La chemise en flanelle

L’époque est au retour des matières ancestrales, qui ont du caractère. C’est donc avec plaisir que le tweed et la flanelle par exemple reviennent sur le devant de la scène. Il y a encore dix ans, il n’était pas si facile que cela de trouver de beaux pantalons en flanelle. Maintenant, cette matière se décline même jusque sur des gilets matelassés et des doudounes techniques. C’est probablement une réaction vis-à-vis de l’artificialité. Peut-être du monde en général ? Plus sûrement vis-à-vis des tissus techniques, à l’esthétique glacée et plastifiée. Une sorte de combat du rugueux contre le lisse pourrait-on évoquer.

Même les intérieurs de décorateurs font la part belle aux flanelles tendues sur les murs. Parce que cette matière, avec son grain et son toucher si pelucheux, est mat. Elle aspire la lumière permettant des jeux de contrastes. Elle apporte aussi une touche indéniable de confort. La flanelle donne chaud avec son aspect moelleux. Elle évoque la bonne vieille Angleterre, rêvée. La flanelle donne une idée de cosy.

Autant d’arguments qui militent en faveur de son importante adoption par les stylistes et designers textiles. Rappelons rapidement que la flanelle (nom féminin) est un procédé de tissage et de finissage des étoffes. Et que dès lors, il existe de la flanelle de laine – ou de laine et cachemire – mais aussi de la flanelle de coton. Assez proche techniquement de la moleskine. Un coton gratté, suivant l’ouverture de sa surface (c-à-d, à quel point il fut gratté et ébouillanté pour faire sortir le côté duveteux) peut-être qualifié de moleskine ou de flanelle, cette dernière était plus moelleuse et souple. Et lorsque ce coton flanelle est fin, on parle alors de flanellette.

Si j’ai souvent parlé de vestes et pantalons en flanelle, je n’ai que rarement évoqué les chemises ainsi coupées. Elles sont pourtant classiques et anciennes. Le tattersall par exemple, ce merveilleux tissu à carreaux, plutôt campagnard (et souvent un mélange de coton et de laine, voire que de laine) présente le plus souvent un aspect brossé en surface, le rangeant facilement dans la catégorie des flanelles de coton. Ci-dessous Bruce Boyer posant pour Drake’s, avec un délicat accord de carreaux sur carreaux :

Quant aux grands tartans ou plaids, façon chemises de bucherons, ils présentent presque toujours une texture flanellée (un adjectif qui n’existe pas vraiment dans le dictionnaire mais qui est très plaisant). D’ailleurs, cette fameuse chemise de bucheron, la « lumberjack shirt », cet article vestimentaire essentiel de la culture américaine est appelé outre-atlantique une « flannel ». En fait, pour un américain, une « flannel » ne désigne pas prioritairement une étoffe, mais une chemise à carreaux. Fait notable et intéressant. Ces grands carreaux, rouge façon « Paul Bunyan » ou foncé comme le « blackwatch » ont été adoptées par les américains bon chic bon genre, style grandes universités, dès les années 50. Ces chemises chaudes étaient synonymes de week-end au grand air et de pêche à la truite.

Cela dit, en dehors de ces deux tissus de chemises anciens, tattersall et tartan, les chemises en flanelle unie n’étaient pas légions. Mais pas inconnues non plus. Dans les années 50 et 60, quelques publicités vantaient l’usage de modèles ivoire, comme la marque Armorial. Et jusqu’à aujourd’hui, ces chemises n’étaient pas très portées, à part sur de vieux messieurs qui aimaient la chaleur de ces modèles en flanellette.

Jusqu’à aujourd’hui.

Car on ne compte plus les marques qui proposent des chemises unies en flanelle de coton. Cette chemise est partout, dans toutes les collections. Gris clair, bleu ciel, greige ou bordeaux même, unie, micro-pucée ou à carreaux toujours, la chemise en flanelle de coton plait. Ralph Lauren, Berg & Berg, Hast, Bonne Gueule, Pini Parma et d’autres ont ouvert grands leurs étagères aux chemises en flanelle. Et je vois beaucoup de clients qui en porter. Avec tous les styles. Parfois sur un col roulé façon sur-chemise, mais aussi parfois sous un costume. Les drapiers italiens comme Monti ou Canclini, et bien d’autres, ont mis cette texture sur le devant de la scène chemisière.

Les chemises en flanelle anciennes étaient très amples. C’était des vêtements de travail, souvent fait pour être portée par dessus d’autres vêtements. Elles avaient des poches généreuses aussi. Des marques très américaines comme Pendleton produisaient beaucoup de ces modèles typiques. (Dont on peut signaler qu’ils n’étaient pas en flanellette de coton, mais de laine !) La modernité a été de faire diminuer les proportions de ces chemises de flanelle et d’adopter massivement le coton.

Cette flanellette, si elle met en valeur le plaisir d’une matière chaude et ancestrale, participe aussi et surtout à la vigueur du marché de la chemise. Car de son côté, cet habit classique du travail, vivait depuis quelques années une sorte de crise existentielle. Les rayures bâtons, les unis blancs ou bleus perdaient du terrain. La chemise souffrait d’une image trop « business » et elle se faisait détrôner par les polos, les pulls et les t-shirts, plus simple d’usage et d’entretien. La chemise – à repasser – marquait le pas.

L’affection pour la petite flanelle a permis ainsi à la chemise de rajeunir. Souple, un peu molle et peu froissable, elle est presque d’une entretien plus simple. En sur-chemise, à même la peau, sous un pull, un blouson ou une veste, elle fait des miracles. Son style à la fois ancestral et très en phase avec la mode en fait le best-seller du moment, avec un esprit workwear, minimaliste mais avec une certaine profondeur esthétique et historique. Finalement, grâce à un vieux tissu, la chemise se paye une nouvelle jeunesse. Qui l’eut cru ?

Bonne semaine, Julien Scavini

Quelle veste avec un pantalon à motif?

Un client venait de commissionner un élégant pantalon en tweed, présentant un chevron marqué opposant deux tons de marron. Une fois la commande terminée, il me demanda, éventuellement tenté, s’il était possible de faire une veste pour accompagner ce pantalon. Une veste dépareillée. Ayant proposé ce tissu dans la seule optique d’un pantalon indépendant, je ne m’attendais pas à la question, et rapidement j’ai répondu qu’hélas, avec un bas un peu typé, il m’était difficile de proposer quelque chose de potable pour le haut. Nous avons cherché quelques minutes un tissu de veste intéressant, mais sans réelle conviction. Il était complexe de trouver quelque chose à mettre sur ce pantalon.

Une idée, basée sur un a priori, que je ré-itère maintenant. Après réflexion, je ne vois pas beaucoup de cas possibles. Lorsque le pantalon présente un motif marqué, comme des chevrons ou des carreaux, la force expressive du bas l’emporte sur le dessus. Et la veste, qui est normalement le plat de résistance d’une mise, parait alors bien palote. Le coup est manqué du point de vue stylistique je trouve.

Un rare cas de figure s’oppose à cette idée, le pantalon en tartan. Seulement et seulement s’il est associé à un blazer, veste dont la force repose sur la simplicité du bleu, ou à un veste de smoking, là encore simplement expressive pour ce qu’elle est. Alors, le pantalon à motif fonctionne bien, car une sorte d’équilibre se crée entre les forces respectives du haut et du bas. Cela dit, ce sont des pantalons très luxueux, car ils ne sont pas très souvent portés, avec des accords possibles très minces.

