Interdiction de parler d’investissement

Dans la sphère sartoriale, le mot revient comme un tic de langage élégant : investissement. On n’achète plus un costume, on « investit » dans un costume. Prêt-à-porter de belle facture ou sur-mesure, le vocabulaire se veut rassurant. Il justifie la dépense, l’élève, l’ordonne. Pourtant, il faut avoir l’honnêteté de le dire : un costume n’est pas un investissement. C’est une dépense.

Un investissement, par définition, rapporte de l’argent. Il produit un rendement, un flux, une plus-value. L’achat d’un bien immobilier, d’actions, peut-être de Bitcoin : voilà des investissements. Ils comportent un risque, certes, mais aussi l’espérance d’un gain. Un costume, lui, ne rapporte rien. Il transforme un capital en objet du quotidien. Il habille. Il protège. Il met en valeur. Mais il ne fructifie pas.

D’autant plus et surtout, un costume est un consommable. Comme tout vêtement, il s’use. Il se lustre puis se perce aux coudes, se détend aux genoux et s’éventre à la fourche. Il peut même, parfois, se déchirer prématurément selon l’usage ou le tissu choisi. Une flanelle délicate ne résistera pas comme un whipcord dense ; un drap léger souffrira davantage qu’une étoffe lourde. Le textile porte en lui sa propre finitude. Acheter un costume de prix, ce n’est en aucun cas placer son argent : c’est accepter sa transformation en matière vouée à l’usure. Et hélas, le rapport prix / durabilité n’existe pas, il est parfois incohérent d’ailleurs. Un tissu précieux de Loro Piana est infiniment plus fragile qu’un gros drap de Dugdale.

Il n’y a donc aucun retour sur investissement dans un costume. Il n’y a qu’un plaisir acheté, et une réponse à un besoin. Philosophiquement, c’est une perte d’argent calculée. Calculable, même. On pourrait s’amuser à diviser le prix d’un costume par le nombre de ports, puis par le nombre d’années. Il pourra être très variable. Un client m’a ramené un costume gris ultra simple aujourd’hui, qui avait 10 ans, quasiment neuf, pour refaire strictement le même. Holland & Sherry avait encore le tissu, nous fûmes ravis ! On pourrait calculer aussi le coût à chaque lavage d’une chemise, ou le total annuel des cafés bus distraitement au comptoir. La différence, c’est que le costume se pare d’un discours noble qui tente de masquer l’évidence : l’argent dépensé est de l’argent parti.

Le seul investissement possible est ailleurs. Il est peut-être dans l’image que l’on construit, dans la crédibilité que l’on façonne, dans la confiance que l’on gagne. Mais alors, l’investissement n’est pas dans l’objet : il est dans la personne. Le costume n’est qu’un instrument temporaire, un révélateur. Une fois porté, il s’efface derrière celui qu’il sert. Il n’a jamais été qu’accessoire dans l’affaire.

Cela renvoie à son statut véritable. Le costume n’est pas une œuvre d’art que l’on contemple sous verre. Ce n’est pas un tableau que l’on accroche au mur pour en attendre la montée de la cote. C’est un vêtement du quotidien, qui l’a toujours été. Si notre monde décontracté lui confère aujourd’hui un caractère plus rare, presque sacré — mariages, grandes cérémonies, habits des dirigeants — il demeure un objet textile, avec les défauts inhérents à sa nature : imperfection, fragilité, usure.

Je m’amuse à détourner l’avertissement bien connu des financiers : « Les investissements comportent un risque de perte en capital. Avant tout engagement, veuillez bien comprendre les risques associés. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. » Si vous considérez l’achat d’un costume comme un investissement, prenez cette phrase au pied de la lettre. Le risque de perte en capital est total et certain. Votre costume peut être taché ou déchiré dès le lendemain de sa sortie d’atelier. J’ai moi-même déchiré la fleur de cuir d’une paire de souliers neufs la semaine suivant l’achat. Un tissu réputé solide peut se révéler décevant ; un autre, plus fragile encore. Et un costume d’aujourd’hui, fût-il commandé dans la plus belle maison, ne présage en rien de la durabilité de celui d’hier — ni de celui de demain.

