Le jean

Un lecteur m’a écrit ces quelques lignes :

Enfant, je regardais émerveillé les films d’aventures, pirates, capes & épée, etc. et forcément devenu adulte mon style en est influencé … Du coup je ne porte pas de jeans, même si je ne nies pas son intérêt, simplement que je préfère porter flanelle ou chino selon les températures.

A ceux qui veulent me vanter les mérites du jeans, je leur rétorque que le chino peut être aussi décontracté (et même habillé selon la tenue) et qu’il est aussi confortable voire plus. Et enfin, je pense aussi que je n’ai tout simplement pas envie de me vêtir comme tout le monde …

Depuis le temps que je vous suis, j’ai compris que vous aussi ne portiez plus de jeans, ne serait-ce pas trop indiscret de vous demander pourquoi ?

En effet, je ne porte plus de jeans depuis quelques années. Tout au plus ai-je un jean tout rouge que je porte plus pour sa couleur.

Je ne porte pas de jeans car en effet, c’est vu et revu, tout le monde en porte. Regardez dans les transports en commun par exemple. C’est sidérant. Je préfère mille fois les chinos, c’est à dire des pantalons de coton. Ceux-ci ont parfois le même poids qu’un jean, mais leur coupe diffère. Diffèrent aussi les détails, la matière et la couleur.

Au niveau de la coupe, je trouve que le jean n’est pas confortable. Ce n’est pas tant une question de taille basse, car les quelques Levis que je portais étaient classiques de ce point de vue là (501 je pense). C’est une question d’aplomb du pantalon et de balance de celui-ci. Asseyez-vous avec un jean, invariablement lorsqu’on se relève, la chemise baille derrière, toute la tenue est à reconstruire. Ce manque d’emboitement du dos est dû à la coupe, très fuyante et dépourvue de pointe. Le schéma ci-dessous montre ce fait. A droite un pantalon classique avec une longue pointe (fourche) en forme de siège, de l’autre la coupe d’un jean à pointe fuyante, pour faire le fessier plus serré.

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Le jean pourrait-il se couper autrement? A savoir plus large? J’en doute.  A cause de la matière peu structurée, la jambe a besoin de faire vivre celle-ci en la repoussant pour la tendre. A la différence de la moleskine qui a une tenue et sait se rendre plastique, le denim, même épais se montre mou et inconsistant. Rares sont les denims à être raide.

Au niveau des détails, je n’aime pas sur le jean ses poches. Les poches devant sont très jolies. Leurs arrondis donnent toujours grande satisfaction aux couturiers en herbe. Piquez l’enforme et retournez, une mignonne forme apparait. C’est ravissant. Mais impossible de glisser ses mains là dedans. C’est la poche la plus inutile qui soit. Quant aux poches plaquées à l’arrière, c’est moche. Ces deux applications au niveau du fessier sont grossières. Il parait que les lignes de surpiqures apportent du cachet. Ah bon ? Quel intérêt d’attirer l’attention sur le postérieur ? Dans l’histoire du vêtement, c’est un fait unique. Surtout qu’elles sont inutiles, personne n’y met rien, alors à quoi bon ?

Le chino possède des poches classiques sur le côté, faites pour y mettre les mains et aux dos deux poches passepoilées, discrètes car peu utiles. C’est très bien.

Au niveau de la matière, le denim n’est pas une matière que j’apprécie particulièrement. C’est un coton qui s’humidifie beaucoup je trouve, me donnant toujours l’impression d’être moite le matin. Il garde les odeurs obligeant à des lavages très réguliers. Surtout, la matière est lourde sans pour autant être chaude. Elle n’est pas non plus fraiche. Le twill de coton, plus simple n’a pas beaucoup plus de tenue, je le concède. Mais je le trouve plus frais et respirant. Plus lumineux aussi.

Au niveau des couleurs, le denim n’est pas franchement joyeux. Bleu indigo, bleu indigo blanchi et délavé, parfois gris ou noir. Rien de bien joyeux. Le chino beige est bien plus agréable à regarder. C’est presque un signe de reconnaissance entre élégants. Le port du pantalon beige renvoie aux élégants du XVIIIème siècles qui arboraient des pantalons clairs au-dessus de leurs bottes. La clarté, plus dure à entretenir et à préserver est un signe d’hygiène et de moyens. Comme le pantalon de lin blanc et le velours crème. Toute la palette des couleurs noisettes et taupées est attractive aussi. Et le chino bleu marine se révèle assez universel, sauf avec un blazer bleu !