En dehors de ce cas de figure, j’ai du mal à trouver des accords pertinents entre un haut et un bas à motif. C’est une sorte d’axiome, difficile démontrable, mais qui finit par être un fait. Moi qui aime bien les pantalons marqués, je dois confesser que je ne les envisage qu’avec un haut très simple, s’arrêtant préférentiellement à la taille, donc de petite dimension (moins présent esthétiquement qu’une veste) comme un pull bien sûr, ou un blouson chic. J’avais écrit là-dessus dans le passé. C’est pourquoi dans mes lignes de pantalons, je ne m’aventure plus beaucoup à dessiner des modèles à carreaux, qui posent souvent problèmes aux acheteurs, là où les unis et micro-motifs sont mieux accueillis.

A titre d’amusement, j’ai feuilleté un peu mes archives Apparel Arts pour trouver, peut-être?, quelques idées avec des pantalons à motifs. Force est de constater que la moisson fut mince. Voyez plutôt. Première image, les golfeurs. Super ce pantalon à gauche, comme celui de mon client précédemment évoqué. Mais porté avec un blouson, court et discret dans ses couleurs, donnant la primeur de l’allure au pantalon. Le caddy semble porté un gris à carreaux rouges de son côté, mais a-t-il une veste sous son manteau?

Autre exemple avec cet adolescent golfeur, dont le beau pantalon à chevrons gris n’est pas coupé dans son élan stylistique par une encombrante veste. Le polo, coloré certes, s’arrête à la taille.

Plus intéressant ci-dessous. Une veste « charcoal » avec un pantalon en gun-tweed. Ca, ça marche très bien, il faut reconnaitre, et c’est une bonne manière d’utiliser ce tissu par ailleurs très marqué pour une veste. Dans le dessin, l’association marche très bien, car le gun-tweed fait la part belle au noir, qui raccorde avec la veste. Voilà une excellente contre-offre à mon axiome.

Autre proposition de Laurence Fellows (1885 – 1964), avec un chevron gris et un veste marqué dans les bruns. Je suis peu enthousiaste.

Dernière image enfin avec cette tenue de chasseur très inspirante. La veste présente un fort impact visuel avec des grandes poches à soufflets et son parement d’épaule en cuir, et son absence de revers. Un équilibre se crée avec le pantalon, qui semble être un vichy, mais que les anglais appellent « shepherds checks », de couleurs crême et marron. Très intéressant aussi.

Deux exemples donc chez Laurence Fellows peuvent au moins démontrer que mon axiome ne tient pas totalement. Le pantalon expressif peut s’accommoder très dignement d’une veste. Toutefois, ce sont des accords mesurés et il est difficile de croire que ces pantalons sont d’un usage commode et varié. Au fond, comme disait encore Cioran, « N’a de convictions que celui qui n’a rien approfondi .»

Élégante semaine ! Julien Scavini. Pas de blog lundi prochain, je serais chez Hugo Jacomet pour de nouvelles aventures 😉

Le pantalon à pont

Si les joggings et autres pantalons élastiques peuvent s’enfiler et s’ajuster avec souplesse et simplicité, la plupart des pantalons ont besoin d’une large ouverture séparant la ceinture en deux, pour s’évaser et passer le bassin. Sinon on ne pourrait tout simplement pas les positionner jusqu’aux hanches. De nos jours, c’est la braguette, zippée ou boutonnée, qui permet d’agrandir momentanément la circonférence du pantalon, permettant à celui-ci d’emboiter convenablement le bassin. La braguette est la plupart du temps centrée sur le devant et dissimulée par un assemblage de tissu appelé le pont et le sous-pont. Il semble d’après des peintures et gravures que la braguette centrée soit apparue sous Napoléon III, à l’époque précisément de la démocratisation du pantalon. Comme le prouve cette photo datée de 1860 de l’Empereur :

Ce dispositif a priori si simple et pratique n’est pourtant pas très ancien. Certains plus anciens pantalons et les culottes surtout, vêtement phare de l’Ancien Régime recouraient à un tout autre mécanisme. Si la ceinture se séparait également en deux par le milieu, l’ouverture n’effectuait grâce à un immense volet, boutonné en haut, sur la ceinture, et retombant vers le bas. Pour retirer son pantalon, ou bien satisfaire un besoin naturel, il fallait déboutonner au niveau de la ceinture le volet, et le laisser retomber. Ainsi que vous pouvez le découvrir sur cette photographie d’un modèle ancien :

Voilà il faut le reconnaitre une manière ancienne et bien baroque d’ouvrir son pantalon. Si pour les hommes cette méthode de boutonnage est totalement tombée en désuétude, les femmes peuvent encore trouver occasionnellement ce type de finition, comme vous pouvez le constater ci-dessous. Elles appellent ce modèle « pantalon de marin », car ce sont bien les hommes qui le plus longtemps ont porté ce type de pantalon. Je serais d’ailleurs très intéressé d’apprendre jusque quand la Marine Nationale a admis ce modèle comme réglementaire. Peut-être qu’un lecteur le saura?

Parce que les marins portaient ce type de pantalon et qu’ils ont l’habitude de se travailler sur le pont des navires, un rapprochement logique s’est effectué entre eux et « le pantalon à pont ». J’ai tendance à penser que le mot pont vient tout simplement du vocable tailleur, désignant une pièce de tissu mobile faisant jonction. D’ailleurs, la braguette actuelle est constituée d’un pont et d’un sous-pont se boutonnant derrière.

Cette façon de boutonner le devant d’un pantalon est ancienne, probablement post-Renaissance. C’est au XVIIème et XVIIIème siècle que se forge l’esthétique de ce fermoir. Sur cette culotte déposée à Galliera datée de 1740/1750 (en velours façonné de soie rouille, doublure toile de lin écru, boutons bois recouverts de fils métalliques, cannetille, paillettes argent, lamé or), le pont est clairement visible, de petite dimension d’ailleurs :

Un autre exemple, Empire cette fois-ci montre un pont clairement mis en valeur par une jolie sous-tâche de broderie stylisée :

Le pont pendant longtemps présente des lignes plutôt étroites et verticales comme vous le voyez. Avec l’époque Victorienne, il semble que cette esthétique toutefois cherche à se faire oublier. Question de pudeur? Quoiqu’il en soit, le pont s’élargit pour gagner les côtés sur du pantalon comme sur la photo à droite, où ses bords se font un peu passer pour des poches. Le pont chez Beau Brummell est très haut placé, très discret. Mais probablement très inutile pour satisfaire un besoin naturel…

Au cours de ma recherche, j’ai trouvé ce très beau cliché d’un manœuvre portant un bel exemple de pantalon à pont, qui semble d’ailleurs être en peau :

Voilà pour ce fameux pont, une curiosité de style et de technique. Il semble aujourd’hui que la Navy américaine ait encore l’usage du pantalon à pont avec le modèle dit Crackerjack aux très nombreux boutons. Quant aux bavarois, leurs culottes de peau sont aussi, et normalement, pourvues d’un tel dispositif. Positivement baroque !

