Le mystère von Bülow, part. 1

Arte, heureusement que cette chaîne existe ! La semaine dernière, elle diffusait un film que je ne connaissais pas, sur une histoire que j’ignorais, Le mystère von Bülow de Barbet Schroeder. La présence de Jeremy Irons, par ailleurs oscarisé pour ce rôle, m’a poussé plus assurément sur le canapé et quel plaisir ce fut. Quelle histoire passionnante. Quelle interprétation. Quels décors. Bref, un film passionnant, c’est assez rare. J’ai eu envie d’en tirer un billet largement illustré. Un travail difficile à faire pour illustrer la garde-robe classique.

Trois personnages ont attiré mon attention : Jad Mager jouant le fils de Sunny von Bülow Alexander von Auersperg, Ron Silver jouant l’avocat Alan Dershowitz, auteur du livre dont est tiré le film, et bien sûr Jeremy Irons en Claus von Bülow. Trois vestiaires tout droit sortis des années 1980. Revue. Les costumes sont signés d’une jeune costumière à l’époque, Judianna Makovsky.

D’abord le générique. Sublime, d’hélicoptère, sur les extraordinaires maisons de Newport à Rhode Island, finissant sur la plus grosse de toute, The Breakers, la villa des Vanderbilt.

Pour les amateurs d’architecture, on voit d’ailleurs dans ce générique apparaitre une maison fort célèbre du cinéma, puisqu’elle fut celle de Gatsby, dans le film des années 1970 dont j’ai fait la chronique ici :


Lançons nous sur Jad Mager jouant le fils de Sunny von Bülow Alexander von Auersperg. Le personnage a entre 20 et 23 ans suivant les instants du film. Son vestiaire est celui d’un garçon ayant fréquenté la Ivy League. Pull cricket, pantalon de velours et mocassins à pompons. Les dimensions sont généreuses, marqueur d’une époque. Admirez aussi cette argenterie de dingue !

Un petit peu plus loin, c’est un cardigan tartan qui fait son apparition, avec une découpe raglan à l’esthétique hautement questionnable.

Cette cravate club est récurrente. Je suis sûr qu’un lecteur en connaitra le nom ou l’université émettrice ? Charmant manteau camel à la coupe opulente.

Remarquons subrepticement les souliers, des dirty bucks. Et un jardin que j’aimerais avoir.

Dirty bucks que l’on voit clairement dans cette image d’une autre scène, où il porte un chino simple couleur amande. Glenn Close est magistrale. Et insupportable. Avoir autant de belles choses et être aussi perdu, diantre…

Revenons à Alexander. Remarquons son blazer croisé, et le retour de la cravate, portée sur une chemise OCBD, avec un chino. Publicité pour Ralph Lauren certaine ! Sa grande soeur Ala von Auersperg, au regard assez dur, est assez peu présente dans le film. Son vestiaire navigue entre le mémère et le grand chic. J’aime dans les deux cas !

L’accord qu’il fait entre cette cravate rouge bordeaux à rayures grises et la chemise à rayures bâton est très intéressant par ailleurs, en camaïeu avec la veste :

Je suis moins sûr de cette veste, au tissu très discutable. J’aimerais avoir la vue de ce bureau en revanche.

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Passons maintenant à l’acteur Ron Silver interprétant l’avocat Alan Dershowitz, qui est l’auteur du livre dont est tiré le film, et qui fut l’avocat de Claus von Bülow. Une vestiaire encore une fois très preppy. Dershowitz avant d’être un avocat, ou en même temps, est professeur de droit à Harvard. Les choix vestimentaires sont donc orientés pour distiller cette impression universitaire. Il n’est pas collé monté. Sa première apparition l’indique immédiatement, sweat, jean coupé et Converse montantes. Un lettré humaniste ET joueur de basket, l’idéal Ivy League.

Il doit se rendre chez son client. Il s’habille donc. Avec une veste de tweed surpiquée à la machine vaguement sack-suit, poches plaquées à rabat sur les côtés, une seule fente dos. Une chemise à col boutonné. Cravate paisley. Chino classique amande et souliers wallabees de Clarks. Typique! comme dirait Patrick Bateman… Remarquez la Rolls-Royce Silver Shadow.

Dans les instants moins formels, une chemise en chambray lui suffit, qui peut s’augmenter d’une cravate. Ceinture de cuir étroite sur son chino.

Ici une cravate intéressante. Bold disent les américains.

Les chemises sont variées. Grand tartan façon plaid, en coton indigo ou écarlate, la costumière s’en donne à cœur joie.

Et toujours ses chaussures à plateau, type wallabees. Joli pull façon Arran, avec ses tresses moelleuses.

Dans une autre scène, on le voit avec un pantalon vert, assez rare. Laine ou coton ? Pince et coupe généreuse.

Le procès arrivant, il s’habille. Trench d’abord, un classique des années 80. Costume marine simple, chemise OCBD et repp-tie, là, on dirait une publicité Brooks Brothers. Il a le bon goût de sortir une petite pochette blanche. C’est ça le savoir-vivre.

Et retour à quelque chose de plus simple. C’est l’heure du basket.

Bon le temps passe et j’ai encore raté la moitié du film sur Arte. Amadeus ce soir. Je finirais donc ce billet en traitant de Claus von Bülow la semaine prochaine. Je vous souhaite une bien belle et heureuse semaine, avec ou sans jardin charmant, avec ou sans bureau avec vue ! Julien Scavini

Petit amusement pictural

Petit amusement ce soir autour d’un tableau. Je vous invite d’ailleurs à vous livrer à ce petit jeu en commentaire.

Paris brille en ce moment de belles expositions. Il y a à la Fondation Vuitton, La Collection Morozov. Icônes de l’art moderne. Et au Petit Palais, Ilya Répine. Peindre l’âme russe. La foule s’y presse. Malgré l’encombrement des salles, voilà une bien heureuse façon de commencer l’année et de surtout, de déconnecter de ce jour sans fin qu’est le Covid et ses informations associées. Du beau.

Un ami m’a envoyé une photo d’un tableau de 1873, d’Ilya Répine (1844-1930). Voici la photo :

Le cartel est le suivant : « Répine livre ses premières impressions de Paris dans des scènes de genre, qui étaient alors à la mode. L’artiste choisit comme décor une rue animée de Paris, reconnaissable à la colonne Morris qui fait la réclame pour un bal populaire. Mais le spectacle est aussi dans la rue, mené par cet habile charlatan qui fait l’article et propose des fioles de différentes couleurs, à une assistance médusée. »

Je ne sais pourquoi, j’aime beaucoup ce tableau. Tout un monde y figure. Un vieux monde. Un autre temps.

Mon ami me posait une question à propos du monsieur asiatique au milieu. « Le chapeau haut-de-forme n’est-il pas exclusif des soirées et tenues habillées ? »

La réponse est à deux niveaux. Oui, avec le temps, le haut-de-forme est bien devenu le chapeau habillé. Celui que l’on porte avec la queue-de-pied, ou la jaquette. Le chapeau des bals ou des mariages. Ou des courses à Ascot.

Mais non par ailleurs. Car en 1873, c’est un chapeau bien plus courant, pour la simple raison que tout le monde porte un chapeau. De par le fait, ce modèle est plus usuel. Les adaptations de Dickens en font souvent grand usage, pour les riches comme pour les pauvres. Pensons aussi que le haut-de-forme repliable existe. Il s’appelle le chapeau-claque ou le gibus. La peinture ne nous dit pas s’il s’agit d’un haut-de-forme de grand qualité, un « huit reflets » comme ils étaient parfois appelés, ou un bête chapeau de troisième main.

