LE CONCOURS – DESSINS !

2 juin 2014

Messieurs, et mesdames, l’épreuve fut rude ! J’ai eu toutes les peines du monde à finir le dessin en temps et en heure. Plus de 40 figurines à dessiner ! Un véritable travail d’Hercule, mené à bien en passant mes dimanches devant mon ordinateur ! Merci à ceux qui ont fait preuve de concision, pour faciliter ma lecture. Pardon par ailleurs pour ceux dont le dessin n’est pas l’exacte représentation de leur idée, mais parfois, les descriptions étaient vagues et sujettes à interprétations (poches notamment).

Je tiens malgré tout à vous remercier pour l’intérêt que vous avez porté à ce jeu amusant. Les réponses sont très différentes, très panachées et c’est tant mieux. Cela donne des visuels très différents. Nous pouvons alors nous apercevoir de l’extraordinaire diversité des propositions possibles, à partir de bases pourtant classiques et normées. Toutes les réponses ne sont pas canoniques du point de vue du style, mais toutes sont passionnantes ! Le choix va être dur. Je vous soumets les figurines.

N’hésitez pas à prendre votre temps avant de voter (dans l’article en dessous ou ICI), car vous ne pourrez le faire qu’une fois, votre IP étant conservée par le système de vote. Vous avez une semaine pour faire votre choix. Le scrutin se fait en cachant les résultats. Ainsi vous ne serrez pas influencés. Les trois premiers remporteront donc de petits lots. Je me joindrais (en figurine) au gagnant pour monter à bord du train dans une tenue que je choisirais aussi !

LES TERMES DU CONCOURS SONT RAPPELÉS ICI POUR LES RETARDATAIRES.

Si vous souhaitez les visualiser toutes sur un même support, la planche est disponible ici.

Lundi Dandy

30 mai 2014

Les plus parisiens d’entre vous pourront se rendre lundi à une soirée organisée pour Massimiliano Mocchia di Coggiola, qui une fois par mois, réunit des dandys et des gentlemen autour d’un verre et d’un thème dans un lieu convivial.

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Concours en cours !

25 mai 2014

Messieurs, bonsoir,

le concours a enregistré un nombre record de participants ! Diantre que de travail ai-je devant moi ! J’ai enregistré tous les commentaires, en m’arrêtant au dernier de ce dimanche, LM. J’ai passé ce jour quelques heures à pondre une bonne partie des figurines, non colorées pour le moment. J’avancerai un peu dans la semaine et dimanche prochain. En attendant, pas de nouveaux articles. Dès que j’achève cette tâche herculéenne, je publie, et nous vôterons.

En attendant, encore bravo pour votre réactivité et inventivité ! Je n’ai pour le moment ressenti aucun doublon, ce qui est assez impressionnant mais prouve aussi l’extraordinaire adaptabilité des petites règles que l’on évoque semaine après semaine ! Il y a même une figurine en t-shirt !

CONCOURS

Lancement du concours !

19 mai 2014

Chers amis et amies s’il y en a, permettez moi d’abord de vous remercier pour votre lecture assidue, vos commentaires toujours constructifs et votre bonne humeur, malgré parfois mon orthographe fantaisiste ! Je tiens le blog depuis un certain temps déjà, toujours avec envie, même si avec le temps les sujets paraissent plus difficile à trouver. Paraissent seulement, car le sujet est sans fin et les redites ne sont jamais un mal. Il faut rabâcher pour faire entrer des idées dans les têtes, surtout pour les nouvelles recrues !

Bref, cet humble blog, toujours droit dans ses bottes, raide comme le Stiff Collar, m’a permis de me développer, personnellement et professionnellement ! Je n’ai jamais voulu en faire la vitrine directe de mon activité de tailleur, sauf lorsque je suis assez fier d’une création ou de telles ou telles pochettes roulottées main.

Ce blog est lu uniquement par des gens influents ! Entre autres, je me souviens d’un charmant industriel-businessman qui m’a tourné autour quelques temps… Parmi eux, je retiens un autre Julien, maquettiste chez Hachette Presse, qui eut l’excellente idée de montrer mon travail à son éditrice. C’était il y a deux ans, et depuis je lutte chaque semaine à mettre des petites pierres les unes sur les autres, pour constituer une compilation complète – et presque nouvelle – de mon blog. Si j’y arrive, ce livre sortira bientôt, normalement. Je pense que cela vous ravira au plus haut point ! Je vous en dirai plus en temps et en heure.

