Nouvelle collection Hackett

L’hiver approche, malgré ces quelques jours de chaleurs qui frappent Paris, et avec lui les nouvelles collections.

Enfin du changement me direz vous, comme à chaque fin de saison. Certes! Mais Hackett est surtout connu pour son invariance, ses classiques, un peu comme Old England. Alors Michael Sondag le nouveau directeur artistique (issu de Tommy Hilfiger, sic.) nous a concocté, une fois n’est pas coutume, un hiver urbain, bien loin de l’Écosse habituelle, mais proche des codes classiques, avec une belle production de costumes trois pièces de laines et de cachemires.

Tenue des Borders pour une mi saison automnale.
Tenue des Borders pour une mi saison automnale.

Ceci dit, le streetwear fait son entrée chez Hackett avec quelques pull à capuches ou encore des casquettes de snowboard. Évidemment, des dents grincerons – celles de Stiff Collar d’abord -, mais gageons que la qualité de fabrication soit toujours au rendez-vous!

Malgré ces impairs, loin de traditions plus discrètes mais moins rentables, Jeremy Hackett préside depuis 1982 à la destinée d’une maison intéressante, à l’élégance toute british et à la démarche soignée, à la différence de Paul Smith…

Découvrez les nouveaux modèles sur le site internet, Hackett.com

Figurines I

L’hiver approche, l’occasion de revisiter quelques classiques pour l’hiver:

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Trench coat en laine herringbone Old England par exemple, Pantalon de flanelle vert d’eau Arnys, Écharpe cachemire brique Loro Piana, cravate motif cachemire Charvet et Richelieus marron chez John Lobb.

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Smoking en velour ras marron, revers en velours beige chez Anderson & Sheppard, Chemise de popeline plastronnée chez Alain Figaret, noeud papillon de soie noire à gros grain chez Tom Ford, Opera pump chez Shipton et Heneage.

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Veste un bouton à poches plaquées grande mesure taillée dans un plaid Ralph Lauren, Pull col roulé en cachemire chez Loro Piana, Pantalon de flanelle Brooks Brothers, Chaussettes Arnys et Richelieu bout droit en veaux-velour chez Crockett et Jones.

Le col détaché

L’origine du col détaché, stiff collar en anglais (pour col dur en réalité, par opposition au col souple, l’actuel) est tout à fait anodine et trouve sa source dans un simple problème domestique. Mme Montague, épouse d’Orlando Montague, un bottier sur Third Street à Troy dans l’état de New York, eut l’idée dans les années 1820 de découdre les cols de son mari pour les laver séparément des chemises qui restaient propres. L’idée fut si bonne qu’à partir de 1827, ils se mirent à vendre des cols, appelés à l’époque ‘String collars’ et vendue 25 cents la pièces. Mme Montague et sa fille se chargeaient de coudre ensemble les deux pièces de coton et de les amidonner.

Un certain révérend Ebenezer Brown propulsa alors le produit à un niveau national en les vendant à New York City si bien qu’en 1834, Orlando Montague et Austin Granger, son nouvel associé en affaire, créèrent la Montague & Granger Factory. Ils développèrent le nombre de modèles, notamment le bishop collar, et de produits, particulièrement les poignets détachés. Ils résolurent également le problème de la fixation en ayant recours à des boutons pour maintenir le col en place.

Mais si la vente de col se déroulait bien, leur grand nombre posait le problème du lavage de masse. Une entreprise de cols concurrente (Troy Laundry) créa en 1835 la première blanchisserie industrielle, employant des femmes, amenant également par ce biais à la création du premier syndicat féministe.

On estime qu’aux Etats-Unis, 15 000 personnes travaillèrent dans l’industrie du col et que 90% des cols américains provenait de la ville de Troy. Un des célèbres modèles fut notamment le City Collar (un turndown collar, sorte de semi-italien).

Col détaché et chemise col tunique
Col détaché et chemise col tunique

En 1901, l’état de New York comptait 27 fabricant de col et 38 blanchisseries. Le port du col détaché créa également une nouvelle classe sociale appelée ‘col blanc’ par opposition au ‘col bleu’ des usines. La dernière fabrique de col détaché à Troy ferma ses portes à la fin des années 90 et s’appelait Marvin Neitzel Corporation, connu notamment pour ses produits à destinations des infirmières hospitalières.

L’origine américaine des cols étonne au premier abord, à tel point la culture britannique l’a incorporé à ses habitudes vestimentaires. Ceci dit, il n’y avait qu’eux pour penser ‘pratique’.

Aujourd’hui, il est relativement difficile de trouver des cols détachés. Si internet permet d’en trouver, ce n’est pas toujours aisé au niveau des tailles ou des types de col. A Paris, Hackett en vend toujours. Pour 18€, vous pourrez obtenir un col cassé (wing collar) ou un col semi-italien (turndown collar) dit cut-away. Mais pour la chemise à col tunique, c’est plus compliqué, et la mesure, chez Courtot ou Lucca semble la bonne solution.

A porter quotidiennement, c’est évidemment compliqué. Mais certaines occasions et tenues s’y prêtent, notamment le smoking ou le frack dont le nœud papillon (noir ou blanc) complètera de tenir le col, ou encore la jaquette (morning suit) avec laquelle vous pourrez porter une chemise bleue avec un col blanc, complétée par une cravate.

De quoi rêvons nous?

Bien le bonjour,

aujourd’hui, parce qu’hier, je n’ai pas eu le temps, est donc créé ce nouveau blog intitulé Stiff Collar. Qu’est donc cet objet me direz-vous?

Pour le savoir il faut remonter à une période comprise entre l’avènement de la Reine Victoria (1837) et la mort du roi George V (en 1936), un siècle donc, durant lequel le vestiaire masculin (car c’est bien de cela dont il s’agit ici) s’est forgé, s’est fixé.

L’un des accessoires essentiels des gentlemen de cette époque était donc le stiff collar, à savoir le col dur et détaché. Les chemises étaient dépourvues de tout encolure et il fallait alors ajouter par le truchement de deux ‘studs’ (ou goujons) un ‘col dur’, fait d’une étroite bande de coton ou de lin, entoilée puis glacée. L’usage s’est perdu au détriment du col souple que l’on connait aujourd’hui. Avec lui disparurent ‘la tenue’, le port de tête, haut et élégant, mais aussi une certaine idée, assez structuraliste finalement, de ce qu’est une garde robe : un code social, formel et structurel.

De quoi rêvons nous?  Ce blog est l’occasion de s’intéresser à cet aspect rationalisé de la garde robe, en recherchant aujourd’hui, des Maisons (car les lignées compte plus que les hommes) ou des créateurs éventuellement dont le travail s’évertue à pérenniser des traditions et des démarches, pour un homme résolument edwardien!  Nous en rêvons.