Manteaux pour l’hiver, II

Ce soir, suite de l’article de la semaine dernière consacré aux manteaux, avec quatre pièces, moins habillées, mais tout aussi courante.

Tout d’abord, le duffle-coat. Originellement, c’est un lourd manteau de pêcheur dont le drap était tissé, à peine désouinté, dans la ville de Duffel en Belgique. Il fut utilisé par la Royal Navy qui en équipa ses marins, et durant la seconde guerre mondiale, le maréchal Montgomery l’arbora, donnant à cette pièce le surnom de Monty Coat dans les pays anglo-saxons. Il est reconnaissable à ces fermoirs à brandebourg, en tresse de corde ou en cuir, avec des boutons en cornes ou en bois et surtout à sa capuche. Le duffle-coat fut une grande spécialité du magasin Old England dans les années 80 qui le vendait alors dans de nombreux coloris, surtout acidulés. Traditionnellement, il est plutôt de couleur clair. Quant au port de ce veston, Le Chouan des Villes recommande de ne plus le porter passé 25 ans. J’y rajouterai tout de même, qu’à la campagne, dans une situation décontractée, ou en sorti de terrain de sport, il peut être d’un agréable réconfort. En revanche, en ville, il peut faire passer les messieurs pour de vieux intellectuels!

Le deuxième manteau est lui un Ulster. C’est le classique par excellence du pardessus sportwear, aussi portable à la ville qu’à la campagne. Si certains anglais le conseillent en bleu marine, je le préfère en gros chevrons, dans les beige/marron. Il possède de grandes poches plaquées à rabat et une ceinture, bien souvent remplacée par une martingale dans le dos. Il est reconnaissable à son large col dû à la croisure, qui permet d’être porté déployé, et qui dès lors vous réchauffe le cou.

La troisième pièce est ce que j’appelle un rain coat. Classique d’entre les classiques, il peut se présenter en beige ou en bleu marine, toujours à épaules raglantes. Dans des tissus imperméables et caoutchoutés, il s’appellera plus précisément un Macintosh ou ‘Mac‘ (inventeur de la toile enduite de caoutchouc) et dans les gabardines plus légères, il prendra la dénomination de Slipon. La plupart du temps, les boutons sont dissimulés dans une gorge cachée. C’est un modèle sobre et élégant, dont le colorie clair et le poids léger le rendent  idéal aussi pour le printemps et les étés pluvieux.

Enfin, dernier modèle, peut-être le plus célèbre, le trench-coat, en français manteau de tranchées, du à l’anglais Thomas Burberry (du nom de la marque) et datant de 1857. Il fut popularisé par l’armée britannique qui en fit usage durant les premières guerres de ce siècle. Son passé militaire explique ces épaulettes, ceinturons et diverses boucles d’attache pour l’artillerie. Il me semble avoir lu un jour qu’un vrai trench pouvait être démontable, pièce par pièce, pour échanger celles déchirées au plus vite, ce qui explique les nombreux boutons rattachant des bas volets divers… Il est en tout cas le bienvenu comme coupe vent léger (au fond, il n’est pas vraiment chaud, sauf ceux doublés, mais c’est la triche!) par dessus vos costumes de travail. Si cette association se faisait beaucoup dans les terribles (du point de vue de l’élégance) années 80, je reste assez intéressé par cette association. Évidemment, l’effet est heureux quand le trench coat n’est pas noir, ce qui est en l’occurrence une ineptie.

Julien Scavini

19 réflexions sur “Manteaux pour l’hiver, II

  1. Nicolas 15 novembre 2010 / 17:27

    Formidables ces illustrations et c’est vraiment bien de pouvoir mettre un nom sur chaque piéce. J’ai aussi un petit faible pour le caban que je trouve trés polyvalent villle / campagne. Mais il est dur de tous les citer …
    Amitiés

    Nicolas

    • Julien Scavini 15 novembre 2010 / 19:00

      Oui en effet, on pourrait également parler de cette ‘vareuse’ de marin qu’est le caban…

      La semaine, prochaine, peut-être que je ferais un troisième opus sur les pièces oubliées /non citées!

  2. L'Amateur professionnel 16 novembre 2010 / 11:05

    J’aime beaucoup le modèle Ulster, avec son large col, ses manches à revers, sa martingale et ses poches plaquées à rabats. J’en cherche un depuis longtemps. Très difficile à trouver, surtout dans un beau tweed à motifs Herringbone. (Du moins en prêt-à-porter !)

    Sinon, quitte à paraître « costumé » (le Chouan dixit), je crois bien que je me rabattrai sur l’Inverness (appelé curieusement MacFarlane en France.) Un Inverness pour la campagne, un autre, noir, pour le soir… 🙂

    • Julien Scavini 16 novembre 2010 / 12:16

      Je suis à 100% d’accord avec vous! Pour l’ulster d’abord, pour les inverness cape après… Quoique pour le soir, la simple cape, pourquoi pas en vigogne à revers de satin, soit aussi adaptée 🙂

  3. http://lechouandesvilles.over-blog.com 18 novembre 2010 / 21:59

    L’ulster ! Je n’ai ni Ulster ni covert coat : il faut se garder des rêves… au chaud (et dans le cas de l’Ulster l’expression prend tout son sens !) Jean Gabin – qui savait s’habiller – portait un Ulster impressionnant dans Razzia sur la chnouf. A propos, je trouve le vôtre un peu court et son boutonnage trop bas.
    L’Inverness ? Non, non, je suis bien trop moderne pour lui !