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Bref, beaucoup de raisons pour me faire abandonner le jean. Surtout que question chinos, si j’en vends en prêt à porter, toutes les autres marques en proposent, petites et grandes. J’avais mes habitudes chez Ralph Lauren autant que Dockers ou Uniqlo, bien que ces deux marques proposent des modèles trop taille basse.

Pourrait-on alors réaliser des pantalons à la coupe classique (une coupe de chino en somme) dans du denim? Quelques vieux clients me l’ont déjà demandé et je me suis interrogé à en faire en prêt à porter. C’est une idée. L’allure discrète de nos contemporains mais un confort plus personnel ? Pourquoi pas. Un ami m’a répondu que ce serait certainement une matière plus sympa mais il faudrait typer la coupe, comme par exemple sur un pantalon à double pinces. Une allure très pitti uomo ça !

Bonne semaine, Julien Scavini

La mode, la science et les dames

L’univers de la mode masculine classique est régi par des codes et des usages en fait assez simples, que je prends le temps d’expliquer ici. De nombreux auteurs traitent ce sujet, au fil de livres et de blogs nombreux. La conclusion des ces règles est simple : les hommes s’habillent suivant un usage lié à une occasion. C’est ainsi que le costume et les ensembles dépareillés se choisissent parmi un répertoire connu, dont on peut faire varier quelques formes et accessoires pour trouver le juste formalisme.

A l’usage (C’est ainsi, on fait comme ça) et au moment (soir, mariage, travail) se surimpose une troisième grille d’appréciation : le goût personnel. Ce goût vient principalement de l’expérience.

C’est de ce point particulier que je veux vous parler. Car à ce niveau, les dames créent toujours une très forte interférence. Quasiment à tous les coups, elles m’interrogent ainsi : pensez vous que ça lui aille ? Pensez vous que cela corresponde à ses cheveux ? Pensez vous que ça ne le fera pas trop grossir ?

Je manque à chaque fois d’exploser!

Oui oui et oui.

Les femmes s’habillent principalement suivant le moment mais avec une moindre connexion à l’usage, elles sont plus libres. Le corpus des références chez les femmes est énorme. Quand nous autres élégants référons au style anglais idéal ou au style preppy américain, nous restons très normés. Les femmes peuvent faire à peu près ce qu’elles veulent, elles n’ont pas d’académisme et ne se fie que modérément aux canons.

Toutefois, pour les aider, la presse féminine ne cesse d’inventer des règles, toutes plus abstraites les unes que les autres pour essayer de rendre logique ce qui l’est ou ce qui ne l’est pas. Et suivant les modes et les gourous, les règles changent. C’est ainsi que l’on fait la mode.

Il a les règles corporelles : femme en H, en 8, en L, en V. Il a les règles afférentes à la carnation : peau clair, peau foncé, peau comme ci, comme ça. Il y a les règles afférentes enfin aux cheveux : rousses, brunes, blondes. Il y a enfin les règles internes aux couleurs : celles qui s’opposent, celles qui vont ensemble, à l’aide de triangles, de cercles et autres diagrammes… Il faut enfin multiplier les règles entre elles… pour au final se dire que seules les plus expertes y arriveront, ce qui renvoie encore et toujours à la force de l’individualisme : certaines sont des génies, d’autres non. C’est toute la curiosité du monde post-moderne : il veut abolir les inégalités, proposer du progrès pour tous. Pour au final ériger en maître le super-individu capable de se frayer un chemin dans ce magma de pensée.

D’ailleurs, les hommes ont tendance à se laisser faire par ces méthodes. Le nombre de blog expliquant toutes les subtilités du t-shirt, des boots et des jeans, en rapport au corps et aux couleurs est vaste. C’est navrant.

Être un conservateur au niveau vestimentaire, c’est reconnaitre que personne n’est un génie (ou presque) et que dès lors se fier à des règles d’usage est plus pratique. Quitte, c’est toute la beauté des vêtements masculins, à accessoiriser sa tenue pour la rendre un peu unique. C’est toujours possible.