Seconde personne, M. Alexis Brézet du Figaro qui fut emballé par cette tribune m’a-t-on rapporté. Tellement emballé qu’aussitôt je fus contacté pour y écrire une chronique hebdomadaire ! Depuis samedi donc, vous pouvez retrouver un feuillet de mon cru dans le cahier Art De Vivre en fin du Figaro Magazine. Quel avancement ! Je souhaite que vous y trouviez autant de plaisir que sur le blog. Le ton est le même, et en plus une correctrice passe derrière moi ;)

Entre temps, et cela certains l’ont déjà découvert, j’ai eu la chance d’être trouvé par M6 et la BBC pour l’adaptation de l’émission britannique English Sewing Bee. Dans ce programme, dix couturiers amateurs s’affrontent sur différentes épreuves techniques ou inventives, jupe, chemise, salopette d’enfant etc… Leurs travaux sont examinés par un jury composé d’un homme et d’une femme. Au Royaume-Uni, M. Patrick Grant est jury, et en France, ce sera moi ! Quelle aventure. Rarement vu tant d’engouement et d’envie de la part des candidats ; rarement vu tant de dévotion et d’effort de la part des équipes de télévision durant un tournage, disons le, éreintant ! Le programme est présenté par ma chérie, Chritina Cordula et sera diffusé à la rentrée.

Voici pour l’actualité, un peu chargée. Pour autant je ne délaisse pas du tout mon petit commerce, et serais bientôt épaulé par mon premier salarié !

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Passons enfin au concours du début juin. Comme l’année dernière, je vais vous soumettre un thème. Vous allez me proposer en retour une description précise. De cette description, je pourrais tirer de multiples figurines, et nous voterons pour la meilleure, les meilleures.

Cette année, il y a des prix :

  • PREMIER PRIX : une des mes cravates 7 plis, de la collection actuelle ou à venir, ainsi qu’une bouteille de Crozes-Hermitages E. Guigal 2010 rouge.
  • SECOND PRIX : une des mes cravates 7 plis, de la collection actuelle ou à venir.
  • TROISIÈME PRIX : une pochette roulottée main de la collection.

(Les frais de port pour les gagnants en province seront à discuter).

Mais allons-y. Le thème est EMBARQUEMENT A BORD DE L’ORIENT-EXPRESS.

En marge de la fabuleuse exposition Orient-Express à l’Institut du Monde Arabe à Paris, où les wagons ainsi que la locomotive vapeur de la SNCF sont présentés (et visitables, ce qui constitue vraiment le clou de l’exposition!), imaginez une tenue, costume ou dépareillée, pour vous présenter à l’enregistrement à la Gare de l’Est. Mettons que vous arrivez un matin, au printemps, pour un départ suivi d’une collation le midi. Au champagne bien sûr ! Le groom en livrée bleue vous tend une contremarque et prend vos valises. Montez !

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La description des tenues d’aujourd’hui, à écrire dans la page commentaire, doit être formulée de la manière suivante pour être recevable :

  • VESTE : forme, couleur, matière etc…
  • CHEMISE OU AUTRE :
  • PANTALON (AVEC OU SANS CEINTURE) :
  • SOULIERS (ET CHAUSSETTE) : forme, couleur etc…
  • AUTOUR DU COU :
  • AUTRE (optionnel) :

Suivant le nombre de tenues proposées, je ne pourrais toutes les dessiner. Je ferais alors un choix – le mien – souverain. Je me laisse éventuellement une semaine sans publication pour bien dessiner toutes les idées. Nous nous retrouverons alors et jugerons ! A vos marques…

Le petit maillot de corps

12 mai 2014

Je voyais cette semaine dans le métro un homme plutôt élégant, portant un chino à pinces et une jolie chemise. Son col de chemise était ouvert ! Et laissait entrevoir un maillot de corps blanc à col rond. J’ai immédiatement tilté : il doit être américain, c’est typique. Evidemment, il se mit à parler à la femme à côté, avec un fort accent… américain !

