Petit billet pour vous recommander chaudement l’écoute de cette archive radiophonique, une conférence de la comtesse Pauline de Pange née Broglie. « Comment j’ai vu 1900« . Un plaisir immense et rare, une projection mentale dans un autre Paris, et aussi, dans un autre monde. 25 petites minutes seulement, on aimerait que ça dure plus.
Bonne écoute, vous ne le regretterez pas ! Julien Scavini
Un lecteur m’a demandé récemment ce que je pensais du film Titanic de James Cameron, sortie en 1997. Et ça tombe bien, comme je n’avais pas grand chose d’autre à faire, j’ai pu regarder images par images le film! Un peu à la manière de Michel de l’émission Faux-raccord, d’Allociné. Quelllll plaiisssirrr au long cours. Je ne me suis pas intéressé aux vêtements féminins, pour lesquels je ne maîtrise absolument pas l’histoire et les styles.
Planche de style dessinée par Deborah Lynn Scott.
Tout d’abord quelques mots. Les costumes ont été dessinés et réalisés par Deborah Lynn Scott et son équipe. Ce n’est pas une petite joueuse avec des films comme Retour vers le futur, l’excellent Légendes d’automne ou Minority Report à son tableau d’honneur. Pour Titanic, elle a d’ailleurs reçu un Oscar de la meilleure création de costumes en 1998. Donc, c’est que le film doit être superbe vestimentairement parlant. J’ai essayé de chercher combien de tenues avaient été nécessaires pour le film mais je n’ai pas trouvé l’information. Plusieurs centaines probablement, tant il y a de figurants, marins ou civils, pauvres ou riches. Sans parler des scènes dans l’eau qui ont nécessité la création de nombreux modèles identiques pour refaire et faire se suivre les prises. Un travail très lourd comme on peut le voir sur ces premières images! N’hésitez pas en suivant à cliquer les photos pour les zoomer.
Première scène vestimentairement intéressante, l’arrivée des voitures de la « haute ». Les chauffeurs sont merveilleusement dignes. J’avais essayé d’en dessiner un il y a quelques temps pour un article du Figaro, mais j’avais mal dessiné les gantelets!
Le personnage de Caledon Hockley joué par Billy Zane descend de l’auto. Il est vêtu fort logiquement d’une jaquette, vêtement de jour encore un peu en usage dans les hautes sphères avant la première guerre mondiale, mais déjà talonnée par le costume à veste ‘courte’. Que peut-on remarquer? D’abord c’est une jaquette trois boutons à col pointe, ce qui se faisait. Ensuite, cette jaquette présente des poches, insérées dans la couture de taille. Dont une poche ticket, tout à fait charmant, comme d’ailleurs cette épingle à cravate. L’harmonie générale est élégante et en rapport avec l’époque.
Mais tout de même, cela ne me convint pas totalement. La matière de la jaquette est trop moderne, trop lisse. Les tissus d’époque accrochaient plus la lumière, étaient plus rugueux. Ils étaient plus lourds aussi. Quelque chose de trop contemporain cloche. Comme ce col de chemise ou cette régate (on ne disait pas encore tout à fait une cravate à l’époque) un peu moderne. C’est visuellement beau. Mais je trouve que l’on est plus ici dans une vision d’époque transposée à travers un prisme moderne, pour être beau, plutôt que pour être véridique. Ce n’est pas du Stanley Kubrick.
Deux photographies de production éclairent cette jaquette plus précisément. Notez la veste de Lovejoy, l’homme à tout faire de Caledon Hockley. Veste 4 boutons à col parisien comme on dit aujourd’hui. Cette forme de revers est assez vernaculaire et on la trouve facilement sur des photographie anciennes. Petit mythologie parisienne donc.
Passons à Jack Dawson joué par Leonardo DiCaprio et son Fabrizio. Ils tentent au poker de remporter le billet de départ. DiCaprio porte un gilet vert en velours conformément au dessin préparatoire vu plus haut. Les deux amis portent des sortes de veste de travail, en whipcord, c’est très visible à la manière dont la surface du tissu prend la lumière. La veste de DiCaprio me semble non doublée, cela se voit sur le plan à l’embarquement, les coutures sont épaisses et les bas de manches ourlés sur eux-mêmes.
