La photo de l’année

J’ai déniché hier soir la photo de l’année ! J’étais chez un ami qui travaille dans le luxe et en partant, il me donne le catalogue Hermès Automne-Hiver 2013 pour occuper mon trajet de métro. J’ai donc feuilleté ce joli magazine et suis tombé sur l’image au détour d’un article sur le plaid Avalon. Il s’agit des chardons que l’on utilise pour faire feutrer – peigner – la surface de la laine, en particulier du cachemire. Cette mise en place de chardons naturels dans un cadre est effectuée chez Johnston of Elgins, vieille vieille maison écossaise qui réalise certains des plus beaux cachemires du monde, dont certains exclusifs pour Hermès. Ces chardons proviennent d’Espagne et le cachemire de Mongolie. Cette technique ancestrale n’est plus beaucoup utilisée de nos jours. Les chardons naturels ont été remplacés depuis longtemps par des modèles métalliques. Dans mes liasses de tissus, seuls mes cachemires Doeskin Blazers de Holland & Sherry sont peignés de la sorte…

chardons Hermes Johnston of Elgin

Pressing à Paris

Suite de l’article du début de semaine pour évoquer l’entretien de vos pièces. Globalement, il faut retenir une chose : évitez autant que possible de mettre les belles pièces trop souvent au pressing. En principe, vos vestes devraient y aller à peine une fois par an, et les pantalons peut-être tous les deux mois. C’est-à-dire, si vous portez votre costume 1 fois par semaine, emportez le pantalon au bout de 8 ports et la veste au bout de 52 ports. Si vous avez deux pantalons, cela allonge encore plus le délais. Bref, voici donc quelques adresses :

PARFAIT ÉLÈVE DE POUYANNE, 57 boulevard Haussmann, 75008 Paris. Une référence.

PRESSING KENNEDY, 94 Rue Raynouard, 75116 Paris. Pressing écolo (qui n’utilise pas de perchloroéthylène).

ALBATROS, 92 Rue de Grenelle, 75007 Paris.

PRESSING SEQUOIA, 13 Rue Dupont des Loges, 75007 Paris. Travail réalisé sur place. Ecolo en plus.

PRESSING MAUBOURG, 48 Boulevard de La Tour Maubourg, 75007 Paris. Travail réalisé sur place, c’est celui que j’utilise pour mes clients.

N’hésitez pas à m’en proposer d’autres dont vous trouvez le service impeccable, je les ajouterai ici.

Julien Scavini

Retouches à Paris

Messieurs,

vous m’écrivez souvent pour demander si je connais un bon retoucheur sur Paris. J’ai trois adresses, les voici :

ASPEN RETOUCHES : 8, rue Jean de La Fontaine, 75016 PARIS. Un ancien des grands ateliers, un maître pour les retouches les plus compliquées.

AKBAR CREATIONS : 22, rue Jules César, 75012 PARIS. Mon propre retoucheur, un travail délicat pour les cintrages notamment.

FK RETOUCHES : 14, boulevard Saint Martin, 75010 PARIS. Un grosse société de retouche spécialisée pour les grands magasins. Service efficace.

J’espère qu’avec cela, vous trouverez comment rendre merveilleuses vos vieilles fripes ;). Par contre, ne vous attendez pas à des prix minuscules. La retouche est un travail long, délicat et fastidieux. Ne négociez pas, sauf si vous avez 3 ou 4 pièces ! Un cintrage, cela coûte entre 25 et 45€, rétrécir la largeur d’un bas de pantalon dans les 25€, un démontage de manche pour retirer de la carrure devant dans 150€, idem pour le changement d’une doublure.

Bonne journée, Julien SCAVINI

Exceptionnel ! Vente de souliers d’occasion (MàJ)

Chers lecteurs, bonjour.