Le maillot de corps est-il un signe de propreté corporelle ? Un signe extérieur envoyé aux autres pour évoquer son hygiène et ses mœurs bonnes sous tous rapports ? Seul un américain pourrait répondre sur ce trait si typique de la culture US, qui transparait même à la télévision et au cinéma.

Je vais confesser en porter également, à col V, pour ne rien laisser deviner ! J’aime cette cotonnade car son touché est plus doux que celui des chemises, surtout moins froid le matin. Quand ce petit jersey blanc s’enfile sans y penser, la chemise bien repassée, apparait cassante, froide, même dans les plus fines étoffes.

Cela me permet également de ne pas abimer trop mes chemises, car les traces de transpiration attaquent fort le coton, et les déodorants modernes n’aident pas.

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Je sais que cette idée ne fait pas du tout l’unanimité, et je pense que vous serez nombreux à réagir à ce propos. Pourtant, il n’est pas si loin le temps où chacun portait un débardeur, le bien nommé Marcel d’après une société française qui le commercialisa sous ce nom ! C’était un signe de propreté, un sous-vêtement que l’on aurait oublié pour rien le matin. Le cadre le portait autant que le travailleur de force, mais pas pour les mêmes raisons. Symbole de la classe ouvrière, le Marcel permettait de protéger le torse des courants d’air tout en étant libre de ses mouvements au niveau des bras. Et ce coton se lave facilement.

Je crois avoir lu quelque part que cette invention – le maillot de corps en coton – est une invention européenne, que les soldats américains se sont appropriées durant la première guerre mondiale. Car lorsqu’ils sont arrivés pour nous aider, ils en ont découvert le confort par rapport aux maillots de corps en laine…

Et ce sont ces maillots de corps, le A-shirt (pour Athletic shirt) en anglais et marcel en français ainsi que le T-shirt (en forme de T), qui sont devenus de nos jours des vêtements à part entière et non plus des sous-vêtements. Il faut cependant éviter de porter le T-shirt avec un veste comme Ardisson ou Don Johnson dans Deux Flics à Miami ! Ce n’est pas élégant !

Bonne semaine, Julien Scavini

PS :La semaine prochaine, je ferai quelques annonces : un peu de mon actualité et aussi le lancement d’un nouveau concours, comme l’année dernière, avec quelques prix à gagner cette fois-ci. Je vous donnerai le thème complet, puis je dessinerai vos idées. Nous élirons les trois premiers, qui recevront cravates, pochettes, entre autres. Préparez-vous…

Le pantalon gris

5 mai 2014

Voici un article que je souhaite écrire depuis des lustres à propos d’un sujet qui me tracasse depuis toujours. Un sujet pas évident, sujet à controverse.

D’un point de vue classique, une veste sport, quelle qu’elle soit se complète d’un pantalon gris. De flanelle par exemple l’hiver, de laine froide l’été. C’est ainsi.

Seulement, deux choses me gênent dans cette idée. Premièrement, je classe le gris plutôt du côté des couleurs urbaines, qui s’opposent aux couleurs ‘sport’. D’un côté je range le gris, le noir et le bleu, de l’autre le marron, le vert, la rouille etc. Ainsi, je construis une garde robe sur ce principe. Avec le bleu pouvant jouer le rôle de pivot, qui se prête avec la même aisance au costume ou au chino.

Dès lors et c’est le second point, j’ai du mal à coordonner mes vestes sports dans les coloris cités plus haut avec un pantalon gris et des souliers marron. Car j’ai le marron associé au gris presque en horreur. A l’exception par exemple de souliers en veau-velours avec un pantalon gris foncé et un blazer marine. Remarquez, j’ai une paire de mocassins grainés qui vont bien – car assez sombre – avec du gris.

Je sais que nombre d’entre vous vont être étonnés par mes propos. Je marche sur des œufs, mais au moins cela provoquera un débat. Le gris va, il est conventionnel. Mais ce n’est pas l’accord ultime à mon goût, qu’en pensez-vous ?

