Après midi découverte des Pantalons

Bonjour chers lecteurs,

j’organise une après-midi de découverte de mon offre de pantalon samedi prochain. Je sais que vous êtes nombreux à demander l’organisation de cet évènement pour venir essayer les coupes et apprécier les matières.

Ainsi donc, venez nombreux, samedi 3 juin de 15h à 19h,

au 50 Bd. de La Tour-Maubourg, Paris 7ème.

L’occasion de voir et revoir les coupes S1 et S2 (l’atelier confectionnant la coupe S3 nous a hélas fait des misères, ce qui explique que le modèle n’est pas encore réassorti) et de découvrir le nouveau bermuda, avec ses détails très sartoriaux : taille haute, poche gousset à rabat, revers, ceinture à double boutonnage et pattes de serrages. Les matières sont belles : seersucker, lin lourd, coton militaire etc. Et le prix serré, 80€.

 

Profitez bien de soleil ! Julien Scavini

Trucs et astuces du costume en été

L’été arrive. Les chaleurs aussi. Que faire lorsque le travail impose de porter un costume mais que les transports en commun, dès le matin sont un supplice qui rend humide ? La réponse n’est pas simple.

Vous ne le savez peut-être pas, mais la plupart des vendeurs de prêt à porter que je connais, y compris dans les grandes maisons, ne s’habillent pas chez eux pour aller au travail. J’ai connu il y a très longtemps chez Hackett un vendeur qui arrivait en bermuda basket avant de se métamorphoser dans le vestiaire en super dandy. De même à la boutique de chaussures à côté de mon échoppe, le vendeur part le soir de manière bien plus décontractée qu’il n’est durant la journée. Un ami chez Berluti fait aussi de même. Et même, un autre qui travaille au siège d’HSBC affronte quotidiennement le RER dans une tenue légère, ses costumes étant dans son bureau. (Il a un grand bureau). C’est donc bien la preuve qu’il faut être inventif pour ne pas trop souffrir et rester frais.

Le gilet peut aussi être envisagé si vous n’êtes pas trop obligé d’avoir la veste. Vous pourriez ainsi la laisser au bureau et vous déplacer en bras de chemise. Votre tenue peut être composée le matin sans aucune veste aussi. Vous pourriez alors faire confectionner un simple ensemble pantalon + gilet ? Peut-être que votre employeur n’y verra que du feu. Vous pourriez avoir ‘laissé’ la veste à votre poste de travail…

Quand il fait chaud, je recours beaucoup à ce stratagème. J’enfile le matin un pantalon et un gilet seulement. En plus, ce dernier donne plus d’aisance, ce qui est idéal pour se courber jusqu’aux chevilles des clients.

En fait le gilet est une pièce paradoxale. Vous pouvez y avoir recours l’hiver pour avoir plus chaud et l’utiliser l’été comme vêtement de dessus pour ne pas avoir trop chaud. Cela reste très élégant.

Pensez aussi aux avantages indéniables des laines froides. Avec une trame ouverte permise par un tissage lâche, la laine respire. Vous pouvez demander aux bédouins qu’elle est la meilleure matière dans le désert. La laine !  C’est une matière confortable, aussi bien lorsqu’il fait froid que chaud, car elle régule la température corporelle. En plus elle drape admirablement et est ordinairement élastique, donnant de la liberté aux mouvements. Et le froissage disparait naturellement lorsque vous suspendez le costume. Le lin et le coton n’ont pas autant d’avantages.

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Question couleur, je trouve qu’il est de bon aloi de changer un peu de registre par rapport aux couleurs sombres de l’hiver. Aimez le gris et le bleu clair. Sans aller jusqu’au bleu ciel improbable sur un homme blanc, les bleus ardoises et bleu-gris parfois appelés air force blue sont résolument opportuns. En plus, ils vont bien avec des souliers marrons. Bien sûr, j’adore pour ma part les costumes beiges, qui se vendent assez bien et reviennent à la mode. Mais la nuance sable ne plait pas à tout le monde. C’est dommage, elle est pourtant d’un chic indéniable, qui vous place au dessus du lot!

