Une fracture esthétique au cœur du sartorial

Il existe, dans le paysage du prêt-à-porter premium et luxe sartorial, une opposition silencieuse mais tenace. Une fracture presque philosophique, qui ne dit pas son nom, mais qui conditionne pourtant nos désirs, nos imaginaires, nos achats, et la silhouette même de l’homme contemporain classique. Cette fracture, c’est celle de la matière, du toucher, du rendu. Une opposition entre deux mondes qui n’ont absolument rien à voir, et que l’on feint trop souvent d’harmoniser sous le seul mot de « beau tissu ». En réalité, il n’y a pas un beau tissu. Il y en a deux — et ils s’ignorent.

Le premier monde est celui des textures, du relief, du grain.
C’est l’univers du tweed, des gros lainages de goût britanniques, des flanelles lourdes qui sentent encore l’odeur de la bergerie. L’univers aussi des cotons pleins : velours côtelé, moleskine, drill épais qu’on devine tissées pour durer une décennie plutôt qu’une saison. Ces textiles ont une esthétique évidente :

  • ils accrochent la lumière au lieu de la refléter ;
  • ils racontent un passé au lieu de flatter le présent ;
  • ils rassurent, enveloppent, sculptent sans jamais briller.

Ils disent quelque chose de profondément terrien, presque archaïque. Ils évoquent la lande de bruyère, les couleurs de la chasse, le froid sec du matin d’hiver. Et ils parlent à une sensibilité très précise : celle de la solidité, de la fiabilité, d’un classicisme enraciné. C’est le domaine où excellent Ralph Lauren Polo, Drake’s, les maisons anglaises, et plus généralement tout ce qui assume une forme de rusticité chic. On y cherche moins l’opulence que le vécu. Moins le luxe que le caractère.

À l’opposé absolu — tant esthétiquement que sensoriellement — se situe l’autre monde : celui des tissus peignés, précieux, fluides. Ici, les fibres sont longues, fines, souvent mérinos haut de gamme ou mélangées au cachemire. Les draperies sont lisses, brillantes, d’un tombé liquide. On parle de tissus qui coulent plus qu’ils ne tiennent, qui effleurent plus qu’ils ne serrent. Même le coton est lavé, voir associé à du cachemire. C’est une esthétique du raffinement ostensible :

  • silhouettes plus épurées, plus sculpturales ;
  • lumières qui glissent ;
  • toucher qui séduit instantanément ;
  • confort presque sensuel.

Ce monde-là est celui qui inspire l’essentiel du tailoring italien : Armani, Zegna, Loro Piana, Brioni, et leurs interprétations plus accessibles chez Suit Supply, Pini Parma ou Grand Le Mar. Il s’agit d’une beauté immédiate, presque hédoniste. Une beauté de surface — dans le sens noble du terme : la surface comme expression de la finesse, de la qualité, de la modernité.

Ce qui frappe, lorsque j’observe clients, passants et marques, c’est que ces deux esthétiques se heurtent. Et que parfois, des clients mêlent les deux sans voir l’impair esthétique, en ajoutant comme une cerise confite sur le gâteau une pièce très raffinée sur un montage très rustique.

Dans le milieu sartorial, on fantasme souvent les tissus luxueux : le super 150’s lumineux, la flanelle et le cachemire, le drap qui tombe comme un rideau de théâtre. Mais dans la rue, ce que l’on voit majoritairement, ce sont les lainages texturés, les velours, les gabardines lourdes : bref, des habits faits pour vivre, pour marcher dehors, pour tenir chaud. L’opposition entre ceux deux esthétiques pourrait se résumer avec amusement au niveau de la chaussure : derbys rustiques contre mocassin léger. Desert-boot contre chuka montée goodyear. etc…

Ce paradoxe est fascinant, on rêve de luxe fluide, mais on porte du rustique solide. Cette opposition peut aussi se trouver dans les palettes de couleurs : marine profonds et nuances claires voire salissantes, versus teintes de la forêt. Un beige du goût italien et un beige du goût rustique ne seront pas pareil. Une opposition qui comme le noyau d’uranium fissible devient instable lorsque l’on essaye de forcer l’association : par exemple un grand manteau croisé (raffiné) coupé dans un gros tweed (rustique). Que se passe-t-il ? Un manteau hybride que l’on ne sait pas tout à fait qualifier.