Parler d’investissement à propos d’un costume, c’est vouloir ennoblir une dépense. Or la dépense n’est pas honteuse. Elle est même assumée, choisie, parfois joyeuse. On achète un tombé, une ligne, une sensation au porter. On achète une allure. On accepte, en conscience, la disparition progressive de la matière au fil des jours. Je n’y peux rien à cette vanité des choses. D’autant plus que je ne fabrique aucun tissu. Je ne fais que les utiliser.

Interdisons donc résolument ce mot lorsque nous parlons de vêtements. Un costume n’est pas un actif. C’est un compagnon d’usage, promis à l’usure, qui n’a d’autre vocation que de servir. L’investissement, le seul véritable, reste en nous : dans l’éducation du goût, dans la tenue, dans la manière d’habiter ce que l’on porte. Le reste n’est que tissu.

Sur ces mots durs, mais réalistes, je vous souhaite une belle semaine. Julien Scavini

La bonne largeur du bas de pantalon

Chaque jour, et à chaque prise de mesure, la question revient. Elle est presque rituelle : quelle largeur pour le bas du pantalon ? La question concerne la ligne de jambe, mais elle se cristallise sur un critère plus visible et très chiffrable : la largeur du bas, que l’on appelle volontiers sur internet « ouverture du pantalon », vocable pourtant absent des livres de coupe. Précisons d’emblée de quoi l’on parle : la largeur du bas de pantalon correspond à une demi-largeur, mesurée du pli avant au pli arrière. Un détail de vocabulaire, certes.

Face à cette question, il existe deux grands types de clients. Ceux qui savent. Ils arrivent avec un chiffre précis, parfois noté sur leur téléphone, parfois transmis par un autre tailleur, parfois glané sur un forum. Et puis il y a les autres, nettement plus nombreux, qui ne savent pas. Parmi eux, deux attitudes encore : ceux qui prennent peur, se sentent sommés de répondre à une question qu’ils estiment technique, et qu’il faut rassurer ; et ceux qui, au contraire, ont un avis spontané, une intuition immédiate, souvent liée à ce qu’ils portent déjà.

Travaillant à partir d’un pantalon de patronage que je considère comme bien équilibré et contemporain, j’observe une répartition assez constante. Environ 50 % des clients sont satisfaits de ce qu’ils essaient. « Semi-slim » dirais-je. « Demi-classique » pourrais-je encore dire avec malice. 30 % souhaitent élargir, ce qui correspond assez bien à l’air du temps : le pantalon large plaît de nouveau, et il plaît sincèrement. Enfin, 20 % souhaitent affiner, recherchant un mollet plus dessiné, un bas de jambe plus fin. Ce qui est important de comprendre, et que l’on oublie souvent, c’est que toucher au bas de jambe n’est jamais un geste isolé. Modifier cette largeur implique, par continuité, de revoir le mollet, le genou, la cuisse, dans des proportions variables. Le chiffre n’est que la conséquence visible d’un dessin global.

À titre personnel, j’ai longtemps porté des pantalons à 19,5 cm. Disons pendant une dizaine d’années. Je suivais une tendance, sans être totalement convaincu, mais sans la remettre en question non plus. Puis, il y a environ deux ans, en remettant entièrement à jour mes patronages, j’ai élargi progressivement. J’ai testé 24 cm. Sur le papier, la référence n’a rien de choquant : dans les années 50, le classicisme pouvait volontiers se situer à 24 ou 25 cm. Mais les tissus d’alors étaient lourds, secs, et garantissaient un tombé irréprochable. Les tissus contemporains sont différents. Même lorsqu’ils sont lourds, ils sont souvent fluides. À 24 cm, mon bas de pantalon flottait, comme une voile. Le résultat manquait de tenue. À 23 cm, en revanche, j’ai trouvé un point d’équilibre : le pantalon emboîte la chaussure sans excès, casse juste ce qu’il faut, pose bien — d’autant plus que je porte des bretelles, qui assurent une tension constante. Ce chiffre n’a rien d’universel, mais il est devenu, pour moi, cohérent.

