Ne pas avoir une belle image

Je lisais tout à l’heure l’entête d’un nouveau blog qui se destine ‘aux hommes soucieux de leur image’, ce qui me donne l’occasion de réagir.

Certes l’idée n’est pas fausse, mais elle n’est pas première et ne fonde, de l’avis de Stiff Collar, aucune règle d’élégance. Se préocuper de son image n’est qu’une basse préoccupation narcissique, qui du reste correspond très bien au monde dans lequel on vit! Mais la véritable élégance se situe ailleurs, dans le respect de traditions artisanales d’abord. Vouloir porter un beau costume et une cravate discrète premettra d’acquérir une mise correcte, mais certainement pas impressionnante!

fggdandy

Cela me rappelle une histoire de champ de course : Brumel était approché par un jeune compatriote qui lui dit : « bonjour, j’ai remarqué votre élégance dans la foule » ce à quoi il répondit « si vous m’avez remarqué, c’est que je n’étais pas élégant »… L’élégance est donc une question de discrétion, du moins celle des gentlemen! A l’inverse, il est vrai que l’esthétique dandy est plus une question d’image que l’on veut renvoyer, à dessein. Mais le vrai dandy n’a qu’un seul but dans la vie, augmenter sa rente… Il est donc hors du système de valeurs du gentleman travailleur. C’est une espèce rare.

Alors, il faut faire attention aux idées que l’on proclame en matière de mode masculine. Etre élégant, c’est respecter son maître tailleur pour pouvoir respecter son futur interlocuteur. Rockfeller grand père disait en 1929, que s’il lui restait 1000$, il l’investirait dans un bon costume. Non pas par souci de son image, mais par souci de respect et donc de mise en confiance face à autrui. Car c’est dans la mise en place d’un ensemble complet, cohérent et hiérarchisé de valeurs que l’on peut faire naître stabilité, respectabilité et solvabilité ^^ L’image n’est pas une question de théatre à laquelle on fait attention, l’image est l’expression finale d’un système, dans lequel on a conscience de sa place, de son potentiel et de ses libertés.

De quoi rêvons nous?

Bien le bonjour,

aujourd’hui, parce qu’hier, je n’ai pas eu le temps, est donc créé ce nouveau blog intitulé Stiff Collar. Qu’est donc cet objet me direz-vous?

Pour le savoir il faut remonter à une période comprise entre l’avènement de la Reine Victoria (1837) et la mort du roi George V (en 1936), un siècle donc, durant lequel le vestiaire masculin (car c’est bien de cela dont il s’agit ici) s’est forgé, s’est fixé.

L’un des accessoires essentiels des gentlemen de cette époque était donc le stiff collar, à savoir le col dur et détaché. Les chemises étaient dépourvues de tout encolure et il fallait alors ajouter par le truchement de deux ‘studs’ (ou goujons) un ‘col dur’, fait d’une étroite bande de coton ou de lin, entoilée puis glacée. L’usage s’est perdu au détriment du col souple que l’on connait aujourd’hui. Avec lui disparurent ‘la tenue’, le port de tête, haut et élégant, mais aussi une certaine idée, assez structuraliste finalement, de ce qu’est une garde robe : un code social, formel et structurel.

De quoi rêvons nous?  Ce blog est l’occasion de s’intéresser à cet aspect rationalisé de la garde robe, en recherchant aujourd’hui, des Maisons (car les lignées compte plus que les hommes) ou des créateurs éventuellement dont le travail s’évertue à pérenniser des traditions et des démarches, pour un homme résolument edwardien!  Nous en rêvons.