Il est aussi intéressant de recourir à des mini chaussettes qui dégagent les chevilles. Associées à un mocassin, elles permettent au bas de la jambe de bien respirer et de profiter des petits courants d’air au sol et le long du mollet.  Une chaussure plutôt légère sera d’ailleurs plus agréable en été. Pourquoi pas dans les transports mettre une basket ou un sneaker simple, genre petite chaussure en toile? Les chaussures en cuir restent au bureau, c’est simple et efficace.

Pensez aussi aux chemises. Les manches ne doivent pas être trop longues pour que le poignet reste dégagé. Une manche plutôt courte laisse mieux respirer l’articulation de la main, ce qui procure un sentiment de liberté et de frais relatif. Et pourquoi pas une belle chemise en lin, ou en lin et coton? Cela ne choquera personne au travail et vous serez plus au frais.

Pour ma part, je l’ai souvent dit, j’apprécie les chemises à manches courtes. Mais jamais sous une veste ceci dit, c’est ridicule. Si vous ne portez pas de veste, mais simplement un pantalon (et un gilet?), et que le modèle ne fait pas trop bord de mer (notamment à cause de dimensions étriquées), allez-y. Les japonnais y ont beaucoup recours. En blanc, c’est simple et efficace.

Ainsi donc, il faut jouer avec toutes les options et étudier tous les points de la tenue pour résister de la meilleure manière à la chaleur. Pensez y.

Bonne semaine, Julien Scavini

La veste couleur tabac

Le printemps arrive à grands pas que déjà il faut penser au vestiaire de l’été, souvent moins riche que celui d’hiver. Difficile en effet de beaucoup s’habiller lorsqu’il fait chaud. Et alors que l’hiver de nombreuses étoffes existent pour donner de la variété à la tenue comme la flanelle, le tweed, les velours et les différents tissages de laines fines, l’été est plus restreint.

Toujours utile de le rappeler, il est d’abord important d’avoir quelques bons pantalons frais et bien choisis, en laine froide, en coton ou en lin pour associer à toutes les chemises possibles.  La veste apparaît comme plus accessoire lorsqu’il fait chaud. Encore un fois l’hiver permet de la variété, alors que l’été fait sécher la réflexion des plus élégants.

Un blazer marine réalisé dans une toile aérée de laine est des plus utiles.  Polyvalent, associable aussi bien avec un chino beige qu’avec un pantalon en laine grise voire écru, il est incontournable. Le blazer peut évidemment être coupé dans un drap plus clair, bleu air-force (bleu-gris) voire bleu ciel. Un choix plus rare bien que très élégant.

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Quel autre fond de garde robe incontournable s’offre à vous ?

Si vous portez beaucoup de chinos bleu marine, ce qui est mon cas, vous saurez que le blazer lui aussi marine ne convient que moyennement. Dans l’optique de changer un peu, les sahariennes écrues sont toujours superbes. Les détails nombreux qui y sont cousus (poches à soufflets, épaulettes) apportent un supplément d’âme à un vêtement par ailleurs réalisé dans une étoffe assez lisse et sans relief, souvent le coton. Elles ont en revanche le défaut de se salir vite si elles sont très claires.

La veste vert bronze, une couleur un peu militaire et très à la mode en Italie est une bonne piste encore peu explorée en France.

La veste tabac apparaît de son côté comme une réponse opportune. Unie, elle est simple et discrète. La couleur tabac est un juste milieu entre le marron chocolat (une couleur qui était à la mode dans les années 2000) et le gris. Seulement, la veste grise est un peu trop typé urbain et n’offre pas beaucoup d’associations possibles, quand au marron dur il donne une mine terreuse. Or, un fil à fil léger en laine froide couleur tabac est idéalement placé sur le gradient des couleurs.

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Ainsi, la veste tabac passe très bien avec des chinos beige ou même bleu, dans une harmonie tout à fait italienne.  Les lainages de cette teinte sont passe-partout. C’est la polyvalence même, la veste que l’on met sans même y réfléchir.

