’il en soit, il existe dans ce domaine aussi des codes que nous allons évoquer ici, succinctement peut-être; comme je l’ai dit, les traditions se sont perdues.

Les trois figurines ci-après reflètent trois aspects différents du vestiaire masculin d’intérieur:pyjamas

On trouve premièrement la robe de chambre dont le peignoir est une version modernisée en tissus éponge. La robe de chambre est une grande étoffe, souvent à col châle que l’on noue par la taille, sans boutons. Dessous, on porte un pyjama.

Deuxièmement donc, le pyjama, réalisé en coton ou en soie, plus douce. Présenté sous la forme d’un ensemble de deux pièces, il est constitué d’un haut, une chemise, et d’un bas, le pantalon. La chemise se boutonne généralement avec quatre ou cinq gros boutons de nacre.

Enfin, la veste d’intérieur. Cet accessoire masculin a pour le coup complètement disparu mais avait un chic inouï! Exclusivement confectionnée avec un col châle, elle était le plus souvent en velours ras, avec un intérieur en soie ou satin, dès fois matelassé, ou en laine fine, plus chaude. Les revers exposent l’intérieur et ses motifs cachemires ou géométrals. Également, la veste d’intérieur arbore souvent des fermoirs à brandebourgs, tresses enroulées en forme de branches de ciseaux. Elle est quelque fois gansée d’un cordonnet rappelant les brandebourgs.

Pour ce qui est des occasions, sachez que la veste d’intérieur se porte après le retour du travail, pour l’apéritif et le diner, sauf si l’on reçoit, auquel cas, le smoking (dining jacket) est de rigueur. Après le diner et les ablutions, et dans l’intimité domestique, le gentleman enfile un pyjama qu’il recouvre d’une robe de chambre pour la fin de soirée. Une fois dans la chambre conjugal, il peut laisser tomber la robe de chambre.

Avec ces vêtements, il est de bon ton de porter des slippers en velours, à initiales ou pas, c’est selon votre goût pour le sur-joué ^^

Vous trouverez une large collection de pyjamas chez Derek Rose, célébre maison britannique dédiée aux vêtements de nuit. Pour ce qui est des vestes d’intérieur, une seule maison maintement, sur Jermyn street: Favourbrook, une institution! Enfin, la plus importante collection de slippers personalisables se trouve chez Shipton & Heanage. J’espère vous avoir été utile!


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