Ça y’est, toutes les images Apparel Arts que j’ai sont upploadées dans la galerie, consultable en ligne, sur la page dédiée. Pour les fichier zip, je n’arrive pas à trouver de solution d’hébergement satisfaisante pour le moment…
Julien Scavini
A propos du blog
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Julien Scavini
Difficile question que de mettre au jour une élégance française ou un style national. Nous l’avons vu au cours des deux dernières semaines. En France, l’une des rares pièces très répandue sur le territoire est la veste à collet montant, ou veste à col de chemise. Mais c’est un vêtement de labeur, car comme évoqué la semaine dernière, la mode de la haute société a beaucoup évolué et ne propose pas d’archétype.
Cette petite veste des campagnes semble en revanche être un classique, au moins depuis les année 1880 jusqu’aux années 60. Boutonnée jusqu’au cou pour une question de chaleur, mais ample et peu ajustée pour l’aisance au travail, elle arbore la plupart du temps un col retombant. Voyez sur cette photographie le nombre de vestes de ce genre. Croisée ou droite du reste. Vêtement du mécanicien, de l’ouvrier agricole, du gendarme même (dans une version plus stricte), du postier et d’autres agents publics, elle pourrait constituer une sorte de vêtement français. Mais un vêtement populaire, presque un signe de classe, au moins un signe d’appartenance sociale.
A l’inverse, comme évoqué au travers de l’article sur Old England, l’élite trouva sous le Second Empire une nouvelle élégance importée d’outre-manche, que l’on appela bientôt l’Anglomanie. Le frac de drap noir envahit bientôt les rues de Paris, comme celles d’autres villes européennes. Et dès lors, le style ‘à l’anglaise’ donna le ‘la’ des modes continentales.
Ce style se répandit comme une trainée de poudre. Il était pratique (une allure près du corps mais pas étriquée), rapide à confectionner (les manuels de coupe se répandait rapidement) et les étoffes faciles à dénicher (d’autant que la révolution industrielle anglaise abreuvait les comptoirs du monde en draps peu onéreux). On pourrait dire que jusqu’aux années 50, il est difficile de découvrir des lectures particulièrement nationales. Et même un peu après.
Pourrait-on par exemple dire que les croisés de Jean Gabin sont très français ? Ou que M. de la Cheyniest interprété par Dalio dans La Règle Du Jeu n’est pas ‘à l’anglaise’ jusqu’au bout des ongles ? Il y a bien eu des tentatives de divers tailleurs pour créer des allures, mais cela tient plus des tics de langage que d’expériences sérieuses. Bien sûr de nos jours, il existe le cran parisien, que certains italiens appellent même comme cela.
En revanche, il perdure dans certaines couches de la société française des rites très à l’anglaise, d’un style si clair qu’il en devient presque plus anglais que l’original. C’est ce que j’appellerai le style Vieille France. Péjoratif pour beaucoup, il possède un vif intérêt à mes yeux. Très conservateurs, les tenanciers de ce goût poussent les codes du chic anglais dans ses derniers retranchements, avec un naturel qui fait envie. Cette notion de naturel est très important.
Évidemment, il y a quelques moyens derrière. Des moyens souvent transmis de père en fils comme le goût : souliers Crockett et Jones ou Bowen et vêtements de tailleur pour la ville (croisés sombres ou vestons droits trois boutons) et pour la campagne (pantalons de velours et vestons de tweed). Ces classiques ont même le bon goût de ne pas mélanger blazer et souliers noirs, conscients du décalage que cela produit. Car à ce moment là on est plus dans le Vieille France de mon point de vue, mais dans le petit bourgeois. On est passé d’une lecture éclairée à une lecture étriquée. Car plus qu’un style, il s’agit là d’une lecture à la française de la manière anglaise de se vêtir. Et la lecture interprète.
Y aurait-il plus avant des spécificités Vielle France ? Premièrement une attention à la coupe. Les vestons sont près du corps. Ils peuvent être défraichis ou avachis, avoir pris les galbes du corps, mais c’est une patine avant tout. Avoir une veste bien trop grande signe de toute évidence un attachement au confort petit-bourgeois (désolé de ces catégorisations à la James Darwen, mais elles clarifient les idées). Ceci n’étant pas vrai pour les grands manteaux type capotes.