Il existe pourtant une règle que certains clients citent avec un aplomb presque amusant, comme si elle était gravée dans le marbre : « la largeur du bas de pantalon correspond à une demi-pointure de soulier ». Autrement dit, 42 en chaussures, 21 cm au bas du pantalon. Je serais bien en peine d’en donner l’origine exacte — peut-être un forum ancien — et je ne suis pas certain de sa validité absolue. Mais je reconnais à cette règle une qualité : elle pose une base raisonnable. Un point de départ autour duquel on peut réfléchir, ajuster, discuter. Rien de plus, rien de moins.

Magnifique costume croisé, avec gilet sous la veste à la manière d’alors. Des lignes sculpturales, impossibles à reproduire avec les tissus mous d’aujourd’hui.


Ce que l’on retrouve d’ailleurs, sous des formes diverses, chez des sources sérieuses comme Gentleman Gazette ou Permanent Style, c’est cette même prudence : méfiance vis-à-vis des règles figées, importance des proportions, du tombé, du tissu, et surtout de la silhouette. Plus que la mode, plus qu’un chiffre, ce qui compte réellement à mes yeux, c’est l’adéquation du pantalon à la personne qui le porte. Le slim comme le large peuvent convenir, pour peu qu’ils soient assumés et qu’ils flattent. Un homme aux petits pieds et aux mollets fins supportera admirablement une ligne de jambe plus étroite, d’autant plus s’il a le sentiment que cela l’élance. La psychologie personnelle n’est pas un détail : elle fait partie intégrante du vêtement. Le tailleur doit être un peu psychologue. Comme tout commerçant aussi peut-être ne croyez-vous pas?

Le rôle du tailleur n’est pas d’imposer une mode, ni de réciter une règle, mais de comprendre s’il a le temps. Comprendre un désir, parfois un complexe, parfois une projection. C’est précisément pour cette raison que j’ai autant de plaisir à faire des pantalons très classiques que des lignes slim, voire des pantalons très typés années 70, moulants du fessier à la cuisse et élargis à partir du genou, donnant cette silhouette de pied d’éléphant que l’on croyait oubliée. Là encore, tout est question de cohérence. Ce que je ne peux pas comprendre en revanche c’est vouloir un pantalon large et ample et une veste petite et étroite. Ce que les parents d’un marié (qui n’osait parler le pauvre) me demandaient récemment. Cela a fini mal. Il faut de la cohérence. Une ligne.

La largeur du bas de pantalon est donc un chiffre, oui. Mais c’est surtout une ligne. Une ligne qui dialogue avec la chaussure, avec le tissu, avec le corps, et avec l’époque — sans jamais lui être asservie. C’est à cette condition seulement qu’un pantalon cesse d’être à la mode pour devenir juste.

La couleur : luxe et liberté ?

Le vestiaire masculin classique se méfie de la couleur. Il la regarde de loin, avec prudence. La couleur dépasse le cadre ! Je ne cesse de vanter les mérites du bleu, du gris, du beige — ce triumvirat rassurant où tout s’assemble sans effort, où l’on peut s’habiller tôt, mal réveillé, et garder malgré tout une forme de cohérence. L’élégance, dans sa version orthodoxe, est souvent une discipline : elle évite l’excès et refuse l’imprévu, grâce à une palette réduite. La couleur franche, elle, exige autre chose. Elle impose un choix net, donc une prise de parole.

