Le dépareillé ‘campagne’

Si nous avons vu qu’à la ville il tout à fait admis de s’habiller de manière dépareillé, n’oublions pas que cette harmonie vient des tenues de campagne, jadis moins formelles que celle pour la cité. Dans la version dépareillée pour la ville, j’avais énoncé des pistes plutôt simples. Continuons ce jour avec un registre un tout petit peu moins urbain et plus ‘sport’ ou ‘chasse’.

La base sera ici encore -dépareillé oblige- le port de souliers marrons, richelieus et préférentiellement derbys. Par ailleurs, il serait tentant de voir dans le pantalon le pivot des tenues à partir de maintenant. Si dans les autres exemples – le costume ou le dépareillé simple avec pantalon de flanelle – aucune question ne se pose quant au pantalon et à sa couleur, dans le registre que nous étudions aujourd’hui, il est bon de mener la recherche plus loin.

Quels pantalons porter avec les tenues dépareillé ‘campagne’ ? Le velours premièrement, 1000 ou 500 raies, de couleur olive, jaune paille, ou whisky, c’est à dire orangé. Bref, des tons de feuilles mortes. Mais bien d’autres coloris peuvent être envisagés dans une optique moins classique, comme l’aubergine, le parme ou encore les bleus marines ou turquoise, pour une touche plus italienne. Il conviendra de faire attention à l’accord général des couleurs entres elles, pour développer une thématique autour d’une ou deux.

Ensuite, il possible de recourir aux pantalons de cavalry twill et autres whipcord, dans les tons olive ou beige. Ces ancêtres du chino sont agréables à porter car lourds, chaud et moins froissables que le coton. Certaines flanelles et petits tweeds chevrons se prêtent également au jeu. Attention alors aux accords de motifs entre le bas et la veste.

Bref, une fois le sort du pantalon fixé et je répète qu’il est important d’avoir quantité de bons pantalons, le choix du haut est aisé : pulls et mailles diverses ou veste. Suivant les moyens et le moment. Quelques fois les deux s’il fait froid, ou juste un pull doublé d’une parka…

dépareillé sport

Les vestes très ‘sport’ sont souvent à carreaux. Celles-ci s’éloignent des tissus trop classiques et sobres, donc très urbains pour s’approcher de ceux de la chasses, tweeds à plaids et autres tartans. C’est peut-être un peu moins dans le goût français ce genre de fantaisies. Les anglais font cela très bien, mais rarement avec discernement et bon goût, additionnant coloris de feuilles décomposées et assortiment cravate regimental/chemise bariolée. Les italiens en revanche ont su rebondir sur le sujet, nous proposant – bien loin de la forêt et de n’importe quelle chasse il faut bien l’avouer – des vestes à carreaux intéressantes, rehaussées de pantalons et pochettes assorties. Tout un art de la simplicité travaillée ! La figurine d’aujourd’hui en est inspiré, tant il est notable que cette approche a gagnée ! Ils ont aussi donner ses lettres de noblesse à la cravate en laine. Pas des plus classique, mais du plus bel effet, assurément.

Et que voyons nous comme vieux exemples dans Apparel Arts. 1- Des tenues de chasse dépareillées, d’inspiration très classique et rapidement ré-interprétable en situation moins ‘sportive’. 2- L’élégance décontractée même. Simple et efficace. Seul bémol pour la chemise à rayures avec une veste à carreaux. Comme souvent énoncé, l’opposition des motifs n’est pas le plus admirable. 3- Un costume de campagne, mais son collègue, en dépareillé, qui descend de son cheval, arborant une intéressante association de gris avec du marron. 4- Plus estival, mais dépareillé toujours. Des tonalités moins ‘feuilles mortes’, quelque chose qui se rapproche plus du dépareillé ‘urbain’. 5- Enfin deux messieurs – maitre et serviteur ?- l’un portant un cardigan sur un gilet, idée à retenir pour tester, l’autre en costume de tweed. Costume qui possède une grande facilité pour être porté dépareillé ! A la semaine prochaine 😉

Julien Scavini

Discrète annonce

… pour évoquer la mise en place d’un service de Grande Mesure. J’ai enfin trouvé la perle du tailleur : l’ouvrier apiéceur qui me secondera efficacement. Très joli service, pour la veste uniquement pour le moment, à partir de 2200€. Compter deux à trois mois de fabrication et au minimum trois essayages… Les prises de renseignements se font par mail et téléphone.

