Chaussettes hautes et pantalons étroits

C’est une problématique récurrente lors de l’essayage des pantalons : le mollet accroche et le pantalon se bloque en dessous du genoux. C’est particulièrement vrai lorsque l’on passe de la position assise à debout. J’ai moi-même souvent rencontré ce désagrément, et l’on se retrouve à faire quelques pas comme si le pantalon était devenu un knickers. Parfois il faut taper un peu du pied pour faire redescendre la jambe sur la chaussure. Le mal contemporain!

Cette question du pantalon qui se bloque sur le bas de jambe a trois causes : un mollet fort, un pantalon étroit et des chaussettes hautes, les mi-bas.

Tout cela est surtout causé par l’étroitesse actuel de nos culottes. La majorité des pantalons – à la demande des clients – sont coupés sur environ 19cm en bas. Et parfois moins, 18,5, 18 voire 17 sont parfois demandés. Ainsi ajustés, les pantalons sont très collant au mollet. En position debout, c’est assez joli, mais un fois assis, le mollet s’élargit et bloque la jambe qui ne veut pas retomber.

ILLUS164

Lorsque le pantalon, fait 21 cm ou plus, il n’y a aucun problème. Cette allure à l’ancienne fait bon ménage avec les mollets forts et les chaussettes mi-bas.

Le problème est en plus renforcé lorsque le pantalon est d’une matière non-lisse, comme la flanelle. Avec un super 150 fluide, le pantalon glisse un peu mieux.

Les clients se tournent alors vers moi pour exiger une solution. Que puis-je dire? Soit couper le pantalon plus ample, soit se passer parfois de chaussettes hautes.

Pour ma part, c’est ce que je fais. Avec mes pantalons les plus étroits et les plus rugueux (comme mes costumes en flanelle), j’abandonne les mi-bas et je recours aux petites chaussettes. Labonal en produit d’excellente en coton ouaté, de toutes les couleurs, qui tiennent relativement bien le mollet sans s’affaisser. Et pour les esprits chagrins qui pensent au mollet mis à nu, il n’en est rien. Un pantalon étroit n’arrive pas à monter haut et se bloque passé la cheville, ne découvrant que de manière rarissime la jambe.

La chaussette mi-bas est la plus confortable et la plus érudite des manière d’habiller le pied. Mais elle fait meilleur attelage avec des pantalons un peu ample. A l’inverse, un pantalon slim s’accordera mieux avec une petite chaussette. Il est possible de penser à une saisonnalité sur ce point : mi-bas élégant qui tient chaud l’hiver avec des pantalons à 20cm (il faudra un peu taper du pied parfois, et alors!) et chaussette l’été lorsqu’il fait chaud, avec des modèles plus affutés.

La vie d’élégant est pleine rebondissement!

Belle semaine, Julien Scavini

Ourlet ou revers ?

Lorsqu’un client sort de la cabine d’essayage, invariablement, je pose les deux même questions : la ceinture est-elle bien ajustée et voulez-vous un ourlet simple ou un revers?

L’ourlet invisible consiste à couper le tissu 5 centimètres plus loin que le bas, et à retourner ce tissu à l’intérieur. Ce trop plein de tissu est ‘glacé’, autrement dit fixé, à l’aide de points qui prennent seulement l’épaisseur du tissu. Des points invisibles réalisés à la machine ou à la main. Le revers consiste en un pliage de tissu qui fait apparaitre une bande à l’extérieur.

Le revers fait classiquement 3cm de haut, c’est ainsi que l’aiment les vieux messieurs. De manière contemporaine, 4cm semble une plus juste valeur, avec un peu plus de présence. 5cm est beaucoup à mon goût mais je reconnais que cela donne une impact visuel intéressant. Bien sûr, 4,5cm est aussi possible. La complication est toujours possible…

Curieusement, beaucoup de clients passés la quarantaine s’étonnent que je propose les revers. Souvent, la femme qui les accompagne s’étouffe en trouvant que cela fait vieux. Indéniablement. Et je réponds que les jeunes adorent ça, ce qui remet les pendules à l’heure. Car oui, les plus jeunes apprécient beaucoup le revers.

Je suis à peu près sûr qu’en volume, je fais au moins 40% de bas revers. La courte majorité revient donc à l’ourlet, mais sans netteté.