Cette veste peut-être unie pour maximiser les accords possibles en particulier avec les chemises rayées bleu ciel. Elle peut aussi arborer un élégant carreau-fenêtre vaguement fondu. La couleur du tweed et la fraicheur de la laine froide. Pour ceux qui n’osent pas le beige clair en veste, elle offre un juste équilibre sur la balance stylistique.

Les règles anglaises classiques dissocient le registre des habits de travail et de jour des vêtements destinés aux week-end et aux loisirs. Gris et bleu d’un côté, ocre, beige et brun de l’autre. Avec une telle veste, vous vous situez avec clarté dans la seconde catégorie. Parfait pour partir en vacances, les lunettes de soleil dans la poche poitrine !

Bonne semaine, Julien Scavini

La mode, la science et les dames

L’univers de la mode masculine classique est régi par des codes et des usages en fait assez simples, que je prends le temps d’expliquer ici. De nombreux auteurs traitent ce sujet, au fil de livres et de blogs nombreux. La conclusion des ces règles est simple : les hommes s’habillent suivant un usage lié à une occasion. C’est ainsi que le costume et les ensembles dépareillés se choisissent parmi un répertoire connu, dont on peut faire varier quelques formes et accessoires pour trouver le juste formalisme.

A l’usage (C’est ainsi, on fait comme ça) et au moment (soir, mariage, travail) se surimpose une troisième grille d’appréciation : le goût personnel. Ce goût vient principalement de l’expérience.

C’est de ce point particulier que je veux vous parler. Car à ce niveau, les dames créent toujours une très forte interférence. Quasiment à tous les coups, elles m’interrogent ainsi : pensez vous que ça lui aille ? Pensez vous que cela corresponde à ses cheveux ? Pensez vous que ça ne le fera pas trop grossir ?

Je manque à chaque fois d’exploser!

Oui oui et oui.

Les femmes s’habillent principalement suivant le moment mais avec une moindre connexion à l’usage, elles sont plus libres. Le corpus des références chez les femmes est énorme. Quand nous autres élégants référons au style anglais idéal ou au style preppy américain, nous restons très normés. Les femmes peuvent faire à peu près ce qu’elles veulent, elles n’ont pas d’académisme et ne se fie que modérément aux canons.

Toutefois, pour les aider, la presse féminine ne cesse d’inventer des règles, toutes plus abstraites les unes que les autres pour essayer de rendre logique ce qui l’est ou ce qui ne l’est pas. Et suivant les modes et les gourous, les règles changent. C’est ainsi que l’on fait la mode.

Il a les règles corporelles : femme en H, en 8, en L, en V. Il a les règles afférentes à la carnation : peau clair, peau foncé, peau comme ci, comme ça. Il y a les règles afférentes enfin aux cheveux : rousses, brunes, blondes. Il y a enfin les règles internes aux couleurs : celles qui s’opposent, celles qui vont ensemble, à l’aide de triangles, de cercles et autres diagrammes… Il faut enfin multiplier les règles entre elles… pour au final se dire que seules les plus expertes y arriveront, ce qui renvoie encore et toujours à la force de l’individualisme : certaines sont des génies, d’autres non. C’est toute la curiosité du monde post-moderne : il veut abolir les inégalités, proposer du progrès pour tous. Pour au final ériger en maître le super-individu capable de se frayer un chemin dans ce magma de pensée.

D’ailleurs, les hommes ont tendance à se laisser faire par ces méthodes. Le nombre de blog expliquant toutes les subtilités du t-shirt, des boots et des jeans, en rapport au corps et aux couleurs est vaste. C’est navrant.

Être un conservateur au niveau vestimentaire, c’est reconnaitre que personne n’est un génie (ou presque) et que dès lors se fier à des règles d’usage est plus pratique. Quitte, c’est toute la beauté des vêtements masculins, à accessoiriser sa tenue pour la rendre un peu unique. C’est toujours possible.