Julien Scavini

Les tenues de campagne

Dans la même veine toujours, étudions aujourd’hui les tenues de la campagne. Si comme je l’ai expliqué la semaine dernière, il est maintenant assez peu courant de croiser des personnes dont l’existence se partage – agréablement – entre ville et campagne, ce registre vestimentaire n’en demeure pas moins intéressant, car à l’origine de bien des modes passées et actuelles.

Bref, nous allons pour commencer étudier les tenues rurales avec costume. Et oui, car les plus élégants des campagnards portaient le costume dans les années 30 à 60. Quels élégants justement? On pourrait évoquer les médecins et pharmaciens, les notaires, quelques maires… bref des personnages avec des positions sociales clefs. Il va de soit de nos jours que cette petite élite des provinces s’est délitée et que cette hiérarchie ne vaut plus. Mais bon, on peut rêver.

Bref, à la campagne, deux options pour le costume :  celui un petit peu formel car uni, l’autre beaucoup plus sport, avec des carreaux pour la chasse. Revenons un instant sur les laines. Comme pour la ville, il existe des couleurs types qui viennent immédiatement à l’esprit : les marrons et les verts. Qui s’opposent donc aux gris et aux bleus. Cette dichotomie est simple ? Mais vous pouvez toujours l’outrepasser, ça s’appelle construire son propre style. coloris campagne

Ensuite, au delà de l’uni, il est possible de trouver des motifs : tweed de cheviot à fils mélangés, chevrons, tweed du Donegal avec ses nombreuses imperfections (remarquez le coloris : gris, toutes les règles ont leurs exceptions) ou encore les carreaux très ‘sport’. Bref, des unis, des petits motifs (grain de riz, caviar, fils à fils) ou des motifs certains (les carreaux). Dans ce registre, je ne crois pas la rayure tout à fait adapté. Elle me parait plus connotée ‘cité’. Vous me direz, tout dépend de la rayure… en effet.

coloris campagne

Alors continuons. Le costume pour la campagne peut être trois pièces, ‘tout du même’, ou alors avec un gilet dépareillé. On peut aussi imaginer une veste et un gilet ‘du même’ et un pantalon dépareillé. Il s’agit de se détendre, le concours d’élégance est moins absolu qu’en ville, vous pouvez plus ruser, vous amuser à coordonner couleurs et motifs. En restant dans les limites du tact et de la modération ! Alors première solution, un costume simple, de chevrons marrons. Un classique dont vous pouvez utiliser la veste seule. Question souliers, les répondes sont multiples. Comme évoqué la semaine dernière : avec un costume, on porte prioritairement des modèles noirs. Sauf qu’ici à la campagne, c’est pas le plus logique. Alors je réponds : souliers marrons. Mais c’est selon. C’est assez logique du reste : si vous êtes médecin, vous souhaitez tout de même porter des chaussures noires, car c’est un costume et vous recevez des patients. Vous pouvez porter une pochette, il n’y a pas de contre-indication. Observons :costume de tweed

Question chemise, l’exemple historique nous enseigne que la chemise blanche est adéquate. De nos jours, en poussant le bouchon de la règle un peu loin, on imagine plus aisément une chemise à petit carreaux, genre tattersall check, ou alors colorée ou ivoire. La cravate elle peut être club si la chemise n’est pas trop à carreaux. Attention aux oppositions de motifs. La encore, question d’approche personnelle. Les cravates à carreaux sont les bienvenues, pourquoi pas en laine. Aussi, vous pouvez recourir à des cravates unies, en tricot ou alors à des soies d’anciens madères imprimés, choix plutôt discret.

La seconde option, c’est le costume plutôt ‘sport’ ou disons carrément chasse. Celui-ci peut être complété d’un pantalon type knickers, mais l’usage est désué. Avec ce genre de costume trois pièces ‘tout de même’ ou dépareillé, attention aux fautes de goûts. Je pense que nos amis anglais en font souvent trop dans le genre. Les grands carreaux du costume suffisent, inutile d’être un arlequin. Observons :costume campagne tweed

