Ces messieurs les fripiers

S’il est un métier méconnu du grand public mais reconnu par les connaisseurs, c’est bien celui de fripiers, en habillement masculin notamment, la filière étant plus rare. Le fripier est un expert incontournable de l’histoire du vêtement, magasinant dans les successions, les ventes aux enchères, les donations et autres vides greniers. Il déniche des perles rares qui une fois retapées valent leurs pesants d’or : tissus anciens, façons de grande mesure ou encore coupes inédites…

Parfois même, cette démarche fait éclore des modes ; ou alors la mode conçue comme une ‘humeur de société’ s’y intéresse et met la met en lumière. C’est ce qui arriva au cours des années 60 et 70 à trois personnalités maintenant célèbres du monde du textile, trois anciens fripiers arrivés aux sommets : Ralph Lauren (qui s’appelait à l’époque Ralph Lifschitz), Paul Smith et Jeremy Hackett.fripeJSCTous  les trois, travaillant comme vendeurs dans diverses maisons masculines, avaient pour coutumes de chiner à la poursuite de merveilles anciennes qu’ils pourraient mettre ou revendre à bon compte. L’histoire de Jeremy Hackett est notable à plus d’un exemple. Alors qu’il travaillait comme vendeur dans une enseigne londonienne de vêtements, la fripe l’occupait encore plus. Mais pas de n’importe quelle manière. Il était connu pour visiter les châteaux du Royaume Uni, à la recherche d’héritages encombrants de vieux lords et autres marquis, contenant de prestigieux habits comme les frack, les mornings suits ou encore les chaussures et les chapeaux. Il était d’ailleurs en cheville avec un revendeur des puces de Saint Ouen qu’il fournissait en ‘vintages’ dirait-on aujourd’hui.

Mais cette démarche créa bientôt une envie plus générale de la part de la population soucieuse de se vêtir correctement, une envie d’ancien, d’authentique, à l’image exacte de ce qu’ont produit en neuf (la bonne idée était là) Polo RL, Paul Smith ou Hackett, avec le succès qu’on leur connaît. Les mauvaises langues rajouteront que Hackett est un peu plus petit que RL, mais il faut bien avouer que le soucis de qualité n’est pas le même…

L’une des dernières bonnes adresses à Paris pour ce qui est la fripe homme de luxe : COME ON EILEEN au 16, rue des Taillandiers 75011. Les arrivages ont lieu trois fois par mois, notamment en provenance d’organisations caritatives juives, signant la présence de quelques très belles pièces de grande mesure.

2 réflexions sur “Ces messieurs les fripiers

  1. hugoparis 4 octobre 2009 / 09:34

    Excellent blog Julien. Je suis fier de vous. . Je vais écrire un post spécial sur votre travail très bientôt sur PG afin de vous donner un coup de pouce en terme de lectorat car vous le méritez vraiment. Chapeau jeune homme. HUGO (Editeur de Parisian Gentleman)

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