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Pour en revenir aux dames que je vois, je ne cesse de leur répondre la même chose : aucun scientifique n’a jamais prouvé que les carreaux grossissaient, aucun scientifique n’a jamais prouvé que les rayures allongent, aucun scientifique n’a jamais prouvé que le gris n’allait pas à telle personne etc…

Le répertoire stylistique des hommes est classique : gris, bleu, brun en majorité. Et quelques compléments. Dans ces classiques, tout va à tout le monde ! Tout va à tout le monde. Parceque je ne m’intéresse pas au rapport à la personne. Je ne m’intéresse qu’aux règles. Et un costume gris est normal. Un costume bleu est normal. Pourquoi dès lors n’irait il pas?

Avec ce genre d’idée, on finit par appauvrir le discours stylistique. La rayure va à tout le monde, le carreau va à tout le monde.

Pour moi, tout est dans la tête.

C’est là le point essentiel. Il est possible qu’un homme m’argumente : je n’aime pas porter de marron. J’admets cela. Je n’admettrais pas la phrase : le marron ne me va pas. Qui a dit ça?

J’admets qu’on puisse ne pas aimer. C’est un choix personnel basé sur l’expérience.

C’est exactement la même chose pour les revers en bas de pantalons. Par exemple des gens me disent : cela ne va pas au petit. Faux. Archi-faux. L’exemple de l’élégant sino-américain Mafoofan le prouve. Il porte bien les revers et ses vestes ont des revers généreux, autre exemple qui tord le cou à ce préjugé connu : il existe un rapport logique et scientifique entre la tête et les revers de veste. Non, il existe une règle tailleur qui veut que le col occupe environ la moitié de l’épaule. Après, le goût personnel s’impose, on peut aimer plus, on peut aimer moins.

Qui oserait critiquer de telles mises, sortant des meilleurs ateliers italiens. M. Mafoofan s’habille suivant les règles (costume, dépareillé, gris, bleu, beige etc…), suivant l’occasion (jour, travail, soir etc…) et enfin suivant son goût personnel, avec des mises typées. Il a envie, c’est dans sa tête… Alors je vois que ce que l’on va me répondre : ça lui fait une grosse tête… Mais mince alors. Il a une grosse tête comparativement à un corps menu. Aucun tailleur ne va dissimuler ce fait.

Il faut donc lutter contre ces préjugés idiots. Tout est dans la tête. Que vous n’ayez pas envie d’affirmer un style, je le comprends. Mais il ne faut pas se cacher derrière un dogme qui n’existe pas.

Le costume beige pour l’été est un autre bon exemple. Beaucoup de dames refusent que leurs hommes en mettent… Elles peuvent dire qu’elles n’aiment pas ça. A la place elles disent : ça ne lui va pas. Mais d’où? d’où??? Cela va à tout le monde ! Aucun scientifique n’a prouvé le contraire. Mais c’est une question d’envie. Il faut oser porter le beige. La dame peut dire : je ne l’aime pas en beige. C’est objectif. Le beige ne lui va pas est subjectif.

Les gens ont toujours peur de leur ombre. La chance : le vestiaire classique est fait pour se dissimuler. C’est un fait. On a le droit de se dissimuler. Mais je n’aime pas que l’on mette cette envie de discrétion sous la responsabilité d’un dogme qui n’existe pas…

Les gens adorent la liberté et la revendique, tout en se créant des règles qui n’existent pas (les rapports de couleur) et en rejetant des règles qui existent (les règles classiques). C’est fou.

Le vestiaire classique a quelques règles (usages, couleurs, situation) et se mêle assez facilement au goût personnel (discret ou épatant). Toutes les autres règles visant à expliquer ci ou ça sont idiotes. Elles ne servent qu’à camoufler une couardise. On a le droit de dire : je n’aime pas en porter. C’est beaucoup plus honnête intellectuellement !

Bonne semaine, Julien Scavini

Se faire confectionner une veste sport

Quand vient l’idée de se faire confectionner une veste sport, plusieurs questions doivent se poser. Car à la différence d’un costume, assez normé et plutôt lié à l’uni et au gris et bleu, le veston dépareillé pose beaucoup de questions. Le répertoire des tissus est extrêmement varié, la palette de couleurs très imposante et les motifs nombreux.