Si la laine reste la matière par excellence, les coloris restent sobres. A la différence des anglais aimant taquiner le ridicule par l’usage de carreaux colorés et rayures pimpantes, l’homme Vieille France se contentera de fils à fils et autres discrets motifs, dans des bases plutôt sombres ou alors très claires pour l’été. De même pour ses tweeds, il prendra préférentiellement des unis, petits chevrons marron ou tabac, avec peu de fioritures, mais les rehaussera de velours à côtes dans des coloris réveillés !
Les chemises seront discrètes, unies ou avec de fines rayures ; des rayures ‘à la Charvet’ par exemple (assemblage d’une ou deux rayures de couleurs ou de ton différents, de largeurs et d’espacement différents, sur un fond de blanc dominant). Notons du reste dans cet article sur le style français que Charvet est le premier chemisier du monde a avoir ouvert ses portes et l’inventeur de la chemise moderne, et que les anglais chics disaient jusqu’à encore récemment non pas ‘a shirmaker’ mais ‘a chemisier’. A l’instar des américains, il me semble discerner dans les images publicitaires d’archives un intérêt français pour le col blanc, provenant d’une époque où les cols étaient durs. Et cela donne immédiatement un côté plus affecté à la mise, précisément un adjectif qui pourrait nous convenir. Nous sommes en effet à mi-chemin de l’Italie, et le côté latin transpire quelque fois sous la sobriété nordique.
Cravate enfin. L’homme Vieille France ne se passionne pas pour les modèles italiens, unis dans le bleu marine. Au contraire, il ose les rouges ternis, les oranges atténués, les verts altérés, parfois rehaussés de points et de palmettes. Il considère les imprimés comme plus raffinés que les tissés et évite les cravates clubs, sauf quand il s’y rend (Automobile Club, Traveller’s ou Jockey par exemple). La cravate Hermès avec ses myriades de petites souris ou d’éléphants constitue l’une des rares occasions d’amuser la galerie, mais uniquement à 50cm de l’objet, donc faut-il encore être du cercle rapproché pour s’en apercevoir.
Voilà pour ces quelques bribes de réponses. Il me faudra encore au moins cinquante ans de réflexion pour répondre définitivement à la question, mais alors les bouleversements auront été certainement si profonds qu’il faudra revoir l’histoire encore une fois. Que pensez-vous de cette approche finale ? J’aimerai votre avis sur cet homme ‘Vieille France’, dont le style serait savamment confis dans la marmite anglaise.
L’idée pourrait être de dessiner quelques figurines différentes des miennes, qui éclaireraient le débat. Des figurines qui ne serait ni italiennes, ni anglaises. A vous de jouer ! Faites moi passer en commentaire des liens vers des images, des matières, des tenues que je réorganiserais suivant vos directives…
Nota bene : il va s’en dire que les présentes hypothèses ne constituent que des éléments de débat. L’idée était de simplement touché du doigt l’idée d’un style vieille France revendiquée, en continuité d’un style Old England que nous admirons. Mais avec des spécificités qui seraient les nôtres…
Julien Scavini
Pour reprendre le fil de la semaine dernière, questionnons nous sur le pourquoi d’une prédominance anglaise dans l’art du vêtement masculin. Car a priori en Europe occidentale, les traditions vestimentaires se sont toujours ressemblées d’un pays à l’autre. Inutile d’attendre le XXème siècle pour parler de mondialisation. A la Renaissance déjà, les principales cours d’Europe s’habillaient plus ou moins sur le même modèle. Il est vrai que déjà les maîtres italiens en parfums et vêtements parcouraient l’Europe du Nord pendant que peintres et bâtisseurs du Nord visitaient des ruines du Sud.
La haute bourgeoisie et l’aristocratie européenne étaient donc vêtues de manière similaire. Les lourdes étoffes – velours de soie ou de mohair, toile de lin, brocards, pashmina – étaient monnaie courante. L’arrangement était le suivant : culotte jusqu’en dessous du genoux, pourpoint, puis plus tard gilet et justaucorps. Notons que le gilet était appelé veste et se nouait par lassage dans le dos.