ILLUS163

Si beaucoup ont un avis tranché sur la question, un certain nombre toutefois s’interroge sur l’opportunité de l’une ou l’autre finition. Les hésitations sont parfois longues. Que répondre à mon niveau, ce n’est pas simple. Bien sûr, il serait possible de dire que le revers est plus opportun sur un vêtement décontracté alors que l’ourlet simple est plus formel. Mais ce qui est vrai à Londres est inverse ici. Le revers fait assez formel. Alors, c’est un peu la roulette.

Comme le disait John Slamson de Parisian Gentleman en visite récemment, ça dépend un peu de l’humeur du jour et de l’âge du capitaine. Je dois dire que pour moi même, je choisis au petit bonheur la chance. Certaines fois, le revers m’inspire, d’autres, la simplicité de l’ourlet me plait.

Quant à savoir si le revers tasse ou si l’ourlet allonge… C’est des fadaises. Tout est encore une fois une question de goût personnel. J’écoute toujours bien sûr avec attention les empilements argumentaires à ce sujet. Les architectes prétendent aussi que telle couleur repousse les murs et que telle autre les écrase. C’est assez subjectif.

Alors laissez-vous faire. Devant un miroir lors d’un essayage, tous les petits détails prennent des proportions délirantes. Au fond, le bas du pantalon, on ne le voit plus dès qu’on le porte. Alors, relativisons.

Belle semaine, Julien Scavini

 

La poche cavalier

Sur un pantalon se trouvent un certain nombre de poches : les poches côtés, les poches dos, parfois une poche gousset réalisée à la lisière de la ceinture pour placer un peu de monnaie ou une montre et parfois aussi des poches cargo, à soufflets, sur le côté de la cuisse. Si toutes ces poches présentent une ou deux variantes, la poche côté elle peut prendre jusqu’à quatre configurations.

Classiquement, les poches côtés sont réalisées dans un biais léger, qui permet plus facilement de faire entrer les mains. L’ouverture peut également être pratiquée dans la couture. La poche s’ouvre alors à la verticale, ce qui est très discret. Une option que j’ai choisi pour ma ligne de pantalon. Les tailleurs autrefois affectionnaient la poche côté passepoilée. Plus technique à réaliser et plus fragile, elle se situe plus en avant sur le flanc de la cuisse et nécessite un pantalon ample pour rester élégante. Si le pantalon serre, les passepoils s’ouvrent. Il faut vraiment que les tailleurs compliquent tout, juste pour montrer que c’est possible!

ILLUS155-1a.jpg

Enfin, les poches côtés peuvent être disposées de manière cavalière. Assis sur le dos d’un cheval – d’où le nom – il est plus aisé de mettre la main dans la poche par le haut. Une poche n’ouvrant que par le haut garde aussi mieux les petites choses que l’on y place, monnaie, clefs ou contremarques diverses.

Ainsi, la poche cavalière présente une ouverture largement horizontale et peu importante sur le côté. Chez les tailleurs, la poche cavalier est réalisée par une succession d’angles droits et biseautés, comme sur le dessin.

Les jeans utilisent la même poche, à la différence qu’elle est découpée en arrondie. Une forme très élégante me semble-t-il.

ILLUS155-1b

Pendant longtemps j’ai été très circonspect sur l’usage de cette poche. Il est vrai que la disposition ‘par le haut’ rend l’accès à la poche mal aisé. Mais a priori, on ne met pas ses mains dans les poches, donc ce n’est pas un problème.

En revanche, cette disposition a deux aspects positifs très importants : elle permet à ceux qui mettent des choses dans les poches – ce qui n’est pas mon cas, c’est très disgracieux de mettre des choses dans le pantalon, ça alourdit tout – de les garder sans risque de perte. Je pense que le jean, vêtement de travail, a été développé suivant ce principe.

Surtout, la poche cavalier règle le problème de la poche qui fait des oreilles, qui s’épanche en s’affaissant. C’est le mal des pantalons contemporains, coupés ajustés. Si le fessier est à peine fort ou si – surtout – le bas ventre appuie à peine sur la ceinture, les poches côtés verticales s’ouvrent de manière disgracieuse.