J’argumente. Avec un veston de tweed aux tonalités marrons, que peut-on associer d’autre qu’un pantalon gris ? Immédiatement, je réponds pantalons marron (d’une nuance différente, ou d’une texture et/ou matière différente) ou sable. Autre option, si le marron s’accorde bien avec : du bleu marine ! Très Italien.

Si la veste a de légers carreaux bleus par exemple et si sa matière n’est pas du tweed, mais une laine fine, d’un genre très italien, alors un pantalon bleu ciel pourrait compléter également celle-ci, mais dans un accord très estival.

Je me souviens également d’un client à qui j’ai réalisé un pantalon de fin cavalry twill, dans une tonalité bronze. Superbe, à la fois légèrement urbain mais qui s’accorde à merveille avec les dégradés marron et rouille, ainsi que le vert. Et qui ne jure jamais sur des souliers marron.

J’ai également trouvé dans une liasse un sorte de gris mêlé de marron. Un tissu italien évidemment, que je trouve formidable, comme vous pouvez juger par le dessin. Ainsi, le débat est court-circuité par cet entre deux.

ILLUS49Pour ma part, je réserve maintenant mes pantalons gris aux blazers. Et avec mes vestes plus sport, j’associe l’hiver la moleskine ou le velours, et l’été la laine froide beige, le coton bleu ciel ou le blanc. Le chino beige ou marine joue un rôle intermédiaire. J’oublie enfin la flanelle anthracite, qui pour du gris, s’associe parfaitement avec les teintes marron. Une spécificité de cette matière chinée sans doute.

Finalement, s’habiller en suivant des conventions classiques est très facile. Un peu de bon sens et quelques règles suffisent. Par contre, commencer à s’habiller avec conscience, c’est à dire faire de son acte du matin une pensée construite, presque un art – de la futilité – cela fait réfléchir longuement. Très longuement. Au moins une vie…

Bonne semaine, Julien Scavini

PS : Je fais des fautes, oui et m’en excuse. Je publie très vite et n’ai pas toujours le temps de me relire. Et particulièrement sur les accords de couleur ! Mais bon sang, faut-il les accorder ou pas ? Je pars du principe que la couleur est quelque fois un adjectif qui s’accorde, mais plus souvent un nom commun qui est pris adjectivement. En gros, l’adjectif est aussi un nom. À ce moment-là, la couleur est invariable. Un avis sur la question ?

Le noir et le bleu

28 avril 2014

Pendant de très nombreuses décennies, les souliers noirs ont tenu le haut du pavé. Une chaussure de ville, prise comme une icône est noire. Les gentlemen d’Angleterre nous ont légué quelques codes, parmi lesquels l’usage de souliers différents avec une tenue formelle et avec une tenue sport. C’est ainsi que le noir et le sombre est devenues la couleur des tenues de ville, des tenues de cérémonie, bref de tout ce qui est important, et donc peut-être, du travail. Le marron quant à lui demeure une couleur plus naturelle, plus proche de la teinte de la peau d’origine, plus facile à marier avec des tenues décontractées.

De nos jours, les règles sont évidemment brouillées et personne n’est véritablement obligé – sauf par son milieu social, et encore – de respecter à la lettre ces préceptes. D’autant plus que si l’on suivait ceux-ci à la lettre, il ne serait pas possible de porter souvent les souliers marrons, surtout si l’on aime cela. Car de nos jours, et dans de nombreux domaines, la question du goût – personnel et collectif – se surimpose aux règles quelles qu’elles soient. Que je veuille ou non juger ce goût, il est là.

Et le goût du moment (est-ce une trouvaille italienne ?) consiste à associer un costume sombre avec des souliers marrons, y compris et surtout dans le cadre du travail voire même à un mariage ! Soit. Parfois et suivant le bleu, l’accord peut être sympathique. C’est le cas par exemple de l’alliance de flanelle bleu marine avec des souliers en veau-velours foncé. C’est parfois le cas avec des souliers d’un beau marron moyen, grainé, avec un bleu légèrement pétrole.

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Mais je m’arrête là, car l’usage de souliers marron clair est plus qu’hasardeux, avec du bleu marine ou pire, avec du gris… Ceci dit, il est bien vu de manière classique de porter l’ensemble blazer bleu, pantalon gris et souliers marrons. Donc le gris peut aller avec le marron. Une question de règles. Ceci-dit, je n’aime précisément pas tellement cet accord.

