Ne pas avoir une belle image

Je lisais tout à l’heure l’entête d’un nouveau blog qui se destine ‘aux hommes soucieux de leur image’, ce qui me donne l’occasion de réagir.

Certes l’idée n’est pas fausse, mais elle n’est pas première et ne fonde, de l’avis de Stiff Collar, aucune règle d’élégance. Se préocuper de son image n’est qu’une basse préoccupation narcissique, qui du reste correspond très bien au monde dans lequel on vit! Mais la véritable élégance se situe ailleurs, dans le respect de traditions artisanales d’abord. Vouloir porter un beau costume et une cravate discrète premettra d’acquérir une mise correcte, mais certainement pas impressionnante!

fggdandy

Cela me rappelle une histoire de champ de course : Brumel était approché par un jeune compatriote qui lui dit : « bonjour, j’ai remarqué votre élégance dans la foule » ce à quoi il répondit « si vous m’avez remarqué, c’est que je n’étais pas élégant »… L’élégance est donc une question de discrétion, du moins celle des gentlemen! A l’inverse, il est vrai que l’esthétique dandy est plus une question d’image que l’on veut renvoyer, à dessein. Mais le vrai dandy n’a qu’un seul but dans la vie, augmenter sa rente… Il est donc hors du système de valeurs du gentleman travailleur. C’est une espèce rare.

Alors, il faut faire attention aux idées que l’on proclame en matière de mode masculine. Etre élégant, c’est respecter son maître tailleur pour pouvoir respecter son futur interlocuteur. Rockfeller grand père disait en 1929, que s’il lui restait 1000$, il l’investirait dans un bon costume. Non pas par souci de son image, mais par souci de respect et donc de mise en confiance face à autrui. Car c’est dans la mise en place d’un ensemble complet, cohérent et hiérarchisé de valeurs que l’on peut faire naître stabilité, respectabilité et solvabilité ^^ L’image n’est pas une question de théatre à laquelle on fait attention, l’image est l’expression finale d’un système, dans lequel on a conscience de sa place, de son potentiel et de ses libertés.

5 réflexions sur “Ne pas avoir une belle image

  1. hugoparis 4 octobre 2009 / 17:33

    Et le Beau Brumel de rajouter : « l’élégance s’arrête au moment où on la remarque ». HUGO

  2. ducerf 4 octobre 2009 / 17:44

    C’était effectivement Brumel et non un ancien prince de Galles. Je lis beaucoup de magazines par semaine, y compris des vieux numéros d’Adam des années 50, du coup je ne me souviens jamais des références…

  3. Wis 4 octobre 2009 / 21:14

    Je ne suis pas d’accord pour dire que l’élégance ne se remarque pas. Elle est remarquable, voire identifiable, par les autres personnes qui en maîtrisent les codes. Par exemple, ceux qui identifieront la qualité de coupe ou de tissus d’un vêtement, et l’harmonie générale d’une tenue.

    Par ailleurs, certains compliment tels que « Tu es bien habillé aujourd’hui. », signifient simplement que votre élégance est remarquée sans que la personne l’identifie vraiment.

    Enfin, certaines tenues tout à fait élégante se remarquent, je pense, par exemple, eux tenues colorées et vives de l’été.

    Ce qui était applicable à l’époque de Beau Brummel, où le port de complet était bien plus répandu, ne l’est plus aujourd’hui.

  4. hugoparis 5 octobre 2009 / 12:53

    Votre point de vue se défend oui. Et pour tout dire lorsque je suis habillé en grande mesure (donc pratiquement tous les jours), je sais que mon élégance ne passe pas inaperçue. En revanche elle n’attire VRAIMENT l’oeil que de ceux qui savent « lire » une épaule, un revers ou, encore plus rare, une paire de souliers sur mesure. C’est donc avant tout une histoire de codes, comme toutes choses dans la vie d’ailleurs. HUGO

  5. ducerf 5 octobre 2009 / 18:45

    Cher Wis, sans doute avez-vous raison par rapport à la référence Brumel. Peut-être devrions nous séparer deux sens dans cette référence : remarquable et remarqué. Se faire remarquer, évidemment, on y songe pas. Mais avoir une mise remarquable, oui ; signifiant ‘distinguable parmi’.

    On se distingue au sein d’une typologie (costumes et chaussures sont deux typologies courantes et établies). Je porte la même chose que mon voisin, mais mon savoir et celui de mon tailleur est remarquable, est au dessus du commun.

    Enfin bref, je voulais surtout dire que se préoccuper de sa cravate rouge épinglée en doré sur fond d’une chemise rouge à col blanc à col italien triple boutonnage n’est pas forcément l’atout du gentleman!

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