J’ai trouvé là encore quelques images de production. Jack Dawson porte presque son seul pantalon de tout le film, un velours jaune qui parait parfois plus vert tilleul suivant les lumières. Et des bottines hautes à multiples œillets. Il mettra un peu de temps à les retirer lors du sauvetage de Rose à la poupe du navire. De beaux exemples de workwear je dois dire, les équipes costumes devaient être plus à l’aise sur le sujet.
Caledon Hockley retire sa jaquette, l’occasion de mieux apercevoir sont sublime gilet crème et sa chemise… rayée discrètement. Très élégant. Dans la scène près des ascenseurs, un homme en jaquette.
Scène importante du film, Jack Dawson fanfaronne à l’avant du bateau. Il a changé de veste, pour un caban à grands carreaux. Fabrizio n’est pas aussi dandy, il est toujours habillé pareil à l’exception de son foulard. Notez le pantalon de DiCaprio, on y reviendra.
Pour la scène du déjeuner, Cal’ troque son vêtement précédent pour un costume. Cravate, pardon régate, et col de chemise sont toujours peu concluants. Par contre, en bas des manches du costume, des revers. Why not. Le tissu est trop léger toujours et la coupe plus années 30 que 1912. C’est encore très reculé comme époque et les lignes alors n’avaient pas tant de netteté.
Dans le même temps, petite scène de vie en troisième classe, avec la petite fille que l’on reverra souvent et un nouvel ami pour le duo de jeunes!
Puis intervient la scène fondatrice, la tentative de suicide, l’occasion d’étudier le pantalon de Jack. Le caban à carreaux est toujours là. Le velours donc. Il est plutôt ample. Avec des poches cavalier. Et sa ceinture présente deux boutons l’un au dessus de l’autre. Deux choses à noter dans cette scène par ailleurs. Jack a un nouveau gilet, non plus en velours vert, mais en tricot gansé. TRÈS intéressant, notamment au niveau des poches. Et puis le col de chemise présente une petite patte de boutonnage sympathique.
Un peu plus loin, le dos du pantalon est précisé, avec une large patte de serrage et un montant « fish-tail ». A la toute fin du film, on découvre même que le pantalon en fait, n’a pas de ceinture, c’est un montage « slack », plus économique et rapide. Les pans du pantalon montent jusqu’en haut et la « ceinture » est réalisée par les doublures en dedans.
Encore une belle photo de production pour mieux étudier la tenue de Jack.
Revenons à Billy Zane en queue-de-pie avec un ami. Les deux queue-de-pie sont légèrement différentes au niveau des revers, ceux de Billy totalement recouvert, ceux de l’ami en « trottoir », c’est à dire avec une bande soyeuse contre une bande de tissu. La boutonnière de Cal est assez en relief. Difficile à voir. Une milanaise?
Restons un instant sur les queues-de-pie puisque l’on y est. J’apprécie que les gilets ne dépassent pas de la ‘veste’. C’est un point essentiel de crédibilité pour moi. L’ensemble est parfaitement élégant. Mais c’est là je trouve que le film pèche le plus. (Tiens d’ailleurs la conjugaison du verbe pécher, c’est quelque chose!) Bref, tout est beau et bien peigné. Mais justement, là encore, cet esthétisme racé est plutôt celui des années 30 et d’une normalisation du vestiaire du soir. Avant la première guerre mondiale, il y aurait du avoir une plus large variété et de plus grandes disparités des formes, de gilets, de chemise, de papillons. Rien que les boutons : ils étaient le plus souvent brodés à l’époque et pas lisses. Le film Mort à Venise, de Luchino Visconti relatant des faits se déroulant en 1911 et réalisé en 1971 est beaucoup intéressant visuellement pour les habits du soir. Titanic de ce point de vue a la propreté visuelle d’un téléfilm et non d’une grande fresque historique. Mais c’est vraiment pour chercher des poils aux œufs, c’est tout de même très beau.
