La chemise dans ou hors du pantalon ?

Un lecteur m’a écrit récemment pour me poser cette question. Intéressante. Car je dois également reconnaitre me poser cette question existentielle : dois je mettre la chemise dans ou hors du pantalon ?

Car il me semble maintenant, la réponse n’est pas si évidente que cela.

De prime abord, les gentlemen portent plutôt leur chemise à l’intérieur d’un pantalon, parfaitement et dignement ceinturé. C’est une manière chic de voir les choses.

Pour ma part lorsque je fais ainsi, j’ai toujours l’impression d’être engoncé. Et à chaque fois que je me relève, il faut remettre la chemise en place. Au final, je ne me sens pas plus à l’aise que ça dans une telle tenue. Il y a des messieurs qui arrivent à faire cela très bien. Leurs chemises apparaissent perpétuellement repassées, ils ont l’air d’un sou neuf et je les envie. Leur physique souvent svelte leur permet un tomber parfait de la tenue, ils ont toujours l’air chic. J’admire cette capacité à rester digne.

De mon côté, lorsque la tenue commence ainsi, j’ai rapidement l’impression d’être souillon, les vêtements sont froissés et je ressemble à rien de chic.  Est-ce à dire que je gigote plus?

Du coup, j’ai été très attentif aux jeunes gens de mon âge dans la rue aux États-Unis lors de mon dernier voyage. A l’université de Virginie, c’était le dernier jour avant les vacances et tout le monde était décontracté. Lunettes de soleil, bermudas et chemises Ralph Lauren en pagaille. Et bien tout le monde avait la chemise en dehors du pantalon ou du short. Je suis assez intéressé par cette capacité à avoir la tenue ad hoc à tout moment. Le blazer et la cravate sont une institution aux États-Unis, bien plus qu’ici, mais lorsqu’il faut être ‘off’, ils savent tout aussi bien s’y prendre.

Il semble que cette pratique de la chemise hors du pantalon chez les jeunes soit assez répandue outre atlantique. Où il est aussi notable que la chemise se porte toujours par dessus un mince t-shirt blanc. J’ai déjà écrit à ce sujet ici.

Dès lors, la chemise devient un vêtement de dessus, une sorte de veste nouvelle génération.

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Souvent je me prends à rêver du futur de la garde robe, en me disant bien que la veste telle qu’on la connait vit une époque charnière. Inventée dès le début du XXème siècle, elle était considérée comme vulgaire et très utilitaire au début (en comparaison des habits longs, jaquettes et fracs). Puis elle est devenue dans les années 30 la tenue de référence, pour apparaitre à l’orée du XXIème siècle comme l’attribut d’une seule classe sociale élevée ou … des mariés. Et dans l’histoire du vêtement, on le sait, lorsque un habit devient référent pour les mariages, c’est l’antichambre de la fin. Enfin, je rigole, je ne pense pas que la veste disparaisse si vite. Quoique…

Tout de même, j’ai trouvé cette manière de mettre une chemise pas trop boutonnée par dessus un t-shirt (qui lui est utilitaire, il prend la transpiration et se lave à 60°c ou plus) intrigante. C’était exactement la même chose au XIXème siècle, la chemise était le sous-vêtement lavable que l’on cachait par un gilet très couvrant. La chemise portée ainsi apparait comme le vêtement décoratif de dessus, d’apparat et camoufle l’utilitaire, le petit maillot de corps.

Et du coup, je me suis mis à faire la même chose.

Il serait possible d’objecter que c’est une mode du chiffonné. Car il est évident que tout cela manque de tenue. Certes, mais l’époque aime le froissé et le pas net. La netteté tailleur des années 50 et la belle laine qui drape a laissée la place à des matières naturellement froissables et froissées (coton, nylon etc.) et des coupes plus lâches (le jean, le blouson).

Mais enfin, je ne tranche pas la question de savoir si la chemise se porte dedans ou dehors. Chaque homme trouvera suivant son âge et son physique la formule idoine. Je pense qu’il est plus intéressant d’être rigoureux sur le port du costume, de la cravate et des accords de couleurs que sur le vestiaire décontractée. Tant que vous n’optez pas pour les chaussettes blanches + claquettes Adidas, tout va bien !

Là dessus, je vous souhaite un été reposant et ensoleillé, nous nous retrouvons en septembre !