Car il existe une chose curieuse avec la couleur vive : si elle est rare, elle est parfois très appréciée. On la remarque dans la rue, on la commente, on la trouve “charmante”, “audacieuse”, “fraîche”. Et, presque immédiatement, on ajoute — explicitement ou non — qu’on ne s’y risquerait pas soi-même. La couleur est donc un plaisir que l’on consomme par procuration. Ce n’est pas tant qu’elle serait laide ou vulgaire : c’est qu’elle est socialement coûteuse. Elle attire le regard, et le regard (en France notamment ?) n’est jamais totalement neutre.

C’est précisément ce qui rend intéressante l’idée suivante : et si la couleur, au fond, n’était pas qu’une affaire de goût, mais une affaire de position ? Non pas seulement au sens “classe sociale” façon manuel de sociologie, mais au sens plus subtil : la place occupée et, surtout, la tranquillité avec laquelle elle est occupée. La couleur est souvent portée avec aisance par deux types de personnes, en apparence opposées. Les messieurs argentés d’abord : ceux qui achètent sans se questionner. Pas de calcul, pas d’hésitation, pas de débat intérieur au moment de passer à la caisse. Ils n’achètent pas un vêtement coloré pour envoyer un message : ils l’achètent parce que cela les amuse, ou parce que la couleur les flatte, ou simplement parce que l’objet existe. La couleur, chez eux, n’est pas une revendication : c’est un non-sujet. Et puis il y a les moins riches qui, par tempérament ou par stratégie, veulent donner une impression de liberté, d’insouciance, parfois de futilité assumée. Observons Le Prince Jardinier qui vend des panoplies ultra-colorées pour des prix assez bas. La couleur devient alors une manière d’afficher une légèreté, une forme d’indépendance à l’égard des codes sérieux. Dans les deux cas, la couleur s’explique peu : soit parce qu’on n’a pas besoin de s’expliquer, soit parce qu’on refuse l’idée même de devoir le faire.


Entre ces deux pôles, on trouve le territoire le plus embarrassé : celui des amateurs raisonnables. Le mien ? Ceux qui aiment le beau mais veulent “bien faire”, qui admirent l’éclat mais craignent d’avoir l’air déguisés, qui se demandent avec quoi marier un vert pomme ou un violet estompé. Dans une garde-robe sobre de bleu, gris et beige, tout va avec tout, et l’on peut construire une élégance d’assemblages automatiques. Dès que l’on introduit des couleurs franches, la mécanique se grippe : chaque pièce devient un choix, chaque association un risque, et l’on découvre soudain que l’harmonie n’est pas une question de règles mais d’œil. La couleur oblige à apprendre.

C’est ici qu’Arnys redevient un cas exemplaire. La maison parisienne aimait distiller des teintes qui semblaient sorties des tableaux de Thomas Gainsborough : parme poudré, violet cramoisi, vert acide, bleu indigo. J’ai lu que les propriétaires, en 1946, juste après-guerre, avaient débusqué en Angleterre des fabricants de pulls très colorés. Le contexte compte : dans un monde encore marqué par les uniformes, par le kaki, par les teintes utilitaires et dessaturées, ces vitrines faisaient l’effet d’un choc. Une splendeur, oui — au sens littéral : quelque chose qui brille, qui tranche, qui donne de l’éclat. Mais Arnys avait aussi ceci de particulier que la couleur n’y était jamais gadget. Ce n’était pas “mettons du rouge, ça fera vivant”. C’était une palette cultivée, référencée, presque picturale. Et comme souvent avec les choses cultivées, cela comportait une difficulté : l’usage n’était pas évident. Il y avait un côté panoplie possible, une perfection trop juste, un ensemble trop complet qui basculait vite dans le théâtre. Pour porter la couleur sans tomber dans la caricature, il faut savoir introduire du jeu, de l’imperfection, de la respiration. Il faut accepter de ne pas être “assorti”, au sens scolaire du terme.