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Pour en revenir aux dames que je vois, je ne cesse de leur répondre la même chose : aucun scientifique n’a jamais prouvé que les carreaux grossissaient, aucun scientifique n’a jamais prouvé que les rayures allongent, aucun scientifique n’a jamais prouvé que le gris n’allait pas à telle personne etc…

Le répertoire stylistique des hommes est classique : gris, bleu, brun en majorité. Et quelques compléments. Dans ces classiques, tout va à tout le monde ! Tout va à tout le monde. Parceque je ne m’intéresse pas au rapport à la personne. Je ne m’intéresse qu’aux règles. Et un costume gris est normal. Un costume bleu est normal. Pourquoi dès lors n’irait il pas?

Avec ce genre d’idée, on finit par appauvrir le discours stylistique. La rayure va à tout le monde, le carreau va à tout le monde.

Pour moi, tout est dans la tête.

C’est là le point essentiel. Il est possible qu’un homme m’argumente : je n’aime pas porter de marron. J’admets cela. Je n’admettrais pas la phrase : le marron ne me va pas. Qui a dit ça?

J’admets qu’on puisse ne pas aimer. C’est un choix personnel basé sur l’expérience.

C’est exactement la même chose pour les revers en bas de pantalons. Par exemple des gens me disent : cela ne va pas au petit. Faux. Archi-faux. L’exemple de l’élégant sino-américain Mafoofan le prouve. Il porte bien les revers et ses vestes ont des revers généreux, autre exemple qui tord le cou à ce préjugé connu : il existe un rapport logique et scientifique entre la tête et les revers de veste. Non, il existe une règle tailleur qui veut que le col occupe environ la moitié de l’épaule. Après, le goût personnel s’impose, on peut aimer plus, on peut aimer moins.

Qui oserait critiquer de telles mises, sortant des meilleurs ateliers italiens. M. Mafoofan s’habille suivant les règles (costume, dépareillé, gris, bleu, beige etc…), suivant l’occasion (jour, travail, soir etc…) et enfin suivant son goût personnel, avec des mises typées. Il a envie, c’est dans sa tête… Alors je vois que ce que l’on va me répondre : ça lui fait une grosse tête… Mais mince alors. Il a une grosse tête comparativement à un corps menu. Aucun tailleur ne va dissimuler ce fait.

Il faut donc lutter contre ces préjugés idiots. Tout est dans la tête. Que vous n’ayez pas envie d’affirmer un style, je le comprends. Mais il ne faut pas se cacher derrière un dogme qui n’existe pas.

Le costume beige pour l’été est un autre bon exemple. Beaucoup de dames refusent que leurs hommes en mettent… Elles peuvent dire qu’elles n’aiment pas ça. A la place elles disent : ça ne lui va pas. Mais d’où? d’où??? Cela va à tout le monde ! Aucun scientifique n’a prouvé le contraire. Mais c’est une question d’envie. Il faut oser porter le beige. La dame peut dire : je ne l’aime pas en beige. C’est objectif. Le beige ne lui va pas est subjectif.

Les gens ont toujours peur de leur ombre. La chance : le vestiaire classique est fait pour se dissimuler. C’est un fait. On a le droit de se dissimuler. Mais je n’aime pas que l’on mette cette envie de discrétion sous la responsabilité d’un dogme qui n’existe pas…

Les gens adorent la liberté et la revendique, tout en se créant des règles qui n’existent pas (les rapports de couleur) et en rejetant des règles qui existent (les règles classiques). C’est fou.

Le vestiaire classique a quelques règles (usages, couleurs, situation) et se mêle assez facilement au goût personnel (discret ou épatant). Toutes les autres règles visant à expliquer ci ou ça sont idiotes. Elles ne servent qu’à camoufler une couardise. On a le droit de dire : je n’aime pas en porter. C’est beaucoup plus honnête intellectuellement !

Bonne semaine, Julien Scavini

Recrutement

Chers lecteurs,

dans le cadre du développement de mes activités, je recherche deux profils. Vous ferez parti d’une petite équipe soudée travaillant dans une ambiance amicale.

 

1- pour un poste salarié à temps-plein, vendeur, prise de mesures demi-mesure. 35h.