Bel été, Julien Scavini

Le col de chemise très ouvert

Un client m’a récemment demandé si le col très ouvert pouvait se porter avec un costume croisé. C’est une bonne question. Y’a-t-il une bonne réponse?

C’est un fait, le col classique assez fermé n’a pas trop la cote ces dernières années. Les messieurs lui préfèrent les cols plus ouverts. Il en existe de plusieurs sortes. D’abord il y a le col semi-ouvert, que j’apprécie particulièrement pour sa polyvalence, allant aussi bien avec une cravate qu’un papillon. Ses pointes revenant vers l’avant, il ‘supporte’ mieux le papillon, obligeant ce dernier à se ternir plus droit. Pour ma part, j’aime même le col semi-ouvert en version haute.  Je ne sais pas pourquoi, j’ai tendance à trouver ce modèle plus habillé, plus habillant. J’ai le cou assez haut et celui-ci le couvre en donnant de l’allant. J’aurais tendance à penser que c’est le modèle le plus chic, celui fait pour Michael Douglas. C’est dire.

A peine plus échancré est le col cut-away si aimé des anglais et popularisé par Hackett entre autre. Le col cut-away reste un classique polyvalent qui donne du chien à la tenue. C’est un modèle de caractère qui signe instantanément l’origine de la chemise : d’un bon faiseur. Car dans le prêt à porter, ce spécimen est rare. Seuls les chemisiers anglais pendant longtemps en vendaient. Il existe aussi en version normale ou haute, bien que la nuance soit plus difficile à discerner. Lorsqu’on l’observe de haut, le col cut-away donne l’impression d’avoir été coupé par une lame, les pointes étant très exactement sur la même ligne.

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Question origine, j’entends souvent parler de col italien, de col anglais etc… Je ne sais jamais quoi répondre à cela. D’autant plus que les italiens parlent des mêmes cols en disant cols français et les anglais l’inverse. Alors… Une chose est quasi-sûre, ce sont quand même les chemisiers anglais qui ont développé ces modèles, je dirais il y a au moins un siècle. Les almanachs du XIXème présentant les cols détachables montrent des modèles cut-away déjà à l’époque. Étaient ils répandus?

Il existe enfin le col très cut-away, que j’appelle plutôt full-spread pour plein écart. Ici, les pointes sont presque rabattues sur le côté, elles sont fuyantes. C’est un col très rare en prêt-à-porter, Ralph Lauren ou Hackett en vendant un peu. Pour ma part, j’ai une seule chemise ainsi réalisée. Le modèle est très plaisant à porter et donne beaucoup de panache à la tenue. Vous passez à coup sûr pour un jeune loup de la City avec un tel col qui dégage beaucoup le cou.

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Par contre je suis catégorique, inutile de vouloir faire un gros nœud de cravate pour remplir tout l’espace, c’est peine perdue. Au contraire, le nœud doit rester mesuré et il sera alors possible d’apercevoir le ruban de la cravate de chaque côté. Et alors, ce n’est pas grave? C’est ainsi que Daniel Crémieux, autre spécialiste du genre présente le col full-spread.

Quant à savoir si ce modèle va avec le croisé, il n’existe aucune réponse toute faite. Je dirais que oui, mais à tester avec précaution. Car le croisé est quand même un modèle de veste plutôt fermé, qui découvre peu la poitrine. Dès lors, j’aurais tendance à penser que la chemise doit représenter cet état d’esprit classique et raisonnable et qu’un col semi-ouvert un peu haut (pour faire écho aux larges revers du croisé) sera idéal. Le col cut-away passe encore. Mais le col très ouvert ? Y’a-t-il besoin de jouer de tant d’effets ? Le croisé laisse déjà une emprunte formelle très marquée, est-ce utile d’en rajouter ? A vous de choisir.

Bonne semaine, Julien Scavini

Trois chemises fantaisies, discrètes et polyvalentes

Lorsque l’on décrit la garde robe qu’un débutant doit avoir, il est logique de citer les chemises blanches et bleu, unies et rayées. Avec de tels modèles, tous les accords sont possibles dans le cadre d’un costume de travail. C’est simple, efficace et discret.

La question est plus épineuse lorsqu’il s’agit de proposer des chemises plus décontractées. Bien sûr, le bleu uni est idéal avec une veste dépareillée ou un cardigan. Et toutes les chemises fantaisies sont permises, composées principalement de carreaux. Pour ce répertoire plus décontracté, il est difficile de cerner quelques modèles iconiques à avoir.