Belle et bonne semaine, Julien Scavini

La veste croisée peut elle être sport ?

Un client récemment commandait un costume, coupé dans un tissu ayant l’aspect du tweed donegal. Veste droite et pantalon simple. A l’ultime fin, il m’interrogeait sur la possibilité, ou plutôt la possible logique, de faire une veste croisée pour cet ensemble.

Je n’avais pas pensé une seule seconde à une veste croisée pour un tel tissu. Je répondis non. Non, ça n’a pas de logique. La veste croisée renvoie à un certain formalisme. L’opposé esthétique de ce costume façon campagne moelleuse que l’on venait de finir. Nous étions tous les deux d’accord, aussi, le débat fut-il rapidement clos. Cela ne nous empêchait pas de continuer à discuter sur le sujet.

Mais au fond, y’a-t-il une raison de faire une veste décontractée croisée? Je devais bien reconnaitre que c’est en effet d’un raisonnement curieux. Une veste sport, c’est fait pour être plutôt confortable. Or la veste croisée, devant rester boutonnée, reste assez statutaire. La veste croisée est formelle. Elle oblige. Et si l’on cherche une veste sport, c’est précisément – peut-être – pour faire relâche, la porter ouverte, mettre les mains dans les poches ou la maltraiter un peu.

Par exemple l’hiver, une veste de tweed s’envisage assez peu croisée dans mon esprit. D’ailleurs, il me semble que James Darwen dans Le Chic Anglais dit aussi que c’est d’une « élégance d’ornithologue allemand. »

Je rajoutais que pour l’été, la veste croisée ne me semble pas plus logique. Encore une fois, devant principalement rester boutonnée, elle tient plus chaud qu’une veste droite et légère, facilement déboutonnable. Je pense que les tissus sports ne sont pas tellement logiques coupés en croisé, en dehors du traditionnel bleu marine faisant alors blazer. Je suis allé glaner quelques idées chez SuitSupply, Boggi ou Brooks Brothers et je n’ai pas vu, en tout cas pour cet hiver d’exemples particulièrement enjoués de veste croisée sport. Chez Drake’s, il y a quelques exemples en denim, mais ils sont plutôt d’un style blazer poussiéreux.

Alors quoi, la veste croisée devrait être réservée au costume seulement, et au blazer? Et peut-être aux vestes de cocktail, comme nous l’a montré Daniel Craig. Tout en discutant, je cherchais des tissus sport sympa en croisé et je n’en trouvais pas spontanément.

Cela dit, avec un petit peu de recul maintenant, je repense à un vieil axiome sartorial : l’élégance peut parfois s’opposer au confort. Ou, entre le confort et l’allure, il faut parfois choisir. Car précisément, une recherche esthétique ne doit pas que s’articuler, et heureusement, autour de la notion de praticité. La veste croisée, oui, est un peu moins pratique. Pour autant, faut-il alors la bannir du rayon veste sport? Finalement, bien sûr que non, et il appartient à chacun de se faire plaisir avec une veste croisée en tweed ou en lin pour l’été. Pour le simple plaisir que c’est beau.

Je manie le en-même-temps présidentiel au sujet de cette réflexion. A titre personnel, je confesse ne pas être sûr de cela, pour moi-même. La vision récente d’un agent drapier, portant une veste croisée en tweed prince-de-Galles voyant, me conforte dans cette idée que la veste en tweed croisée est une curiosité stylistique. Et que moi qui ait rapidement chaud, l’été c’est encore moins logique. Mais souvenons-nous de l’article de la semaine dernière sur la garde de robe de Brett Sinclair. La veste croisée dépareillée a un petit quelque chose de baroque, une allure un peu ostentatoire et dandy. Et si l’on veut, alors pourquoi pas. Au fond comme disait Cioran, « N’a de convictions que celui qui n’a rien approfondi.»

Brett Sinclair : inspiration pour la garde-robe de gentleman moderne ?

Cet article est une contribution de mon ami Maxime C. Je l’en remercie.

Il existe, dans le petit monde sartorialist, un petit groupe de fans de Brett Sinclair. Surtout en France, d’ailleurs ! La principale raison en est que la série dont est issue ce personnage fut, en dépit de moyens conséquents, un « flop » dans le monde anglophone, mais un réel succès en France, notamment du fait de la grande qualité des dialogues et du doublage.

En préambule, rappelons à ceux qui l’ignore que Brett Sinclair est le personnage principal de cette série[i]. Aristocrate britannique désœuvré, il court le monde autour de ses passions se résumant aux courses automobiles et aux conquêtes féminines. Dès le premier épisode, il rencontre – dans une scène légendaire, presque une parade nuptiale entre deux mâles s’affrontant au volant de leurs bolides respectifs, une Aston martin DBS pour l’un et une Ferrari Dino 256 pour le second – un alter ego en la personne de Danny Wilde, richissime et excentrique américain. Tous deux vont dès lors chercher à sauver la veuve et l’orphelin (surtout la jeune femme, pour être honnête), sous l’égide d’un mystérieux juge qui réussit, ce faisant, à donner un sens à leur vie. S’ensuivront de nombreux voyages, des courses poursuites et, bien entendu, de nombreuses conquêtes féminines, qui forment la conclusion presque systématique de chaque épisode.

Brett Sinclair est interprété par Roger Moore. Celui-ci est alors, déjà, une grande star internationale pour son rôle de Simon Templar dans Le Saint, mais pas encore l’icône qu’il deviendra l’année suivante en interprétant James Bond. Le personnage de Brett Sinclair, qu’il interprète à l’aube de son quarantième anniversaire, et dont il dessine lui-même les costumes[ii], est donc un personnage de transition dans sa carrière, plus élégant et audacieux qu’un Simon Templar, trentenaire chic d’origine plus modeste, plus marginal et peut être moins classiquement viril qu’un James Bond plus formel.

Dans Amicalement vôtre, Roger Moore rayonne dans un début de quarantaine qui n’a rien enlevé à sa plastique de jeune premier. Sûr de lui, il se créé une garde-robe qui exprime sa personnalité et l’aide à séduire les plus belles jeunes femmes. En un mot, Roger Moore, dans cette série, « s’éclate », si vous me passez l’expression, avec la garde-robe de son personnage tout en exprimant ses propres préférences stylistiques.

Le personnage de Brett Sinclair est plus complexe qu’il n’y parait. Côté face, il est un authentique aristocrate anglais, membre de la Chambre des Lords. Il développe toutes les vertus chevaleresques associées à son statut et se pique d’un humour très « british », sachant rire de lui-même. Côté pile, l’aristo devient volontiers bohème, officiellement ruiné (ruiné en Aston Martin, élégance avant tout !), sachant jouer des poings lorsque nécessaire. Il est aussi, en dépit des traditions, un homme de son époque qui s’inspire de la dernière mode. Sa garde-robe, bien sûr, témoigne de la dualité du personnage, c’est d’ailleurs l’une de ses principales caractéristiques.

Cela se matérialise d’abord par des choix stylistiques prenant leur source dans la grande tradition britannique : costume trois pièces, veste norfolk, high buttoning jacket, etc. Cette base est complétée d’inspirations à l’époque très tendances, dans leur forme ou leurs couleurs, avec par exemple une chemise orange, des pantalons un peu larges, des chemises à jabot en certaines circonstances, sans oublier, par exemple, une burma jacket[iii] très en vogue dans les 70’s où l’on aimait les smokings à veste claire ou de couleurs. Débutants s’abstenir, mais quel plaisir à l’heure des smokings mal coupés que la presse people nous laisse à voir.