  4. Boris 4 août 2011 / 05:54

    Le trench coat noir, une ineptie ?

    • Alexandre 4 août 2011 / 21:53

      Le trench noir est à proscrire selon moi car le noir est plutôt réservé aux vêtements habillés, il s’agit ici d’un vêtement originalement conçu pour les soldats anglais durant la première guerre mondiale, les couleurs telles que le beige et le bleu étant les couleurs originales elles sont à favoriser il me semble. En parlant de vêtement de pluie, vous omettez de parler des rain coats proposés par Aquascutum précurseur de la laine imperméable établi sur la renommé Regent Street.

  5. Le Chiffre 24 octobre 2012 / 19:47

    Bonsoir, l’ulster et le polo coat ne sont-ils qu’une seule et même chose ?

    • Julien Scavini 26 octobre 2012 / 12:53

      Certainement y-a-t-il une légère différence, mais je l’ignore pour le moment. Ou simplement s’agit-il des noms anglais et américain ?

      • Le Chiffre 26 octobre 2012 / 13:02

        Mais oui c’est sûrement ça ! Tellement simple que je n’y ai même pas pensé… Et vous, évidemment, vous utilisez le terme anglais sur votre blog 😉

  6. Laloum 16 décembre 2013 / 12:40

    Bonjour,
    Bravo pour votre site, mais il me semble qui l’y manque un vêtement qu’60 ans je continue de porter en hiver: La pellerine. Malheureusement je n’en trouve plus et la mienne à maintenant de nombreuses années avec les usures qui s’ensuivent.
    Cordialement
    Jean-Pierre

    • Julien Scavini 16 décembre 2013 / 16:20

      Essayez chez METTEZ

  7. Walt 4 octobre 2014 / 22:33

    Bonjour,

    Bien que probablement quelques peu hérétique à vos yeux au vus de mon attachement au style italien très libre (je vous l’accorde parfois trop), il est toujours bon de retrouver un peu de rigueur si chère à nos amis d’outre-Manche sur des blogs tel que le vôtre.

    Comme dis plus haut, il est très agréable de pouvoir mettre un nom sur toutes ces pièces et j’ai ma petite préférence ; l’Ulster coat.
    Je trouve moi aussi que le boutonnage de l’illustration est un petit peu bas, qu’importe, s’agit-il ici bien d’un Ulster ?

    Quel est le nom précis de la poche plaquée sur le manteau ? Car on peut voir que le rabat est passepoilé, comme sur le manteau de votre site internet (celui en vitrine), et d’ailleurs, ce dernier est-il un Ulster ?
    http://www.scavini.fr/sca1.htm

    Enfin, on peut-on trouver de tels manteaux en prêt-à-porter ?

    • Julien Scavini 5 octobre 2014 / 21:11

      Oui, je dirais que ce sont des polo coat. Avec poche ‘boite au lettre’. Je ne sais où en trouver en PàP;.?

  8. Benoît 15 décembre 2014 / 08:57

    Très intéressant, comme d’habitude. Mais je ne suis pas de votre avis sur le trench noir présenté comme « une ineptie » ; je le trouve au contraire très élégant, et tant pis si ce n’est pas dans « l’esprit tranchée ».

  9. oeympe 26 mai 2015 / 10:09

    Bonjour,

    Je suis à la recherche d’un imperméable qui pourrait être utilisé pour les occasions formelle et les jours plus casual, j’aurai donc besoin de quelques uns de vos conseils.
    Les anglophones estiment que la couleur la plus polyvalente pour un raincoat est la : tan. Cette couleur serait le beige que vous conseillez et que Burberry appelle couleur miel ?

    Pourrais-je avoir votre avis sur ces trois imperméables (look, couleur, etc.) :
    Norwegian rain – Geneve (Gris et Desert khaki) :
    http://norwegianrain.com/products/geneve-homme

    S.E.H Kelly – Car coat (Cinnamon, Marine, stone) :
    http://www.sehkelly.com/shop/jackets/
    Son look n’est-il pas un peu trop casual pour une occasion formelle ?

    Suitsupply – J316 :
    http://eu.suitsupply.com/fr/coats/impermeable-bleu/J316.html
    Sa couleur passerait-elle pour une occasion formelle ?

    Si vous avez d’autres marques, modèles à me conseiller, je suis toute ouïe.

    Merci de m’avoir lu.

    • Julien Scavini 26 mai 2015 / 18:04

      Il y a un problème important dans votre idée : aucun manteau ne peut aller aussi bien en occasion décontractée que formelle. Mais si toutefois vous cherchez cela, je conseille habituellement à mes clients de faire un manteau trois quart bleu marine. Le marine va avec le jean et les pièces marrons / détente et aussi avec un costume sombre et des chaussures noires. Plus versatile et formel que le beige je pense.

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