Par ailleurs, il peut paraitre difficile de rester fixé sur deux ou trois chemises types : la blanche, la bleu unie et la bleu rayée. Pour un débutant, c’est un choix raisonnable mais qui manque de piment. Y’a-t-il alors un moyen de trouver des chemises fantaisies et en même temps versatiles? Gageure.

Et surtout, lorsque l’on a une garde robe d’un volume raisonnable, c’est le cas des débutants, il est tout à fait ennuyeux et couteux de devoir séparer les chemises de travail de celles moins habillées. A force de nombreux essais, j’ai identifié trois chemises légèrement fantaisies et en même temps tout à fait essentielles :

  • le micro pied de poule bleu
  • le petit carreau marron
  • la fine rayure rouge

 

1- Le micro pied de poule bleu

L’avantage du pied de poule bleu ciel, c’est qu’il crée une texture, un relief vu de près. C’est un motif qui se voit et apporte une touche décontractée. En étant plus amusant qu’un simple oxford.  Mais en même temps, à un mètre, il apparait comme uni. Bien souvent en plus, le pied de poule est réalisé dans des cotons plutôt soyeux et moelleux, ce qui en fait une chemise très confortable.

Sa capacité à faire uni de loin permet de porter le pied de poule sans problème avec un costume de travail. Par ailleurs, ce motif étant tout petit, il ne pose pas de problème si le costume est rayé ou carroyé. Et le week end, avec une belle veste à carreaux ou un cardigan, il apporte une heureuse touche décontractée, presque italienne.

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2- Le petit carreau marron

Il est toujours très difficile de trouver une chemise qui va bien avec du tweed. Bien sûr, la simplicité se porte vers la chemise bleu ciel. Mais ça fait un peu Ivy League ou trop italien, pas assez anglais. D’un autre côté, les chemises tattersall sont vraiment très old school.

Aussi le discret petit carreau marron ou bordeaux permet de rester dans la même harmonie de couleurs, celles des feuilles mortes. De près, le motif se voit et le petit carreau a l’avantage de faire sport.

Mais comme le blanc domine, à un mètre, la chemise apparait comme légèrement éteinte, presque poudrée, ce qui va très bien avec le tweed et les tenues de week-end.

En même temps, ce discret carreau marron devient complémentaire d’un costume gris porté avec des souliers en veau-velours. La chemise apparait alors mi-rouge mi-grise. L’harmonie générale est excellente.

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3- La fine rayure rouge

La chemise rayée est par excellence bleu ciel. Cette rayure à peine large est appelée bengal et elle va avec tout et quasiment en toutes circonstances.

Mais enfin, si les modèles et les bleus peuvent être d’une infinie variété, on peut quand même avoir envie d’autre chose. La rayure rouge discrète est un bon choix. Elle rehausse le teint et donne bonne mine. Par ailleurs, elle complète autant un costume marine que gris. C’est d’ailleurs mon choix préféré avec un costume gris. Je trouve la chemise blanche trop dure et le bleu trop froid. Le gris étant un peu éteint, le rouge apporte du peps’!

Et le week-end, si votre veston est uni comme un blazer ou si vous portez un cardigan, le rouge donne un esprit sport certain. C’est une couleur chaude qui va à merveille avec un chino beige ou marine ainsi qu’avec un pantalon de tweed marron.

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Alors certes, ce ne sont pas forcément des chemises faciles à trouver. Mais une fois achetées, elles ne seront pas regrettées, tant elles vont en toute circonstances et avec tout.

Que pensez-vous de ces trois essentiels à la fantaisie discrète et polyvalente? Il y en a peut être d’autres…?

 Bonne semaine. Julien Scavini

Le poignet simple à boutons de manchettes

Depuis que la chemise existe (je crois que les Egyptiens les premiers ont créé le vêtement), il est de bon ton d’utiliser des éléments précieux pour la boutonner. C’est ainsi que pendant longtemps la nacre a été perçue comme très supérieure aux boutons de bois. Mais une infinité de matière a dû être utilisée à travers les âges : or ou argent, os ou ivoire, pierres précieuses.