Les évolutions du vestiaire, donc des traditions qui s’y rattachent, demandent du temps pour se produire. Et un calme relatif. La prime alors va aux anglais. Premièrement car leur régime politique est resté d’une incroyable stabilité au cours des siècles, aidé par une monarchie parlementaire ayant su savamment allier bourgeois et aristocrates. Deuxièmement car bénéficiant d’un territoire insulaire, la question de l’invasion et des guerres de frontières ne s’est jamais vraiment posé, laissant libre cours aux développements les plus divers.
En France, la Révolution sonne le glas de l’évolution naturelle de la garde-robe masculine de la haute société. La révolution d’abord eut à cœur de mettre de nouvelles tenues à la mode. Mais précisément, ce ne fut que des modes. La rupture fut donc brutale, d’autant que le territoire était encore très hétérogène – bretons, basques, savoyards, niçois, alsaciens, etc – et donc les influences multiples. L’Allemagne n’était pas mieux, dispersée en une multitude de provinces, de royaumes et d’états prussiens. Tout comme l’Autriche Hongrie. L’ensemble du continent européen connu à partir du début du 19ème siècle une série de bouleversements et de déchirures politiques d’ampleurs. Difficile alors de rendre le cours des choses immuable et de doucement faire évoluer les traditions.
Dire que l’Angleterre est la terre des conservatismes est peu de chose. C’est son essence même. Ainsi, la décapitation de notre bon roi Louis ne marqua pas un coup brutal à la mode à la française outre-manche. Au contraire, le vestiaire évolua tranquillement. Jusqu’à l’avènement une vingtaine d’année plus tard de la mode ‘garçon d’écurie’. Comme le rapporte Farid Chenoune, cette mode instillée par le ‘beau’ Brummell vit la disparition rapide et complète des ‘atours’, c’est-à-dire de tous les passements, broderies et autres passepoils dorés au profit d’une liquette de drap : de drap de laine. Disparition brutale car excessivement formelle mais évolution douce du point de vue de la forme du vêtement même. Puis après une rapide mode du collet haut, vinrent les revers : empiècement de tissus retombant du col. Le modèle se détachait des soubresauts du continent, il devenait autonome.
En France, la haute société devait revoir ses règles vestimentaires au même rythme que les révolutions politiques. Dès lors, difficile de faire le tri naturel entre utile et agréable, ornements et fioritures… En revanche, notre pays resta de la révolution française jusqu’à au moins la moitié de la révolution industrielle, une terre agricole, provinciale, rurale. Et là, nous pouvons trouver un terreau assez conservateur.
Je pose donc comme hypothèse que cette opposition des conservatismes anglais (concernant la noblesse et la haute-bourgeoisie – appuyées sur la ruralité) et français (se distinguant par sa ruralité uniquement) révèle bien des choses. Mais il s’agira très certainement d’une vision réduite, le vêtement de labeur ne s’intéressant que peu à l’élégance. Nous continuerons la semaine prochaine alors.
Julien Scavini
Il y a quelques mois, un lecteur m’a envoyé, suite à mon article sur le derby, une passion française, une suite de questions sur le style français. Je vous livre ici une partie de son exposé : » je suis retombé il y a quelques jours sur l’un de vos anciens articles où vous pointiez le fait que porter des derbys à lacets plats était l’assurance de n’être pris ni pour un anglais ni pour un italien et revenait presque à défendre une sorte de « style français », pas très heureux certes et découlant plus d’un manque d’éducation que d’un véritable jugement esthétique national…
Ceci m’a amené vers cette simple question: qu’est ce qui ferait, aujourd’hui un style français? Est-il possible aujourd’hui de déterminer des caractéristiques qui, assemblées, signeraient à coup sur pour l’œil averti la provenance française de la tenue, un genre d’élégance hexagonal?