Brett Sinclair donne une clé essentielle pour l’élégant d’aujourd’hui : s’inspirer de la tradition en sachant écouter la tendance, idéalement en l’anticipant plutôt qu’en la suivant !

Plus généralement, ses tenues se matérialisent par la grande versatilité des pièces qui la composent.

Prenons l’exemple de sa veste croisée, classique dans le style général mais très fantaisiste par le choix d’un tissu à large rayures marron et verts et à rayures dark green[iv]. Il la porte souvent très classiquement avec un pantalon gris ou crème, une chemise claire et une cravate. La même peut aussi apparaitre avec une chemise ouverte, un pantalon plus fantaisie ou encore un foulard. Ainsi, il la porte même en camping avec un foulard négligé, le même pantalon crème et des mocassins blancs ! A réserver aux élégants expérimentés !

Second exemple avec une chemise orange. On la retrouve à la plage, sur un simple pantalon clair, manche doucement relevées. Plus audacieux, la même chemise reparait le temps d’une soirée, portée comme une veste détente, avec un foulard foncé pour lui donner du coffre. On la retrouve encore, largement ouverte, avec le même foulard noir qui lui donne, cette fois, un look de rock star des 70’s.

Autre exemple avec une veste façon cardigan, en maille, croisée, marine[v]. On la retrouve portée aussi bien de manière habillée mais décontractée, avec une chemise Lila et une cravate parme – pour Brett Sinclair, la tenue parfaite pour une balade en voiture – ou encore de manière plus habillée sur la même chemise orange que précédemment, dans l’esprit smoking négligé.

Il traite, de même, ses autres vestes de smoking, sa saharienne et, plus généralement, toutes les pièces de cette garde-robe qui tiendrait presque entière dans deux valises. Du reste, une troisième rentrerait-elle dans le coffre de l’Aston Martin ?!

Que contient la garde-robe de Brett Sinclair ? En réalité, presque rien au goût de l’élégant très doté et certainement peu de choses, même pour la majorité des lecteurs.

On y trouve pêle-mêle[vi] 

  • un costume gris très classique, trois pièces à large revers et à crans superbes. La veste est parfois portée seule, sur un pantalon gris clair. L’ensemble est coupé dans une laine grise à très fine rayures gris clair, créant un effet faux unis[vii]. Le gilet droit compte 6 boutons et le pantalon, droit, se porte sans ceinture.
  • Un costume bleu, avec un bel effet de matière donnant une apparence de rayure (chevron ?).
  • Un costume plus audacieux, gris clair, croisé, à fine rayures marrons[viii], dont la veste est par ailleurs parfois portée en dépareillée, comme ici, avec un foulard en guise de cravate.
  • Un costume chocolat, de coupe classique.
  • Plus audacieux : un costume vert foncé à haut boutonnage, porté surtout à Paris et pour aller aux courses hippiques[ix].

A ces cinq costumes s’ajoutent quelques vestes dont

  • la croisée évoquée plus haut,
  • une belle veste dans les tons chocolats, à motif « pince de galles » beige,
  • une « norfolk jacket »[x] et enfin
  • deux vestes en maille, une bleue marine, également évoquée précédemment, et une chocolat, à coupe droite, portée avec un pull à col roulé camel.

S’y ajoutent

  • quelques vestes de smoking, dont une en velours noir[xi], pour des soirées détente et
  • la burma jacket,
  • ainsi qu’une saharienne dans les tons beiges[xii].

On y trouve également des pantalons, chocolat, beige ou gris, quelques chemises de couleurs, orangée, verte… et une foule de chemises blanches.

Quelques pull-over, notamment à col roulé en cachemire (bleu pétrole, bleu foncé, blanc, brun), prêt du corps, complètent le tout avec quelques manteaux dont un gris à col ou encore un superbe manteau de type trench en cuir chocolat à très large col. Un trench coat revisité de couleur crème, d’une coupe similaire, apparait enfin quelquefois[xiii].

C’est la seconde grande leçon de l’élégance sinclairienne : le personnage possède (relativement) peu, mais bien ! Toutes les pièces sont choisies avec le plus grand soin et portées avec une telle audace que sa garde-robe s’en trouve, en quelque sorte, démultipliée. En définitive, nous sommes ici aux antipodes de certaines idées reçues qui commanderaient, lorsque l’on possède peu de pièces, de choisir des pièces classiques pour les accessoiriser. Il y certainement là à méditer pour l’élégant d’aujourd’hui !

En la matière, il faut mettre en exergue les quelques choix stylistiques récurrents de Brett Sinclair, dont certains méritent d’être, sinon tentés, au moins retenus, ne serait que pour se démarquer des poncifs actuels.

En premier lieu, notons que les chemises sont presque toujours à poignets napolitains[xiv] s’agissant des chemises de jour. Les chemises habillées sont portées, plus classiquement, avec des boutons de manchettes tandis que les chemises fantaisie ont des poignets droits conventionnels. Ces deux dernières, en revanche, proposent une structure plus audacieuse, avec deux poches poitrine à soufflet. Visuellement, cela renforce les pectoraux du personnage tout en donnant plus de prestance à une chemise fantaisie. Par ailleurs, cela lui permet de jouer, comme évoqué précédemment, la carte de la versatilité en transformant la chemise en veste légèreà effet saharienne portée dans différentes configurations.

Notons aussi une réelle prédilection pour les vestes croisées, les vestes à boutonnage haut ou encore les costumes trois-pièces. En définitive, Brett Sinclair ne porte quasiment jamais un simple veste deux boutons ou trois boutons dont seul le second serait fermé. Par ailleurs, il use largement du revers de bas de manche tandis que les boutonnières des manches n’ont généralement qu’un seul bouton, sauf exception (il y en a deux pour la Norfolk jacket, dont aucun n’est porté ouvert).

A la même époque Roger Moore utilise le même type de poignet sur un costume qu’il porte à la ville et non dans la série. Il se montre au sommet de l’élégance dans un fort beau peack label suit, trois pièces. On retrouve les poignets des chemises et les revers de manche typique de la garde-robe de Brett Sinclair, et la même prestance. Le pantalon est cependant plus large, époque oblige, tandis que la tenue s’accessoirise avec des boots noires à zip, une cravate parme faux unie et une pochette de même ton[xv].

Remarquez ce foulard noué en cravate. Et aussi ce bas de manche de veste (de costume, gris à rayure marron)… qui semble disposé comme un mousquetaire, créant un bas de manche large et ouvert en V.

Les cravates sont évidemment importantes dans la garde-robe d’un gentleman. On trouve chez Sinclair deux types de cravates. D’abord, des pièces très formelles, souvent de couleur unie, mais jouant sur la texture. (Assez étonnement, je possède moi-même une cravate dans ce gout, de couleur bordeaux, de chez Turnbull and Asser). Ensuite, des cravates fantaisistes, souvent à ramages, mais jamais de cravate en tricot, ni de polka dot tie[xvi] et encore moins de cravate à motifs.