Enfin, observons quelques images d’Apparel Arts comme base de comparaison. 1- Une scène typique, la chasse. On peut y voir beaucoup d’ensembles avec knickers. Certains sont dépareillés haut/bas, nous verrons cela la semaine prochaine. Notez les coloris : fauves et feuilles mortes, mais un peu de gris aussi. 2- Deux messieurs dans un club de sport, peut-être aviron. Nous ne sommes certainement pas à la ville, mais plutôt dans un cité comme Henley. Les messieurs sont en mode ‘off’ comme on dirait de nos jours, les coloris sont marrons, sauf le costume du gentleman en manteau. 3- Deux gentlemen très élégants , l’un en complet (on a du mal à voir si ce n’est pas un dépareillé) verdâtre et le second en complet knickers. Encore des couleurs de la forêt, sauf le petit gilet gris… Tout est une question d’entorse ‘sensée’ aux règles. 4- Deux messieurs qui chassent la encore.

Julien Scavini

Les tenues de ville, version dépareillées

La semaine dernière nous étudiions la mise urbaine par excellence : le costume. Ce fut l’occasion de réviser la version classique léguée par les anglais et qui – heureusement – a encore cours dans certains milieux socio-professionnels. Si l’on remonte cinquante ans auparavant, il est possible de faire deux grandes dissociations pour les tenues : la ville et la campagne. La différenciation entre les deux situations étant encore très marquées. De nos jours, cette séparation s’adoucie (en apparence). Le rite de passage de la ville – du travail – à la campagne – pour le loisir, la détente – est quasiment effacé.

Pour autant, regardons quelques illustrations d’Apparel Arts. Comme évoqué la semaine dernière, il existait déjà des manières de faire, d’être, de s’habiller pour se détendre, à son club, le samedi etc… Le costume pouvait être porté, dans des tons moins stricts comme les mélanges de gris et de marron, les marrons. Les motifs se faisaient plus présents : caviar, grain de riz et autres princes de galles fenêtrés de rouge par exemple. Avec ce genre de costume, des souliers marrons ou noirs étaient indifféremment portés, signe de la faiblesse de certains codes que l’on énonce ici ou la (et que du reste j’aime à reprendre à mon compte).

Que pouvons-nous voir sur ces illustrations ? Un homme tenant la portière à une dame, dans une tenue très décontractée (coloris, motif) mais pas forcément trop campagne encore / Deux hommes discutant, l’un en dépareillé, l’autre en costume vert, gilet croisé et souliers marrons (pas des banquiers, cela saute aux yeux) / Un jeune homme en prince de galles fenêtré rouge qui à l’évidence ne doit pas trainer de la sorte dans un cadre champêtre, mais qui possède en ville un caractère très ‘sport’ / Et enfin un homme chez un buraliste, avec un tenue de samedi idéale, ensemble marron.

A la ville, pour paraitre décontracté, on pouvait donc avoir recourt aux ensembles dépareillés, à la différence du costume, où tout est ‘de même’. Le dépareillé se construit assez généralement sur un pantalon de flanelle gris (tous les gris, du plus clair ou plus foncé) ou de certains laines froides – grises aussi – pour l’été. De temps à autres, les pantalons à petits chevrons marrons pouvaient être utilisés, mais cela donne des difficultés de coordination avec la veste. Au dessus de ce pantalon, une veste. Et là, grande liberté possible : à poches à rabats ou à poches plaquées, unie ou à motifs. Le plus souvent du reste, la veste à carreaux est utilisée, pour trancher sur le pantalon uni et apporter une bonne dose de peps. Cette version du dépareillé a encore tout à fait cours de nos jours. Avec souliers marrons s’il vous plait, il convient bien de souligner le caractère décontracté d’un tel ensemble.

Le dépareillé d’aujourd’hui a encore plus gagné en liberté d’expression. Il s’autonomise comme un genre à lui tout seul, bien aidé par le développement sans faille du ‘sportswear’. Si le pantalon de flanelle gris reste un incontournable, un autre tend à le remplacer : le pantalon bleu (en flanelle – rarement, ou en coton – le chino, souvent). Avec le bleu, les italiens ont su parfaitement mêler le marron. D’où l’écrasante mode actuelle pour le mélange (souvent réussi du reste) de bleu marine et de marron. On voit même apparaitre des souliers en veau-velours bleu. Évidemment, il fallait y penser.