C’est l’opposition centrale de notre époque sartoriale : le marché valorise le raffiné parce que c’est spectaculaire, instagrammable, immédiatement lisible comme « beau ». Mais l’usage réel pousse vers le rugueux, parce que c’est pratique, stable, rassurant, facilement intégrable dans une garde-robe quotidienne. Lorsqu’on développe une ligne de prêt-à-porter, cette tension devient presque existentielle. Elle le devient plus chaque jour pour moi et me tend. Faut-il aller vers la délicatesse italienne, qui fait rêver ? Ou vers la robustesse texturée, qui se porte, se vit ? Cette opposition dépasse la technique textile. Elle devient un choix d’identité. Le rustique dit : « Je suis enraciné. » « Je valorise l’usage, la durée, le vécu. » « Je suis un homme du dehors. » Le raffiné dit : « Je maîtrise l’esthétique. » « Je recherche le confort ultime, la distinction. » « Je suis un homme du dedans : salon, bureau, lumière contrôlée. »

Ce n’est pas seulement une question de matières. C’est une question de monde, de posture, de manière d’habiter son style. De life-style disent les anglo-saxons. L’allure italienne chic contemporaine fait millionnaire. Et j’ai tendance à penser que les gens qui s’habillent ainsi cherchent à distiller — comme un parfum — cette image d’eux-même. « Je suis quelqu’un qui le mérite. » « Parce que je le vaux bien » disait la pub.

Si j’ai évoqué l’Italie frontalement, je n’ai pas parlé de l’Angleterre de la même manière. Ce n’est pas un oubli. C’est un choix. Parce que le « goût anglais » – celui des tweeds, des draps cardés, des flanelles épaisses, des couleurs fanées– n’est plus seulement anglais. Il s’est diffusé à travers l’Europe continentale, et particulièrement en France, au point d’être devenu une référence quasi autonome. On le voit dans la prolifération des marques françaises et européennes qui s’installent dans ce registre : matières texturées, silhouettes robustes, couleurs minérales, références chasse, campus, outdoor chic. Ce qui était autrefois une signature britannique est devenu une esthétique de l’authenticité, largement partagée et revendiquée.

Cette démocratisation a deux raisons : Elle rassure – visuellement et matériellement. Elle s’adapte mieux à la vie quotidienne réelle que le raffinement extrême du tailoring italien. Le goût rustique a été absorbé, naturalisé. Il ne renvoie plus nécessairement à Savile Row, ni à l’héritage aristocratique anglais. Il renvoie à l’idée, plus universelle, de vêtements qui vivent, qui tiennent, qui durent. Et j’ai envie de dire quand je vois la prolifération des work-jackets, il renvoie à l’image du vêtement d’ouvrier. Simple et sérieux.

Car il faut dire la vérité : les tissus italiens haut de gamme sont fragiles. Ils s’abîment. Ils se trouent. Ils ne pardonnent pas. Or, cette réalité provoque l’un des grands malentendus du prêt-à-porter luxueux : « Si c’est cher, c’est que c’est beau. Si c’est beau, ça doit être solide. » Ce raisonnement, très répandu chez les clients, est parfaitement compréhensible… mais totalement faux. Comme aiment à le rappeler les agents de Loro Piana : « Nous fabriquons des tissus précieux. » Point final et si vous faites un trou, passez votre chemin. Ils ont raison. Si l’on veut se donner un genre riche, il faut assumer. Un tissu précieux n’est pas conçu pour affronter les mêmes usages qu’une moleskine ou un tweed shetland. Un Super 160’s n’est pas un drap militaire. Un cachemire peigné n’a rien d’un sergé de coton épais. Le problème n’est donc pas la qualité : elle est exceptionnelle. La fragilité n’est pas un défaut dans l’esthétique italienne, mais une conséquence directe de son raffinement. Et ce raffinement, pour exister, doit accepter de renoncer à la robustesse.

Face à cette fragilité assumée du « beau italien », le rustique chic semble tenir le haut du pavé. Non pas parce qu’il est plus noble. Non pas parce qu’il est plus moderne. Mais parce qu’il est plus honnête. Les lainages bruts grattent, oui. Ils accrochent les doigts. Ils pèsent. Et c’est précisément ce que le client comprend, accepte, valorise : une matière qui dit clairement ce qu’elle est. Prenons l’exemple du manteau ou de la parka en laine. Vous les choisissez pour leur douceur et leur toucher ? Suivant votre réponse, vous tomberez d’un côté ou de l’autre du versant. Cherchez-vous un croisé en poil de chameau ou un raglan en tweed ?