Au XIXème siècle, la grande bourgeoisie qui aimait étaler sa richesse a développé l’usage des boutons précieux à rapporter. Non cousus sur la chemise, il était alors possible d’en posséder de grandes panoplies. Cet usage de goujons amovibles (studs en anglais) fut rendu nécessaire par l’amidonnage des chemises. En effet, les plastrons, cols et poignets étaient si durs qu’on ne pouvait pas tordre le tissu pour passer la boutonnière. Les cols séparables étaient maintenues par deux goujons à pivots, ceux du devant se vissaient sur eux-mêmes et aux poignets, les boutons de manchettes étaient soit fixes soit articulés.

De ce que j’ai pu voir et apprendre sur le tas, les poignets à boutons de manchette anciens ne sont jamais doubles comme les mousquetaires. Ils n’ont qu’une épaisseur et les anglais l’appellent le ‘barrel cuff‘ ou ‘single cuff‘. C’est pour moi le modèle le plus chic, celui que l’on devrait porter avec le smoking par exemple. Lorsqu’il était amidonné, ce poignet était rigide comme du carton. La tenue était alors impeccable.

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Je pense que le poignet mousquetaire ‘french cuff‘ fut inventé dans les années 20 pour palier à la fin de l’amidonnage. Car après la première guerre mondiale, cette pratique des cols et poignets durs s’estompa très vite. Les vêtements gagnaient en confort et en facilité d’usage. Le col finit par être cousu sur le corps et on abandonna les goujons, au moins dans la vie courante avec le costume qui émergeait aussi. Mais dès lors que le poignet est mou, il ne tient plus bien avec un bouton de manchette. L’idée est assez facile à suivre.

Un chemisier de génie (peut-être un français si l’on en croit l’appellation anglaise) a donc eu l’idée de doubler le poignet, pour créer le mousquetaire. L’histoire n’a pas retenu qui. J’ai bien appelé Mlle Colban de chez Charvet, mais elle ne sait pas non plus.

Et depuis un demi-siècle au moins, le poignet mousquetaire plait aux élégants du monde entier.

Seulement, il m’apparait aujourd’hui comme trop lourd, trop épais, pas assez fluide. Et je lui préfère mille fois le poignet simple à boutons de manchettes, le fameux single cuff. Plus souple, plus léger, il est parfait et supporte très bien de petits boutons de manchettes par trop volumineux. C’est un poignet également plus discret qu’il est possible d’utiliser sous un pull : il suffit de l’enrouler autour du poignet à la manière des chemises conventionnelles.

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La maison Arrow est spécialisée dans ce modèle, qu’elle vend sous l’appellation poignet mixte, car elle coud un bouton au bord de la boutonnière pour utiliser le poignet avec ou sans boutons de manchettes!

Pour ma part, j’arrive presque à chaque coup à vendre à mes clients mariage des chemises avec de tels poignets. Ils apparaissent comme plus minimalistes et modernes.

Si vous voulez essayer ce modèle, c’est très simple. Prenez une de vos chemises à boutons et faites réaliser par un retoucheur une boutonnière en lieu et place du bouton de poignet. Vous aurez ainsi une poignet simple !

Bonne semaine. Julien Scavini

Le col requin

Alors que l’été n’en finit plus de se faire désirer à Paris, revenons un instant sur la façon de porter les chemises par temps chaud, quelques décennies auparavant. Pour être plus précis, remontons aux années 30 et voyageons jusqu’aux Etats-Unis.

A cette époque, les chemisiers, peut-être à la suite de commandes militaires (cela ne m’étonnerait guère) inventent un nouveau col, un modèle transformable, aussi bien à porter boutonné qu’ouvert. Et encore mieux, ne s’ouvre pas aussi bêtement qu’un col classique, il s’évase.

Sa conception est ingénieuse bien qu’un peu lourde industriellement parlant. Le col au lieu d’être en deux parties (la retombée et le pied de col) est en une seule. Et encore mieux, l’intérieur du col se poursuit le long des boutonnières, jusqu’en bas de la chemise, comme sur une veste où l’on trouve la garniture au bord. C’est donc un modèle complexe à développer, car le col est fait dans une pièce très longue, qui doit supporter la courbure du cou tout en se cassant bien en deux, pour simuler la retombée de col. Les plus techniciens comprendront. Ci-dessous, à gauche le modèle transformable, à droite le col classique.

