Jeeves & Wooster

Certes, les nouvelles comiques relatant la vie du valet Jeeves et de son maître Wooster ont d’abord été écrites par Pelham G. Wodehouse entre 1917 et 1974. Mais une excellente adaptation télévisée a été faite.

Dans l’entre deux guerre, un jeune héritier pas tellement doué du nom de Bertram ‘Bertie’ Wooster attache à son service ce que nous appelons un valet : Jeeves. Ce ‘gentleman personnel’ du gentleman va le seconder en tout, devenant une pièce essentielle sinon indispensable de sa vie.

Bertie a la fâcheuse tendance de transformer de simples situations en d’inextricables imbroglios! Il est aussi stupide que son valet est brillant pour l’en sortir. Notons qu’à sa décharge, ses trois tantes le tyrannisent parfaitement! Les nouvelles, plutôt courtes, relatent ses successives aventures, entre Londres et sa campagne, entre clubs et manoirs. Les jeunes gens y sont oisifs, rentiers et joueurs ; les vieux sont vus comme de vieilles badernes et les maisons sont pleines d’un personnel bien dévoué, mais qui n’hésite pas à donner son avis et à intervenir avec espièglerie, tel est donc le cas de Jeeves.

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Sur un ton humoristique permanent, les péripéties se déroulent sans trop de sérieux, sauf en ce qui concerne la tenue de la maison et de son locataire! Car à ce stade, le serviable valet devient un parfait censeur, n’hésitant pas à remettre en bon ordre et à sa place son maître, sur ses tenues, ses goûts, ses sorties, ses fréquentations et même ses amours. Si Bertie refuse de se soumettre, Jeeves recourt alors à d’insidieuses méthodes.

L’adaptation sous forme de série télévisée a été réalisée par iTV dans les années 90, à une époque où l’Angleterre se passionnait pour son entre-deux guerres, avec l’adaptation d’Hercules Poirot ou de Brideshead Rivisited. Elle est visuellement parfaite, avec un Hugh Laurie désopilant et excellent joueur de piano (utile pour interpréter tout au long des 23 épisodes des tubes tels que Minnie the Moocher) et un Stephen Fry parfaitement savant et calculateur!

Il faudrait un livre pour décrire la garde-robe de Bertie. La ville est le domaine des costumes croisés (toujours avec le gilet) et des vestes à revers en pointe et gilets croisés. A la campagne, complets knickers et ensembles dépareillés sont de sortie. L’ensemble est complété de fabuleuses dinner jacket et queue-de-pie, conférant au tout une délicieuse atmosphère de perfection vestimentaire. Chapeaux, gants, souliers, pochettes et automobiles complètent le tableau. Quant à Jeeves, il arbore quasi exclusivement le black lounge (stroller) et la jaquette, ou la queue de pie pour le service du soir. Les autres acteurs sont parfaitement raccords, d’où une belle richesse et une unité.

Une merveille. Quatre saisons de cinq à six épisodes ont été tournées. Certains sont disponibles sur Youtube. Hélas en anglais, bien que j’ai pu il y a longtemps télécharger des fichiers de sous-titres, dont la mise en place est trop longue à expliquer ici. Je vous laisse le lien du premier épisode :

 

Bonne semaine, Julien Scavini

 

8 réflexions sur “Jeeves & Wooster

  1. Stéphane Mettetal 5 mars 2019 / 06:28

    Cher Monsieur, Merci pour votre article et pour le lien vers la vidéo. Bien cordialement, Stéphane Mettetal.

  2. Jean-Noël 5 mars 2019 / 19:04

    — Jeeves, c’est décidé, nous partons pour New-York. Préparez tout le nécessaire.
    — Bien Monsieur. Quel costume Monsieur portera-t-il pour le voyage ?
    — Le bleu marine finement rayé de rouge.
    — Non Monsieur, pas le bleu marine finement rayé de rouge.

    J’adore !
    L’intégrale des romans et nouvelles et la série complète en DVD se doivent de figurer en bonne place chez tout gentleman digne de ce nom 😉

  3. Reader 6 mars 2019 / 00:26

    I love the books and the series with Hugh Laurie and Stephen Fry.

  4. Margaret de SG 7 mars 2019 / 17:49

    Wodehouse en tant qu’écrivain est toujours considéré comme un peu léger, même frivole, par les Anglais, à l’instar de plusieurs autres écrivains humoristiques.

    C’est une erreur car la qualité de sa prose et de son reparti est extrêmement littéraire. Ceux qui perfectionnent leur anglais pourraient trouver les histoires absurdes, voire répétitives, mais ils apprendront le truc parfait pour s’exprimer en anglais avec une érudition douce, sans aucune prétention.

    Bien que Wodehouse soit démodé en Angleterre, il est souvent cité dans le marketing et le journalisme sans que l’écrivain ne se rende compte qu’il utilise une expression de Wodehouse!

    Bonne lecture!

  5. Jean-Noël 9 mars 2019 / 11:52

    Tellement célèbre qu’un des premiers moteurs de recherche sur le web (dans les années 90 ; bien avant l’invention de Google) s’appelait « Ask Jeeves »…

  6. Greg 9 mars 2019 / 19:21

    C’est curieux cette série tout de même, qui impose une vision égalitariste d’un rapport de dominance (seigneur – valet), et son succès dans la société britannique. Le valet Jeeves est-il heureux à repasser les chemises et nettoyer les affaires de son maître ?

    • Julien Scavini 10 mars 2019 / 16:17

      Heureux, c’est une bonne question? Le métier n’est pas plus déshonorant qu’un autre..? Si le maître est un employeur correct. D’autant qu’à cette époque, il était probablement plus confortable de travailler dans une bonne maison plutôt qu’à l’usine…

  7. Julien 12 mars 2019 / 22:29

    Les costumes croisés de Bertie avec ses pantalons taille haute et le gilet croisé… j’adore !

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