La question n’est sans aucun doute pas nouvelle, et je suppose qu’elle doit se poser à tout homme qui s’étant penché sur les subtilités du vestiaire masculin, en arrive après avoir plus ou moins repéré les différences entre les styles anglais et italiens, à se demander si le style français a bel et bien disparu à la fin du XVIIIè siècle… Toujours est-il que la réponse ne m’a pas semblé évidente et que sont nombreux autour de moi les jeunes gens au début de leur démarche qui semblent se la poser.
J’ai bien conscience qu’il y a là deux dimensions: la constatation de l’homme de la rue, qui risque de nous amener sans doute vers la terrible conclusion selon laquelle il n’y a guère de style français actuellement, ou plutôt que celui-ci n’est que l’absence d’un style britannique ou transalpin marqué, une mise fade et sans personnalité véritable, un non-style en somme… Et la préconisation du connaisseur, qui saurait trier dans les usages actuels ce qui relève d’une vraie tendance esthétique distincte et peut-être exhumer quelques éléments de tenue traditionnels que l’on aurait oubliés. C’est, vous vous en doutez, la seconde option qui m’intéresse. «
Longue interrogation n’est-il pas, qui soulève presque autant de questions que d’ébauches de réponses.
Un style français alors ? Devrait-il d’ailleurs y avoir un style français ? Cette question d’un style nationale – nationaliste ? – est le préliminaire au débat. Car si l’on en a un, ou besoin d’un, il doit en être tout autant des belges, allemands, hollandais, tchèques et autres pays européens. Qu’en est-il justement ?
Nous savons que le style moderne que nous connaissons aujourd’hui a été savamment développé en Grande Bretagne à partir du début du 19ème siècle, pour connaître un essor sans précédent en France à partir du Second Empire. Entre 1920 et 1950 s’est produit une sorte d’âge d’or de l’élégance masculine classique, d’une grande homogénéité à l’échelle de l’occident. Aujourd’hui, l’Italie mène la danse en proposant des idées de style qui font mouches : ensembles dépareillés, notamment avec un jean qui s’est embourgeoisé, tonalités plus claires, bien plus claires que les anglaises. Il est assez facile de reconnaître un anglais d’un italien. Ces deux caricatures en illustration éclairent mon idée. Difficile du reste de trouver l’anglais moyen élégant de nos jours. Un séjour à Londres, même en passant par la City, suffit à s’en convaincre. Le mauvais goût Outre-Manche a repris le dessus et le trop plein de couleurs est vite atteint. Parallèlement, la région constituée du sud de l’Allemagne et du Nord-Est de la Suisse, avec une partie de l’Autriche, a su conserver bien vivantes des traditions vestimentaires folkloriques, faites de culottes en peau de cerf et autres vestons en tweeds alpins.
Se faisant, deux pistes d’étude se dévoilent. D’une part, le besoin de caricatures – voire plutôt de stéréotypes – auxquels nous cherchons à nous raccrocher, et d’autre part le niveau de la société auquel on lit les informations de style vestimentaire.
J’ai un peu approché cette idée dans mon dernier article sur Ralph Lauren. Sa réussite est principalement du à sa capacité à rendre lisible un ensemble de références éparses, à stéréotyper le langage et le code masculin. Il est très facile de décrire en quelques mots son travail et l’expression stylistiques de ses différentes lignes. Qu’on le veuille ou non, le monde d’aujourd’hui fonctionne beaucoup de cette manière : bien plus complexe qu’hier, mais raconté à travers le prisme de concepts et d’idées simples. Je ne pense pas simplistes, mais plutôt simplifiées. Prenons la définition de wikipédia : un stéréotype est l’image préconçue d’un sujet dans un cadre de référence donné, telle qu’elle y est habituellement admise et véhiculée. Ne serait-il pas vain de chercher un style français ? En parler, le rendre rationnel, n’en transformerait-il pas l’idée –fuyante par nature – en stéréotype d’un style français ? Pouvoir dire au premier coup d’œil, ce monsieur est habillé à la française, un tel autre à l’américaine, ne reviendrait-il pas à admettre une telle chose ? Et comment donc jugeons-nous le stéréotypes ? Avec le plaisir et l’extase d’un confort serein ou la méfiance et l’orthodoxie du penseur ?
