La bonne chemise

27 janvier 2014

J’avais il y a quelques mois écrit un article sur les caractéristiques d’une bonne chemise. Cet article, figure parmi les références du blog. Seulement il contient plusieurs approximations et contre-vérités. Essayons de (re)passer en revue ce qui fait une bonne chemise.

D’abord et avant tout, le tissu compte pour une très grande part de la qualité globale d’une chemise. Il faut éviter absolument le polyester, même en quantité moyenne. Seul le coton (et dans une moindre mesure le lin ou la soie) doit être utilisé. Quand on pense que même Yves Dorsay propose des 100% coton à 16€, ce serait vraiment exagérer pour une marque de ne pas faire de même. La qualité du coton importe aussi, mais joue un peu moins, le niveau général en boutique étant plutôt bon. Seules une ou deux de mes vieilles chemises se sont mis très vite à boulocher, ce qui est absolument désagréable sur la peau, mais elles venaient de chez E. Leclerc (des tartans pour le week-end).

Un tissu de chemise fait généralement un poids de 110 à 120grs. Plus fin, il sera été, mais aussi plus transparent, comme les voiles suisses. Vers 140 et 160grs, nous trouverons de grosses cotonnades, comme les oxfords et les tattersalls anglais. Les tissus pour chemises se caractérisent aussi par leur titrage. Le titrage est analogue au terme super 120′s des costumes.

Disons que les belles qualités commencent avec les doubles retors (deux fils torsadés ensembles, donnant plus de solidité), 80 à 2, puis l’échelonnent jusqu’à 120, 140 à 2 etc. Il existe des chemises en 300 à 2, mais cela frise le ridicule et est plutôt un argument purement commercial. Une bonne chemise, c’est un tissu classique et une bonne coupe ; pas un tissu de compétition sur un façon moyenne.

ILLUS36Certains tissus de chemise sont proposés ‘easy to iron’ ou ‘non-iron’. Plusieurs techniques existent pour arriver à ces textiles surprenants et pratiques. Une première technique consiste à merceriser le coton – du nom de monsieur Mercer – sous l’effet d’acides ou de bases, à l’instar de la technique utilisée pour faire le fil d’écosse de nos chaussettes. D’autres techniques plus mécaniques s’intéressent à la torsade des fils, comme la chiralité en chimie organique. Cela permet d’obtenir des propriété d’aération ou de non froissage.

En ce qui concerne les mesures et la coupe générale, la chemiserie encore plus que le tailleur est délicate tant les modes et les goûts des clients sont variés. La première des mesures est le tour de poitrine, par exemple 100cm pour un client standard. De cette mesure, il est possible de déduire trois chemises : la coupe classique avec mesure finale du tour de poitrine de 122cm (aisance 20 à 24cm en plus), la coupe ajustée, avec une mesure finale de 112cm, et la coupe très ajustée, avec une mesure finale autour des 106cm. Ce n’est qu’une question de goût et de ressenti. Pour avoir testé les deux premières, je peux affirmer que je préfère la plus large et je me fous du plis qui se présente ça et là. D’autres penseront tout l’inverse. Il en va de même pour l’aisance à la ceinture ou l’aisance du biceps.

Au niveau de la manche, il est impératif que le chemisier prenne une mesure de votre tour de poignet pour faire des manchettes ajustées et non des trucs gigantesques qui flottent. Je dois confesser qu’à mes débuts j’ai voulu trop bien faire en ajustant un peu trop (environ 1cm de marge) les poignets. Maintenant et suivant les clients, j’ajoute plutôt 2 à 3cm, et plus si il y a une montre.

Mesures toujours, dans le dos, si le client est très cambré ou s’il veut une chemise très près du corps, deux pinces peuvent être exécutée. Elles sont tout à fait courantes maintenant et ne constituent pas une hérésie comme j’ai pu le lire ici ou là.

Cette première partie sur la bonne chemise est terminée. La semaine prochaine, nous étudierons les détails.