En qualité d’ambassadeur, vous aurez pour mission de vous assurer que chacun de nos clients reçoive une attention et des conseils personnalisés. Vous devrez les fidéliser et les mettre à l’aise. Vous devrez vous montrer adroit dans la prise de mesure.

Profil recherché

Vous êtes enthousiaste et dynamique, avec de bonnes qualités relationnelles et un sens du service. Je suis ouvert à des parcours atypiques et hors du commun, sans relation avec la couture ou la vente. Vous serez formés de longs mois, le plus important est d’avoir du sens-commun.
Ceci dit, je serais sensible à une expérience en couture / modélisme.

Niveau d’anglais correct qui s’améliorera sur le tas.

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2- pour un stage long (2, 3 ou x mois), étudiant(e) en web-marketing / communication / publicité. Temps de travail modulable.

Dans le cadre du développement de mes activités de vente en ligne, vous aurez pour mission de développer la visibilité de l’enseigne sur internet et d’aider le responsable en poste à affiner la stratégie digitale.

Profil recherché

Vous êtes enthousiaste et dynamique, à l’aise avec les outils numériques. Vous avez déjà réalisé quelques stages dans la vente en ligne.
Niveau d’anglais correct.

CV + lettre motivation (courte) à renvoyer à :

tailleur@scavini.fr

La Panthère Rose

Ce week-end, en cherchant quelque chose à regarder sur Netflix, vaste bibliothèque filmique où l’on ne sait plus quoi visionner, je me suis laissé tenter par La Panthère Rose, avec Peter Sellers et David Niven. Cette comédie de Blake Edwards, sortie en 1963 m’a grandement séduit. Non pour l’humour qui a un peu vieilli malgré de très bons moments, mais pour les décors et les costumes. Et David Niven. Bien sûr.

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Le film regorge de belles tenues. Les dames ont été habillées par Yves Saint Laurent (Capucine et Claudia Cardinale qui joue une princesse indienne) et les messieurs ne sont pas en reste. Quelques captures d’écrans pour en témoigner. Il y a d’abord l’inspecteur Clouseau, qui pour une raison que j’ignore est Français. Comment pourrait-il en être autrement? C’est un peu le shadock de la police. Il pompe, il pompe, mais n’arrive à rien. Une spécialité de pays 🙂 Quoiqu’il en soit, il a un très beau trench coat !

 

Une grande partie de l’action se passe à la montage, en Italie, à Cortina d’Ampezo. A l’époque pour skier, les élégants ne revêtaient pas une combinaison étanche bariolée et un casque de moto comme aujourd’hui. On skiait en gentleman. En col roulé et pull col V. Toute une mode ! Remarquez aussi l’étroitesse des pantalons (en laine strech), une coupe unique !

 

Ce beau monde voyage beaucoup, mais ne voyage pas léger. David Niven (sir Charles Lytton dans le film) aime la variété pour la nuit. A noter le pyjama de soie écrue sous la robe de chambre verte.

 

J’ai noté deux tenues intéressantes : d’abord une curieuse petite veste verte. J’ai cru à une veste autrichienne. Moi qui n’aime pas ça, je demandais à voir sur David Niven. Finalement, il s’agit d’une veste type autrichienne, mais en tricot. Regardez la ganse. Il me semble qu’elle fait partie du vêtement. Elle n’est pas rapportée je dirais. Seul un tricotage peut produire cela. Intéressant vêtement que l’on ne voit plus guère. David Niven porte aussi la cape à merveille. Une trouvaille !

 

Son neveu dans le film ne manque pas de chic non plus. Ci-dessus avec un col-roulé rouge, une veste grise et un pantalon anthracite (c’est très élégant!) et ci-dessous en costume gris et chemise ivoire! Je n’avais jamais eu l’occasion de voir le résultat d’une chemise ivoire portée. Pas mal. Pas mal… Au tout début du film, David Niven porte aussi un col roulé noir avec un blazer droit, un pantalon gris et des souliers noirs. La pochette donne la dernière touche de dignité qu’il faut !

 

Et surtout, la scène d’anthologie sartoriale : le smoking à veste de velours rouge ! Diantre. Le modèle sera en exposition dans ma boutique bientôt !!! Sublime. Il arrive avec une sorte de polo-coat noir doublé de rouge. Il porte des mocassins en velours brodés. Et les manches de la veste ont des revers. Je tombe en pâmoison.