Plus largement, Brett Sinclair est un champion du foulard, porté en de nombreuses occasions. Noué façon cravate ou simplement noué autour du cou, avec une chemise ouverte, avec ou sans veste. Il ose même, le temps d’une soirée à domicile, le foulard sombre sur chemise blanche à jabot, avec veste de velours verte foncé. Face à une cravate souvent formelle, le foulard est certainement la pièce exprimant le mieux l’humeur du personnage. En revanche, il ne porte jamais de pochette, contrairement à Roger Moore à la ville.

Autre point crucial : Brett Sinclair choisit des couleurs assorties à sa carnation et à ses cheveux. Même sa voiture met en avant son teint. Cela explique le choix récurrent des couleurs à base de brun, y compris dans des configurations peu communes, comme on l’a vu sur certaines vestes. Là encore, un bon réflexe à adopter en allant voir son tailleur !

Enfin, quelques éléments vestimentaires plus anecdotiques parsèment la série : une veste de marin blanche, une tenue de lord, couronne comprise, une tenue d’équitation à veste chocolat ou encore une veste d’intérieur bleu-roi à parements noirs, portée en camping[xvii]. Effet garantie si vous campez dans votre domaine de chasse solognot, peut-être un peu moins dans un camping municipal languedocien. Encore que : la grande leçon de notre héros n’est-elle pas, au fond, de porter ce que bon lui semble quand bon lui semble, persuadé que son sens du style et de l’humour suffisent à parfaire son élégance. La confiance en soi, voilà la leçon magistrale, et à la portée de toutes les bourses, à retenir de notre héros de la semaine.

Crémerie/Poissonnerie, tous les Build Order !

[i] Il est très facile de trouver la série dans sa version française intégrale sur Youbube. Attention, l’ordre des épisodes est celui diffusé en France, qui ne correspond pas, sauf pour le premier, à l’ordre officiel de la série.

[ii] Ces derniers étant coupés par Ciryl Castle, tailleur ayant travaillé pour la série « Le Saint » et qui travaillera pour quelques épisodes de James Bond avec Roger Moore

[iii] Décrite et illustrée sur l’excellent blog Bondsuits : https://www.bondsuits.com/the-persuaders-burma-dinner-jacket/

[iv] Décrite et illustrée sur l’excellent blog Bondsuits : https://www.bondsuits.com/the-persuaders-the-striped-blazer/

[v] Pour en savoir plus sur ce blazer façon cardigan, voir ici de nombreuses précisions et illustrations : https://www.bondsuits.com/the-persuaders-the-cardigan-blazer/

[vi] Précisons que ce travail repose sur le visionnage des vidéos intégraux de la série. La qualité des images disponibles ne permet pas toujours de préciser les détails notamment des tissus. Ainsi, il est possible que plusieurs costumes bleus, de coupe proche, cohabitent dans la série.

[vii] Voir ce costume en détail ici : https://www.bondsuits.com/the-persuaders-a-more-conservative-charcoal-three-piece-suit/

[viii] Décrit ici et fort bien illustré : https://therake.com/stories/style/week-channelling-lord-brett-sinclair-persuaders/ ou encore ici : https://www.bondsuits.com/the-persuaders-a-sporty-striped-suit/

[ix] Pour en savoir plus (en anglais) sur ce costume inspirant : https://www.bondsuits.com/the-persuaders-high-buttoning-green-suit/

[x] Décrite et illustrée ici : https://www.bondsuits.com/persuaders-tweed-norfolk-suit/

[xi] Id/ https://www.bondsuits.com/the-persuaders-roger-moores-black-velvet-dinner-jacket-for-an-intimate-affair/

[xii] Décrite et illustrée ici : https://www.bondsuits.com/persuaders-suede-safari-jacket/

[xiii]On pourrait croire à un manteau fait pour un chasseur sur le perron d’un grand hôtel. Il apparait ici en fin d’article : https://www.bondsuits.com/the-persuaders-the-cardigan-blazer/

[xiv] Voir, à ce propos, l’excellent article de ce blog : https://stiff-collar.com/2021/09/28/le-poignet-napolitain/

[xv] Voir ici de nombreuses illustrations : https://www.bondsuits.com/roger-moores-peak-lapel-suit-on-the-dick-cavett-show/

[xvi] Voir, à ce propos, l’excellent article de ce blog : https://stiff-collar.com/2018/03/12/la-cravate-a-pois/

[xvii]Parmi les pièces moins portées figurent aussi une veste d’intérieur à motifs cachemire, quelques polos dont l’un couleur jaune poussin, un blouson façon forestière noir à parements blancs, un beau pyjama rayé, un peignoir bleu roi avec large initiales sur la poche poitrine et un autre à la manière d’un tartan, clin d’œil aux origines écossaises de la famille, à fond rouge…

Belle et bonne semaine.

Crémerie/Poissonnerie, tous les Build Order !

Chers lecteurs, rien à voir avec cet article, mais pour la boutique des Pantalons, je suis à la recherche urgemment d’un vendeur pour le samedi ! Profil jeune homme, dynamique, aimant le contact et sachant sourire, avec expérience dans la vente. Ou sans? à voir. Premier jour dès le samedi 23 octobre. CV et motivation rapide à ce mail > contact@scavini.fr

Le gilet matelassé

Il y a plus d’une décennie, j’avais acheté chez Hackett un gilet matelassé assez épais, très rembourré de plumes. Qui n’en finissent toujours pas de sortir occasionnellement d’ailleurs. J’aimais beaucoup la praticité de cette pièce, à une époque où j’étais assez seul à en porter. Je ne voyais pas tellement de monde avec, à part peut-être les amateurs de chasse, pêche et traditions. Barbour n’était pas encore tellement à la mode. J’avais essayé de porter ce gilet sur une veste, ou sous une veste. Mais il était bien trop rembourré, aussi était-ce ridicule, d’une manière ou d’une autre. Sur le pull, c’était très bien.

Depuis quelques années j’assiste toutefois à une explosion de gilet matelassé. Il est partout depuis qu’Uniqlo et d’autres l’ont démocratisé, à grand renfort de matières artificielles. C’est peut-être mieux pour les oies. A toutes les sauces, de toutes les couleurs, quel succès fulgurant.

Ce faisant, il est devenu un sujet plus qu’électrique lorsqu’associé avec le costume. Je ne compte pas les amis qui essayent de me convaincre de l’ignominie du gilet matelassé sous la veste. Et je m’en amuse à chaque fois. L’ancien Premier Ministre Édouard Philippe aimait cette allure, et j’entendais pis que pendre sur le sujet. Il y avait probablement une pointe de raillerie politique au delà de ce simple gilet…

Parfois, je le rappelle, ce n’est même pas un gilet, mais des bouts de gilets zippés et rapportés à veste, pour lui donner un côté sportwear deux en un. Classique aussi bien chez Corneliani que chez Celio, du plus cher au moins cher. Il faut bien reconnaitre que c’est un coup de génie. En hiver la veste est chaude avec son morceau de gilet intégré, et au printemps, cette partie peut se retirer.

Mais est-ce élégant le gilet matelassé avec son col cheminée montant sous une veste ou un costume ?