Par ailleurs, comment lire un style national ? A quel niveau ? Doit-on se placer du point de vue national ou régional ? Doit-on regarder juste Paris, ou encore mieux, juste la Rive Gauche ? Et quelle couche de population ? L’élite ou les basses couches ? Ou l’entre-deux bourgeois, petit-bourgeois ou bobo ?
Les deux prochaines semaines, nous étudierons successivement l’héritage français et ses artéfacts puis une supposée élégance française, avec un prisme ‘veille France’, le seul que j’ai trouvé et qui réalise une synthèse classique, en droite ligne des propos tenus sur Stiff Collar.
Julien Scavini
Ce soir, abordons la question des carreaux. Avec les rayures, c’est le motif par excellence des tenues masculines. Mais attention, les carreaux ont leurs registres et leurs limites. Notons d’abord qu’un carreau, autrement appelé carreau-fenêtre, n’est pas carré, mais allongé. Remarque un peu idiote certes, mais précision utile pour les béotiens. Le registre le plus courant du carreau-fenêtre est sportif, disons campagnard. C’est n’est pas, à la différence de la rayure, un motif pour la ville ; même si nous approcherons de la frontière, qui est plutôt floue. Le carreau accompagne très bien le tweed.
Donc, il est très courant de voir d’élégants croisements de lignes d’une grande variété de tonalités (rouilles, jaunes etc) sur fond de de tweed couleur mousse. Cela rehausse ainsi les laines vierges les plus simples. L’utilisation idéale de ces laines, en complément des tweed de plaids et autres tartans plus complexes, est le complet knickers pour la chasse. Avec un coordonné entre le haut et le bas, il peut aussi se porter en costume.
Dérivé de cela, nous trouvons la veste sport à carreaux. C’est peut-être la pièce la plus courante de nos jours. Des marques anglaises ou américaines bien connues ont pérennisé cet usage, en complément d’un pantalon de tweed uni, de flanelle ou de velours. La coordination d’une veste à carreaux avec un pantalon de velours, d’une belle couleur chatoyante est d’ailleurs du plus bel effet, et peut faire très jeune ! Notons que ces deux catégories appellent des lainages très particuliers. Ici, il n’est point question de couleurs de la ville, comme le bleu marine ou l’anthracite. Le tons tirent plutôt sur le marron, avec des compléments de couleurs vives.
Mais il existe une étroite possibilité pour les amateurs de carreaux de s’exprimer en ville. Remontons un peu en arrière, dans les villes universitaires anglaises, Cambridge ou Oxford. Comme le raconte Evelyn Waugh dans Brideshead, il est de bon ton dans ces cités de porter du tweed, ou quelque chose qui ne fasse pas londonien. Aucun étudiant ne voudrait en effet se rendre coupable de présomption et déjà arborer un complet de financier de la City. Le tweed était donc de bon aloi (les oxford bags trousers ne font pas parties du bon aloi) et les carreaux étaient donc habituellement portés. Pour autant, certaines étoffes de prix étaient plus raffinées que d’autres. Bon an mal an, les fins carreaux à la craie furent donc développés et l’usage en ville se pérennisa. Ceci dit, le complet de flanelle anthracite à carreaux ‘à la craie’ blancs fait très professeurs d’université. Même si, je sais bien …
Bref, résumons donc. D’un côté nous avons les laines genre tweeds avec des carreaux, plutôt typées chasse ou veston sport, et de l’autre les carreaux raffinés, avec un petit côté ‘universitaire’ sur les bords. De nos jours, les deux sont tout à fait acceptables en ville, d’autant que les premiers se sont teintés de cachemire et que les seconds sont vendus à longueur d’échoppes. Attention toutefois, le carreau, cela peut lasser. En revanche, un costume qui aurait lassé peut facilement continuer sa vie en dépareillé, la veste d’un côté comme veston sport et le pantalon en complément d’un pull ou d’un cardigan, pour un petit côté sortie au golf…
Julien Scavini
Petite trouvaille sur le site d’Arte+7, la visite filmée par un caméraman des frères Lumière du Président Félix Faure en Vendée, en 1897. Elle est intéressante à plus d’un titre, dont les tenues. Mention spéciale aux huissiers ouvrant la marche, en grande tenue, bas de soie noirs et escarpins vernis.