Il faut d’abord se demander si la veste sera destinée à l’hiver, à l’été, ou à la demi-saison. Si les laines à costumes classiques sont appelées quatre saisons pour leurs capacités à être mises toute l’année, les draps pour vestes sont disponibles dans différents poids, du tweed de 500grs aux mélanges aérés d’été en 240grs. Il faut donc bien s’interroger sur la saisonnalité et envisager tout de suite l’idée que la veste ne sera pas utilisée du 1er janvier au 31 décembre.

De là découlent trois vestes types : les vestes d’hiver bien lourdes, les vestes d’entre deux, assez nombreuses et enfin les vestes d’été, finalement assez rares et peu utiles tant les températures poussent à rester en chemise.

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Ensuite viennent les motifs. Les tissus de costumes là encore sont relativement simples, principalement unis ou à micro motifs discrets, chevrons et caviars. Les rayures et carreaux sont possibles, mais dans les faits assez rares. Alors que les draps pour faire des vestes sports sont très variés et rarement unis. Les carreaux se payent la part du lion, du plus discret au plus bariolé. Il convient de se poser la question de la praticité à ce niveau.

Une veste sport facile à mettre – en particulier si c’est votre première – sera plutôt unie. Elle ira ainsi avec tout et en toute circonstance. Bien sûr, si vous souhaitez vous amuser un peu, un carreau discret égayera bien votre tenue, mais il faudra choisir une chemise en conséquence, notamment en évitant les rayures.

Du côté des vestes unies pour l’hiver et la mi-saison, des petits tweeds unis ou à petits motifs comme les chevrons seront parfaits. Polyvalents en même temps que discrets, c’est un choix raisonnable. Les tweeds donegal, avec leurs imperfections colorées sont parfaits. Les drapiers italiens ont aussi trouvé le truc en proposant des draps laineux, proches des flanelles.

D’ailleurs, à ce sujet, il est possible d’avoir recours à des tissus de ville pour se faire confectionner une veste dépareillée. Un beau prince de galles ou une flanelle unie peuvent être bien vus. Mais trop simple aussi?

Les carreaux font la force des tissus de loisirs. Ils sont petits, grands, estompés, marqués, de couleurs discrètes ou de tons vifs, ils sont à manier avec précaution et doivent être choisis avec tact. Et il faut se laisser convaincre. Tous les tissus sont beaux et rares sont les erreurs. Un carreau liant bleu et marron est facile quand même. Et une veste ainsi faite égaillera toujours vos sorties.

Le printemps approchant, il faut se poser la question de la saison plus chaude. Et là les réponses sont moins aisées. Bien sûr le tweed est merveilleux et très agréable. Mais enfin, dès qu’il fait 25°c, il n’est pas évident à porter.

Les nattés permettent de réaliser de beaux vestons, efficaces en mi-saison comme en pleine chaleur. Ceci dit, l’effet est plus uni et on perd l’aspect ‘tweedy’ si cher aux messieurs. Comme j’avais pu l’écrire précédemment, quelques mélanges de laine et soie répondent à cette idée.

 

L’été aussi les carreaux sont de sortie. Dans des tons plus ou moins bariolés d’ailleurs. Les mêmes problématiques se posent. Il faut penser à la panoplie idéale, en pensant à deux ou trois pantalons complémentaires. Bien sûr un pantalon blanc va toujours et avec tout, mais c’est très habillé. A moins d’essayer un chino blanc? Le chino beige lui doit être considéré en priorité. Et je pense aussi qu’un pantalon de laine bleu moyen à clair fait beaucoup d’effet l’été en association avec beaucoup de vestons.

 

Comme vous le constatez, les tissus sont nombreux, les coloris et motifs variés. Cela fait beaucoup à penser. Et je ne parle même pas des formes de la veste, avec ou sans poches plaquées, deux ou trois boutons, épaule napolitaine, etc, etc, etc… Mais au fond, n’est-ce pas une chance et un plaisir? A l’heure de l’uniformité, choisir un drap sport est un plaisir et signe de différenciation.