Tiens, puisqu’on y est, évoquons Bruce Ismay, le président de la White Star Line interprété par le toujours délicieux Jonathan Hyde. La costumière lui fait porter un ‘slip’ au bord des gilets, délicate bande blanche. Un peu de variété dans les cols de veste. Mais toujours ces cols de chemises qui débloquent. C’est pas joli et pas historique. Remarquons à la messe les jaquettes portées alternativement avec des régates ou des ascots. C’est beau.
Le vrai Bruce Ismay pour voir, veste croisée très haute, large col cassé, gilet démesuré, les voilà les années 10. Elles étaient baroques, loin de la ligne 1930 à laquelle notre œil est plus habitué.
Bruce Ismay toujours et sa robe de chambre. Je n’ai pas réussi à trouver de plan plus large, j’en avais pourtant le souvenir. Souvenir aussi d’un velours rouge, mais c’est un fait un chevron marron. Un personnage couard qu’on adore détester dans le film.
A l’inverse du sympathique architecte naval Thomas Andrews joué par Victor Garber . J’ai découvert une chemise bleue rayée à col blanc. Mais le col est un peu chiche. Les années folles appréciaient des lignes beaucoup plus ostentatoires, opulentes. Billy Zane se promène en jaquette avec pantalon de coutil. C’est bien vu.
Voyez plutôt le vrai Thomas Andrews, basques de veste beaucoup plus ronds, étoffe plus lourde. L’ancienneté n’est pas assez marqué dans Titanic.
En passant, une jolie petite scène aux habits variés. Le vieux monsieur porte une redingote gansée, en non un manteau, à la mode de 1880 alors que l’autre monsieur porte le « complet » maintenant presque dans les mœurs. La ligne générale et le chapeau, c’est très bien. Quant au petit garçon, morceau de bravoure de la costumière, il porte un ensemble culotte knickers et veste norfolk! Alors là, cette petite scène, c’est somptueux. Tout y est dans le mille! Rappelons qu’à l’époque, les garçons n’obtenaient leur première paire de pantalon qu’à l’âge de 12ans. Avant ils se contentaient de culotte courtes, comme le raconte Ken Marschall dans … Au coeur du titanic.
Je mentionne aussi cette petite scène pour l’élégante robe de Rose et la tenue merveilleusement vraie de la camériste. Rien à dire vraiment.
Passons enfin à l’orchestre. Qui m’a toujours fasciné par ses tenues. J’ai toujours beaucoup aimé. Je l’avais dessiné, pas tout à fait conformément finalement. Belles vestes de drap bleu, revers vert, étoiles brodés, brandebourgs en bas de manche. Rien à dire, si ce n’est que j’ai bien envie d’en réaliser une à la boutique…!
Et voilà, cet article est terminé! Quel marathon de style. Heureusement que toute l’équipe du film était là pour me remercier à la fin! Le niveau général du film est tout à fait excellent. Et j’ai pinaillé ça et là pour le plaisir. Il est vrai que l’habit de l’homme n’est pas toujours le mieux traité dans les reconstitutions historiques. Les téléfilms français sont une apothéose du ridicule, où des vestes Armand Thierry sont associées à des cols cassés minables pour faire vieux. Là, c’est tout l’inverse. Il y a eu une vraie recherche, même si la démarche n’était pas historiciste. C’est un film à grand public qui a parfaitement fait les choses. Compte tenu de l’énormité des vêtements à concevoir et de leurs variétés, c’est une réussite!
J’ai passé un bon moment, en 1998, je m’en souviens bien, assis sur les marches d’une salle de cinéma archi bondée de Bayonne. Et un plaisir renouvelé là encore, le film ne vieillit pas, surtout dans cette belle haute définition!
Si les personnels soignants travaillent d’arrache-pied, et si heureusement de nombreux français travaillent encore dans des secteurs variés, beaucoup d’autres sont obligés de rester confinés. Et c’est mon cas, comme beaucoup de commerçants. Je fais contre mauvaise fortune bon cœur. Le Figaro me demande des articles sur comment s’habiller en intérieur. J’ai déjà fait le caleçon, le pyjama, le bonnet et en particulier le fez marocains et j’avais fait le grooming du gentleman il y a quelques temps. En même temps je complète mon futur livre.
