De l’élégance du détective

Tourné à partir de l’hiver 1988, la série Hercule Poirot inspiré de la très célèbre œuvre d’Agatha Christie donne au personnage du détective belge une élégance classique qui plait à Stiff Colar, ce nouveau sujet est l’occasion d’en appréhender les contours.

Lorsque Brian Eastman le producteur de la série, David Suchet l’interprète de Poirot et Sue Thomson la costumière commencèrent à travailler sur la série, tout était à repenser. En effet, les précédents opus tournés avec le grand Peter Ustinov était projetés dans l’époque contemporaine, à savoir les années 70 et 80. Il en résultait quelques anachronismes souvent mal déguisés par les scénarios, notamment en ce qui concerne les goûts d’Hercule Poirot pour l’élégance, en habillement et en décoration.

Cette nouvelle série fut donc campée dans les années 30 (plus tôt pour le Mystère De Style qui se passe en 1916-17). Il y est d’ailleurs souvent fait mention des dictatures continentales, nazi ou fasciste. Cette époque est celle des avants garde et du modernisme. L’architecture de la série le présente bien, montrant bien souvent de vastes villas blanches inspirées de l’œuvre de l’architecte franc-suisse Le Corbusier. Cette architecture blanche est aussi celle de l’hygiéniste, mouvement politique qui voulait rendre propre la société et les corps. Les fauteuils en acier chromé sont révélateurs de cet esprit nouveau qui naissait alors et dont Poirot soutenait les idées, bien loin des soubresauts Art-Deco de l’académisme. D’ailleurs Poirot s’intéresse à la psychologie comme il aime à le répéter, une science inédite et peu répandue alors.

Mais pour ce qui est de la garde robe, Poirot est bien plus traditionnel! Il s’habille toujours de la même manière, dans la série du moins. Cela commence par un complet aussi appelé costume trois pièces. Ses vestes sont droites, à deux ou trois boutons et arborent systématiquement un cran aiguë. Ses gilets, coordonnées ou pas sur le costume, sont droits ou croisés, avec revers châle de temps à autres. Il fait très attention au positionnement de la montre à gousset, retenue par une chainette qui trouve une boutonnière verticale ad hoc. De même, le cordon de son binocle pince-nez passe très précisément par l’un des boutons du gilet.

Hercule Poirot
Hercule Poirot

L’intérêt provient également d’un détail sartorial exquis et rare, la chemise à col détaché à pointes rondes. Il s’agit d’un col détaché donc (stiff colar) cassé dont les deux pointes sont arrondies. Il dote toujours ce col d’un nœud papillon à nouer, à motifs cachemire ou géométral. Cela permet de n’apercevoir pratiquement que la soie du nœud au dessus de sa veste, le col étant bas et dissimulé. Sa chemise est faite d’une popeline blanche coordonnée avec son mouchoir de pochette positionné à l’américaine.

Enfin, ses souliers sont des richelieus d’une seule pièce, des balmorals pour être précis, recouverts de guêtres de tissus. En intérieur, la veste est aussi déposée sur une valet pour être remplacée par une veste d’intérieur en velours bleu à revers châle.

Sa tenue est absolument parfaite et Stiff Colar érige cette démonstration vestimentaire comme l’une des plus remarquables du petit écran.

Figurines I

L’hiver approche, l’occasion de revisiter quelques classiques pour l’hiver:

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Trench coat en laine herringbone Old England par exemple, Pantalon de flanelle vert d’eau Arnys, Écharpe cachemire brique Loro Piana, cravate motif cachemire Charvet et Richelieus marron chez John Lobb.

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Smoking en velour ras marron, revers en velours beige chez Anderson & Sheppard, Chemise de popeline plastronnée chez Alain Figaret, noeud papillon de soie noire à gros grain chez Tom Ford, Opera pump chez Shipton et Heneage.

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Veste un bouton à poches plaquées grande mesure taillée dans un plaid Ralph Lauren, Pull col roulé en cachemire chez Loro Piana, Pantalon de flanelle Brooks Brothers, Chaussettes Arnys et Richelieu bout droit en veaux-velour chez Crockett et Jones.

De quoi rêvons nous?

Bien le bonjour,

aujourd’hui, parce qu’hier, je n’ai pas eu le temps, est donc créé ce nouveau blog intitulé Stiff Collar. Qu’est donc cet objet me direz-vous?

Pour le savoir il faut remonter à une période comprise entre l’avènement de la Reine Victoria (1837) et la mort du roi George V (en 1936), un siècle donc, durant lequel le vestiaire masculin (car c’est bien de cela dont il s’agit ici) s’est forgé, s’est fixé.

L’un des accessoires essentiels des gentlemen de cette époque était donc le stiff collar, à savoir le col dur et détaché. Les chemises étaient dépourvues de tout encolure et il fallait alors ajouter par le truchement de deux ‘studs’ (ou goujons) un ‘col dur’, fait d’une étroite bande de coton ou de lin, entoilée puis glacée. L’usage s’est perdu au détriment du col souple que l’on connait aujourd’hui. Avec lui disparurent ‘la tenue’, le port de tête, haut et élégant, mais aussi une certaine idée, assez structuraliste finalement, de ce qu’est une garde robe : un code social, formel et structurel.

De quoi rêvons nous?  Ce blog est l’occasion de s’intéresser à cet aspect rationalisé de la garde robe, en recherchant aujourd’hui, des Maisons (car les lignées compte plus que les hommes) ou des créateurs éventuellement dont le travail s’évertue à pérenniser des traditions et des démarches, pour un homme résolument edwardien!  Nous en rêvons.