Je me garderai bien de donner une réponse définitive. Toutefois, je note que c’est un retour de l’ancestral gilet, qui lui a presque disparu. Le trois pièces est rare. Et avec ces tissus quatre saisons, les costumes ne sont guère chauds, et cette petite épaisseur en plus est salutaire. En revanche, il est vrai que la forme montante n’est pas aussi gracieuse que le gilet tailleur, échancré en V. Peut-être alors faudrait-il créer des gilet matelassé taillé comme chez les tailleurs, en V ? Edouard Philippe, encore lui, semble l’avoir trouvé. Seyant? Je ne sais pas, voyez plutôt :

Monsieur Darmanin semble le porter entre le costume et le manteau. Il est vrai que la plupart des tissus de manteaux sont fait pour les petits froids. 500grs de laine, ce n’est pas tellement épais. Je conseille moi-même cette astuce à mes clients mesure, en complément au mois de février. Ils ne sont pas obligés de m’écouter !

Au fond, je peux comprendre aisément les amateurs d’un petit gilet matelassé façon Uniqlo sous la veste de costume. Je ne les blâme pas du tout. La seule chose que je remarque est la petite dissonance entre l’habillé et le décontracté. Le gilet matelassé, ça fait un peu sport, genre « je descends de moto » ou « je me presse car j’ai un train à prendre ». Il rompt un peu la dignité du costume.

En même temps, je suis heureux, même très heureux pour le costume. Ce vénérable habit trouve peut-être là un allié utile. Si le gilet matelassé permet au costume de retrouver grâce, ou même de perdurer un peu plus, je ne peux qu’applaudir. Il redevient un peu trois pièces ! Ce n’est pas facile d’essayer de professer que porter le costume est un plaisir. Si pour certain cet accessoire est essentiel et rend le costume plus agréable, je ne peux pas dire grand chose. Je préfère cela au sweat plus doudoune.

Tout le monde a le droit d’être frileux. Pour ma part je porte plutôt des t-shirts chauffants, du même Uniqlo, sous la chemise. C’est formidable. Lorsqu’il avait beaucoup neigé, je crois que c’était en 2019, j’avais gardé quelques temps ce fameux gilet synthétique sous le costume. Agréable encore une fois, mais un peu dépenaillé comme mise. La juste réponse serait peut-être de beaux modèles en flanelles, cela existe, assez minimalistes, et pas trop longs, pour s’arrêter aux alentours de la ceinture. La quadrature du cercle au fond. Je ne connais pas de marque précise, mais je suis sûr que quelques amateurs vont m’en indiquer en commentaires, utiles à tous.

Je n’ai donc pas un avis tranché comme vous le lisez. J’aime le confort de ce gilet matelassé sous une veste, mais je reconnais volontiers que ce n’est pas réellement élégant, la faute à la matière et à la coupe.

Sous une veste sport en revanche, j’oserais dire que tout est permis. Le registre décontracté s’y prête. Attention toutefois, c’est le règne des couleurs variées et des textures. Le gilet en nylon marine sous un beau tweed vert mousse, ce n’est pas très élégant non plus. Il faudrait trouver un tel gilet en tweed, quelque chose qui crée un intéressant rapport de couleur et de matière.

Sinon, est-ce tout simplement cette encolure cheminée, montante et enveloppant le cou qui n’est pas jolie ? Je reviens à mon intuition de départ. Ce col « camionneur » comme il s’appelle rompt avec la tradition d’une encolure dégagée, seulement camouflée sous une écharpe ou un beau châle. Ces gilets techniques font oublier l’écharpe. C’est là qu’ils sont coupables. Coupables d’outrage à un autre bel accessoire.

Et puis, il y a aussi ceux qui veulent porter le gilet matelassé par dessus la veste, façon Brunello Cucinelli. Je ne suis pas sûr de trouver très beau que la veste dépasse sous le gilet, comme lorsqu’une parka trop courte dévoile le bas de la veste. Kitsch au possible. Mais c’est un effet de mode, un peu années 80.

Voilà donc pour ces quelques réflexions, ou divagations, sur cette petite pièce très technique et très dans l’air du temps. Pour ou contre sous la veste et surtout sous la veste de costume, telle est la question ? Aime-t-on mieux le chandail un peu large façon Frédéric Mitterand?

Bonne réflexion et bonne semaine, Julien Scavini

La veste rose de Daniel Craig

C’est en suivant l’actualité facebook du Prince Charles que j’ai découvert la soirée d’avant-première du dernier James Bond à Londres, au Royal Albert Hall. J’étais plus intéressé par son smoking et la Rolls qui serait de sortie, que par les péripéties de l’agent anglais. Intéressé aussi de voir le Prince William, qui avait pour l’occasion choisi une veste en velours noire et des souliers type slippers aussi en velours. Une tenue très lounge et digne d’intérêt, si seulement les proportions n’étaient pas si chiches. Et puis au détour des photos, il y avait Daniel Craig.

J’avais vu sa veste de velours rose poudré. « Tiens me dis-je. » Et puis plus rien, je passais à autre chose. Seulement, plusieurs personnes m’en ont parlé à la boutique. « Avez-vous vu la veste de Daniel Craig? Qu’en pensez vous? Oh la veste de Daniel Craig, superbe. ou Spéciale cette veste non? » Alors j’ai re-regardé cette veste. Qu’en penser?

Et bien que du plaisir. Pour plusieurs raisons.

1- D’abord je suis heureux d’un assemblage de vêtements qui est de très bon goût. Car je le rappelle, la base de la tenue de Daniel Craig est le smoking. Il en porte le pantalon, les souliers et le papillon. Tous noirs avec une chemise blanche. C’est donc une base formelle et tout à fait classique. La touche de couleur est apportée en harmonie avec le reste. Le pantalon n’était pas bleu ou gris et les souliers des derbys marrons mal cirés. Vous voyez ce que je veux dire? L’ensemble était maitrisé. Pas de cacophonie vestimentaire, pas de loufoquerie. En bref, Daniel Craig n’était pas déguisé. Il y a de manière sous-jacente une maitrise intelligente du code. D’ailleurs on sait qu’il connait bien le smoking, il le portait classiquement à toutes les autres avant-premières. Pour sa dernière, il change un peu. Tant mieux pour lui.

Donnez une telle idée à un quidam, et vous trouveriez un pantalon à carreaux, un papillon dénoué (que bien des stars françaises trouvent plus « marrant ») et des lacets de chaussure rose. Exemple. Dans les personnalités diverses ce soir là, j’ai repéré deux tenues totalement hideuses, voyez ci-dessous. Franchement un smoking rose mal coupé jurant avec le noir, et un pantalon de smoking gris. Franchement c’est laid… !

1bis- Daniel Craig a le ton juste lui. Il dénote, tout en prouvant une maîtrise du smoking et de ses finesses. Comme le smoking blanc. Il comprend les degrés de variation autour de cet habit du soir. Il ne cherche pas à casser les codes de cet habit du soir, avec une lecture premier degré bancale. Il respecte cette tenue traditionnelle sans la renverser, avec les bons souliers, le bon papillon. Il n’en fait pas trop.