Bonne semaine, Julien Scavini

La chemise bleu

20 janvier 2014

Ce soir, je souhaiterais mettre en avant une chemise chemise qui a tendance à être oublié dans nos penderies : la chemise bleu. Un client récemment venait pour faire une chemise et s’arrêta sur un carreau de vert et de bleu, très Arnys. Soit. Nous nous interrogeâmes longtemps sur l’utilité de cette dernière par rapport à une chemise bleu ciel, si simple, mais dont l’envie était moins forte. D’autres clients, je m’en souviens, exprimèrent la même interrogation.

Ce fut aussi l’occasion de me dire que moi même, je n’en avais qu’une seule, et encore, je l’ai trouvée par hasard dans les restes du fonds de commerce que j’ai acheté. Et quel dommage de n’en avoir qu’une seule ! J’ai bien des blanches, et j’ai surtout un nombre incalculable de chemises à rayures, surtout bleues. Cette catégorie, que les anglais appellent ‘bengal shirt’ représente maintenant une écrasante majorité des chemises vendues, pour son côté très business et en même temps plus fantaisie que l’uni. Les rayures larges, appelées ‘bâtons’ sont en revanche très sports, trop à mon goût. Les américains et les anglais très moyens en raffolent, surtout lorsqu’il y a plusieurs coloris dedans. En association avec une cravate club huit couleurs dont un peu de fluo, c’est le summum du goût ‘troggie’ dirait James Darween.

Bref, la bonne vieille chemise bleu uni a dû mal à se faire une place dans le placard. Elle peut être réalisée dans une simple popeline, un fils à fils chiné de blanc ou encore en oxford fin. Par rapport à la chemise blanche, elle se salit moins vite au col. Et par rapport à la chemise à rayures, elle peut aller avec toutes les vestes anglaises à carreaux possibles. Un immense avantage, tant l’accord des motifs est crucial. Avec un costume gris ou bleu, elle fait encore merveille. D’un coloris plus doux que le blanc, la chemise bleu ciel permet un accord en pastel, où les couleurs se répondent, dialoguent, sans tension extrême, dans une douce harmonie que la cravate seule va rehausser. C’est pourquoi je ne saurais que trop vous conseiller de lui faire une place de choix !

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Bonne semaine, Julien Scavini

Le premier rendez-vous chez le tailleur

13 janvier 2014

Dans les mails professionnels que je reçois, beaucoup de jeunes me questionnent sur la procédure à suivre pour venir chez le tailleur. La réponse que je leur donne vaut pour une visite dans mon atelier mais aussi très certainement pour mes confrères.

Habituellement, si vous souhaitez faire un costume ou n’importe qu’elle autre pièce sur-mesure, il faut compter trois rendez-vous. Le premier est consacré à la discussion autour de projet : pour quel moment de la journée, pour l’hiver ou pour l’été, habillé ou décontracté etc. Ces propos liminaires permettent de cerner l’idée et d’aider aussi le client à se faire lui-même une idée plus précise de ce qu’il veut. Différents tissus sont proposés, différentes liasses posées devant lui au fur et à mesure. Faire un premier tri d’une dizaine de coupons est habituel.

Dans un second temps de ce premier rendez-vous, les tissus sont éliminés pour n’en garder que deux ou trois… Là est le plus difficile : choisir. Les liasses sont plutôt petites et il existe toujours une difficulté à prévoir le résultat, sauf pour le tailleur qui saura et vous guidera. Une chose est sûre, tous les tissus sont beaux ! Si vous cherchez une étoffe grise pour un costume de ville, il n’y aura pas d’erreur. Par contre si avec le même projet, vous vous arrêtez sur des princes de galles très voyants ou des rayures bariolées, le tailleur devra vous ré-aiguiller, ou seulement souligner ce fait.

Une fois le choix du tissu et du style (forme des poches, du revers ect.) effectué, la prise de mesure commence. D’abord sur la chemise à même le corps (poitrine, taille, bassin), puis un veston fini vous est passé ; c’est devenu assez commun, y compris en Grande Mesure chez Camps De Luca. Ce veston, au delà des simples mesures, permettra d’apprécier l’attitude du client (épaules hautes ou basses, omoplates saillantes, différence entre gauche et droite etc.). En demi-mesure, exigez un essayage sur veston fini. Car sans cela, la veste pourrait arriver avec des défauts non retouchables. Cela vous donne un bon aperçu du résultat final aussi.