Bonne semaine, Julien Scavini

Les détails colorés

Depuis très longtemps, les logos brodés et autres petits insignes ornent les vêtements sports, comme le polo et parfois les chemises, Ralph Lauren en étant l’exemple le plus parfait. Depuis une décennie, je vois aussi pulluler d’autres détails colorés apposés sur les vêtements classiques. Ainsi, la veste a été assaillie d’effets de style. Il y a eu les boutonnières colorées. Une au revers ou une en bas de manche, voire toutes. Puis il y a eu les boutons colorés, tous ou juste un en bas de manche. Trouvailles de stylistes en manque d’inspiration?

Quoiqu’il en soit, j’ai toujours été navré de ces bidules. Ça n’a aucun intérêt il me semble, à part attirer l’attention sur des costumes qui de toute évidence sont médiocres. Car il faut bien se l’avouer, à part Célio et consort, peu de maisons de qualité ont osé ça! Ces trucs en trop sont presque un panneau porté sur la personne, les signes extérieurs visibles d’un goût du too much mal placé. Il y a bien d’autres moyens de faire remarquer son goût. Prenez le mouchoir de pochette par exemple. Ou la fleur à la boutonnière. Ou une paire de chaussettes colorées. Voilà des vrais signes d’élégance.

Surtout, ces détails vieillissent affreusement vite. Remarquez déjà comme ils ont disparus des rayons. Certains stylistes ont quand même dû se rendre compte de la niaiserie intellectuelle de l’affaire. D’autant plus que les clients se lassent de tels effets. Un costume aux boutonnières bleus prend très vite un coup de vieux passé une ou deux saisons…

Ce qui dénote une belle veste, c’est un beau tissu. Un tissu précieux par son tissage et sa matière ; un tissu riche par sa lumière et ses effets. Un beau tweed se suffit à lui même. Une belle flanelle se suffit à elle même !

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Par contre, au rayon chemise, je suis plus disposé à faire des concessions.

Je note tout de même la tentative des boutons colorés… Là encore, je passe. Je note aussi l’idée de disposer des boutons sur le côté des cols. Je passe encore plus. Je note enfin les cols à étages multiples et colorés. Je me bouche carrément le nez.

Ceci dit, des maisons comme Paul & Shark, Hilfiger, La Martina et d’autres, ont tenté les détails colorés. Notamment en essayant d’enluminer la garde des boutons. Vous savez, le bord de la chemise devant où sont cousus les boutons. Chemise fermée, on ne voit presque rien. Col ouvert, la bande colorée, parfois rayée sous la forme d’un gros grain comme les chapeaux, apparait. Parfois pour scander les couleurs de la marque. Pourquoi pas. Sans cravate, elle donne une note de gaieté bienvenue.

Les intérieurs de pieds de cols et les intérieurs de poignets peuvent aussi être réalisés dans un tissu contrastant. C’est un détail léger qui là aussi n’apparait que col ouvert. Je dois dire l’avoir tenté quelques fois pour des amis qui me demandent des chemises de week-end. Si les tissus sont choisis en camaïeu de bon goût, c’est à dire dans des teintes légères et harmonieuses, c’est pas mal du tout.

Mais là encore, rien ne remplace un beau tissu et de beaux boutons en nacre. La digne élégance ne se remarque pas au premier coup d’œil, elle se hume.

Sur les chaussures, c’est pareil. Inutile de vouloir acheter une paire avec plein de couleur et des détails voyants. Au contraire, un très beau modèle bien ciré attirera plus le regard des passionnés qui verront en vous un connaisseur. Les chaussures simples et classiques peuvent par ailleurs s’émanciper un peu avec des crèmes colorées qui donnent des nuances différentes. Pour les mariages, je souffle toujours à mes clients que des lacets peuvent se changer pour le jour J. Des lacets bleus sur un soulier noir ne sont pas déshonorant s’ils rappellent la tonalité générale.

En bref, comme vous le voyez, je navigue à vue parmi l’ensemble des propositions contemporaines, souvent trop voyantes et extravagantes. Je ne suis pas contre mais j’avance avec précaution.