Et puis comme vraiment le temps s’allonge à mesure que le confinement avance, je gratte par ci par là d’autres activités. Un moment donné, il a bien fallu s’occuper des chaussures de cuir. Elles s’ennuient les pauvres dans leur placard tout noir. D’autant que je ne suis pas tellement porté sur leur entretien d’habitude. Heureusement, de temps à autre mon ami Quentin Planchenault a pitié de mes souliers et il m’en cire une ou deux!
J’ai longtemps été malheureux en belles chaussures et j’ai beaucoup essayé avant de trouver mon pied chez un bottier américain, qu’un client et ami, Gerd pour ne pas le citer, a la gentillesse de me ramener des USA où il vit en partie. Et en quelques années, l’écurie s’est bien étoffée. Il faut dire qu’au prix, je préfère bien choisir les modèles pour avoir un choix homogène et polyvalent. Rien de tapageur.
J’ai donc brossé puis crémé les souliers, tiges et semelles tant qu’à faire, pour bien nourrir le cuir. J’utilise une crème Saphir incolore pour les chaussures marrons et une crème noire Church’s pour les chaussures de cette couleur. Ensuite, j’astique vigoureusement avec un chiffon doux. Je me méfie un peu du cirage, je n’en mettrai que plus tard.
Une fois l’opération terminé, j’ai disposé cette petite armée serviable pour l’admirer. Tout est de marque Alden sauf les buck blancs décrit ici. Ce sont les chaussures que je mets pour aller au travail à l’exception rare des bottines du premier plan.
Au premier plan se trouve une paire de desert boot à semelles de gomme, très utiles l’hiver en remplacement des mes chaussures de tennis du week-end.
Au deuxième plan, ce sont les souliers d’été, en veau-velours clair et daim blanc. J’ai bien quelques espadrilles, mais je ne les mets pas au travail.
Au troisième plan, les modèles marrons qui vont bien avec des tenues dépareillées, comme le blazer, les vestes de tweed. Elles sont presque toute saison. Je mets moins le mocassin l’hiver, d’autant que cette paire en particulier taille petit et me fait mal au pied. Les deux richelieus fermés appellent peut-être une troisième paire à l’avenir.
Enfin au dernier rang se trouvent les modèles noirs, en plus grand nombre, car je considère mieux cette vieille règle anglaise du costume AVEC des souliers noirs. Certes, les mocassins avec le costume, c’est aussi un peu une hérésie. Mais enfin, les paradoxes sont toujours amusants. Les deux paires de richelieus sont identiques. Un tel classique que l’on met tous les jours, est incontournable. J’avais d’ailleurs écrit à ce sujet là. Il y a juste une demi pointure d’écart entre les deux paires, pour les reconnaitre, et pour varier suivant les moments, les longues journées avec des obligations le soir appelant plutôt la paire la plus confortable.
Dans cette collection je crois bien ordonnée, il y a 5 richelieus, 4 mocassins, 1 derby et 1 derby montant. Autrement dit, 4 chaussures noires, 6 marron et 1 blanches.
Peut-être manque-t-il une paire de double boucle noire? Mais Alden n’en fait pas. J’ai aussi remarqué les sublimes Azay de chez Paraboot récemment, qui complèteraient bien la ligne 3 des chaussures pour tenues dépareillées. Mais la semelle gomme me parait très (trop?) rigide. A voir lorsqu’il faudra aider les commerçants à repartir du bon pied 😉
Le texte cette semaine est de la main de mon collaborateur Raphaël.
Vous voilà confinés chez vous. Tout le monde vous le dit. La télé, la radio, les journaux, même vos amis dans le groupe WhatsApp « Foot-pizza-bière ».
Vous traînassez sur Instagram dans une main, pendant que l’autre bouge le curseur de la souris sur Slack pour que personne ne puisse imaginer que vous ne faites rien. Voilà quinze jours que vous êtes inconsolable : vous qui aimez l’élégance, vous voilà bien puni!
