Je viens par hasard de regarder le numéro de septembre octobre de Monsieur qui propose une très belle mise en scène de chasse, réunissant de nombreuses marques. Si Monsieur n’est jamais tout à fait réveillé (je pense par exemple à cet article sur la veste Foulard d’Arnys (qui) propose un retour aux sources de la culture tailleur avec cette veste non doublée et non entoilée… Ce qui précisément défini la culture tailleur, c’est son galbé, son épaisseur d’entoilage et de plastronnage que le PAP ne rend pas, mais passons…), il a toujours le bon goût d’appeler des dessinateurs à son chevet pour caricaturer dans le meilleur sens les gentlemen, avec le très grand Floc’h notamment, qui travaille avec Breuer.
Au programme donc de ce shooting, des tweed de chez Hackett, des couleurs de chez Hartwood, des souliers de chez Marc Guyot, des accessoires de chez Arnys, etc… Cette revue est aussi l’occasion de découvrir la nouvelle collection chasse de Vicomte Arthur. Si Stiff Collar n’a jamais trop accroché sur cette marque, nous devons bien reconnaitre que les vestes en tweed gris à carreaux fenêtres rose ne sont pas si inintéressantes que cela, surtout complétées par leurs pantalons de velours chamarrés.
Bref une belle mise en page, qui flaire bon les domaines de chasses et rappelle la meilleure époque du magazine Adam, édité dans les années 50 par Condé Nast France…
Habitants de Paris, nous avons eu droit hier à une journée entière passée sous la pluie, annonçant l’arrivée des beaux jours, ceux que le gentlemen apprécie finalement, l’automne puis l’hiver. Ces saisons sont propices aux sorties des laines, cardées ou peignées, et des fourrures, vraies et soyeuses. Nous supporterons enfin de pouvoir porter nos plus beaux atours, en triple ou quadruple couches!
Mais pour l’instant, nous sommes seulement malade, les variations climatiques nous ayant donné le rhume de cerveau! Tâchons de voir le bon côté des choses: une petite souffrance au début de l’hiver stimule les défenses immunitaires, rien de tel pour éviter la grippe!
Quoiqu’il en soit, les activités domestiques sont importantes au début de la saison froide. Il faut d’abord prendre soin des ces vêtements estivaux, dont le placard attend le retour. Commencer par les lins, que vous prendrez soin de défroisser. Alors que l’on proscrit la vapeur pour les laines, il n’est hélas pas d’autres solutions qu’un jet puissant pour aplanir un dos, des côtés, des manches. Vos cotons peuvent souffrir le même traitement. Les laines doivent êtres en revanche mieux traités sous peine de les voir se lustrer!
Les costumes en laine ne supportent que le nettoyage à sec, mais pas celui de votre pressing minute. D’ailleurs vous pouvez très bien nettoyer votre costume vous-même! Il faut éviter dans les pressings : le nettoyage à sec (les produits chimiques sapent l’entoilage et les laines) et le nettoyage vapeur, surtout si votre costume est thermocollé (la toile thermocollante ne résiste pas à la vapeur et cloque…). Un nettoyage en fin de saison suffit amplement à un costume!
Donc, l’usage d’une pattemouille est recommandé pour les costumes de laine. L’idéal est une toile de coton type percaline, fine et résistante. Immergez là puis appliquez sur le costume, et posez le fer. La vapeur se dégage, la crasse aussi. Commencez votre costume en laine au fer sec, par la doublure intérieure. Insistez à la pattemouille sous les aisselles. Puis, l’extérieur, à plat, avec la pattemouille toujours, idem pour les manches et le dos. Vous pouvez insister avec un peu de vapeur à l’extérieur sous les aisselles. En tout cas, ne posez jamais le fer directement sur la laine, ça lustre! L’effet lustré se repère à un aplat blanchi, lumineux sur la laine. Finissez votre roulant de revers en repassant le tiers supérieur du revers et le col, à la patte sèche, ou à la pattemouille.
Placez alors vos costumes et vestes dans des housses, en plaçant des anti-mites dans les poches ou sur les cintres. D’ailleurs à ce sujet, savez-vous pourquoi les embauchoirs sont habituellement en cèdres rouges? Car le cèdre rouge est une anti-mites naturelle, et placer ses chaussures en bas de placard prévient donc l’arrivée du papillon! À ce sujet, donnez un dernier petit coup de brosses à vos derbys bicolores blanc et beige avant de les ranger individuellement dans des sacs en toile, puis placez de l’english lavender dans de petits sachets pour embaumer vos placard.
En automne, sortez couvert!
Maintenant, sortez votre parapluie d’hiver, qui est noir et enroulé soigneusement dans son étuis, et partez serein chez votre tailleur (septembre est toujours la saison creuse pour eux, ils auront du temps à vous consacrer), vos habits d’été attendent maintenant patiemment le retour des beaux jours (les autres)!
S’il est un métier qui disparait, c’est bien celui de mercier. La tenue d’une boutique qui se respecte est devenue de nos jours une entreprise périlleuse et financièrement difficile. Car la mercerie demande de posséder un énorme stock, donc d’immobiliser pour un temps indéfini une grosse somme d’argent. Il existe encore, en plus des boutiques autour de montmartre, cinq adresses à Paris plus ou moins spécialisée dans l’approvisionnement des tailleurs, les voici.
CERTAIN, pour tissus et les fournitures: 52, rue Etienne Marcel, 75002 Paris
HAMON, pour les fournitures: 54, rue de Clery, 75002 Paris
SOCOLATEX, pour les tissus: 12, Rue Bourg l’abbé, 75003 Paris
LAFAYETTE SALTIEL DRAPIERS, pour les tissus et un peu de fournitures: 11, rue d’Uzès, 75002 Paris
ULTRAMOD, une mercerie rare par son stock, 3 rue de Choiseul, 75002 Paris.