Les souliers noirs n’ont donc plus la cote ? Trop fades, trop semblables d’une paire à l’autre, trop classiques ? Classique ! Ah le mot est lâché pour immédiatement vouloir faire l’inverse. Pourtant, quel commun que toutes ces groles Eram, André ou Zara, marron clair, qui rebiquent car elles ne voient jamais d’embauchoirs ! Le métro le matin est un défilé de laideur.

J’avais récemment un client avec sa fiancé qui cherchait une telle alliance. Mon rôle n’est pas d’imposer mon goût, ni même de vouloir entrer dans de longs débats. Je fus très impressionné par leur capacité à trouver des règles pour associer gris et marron. Ils trouvaient que tel gris allait mieux, que tel autre moins. Je trouvais tout simplement que cela n’allait pas ensemble ! Chacun ses goûts.

Et finalement, ce qui me surprit le plus, c’est que le client chaussait des souliers noirs – un derby curieux – avec son jean, forcément…. bleu. Ah, alors ? Avec le costume bleu marine, plusieurs clients m’ont souvent dit que les souliers noirs ne s’harmonisaient absolument pas ! Que le marron était mieux. Mais là, le jean bleu par essence, se marierait-il mieux avec les souliers noirs? Je cherche encore la réponse … On se fait les règles que l’on veut. Cela s’appelle des principes à géométrie variable, un trait commun de l’époque.

Bonne semaine, Julien Scavini

Bonne fête de Pâques

20 avril 2014

Comme chaque année, un petit portrait de famille, avec pour thème le voyage et la course aux œufs en chocolat ! Quelque part, à la fin des années 20…

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En marge de ce dessin, découvrez également quelques clichés réalisés à l’intérieur de la boutique Charvet de la Place Vendôme. Les photos sont l’œuvre Claude Truong-Ngoc (qui m’a aimablement autorisé à en présenter ici) et publiées sous licence Créative Commons. J’en mets quelques unes en consultation directe ici, les autres sur la page Wikimédia !

Bonne semaine, Julien Scavini.

La couleur verte

14 avril 2014

Une couleur difficile le vert… Ces quelques mots lâchés par tante Constance dans Gosford Park (Maggie Smith par Robert Altman)résument parfaitement la réaction de chacun, hommes et femmes à l’idée de porter du vert. C’est vrai mais bien dommage.

Rappelons d’abord que le vert est la couleur dont l’œil peut voir le plus de nuances, son spectre étant très large. Il existe une infinité de variantes, vert pomme, vert anis, vert menthe, vert sapin pour les végétaux, vert sinople en héraldique, vert malachite pour les pierres dures, vert du vers de terre et vert de gris, vert ScotchBrite, vert et bleu canard et j’en passe. De plus le vert est considéré comme la couleur relaxante par excellence. Voir de la verdure repose l’esprit.

Seulement quand il s’agit d’en porter sur soi, le débat se corse. La couleur attire, mais repousse aussi, à cause du teint blafard qu’elle peut donner.

J’ai identifié quelques pièces simples, qui proposées en vert, peuvent être très belles : une veste de tweed, une cravate en grenadine, une chemise rayée, un pantalon chino. Voyez l’illustration. Seulement attention au choix du vert.

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Si ces pièces peuvent être superbes, on ne les mariera que peu entre elles. Et là où le vert acquiert un intérêt certain, c’est dans sa capacité à s’associer à d’autres teintes. Je n’en connais pas qui soit aussi versatile. Ainsi le vert s’associe : avec les bruns évidemment, les orangés et autres rouilles, dans un accord très campagne qui convient bien aux roux ; avec les gris et surtout les anthracites osant une harmonie exceptionnelle rappelant un ciel d’orage sur fond de forêt printanière ; avec les bleus enfin, pour des associations à la fois très étudiées et en même temps presque insensées.