Alors voyez suivant l’illustration du jour de quelle École vous êtes le plus proche. Tout est une question d’hybridation maîtrisée et de tact, suivant le moment, suivant les personnes que vous rencontrerez … A la semaine prochaine 😉

dépareillé urbain

Julien Scavini

Les tenues de ville

Entamons la série annoncée la semaine dernière, avec les tenues de ville. Si l’on réfère à la tradition britannique, le gentleman ne s’habille pas en ville comme à la campagne. Poussons même un peu plus loin, il ne s’habille pas à la ville pour le travail comme à la ville pour la détente et les loisirs. Il existe une hiérarchie suivant les moments. Étudions ce matin la phase ‘en activité’, la semaine prochaine, ‘au repos’. Premièrement, les coloris urbains : restons simple avec le gris (et toutes les nuances – du plus formel, le noir et l’anthracite, au plus clair) et le bleu (marine et dit ‘midnight’). Ce sont les deux tons principaux :coloris urbains 1

Ils sont l’idéal pour commencer une garde robe ! Un de chaque. Ce sont des unis, qui peuvent être complètement unis ou légèrement fil à fil. La différence ? L’un est teint en pièce après tissage, l’autre, ce sont chaque fils qui sont teints avant tissage, d’où les nuances. Avec ce genre de tissu, il est indiqué de faire réaliser des ensembles ‘tout de même’, c’est à dire des costumes, deux ou trois pièces, c’est selon. Vous pouvez également sélectionner des laines avec des motifs de tissage : caviar, chevrons, puis rayures ou carreaux. Certains motifs peuvent être très fondus et seulement visibles de près (les faux-unis), d’autres très marqués. C’est votre goût qui préside à ce choix. coloris urbains 2Avec un tel costume, que mettre ? Pendant longtemps, la chemise blanche à dominée en ville. Puis les tissus plus colorés et à rayures sont apparus. Quelque fois, un col blanc permet d’apporter un bon contraste. Il me semble que la chemise doit rester discrète : couleurs pastelles, rayures fines etc… Évitez les rayures bâtons, trop franches, qui seraient plus ‘sport’. De même pour les carreaux. L’idéal est de pouvoir accorder les motifs : rayures avec rayures ou uni, carreaux avec carreaux ou unis. La cravate est à votre goût également, mais les plus raffinées sont peut-être les soies ‘madder’, petits imprimés discrets et autres pois. Les rayures clubs constituent en Europe continentale et aux États-Unis la sélection préférée des hommes. Pas au Royaume-Uni.

Les souliers enfin. Plusieurs options suivant les métiers. Dans ceux de la banque et de l’assurance et ceux – de manière plus générale – en relation directe avec des clients, le port de souliers noirs est de rigueur. Pour autant, il est possible de voir à travers les images d’Apparel Arts que le port de souliers marrons n’a jamais été proscrit totalement. De nos jours, le goût italien pousse nombre d’élégants à porter ces derniers, notamment avec un costume bleu marine. Pourquoi pas. C’est déjà sortir un peu de l’élégance classique, mais si cela est fait avec discernement…

Étudions la figurine du jour. Le costume est sombre (un caviar bleu marine). Pas de dépareillé ici. La chemise est simple, bleu ciel, dans une popeline ou un fin oxford. La cravate, dans les mêmes tons apporte un peu de fantaisie à l’ensemble. Les souliers sont noirs – préférentiellement des richelieus – et la pochette blanche complète l’ensemble. colori urbain

Les figurines d’Apparel Arts apportent des indications complémentaires. Des ‘intrus’ sont logés dans les images, lesquels ?

‘Ils’ brouillent les pistes n’est-ce pas ? Disons que la première image est un idéal. Dans la 2ème, l’un a la tenue adéquate, l’autre est certainement en repos : souliers marrons, port d’un pull-over (pas très formel pour le travail cette pièce). Dans la 3ème, des costumes dans les tons marrons ; un ensemble qui parait très sport, mais le port de souliers noirs nous indique que nous sommes dans un cadre professionnel. Peut-être sont-ils notaires ou médecins ? Cela expliquerait pourquoi le marron. Ils sont en effet dans des métiers moins formels (en dehors des signatures d’actes chez le notaire, tout est question de tact et de bon sens). Dans la 4ème, le premier personnage est tout à fait bien habillé du point de vue de l’article, quand le second adopte une mise plus ‘sport’. La 5ème est caractéristique. Peut-être sommes nous chez un notaire. Celui-ci porte un ‘stroller‘, très formel, car il doit recevoir des clients, alors que son clerc est simplement de marron vêtu. Question de hiérarchie, la encore.