ILLUS155-2.jpg

La poche cavalier, en étant coupée horizontalement améliore grandement ce point et permet au bassin d’apparaitre étroit, au plus près de la cuisse. L’allure est au plus près. Dans les années 60 et 70, les pantalons très moulants ont popularisé ce modèle, y compris chez les grands tailleurs. La réponse technique est la bonne lorsque le ventre est un peu fort et fait bailler les poches classiques. Pour ma part je n’ai pas ce problème, mais je l’applique aussi souvent que possible lorsque l’on me commande un pantalon ajusté et que je m’aperçois que sur le modèle classique les poches verticales baillent. Ainsi, le problème est réglé et le client découvre un pantalon de costume aussi ajusté qu’un jean. Les tailleurs s’adaptent à la demande.

Notons enfin que la poche côté en biais ou dans la couture, a l’avantage de faire office de soufflet, lorsque l’on s’assoie. La poche baille ce qui donne de l’aisance. Avec la poche cavalier, ce soufflet n’existe pas. Le tissu doit être un peu souple pour encaisser l’agrandissement du volume du bassin assis.

Belle semaine, Julien Scavini

Le pantalon blanc d’hiver

Après les fêtes et en même temps que la neige arrive la saison du blanc dans la distribution. Cadeaux et mets délicats cèdent le pas au linge de maison. Jusqu’à une date récente, serviettes de toilette, nappes, taies d’oreillers étaient blancs, parfois finement rayés de couleurs pastels. Le développement des pigments artificiels permet maintenant au linge d’être de toutes les couleurs. Le blanc se salie plus vite il est vrai.

C’est pour cette raison certainement que la chemise blanche, incontournable au siècle dernier, cède de plus en plus sa place au profit de modèles colorés. Même les sous-vêtements sont de moins en moins blancs. Les maillots de corps toutefois ont l’air de rester non teintés. Rares sont les vêtements à être blancs. L’été, chemises, vestes, pantalons et bermudas sont élégants ainsi. Mais ne sont pas légions non plus.

Avec le temps, la seule chose qui semble vouloir rester blanche sont les semelles des baskets. Mais comme disaient deux de mes clients un jour : « elles sont très belles neuves ou alors défoncées ». L’entre-deux, vaguement sali, n’est pas esthétique. Curieuse idée finalement que de concevoir l’endroit le plus facilement salissable du corps en blanc. Peut-être que ce faisant, la semelle blanche crée un filtre entre le corps et le sol. Le blanc repousse la souillure. C’est une proposition de l’ordre du sacré. Y-aurait-il un sens symbolique dans cette chaussure ô combien moderne? C’est amusant de l’imaginer.

A l’inverse de l’été, l’hiver le blanc se porte très peu en vêtement de dessus. Certes, un manteau en laine bouillie blanc, comme un dufflecoat, peut être magnifique. Il n’y a guère qu’à Pitti (qui commence) que l’on voit ça. Jean Cocteau aimait aussi le dufflecoat blanc. Flamboyant.

ILLUS152

Le pantalon blanc – ou à peine crème – est rare en hiver. Mais pas dénué d’une certaine élégance. Rares sont les messieurs à vouloir tenter l’expérience. Le velours ou le coton peau de pèche blanc est particulièrement beau. Salissable aussi vous me direz. Avec un haut camel ou même gris clair, la tenue apparait lumineuse. Finalement, loin d’être morne et froid, le pantalon éclaire la personne. Comme un pantalon rouge vif réchauffe et égaye, le pantalon blanc irradie de lumière. Il s’oppose à la saison finalement.

C’est une façon de voir les choses très italienne j’en conviens. J’y décèle trois avantages :

  1. la possibilité de jouer sur un contraste fort entre le haut et le bas,
  2. la création d’une harmonie douce de teinte légère, comme une veste camel,
  3. rendre légère une tenue qui serait lourde par ailleurs (le cas typique étant une veste en tweed un peu pépère). Le blanc permet de moderniser une telle veste à moindre frais. C’est d’ailleurs souvent un truc mis en œuvre par les italiens.

Le jean blanc d’un autre côté, s’il est certes connoté très ‘Nice bling-bling’ peut, bien accessoirisé, offrir de beaux accords en hiver. Il peut faire merveille associé à une paire de bottines en veau-velours et un bon col-roulé. Soyons attentif au Pitti, je suis sûr que nous en verrons !