Voilà pour la réponse.

Toutefois, ne nous arrêtons pas là. Continuons de regarder ce chinois. Lui nous regarde bien.

Son chapeau tout de même colle bien avec sa tenue, qui est plutôt élégante. Gilet et pantalon noir, cravate nouée (on disait une régate à l’époque). Il n’y a pas de dissonance entre cette tenue et son couvre-chef.

Toutefois, il porte une blouse. D’où la confusion de mon ami. J’évoquais avec lui la possibilité que ce chinois, voulant assister au spectacle, aurait rapidement pris son chapeau et n’aurait pas enlevé sa blouse. Son frac ou sa redingote restant sur la patère. Il n’a pas pris le temps non plus de resserrer son col de chemise qui baille un peu. Ou alors est-il en pause. Peut-être cache-t-il une cigarette dans son dos ?

L’homme au premier plan à droite, celui qui se fait alpaguer par le margoulin, porte lui la tenue complète, avec redingote croisée. Tout en noir.

Mais notre chinois a une blouse. Là est le jeu de ce soir. Quel peut bien être le métier de celui-ci ? Pourquoi porte-t-il une blouse ? Et l’homme à côté aussi. Sont-ils collègues ?

  • Ce ne sont pas des peintres. Leurs blouses sont éclatantes.
  • C’est une blouse que j’ai vu sur des menuisiers. Le sont-ils ? Mais notre chinois n’aurait peut-être pas un si joli costume dessous.
  • C’est une blouse de sculpteur peut-être. Métier érudit. Est-ce que l’homme en bleu à droite est son assistant ?
  • Ou l’inverse, l’homme en bleu est-il un sculpteur de renom auprès duquel notre chinois se formerait ?
  • Mais l’homme en bleu porte des sabots tout de même.
  • Sinon, autre hypothèse. Notre chinois serait-il … préparateur en pharmacie ? Cela expliquerait la blouse ET la tenue élégante.

On peut continuer à disserter sur le sujet. Que voyez-vous de votre côté ? Qu’en pensez-vous ? Quelle hypothèse étayiez-vous ? Nous ne saurons jamais. Alors autant s’amuser ! Pour vous, que fait donc ce chinois ?

Amusez-vous bien et belle semaine ! Julien Scavini

La difficile question de la transition

Rassurez-vous, nous ne sommes pas là pour discuter du changement de sexe, sujet à la mode. Mais d’un thème bien plus prosaïque, celui de la transition de garde-robe, autrement dit, du long et fastidieux apprentissage du goût. Voire plutôt, de son goût.

La question m’est posée assez régulièrement par de jeunes clients – parfois pas si jeunes d’ailleurs – de comment appréhender la transition entre une penderie de style ou de forme jugée dépassée, à une nouvelle penderie. Sans être millionnaire, ce qui permettrait évidemment de tout refaire d’un coup. Hypothèse intéressante d’ailleurs. Et si vous gagniez une fortune professionnelle ou au loto. Fonceriez-vous chez un tailleur ou un magasin en particulier pour tout racheter ? Solution facile. Presque trop peut-être.

Un client est récemment venu commander un costume. Ligne plutôt classique, avec un pantalon assez fuselé tout de même. A l’essayage, avant de terminer les manches de la veste, nous avons ensemble regardé les manches de sa chemise. Qui n’étaient pas, nous étions tous d’accord, assez longues. Mais comme il dit,  « elles sont toutes comme cela. » Devions-nous respecter ces manches courtes et faire des manches de veste encore plus courtes ? Non, nous optâmes pour une solution rationnelle, celle consistant à couper les manches de veste comme il faut, vers la bosse de la tête du cubitus. « Il me faudra refaire les chemises petits à petits ». Hélas je ne pouvais pas dire autre chose.

J’avais moi-même beaucoup butté sur cette épineuse question, avec la chance toutefois d’avoir trop souvent des manches de chemises trop longues, qu’un retoucheur facilement pouvait me raccourcir. La tâche délicate fut de trouver un retoucheur qui ne me prenne pas une fortune pour cela, je n’étais qu’étudiant.

Quelques semaines après avoir récupéré son costume, notre client est revenu ravi. Il a recommandé un second pantalon, pour avoir un peu de durée de vie sur ce costume. Mais il a choisi de prendre une coupe de pantalon résolument plus classique, un peu plus droite et intemporelle. Dont acte, nous avons repris quelques mesures. A la livraison, il fut si enthousiaste qu’il a fait retoucher, dans le sens d’agrandir, le premier opus. Son goût avait évolué.

C’est le plus fort écueil lorsque l’on débute. J’eus bien des soucis avec cela au début de ma boutique, pour moi-même. Je testais beaucoup, surtout les pantalons, parfois avec des modèles franchement larges. Et même si j’avais quelques costumes, il n’était pas facile de composer assez de tenues sobres et élégantes pour tous les jours de tous les mois de l’année au travail. Je devais jongler entre des chemises médiocres et d’autres plus belles. Des costumes moyens et d’autres très biens. Certains jours enchanteurs, tout allait ensemble. D’autres, c’était un peu l’as de pique.

Quand bien même on aurait l’argent pour tout faire, je ne suis pas convaincu que cela soit bon et utile. Car en même temps que la penderie se structure et évolue, que l’on est content d’acquérir des vêtements beaux et bien fait, le goût lui-même se crée, et évolue. Et c’est précisément parceque l’on porte des vêtements qui ne vont pas toujours bien que l’on se rend compte et que l’on mesure les évolutions. Et que l’on en prend conscience.

Ce faisant, ce qui est un regret de jeunesse, celui de ne pouvoir pas bien faire tout de suite, devient avec le temps une force. Une assurance en somme.

On ne peut mesurer la perfection de quelque chose qu’à l’aune de ce que l’on a testé, traversé et connu. Avoir de piètres vêtements, faire des erreurs d’achat, ne pas bien faire comprendre ce que l’on veut au tailleur ou au vendeur arrive. Et arrive à tout le monde. Il faut parfois comme le dit l’expression, « mettre son mouchoir dessus » et passer à l’étape suivante.

Un jour chez Old England, j’avais timidement esquissé une remarque sur la longueur des manches d’un trench. La vendeuse avait cru que je voulais raccourcir, ce qu’elle fit. Je n’avais pas osé parler plus. Les manches après furent trop courtes. Je le portais comme cela pendant quelques années. Et puis tant pis.

Je me souviens aussi, par un empressement heureux, avoir acheté par correspondance aux États-Unis deux paires de souliers Alden, pour un certain prix plus la douane. Sans trop connaitre ma pointure. Qu’est-ce que j’ai souffert dans ces richelieus trop petits. Je les ai portés un peu, puis je les ai donnés. Je n’aurais eu qu’une paire, c’eût été préférable. C’est comme ça.

Surtout que jeunesse passant, on découvre une chose, c’est que la penderie idéale n’est qu’une vague idée, et qu’à mesure qu’on pense y aboutir, la vie et ses chemins remettent en question cet idéal. Combien de jeunes papa ont pris des kilos à l’arrivée de leur premier enfant, devant faire définitivement une croix sur les pantalons en 38 ?