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Alors donc, ce col fut inventé. Merveille des merveilles, il correspondait au goût de l’époque porté sur le repassage et la perfection ménagère. Ces mesdames écrasèrent donc de toute la force de leur fer les col, de manière évasée. Ça peut se tenter avec une chemise moderne, mais l’effet est moins net qu’avec un col transformable, autrement appelé col requin. Je ne sais d’ailleurs d’où vient cette appellation. Peut-être à cause des pointes très longues…?

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Cette esthétique fit florès ! Les premiers blousons ont aussi profité de cette coupe dérivée des cols de chemises classiques.

La seconde guerre mondiale et les GI’s semèrent ce style à travers le monde. Dans les années 50, les chemises hawaïennes ainsi coupées étaient le symbole de l’American Way of Life, idéal pour se détendre sous un parasol.

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Les étudiants américains et le style Ivy League propulsa aussi l’esthétique de la chemise col requin portée sur la veste. Ah toute une allure ! Je reste réservée sur cette mode. Peut-être un créateur inspiré en fera t il de nouveau usage…?

Toujours est-il qu’au fur et à mesure des années 70, l’usage tomba en désuétude. A part dans les milieux épicés : parieurs hippiques, tenanciers de casino, producteur de cinéma etc… Dans les années 80, cette allure vous faisait même passer pour un paria. Ou un vieux milliardaire.

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Un tailleur qui m’a formé s’habille toujours ainsi l’été. Et je souris à chaque fois en le voyant : un vrai mylord descendu de son yacht !

Et maintenant, je me repose aussi. Le blog s’arrête pour l’été !

A la rentrée donc et profitez bien. Julien Scavini

Les souliers en cuir, métaphore automobile

Petit article humoristique ce soir, en forme d’interrogation.

De nos jours, les produits sont des consommables. Mais au delà d’être consommables et jetables, ils sont aussi – et heureusement – plus confortables. C’est le bénéfice du progrès.

Prenons une paire de souliers classiques en cuir. C’est un objet magnifique et c’est un objet fabriqué avec une grande technicité. Un soulier en cuir dure des années, pourvus qu’on l’entretienne bien : changement de talons et de patins réguliers, alternance régulière des modèles, pose de fers etc…

Pour autant, nombreux sont les messieurs qui se plaignent d’avoir mal au pieds. Moi le premier. Les américains ont compris ça depuis longtemps, regardez les avec leur baskets. Les italiens ont encore mieux compris ça, admirons les avec leurs souliers classiques à semelles de gomme.

Il est possible de ne pas avoir mal au pied dans une chaussure classique si on y met le prix. Le jour où j’ai acheté mes premières Alden (dans la bonne pointure), j’ai découvert le grand confort. Pied bien tenu, voûte plantaire soutenue, semelle moelleuse.

Pour autant, est-ce que c’est la chaussure que je prends pour partir en voyage et pour arpenter les rues des sites touristiques où je me rends? Eh bien non. Pour plusieurs raisons:

– c’est un soulier lourd dans la valise

– je ne suis pas tout à fait sûr du confort pendant une journée entière de marche

– je ne voudrais en aucun cas abîmer le soulier ou rayer la surface du cuir (très important !)

– une paire de baskets légère genre Le Coq Sportif est bien plus confortable

– ça fait bip bip au passage de la sécurité à l’aéroport (soit à cause des œillets, soit à cause de je me demande bien quoi)

Car admettons le, une paire de petites baskets est bien plus agréable. Un ami est récemment venu me voir à la boutique pour une commande. Il a travaillé chez Corthay et dans de nombreuses maisons de cuir et est toujours habillé d’élégants pantalons de laine ou de coton que je lui fais, taille haute. ll avait aux pieds une paire de New Balance. Quel amusement : « eh bien j’en ai marre d’avoir mal au pied » m’a-t-il répondu. Et le fait est. Je conseille à ceux qui n’ont pas essayé : associer la basket (molle et confortable) au pantalon de laine légère (mou et confortable), c’est le pied. Bon d’accord ce n’est pas très présentable. Mais mais mais, c’est rudement agréable.

Je vous rassure, je ne travaille pas encore comme ça, on est pas chez Cucinelli ici !

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Et cette réflexion m’en a inspiré une autre, que je vous laisse méditer. Je suis assez amateur de voitures de collection, le genre grosses berlines anglaises. Comme notre ami Chato Lufsen qui lance actuellement son affaire de cravates et de boutons de manchettes.