A ce sujet, apportez toujours un de vos pantalons ou de vestons préférés. Même si la pièce a des défauts (que vous évoquerez et que le tailleur verra), cela permettra au professionnel de se faire une idée plus précise de la façon dont vous portez les choses et dont vous aimez les porter. Nous sommes à une époque charnière où jeunes et moins jeunes portent vestes et pantalons de manière radicalement différentes, et où certains jeunes veulent l’aisance des anciens quand des seniors veulent passer pour des jeunes… Le tailleur y perd son latin. Donc voir et apprécier les dimensions (notamment les longueurs de veste) est utile. Bien sûr il est toujours possible de se fier à l’œil du tailleur, mais il ne faudra pas râler si la veste est considérée comme trop longue… ou trop courte. Rassurez-vous, cela se joue à un ou deux centimètres.

En trois temps donc, le premier rendez-vous se déroule. Quelques semaines après, l’essayage a lieu. Celui-ci permet d’apprécier le résultat final, et de procéder à divers ajustements : cintrage, longueurs manches ou pantalon, aisance bassin etc. En Grande-Mesure, ce premier essayage est réalisé sur une veste à l’état primitif. Plusieurs semaines après, un essayage plus complet est réalisé.

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Enfin, dernière entrevue, la livraison. A ce moment là, le costume ou la veste est complètement terminé et une nouvelle pièce, neuve et encore un peu raide prend place dans votre penderie. Il faudra quelques ports pour apprécier complètement le tombé. Un petit temps est nécessaire pour la mise en place des épaulettes sur vous ou pour que la ceinture du pantalon se détende un peu.

Dernier conseil dont il faut avoir conscience : la première pièce réalisée chez un tailleur (que ce soit en demi-mesure ou en Grande-Mesure) n’est jamais à 100% parfaite. Du point de vue technique, quelques imperfections subsisteront tout naturellement, qui seront corrigées lors de prochaines commandes (léger aplomb des manches ou du dos par exemple). Du point de vue du client, certains détails auront échappés également (hauteur des poches ou dimension du revers par exemple). C’est inhérent à toute collaboration : le tailleur a son idée, le client aussi et ces idées ne s’expriment pas à 100% des deux côtés. Les personnes doivent apprendre à se connaître et à s’apprécier – et donc contourner – les défauts de caractères de chacun. Ainsi on bâtit une relation de confiance à long terme. Ce qu’un simple vendeur n’apporte évidemment pas.

Enfin, dernier petit conseil aux plus jeunes : lors de ‘votre première fois’, ne gâchez pas l’expérience en allant dans un supermarché de la mesure comme Gambler. Certes le produit y est bon, mais le service que diable ! Car un bon service et un moment agréable, c’est au moins aussi important que le produit ; tout du moins, cela laisse plus de satisfaction sur le long terme…

Bonne année ! & le look de l’année !

6 janvier 2014

Chers lecteurs et amis, permettez moi de vous présenter mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année qui débute !

Je vous souhaite santé, bonheur et prospérité, dans un ordre que je laisse à votre appréciation.

Voici pour bien débuter l’année un ‘petit’ travail que j’ai mené à bien durant les vacances. Dessin que l’on pourrait intituler ‘Hamptons chics‘.

voeux 2014

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Le Look de l’Année !

Durant mes vacances de fin d’année, je me suis promené dans les rues de Bayonne et de Cherbourg. La flânerie étant souvent la mère de l’observation, je me suis amusé à regarder les provinciaux – dont je suis à l’origine et peut-être toujours. Si je ne commenterais pas les messieurs  – tant il n’y a rien à commenter – je m’attarderais volontiers sur le look des adolescents, aussi à la ‘page’ à Paris qu’en régions. Un petit tour chez les fournisseurs attitrés, par exemple H&M, Célio, Kaporal, etc. m’a permis de cerner mieux le ‘style’ type du moment.