Ainsi, une veste en tweed, par exemple un fin donegal, peut être portée alternativement avec un pantalon de moleskine marron, un pantalon de flanelle anthracite et un chino bleu. Avec une chemise dans l’accord général, soit petits carreaux vert ou marron, soit petits carreaux vert ou anthracite, voir une popeline bleu ciel, soit avec une chemise à petits carreaux vert ou bleu ou encore une popeline bleu ciel. Petits carreaux ou rayures du reste, bien que le premier soit plus sport.

La cravate en grenadine verte, je l’ai dessinée dans cet article, en complément de LA chemise bleu ciel qui va bien avec tout. Un accord majeur à l’italienne.

La chemise à rayures bengal vertes est aussi une trouvaille. Avec un costume uni gris souris ou gris foncé, l’effet peut être captivant et peut – c’est assez curieux – passer pour du bleu à une certaine distance. Cela change des habituelles chemises bleues. En plus, vous pourrez utiliser cette chemise y compris avec des tenues sport à dominante marron.

Enfin le pantalon chino vert est presque devenu ces derniers temps un incontournable chez la plupart des revendeurs, H&M et autres Napapijri compris. Cela doit être dû à la capacité de tels pantalons (qui vont du vert amande au vert kaki) de se fondre dans la masse sombre, sans pour autant être du déjà vu. Il y a les pantalons de couleurs, les pantalons gris et bleus et ceux qui sont verts. D’un vert camouflage très à la mode en passant par un vert plus acidulé, ils iront avec tout en restant discret. Assez étonnant n’est-il pas ?

Je vous laisse méditer ces quelques réflexions, je ne doute pas que cela vous travaille longuement !

Bonne semaine, Julien Scavini

Mon expérience en souliers

7 avril 2014

J’ai longtemps hésité à écrire sur les marques de souliers et notamment celles que je porte. Principalement car je ne suis pas un expert. Ceci dit, ce n’est peut être pas une tare, car quand je lis certains, compter leur nombre de port entre deux crémages, je m’estime heureux ! Bref, je vais vous relater mon expérience en souliers, plutôt humble tant du point de vue que de la critique des marques. Pour avoir été moi même critiqué (gentiment) ça et là sur internet, je vais prendre des pincettes, je suis sûr que vous comprendrez.

Quand j’ai commencé à me vêtir correctement, c’est à dire ‘à la parisienne’ et à abandonner mes sweatshirt Billabong et Quiksilver, j’ai découvert BEXLEY. Leur toute petite boutique de Sèvres-Babylone à deux pas des Beaux-Arts exerçait sur moi un pouvoir d’attraction fort. Des souliers du sol au plafond, dans de beaux rayonnages de bois. Superbe ! Mon goût avait été aiguisé par un professeur qui portait une paire de richelieu à bout droit en veaux-velours, dont j’avais reconnu la provenance (professeur depuis devenu un client, les retournements sont amusants, entre élégants).

J’ai commencé par une première paire identique, mais souffert le martyr au début. Je ne savais pas ce qu’était un soulier en cuir, les baskets rendant les pieds mous. Cependant j’étais particulièrement satisfait de la forme, très équilibrée avec son bout rapporté plutôt court et sa matière très feuille de tabac. Un bonheur dont je prenais grand soin : patin, fer encastré et embauchoir.

Je choisis toujours chez Bexley un richelieu noir, toujours à bout droit, mais d’une ligne plus John Lobb. Superbe là encore. Il complétait mon premier costume, un Hackett bleu marine que j’ai toujours. A l’époque cette vénérable maison proposait encore de la qualité !

La ligne du soulier est quelque chose qui m’obsède. Son balancement, ses proportions. Je suis devenu très difficile à ce sujet.

J’ai continué d’acheter chez Bexley. Toujours un peu trop grand (42 1/2, 43). Les vendeurs ne sont pas bien formés, le choix se fait un peu à la va vite. Mais je n’ai jamais trop souffert. J’ai également eu chez Bexley une paire de one-cut bergeronnette et une paire de tassel loafer en veau velours, dont un client m’a dit qu’elle ressemblait à des Green.