Les voitures d’aujourd’hui sont confortables. En plus, elles se pilotent un peu toute seule grâce au régulateur de vitesse, à l’aide au stationnement et à la boite automatique. Elles sont formidables et la sellerie très agréable. En plus elles consomment peu et sont d’un entretien très raisonnable. Et on les garde au final assez peu, une génération faisant passer la précédente pour ringarde tous les cinq ans. C’est ainsi.

D’un autre côté, les vieilles voitures sont belles. Magnifiques même. De vraies sculptures avec leurs chromes, leurs pneus à flancs blancs et leurs poupes plongeantes. Une Rolls Silver Dawn ou une Bentley S2, mais quelles beautés frissonnantes!

Pourtant, elles consomment 20L au cent pour certaines, elles sont capricieuses, dures à conduire et à freiner et leur entretien est incessant. Il faut changer l’huile, graisser les bielles, surveiller les raccords, entretenir les cuirs (ça me rappelle quelque chose), etc… En plus, l’intérieur est même pas plus confortable que ça et les ceintures de sécurité absentes.

A l’issu de ce match, le gentleman raisonnable ne sait comment choisir. Entre l’ultime et difficile beauté ou entre le confort et la relative praticité.

Autant de parallèles qui m’ont amusés.  Les propriétaires telles mécaniques sont rares et forment une élite automobile. Les propriétaires de souliers bien entretenus avec passion sont aussi rares. Nous sommes des amateurs éclairés ! On sait comment les entretenir et comment oublier le mal de pied. Nous avons un savoir-faire et en connaissons les avantages et les limites. Et comme sur les belles mécaniques anciennes, on sait qu’un beau cou de polish (pardon de cirage) rend l’objet sculptural !

Reste à dire, que le gentleman raisonnable utilise les deux (enfin s’il en a les moyens, pour ma part pas encore). La grande Jaguar le week-end (en fait, des Edward Green en semaine) et une petite Peugeot en semaine (en fait, des Adidas le week-end)! Ouf.

Et comme les grandes anciennes, les souliers existent parfois bicolore 😉

Bonne semaine, Julien Scavini

Il faut repasser son col !

Depuis longtemps, je m’interroge sur la pertinence de porter une chemise à col retombant le week-end, sans cravate.  En effet, je n’aime pas trop le t-shirt. Je suis donc bien obligé de porter une chemise. Mais lorsque le col n’est pas fermé par une cravate, que faire? Le laisser fermer à la mode des hipsters ou l’ouvrir?

Pour ma part je le laisse ouvert. Mais alors, je n’aime pas voir les deux pointes s’avachir bêtement. J’ai donc pendant quelques temps porté des chemises à col tunique (ou mao selon. C’est à dire sans la retombée de col). Mais comme j’ai un cou un peu long, l’effet ne m’a jamais réellement convaincu. Il y a quelque chose dans ce col de trop formel ou de pas assez je dirais. Soit on le porte fermé et c’est très habillé (d’ailleurs mieux qu’une chemise à col tombant portée fermée sans cravate), soit on le laisse ouvert et c’est très décontracté, parfait pour un bord de piscine me semble-t-il.

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Alors que faire? Etais-je condamné à toujours voir mes pointes de col s’avachir et s’écarter mochement? Et bien non depuis que la chemisière Maria Frittolini m’a donné la solution. Il faut repasser et écraser son col de chemise en forme !

C’est à dire. Au lieu de repasser simplement le col et sa retombée à plat (puis de retourner le col avec les mains sur soi), on les repasse à plat puis on plie la retombée et on repasse. Évidemment, l’ensemble est en forme dont on ne peut plus poser le col bien contre la table à repasser. On peut toutefois briser les extrémités du col sans être obligé de repasser le milieu. Il faut principalement que les bouts soient bien écrasés à la vapeur. Et lorsque l’on enfile la chemise, le col tient tout seul. Il n’est plus avachi. Miracle ! C’est une solution très pertinente que j’applique tous les jours. Mes cols sont ainsi plus nets et plus rectilignes. J’adore !

Ceci dit, attention, je pense que ce repassage de la pliure du col raccourcit de manière certaine l’espérance de vie de la chemise. Elle élimera plus vite à ce niveau, sous l’effet de la chaleur répétée !

A vous de repasser !

Belle semaine, Julien Scavini