La question du mariage des couleurs est d’ailleurs ce qui effraie la plupart des hommes. Et ce n’est pas un hasard si l’on associe si vite la couleur à certaines traditions britanniques caricaturales, celles où l’on confond allègrement l’excentricité avec l’élégance. Il suffit d’observer certains “anglais de roman” ou certains anglais bien réels, hélas pour comprendre comment la couleur devient une démonstration. Trop de contrastes, trop de motifs, trop de certitudes, pour un résultat immédiat : on ne voit plus l’homme, on voit la performance. C’est ce danger qui nourrit la prudence du vestiaire classique : mieux vaut la neutralité que l’outrance. Mais la prudence ne finit-elle pas aussi par appauvrir ? La couleur, lorsqu’elle est bien maniée n’est pas une crise d’adolescence : c’est un raffinement.

Ce qui nous amène à une opposition contemporaine assez savoureuse : le “quiet luxury”, si en vogue, et à l’inverse ce qu’on pourrait appeler, avec un sourire, un “loud luxury”. Le premier s’exprime par des teintes discrètes, des tissus silencieux, une richesse qui se veut inaudible. Le second existe aussi, mais on le mentionne moins, parce qu’il contredit l’idée moderne selon laquelle le luxe devrait se cacher pour être légitime. Or, n’avez-vous jamais souri en voyant quelques “vieux riches” hauts en couleur ? Il y a une forme d’“old money” qui adore les couleurs visibles, non pas comme provocation mais comme évidence. Ceux-là portent des camaïeux osés parce qu’ils en ont le droit symbolique : ils ne demandent pas la permission. Ils s’habillent comme on meublerait une maison ancienne avec des objets singuliers : sans justification, sans notice, sans récit Instagram. La couleur, chez eux, n’est pas “audacieuse”, elle est normale. Ce n’est pas qu’ils veulent se faire remarquer ; c’est qu’ils n’imaginent pas devoir se faire oublier.


Et puis il y a un autre monde où la couleur règne, mais pour des raisons totalement différentes : le vestiaire technique et outdoor. Là, les inserts, patchs, aplats colorés, parfois fluo, sont partout. Comme si le coupe-vent contemporain devait être rouge vif par définition. Ce n’est pas une coquetterie : c’est une nécessité héritée, ou à tout le moins un héritage symbolique d’une nécessité. On se vêtait en couleurs vives pour être repéré en mer, retrouvé après un naufrage, vu sur une paroi, distingué dans la neige. La couleur vient d’un besoin pratique : survivre, signaler, localiser. Elle appartient au monde des marins-pêcheurs, des alpinistes, des sauveteurs. Elle est une technologie. Tandis que la couleur sartoriale, celle des beaux tableaux d’époques révolues et des maisons comme Arnys, vient d’un autre besoin : celui de représenter un rang, une culture, une aisance. Elle n’est pas technique, elle est historique.

Au fond, cela confirme l’intuition de départ : la couleur est moins une question de “goût personnel” qu’un fait social, presque une posture existentielle. Pour porter des couleurs franches sans tomber dans le déguisement, il faut une chose rare : la sérénité. Le droit de ne pas s’expliquer. Le courage, parfois, d’être visible. La couleur demande plus d’œil, plus de maîtrise, mais aussi plus d’indifférence au jugement. Elle ne va pas à tout le monde, et ce n’est pas une condamnation : c’est une réalité. Comme dans les tableaux de Canaletto, où le petit peuple reste dans le brun et l’élite s’autorise les nuances délicates et les éclats précieux, la couleur dit quelque chose de la place que l’on occupe — ou de la place que l’on décide d’occuper, envers et contre tout.

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Comprenons alors pourquoi tant d’hommes reviennent toujours aux mêmes bases : elles protègent. Et pourquoi, à l’inverse, une touche de grenat ou d’orange suscitent immédiatement une réaction. Ce n’est pas seulement beau : c’est parlant. La couleur n’est ni morale, ni raisonnable. Elle n’est pas toujours démocratique non plus. Elle est un luxe ancien, parfois bruyant, souvent joyeux, toujours révélateur. Et comme tout luxe véritable, elle ne se défend pas : elle se porte.

Bonne réflexion. Bonne semaine. Julien Scavini


Pour écrire ce soir, un peu de Glenn Miller