Lorsque l’on pose la question en termes simples :

précieux versus solide,
fragile versus fiable,
sensoriel versus pragmatique,

que répondez-vous ? En fait, rares sont les hommes qui dans ce milieu sartorial ont une boussole parfaite. Même pas moi-même. Les réponses peuvent varier suivant les goûts, l’instagram suivi ou l’instant de la vie. Le précieux impose un cadre, un usage, une discipline que l’on voudrait avoir. Le rustique, lui, accompagne simplement. Il s’intègre. Il rassure. Mais on ne veut pas toujours du pratique. On veut du Beau. Beau et pratique, ce n’est pas facile à atteindre. La quête permanente. C’est peut-être l’article le plus important que j’ai eu l’occasion d’écrire en 15 ans. La démarche sartoriale n’est pas facile… !

Belle et bonne semaine, Julien Scavini

Ce soir j’écoutais pour écrire du Tony Anderson. Parceque Ariana était diffusé dans l’hôtel où j’étais récemment, un grand moment de pureté mentale, habillé de laines italiennes…

17 réflexions sur “Une fracture esthétique au cœur du sartorial

  1. Avatar de Jean Jean 2 décembre 2025 / 10:56

    Merci pour ce superbe article, à la fois passionnant et éclairant. Vous mettez en mots une évidence que je n’avais jamais formulée consciemment.

    Je crois cependant qu’une tenue réussie naît de la conciliation de ces deux univers, antagonistes en apparence mais profondément complémentaires. Comme vous le soulignez, les couleurs et les matières oscillent entre luminosité et sobriété. Les pièces principales — vestes, pantalons (hors velours côtelé) et manteaux — gagnent à rester dans des tons et tissus sobres, afin d’éviter toute surcharge. Mais quelques touches plus vives et précieuses viennent idéalement rehausser l’ensemble : une pochette de soie imprimée, un foulard éclatant, une écharpe de cachemire à motif cachemire, des chaussettes colorées, un cardigan en maille sous la veste, une cravate tricotée en soie, ou encore des gants en cuir de pécari. Chaque tenue se construit comme une composition où matières et couleurs dialoguent et s’équilibrent.

    L’élégance est une alchimie. Elle conjugue des forces contraires : le neuf et l’ancien, le formel et le décontracté, la simplicité et le détail travaillé, le vif et l’éteint, le clair et le sombre, le luxueux et le modeste, l’ajusté et l’ample, le lisse et le texturé, le contemporain et le désuet, l’épais et le fin, le motif et la sobriété, le tissu et le cuir, le naturel et le synthétique. Dans ce registre, les tenues dites « sport » — où la veste se dépareille du pantalon — offrent un terrain d’expression idéal : une élégance décontractée mais chic, sans ostentation ni souci de paraître, qui échappe autant au clinquant qu’à la fadeur. C’est là, peut-être, la véritable voie du milieu.

  2. Avatar de Afred Afred 2 décembre 2025 / 11:25

    Le gentleman ne peut plus s’habiller sartorial, le style est désormais trop connoté d’extrême droite depuis que Monsieur Jacomet s’affiche sur Cnews.

    • Avatar de Julien Scavini Julien Scavini 2 décembre 2025 / 11:58

      Où sont passés les Michel Sapin, Bernard Cazeneuve ou même Pierre Bergé pour prouver que l’élégance est apolitique !

      • Avatar de John John 2 décembre 2025 / 12:33

        J’avoue partager partiellement cet avis.

        M. Jacomet s’est imposé par son discours comme une sorte de pape moderne de l’élégance masculine classique. Il a cherché à incarner cette chose pourtant si impersonnelle qu’est l’art de l’élégance, a réussi et en porte dès lors la responsabilité ; « Répétez un mensonge mille fois et il deviendra vérité. ». Parisian Gentleman était un blog qui traitait du sujet ; or, depuis la création de sa chaîne YouTube et les flagorneries multiples qui se déversent dans le flot de commentaires, la vanité a quelque peu pris le dessus sur le contenu… Depuis quelques années, plus aucun contenu véritable sur le sujet alors que, Stiff Collar nous montre lui, que le sujet reste inépuisable de complexité. Il n’est plus question sur sa chaîne que d’un encensement personnel, entremêlé d’idéologie d’une droite catholique mise en exergue de diverses manières et d’opérations commerciales à portées capitalistiques (même si je n’ai rien contre le fait de vivre de son métier). Paroxysme atteint lorsqu’il s’est retiré de l’édition du blog et qu’il participe désormais (consciemment ou non) au discours et à l’idéologie portés par M. Bolloré. M. Jacomet le fait-il pour attirer les regards sur sa persona, parce qu’il adhère à ces discours, ou bien pour les deux raisons ? Chacun se fera son propre avis.