2- Ensuite, il s’agit là d’une itération intéressante d’un sujet qui m’est cher, celui de la veste de cocktail que j’évoquais ici. Pour quelqu’un qui possède déjà un smoking, l’idée de faire couper une veste dépareillée mais fonctionnant avec celui-ci est intéressante et pratique. Shantung autrefois, velours aujourd’hui, voilà une veste heureuse, et qui sort de l’ordinaire et du très classique registre noir & blanc. Presque toute la panoplie du smoking est employée. Sans la veste. En passant, j’avais toujours imaginé ce modèle de veste droit à col châle. Et bien en croisé, c’est très sympa aussi.

3- Par ailleurs, Daniel Craig prouve ainsi qu’il ne faut pas fuir la couleur. Et qu’au contraire, sur un homme, c’est extrêmement élégant. Ça donne même bonne mine. Pour autant que cet apport de couleur soit modéré, ici par le noir et le blanc.

4- J’ai lu par-ci et par là enfin, que Daniel Craig prouvait ainsi que les hommes de plus de cinquante avait le droit de s’amuser et de s’affirmer. Je ne saurais juger la véracité de cette affirmation du bas de mes trente-cinq ans. Cela dit, il ne faut jamais avoir peur de s’affirmer dans le vêtement. J’oserais dire que Daniel Craig prouve surtout que l’on peut être un homme, un vrai, et s’intéresser à ce sujet. Au point même de frapper fort. La veste de velours rose n’est pas exclusive des meetings d’Act-Up. Mais il aurait pu tout aussi bien porter un velours jaune, orange ou vert. C’est cette envie de montrer quelque chose de raffiné et d’étudié qui me plait là.

5- J’apprécie d’autant plus cette veste en velours que le dernier exemple en date sur le sujet m’avait assez déplu. Il s’agissait de la veste orange de Kingsman. Je n’aime pas ce noir aux revers qui est dur visuellement, et marque trop le V de la poitrine. Avec la veste rose de Daniel Craig, il y a une touche de simplicité plus heureuse.

Toutefois, si j’encense cette jolie veste rose aux poignets retournés, détail sartorial raffiné, je peux aussi apporter un bémol. Car il y en a. Cette veste, il lui manque carrément une taille. Ses biceps explosent les têtes de manches et font saillie. L’épaule ne place pas bien et le col a du mal à appliquer. S’il est statique, tout va bien, mais dès qu’il bouge, tout part de travers. Les avant-bras sont si serrés qu’ils remontent vers le coude découvrant allègrement les poignets mousquetaires. D’autant que le velours (je précise probablement en coton, ou coton-modal) n’a aucune élasticité naturelle. Une veste en laine accompagne le corps. Une veste en coton, ou donc en velours, est figée, rigide et fait très vite carcan. Il faut donc impérativement lui donner du mou. Et donc une taille de plus surtout en haut du buste.

En dehors de ce petit point négatif (notez qu’il n’est pas le seul à confondre « veste sur-mesure » et « veste collante »), je suis heureux de cette prise de risque vestimentaire. Cela donne envie de bien faire, et de mieux faire. C’est un témoignage que le beau vêtement n’est pas out-dated.

Bonne semaine, Julien Scavini

Le poignet napolitain

Lorsque je regardais Amicalement Vôtre il y a plusieurs années, j’avais remarqué que les manchettes de chemises de Brett Sinclair, joué par Roger Moore, n’étaient pas tout à fait conventionnelles. Un repli habillait celles-ci en leurs donnant de l’importance. Mais point de boutons de manchette comme sur le poignet mousquetaire classique. Quelle curieuse invention dont j’avais vite trouvé le nom, le poignet napolitain. Les anglo-saxons ont plein d’autres noms eux.

Lorsque j’ai débuté dans la chemise « mesure » à la boutique, j’avais découvert dans les possibilités offertes par l’atelier des Deux-Sèvres ce fameux poignet dit napolitain et je repensais à Brett Sinclair. Ce poignet ostentatoire et qui en impose était parfait pour habiller le personnage, aux antipodes d’un Danny Wilde beaucoup plus décontracté. Une expressivité tout à fait en vogue dans les années 70, où un certain esprit baroque régnait. Pour ceux qui ne voient pas de quoi il s’agit, autant mettre une petit photo de Roger Moore avec ce poignet, je crois dans un James Bond :

Il me semble n’avoir fait qu’une fois ce poignet. Je ne me pressais pas à le proposer, ne le comprenant pas tout à fait. Je revoyais de temps en temps Amicalement Vôtre et m’interrogeais de nouveau sur la nécessité de ce truc, cet artifice de style.

Et puis je me suis lancé début septembre dans l’intégrale des James Bond. L’occasion d’étoffer ma petite culture cinématographique et de m’amuser à contempler les esthétiques passées, costumes, voitures et intérieures. Un peu comme avec Columbo. Je rappelle que le premier de la série, James Bond 007 contre Dr No date de 1962 ! Quel fabuleux kitsch.

Il se trouve que Sean Connery alias l’agent anglais porte lui aussi dans les adaptations des chemises avec une tel poignet. Une idée du réalisateur Terence Young et de son propre tailleur Anthony Sinclair qui firent appel à Turnbull & Asser pour les chemises. Ah décidément me dis-je, ce modèle passionne. Voyez plutôt, avec une version plus arrondie que précédemment :

On retrouve en quelque sorte l’esprit du poignet mousquetaire, richement étoffé, mais sans la lourdeur (toute relative) des boutons de manchette. Deux petits boutons nacrés permettent d’attacher cette manchette. Au détour d’une recherche sur ce poignet, j’ai découvert que Roger Moore était amateur d’une autre variation. Ô subtilité, elle est légèrement modifiée avec des boutons rabattant le poignet, comme le col boutonné. Comble du baroque compliqué.

Un peu comme avec la chemise popover sur laquelle j’ai écrit, on peut légitimement balancer entre une incompréhension pour un truc un peu inutile voire franchement pas pratique, et l’idée qu’au fond, l’élégance a sa part heureuse de gratuité. Le beau n’a pas à se justifier. Il l’est quand il fait plaisir. Et si ce poignet pouvait faire plaisir alors ? (Ndlr : Veuillez lire cette phrase dans son sens premier uniquement.)

Je repensais aux publicités d’une marque nouvelle suédoise, Grand Le Mar, dont j’appréciais l’atmosphère. Cette maison à l’esthétique très dolce vita use massivement du poignet napolitain pour ses modèles. D’une grande élégance il faut le reconnaitre. Voyez plutôt la collection d’été :

Et je finissais ainsi par me convaincre. Non pas pour les chemises de tous les jours. Ni même pour les chemises du soir d’ailleurs. Mais bien pour celles de l’été. En cette chaude période, il est difficile de s’habiller convenablement. Et porter une veste est parfois complexe, en particulier au travail pour moi, où il faut bouger sans cesse. Aussi ai-je pris le parti de pantalons en lin et de simples et jolies chemises. Mais comment diable me demandais-je serait-il possible de rendre cette simple chemise plus esthétique, plus raffinée, plus habillée ? J’ai l’intuition que peut-être ce poignet pourrait être une juste et intéressante réponse.

Est-ce que le poignet napolitain ne serait pas le moyen idéal de donner du caractère à la chemise d’été, sans l’alourdir. Une petite touche de poésie repliée, à la fois minimaliste et pleine d’expressivité ? Je vais y réfléchir cet hiver pour la saison prochaine !