Vous avez pourtant bien essayé de suivre les consignes d’entreprise. Jour 1 du confinement, au garde-à-vous: chino et chemise repassée de frais. Vous aviez même des mi-bas accordés au bracelet de montre.
Quinze jours de télétravail plus tard… quel changement vestimentaire ! Vous baissez les yeux. Certes, votre jogging est sur-mesure, en flanelle moelleuse, avec une jolie poche gousset à rabat et une ceinture Ghurka… mais vous êtes bel et bien en jogging.
Vous tentez de vous rassurer : toujours allongé au lit, au détour d’une lecture de procrastination, vous découvrez que Benjamin Rush explique combien les vêtements amples et décontractés contribuent à la vigueur de la pensée. Raison expliquant, selon lui, la profusion des portraits d’intellectuels en robe de chambre.
Malheureusement, bien que vêtu du même jogging que Houellebecq, vous ne vous sentez pas votre esprit frémir d’intelligence. Bien triste pis-aller à la robe de chambre !
Vous rêvassez…
Si seulement vous étiez confinés au XVIIIème siècle! Vous pourriez vous affaler dans votre canapé Louis XV, habillé d’un immense banyan de dix mètres de soie de Chine. Ah, le banyan ! Un vêtement oriental porté par les riches européens au XVIIIème et XIXème siècle. Richesse du drap, des rouges, des bleus, des verts éclatants. Richesse de la coupe Louis XV, aux parements de manches gigantesques, ou Louis XVI, avec au moins vingt boutonnières qui a fait transpirer le tailleur, dont vous n’avez pourtant négligemment boutonné que … trois . C’est bien suffisant de toute façon, pour vous plonger dans le décolleté de la baronne de G.
Exemple d’un bayan. Attribué à Carle Van Loo, portrait supposé de Jacques Germain Soufflot (1714-1781).
Soudain, vous vous imaginez confiné à l’été 1816 dans la villa Diodati avec Mary Shelley et Lord Byron. Comme vous auriez été splendide dans votre redingote bleue à brocards en panne de cachemire, coiffé d’un turban à la perse qui aurait rendu jaloux le poète! Vous auriez pu souffler quelques idées pour Frankensteinau au lieu de devoir la veille des marchés, réécrire une énième note inutile ou relancer pour la neuvième fois votre équipe.
Une fiévreuse jalousie l’aurait tué. Lord Byron (1788-1824), ici vers 1800.
Mais être confiné avec des artistes, est-ce une bonne idée? Peut-être au fond auriez-vous été bien mieux seul, à la Belle Époque, à Fontenay-aux-Roses, dans le salon orange et bleu de Des Esseintes. En tout cas, vous n’auriez certainement pas traîné d’une cheminée l’autre, couvert d’une vieille pelisse fourrée comme un enfant loup ou… comme Proust!
Vous auriez contemplé en solitaire vos dessins préparatoires à la Salomé de Moreau, tout en savourant des chocolats qui ont un étrange goût de frangipane, tant pis pour les miettes sur votre belle veste d’intérieur en velours de soie rouge matelassé. Vous auriez joué avec les brandebourgs de soie tressée et avec le pompon doré de votre fez.
Votre esprit polisson, qui vagabonde maintenant vers les années soixante, imagine peut-être porter une veste de soie délicate, pour se promener au play-boy mansion entouré de bunnies en déshabillé…
D’accord, mais changez d’abord cet affreux lustre avant d’y grimper! Hugh Heffner dans son PlayBoy Mansion
Fort de toutes ces rêveries, vous vous dites que le chauffage central a fait beaucoup de mal à l’élégance, et vous avez raison. À vous d’utiliser la noblesse de la soie, de la laine et du cachemire pour inventer le prochain vêtement d’intérieur élégant… sous le regard bienveillant de votre tailleur. Qui de toute manière, ne participera pas à ça :
Luis Eugenio Meléndez, autoportrait, 1746Nikolaï Bogdanov-Belski, portrait de K.A.Gorchakov, 1903Albrecht Dürer, portrait d’Ulrich von Hutten, vers 1500