Et puis soit même on peut se lasser d’un goût que l’on pensait sûr. Un client d’un certain âge, au look affirmé de vieux rockeur, me confessait que dans sa jeunesse, il cherchait des meubles de style Chippendale, des fauteuils en cuir et des souliers Alden, point de départ de notre conversation. Le vrai style Old England, où d’ailleurs travaillait son père. Et qu’après la quarantaine, il n’en avait plus rien à cirer. Mais rien. Ce qui ne l’empêchait pas d’aimer les chemises en « sea island » et les chinos confortables en coton et cachemire.

La transition entre une garde-robe que l’on juge dépassée et une nouvelle plus en adéquation avec un apprentissage normal des élégances de la vie est un processus heureux, mais certes fastidieux. La vie est longue. Et probablement constituée de bien des cycles. L’important c’est de faire un effort. Point de se rendre malade pour de simples questions de tissus. Il faut relativiser et avancer tranquillement. Avec patience, on peut arriver, sans s’en rendre compte, et parfois assez vite, à une penderie homogène, raisonnable et élégante. Qui presque instantanément sera l’objet de nouveaux questionnements et de possibles redirections!

A méditer. Belle et bonne année 2022. A bientôt, Julien Scavini

Une robe de chambre ?

Qui aurait pensé vivre un confinement général ? Nous fûmes bien obligés de rester cloitrer, à travailler devant un ordinateur. L’année dernière, Le Figaro m’avait demandé une petite série d’articles sur les vêtements d’intérieur. J’avais fait les slippers. Puis le pyjama. Le bonnet de nuit. Et la robe de chambre. Avec amusement, je m’étais prêté à l’exercice et pour cette dernière, j’avais pris un plaisir particulier.

On l’appelait banyan au XVIIIème siècle. Nombreuses sont les personnalités à s’être fait portraiturer ainsi vêtu, en Grand décontracté. Le XIXème siècle bourgeois l’avait dignement réinterprété, avec force brandebourgs et collets matelassés. Dans les années 50, un certain art de vivre l’amène dans les foyers les plus divers. Jean-Pierre Stevens, le mari de Ma Sorcière Bien Aimée en porte une assez souvent, même si la matière « vinyleuse » est affreuse. Cela dit, elle s’esquive très vite. La faute au chauffage probablement. ll en reste le peignoir, ou sortie-de-bain, façon grand hôtel.

La robe de chambre, voilà bien un vêtement rare et peu ordinaire. On n’en voit que dans les films. Il est vrai qu’un tel vêtement pose un personnage. Cette robe opulente, tellement accessoire dans une garde robe, est plutôt un vêtement d’homme argenté. Elle vient après le reste et de fait, il est logique que tout un chacun oriente ses deniers vers des habits plus essentiels. Il faut dire aussi que les tarifs sont relativement élevés. Chez les anglais spécialisés, comme New & Lingwood (admirez les somptuosités proposées !), les tarifs sont stratosphériques, comme chez Charvet à Paris. Sinon, pour quelques centaines d’euros, on peut dénicher des robes de chambre en tissu de chemise, simples et légères, comme chez Derek Rose. Mais elles sont alors plus un article d’élégance qu’un vêtement fait pour donner chaud.

Car fabriquer une robe de chambre est relativement onéreux. La consommation de tissu est très conséquente par rapport à une veste, ou même un manteau, et il n’y a pas beaucoup d’atelier pour faire cela. Et puis il faut le trouver le tissu adapté.

Coincé à la maison à travailler devant mon ordinateur, je m’étais interrogé donc sur la robe de chambre, et j’avais compilé quelques modèles qui me faisaient envie. Avec le déconfinement, j’ai pu trouver un atelier en France et y réfléchir plus avant, vraiment pour le plaisir. Après un premier prototype en flanelle, tissu vraiment simple, je me suis fait la réflexion que c’était un peu léger. Qu’une fois sur le dos, sans trop de chauffage, cela ne donnait pas vraiment chaud. Trop de fluidité aussi. Comme beaucoup de modèles de robes de chambre du XIXème siècle présentaient des revers matelassés, j’ai eu l’idée d’en employer aussi. Sur les revers au début, puis seulement à l’intérieur ensuite. Tellement amusé par ce prototype, je me suis dit, et bien pourquoi pas en faire quelques unes ? Et voilà le résultat. Évidement, il eut été plus intelligent de les vendre bien avant Noël pour quelques cadeaux bien sentis. Mais la faute à la crise des matières premières, les retards se sont enchainés, du tissu de chez Vitale Barberis à la production chez Hervier. Mais enfin, elle est arrivée. Tout vient à point qui sait attendre.

Voici donc ma première robe de chambre. Flanelle bleu marine italienne 100% laine, petite ganse argentée en satin et doublure italienne matelassée rouge en coton et viscose, mate pour une esthétique un peu ancienne. Fin du fin, un joli pompon au bout des ceintures. Pour le tarif, nous avons fait au mieux, 460€. Je souhaite que cela vous amuse et vous intéresse. Ce sera l’occasion d’en faire d’autres dans le futur.

Il me reste à vous souhaiter de belles fêtes de fin d’année. Faîtes bonne tablée et pensez-y toujours : l’élégance compte, même dans l’assiette. Soyez raffinés avec vos aspics, chapons et châtaignes. Belle semaine, et à bientôt. Julien Scavini

La capuche est-elle élégante ?

La grande majorité des doudounes et autres parkas vendues dans le commerce possèdent une capuche. Regardez dans la rue, autour de vous, combien d’épaules ensevelies ou de têtes recouvertes ? Même d’ailleurs des manteaux un peu classiques l’intègrent, avec plus ou moins de bonheur suivant les stylistes. Elle est partout !

Ce petit accessoire vestimentaire revient de loin. C’est peut-être l’un des plus vieux qu’il soit possible de trouver du reste, en particulier sous nos cieux européens souvent capricieux. Le capuchon – c’est ainsi qu’il serait plus élégant de la nommer – protège du froid et couvre de la pluie. Relié au vêtement, on n’est sûr de pas l’oublier et de le perdre. Le capuchon est là, qu’on ait besoin de lui ou pas. Même amovible, en réalité, il reste bien souvent attaché. Praticité ultime que le capuchon.

L’élégance au XXème siècle n’était pas particulièrement encline toutefois à mettre en avant la capuche. Difficile de trouver celle-ci sur des dessins de Lawrence Fellows. Elle ne colle pas bien avec le répertoire tailleur. La capuche n’est pas considérée du tout, c’est un fait. Et d’ailleurs, à bien y regarder, elle n’est pas mieux considérée aux siècles précédents, y compris avant la Révolution. La capuche sous l’Ancien Régime est réservée aux vêtements religieux, et à quelques vêtements de petite extraction, du répertoire paysan. Certes, la cape à pèlerine et capuche avait quelques faveurs chez les dames de la haute société, façon retour de la bergerie. Une image un peu à la Watteau. Mais pour l’essentiel, la capuche déclasse plutôt.

Les gens riches eux, se couvrent la tête d’un chapeau. Toque ou chapeau de fourrure et bérets divers à la Renaissance, tricorne et bicorne plus tard, puis chapeau haut-de-forme, melon, Feroda, Trilby et que sais-je encore au XXème siècle. Au chapeau, il faut penser ! A la capuche, on oublie.

En un mot comme en cent, finalement, la capuche est l’inverse d’un luxe. Et depuis longtemps. Avoir de l’argent, c’est recourir à un objet spécifique pour se couvrir la tête. Un couvre-chef. C’est pourquoi aucun tailleur n’eut l’idée de rapporter cet accessoire au XIXème puis XXème siècle. Les beaux pardessus ne se soucient guère de ce lambeau de tissu pendouillant dans le dos.