Bonne semaine, Julien Scavini

Concours d’élégance automobile à Groussay, Résultats

Chères lectrices, et chers lecteurs, la belle automobile qui a remporté le concours de Groussay dimanche dernier fut la Peugeot 402 « Eclipse » de 1937. D’ailleurs, l’auto en question est à vendre ici. Bravo à M. François Terrasse qui à 17h39 le 21 septembre donna la bonne réponse. Il pourra passer à la boutique et repartir avec un semainier de mi-bas 😏

Alors, petite explication concernant cette auto, par Patrick Lesueur, conseiller historique du concours Art Automobile :

DEUX EN UNE OU LA FORMULE ECLIPSE

« Au milieu des années trente, le dernier mouvement stylistique en matière de carrosserie automobile reste l’école aérodynamique. Cet esthétisme dans laquelle s’engouffrent sans retenue nombre de constructeurs, donne parfois naissance à de fameux faux pas. Par bonheur la maison Peugeot, avec sa gamme 402 dite « fuseau Sochaux » dévoilée le jeudi 3 octobre 1935 au sein du Salon de Paris, parvient à concilier moderniste et équilibre. La calandre en forme de cœur étiré, emprisonnant les optiques, demeure une caractéristique plastique identitaire de l’auto, tout comme la partie arrière fuselée, bordée d’ailes fuyantes accueillant les jupes cachant les roues, accentuant l’impression de fluidité. Une carrosserie totalement iconoclaste, qui étonne, tant l’entreprise au Lion est souvent perçue comme trop réservée. Mais une autre surprise de taille attend les visiteurs, la 402 transformable « coupé Cabriolet » Eclipse. Sa naissance est tout aussi étonnante. Depuis 1933 le dentiste Georges Paulin, passionné par l’étude des carrosseries automobile, a déposé un brevet concernant le concept du « toit métallique entièrement escamotable dans le coffre arrière d’une automobile ». Ce dernier collabore régulièrement avec le carrossier de Rueil Marcel Pourtout, et fréquente tout aussi assidument le célèbre distributeur Peugeot Darl’Mat installé rue Malar à Paris. Emile Darl’Mat parvient à intéresser la direction de Peugeot à la recherche d’idée nouvelle, qui s’intéresse rapidement à cette brillante proposition. Après une année de mise au point (20 000 opérations ont éprouvé le dispositif sur le prototype) Peugeot en assure l’étude industrielle pour une production en série limitée dans ses ateliers de carrosserie spéciale de la Garenne Colombes. Profitons de l’occasion pour insister sur le fait que c’est bien Peugeot le premier constructeur au monde à avoir commercialisé une automobile au pavillon rétractable, et que 580 bons de commande seront signés par de véritables connaisseurs en faveur d’une 402 Eclipse, entre 1936 et 1939. Rappelons que Georges Paulin membre du réseau de renseignements Phil sera fusillé par les nazis le 21 mars 1942. »

Voici pour finir ce toit rigide et escamotable, par deux personnes seulement, sans dispositif complexe ou électrique. Le toit se translate simplement de et vers la malle arrière. Et tout s’emboite parfaitement. Quelles lignes !

(Pour ma part j’avais voté pour la Hotchkiss – Anjou coupé « St Tropez » 😜) A demain pour l’article habituel parlant vêtement, une fois n’est pas coutume. Bonne semaine. Julien Scavini

Concours d’Élégance Automobile à Groussay

J’étais donc hier à Groussay, magnifique demeure hélas en état de délabrement de Charles de Beistegui, située à Montfort l’Amaury. Sur les pelouses du château et pendant deux jours se tenait un rassemblement de voitures anciennes et élégantes, avec en clou du spectacle dimanche, un concours d’élégance automobile, le prix Jean-Paul Thévenet. J’étais juré.

J’avais sorti une veste bien connue et qui n’avait pas vu la lumière du jour depuis plusieurs années. Je m’étais beaucoup questionné sur la tenue idéale. Quel plaisir de retrouver ma veste de régate en coton rayé. Pantalon de laine fine et chaussures Buck de chez Fairmount déjà évoquées ici en complément. J’avais oublié le chapeau, tant pis, ça aurait fait trop de toute manière.

A partir de 14h30, un certain nombre de beaux véhicules d’époque ont défilé devant un jury de personnalités diverses dont une célèbre et sympathique costumière de cinéma, Mimi Lempicka, César des costumes pour Au revoir là-haut, film d’Albert Dupontel que je dois absolument voir.

Je me demandais comment donner un peu de relief à ma présentation des voitures, dont une reçut le prix du jury. Et bien tout simplement en refaisant ici un concours amusant. Je vais vous présenter succinctement chaque voiture. Mais je ne vais pas vous révéler laquelle a gagné.

En commentaire, vous donnerez votre préférée. Ceux qui auront trouvé la voiture gagnante passeront par un tirage au sort, et l’un recevra une petite récompense. Alors on y va.

1 – Lancia – Fulvia Coupé S1 – 1965 – M. Potain

2 – Studebaker – Gran Turismo Hawk – 1963 – Galerie d’Ieteren

3 – Facel-Vega – Coach HK2 – 1962 – M. Lahterman

4 – AC – AceBristol – 1960 – M. Dubost

5 – Austin Healey – 3000 – 1960 – M. Gillet

6 – Chrysler – 300B – 1956 – M. Michaut

7 – Ford – Thunderbird – 1955 – M. Michaut

8 – Hotchkiss – Anjou coupé « St Tropez » – 1954 – M. Starke

9 – Cadillac – Série 41 type 62 – 1941 – M. Michaut

10 – Alpha Romeo – 6C 2500 – 1939 – M. Hazet

11 – Nash – Ambassador – 1939 – M. Pontet

12 – Delage – D6 Letourneur & Marchand – 1938 – M. Letourneur

13 – Packard – « Coupé de ville » Eight Franay – 1938 – M. Antoine

14 – Peugeot – 402 Eclipse – 1937 – M. Michaut

15 – Rolls-Royce – 20/25 Coupé Mulliner – 1936 – Mme. Hollande

16 – Wanderer (l’ancêtre de Audi) – W25K – 1936 – Galerie d’Ieteren – rarissime !

17 – Citroën – reconstruction sur plan d’une Rosalie Speedster – 1933 – M. Lasalle

18 – Delage – D8 Figoni – 1930 – Ravi Prakash (Cette voiture et ses propriétaires étaient venus spécialement d’Inde. Pour la petite histoire, cette automobile carrossée en cabriolet par Figoni et Falaschi avait été vendue en 1930 au salon de Paris au Maharadjah d’Indore qui l’avait faite repeindre dans cette couleur orange Veuve-Clicquot avant de la rapatrier chez lui. Retour rapide sous les cieux parisiens donc. Notez le bouchon de radiateur en Lalique.)

19 – de Dion-Bouton – type DH – 1912 – M. Garcia-Guillorel

Nous voici au bout de ce joli plateau. Nous n’avons pas parlé costume aujourd’hui, mais avouez que ce sont là de biens jolies lignes aussi !

Reste à trouver maintenant qu’elle fut la voiture gagnante. Nous avions un mot d’ordre « quelle voiture voulez-vous ramener ce soir chez vous ». Pensez ainsi et donnez vos réponses 😉

Bonne semaine, Julien Scavini