La semaine dernière, j’ai eu le privilège de visiter le célèbre tailleur Stark & Sons, installé depuis 1910 au 16, rue de la Paix — adresse prestigieuse s’il en est. Le tailleur Cristiani occupait également le numéro 2.
Commençons la visite depuis la rue afin de mieux saisir l’importance de l’espace occupé par la maison Stark.
Au premier étage de ce bel immeuble, situé dans l’une des artères les plus fréquentées de Paris, un premier salon permet de découvrir les tissus ainsi qu’une sélection de prêt-à-porter. Au centre trône la liasse éditée par Dormeuil pour commémorer les cent ans de cette illustre maison.
Les cabines d’essayage s’étendent sur deux pièces. Dans la première se trouve l’imposant bureau des prises de commande. Juste derrière, une pièce plus intime présente du prêt-à-porter, notamment des manteaux et des blousons en peau.
Stark & Sons est l’habilleur officiel des académiciens, mais aussi des agents du ministère de l’Intérieur et du corps préfectoral. La maison vêt également d’éminentes personnalités à travers le monde.
À propos des queues-de-pie des académiciens, il faut savoir qu’elles sont intégralement brodées à la main. Chaque habit requiert près de six cents heures de broderie : des fils de soie sont minutieusement disposés sur de petits cartons découpés en forme de feuilles ou d’olives, ou encore sur du câblé de soie. Les motifs sont d’abord dessinés sur une carte de papier placée au revers du tissu. C’est là que l’on réalise les « propretés », afin que l’envers soit d’une netteté irréprochable.
Quelle chance : un habit est actuellement en cours de réalisation ! Rare occasion d’admirer un tel ouvrage en dehors des couloirs de l’Académie. Observez la finesse des détails et l’harmonie de la coupe.
À l’atelier, de nombreux vestons plus classiques sont également à l’apiéçage. Un peu à l’écart, la salle de coupe déploie ses grandes tables sur lesquelles s’étendent les laizes de tissu.
Ce court reportage touche à sa fin. Je ne saurais trop vous encourager à parler de cette maison et, pourquoi pas, à lui rendre visite : Alain Stark est un homme d’une grande courtoisie. Il me semble d’ailleurs que le forum De Pied En Cap y organise prochainement une visite.






Très joli reportage, Julien!
C’est le genre de billet, rare et intéressant, que j’aime beaucoup.
Virgile de For The Discerning Few.
Merci mille fois…
je suis très touché par votre si aimable commentaire.
alain Stark
Merci Julien pour ce très beau reportage. Une maison discréte mais quand on voit de si belles choses on se dit qu ‘elle gagne à être connue. J’irai donc faire un tour à l’occasion.
Amicalament
Nicolas
Cher Julien
je suis passé il y a peu chez Charvet. Le sympathique vendeur eut la gentillesse de me faire faire le « tour du propriétaire » : chemises PAP, puis l’étage du sur-mesure. Peu familier ce dernier univers, ce fut un vrai petit bonheur. J’eus donc une petite pensée pour vous !
Amicalement,
Sébastien
Veuillez m’excuser mais pourrais-je avoir un écho quant à leurs produits? Leurs prix en effet m’ont l’air plutôt bas pour ce type de production.
En vous félicitant de la qualité de vos billets
Willy
Tout ce que j’ai compris à voir les ateliers, c’est qu’il existe la grande mesure d’atelier et la petite mesure (industrielle (chut)). Après, j’ai du mal à suivre son poisson…
Merci pour la réponse franche.
Monsieur Stark m’avait dit que la demi mesure « était » moitié main et moitié machine.
A ce moment là, avec des prix oscillant entre 1500 et 2000 euros, pensez-vous (en tant que connaisseur) qu’une telle offre est intéressante?
ah je n’aime pas faire ça sur le blog, mais dans la même gamme de prix, voire moins, j’ai beaucoup mieux! 😉
C’est fort intéressant tout cela… Pourrais-je avoir des précision si possible?
Je vous remercie grandement pour ces précisions
Amicalement
Willy