Les éléments récurrents sont simples :

  1. un cardigan ou pull (sur un t-shirt, voire deux)
  2. un chino beige ou camarel
  3. des baskets type Converse mais montantes, en cuir ou veaux-velours ces temps-ci, cela doit être considéré comme plus chic

Finalement, cela m’a beaucoup amusé… Diable, tout cela est d’un grand classicisme ! Surtout à voir les rééditions de sweater col-châle aux motifs Fair-Island qui emplissent nombre d’échoppes low-cost.

look de l'année

Alors vous me direz bien, oui mais pourquoi ici, sur Stiff Collar ? Parcequ’il n’est jamais complètement idiot de rester éveillé face aux nouvelles modes. Premièrement on pourrait y trouver de l’intérêt – sait-on jamais – et secondo, quand les jeunes s’habillent dans les coloris des vieux, les vieux passent pour des jeunes ! Et ça, c’est amusant ;) Enfin ce serait presque amusant si les coupes n’étaient pas complètement avachies ou trop courtes.

Bonne semaine et bonne année, Julien Scavini

Joyeuses fêtes de fin d’année

23 décembre 2013

Chers amis et lecteurs,

je manque un peu de temps en cette fin d’année pour entretenir le blog. Aussi, je vous souhaite d’excellentes fêtes de fin d’année, en famille ou avec des amis. Le Père Noël lui, se repose un peu avant sa traditionnelle tournée…

pere noel

Joyeux Noël et à l’année prochaine !

Julien Scavini

La photo de l’année

18 décembre 2013

J’ai déniché hier soir la photo de l’année ! J’étais chez un ami qui travaille dans le luxe et en partant, il me donne le catalogue Hermès Automne-Hiver 2013 pour occuper mon trajet de métro. J’ai donc feuilleté ce joli magazine et suis tombé sur l’image au détour d’un article sur le plaid Avalon. Il s’agit des chardons que l’on utilise pour faire feutrer – peigner – la surface de la laine, en particulier du cachemire. Cette mise en place de chardons naturels dans un cadre est effectuée chez Johnston of Elgins, vieille vieille maison écossaise qui réalise certains des plus beaux cachemires du monde, dont certains exclusifs pour Hermès. Ces chardons proviennent d’Espagne et le cachemire de Mongolie. Cette technique ancestrale n’est plus beaucoup utilisée de nos jours. Les chardons naturels ont été remplacés depuis longtemps par des modèles métalliques. Dans mes liasses de tissus, seuls mes cachemires Doeskin Blazers de Holland & Sherry sont peignés de la sorte…

chardons Hermes Johnston of Elgin

Vestes en velours

16 décembre 2013

S’il est bien une pièce qui m’a longtemps laissé perplexe, c’est bien la veste en velours… Et plus j’en vois, plus je trouve cela intéressant. Du reste, quand on parle de vestes en velours, il peut s’agir de choses : la veste en velours côtelé et la veste en velours ras, appelé autrement veste en palatine (du nom de ce type de velours).

Il est possible de voir de plus en plus de vestons de velours lisse dans le commerce, surtout à l’approche des fêtes. Cela donne une mise immédiatement habillée. Notons que ces vestes descendent des vestes de fumoir (smoking jacket en anglais) et qu’elles se portent maintenant au même titre que le smoking (dinner jacket en anglais pour ne pas confondre). En effet, avec un pantalon de smoking, il est assez simple de mettre une telle veste. L’effet est souvent intéressant quand les coloris sont éteints. Parisian Gentleman dans son dernier article sur le smoking a posté beaucoup d’illustrations sur le sujet.

vestes velours

Dans un instant moins formel, je ne suis pas sûr que la veste en velours ras soit extrêmement chic. Il est possible d’en voir porter sur un jean : oui et bof. Peut-être qu’en bleu cela pourrait remplacer en blazer en apportant un petit twist intéressant. Avec, le pantalon doit rester élégant. Car le velours ras rappelle quelque chose des liquettes ancien régime. Il est luxueux par essence.  La réalisation doit aussi être au top. Les vestes en velours ne supportent pas l’approximation, plus généralement celles en coton, qui peuvent froisser inélégamment, la faute à une matière raide qui doit être parfaitement coupée.