Court billet ce soir pour vous faire part de mon installation récente dans un joli local du septième arrondissement de la capitale. Si je ne tiens pas trop à exposer mon activité professionnelle sur le blog, il est parfois des événements majeurs qui appellent un peu de communication. Heureux événement donc, permis par le soutiens et l’encouragement d’une clientèle naissante que je remercie. Clientèle qui trouvera je l’espère un confort supplémentaire à venir ici, au 50 boulevard de La tour-Maubourg.
Un local donc, avec une vitrine et petit atelier sur cour. Pour l’instant, je continue de réaliser des costumes, vestes et pantalons en petite-mesure artisanale. Prochainement, je pourrai proposer des chemises en demi-mesure avec cols et poignets entoilés, pour a priori 1/10 du prix d’un costume – merci James Darwen. Je développe aussi une petite série de cravates, des sept-plis et des non-doublées, ainsi que des nœuds-papillon. Bref, de quoi étoffer un peu mon offre dans une direction qualitative. A voir dans les mois qui viennent…
Je vous propose maintenant quelques points de vue de ce lieu :
Je serais ravi de vous y recevoir pour échanger sur notre sujet favori ! Je vous souhaite à tous une excellente rentrée et un bel hiver. Je continuerai pour ma part d’éditer Stiff Collar pour une année supplémentaire, même si ma charge de travail n’est pas toujours compatible avec le plaisir de dessiner une figurine 😉
Julien Scavini
Ce court billet illustré pour vous inciter – si vous êtes encore en vacance, ou avez la possibilité de l’être sur la côte basque – à voir l’exposition Biarritz, par Georges Ancely, à l’ancien casino Bellevue, jusqu’au 29 septembre. Vous pourrez admirer quelques 200 clichés de différents formats, ainsi que des vêtements d’époque, portant sur la période 1880-1895. Cette période très reculée permet d’appréhender des éléments du vestiaire masculin aujourd’hui disparus, et d’assister à la lutte entre vestons longs (fracs et redingotes) et vestons courts.
Georges Ancely n’était pas un artiste, ni même un photographe. L’illustration le présente à ses vingt ans, vêtu d’un étrange frac gansé à col velours dont le pantalon en prince de galles est rehaussé d’un galon. Toute une mode. Il tenait commerce de bijoux et de bronzes dorés à Toulouse. Il fut décoré pour sa bravoure militaire durant la guerre de 1870. Né en 1847 et mort en 1919 dans la ville rose, il développa une passion pour l’archéologie et la photographie au sein des nombreuses sociétés savantes de l’époque. Il voyagea beaucoup (en France et en Algérie, mais aussi Londres ou l’Italie) prenant de nombreux clichés. Les Pyrénées furent son sujet de prédilection. Il séjourna souvent à Biarritz, petite cité balnéaire qui connaissait à l’époque une rapide croissance aidée par le développement des ‘bains de mer’ et l’affection passée de l’Impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III. Il y réalisa de nombreux clichés, dont l’intérêt artistique réside principalement dans l’impeccable état de conservation et l’ordonnancement chronologique. Ils sont très détaillés permettant d’admirer avec minutie les tenues d’époque, hommes, femmes et enfants. Pour ne rien retirer à l’affaire, la scénographie est très bien réalisée. Notons qu’un quartier de Toulouse-Blagnac porte son nom, car il y possédait un petit château.
Plus d’informations ICI et LA.
Julien Scavini
Chers amis, malgré les vacances, je suis assez occupé par un beau projet dont je vous conterai le résultat à la rentrée.
Cela ne me laisse guère le temps d’imaginer – comme à l’accoutumée – des figurines de mode. Alors bonnes vacances ! et à septembre !
Peu inspiré ces derniers temps, j’ai relu Le Chic Anglais de James Darwen et en ai profité pour souligner méthodiquement tous les chiffres qu’ils présentent. Certains sont plus humoristiques que d’autres…
A débattre :=)
Julien Scavini