Je vous souhaite une bien belle année et pour commencer, une bonne semaine !

Julien Scavini

Les poches du pantalon qui baillent

La coupe d’un pantalon n’est pas aisé. Car d’une seule couture (celle à l’intérieur de la jambe, qui se poursuit au milieu du fessier) dépend tout l’aplomb du modèle. Et la forme qui en résulte. A ce niveau, les goûts sont comme les couleurs, nombreux. Il n’y a pas de vêtement plus segmenté sur son marché, j’en sais quelque chose.

Suivant votre conformation, vous aimerez une taille naturelle ou une taille basse, une cuisse fine ou étroite, un genoux affiné ou généreux, un bas étroit ou large. Ces points peuvent être liés entre eux de manière variée, ce qui donne une infinité de combinaisons en fait. Un petit gros ou un grand mince, un grand et gros et une petit mince ne partagent pas la même coupe. C’est bien le vêtement le plus dur à vendre, car la coupe fait tout. Et les hommes qui ont de la cuisse et un fessier développé sont aussi nombreux que ceux qui sont filiformes. Diantre.

L’un des détails qui chagrine le plus le porteur est la façon parfois incontrôlable qu’ont les poches d’ouvrir. Il existe deux manières de placer les poches sur le côté d’un pantalon classique, en biais ou dans la couture. Ces deux manières n’ont pas vraiment d’incidence sur la coupe. En revanche, elles constituent une interruption de la couture du côté. Il s’agit d’une percée faite pour y glisser ses mains. Dès lors, la continuité de la ligne n’est pas assurée. La construction interne de la poche garantie que celle-ci plaque au mieux le flanc. Toutefois, il arrive parfois que la poche ouvre, qu’elle fasse des oreilles me disent certains clients.

Il faut le dire tout de suite, sur les pantalons très serrés, comme aiment porter les jeunes, c’est normal jusqu’à un certain point (une ouverture légère disons). Il est en effet impossible d’avoir à la fois le fessier mis en valeur et une cuisse fine et juste la dose d’aisance pour que la poche plaque le flanc. Le dessin A présente un pantalon à la taille naturelle un peu ample. La poche en biais se présente droite. Le dessin B présente un pantalon semi-slim assez ajusté. Dès lors, sa poche est légèrement tendue, ce qui dès lors normal.

ILLUS131a

Car ce qui permet à la poche de se positionner correctement est le volume d’aisance du bassin. Sur un pantalon à pince généreux, la poche se positionne généralement bien. Sur un pantalon slim, elle baille légèrement, c’est normal. Point.

Si la poche baille plus, il existe deux causes. La première est évidente (un bassin trop serré), la seconde l’est moins. Et souvent cette cause oubliée explique largement la moitié des cas constatés. Le plus souvent, le pantalon est bien placé à la taille. Semi-taille basse pour certains, taille naturelle pour les classiques. Visuellement, de face comme de dos, le pantalon tombe bien, il est beau et se place correctement. Pourtant la poche s’affaisse.

Cela provient peu provenir d’un bassin un peu serré ou alors du flanc qui appuie sur la ceinture, poussant celle-ci vers le bas. Les deux cas peuvent être constatés, corrélés ou non. Un pantalon peut être trop serré ou bien le ventre appuie sur la ceinture. Ou les deux.

Ces flancs qui appuient sur la ceinture sont les fameux « poignées d’amour », petites bouées qui ceinturent le ventre de ces messieurs. Le plus souvent, c’est cette petite bouée qui est responsable de l’affaissement des poches. Il ne faut pas chercher plus loin…

Lorsque je fais un pantalon en demi-mesure à un client, je règle généralement le bassin pour lui donner le juste confort (serré ou avec un peu d’aisance). Je règle aussi la hauteur de port, entre semi-taille basse et plus haut sur la hanche. En revanche, je ne peux pas faire grand chose pour les poignées d’amour, qui sont de la seule responsabilité du client. Du coup, si le pantalon est théoriquement parfait, des plis horizontaux se forment sous la ceinture, au niveau de la poche, écrasant celle-ci.

Hélas, il n’y a pas grand chose à faire. Le port des bretelles ne règle même pas tellement ce point, car celles-ci soutiennent l’avant et le dos du pantalon et donc au milieu, l’affaissement peut toujours se produire, même s’il est amoindri.