        L’élégance n’appartient plus aux royalistes bourgeois catholiques d’antant ; elle est désormais tombée, sous le joug du t-shirt-jeans, dans l’universel et l’universaliste. Comme vous le soulignez très justement, M. Scavini : gauche ou droite, religieux ou athées, riches ou pauvres, chacun devrait avoir le droit de porter (avec goût) costumes, dépareillés et vestes sports.

        Lecteur de Stiff Collar depuis des années, je reste ravi de voir que vous continuez à parler de chiffons sans entrer dans ce jeu. Vous laissez transparaître vos préférences, certes, mais restez focalisé sur l’essentiel : le sujet. Pour cela, je vous en remercie.

        (Message écrit par un honnête défenseur de la neutralité)

      • Avatar de Julien Scavini Julien Scavini 3 décembre 2025 / 12:27

        Ne pas mélanger les torchons et les serviettes. Ne pas mélanger les genres, j’essaye et j’y tiens oui en effet. Merci John Doe pour votre commentaire. Vous n’aviez pas un blog très érudit fut un temps aussi?

      • Avatar de Guillaume BO Guillaume BO 2 décembre 2025 / 18:06

        Bergé était beaaacoup de choses mais certainement pas apolotique!

        Quant au « style italien », il est aussi polymorphe et proteiforme.

        Le style florentin est par exemple… très anglais.

        Certaines maisons/marques ont aussi toujours joué sur ces 2 aspects: Barbera par exemple ou Attolini.

  3. Avatar de jeantivollier jeantivollier 2 décembre 2025 / 12:08

    Bonjour.

    En soi il me parait logique d’avoir des deux.

    L’un pour aller le dimanche à la messe ou à un repas de famille. L’autre pour se promener un samedi en flânant un peu (à la campagne pour ceux qui ont la chance d’y vivre ?)

    Porter un super 150 en forêt est risible, un Harris Tweed lors d’un dîner romantique se fait déjà plus, mais ce n’est pas idéal.

    Comme le dit Jean ensuite, l’élégance personnelle vient de l’art de savoir composer une tenue qui parvient à combiner ces deux courants contraires, suivant l’inspiration du jour.

  4. Avatar de Cazim Hysi Cazim Hysi 2 décembre 2025 / 12:19

    À titre personnel, je me trouve nettement entre les deux. Je viens de commander une veste en tweed, mais ce sera le premier objet dans un tel tissu que je possède. Je me méfie un peu de l’esthétique gentleman-farmer, étant ni gentleman, ni farmer. Le fait d’avoir grandi en ville me pousse résolument vers une façon plus urbaine de m’habiller. Par contre, le tissu lisse et brilliant ne m’a jamais parlé non plus. Ce registre est trop hors de mon quotidien, trop luxe. Et oui, trop fragile — si je m’achetais un costume en super 150s, il serait soit confiné au placard pour les 99% de l’année, soit détruit après quelque mois de port.

    L’optimal, pour moi, est donc le vêtement urbain mais coupé dans un tissu plus lourd et texturé. Les hopsack lourds, les laines peignés à finition « douce », les flanelles, dans les couleurs de la ville. Et donc une préférence pour les drapiers britanniques plutôt que ceux italiens. Entre Holland & Sherry et Fox Brothers, il y en a pour les amateurs de ce style…

  5. Avatar de FMR FMR 2 décembre 2025 / 22:28

    le « goût anglais » – celui des tweeds, des draps cardés, des flanelles épaisses, des couleurs fanées– n’est plus seulement anglais. Il s’est diffusé à travers l’Europe continentale

    De fait, beaucoup des tissus utilisés par Drake’s viennent de drapiers italiens, même un « hearty tweed » à motif « shepherd check ».

  6. Avatar de Sernine Sernine 3 décembre 2025 / 13:31

    Cet article est sans aucun doute pour moi l un des plus intéressant que j ai jamais lu en matière sartoriale. Il pose parfaitement le probleme de fond qui est celui de la coherence d un choix, coherence qui explique et justifie les codes. Problème que l on pourrait étendre a de nombreux domaines.

    Merci.