Jusqu’au dufflecoat peut-être… Vêtement rustique (on y revient ! ) des marins de la Manche, il trouva pendant la seconde guerre mondiale quelques militaires valeureux pour l’adopter. Un manteau à capuche intégrée. Quelle trouvaille unique et rare. Plus besoin de casque, de calot ou de chapeau. S’il pleut, on rabat le tissu sur la tête. Il mit un peu de temps à trouver son chemin vers la penderie masculine dans les années 50. Mais une fois implantée, il ne cessa pas, jusqu’à nos jours, de séduire, génération après génération, avec un charme toujours renouvelé.

Et puis les k-ways, doudounes, parkas et autres nouvelles formes, souvent synthétiques, arrivèrent fin 70. Dans les années 80, la capuche était revenue. Fermement. Décennies qui ont vu l’extinction définitive du chapeau. Symétrie notable.

De nos jours, même les parkas de belles marques, comme Loro Piana, Corneliani et autres, intègrent des capuches. Avec un petit alibi, celui d’être amovibles. Même parfois des formes de manteaux classiques, ou de vestes légères, font la part belle aux capuches.

Est-ce à dire que nous avons régressé culturellement ? Que ce retour de praticité exacerbée signe une esthétique moyenâgeuse ? Que la capuche, c’est le mal, un symbole du malin à l’œuvre ? Je vais un peu loin dans l’analyse, avec amusement, rassurez-vous.

J’ai bien conscience que pour les défenseurs d’une esthétique tailleur, pour les gardiens de l’orthodoxie de Savile Row, qui sont ici chez eux d’ailleurs, la capuche n’est pas bien considérée. Elle ne fait pas partie du paysage pour deux sous. Elle n’est rien. Qui imagine un polo-coat, un ulster ou un balmacaan avec une capuche ?

A titre personnel, mon cœur balance. C’est un débat profond, et donc totalement inutile qui se joue au fond de moi sur le sujet. Je dois confesser posséder bien sûr une doudoune et une parka, car je suis à scooter. Et oui elles ont une capuche. Et oui, dès qu’il pleut, je ne peux m’empêcher de la rabattre pour me couvrir. Toutefois, je préfère le parapluie, n’aimant pas du tout être enfermé sous du tissu. J’analyse cette peur de l’enfermement comme une peur du danger. Avec une capuche, on entend moins les sons, on ne voit pas sur les côtés. N’étant plus toujours rassuré sur les trottoirs de Paris, je préfère garder la nuque libre et en mouvement. Et puis les capuches que j’ai ne sont, il me semble, pas bien patronnées, pas assez amples.

Je reconnais donc la supériorité d’un bon parapluie. A défaut de porter le chapeau. Mais j’aime bien cette capuche, elle m’amuse par son histoire, son authenticité et sa simplicité d’être. Fait-elle enfantin comme le disait Le Chouan Des Villes ? Peut-être. De toute façon, débat ou pas, le fait est qu’elle est là. Et pour un moment. De votre côté, qu’en pensez-vous ?

Belle et bonne semaine. A bientôt. Julien Scavini

Construire un vestiaire dépareillé

Il y a quelques jours, un client m’évoquait son désarroi devant la disparition du costume, et quelle complication cela représente pour lui, au quotidien. Dans son environnement de travail, même venir en blazer, même venir avec une cravate sous un pull, passe pour hautement endimanché, tendance mariage. Que faire et comment s’habiller en décontracté, tout en restant au standard de qualité que nous aimons. Telle est la question !

Il m’évoquait dans le prolongement sa difficulté à construire une telle garde-robe, qui ne soit pas trop mauvaise. Et suffisamment intelligente. Je le rejoignais tout à fait. Il est vrai que je recours agréablement au costume. Bleu marine, chemise simple, souliers noirs et voilà, l’affaire est faites. Mais lorsqu’on l’on veut faire du dépareillé, il y a une étude plus complexe à mener. Et qui est loin d’être simple.

La tentation est grande d’acheter ou de faire réaliser des vêtements suivant des envies. Et d’avoir des envies multiples. Une chemise parme. Un pantalon vert. Un pull marine. Une veste de tweed marron. Une chemise à rayures roses. Un gilet en tweed ocre. Un cardigan mauve. Une veste lin et soie beige d’été. Etc… Ce faisant, ces vêtements sont précieux, car tous font la part belle à l’envie de l’instant. On les aime car ils ont répondu à une image que l’on avait en tête ou à une étoffe que l’on a trouvé raffinée.

Seulement voilà, au quotidien, ces vêtements ont parfois du mal à trouver sens entre eux. On arrive bien à composer des tenues variées. Mais tous les jours, devoir recommencer l’étude, et se poser des questions est ardu. On essaye. Parfois cela fonctionne très bien. A d’autres moments, on est moins satisfait de l’accord.

Le pire dans tout ça, c’est que le type d’à côté en jean et t-shirt,  ostensiblement sans réflexion, parait lui très satisfait et très cool. C’est rageant, il est vrai. Comment se fait-il qu’avec des vêtements de prix et en faisant marcher nos méninges, nous n’arrivions pas à bien cerner la tenue décontractée, et surtout à la vivre aussi sartorialement que possible ?!

Tout vient je le crains de la volonté, heureuse cela dit, de variété. A vouloir panacher et varier les couleurs et les styles (un matin plus tweed anglais, l’autre plus blazer anglais, le suivant plus City de Londres en costume, un autre encore plus italien), on s’amuse soi-même. On égaye son intellect. Pour le pire et pour le meilleur ? On essaye de donner corps quotidiennement à une envie de variété et de différence. Pourquoi faire comme hier ?

En discutant avec mon client, je pensais qu’au fond, on pouvait tout à fait être sartorialement mainstream, si j’ose dire, en réprimant cette envie de variété. Et en appliquant la même règle que le type en jean et t-shirt, à savoir la règle de la répétition quotidienne. De l’itération. Mais pas avec les mêmes vêtements que lui. Porter tous les jours les mêmes habits, oui mais de beaux habits. Discrets. Et passe-partout.

Il est possible de construire une garde-robe très sérielle, par exemple basée sur deux couleurs : gris et bleu. En possédant cinq ou six vestes, de bleus différents & de tissus différents (du tweed à la flanelle ne passant par le cachemire ou le fresco), que l’on marierait avec une dizaine de pantalons tous des gris différents (ou à la rigueur de grège et rare marron), il serait possible de présenter, quotidiennement une allure identique, n’attirant pas l’attention et ne donnant pas prise aux remarques des collègues. Ou l’inverse marche aussi comme le montre la photo. Discret. Mais très raffiné dans les matières et les coupes.

C’est la répétition discrète qui protège. Même si les vêtements sont d’une immense qualité, d’autant plus indétectable d’ailleurs. A l’inverse, l’envie de bien faire et de renouveler quotidiennement fait lever le sourcil inquisiteur du collègue. Car la variété est un signe extérieur de richesse. Et ça, c’est bien la pire des possibilités en France, que de passer pour trop argenté. Porter tous les jours le même blazer bleu n’attirera pas l’attention, fusse-t-il en cachemire. Passer de ce blazer à une veste de tweed puis un costume sera remarqué et jugé.