Un de mes clients souhaitant se départir d’une partie de sa collection de souliers, il m’a proposé de l’exposer dans la boutique. Je vous propose les photos des modèles. Du très beau. Deux jeunes clients doivent également m’apporter prochainement – avec la même optique – une paire de Weston et un autre de Corthay. Les prix sont alléchants pour de telles pièces (200 à 500 sauf une Dimitri Gomez GM à 900), elles sont en bon état, souvent avec patin et toujours avec embauchoir. Venez les voir !

Derby bi-matière, Ralph Lauren par Edward Green, 10, 300€ :

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Richelieu Crockett & Jones par Dimitri Gomez, sans pointure, 500€ :

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Derby Aubercy, 8 1/2 E, 500€ :

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Richelieu Hartwood par Stephanobi, 9 1/2, 200€ :

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Richelieu Aubercy, 9E, 500€ :

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Derby Crockett & Jones par Dimitri Gomez, sans pointure, 900€ :

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Arca, de Corthay, 10, 500€ :

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Il y a également une autre paire de richelieu Aubercy, 500€ :

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Derby Weston, 8C, 300€ :

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Mocassin Berluti, 9, 400€ :

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A très vite. Julien Scavini

Le langage des fleurs

Un client me demandait récemment, dans un esprit ancien régime ou pré-moderne, s’il serait possible de mélanger une veste noire avec un pantalon chamois ou crème et d’autres vêtements aux teintes plus campagnes. Les illustrations ci-dessous, prises dans Des Modes et Des Hommes, illustrent cette idée. Comme vous le savez, je suis toujours très intéressé par ces questions de l’alliance de l’héritage et de l’innovation. Quelques instants de réflexions nous furent nécessaire pour arriver à la conclusion que cela n’allait pas tellement de soit. Ce n’est pas tellement le noir, car comme évoqué la semaine dernière, il peut y en avoir de beaux. Mais plutôt pour le mélange curieux de noir et de marron (et de ses dérivés).

DESMODESDESHOMMES

Le début du siècle précédent a consacré certains usages, par exemple que la ville est plutôt le domaine du noir, du gris et du bleu et que la campagne s’accommode mieux du marron, du vert et du rouille. Une dialectique simple et inspirée : la ville, c’est le béton et le bitume, la campagne, la boue et les feuilles.

Pour autant, cette dissociation doit-elle encore avoir cours de nos jours ? C’est l’éternel question, le débat sans fin chez les élégants. Ceci dit, à voir les vitrines de The Kooples ou De Fursac, il semblerait que la question – au moins pour la masse – soit tranchée : noir en ville. Et justement, les élégants dans tout cela. Visiblement, l’heure est à l’hybridation. Les Italiens ont posé le sujet sur la table, avec des réponses assez magistrales. Le Français n’est pas loin derrière. Les mocassins patinés de marron de Berluti en sont presque un indice évident. Je me souviens également d’un édito du catalogue Arnys qui traitait du même sujet.

Du coup, notre conversation en revenait au point de départ, et pourquoi pas mélanger du marron et du noir…

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Le fil de la discussion mêlé au catalogue Arnys ouvert sur la table de l’atelier me fit émettre une hypothèse. Si l’on admet que les couleurs de la nature peuvent s’allier au noir, reste à savoir lesquelles. Fushia par exemple ? noir semble plus logique. Orangé éteint ? marron peut-être ? Disons qu’il y aurait d’un côté les couleurs fortes, voyantes, pétantes et de l’autre celles éteintes, poudrées, vieillies.

En discutant, nous avons donc émis ce presque postulat : les couleurs fortes irait avec le noir, les couleurs faibles, avec le marron. Et encore plus précisément, les couleurs des fleurs s’associeraient avec le noir (ou gris) et celles des arbres (feuilles ou tronc) avec le marron. Ainsi, cela crée une règle simple. Si ce pull est d’une couleur très vive, carmin, aussi irait-il mieux avec un pantalon sombre, pour trancher, question de contraste, alors que le même pull, légèrement rouille assombri, irait mieux avec une moleskine marron, question de tonalité.