Bref, voyez la quantité de possibilités qui s’offrent à vous. Loin de restreindre quoique ce soit, une simple étude montre l’étendue des usages. Mais si vous voulez rester simple, adoptez une mise similaire à l’illustration de Stiff Collar. Elle est l’expression de la règle. Les variantes, suivant votre goût, n’en sont que le piquant 😉

Julien Scavini

Quelle tristesse, encore des adieux

Ce court billet pour signaler la fermeture prochaine de la Socoval, sous-traitant cherbourgeois de costumes de belle qualité. Spécialisé dans les costumes à vestons entoilés, la Socoval est la dernière usine de France à maîtriser ce savoir-faire… Une vrai désolation industrielle !

Ici un lien vers un reportage de France 3.

Je suis assez triste de cette nouvelle. Et heureusement soulagé de ne pas avoir sélectionné ce fournisseur quand je me suis lancé ; d’autres concurrents doivent être en souffrance. J’avais en effet visité la Socoval. Le produit était bon. Pas tout à fait assez pour moi, mais l’outil industriel et le savoir-faire ne demandait qu’à être boosté. Trouver un patron-industriel au niveau n’est pas simple, dommage pour cet atelier. Cette visite m’avait laissé un bon souvenir. J’y avais découvert des ouvrières passionnées et professionnelles, un produit classique de bonne facture. Mais une direction épouvantable… Triste.

Mais je suis ravi de constater que ces temps-ci la France manifeste pour le bonheur de ses enfants. Bonheur avec ou sans prospérité ; on a les priorités que l’on veut …

Julien Scavini

Commençons le cours

Je vais vous présenter au fil des prochaines semaines, le cours – dans les grandes lignes – que je donnais l’année dernière à l’École des Tailleurs sur l’élégance masculine. Ce cours s’appuie en très grande partie sur les images d’Apparel Arts intégrée à ce blog. Il s’adresse en priorité à un auditoire non-éclairé. Il est donc très basique. Débutons…

L‘élégance masculine possède ses propres règles. Je vais essayer de vous présenter celles-ci, structurées d’après mes lectures diverses (cf. bibliographie). Vous pouvez tout à fait les rejeter, c’est votre droit le plus absolu. Mais vous pouvez aussi vous interroger. D’où viennent ces règles ? Principalement de l’Angleterre de George V et de George VI, soit approximativement entre 1900 et 1950, avec un âge d’or que les amateurs situent vers 1930. Comme toutes les expressions humaines, l’habillement a été érigé en art. Et cet art s’est doucement sédimenté, couches par couches, au fils des époques jusqu’à nos jours.

Et si l’on fait exception de la période contemporaine ayant vu l’avènement du post-modernisme et la destruction des canons, a priori, un art est régie par des règles internes et externes. Ainsi, en peinture il existe des règles de maniement du pinceau et des règles de présentation des œuvres et des sujets. Des règles pour la forme, des règles pour fond. De nos jours, ces règles ont été remplacées par le diktat du talent, du génie personnel. A prix d’un travail personnel plus immense et encore plus élitiste. L’artiste n’est plus dans le canon, il est le canon. Chaque artiste définit donc le sien. Seuls les plus grands créent plus ou moins des canons à l’usage des autres : je pense à Le Corbusier en architecture, et aux suiveurs, néo-corbuséen de plus ou moins grand talent. Le styliste est l’artiste du vêtement. Il crée son propre référentiel et travail dedans. Avec plus ou moins – la encore – de succès. introduction cours

Bref, ici nous ne formons pas des stylistes, mais des artisans, des faiseurs. Vous avez déjà bien assez d’apprendre des gestes pour en plus devoir créer votre vocabulaire formel. Il en est tout autant pour vous cher lecteur. Vous avez déjà certainement bien assez de choses à penser pour ne pas devoir rajouter une strate complexe au sujet de votre façon de vous vêtir. Pour autant, sentir le t-shirt de la veille puis l’enfiler en même temps qu’un pantalon de survêt’ serait trop facile. Un peu d’effort est nécessaire, une question d’humanité, de chemin vers l’art. Vivre en beauté disait Saint-Laurent. Heureusement pour vous, des canons existent en mode masculine. Certes ils sont datés, certes, ils ne s’adaptent plus forcément à toutes les situations. Mais nous allons voir de quelle manière les faire évoluer, les bousculer. Car ils sont flexibles. Retenez bien cette notion. Les règles de bon sens de l’habillement doivent être vues comme une facilité d’esprit, un ensemble flexible et adaptable. Non un carcan : vous n’aurez rien compris.