J’évoquais une garde-robe construire de manière urbaine sur le bleu et le gris. Mais une basée sur des teintes de bleus et de marrons, à l’italienne fonctionne aussi. Une basée sur des couleurs de feuilles mortes, façon tweeds campagnards déjà, fait appel à la variété. Variété suspecte ?

Lorsque l’on construit une garde-robe sartoriale MAIS discrète, toute la difficulté et d’arriver à sortir de l’aspect mono-manique. Et de pouvoir se laisser une petite porte de sortie, si par hasard, un pull mauve devait entrer dans la penderie ! Qu’en pensez-vous ?

Belle et bonne semaine de réflexion. Julien Scavini

La chemise en flanelle

L’époque est au retour des matières ancestrales, qui ont du caractère. C’est donc avec plaisir que le tweed et la flanelle par exemple reviennent sur le devant de la scène. Il y a encore dix ans, il n’était pas si facile que cela de trouver de beaux pantalons en flanelle. Maintenant, cette matière se décline même jusque sur des gilets matelassés et des doudounes techniques. C’est probablement une réaction vis-à-vis de l’artificialité. Peut-être du monde en général ? Plus sûrement vis-à-vis des tissus techniques, à l’esthétique glacée et plastifiée. Une sorte de combat du rugueux contre le lisse pourrait-on évoquer.

Même les intérieurs de décorateurs font la part belle aux flanelles tendues sur les murs. Parce que cette matière, avec son grain et son toucher si pelucheux, est mat. Elle aspire la lumière permettant des jeux de contrastes. Elle apporte aussi une touche indéniable de confort. La flanelle donne chaud avec son aspect moelleux. Elle évoque la bonne vieille Angleterre, rêvée. La flanelle donne une idée de cosy.

Autant d’arguments qui militent en faveur de son importante adoption par les stylistes et designers textiles. Rappelons rapidement que la flanelle (nom féminin) est un procédé de tissage et de finissage des étoffes. Et que dès lors, il existe de la flanelle de laine – ou de laine et cachemire – mais aussi de la flanelle de coton. Assez proche techniquement de la moleskine. Un coton gratté, suivant l’ouverture de sa surface (c-à-d, à quel point il fut gratté et ébouillanté pour faire sortir le côté duveteux) peut-être qualifié de moleskine ou de flanelle, cette dernière était plus moelleuse et souple. Et lorsque ce coton flanelle est fin, on parle alors de flanellette.

Si j’ai souvent parlé de vestes et pantalons en flanelle, je n’ai que rarement évoqué les chemises ainsi coupées. Elles sont pourtant classiques et anciennes. Le tattersall par exemple, ce merveilleux tissu à carreaux, plutôt campagnard (et souvent un mélange de coton et de laine, voire que de laine) présente le plus souvent un aspect brossé en surface, le rangeant facilement dans la catégorie des flanelles de coton. Ci-dessous Bruce Boyer posant pour Drake’s, avec un délicat accord de carreaux sur carreaux :

Quant aux grands tartans ou plaids, façon chemises de bucherons, ils présentent presque toujours une texture flanellée (un adjectif qui n’existe pas vraiment dans le dictionnaire mais qui est très plaisant). D’ailleurs, cette fameuse chemise de bucheron, la « lumberjack shirt », cet article vestimentaire essentiel de la culture américaine est appelé outre-atlantique une « flannel ». En fait, pour un américain, une « flannel » ne désigne pas prioritairement une étoffe, mais une chemise à carreaux. Fait notable et intéressant. Ces grands carreaux, rouge façon « Paul Bunyan » ou foncé comme le « blackwatch » ont été adoptées par les américains bon chic bon genre, style grandes universités, dès les années 50. Ces chemises chaudes étaient synonymes de week-end au grand air et de pêche à la truite.

Cela dit, en dehors de ces deux tissus de chemises anciens, tattersall et tartan, les chemises en flanelle unie n’étaient pas légions. Mais pas inconnues non plus. Dans les années 50 et 60, quelques publicités vantaient l’usage de modèles ivoire, comme la marque Armorial. Et jusqu’à aujourd’hui, ces chemises n’étaient pas très portées, à part sur de vieux messieurs qui aimaient la chaleur de ces modèles en flanellette.

Jusqu’à aujourd’hui.

Car on ne compte plus les marques qui proposent des chemises unies en flanelle de coton. Cette chemise est partout, dans toutes les collections. Gris clair, bleu ciel, greige ou bordeaux même, unie, micro-pucée ou à carreaux toujours, la chemise en flanelle de coton plait. Ralph Lauren, Berg & Berg, Hast, Bonne Gueule, Pini Parma et d’autres ont ouvert grands leurs étagères aux chemises en flanelle. Et je vois beaucoup de clients qui en porter. Avec tous les styles. Parfois sur un col roulé façon sur-chemise, mais aussi parfois sous un costume. Les drapiers italiens comme Monti ou Canclini, et bien d’autres, ont mis cette texture sur le devant de la scène chemisière.

Les chemises en flanelle anciennes étaient très amples. C’était des vêtements de travail, souvent fait pour être portée par dessus d’autres vêtements. Elles avaient des poches généreuses aussi. Des marques très américaines comme Pendleton produisaient beaucoup de ces modèles typiques. (Dont on peut signaler qu’ils n’étaient pas en flanellette de coton, mais de laine !) La modernité a été de faire diminuer les proportions de ces chemises de flanelle et d’adopter massivement le coton.

Cette flanellette, si elle met en valeur le plaisir d’une matière chaude et ancestrale, participe aussi et surtout à la vigueur du marché de la chemise. Car de son côté, cet habit classique du travail, vivait depuis quelques années une sorte de crise existentielle. Les rayures bâtons, les unis blancs ou bleus perdaient du terrain. La chemise souffrait d’une image trop « business » et elle se faisait détrôner par les polos, les pulls et les t-shirts, plus simple d’usage et d’entretien. La chemise – à repasser – marquait le pas.

L’affection pour la petite flanelle a permis ainsi à la chemise de rajeunir. Souple, un peu molle et peu froissable, elle est presque d’une entretien plus simple. En sur-chemise, à même la peau, sous un pull, un blouson ou une veste, elle fait des miracles. Son style à la fois ancestral et très en phase avec la mode en fait le best-seller du moment, avec un esprit workwear, minimaliste mais avec une certaine profondeur esthétique et historique. Finalement, grâce à un vieux tissu, la chemise se paye une nouvelle jeunesse. Qui l’eut cru ?

Bonne semaine, Julien Scavini

Le pantalon à pont

Si les joggings et autres pantalons élastiques peuvent s’enfiler et s’ajuster avec souplesse et simplicité, la plupart des pantalons ont besoin d’une large ouverture séparant la ceinture en deux, pour s’évaser et passer le bassin. Sinon on ne pourrait tout simplement pas les positionner jusqu’aux hanches. De nos jours, c’est la braguette, zippée ou boutonnée, qui permet d’agrandir momentanément la circonférence du pantalon, permettant à celui-ci d’emboiter convenablement le bassin. La braguette est la plupart du temps centrée sur le devant et dissimulée par un assemblage de tissu appelé le pont et le sous-pont. Il semble d’après des peintures et gravures que la braguette centrée soit apparue sous Napoléon III, à l’époque précisément de la démocratisation du pantalon. Comme le prouve cette photo datée de 1860 de l’Empereur :

Ce dispositif a priori si simple et pratique n’est pourtant pas très ancien. Certains plus anciens pantalons et les culottes surtout, vêtement phare de l’Ancien Régime recouraient à un tout autre mécanisme. Si la ceinture se séparait également en deux par le milieu, l’ouverture n’effectuait grâce à un immense volet, boutonné en haut, sur la ceinture, et retombant vers le bas. Pour retirer son pantalon, ou bien satisfaire un besoin naturel, il fallait déboutonner au niveau de la ceinture le volet, et le laisser retomber. Ainsi que vous pouvez le découvrir sur cette photographie d’un modèle ancien :

Voilà il faut le reconnaitre une manière ancienne et bien baroque d’ouvrir son pantalon. Si pour les hommes cette méthode de boutonnage est totalement tombée en désuétude, les femmes peuvent encore trouver occasionnellement ce type de finition, comme vous pouvez le constater ci-dessous. Elles appellent ce modèle « pantalon de marin », car ce sont bien les hommes qui le plus longtemps ont porté ce type de pantalon. Je serais d’ailleurs très intéressé d’apprendre jusque quand la Marine Nationale a admis ce modèle comme réglementaire. Peut-être qu’un lecteur le saura?