Et puis j’y suis retourné quelques temps plus tard, acheter la même paire que ma première, le richelieu à bout droit en veaux-velours. Disposant d’un peu de sous, j’ai pris la même en cuir marron foncé. Et j’ai bien déchanté. Cinq années se sont écoulées. Les formes ont changées. Légèrement évidemment, si bien que je ne le remarquais pas immédiatement. La forme est devenue plus large, le bout droit s’est allongé, si bien que les plis se forment maintenant sur celui-ci. Hérésie et douleur au gros orteil ! Celle en cuir foncé avait un cuir tellement dur qu’un ami a dû y pulvériser un produit pour les assouplir. Rien n’y fit. Les deux paires partirent à la poubelle bien vite et je fus contraint de garder ma très ancienne paire, qui avait franchement fait son temps, vaillamment.

Je ne suis jamais retourné chez Bexley depuis. Dommage, car le prix et le cousu Goodyear sont intéressants.

Autre expérience, chez BOWEN, un jour que je faisais des emplettes à La Vallée Village, un lieu où les marques écoulent leurs stocks à prix réduit. Je choisis un richelieu à bout droit, en veaux-velours gold. Couleur pas évidente, mais sur le moment j’ai apprécié. Je pris une paire en 9 (43). Elles ont très bien vieilli, en dépit d’une tâche de graisse faite dans la première semaine de port… Seulement j’ai remarqué qu’à l’usage, elles sont trop grandes et cela se ressent sur le confort. Le pied flotte et les orteils buttent à l’avant.

Je suis ensuite allé chez MARKOWSKI. Un ami bloggeur m’y a accompagné pour ce que j’estimais être une première expérience de vrais souliers. J’y croisais d’ailleurs le créateur, avec qui j’ai parlé de chemises non-iron Brooks Brothers. Je choisis une paire assez ronde de richelieu à bout droit noir, avec du fleuri car hélas le plus simple modèle était en rupture. Le vendeur de bon conseil, me vendit une paire de 8,5. Je signalais être un peu serré. A l’époque, je ne savais pas trop quelle était l’aisance nécessaire. Personne ne me l’avait expliqué clairement.

Là encore, j’ai souffert le martyr là encore. Ils ont en effet eu l’idée très saugrenue de placer une couture de doublure juste sur le côté du talon, vers l’intérieur, précisément là où je perce mes doublures, car je marche un peu sur le talon intérieur. J’ai pesté plus d’une fois contre cette couture ! Mais dès lors que sa sensation s’est estompée, ces souliers sont devenus de véritables chaussons. Et je dois dire être très satisfait par la ligne générale, harmonieuse et très anglaise. J’aime les souliers un peu rond, voilà qui est parfait. Seulement, je note que cette chaussure, au bout de deux ans est un peu trop grande. Comme quoi… Pour le prix, c’est merveilleux.

Parce que tout simplement la boutique Markowski est trop loin de chez moi, je suis allé ensuite chez LODING, dont plusieurs amis portent les souliers. J’ai pris un richelieu à bout droit, en cuir lisse gold. Je l’ai trouvé superbe dans le magasin. Le vendeur en jogging n’avait pas l’air de s’y connaitre, aussi ai-je pris une pointure qui me semblait bonne. Je les porte encore, mais sans plus. Oui c’est bon, mais la forme est à peine déséquilibrée, et cela me gêne un peu. Le bout droit est un peu trop long et l’arrondi a quelque chose de pas chic, de pas assez anglais, une forme de méplat maladroit que je ne sais pas caractériser vraiment. Quand je vous dis que je suis difficile. Finalement j’ai aussi une tare :)

Je continue toutefois de conseiller à mes jeunes clients et aux clients pour les mariages d’aller chez Loding. Jusqu’à ce qu’un client la semaine dernière me montre son achat, sur mon conseil (un richelieu noir à bout droit). J’ai découvert un cuir très dur et surtout un cousu blake. Non pas que ce soit un défaut, loin de là, mais disons que c’est dommage. Je pense que Loding se développant énormément, ses vendeurs doivent être confrontés en province surtout à des retours négatifs de clients ne comprenant pas qu’il faille en plus poser des patins sur des souliers déjà chers (ah inculture quand tu nous tiens), d’où également l’importance des semelles gommes maintenant.

Bref, l’expérience fut intéressante mais peu concluante.

