Et dans l’aéronautique alors?

Et bien, c’est le même laisser-aller que l’on constate partout ailleurs… Au cours d’un vol récent avec Air France, j’ai pu me pencher un peu plus en détail sur le vestiaire des personnels naviguant, techniques (les pilotes) et commerciaux (les stewards), autrement dit dans la nouvelle nomenclature, pnt et pnc.

Petit article aussi pour me venger d’un commandant de bord qui me refusa, une fois n’est pas coutume, le vol en jumpseat – en cockpit, un plaisir pourtant indispensable à une vie équilibrée !

Les pilotes d’abord. On imagine inévitablement un pilote avec un uniforme, croisé le plus souvent, bleu toujours. L’uniforme de pilote exerce sur une bonne part de la population dont les enfants une fascination intacte. Il faut regarder à ce titre l’excellent film Attrape moi Si tu peux avec L. DiCaprio et T. Hanks. Pourtant, force est de constater que les pilotes ne portent plus l’uniforme. Il est le plus souvent au vestiaire, c’est à dire dans un A320, à gauche du cockpit derrière le pilote. Quelques fois, ils le portent, mais la coupe du croisé, au moins chez Air France étant atroce, le résultat n’est pas brillant (à la différence des trois ou quatre galons du grade). Voyez plutôt cette illustration, où je représente à droite l’idéal ancien, et à gauche, la nouvelle mouture. Le tailleur ne passe plus par là, et le gilet fluo remplace la veste, au moins sur le tarmac. En cabine, la veste reste encore sur le carreau, et seule la chemis-ette avec épaulettes fait office de tenue de travail.

Idem pour les Stewards. Là le différentiel est plus cru encore. Nous sommes passés d’une tenue de serveur ou de groom à celle plus ‘simple’ d’homme comme les autres, pantalon et chemise avec épaulettes et petit placard. Par placard j’entends une insigne Air France par exemple et souvent une barrette rouge d’officier de sécurité. La cravate, d’une jolie matière frappée à l’effigie de l’hypocampes ailés est maintenue par une tie bar en acier d’un assez sobre dessin.

Mais je ne jette pas la pierre aux personnels de cabines, ceux qui nous servent et qui, je le reconnais volontiers, font un effort louable. S’ils sont de temps à autres en bras de chemise, ils supportent souvent le costume, qui est du reste plutôt bien coupé chez Air France. Beau rendu et belle matière. Et puis, leur métier n’est pas le plus aisé.

En revanche, les pilotes ne font pas tellement d’efforts. Pourtant, ceux-ci constituent une élite, ou supposée comme telle. Un pilote est une personne qui fait des études et possède un certain niveau de vie – même si celui-ci a tendance à baisser. Les pilotes, c’est à dire le commandant de bord et son premier officier sont les seuls maîtres à bord d’un avion. On l’oublie trop facilement, un avion, comme un navire, ça n’est pas une démocratie, ni une société commerciale, c’est une aventure humaine au sens premier du terme où le commandant de bord est seul maître à bord après Dieu. Cela n’est pas anodin du tout.

Qui plus est, comme nous l’évoquons régulièrement dans ces colonnes, les beaux vêtements s’opposent souvent à un exercice professionnel serein. Tout de même, pour connaître un peu cet environnement, piloter un Boeing 777 n’a plus rien avoir avec la conduite d’un super constellation. La radionavigation assistée des gps et autres centrales inertielles a permis d’assouplir les conditions de travail ; dès lors c’est un mauvais procès que de faire celui de l’uniforme. La climatisation aide aussi. J’en veux pour preuve cette photographie d’une page d’un vieux numéro du magazine Adam, l’Homme Moderne, numéro des années 50, dans lequel un pilote sert de mannequin pour les pages ‘tailleurs’. Ou quand la société civile mettait en avant ses élites…

Mais il faut voir aussi ce que l’on fournit à ces pauvres pilotes. Quelle misère. Mais qui sont les acheteurs des grandes compagnies aériennes ? Et qui sont les façonniers ? Je sais qu’il existe en France l’un des numéros un mondiaux du secteur Ox’Bridge. Mais Ox’Bridge qui fabriquait en France (à Toulouse) jusque dans les années 80 fut poussé par ses acheteurs à délocaliser, pour trouver le moindre coût… Histoire habituelle hélas. Ceci dit, une belle coupe n’a que peu avoir avec une fabrication. Alors ?

PS : pour les amoureux de l’Angleterre et de ses traditions, je signale l’émission culinaire de Sarah Wiener sur Arte, toute cette semaine à 19h, in Great Britain. Nous saurons tout je l’espère sur la steak and kidney pie! A revoir sur Arte+7 certainement.

Julien Scavini

3 réflexions sur “Et dans l’aéronautique alors?

  1. Traztaroot 11 juin 2012 / 10:25

    Il me semble que les uniforme d’Air France sont réalisés pas la société Smuggler (oui, la même enseigne qui propose aussi de la demi-mesure), à Limoges. Ce serait à priori aussi le cas pour la SNCF et la RATP.

  2. Wouarnud. 13 juin 2012 / 13:52

    Croyez-moi, moins vous en savez sur le steak and kidney pie, mieux vous vous portez… La renaissance culinaire de la Grande Bretagne s’est faite en important la cuisine Européenne et en « mettant à jour » les recettes locales.

  3. PhC 14 juin 2012 / 11:25

    Et les chaussures ! Avez vous vu leurs chaussures ?

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