Les élégances sont plurielles. A partir des mêmes bases, les résultats peuvent varier du tout au tout. La règle ne conduit pas à l’uniforme, bien au contraire. Elle n’est qu’ordonnancement de la liberté. Ordonnance que vous pouvez refuser. Mais que vous refuserez mieux si vous en connaissez le chemin et donc l’opposé où aller… Mais de toute manière, vous suivrez une autre ordonnance si vous refusez la précédente, à moins de préférer le chaos, mais je laisse ça aux plus fous.

L’idée est simple, chaque semaine un thème, ville, campagne, sport, soir etc. Dans chaque thème les règles, les exceptions, les possibles, les illustrations et les pistes d’évolutions. Dans chaque thème, il sera intéressant de mettre en perspective la version historique, grâce aux images d’Apparel Arts, et une version actualisée. Nous pourrons évoquer les changements intervenus ainsi que parler des différentes analyses suivant les pays.

Le but est de prendre un peu de plaisir dans l’apprentissage. Ensuite, simplement, calmement, la mise en place et l’analyse personnelle que vous en ferez vous donnera toute la liberté possible et se transformera en plaisir : celui de suivre au plus près avec gourmandise, ou au contraire de vous écarter avec malice du droit chemin…

Julien Scavini

Les voeux de Stiff Collar

Mesdames, mesdemoiselles et messieurs, permettez moi de vous présenter mes vœux pour 2013.

Je souhaite que cette année soit heureuse pour vous et vos proches, qu’elle apporte paix, santé et prospérité !

Pour ma part, je continuerai à jongler tant bien que mal entre mon activité professionnel et le blog, pour vous apporter chaque semaine un nouveau petit caillou sur le chemin semé d’embûches de l’élégance.

voeux 2013

Amicalement. Julien Scavini

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Pour bien commencer l’année, je vous joins deux vidéos explorant la fabrication des tweeds Molloy & Sons :

Figurines de fêtes !

Comme chaque année, je vous présente avec plaisir – chaque jour de la semaine entre Noël et Nouvel-An – une collection de figurines habillées de tenues variées. Commençons ce jour.

NOEL 2012 1

A gauche, appelons le : Francis porte un costume en tweed Donegal Holland & Sherry 340gr. Une chemise crème et une cravate en grenadine jaune. Souliers en veau-velours tabac blond Bowen. A droite, appelons le : Philippe porte un costume de flanelle vert sapin Gorina 450gr, avec un gilet de la même flanelle mais couleur chamois. Cravate orangé à petites palmettes cachemire et une chemise à carreaux. Les derbys proviennent de chez Church’s et la pipe a été culottée au Riesling 😉

Bonne soirée en famille ! Bon réveillon !

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Jour de NOËL ! Joyeux NOËL ! J’espère que vous avez tous bien réveillonné, et que le diner fut gargantuesque 😉

NOEL 2012 2

A gauche, appelons le : Edgar porte un gilet tricoté de laine vierge bicolore et un pantalon de moleskine rouge brique Holland & Sherry 650gr. La chemise est rayée bicolore, rouge et bleu. Les souliers sont de type bucks en veau-velours bleu marine et à semelles de caoutchouc de chez Fairmount. Francis porte lui un blazer en cavalry twill Gorina 420gr avec un pantalon de flanelle J.J. Minnis de 400gr ; une chemise rayée bleu et une cravate club, ainsi que des richelieus Bowen  en veau-velours. A demain.

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NOEL 2012 3

Philippe porte un costume à motifs têtes de clous anthracite de chez Dugdale Bros’ en 280gr, avec une chemise rayée rouge et un nœud papillon dans les mêmes tons. Les souliers sont des derbys noirs 5 œillets des chez Alden. A droite, appelons le : Henri porte un costume croisé en fins chevrons bleu marine Drapers 340gr, une chemise bleu ciel et une cravate et pochette dans les tons violet. Les richelieus sont de type balmoral de chez Markowski.