Parce que les marins portaient ce type de pantalon et qu’ils ont l’habitude de se travailler sur le pont des navires, un rapprochement logique s’est effectué entre eux et « le pantalon à pont ». J’ai tendance à penser que le mot pont vient tout simplement du vocable tailleur, désignant une pièce de tissu mobile faisant jonction. D’ailleurs, la braguette actuelle est constituée d’un pont et d’un sous-pont se boutonnant derrière.

Cette façon de boutonner le devant d’un pantalon est ancienne, probablement post-Renaissance. C’est au XVIIème et XVIIIème siècle que se forge l’esthétique de ce fermoir. Sur cette culotte déposée à Galliera datée de 1740/1750 (en velours façonné de soie rouille, doublure toile de lin écru, boutons bois recouverts de fils métalliques, cannetille, paillettes argent, lamé or), le pont est clairement visible, de petite dimension d’ailleurs :

Un autre exemple, Empire cette fois-ci montre un pont clairement mis en valeur par une jolie soutache de broderie stylisée :

Le pont pendant longtemps présente des lignes plutôt étroites et verticales comme vous le voyez. Avec l’époque Victorienne, il semble que cette esthétique toutefois cherche à se faire oublier. Question de pudeur? Quoiqu’il en soit, le pont s’élargit pour gagner les côtés sur du pantalon comme sur la photo à droite, où ses bords se font un peu passer pour des poches. Le pont chez Beau Brummell est très haut placé, très discret. Mais probablement très inutile pour satisfaire un besoin naturel…

Au cours de ma recherche, j’ai trouvé ce très beau cliché d’un manœuvre portant un bel exemple de pantalon à pont, qui semble d’ailleurs être en peau :

Voilà pour ce fameux pont, une curiosité de style et de technique. Il semble aujourd’hui que la Navy américaine ait encore l’usage du pantalon à pont avec le modèle dit Crackerjack aux très nombreux boutons. Quant aux bavarois, leurs culottes de peau sont aussi, et normalement, pourvues d’un tel dispositif. Positivement baroque !

Belle et bonne semaine, Julien Scavini

La veste croisée peut elle être sport ?

Un client récemment commandait un costume, coupé dans un tissu ayant l’aspect du tweed donegal. Veste droite et pantalon simple. A l’ultime fin, il m’interrogeait sur la possibilité, ou plutôt la possible logique, de faire une veste croisée pour cet ensemble.

Je n’avais pas pensé une seule seconde à une veste croisée pour un tel tissu. Je répondis non. Non, ça n’a pas de logique. La veste croisée renvoie à un certain formalisme. L’opposé esthétique de ce costume façon campagne moelleuse que l’on venait de finir. Nous étions tous les deux d’accord, aussi, le débat fut-il rapidement clos. Cela ne nous empêchait pas de continuer à discuter sur le sujet.

Mais au fond, y’a-t-il une raison de faire une veste décontractée croisée? Je devais bien reconnaitre que c’est en effet d’un raisonnement curieux. Une veste sport, c’est fait pour être plutôt confortable. Or la veste croisée, devant rester boutonnée, reste assez statutaire. La veste croisée est formelle. Elle oblige. Et si l’on cherche une veste sport, c’est précisément – peut-être – pour faire relâche, la porter ouverte, mettre les mains dans les poches ou la maltraiter un peu.

Par exemple l’hiver, une veste de tweed s’envisage assez peu croisée dans mon esprit. D’ailleurs, il me semble que James Darwen dans Le Chic Anglais dit aussi que c’est d’une « élégance d’ornithologue allemand. »

Je rajoutais que pour l’été, la veste croisée ne me semble pas plus logique. Encore une fois, devant principalement rester boutonnée, elle tient plus chaud qu’une veste droite et légère, facilement déboutonnable. Je pense que les tissus sports ne sont pas tellement logiques coupés en croisé, en dehors du traditionnel bleu marine faisant alors blazer. Je suis allé glaner quelques idées chez SuitSupply, Boggi ou Brooks Brothers et je n’ai pas vu, en tout cas pour cet hiver d’exemples particulièrement enjoués de veste croisée sport. Chez Drake’s, il y a quelques exemples en denim, mais ils sont plutôt d’un style blazer poussiéreux.

Alors quoi, la veste croisée devrait être réservée au costume seulement, et au blazer? Et peut-être aux vestes de cocktail, comme nous l’a montré Daniel Craig. Tout en discutant, je cherchais des tissus sport sympa en croisé et je n’en trouvais pas spontanément.

Cela dit, avec un petit peu de recul maintenant, je repense à un vieil axiome sartorial : l’élégance peut parfois s’opposer au confort. Ou, entre le confort et l’allure, il faut parfois choisir. Car précisément, une recherche esthétique ne doit pas que s’articuler, et heureusement, autour de la notion de praticité. La veste croisée, oui, est un peu moins pratique. Pour autant, faut-il alors la bannir du rayon veste sport? Finalement, bien sûr que non, et il appartient à chacun de se faire plaisir avec une veste croisée en tweed ou en lin pour l’été. Pour le simple plaisir que c’est beau.

Je manie le en-même-temps présidentiel au sujet de cette réflexion. A titre personnel, je confesse ne pas être sûr de cela, pour moi-même. La vision récente d’un agent drapier, portant une veste croisée en tweed prince-de-Galles voyant, me conforte dans cette idée que la veste en tweed croisée est une curiosité stylistique. Et que moi qui ait rapidement chaud, l’été c’est encore moins logique. Mais souvenons-nous de l’article de la semaine dernière sur la garde de robe de Brett Sinclair. La veste croisée dépareillée a un petit quelque chose de baroque, une allure un peu ostentatoire et dandy. Et si l’on veut, alors pourquoi pas. Au fond comme disait Cioran, « N’a de convictions que celui qui n’a rien approfondi.»

Brett Sinclair : inspiration pour la garde-robe de gentleman moderne ?

Cet article est une contribution de mon ami Maxime C. Je l’en remercie.

Il existe, dans le petit monde sartorialist, un petit groupe de fans de Brett Sinclair. Surtout en France, d’ailleurs ! La principale raison en est que la série dont est issue ce personnage fut, en dépit de moyens conséquents, un « flop » dans le monde anglophone, mais un réel succès en France, notamment du fait de la grande qualité des dialogues et du doublage.