Le dessin C présente un pantalon semi-slim avec un bassin un peu serré, les poches baillent. Le dessin D présente un pantalon qui n’est pas forcément trop serré au bassin. Mais regardez la ceinture, elle appuie sur la poche. Pourquoi la ceinture est-elle poussée comme cela? A cause d’un petit poignée d’amour? Enfin sur le dessin E, le ventre appuie cette fois sur le devant de la ceinture. Plus de poignet d’amour ici, mais un ventre qui « pèse » sur le devant du pantalon, qui plisse.

ILLUS131b
Donc, lorsque vous verrez vos pochez bailler, vous pourrez vous interroger sur trois points :
– le bassin est il trop ajusté ? (auquel cas il faudrait agrandir le fessier, ce qui donnera pour les plus jeunes plus de tissus qui « flotte », eh oui…)
– la hauteur du pantalon est elle adaptée à la morphologie et à la position des hanches ?
– un petit excès de graisse périphérique appuie-t-il sur la ceinture ? Auquel cas ce n’est pas au tailleur de travailler !

Bonne semaine, Julien Scavini

Après midi découverte des pantalons

Bonjour chers lecteurs (et lectrices).

Comme annoncé précédemment, vous pourrez venir découvrir les différentes coupes et les étoffes de nos pantalons vendus en ligne le SAMEDI 10 DECEMBRE, de 15h à 19h.

Le pantalon est certainement le vêtement le moins facile à appréhender du point de vue des mesures. Et ce n’est pourtant pas faute de pédagogie. Ainsi, vous pourrez essayer en vrai la coupe, pour trouver votre taille. Les matières (twills, moleskines, flanelles, whipcord, ect…) seront exposées.

15171141_1159658544120352_6443650885680791289_n

http://pantalons-scavini.fr/

A très vite.

Julien Scavini

La moleskine

Les anglais l’appellent moleskin, qui peut se traduire par peau de taupe. Pour le nom français, l’histoire n’est pas allé chercher très loin, en ajoutant simplement un -e, il est vrai que la prononciation est aisée en français.

Il s’agit d’un tissu de coton de poids moyen à lourd, qui après tissage est gratté en surface pour obtenir un aspect à la fois doux et velouté, similaire à la peau de chamois. D’une certaine manière, la moleskine est un peu comme le veau-velours si apprécié pour les chaussures, à la fois un peu rustique, brute et en même temps assez racée. C’est une matière distinguée et rare. Car peu de gens connaissent cette matière.

La moleskine est de la  famille des velours. A la différence que les poils ne sont pas profonds. Tout au plus la surface est brossée. Il n’y a donc pas de sens.

illus114

La moleskine est généralement disponible dans des poids allant de 350grs à 600grs. Toutes vous procureront un grand agrément et un toucher extrêmement doux. C’est la caractéristique essentielle de cette matière, elle est confortable à porter.

Pour autant, si elle est douce et moelleuse, la moleskine a de la tenue. Une excellente tenue, bien supérieure aux velours, qui à cause de leurs trames de fond fines et aux raies parfois profondes, ne tiennent pas le pli. La moleskine elle tient le pli. Impeccablement. Ainsi, en association avec une belle veste de tweed ou même du cachemire, votre tenue a de la prestance.

Cette étoffe a un tombé si étonnant que dans les poids lourds, elle est même coupe-vent. C’est pourquoi et pendant longtemps, les ouvriers la portaient. La moleskine avec les velours à grosses cotes, sont des tissus anciens que l’on dirait aujourd’hui ‘technique’. Ils résistent à tout : usure, abrasion, feu et eau. Ainsi étaient réalisés nombre de pantalons et de vestons, y compris parfois des grosses chemises.

Même si on peut en tirer un costume (très british), il est assez rare de voir des vestes ainsi faites. Car comme souvent avec les vestes en coton, elles sont un peu raides et ont du mal à donner du confort. Par contre, question pantalon, il faut s’en donner à cœur joie. C’est LE modèle du week-end hivernal. Plus chaud que le pantalon chino, il donne une irrésistible allure de gentleman farmer et les coloris sont très variés.

 Bonne semaine. Julien Scavini