Évidemment, cette règle n’en est pas une et ne représente pas une absolue vérité, on pourrait argumenter l’exact inverse. Mais cela crée une base amusante : fleur ou arbre ? Vigueur de l’instantané, du passager ou douceur du permanent ? Ou comment Extraire l’éternel du passager. A méditer.

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Bonne semaine, Julien Scavini

Bonnes vacances !

Les chaleurs rendant le travail plus lent et plus compliqué, et ayant encore pas mal de livraisons à assurer d’ici le début août, Stiff Collar prend aujourd’hui quelques congés mérités ! Cela me permettra aussi de mener à bien des travaux dans mon échoppe. Je vous souhaite donc un très bel été, studieux ou reposant suivant votre programme. Vers le 15 août, je publierais peut-être quelques figurines, comme je le faisais auparavant. D’ici là, profitez bien de l’été 😉

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A tous, et très amicalement, bel été !

JULIEN SCAVINI

La veste comme un pull

 Si j’aime m’habiller – et je pense vous aussi chers lecteurs – de manière classique, c’est à dire en costume ou en veste pantalon, avec des souliers classiques également, en cuir, il n’en est pas de même pour nombre de jeunes gens. Je prête une grande attention dans le métro, dans la rue, à la façon dont s’habillent les adolescents.

Et j’ai remarqué la présence en force d’un nouveau type de veste qu’un ami appelle la ‘swacket’, soit le mélange du sweat et de la jacket. Vous voyez très certainement de quoi je veux parler : cette fameuse veste vendue dans la grande distribution (zara, célio et consort) et réalisée en molleton de coton. Complètement déstructurée, elle est la mollesse par excellence.

Un fait est notable à ce propos, elle est courte. Même souvent un peu plus courte que la plupart des vraies vestes ‘ras-de-pet’ vendues dans le commerce maintenant. Celle-ci est courte comme un pull ! En fait, cette veste est un pull avec des poches. Car rares sont les jeunes qui portent des vestes à la manière de papa. Normal me direz vous. Mais ici, nous sommes un cran plus loin. Le vêtement devient de plus en plus ‘facile’.

Lors du dernier défilé de mode organisé par Hackett pour présenter sa collection printemps / été 2014, j’ai noté la présence de vestes du même esprit. Celles-ci prenaient l’apparence de blazers de régate, deux boutons et gansés. Le tissu, certainement une cotonnade, est mou. Et surtout, détail de style intéressant, le col est châle. Ce n’est pas la première fois que ce col apparaît sur les podiums, mais c’est la première fois – à ce que je sais – qu’il apparaît chez une marque ‘classique’.

veste col châleLa marque Gap est une coutumière des blousons et autres coupe-vent en col châle. C’est aussi un élément de style des marques d’urban-sportwear. Car relevé, ce col protège le cou – autant qu’une veste à col classique – mais mieux, il ne présente pas de faiblesse structurelle au niveau du cran de revers. Car un col à cran n’est pas tellement fait pour se relever. Il est fragile au niveau du cran. Une veste Yves Saint Laurent m’avait d’ailleurs beaucoup marqué il y a quelques mois, elle était en molleton éponge (celui du serviette de plage) et ressemblait un peu à une veste d’intérieur.

Ces deux idées : col châle et veste en molleton, sont représentatives de l’orientation du vestiaire masculin. Décontraction et souplesse ! C’est une voie qui je pense aura tendance à s’amplifier dans les années à venir.

Dans le même temps, un grand industriel de retour du Pitti Uomo me disait la semaine dernière avoir remarqué l’écrasante présence des pantalons. Et pas n’importe lesquels : ceux en coton ou en laine légère, colorés, d’esprit décontracté, mais avec une foule de détails sartoriaux : surpiqures tailleur, doublures colorées, V d’aisance, etc… Les hommes en ont marre du jean apparemment. Tant mieux. L’évolution est donc dans les deux sens. Plus de décontraction, mais recherche d’un peu d’élégance. La mode se fait ainsi, deux pas en avant, un pas en arrière. Attendons et voyons comme disent les anglais.

Bonne semaine. Julien Scavini