En préambule, rappelons à ceux qui l’ignore que Brett Sinclair est le personnage principal de cette série[i]. Aristocrate britannique désœuvré, il court le monde autour de ses passions se résumant aux courses automobiles et aux conquêtes féminines. Dès le premier épisode, il rencontre – dans une scène légendaire, presque une parade nuptiale entre deux mâles s’affrontant au volant de leurs bolides respectifs, une Aston martin DBS pour l’un et une Ferrari Dino 256 pour le second – un alter ego en la personne de Danny Wilde, richissime et excentrique américain. Tous deux vont dès lors chercher à sauver la veuve et l’orphelin (surtout la jeune femme, pour être honnête), sous l’égide d’un mystérieux juge qui réussit, ce faisant, à donner un sens à leur vie. S’ensuivront de nombreux voyages, des courses poursuites et, bien entendu, de nombreuses conquêtes féminines, qui forment la conclusion presque systématique de chaque épisode.

Brett Sinclair est interprété par Roger Moore. Celui-ci est alors, déjà, une grande star internationale pour son rôle de Simon Templar dans Le Saint, mais pas encore l’icône qu’il deviendra l’année suivante en interprétant James Bond. Le personnage de Brett Sinclair, qu’il interprète à l’aube de son quarantième anniversaire, et dont il dessine lui-même les costumes[ii], est donc un personnage de transition dans sa carrière, plus élégant et audacieux qu’un Simon Templar, trentenaire chic d’origine plus modeste, plus marginal et peut être moins classiquement viril qu’un James Bond plus formel.

Dans Amicalement vôtre, Roger Moore rayonne dans un début de quarantaine qui n’a rien enlevé à sa plastique de jeune premier. Sûr de lui, il se créé une garde-robe qui exprime sa personnalité et l’aide à séduire les plus belles jeunes femmes. En un mot, Roger Moore, dans cette série, « s’éclate », si vous me passez l’expression, avec la garde-robe de son personnage tout en exprimant ses propres préférences stylistiques.

Le personnage de Brett Sinclair est plus complexe qu’il n’y parait. Côté face, il est un authentique aristocrate anglais, membre de la Chambre des Lords. Il développe toutes les vertus chevaleresques associées à son statut et se pique d’un humour très « british », sachant rire de lui-même. Côté pile, l’aristo devient volontiers bohème, officiellement ruiné (ruiné en Aston Martin, élégance avant tout !), sachant jouer des poings lorsque nécessaire. Il est aussi, en dépit des traditions, un homme de son époque qui s’inspire de la dernière mode. Sa garde-robe, bien sûr, témoigne de la dualité du personnage, c’est d’ailleurs l’une de ses principales caractéristiques.

Cela se matérialise d’abord par des choix stylistiques prenant leur source dans la grande tradition britannique : costume trois pièces, veste norfolk, high buttoning jacket, etc. Cette base est complétée d’inspirations à l’époque très tendances, dans leur forme ou leurs couleurs, avec par exemple une chemise orange, des pantalons un peu larges, des chemises à jabot en certaines circonstances, sans oublier, par exemple, une burma jacket[iii] très en vogue dans les 70’s où l’on aimait les smokings à veste claire ou de couleurs. Débutants s’abstenir, mais quel plaisir à l’heure des smokings mal coupés que la presse people nous laisse à voir.

Brett Sinclair donne une clé essentielle pour l’élégant d’aujourd’hui : s’inspirer de la tradition en sachant écouter la tendance, idéalement en l’anticipant plutôt qu’en la suivant !

Plus généralement, ses tenues se matérialisent par la grande versatilité des pièces qui la composent.

Prenons l’exemple de sa veste croisée, classique dans le style général mais très fantaisiste par le choix d’un tissu à large rayures marron et verts et à rayures dark green[iv]. Il la porte souvent très classiquement avec un pantalon gris ou crème, une chemise claire et une cravate. La même peut aussi apparaitre avec une chemise ouverte, un pantalon plus fantaisie ou encore un foulard. Ainsi, il la porte même en camping avec un foulard négligé, le même pantalon crème et des mocassins blancs ! A réserver aux élégants expérimentés !

Second exemple avec une chemise orange. On la retrouve à la plage, sur un simple pantalon clair, manche doucement relevées. Plus audacieux, la même chemise reparait le temps d’une soirée, portée comme une veste détente, avec un foulard foncé pour lui donner du coffre. On la retrouve encore, largement ouverte, avec le même foulard noir qui lui donne, cette fois, un look de rock star des 70’s.

Autre exemple avec une veste façon cardigan, en maille, croisée, marine[v]. On la retrouve portée aussi bien de manière habillée mais décontractée, avec une chemise Lila et une cravate parme – pour Brett Sinclair, la tenue parfaite pour une balade en voiture – ou encore de manière plus habillée sur la même chemise orange que précédemment, dans l’esprit smoking négligé.

Il traite, de même, ses autres vestes de smoking, sa saharienne et, plus généralement, toutes les pièces de cette garde-robe qui tiendrait presque entière dans deux valises. Du reste, une troisième rentrerait-elle dans le coffre de l’Aston Martin ?!

Que contient la garde-robe de Brett Sinclair ? En réalité, presque rien au goût de l’élégant très doté et certainement peu de choses, même pour la majorité des lecteurs.

On y trouve pêle-mêle[vi] 

  • un costume gris très classique, trois pièces à large revers et à crans superbes. La veste est parfois portée seule, sur un pantalon gris clair. L’ensemble est coupé dans une laine grise à très fine rayures gris clair, créant un effet faux unis[vii]. Le gilet droit compte 6 boutons et le pantalon, droit, se porte sans ceinture.
  • Un costume bleu, avec un bel effet de matière donnant une apparence de rayure (chevron ?).
  • Un costume plus audacieux, gris clair, croisé, à fine rayures marrons[viii], dont la veste est par ailleurs parfois portée en dépareillée, comme ici, avec un foulard en guise de cravate.
  • Un costume chocolat, de coupe classique.
  • Plus audacieux : un costume vert foncé à haut boutonnage, porté surtout à Paris et pour aller aux courses hippiques[ix].

A ces cinq costumes s’ajoutent quelques vestes dont

  • la croisée évoquée plus haut,
  • une belle veste dans les tons chocolats, à motif « pince de galles » beige,
  • une « norfolk jacket »[x] et enfin
  • deux vestes en maille, une bleue marine, également évoquée précédemment, et une chocolat, à coupe droite, portée avec un pull à col roulé camel.

S’y ajoutent

  • quelques vestes de smoking, dont une en velours noir[xi], pour des soirées détente et
  • la burma jacket,
  • ainsi qu’une saharienne dans les tons beiges[xii].

On y trouve également des pantalons, chocolat, beige ou gris, quelques chemises de couleurs, orangée, verte… et une foule de chemises blanches.

Quelques pull-over, notamment à col roulé en cachemire (bleu pétrole, bleu foncé, blanc, brun), prêt du corps, complètent le tout avec quelques manteaux dont un gris à col ou encore un superbe manteau de type trench en cuir chocolat à très large col. Un trench coat revisité de couleur crème, d’une coupe similaire, apparait enfin quelquefois[xiii].

C’est la seconde grande leçon de l’élégance sinclairienne : le personnage possède (relativement) peu, mais bien ! Toutes les pièces sont choisies avec le plus grand soin et portées avec une telle audace que sa garde-robe s’en trouve, en quelque sorte, démultipliée. En définitive, nous sommes ici aux antipodes de certaines idées reçues qui commanderaient, lorsque l’on possède peu de pièces, de choisir des pièces classiques pour les accessoiriser. Il y certainement là à méditer pour l’élégant d’aujourd’hui !