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NOEL 2012 4A gauche, Philippe porte une veste en pied de poule coupée dans un drap William Halstead 320gr, sur un pantalon plus gilet en flanelle Gorina 450gr. La chemise est à petits carreaux rouge -rouille et la cravate en laine et soie à rayures club. Les souliers, des derbys viennent de chez Shipton & Heneage. Edgar porte lui un cardigan à manches à grosses côtes tressées rouge -rouille avec une chemise jaune à rayures blanches. Le pantalon est un velours 500 raies de chez Holland & Sherry en 650gr couleur biscuit. Les chaussettes rouge -rouille sont complétées de souliers en veau-velours à semelle de gomme. Un fin whiskie et un foulard jaune / rouge complètent l’ensemble.

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NOEL 2012 5Avec une journée de retard, pardon. A gauche, Henri porte un smoking droit à cran pointu en grain de poudre Bateman Ogden 340gr et revers en faille de soie. La chemise est en popeline simple, le nœud en soie et les richelieus vernis de chez Crockett & Jones. A droite, Francis porte une veste d’intérieur en velours de coton et soie rouge, parement du col châle en soie à petits motifs imprimés et fermoirs et décorations en cordelette tressée.  Le pantalon de smoking est en grain de poudre également (barathea), les chaussettes mi-bas en fils d’Écosse et les souliers vernis de chez Alden.

J’espère que cette série vous a -plu -intéressé -amusé -inspiré… ? Je vous souhaite une bonne fin de semaine, et un bon réveillon ! A très vite. Julien Scavini

Stiff Collar se parfume

Aujourd’hui et à l’approche des fêtes, je vais faire un petit tour des parfums élégants et raffinés que j’ai eu le plaisir d’essayer ou dont on m’a dit beaucoup de bien. Parisian Gentleman avait déjà fait un article sur le sujet, qui sur le moment m’avait paru décalé, mais qui au fond avait été très utile, j’avais par exemple découvert Grey Flannel de Geoffrey Beene. Curieux parfum du reste. Bref à moi de vous présenter ma petite sélection, à découvrir. Difficile de vous les décrire, je ne suis pas très doué pour parler d’odeurs. Une caractéristique à l’ensemble : la note de cœur y est caractéristique d’une plante, le parfum ‘presque simple’, a l’instar des essences de fleurs ou de fruits, directement utilisées. J’accroche en effet moins aux parfums dont on ne sait vraiment ce qu’ils contiennent.

parfum 1

Le premier est GREEN IRISH TWEED de la célèbre maison franco-anglaise Creed. Cette fragrance aurait été créée en 1985, ce n’est donc pas un grand classique historique. Odeurs : Verveine, Iris, feuilles de Violette.

Le second est VETIVER ORIENTAL de Serge Lutens. Le meilleur Vétiver qui soit d’après l’un de mes clients. Le flacon est élégant du reste. La maison Lutens est jeune (l’an 2000) mais le créateur expérimenté.

Le troisième, un classique parmi les Eaux de Cologne, unisexe qui plus est : GENTIANE BLANCHE de chez Hermès. Un classique très simple, qui reste. Discrétion et raffinement pour cette essence, l’une de mes préférées. Bien mieux que Terre d’Hermès ! Dans la même série, Eau d’Orange Verte, mais un cran en dessous.

parfum 2

Le premier de cette deuxième série, un flacon que je finis et avec lequel j’ai eu énormément de plaisir : ABSINTHE VERTE de la jeune maison Kilian. Kilian Hennessy, comme son nom l’indique est l’héritier de la famille des spiritueux du même nom et pour une fois dans ce genre de cas, il a du talent ! Absinthe Verte est composée en grande partie de Lavande. Et c’est l’un des rares parfums où cette essence, subtile tient ! Un must have.

Deux, DOURO, EAU DE PORTUGAL de chez Penhaligon’s. Un délice frais mais pas si simple à décomposer car complexe : Neroli, Bergamote, mousse de Chêne etc… Un archi-classique méconnu d’une maison célèbre ! Loin des sentiers battus.

Enfin, EXTRACT OF LIMES de Geo. F. Trumper. Maison plutôt londonienne et difficile à trouver sur Paris mais enfin sur internet on y arrive. L’une des meilleures essences de Citron que j’ai eu l’occasion de tester. Il reste et dure sur la peau.

Voilà. J’espère vous avoir fait découvrir quelques essences que vous ne connaissiez pas. Essayez les si vous croisez une parfumerie… A voir et à sentir. Bonnes fêtes ! Julien Scavini