 

Enfin, je ne pouvais résister à capturer une des scènes les plus drôles du film, lorsque deux cambrioleurs, déguisés à l’identique, cambriolent en même temps le même coffre à double fond et se découvrent l’un l’autre à chaque extrémité du coffre… J’en rigole encore !

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Belle et amusante semaine, Julien Scavini

Après midi découverte des pantalons

Bonjour chers lecteurs (et lectrices).

Comme annoncé précédemment, vous pourrez venir découvrir les différentes coupes et les étoffes de nos pantalons vendus en ligne le SAMEDI 10 DECEMBRE, de 15h à 19h.

Le pantalon est certainement le vêtement le moins facile à appréhender du point de vue des mesures. Et ce n’est pourtant pas faute de pédagogie. Ainsi, vous pourrez essayer en vrai la coupe, pour trouver votre taille. Les matières (twills, moleskines, flanelles, whipcord, ect…) seront exposées.

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http://pantalons-scavini.fr/

A très vite.

Julien Scavini

Le costume marron

Au début du blog, un costume marron était pour moi en tweed, uni ou petit motif genre chevrons. Car costume marron signifiait costume de campagne, trois pièces qui plus est. Avec le temps, je deviens moins ayatollah et pour avoir réalisé bien souvent des costumes de ville marron, je suis amené à réviser mon jugement.

Si l’on est tout à fait anglais dans son amour des beaux vêtements, il apparait comme totalement incongru de porter du marron en ville. Mais, tout évolue et le port de souliers en cuir marron s’est depuis longtemps répandu, même parmi les plus anglophiles. Il est vrai qu’un beau costume de flanelle gris s’accommode délicieusement de chaussures en veau-velours.

Un costume de laine légère et lisse, type super 110 s’accorde dans mon esprit beaucoup moins de souliers marron, mais c’est pourtant un usage maintenant très répandu. Il suffit de regarder dans le métro, le nombre de messieurs portant des souliers marron avec un costume marine ou gris est aussi important que ceux portants des souliers noirs. Il est pourtant plus difficile de garder des souliers marron en bon état. Passons.

Pour ma part, je suis plus amateur d’une unité de couleur dans la tenue. C’est pourquoi au fil des mois, je me suis dit que quitte à porter des souliers marrons avec un costume, un modèle également marron apparaissait comme pas idiot. (Même je ne me vois pas franchir le pas).  Je préfère clairement l’unité de couleur costume et souliers marron plutôt que costume gris moyen et souliers marron.

Ce sentiment s’est renforcé car j’ai tous les jours des exemples sous les yeux : mes clients. Et certains m’ont commandé des costumes en laine fine marron. Il y a les marron fils à fils mêlés de noir, très élégant et sobre, ainsi que des teintes plus claires, comme le marron feuille de tabac, toujours superbe. Vous voyez ci-dessus une palette de différents marrons avec quelques carreaux (mais pas de rayures!), glanés ici et là dans mes liasses de tissus.

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Le fait est que ce n’est pas incongru. C’est même joli et je pense assez versatile. Car ce costume peut très facilement être dépareillé. Une veste marron est très sport et un pantalon marron va avec tout le week end, vert, rouille ou bleu marine en haut.

Stiff Collar est assez arque-boutés sur les principes, un peu edwardien en sommes, à la différence des commentateurs stylistiques des années 20. Durant les années folles, il y avait une bien plus grande liberté quant aux couleurs. La série Boardwalk Empire nous montre cela de manière édifiante. Le marron était alors plus volontiers porté. Et le marron de ville pouvait avoir des rayures. Ce qui vous l’avouerez est un mélange tout à fait curieux. Curieux, car rayure = ville et carreau = campagne. Comme le marron = campagne, marron ≠ rayure. Et pourtant ils le faisaient. Certes pas toutes les classes de la population, mais c’était possible.

De nos jours, ces tissus marron un peu typés ne sont pas légions. Seul Vitale Barberis avec ses draps ‘vintage suiting’ (présentés il y a quelques temps par Parisian Gentleman) propose une telle offre. J’ai fait quelques scans de la liasse que j’ai. Vous avouerez qu’il y a des choses ravissantes non?

Je vous souhaite une belle semaine, Julien Scavini.