En la matière, il faut mettre en exergue les quelques choix stylistiques récurrents de Brett Sinclair, dont certains méritent d’être, sinon tentés, au moins retenus, ne serait que pour se démarquer des poncifs actuels.

En premier lieu, notons que les chemises sont presque toujours à poignets napolitains[xiv] s’agissant des chemises de jour. Les chemises habillées sont portées, plus classiquement, avec des boutons de manchettes tandis que les chemises fantaisie ont des poignets droits conventionnels. Ces deux dernières, en revanche, proposent une structure plus audacieuse, avec deux poches poitrine à soufflet. Visuellement, cela renforce les pectoraux du personnage tout en donnant plus de prestance à une chemise fantaisie. Par ailleurs, cela lui permet de jouer, comme évoqué précédemment, la carte de la versatilité en transformant la chemise en veste légèreà effet saharienne portée dans différentes configurations.

Notons aussi une réelle prédilection pour les vestes croisées, les vestes à boutonnage haut ou encore les costumes trois-pièces. En définitive, Brett Sinclair ne porte quasiment jamais un simple veste deux boutons ou trois boutons dont seul le second serait fermé. Par ailleurs, il use largement du revers de bas de manche tandis que les boutonnières des manches n’ont généralement qu’un seul bouton, sauf exception (il y en a deux pour la Norfolk jacket, dont aucun n’est porté ouvert).

A la même époque Roger Moore utilise le même type de poignet sur un costume qu’il porte à la ville et non dans la série. Il se montre au sommet de l’élégance dans un fort beau peack label suit, trois pièces. On retrouve les poignets des chemises et les revers de manche typique de la garde-robe de Brett Sinclair, et la même prestance. Le pantalon est cependant plus large, époque oblige, tandis que la tenue s’accessoirise avec des boots noires à zip, une cravate parme faux unie et une pochette de même ton[xv].

Remarquez ce foulard noué en cravate. Et aussi ce bas de manche de veste (de costume, gris à rayure marron)… qui semble disposé comme un mousquetaire, créant un bas de manche large et ouvert en V.

Les cravates sont évidemment importantes dans la garde-robe d’un gentleman. On trouve chez Sinclair deux types de cravates. D’abord, des pièces très formelles, souvent de couleur unie, mais jouant sur la texture. (Assez étonnement, je possède moi-même une cravate dans ce gout, de couleur bordeaux, de chez Turnbull and Asser). Ensuite, des cravates fantaisistes, souvent à ramages, mais jamais de cravate en tricot, ni de polka dot tie[xvi] et encore moins de cravate à motifs.

Plus largement, Brett Sinclair est un champion du foulard, porté en de nombreuses occasions. Noué façon cravate ou simplement noué autour du cou, avec une chemise ouverte, avec ou sans veste. Il ose même, le temps d’une soirée à domicile, le foulard sombre sur chemise blanche à jabot, avec veste de velours verte foncé. Face à une cravate souvent formelle, le foulard est certainement la pièce exprimant le mieux l’humeur du personnage. En revanche, il ne porte jamais de pochette, contrairement à Roger Moore à la ville.

Autre point crucial : Brett Sinclair choisit des couleurs assorties à sa carnation et à ses cheveux. Même sa voiture met en avant son teint. Cela explique le choix récurrent des couleurs à base de brun, y compris dans des configurations peu communes, comme on l’a vu sur certaines vestes. Là encore, un bon réflexe à adopter en allant voir son tailleur !

Enfin, quelques éléments vestimentaires plus anecdotiques parsèment la série : une veste de marin blanche, une tenue de lord, couronne comprise, une tenue d’équitation à veste chocolat ou encore une veste d’intérieur bleu-roi à parements noirs, portée en camping[xvii]. Effet garantie si vous campez dans votre domaine de chasse solognot, peut-être un peu moins dans un camping municipal languedocien. Encore que : la grande leçon de notre héros n’est-elle pas, au fond, de porter ce que bon lui semble quand bon lui semble, persuadé que son sens du style et de l’humour suffisent à parfaire son élégance. La confiance en soi, voilà la leçon magistrale, et à la portée de toutes les bourses, à retenir de notre héros de la semaine.

Crémerie/Poissonnerie, tous les Build Order !

[i] Il est très facile de trouver la série dans sa version française intégrale sur Youbube. Attention, l’ordre des épisodes est celui diffusé en France, qui ne correspond pas, sauf pour le premier, à l’ordre officiel de la série.

[ii] Ces derniers étant coupés par Ciryl Castle, tailleur ayant travaillé pour la série « Le Saint » et qui travaillera pour quelques épisodes de James Bond avec Roger Moore

[iii] Décrite et illustrée sur l’excellent blog Bondsuits : https://www.bondsuits.com/the-persuaders-burma-dinner-jacket/

[iv] Décrite et illustrée sur l’excellent blog Bondsuits : https://www.bondsuits.com/the-persuaders-the-striped-blazer/

[v] Pour en savoir plus sur ce blazer façon cardigan, voir ici de nombreuses précisions et illustrations : https://www.bondsuits.com/the-persuaders-the-cardigan-blazer/

[vi] Précisons que ce travail repose sur le visionnage des vidéos intégraux de la série. La qualité des images disponibles ne permet pas toujours de préciser les détails notamment des tissus. Ainsi, il est possible que plusieurs costumes bleus, de coupe proche, cohabitent dans la série.

[vii] Voir ce costume en détail ici : https://www.bondsuits.com/the-persuaders-a-more-conservative-charcoal-three-piece-suit/

[viii] Décrit ici et fort bien illustré : https://therake.com/stories/style/week-channelling-lord-brett-sinclair-persuaders/ ou encore ici : https://www.bondsuits.com/the-persuaders-a-sporty-striped-suit/

[ix] Pour en savoir plus (en anglais) sur ce costume inspirant : https://www.bondsuits.com/the-persuaders-high-buttoning-green-suit/

[x] Décrite et illustrée ici : https://www.bondsuits.com/persuaders-tweed-norfolk-suit/

[xi] Id/ https://www.bondsuits.com/the-persuaders-roger-moores-black-velvet-dinner-jacket-for-an-intimate-affair/

[xii] Décrite et illustrée ici : https://www.bondsuits.com/persuaders-suede-safari-jacket/

[xiii]On pourrait croire à un manteau fait pour un chasseur sur le perron d’un grand hôtel. Il apparait ici en fin d’article : https://www.bondsuits.com/the-persuaders-the-cardigan-blazer/

[xiv] Voir, à ce propos, l’excellent article de ce blog : https://stiff-collar.com/2021/09/28/le-poignet-napolitain/

[xv] Voir ici de nombreuses illustrations : https://www.bondsuits.com/roger-moores-peak-lapel-suit-on-the-dick-cavett-show/

[xvi] Voir, à ce propos, l’excellent article de ce blog : https://stiff-collar.com/2018/03/12/la-cravate-a-pois/

[xvii]Parmi les pièces moins portées figurent aussi une veste d’intérieur à motifs cachemire, quelques polos dont l’un couleur jaune poussin, un blouson façon forestière noir à parements blancs, un beau pyjama rayé, un peignoir bleu roi avec large initiales sur la poche poitrine et un autre à la manière d’un tartan, clin d’œil aux origines écossaises de la famille, à fond rouge…

Belle et bonne semaine.

Crémerie/Poissonnerie, tous les Build Order !

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