L’autre velours, c’est le côtelé. L’effet est ici bien plus sport, parfois plus campagnard. Si l’on est peu inspiré par les lainages unis (une gageure parfois, tant les carreaux sont répandus dans les liasses des drapiers), un velours côtelé chocolat ou même chamois peut être du meilleur effet. De près les côtes sont évidemment visibles, mais de loin l’effet est similaire à une moleskine, avec de légers reflets mats, donnant une impression alléchante de confort. Il faudra bien sûr choisir un velours 750 raies, donc avec des raies plutôt fines. Des poches plaquées à plis creux peuvent bien compléter le tableau.

Enfin, d’une manière général, les vestes en coton demandent plus d’attention. Le coton n’est pas une matière qui vieillit bien à la différence de la laine. Il froisse plus facilement, se défroisse assez peu seul sur le cintre et a tendance à blanchir (un effet similaire au lustrage pour la laine) aux bords. Il convient donc de ne pas disposer la veste à la va-vite sur le dossier d’une chaine. En revanche à l’usage, c’est plutôt doux et chaud.

Bonne semaine, Julien Scavini

La hauteur du pantalon

9 décembre 2013

Evoquons aujourd’hui la hauteur de port du pantalon, sujet récurent et ô combien épineux ! Car au fil des mois, j’ai tout vu : les jeunes qui veulent des tailles hautes, les messieurs âgés qui ne portent plus que des jeans taille basse (pour le ventre), chaque catégorie voulant tester une nouvelle approche pour se sentir plus libre, plus à l’aise. Autant de conversations menées, autant de conseils répétés que je vais essayer de synthétiser dans cet article.

En effet, la hauteur de port d’un pantalon dépend grandement du placement sur le haut des hanches. Et ce point est critique. La recherche de celui-ci est lié au ‘montant’ du pantalon. Le montant, c’est la différence entre la hauteur du pantalon (prise sous la ceinture) et l’entrejambe, c’est à dire la mesure de la couture intérieure.

Commençons par tuer dans l’œuf un mythe : pour un personne donnée, la mesure de l’entrejambe sera toujours la même (sauf pour certains jeans qui se portent tombant). Toujours. Cette mesure ne varie pas d’un pantalon à l’autre. Ce qui varie en revanche, c’est le montant.

Hauteur du pantalon = entrejambe + montant.

coupe pantalon

Si l’entrejambe est invariable, restent les deux autres paramètres. Ce détail ne fonctionne que si l’on porte le pantalon correctement : à savoir la fourche parfaitement placée sous le sexe (si celui-ci est considéré porté au centre, car avant on coupait pour gauche ou droite). Je demande toujours aux clients de porter ‘à sensation’. Si le pantalon ne touche pas, il tombe. Il y a alors trop de tissu dessous, cela rend moche.

J’ai eu quelques fois des messieurs d’un certain âge demandant des tailles classiques voire haute, avec du ventre. A la livraison, le pantalon ne tenant  pas sur le ventre mou (et sans bretelles), le pantalon tombe. Ces messieurs rétorquaient qu’il y avait trop de tissu dessous… Mais ce tissu en trop n’est que l’expression d’un montant haut.

Ceci est un problème assez récurent. Le pantalon dit à taille haute, s’il n’est pas porté avec des bretelles, a une tendance à tomber. Et il y a alors trop de tissu dessous. Un classique du pantalon porté par les américains. Et ce n’est pas une question de mauvaise coupe. Juste de mauvais style.

Avec bretelles, la question ne se pose pas, le montant de pantalon peut grandir indéfiniment. En revanche, avec ceinture, son calcul est plus compliqué. Nous sommes à l’heure actuelle à une époque charnière. Les coupes ayant évoluées et les matières aussi, les pantalons sont coupés plus étroits. Cela entraine une quête compliquée, je pense que vous confirmerez, du bon pantalon ! Car s’il est trop haut, il va comprimer le ventre lorsque vous allez vous asseoir.