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Puis, j’essayais 7EME LARGEUR. Tout le monde m’en parlait, il fallait que je teste ! J’y suis donc allé un matin avant d’ouvrir. Je fus agréablement impressionné par les formes. Je fis une folie et en pris deux paires, un richelieu à bout droit noir et un mocassin en cuir grainé marron. Le vendeur m’expliquait que mon pied était plat et que je devais prendre un petit soulier pour éviter les plis d’aisance trop marqués. Je me suis laissé convaincre. Pour une raison que j’ignore, il a absolument voulu me vendre le richelieu en 7 (40,5) et le mocassin en 7 1/2 (41), en me donnant une semelle intérieure pour faire monter le pied en plus. Soit ! Après deux ports des richelieus, j’avais le pied en sang et ce n’était plus possible. Je fis une réclamation pour un échange standard. Refus. Je suis donc allé chez mon cordonnier qui me les a élargies. Erreur. Le cuir sec a craquelé tout au long des pans élargis. Résultat moyen au final, avec des souliers très petits qui certes ne plissent pas, mais iront à la poubelle dès que j’aurais troué les doublures. Car les glissoires (ces pièces de cuir que le cordonnier pose à l’intérieur au talon) sont épais, trop épais en l’occurrence. Quant au mocassin, il n’est pas mal, même si je trouve que finalement cette forme ronde (la 206?) est vraiment trop ronde, pas élégante.

Expérience moyenne à désastreuse, je passe mon chemin. Finalement, j’en venais à être dégoûté des souliers en cuir. Chez Décathlon au rayon Nike et Addidas, c’est beaucoup plus simple et on est toujours très bien dedans ! Alors quoi ?

J’ai laissé passer du temps, sans rien acheter, car j’avais trop peur d’être déçu.

Puis un client est venu, qui est allé sur mon conseil pour son mariage chez BOWEN. Je fus très enthousiasmé par la forme et l’équilibre générale. J’y suis donc allé la semaine dernière, prendre un richelieu à bout droit en veau-velours. Le vendeur sympathique à qui j’ai expliqué tout ce que je viens d’écrire marchait sur des œufs. Il me fit essayer la paire 8 et la 8 1/2. Je découvris avec lui que j’avais un pied fort, évidemment plus serré dans le soulier. C’est un peu la même chose en tailleur. Lorsque le sur-mesure commence à être de qualité, on voit apparaitre les petits défauts, une épaule plus large d’un côté, un bras à peine plus long de l’autre. Je me suis décidé pour la plus petite paire des deux. Un peu serré, mais je compris l’idée : le veau-velours se détend bien. J’ai juste peur le jour où je devrai poser des glissoires. Mais pour l’instant, c’est un bonheur : forme équilibrée, cuir d’une belle couleur. Le mois prochain, je prendrais une paire en noir. Pour 305€, je suis assez conquis.

Bien sûr, quantité de clients me parlent de CROCKETT & JONES. Mais mettre 450€ dans une paire est pour moi encore impensable. On évolue à son rythme. Pour me faire l’écho de mes clients et poursuivre ce commentaire général, j’ai entendu extrêmement de bien de GAZIANO & GIRLING y compris de clients dans mon cas qui ont découvert le bonheur dans une de leur chaussure. Enfin, AUBERCY et LOBB semble tenir une place de choix chez nombre de messieurs classiques pas calcéophiles pour deux sous. Ils ne doivent être ni trop serré, ni trop au large. C’est le secret ! Et chez EDWARD GREEN, un de mes clients qui y a fait une folie ne le regrette pas !

Voici donc pour ce panel très large. D’habitude sur les blogs et magazines, il n’est question que de souliers à 500€ minimum. J’ai voulu contre-balancer cet esprit général élitiste avec mon humble expérience. Je n’ai pas jugé le cuir ou les montages techniques, je ne suis pas expert. Il s’agit juste de donner la parole à mes pieds, après tout, ce sont eux qui ont souffert, ou pas. La ligne et le confort, deux critères finalement hautement subjectifs qui n’engagent donc que moi et ne remettent pas en cause votre propre expérience… à vous d’essayer ces maisons. De toute manière, si ces maisons sont citées ici, c’est qu’elles sont déjà de qualité, je ne vous importunerais pas avec Er*m ou And*é …

Bonne semaine, Julien Scavini

 


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