Car au fond, je suis un grand admirateur des vêtements militaires d’ancien régime. Avec leurs écussons, leurs broderies, leurs boutons armoriées, leurs ganses et leurs sous-tâches, ils sont un festival de couleurs et de beautés. Il n’est donc pas interdit, dans un monde moins figé où le costume perd du terrain, de s’interroger sur de nouveaux codes et artifices pour embellir les vêtements. Le nombre d’habits est plus restreint aujourd’hui. La veste cède du terrain et les chemises deviennent incontournables. Pourquoi ne pas rechercher des moyens d’apporter de nouveaux ornements ? Le tout est de le faire avec goût… Et tous les goûts sont dans la nature. En attendant la juste réponse. Existe-t-elle ?

Bonne semaine, Julien Scavini.

La Panthère Rose

Ce week-end, en cherchant quelque chose à regarder sur Netflix, vaste bibliothèque filmique où l’on ne sait plus quoi visionner, je me suis laissé tenter par La Panthère Rose, avec Peter Sellers et David Niven. Cette comédie de Blake Edwards, sortie en 1963 m’a grandement séduit. Non pour l’humour qui a un peu vieilli malgré de très bons moments, mais pour les décors et les costumes. Et David Niven. Bien sûr.

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Le film regorge de belles tenues. Les dames ont été habillées par Yves Saint Laurent (Capucine et Claudia Cardinale qui joue une princesse indienne) et les messieurs ne sont pas en reste. Quelques captures d’écrans pour en témoigner. Il y a d’abord l’inspecteur Clouseau, qui pour une raison que j’ignore est Français. Comment pourrait-il en être autrement? C’est un peu le shadock de la police. Il pompe, il pompe, mais n’arrive à rien. Une spécialité de pays 🙂 Quoiqu’il en soit, il a un très beau trench coat !

 

Une grande partie de l’action se passe à la montage, en Italie, à Cortina d’Ampezo. A l’époque pour skier, les élégants ne revêtaient pas une combinaison étanche bariolée et un casque de moto comme aujourd’hui. On skiait en gentleman. En col roulé et pull col V. Toute une mode ! Remarquez aussi l’étroitesse des pantalons (en laine strech), une coupe unique !

 

Ce beau monde voyage beaucoup, mais ne voyage pas léger. David Niven (sir Charles Lytton dans le film) aime la variété pour la nuit. A noter le pyjama de soie écrue sous la robe de chambre verte.

 

J’ai noté deux tenues intéressantes : d’abord une curieuse petite veste verte. J’ai cru à une veste autrichienne. Moi qui n’aime pas ça, je demandais à voir sur David Niven. Finalement, il s’agit d’une veste type autrichienne, mais en tricot. Regardez la ganse. Il me semble qu’elle fait partie du vêtement. Elle n’est pas rapportée je dirais. Seul un tricotage peut produire cela. Intéressant vêtement que l’on ne voit plus guère. David Niven porte aussi la cape à merveille. Une trouvaille !

 

Son neveu dans le film ne manque pas de chic non plus. Ci-dessus avec un col-roulé rouge, une veste grise et un pantalon anthracite (c’est très élégant!) et ci-dessous en costume gris et chemise ivoire! Je n’avais jamais eu l’occasion de voir le résultat d’une chemise ivoire portée. Pas mal. Pas mal… Au tout début du film, David Niven porte aussi un col roulé noir avec un blazer droit, un pantalon gris et des souliers noirs. La pochette donne la dernière touche de dignité qu’il faut !

 

Et surtout, la scène d’anthologie sartoriale : le smoking à veste de velours rouge ! Diantre. Le modèle sera en exposition dans ma boutique bientôt !!! Sublime. Il arrive avec une sorte de polo-coat noir doublé de rouge. Il porte des mocassins en velours brodés. Et les manches de la veste ont des revers. Je tombe en pâmoison.

 

Enfin, je ne pouvais résister à capturer une des scènes les plus drôles du film, lorsque deux cambrioleurs, déguisés à l’identique, cambriolent en même temps le même coffre à double fond et se découvrent l’un l’autre à chaque extrémité du coffre… J’en rigole encore !

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Belle et amusante semaine, Julien Scavini