Le pantalon taille haute arrive au dessus du nombril, au niveau du ventre ‘mou’. Ainsi, en station debout, pour tenir sans bretelles, il devra être serré, pour tenir à la taille. En revanche, une fois assis, le ventre se relâchant, une désagréable sensation d’étranglement apparait. Trop serré. Et lorsque vous vous relevez, le pantalon tombe car il ne retrouve pas immédiatement la taille. Conclusion, avec une taille naturelle, les bretelles sont obligatoires. Même plus, il doit être un peu ample à la ceinture pour ne pas comprimer. La coupe taille haute s’accompagne souvent d’un pantalon coupé droit, sans rétrécissement au genoux, appelée full-cut. Le dos en arête de poisson rend le port des bretelles idéal.

En dessous de la taille naturelle, il y a les hanches: le haut des hanches puis le milieu du bassin. Ici, l’os ne se relâchant pas, aucun sentiment d’étranglement, le pantalon tient tout seul. Cette façon de porter le pantalon à taille classique ou moderne ( à la différence de la taille naturelle ) apporte un grand confort avec une ceinture. Une impression de taille haute peut être donnée en recherchant finement le point d’appui sur le haut des hanches. C’est la grande majorité des coupes.

hauteurs du pantalon

Pour essayer d’y voir clair, voici un petit comparatif que j’ai dressé permettant de comparer différents montants par rapport à la longueur de la braguette zip. Le montant est en réalité plus long que la seule braguette, mais la variation en plus est presque une constante.

  • Hauteur taille basse : de quelques centimètres à 10cm de zip.
  • Hauteur moderne milieu des hanches : 14 cm de zip.
  • Hauteur classique haut des hanches : 15 à 16cm de zip.
  • Hauteur à la taille naturelle : 18 à 20 cm de zip.
  • Hauteur à la taille haute : plus de 22 cm de zip.

Ces valeurs sont données pour indication sur les tailles intermédiaires, disons du 38 au 46.

Vous le constatez, un pantalon à la fois classique et moderne – la plus difficile des gageures – ne sera pas si haut que ça. Normal, les hanches humaines, plutôt les os iliaque droit et gauche ne sont pas très hauts.

Enfin notons un dernier point. Pour les messieurs avec beaucoup de ventre, le pantalon ne trouve absolument pas sa place sur les hanches et encore moins sur le ventre. Un port haut sans bretelles est à exclure. Deux options restent : soit le pantalon taille basse intégrale, soit le pantalon coupé très en biais. Une réelle difficulté pour le tailleur, mais un résultat qui peut être idéal : une taille classique sur l’arrière et les reins (montant simulé 18cm), une taille basse devant avec un zip de 12 à 14cm sur le devant. Mais c’est pas facile à réaliser !

pantalon gros ventre

Enfin petit point de détail tailleur, la taille des pantalons en France est la demi-ceinture, relevée à la taille naturelle. Quelqu’un avec un taille de 96cm fera une taille 48. Sur un pantalon à la taille naturelle, la dimension de la demi-ceinture sera 48cm. Mais sur un pantalon ‘moderne’, le bassin étant un peu plus large que la taille, la demi-ceinture fera 49cm. Une question – logique – de coupe !

Dépôt vente, II

6 décembre 2013

 

Un client m’a déposé ces quelques articles de très belle facture, au cas où cela plairait à un autre client… ou à mes lecteurs. Voici ces quelques pièces:

1- Paire de gants neufs, certainement pécari, non doublé, cousu main. Taille non spécifiée, certainement 10, 60€ +10 de commission :

Gants pécari

2- Paire de gants neufs de conduite, peau bi-colore perforée, non doublé, cousu machine. Taille spécifiée, 9 1/2, 60€ +10 de commission :

Gants de conduite

3- Chapeau trilby, presque neuf, Bugarach Chapelier Paris, finement gansé avec gros grain kaki, taille 59 / 6, 100€ +10 de commission :

Trilby

4- Exceptionnel, canotier presque neuf, Robert Chapelier Malakof, paille entièrement tressée et non collée, taille non spécifiée, certainement 57, 100€ +10 de commission :P1210063

Bonbons de Noël ;)

5 décembre 2013

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