    • Avatar de Julien Scavini Julien Scavini 3 décembre 2025 / 19:25

      Ravi de vous revoir commenter à nouveau mes lignes! Et merci pour votre retour. Je dois confesser que moi aussi, j’ai pris ce constat en plein visage les semaines passées, alors que je n’avais jamais vraiment pensé à ça avant. Ou pas dans ce sens du constat.

  7. Avatar de olibad olibad 4 décembre 2025 / 20:34

    Je fais clairement parti de la catégorie tissus texturés de manière générale.Il est vrai que les rares fois où, devant mon miroir, j’ai tenté un assortiment avec ces deux types de tissus, l’image renvoyée m’a toujours convaincu qu’il y avait un problème.

    Les commentaires politisés de Afred et John (ce second en faisant semblant de discourir de façon neutre ne fait qu’abonder dans le sens de son complice) sont ridicules et risibles.

  8. Avatar de Louis M Louis M 5 décembre 2025 / 16:15

    Voilà un très bel article qui met effectivement le doigt sur un des dilemmes les plus fascinants du monde sartorial, qui peut parfois rendre schizophrènes même les plus élégants d’entre nous.

    A mon humble avis, cette opposition entre tissus anglais et tissus italiens, entre rusticité et somptuosité de la matière, entre simplicité et luxe, est loin de se limiter au simple domaine de la mode masculine, mais recoupe en fait un débat culturel, voire existentiel bien plus large : celui qui oppose culture de l’Europe du Nord et culture « latine » au sens large.

    D’ailleurs, l’introuvable définition de ce que pourrait être le fameux « style français » est peut être à chercher là dedans, dans ce tiraillement entre deux cultures très différentes, celle du Nord et celle du Sud. A ce titre, il est intéressant de remarquer comme vous le faites que la mode française semble dans les dernières années avoir adopté certains aspects du « goût anglais » ; il y a là peut être un penchant de l’inconscient collectif vers l’un des deux côtés (quoique les marques de prêt-à-porter vantant un style « à l’italienne » me semblent avoir un succès tout aussi important…).

    Quant à moi, je souhaite me rendre chez le tailleur prochainement, mais ne parvient pas à me décider entre lancer une veste sport en Harris Tweed, ou lancer un beau costume de ville dans un tissu précieux… Si ce n’est pas cette fameuse fracture à l’oeuvre…

    Merci encore pour ce blog qui restera toujours une référence ainsi qu’une mine d’érudition !

    • Avatar de Julien Scavini Julien Scavini 15 décembre 2025 / 17:04

      La veste en tweed est si facilement mettable, tout de suite, maintenant, tout le temps !

  9. Avatar de Vestiaire d’Antoine Vestiaire d’Antoine 11 décembre 2025 / 23:28

    Mr Scavini bonsoir, ce n’est sans doute pas en rapport direct avec votre dernier article mais je me tourne vers vous pour faire appel à vos connaissances historiques du vêtement. Je porte des tailles hautes (pratiquement au nombril) et également des pantalons qui datent des années 1900 à 1920. Je cherche désespérément un décryptage des différentes pièces composant ce type de pantalons d’époque, avec ces jolis tissus rayés à l’intérieur, sur la partie haute, cette patte dans le même tissus qui se maintient par deux boutons, avant d’agrafer le crochet et enfin de fermer les boutons de la braguette; ainsi que la découpe en pointe (fishtail) et autres martingales, boutons pour bretelles. Connaitre les noms précis de ces pièces et leur évolution/disparition serait un régal. Sans compter la coupe en biais sur le bas du pantalon, plus bas sur l’arrière; Si je ne trompe pas les pantalons étaient plus courts à cause des rues pas toujours pavées… Merci pour votre réponse et bonne soirée. Frederic

  10. Avatar de Régis Saint Estève Régis Saint Estève 12 décembre 2025 / 14:13

    Si vous me le permettez, j’avoue ma perplexité à la lecture de cet article…

    Pourquoi opposer les deux styles ? Ne s’habille-t-on pas en fonction de l’occasion, de l’endroit où l’on va, des personnes que l’on va croiser ? Un tour à la campagne appelle le tweed, un dîner en ville des tissus plus délicats, mais rien n’empêche d’être prêt pour les deux occasions, pour toutes les occasions, ou je suis utopiste ? Se cantonner à un style me paraît réducteur, liberticide…

    • Avatar de Julien Scavini Julien Scavini 15 décembre 2025 / 17:04

      Mais je vous permets bien volontiers 🙂

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