Même île que le whisky de Bruichladdich dont nous avons déjà parlé, mais fabrique de tweed cette fois-ci. Vers la minute 16 de l’émission Echappées Belles sur Pluzz.
Général
A propos du blog
Le derby, une passion française
Il n’est pas un jour sans que notre vue et notre esthétique ne soit attaquée à la vue d’horribles chaussures de forme derby. Vous savez, cet horrible écrase-m*** que l’on trouve pour rien – et parfois beaucoup – dans pratiquement tous les commerces de souliers. Cette forme ‘gauche’ est souvent molle, la plupart du temps avec une semelle collée, et elle reçoit rarement du cirage ou mieux, des embauchoirs.
Si Célio ou Eram vendent en quantité de tels modèles, il en est de même pour les maisons plus haut de gamme, comme Yves St Laurent ou Lanvin. J’ai noté également le bout très arrondis de ses souliers, me faisant penser aux Repetto.
D’autres milieux s’intéressent aux derbys, c’est à dire à ces souliers dont les quartiers de laçage sont rapportés SUR la chaussure, il s’agit des maîtres bottiers. Notons les frères Corthay avec leurs désormais célèbres Arca ou encore M. Delos dont un derby très élégant lui a permis d’obtenir le titre de MOF. Le derby est la mode, et ces derniers m’intéressent beaucoup, même si je n’en ai aucun.
Mais pourquoi diable la chaussure derby intéresse-t-elle tellement? Les usines chinoises en sortent des millions de paires, toutes plus atroces les unes que les autres, et il me semble que Paris en est la plaque tournante. Tout le monde en porte (pas moi, pas nous ?), que ce soit avec un costume ou avec un jean, en marron, en noir etc…
Il pourrait être émis que ce type de montage est plus simple… Ceci n’explique pas la passion des bottiers pour ce registre.
Il pourrait être émis que ce type fait moins bourgeois… Certainement dans l’inconscient collectif.
Il pourrait être émis que ce type n’est pas anglais… Et au fond, ce serait peut-être là qu’il faille aller chercher.
Alors que le richelieu est ouvertement plus bourgeois (une bourgeoisie travailleuse à l’anglo-saxonne, une bourgeoisie de bonnes mœurs), le derby s’affranchit de ce poids, d’où son utilisation par les grandes maisons et par la masse des consommateurs. Le derby fait jeune! Le richelieu, surtout à bout droit, fait papa!
Mais les bottiers parisiens eux, où se situent-ils? Certainement dans une tradition de l’école française, qui se construit, avec quelques trains de retards, contre l’école anglaise, dans un rapport du ‘je t’aime moi non plus’. Porter un derby fait main est certainement une note de grande élégance, tant la forme des corthay par exemple est racée. La ligne est scuplturale, en arc-boutant depuis le talon et en courbe droite jusqu’à l’étrave. Avec des lacets plats! Promenez-vous à Londres avec, vous ne passerez pas pour un anglais, ni un italien d’ailleurs. Et à Paris, vous défendrez ce que j’appelle maintenant, un style français. Un style français d’ailleurs qui était déjà très notable dans les années 50/60 où certains souliers de marque Unic étaient très proches stylistiquement des formes bottières d’aujourd’hui!
Quant à vous, portez-vous ces épouvantables derbys? pourquoi? Ou préférez-vous de solides richelieus anglais? Ou êtes-vous attirés par ces derbys d’un nouveau genre que les bottiers nous confectionnent? Dîtes nous…
Julien Scavini
Synonymes du mot ‘tailleur’
Trouvés dans un dictionnaire d’argot, ces synonymes du terme tailleur ( à noter que certains termes sont plus spécifiques, comme l’apiéceur qui est l’ouvrier du tailleur, spécialisé dans le montage des parties) :
pique-prune – frusquineur – gobe-prunes – pique-poux – pique-pouces (terme militaire) – pompier – emmailloteur – apiéceur (terme actuel) – bœuf – fringueur – hirondelle – loqueur – coupeur (terme actuel) – pique-puce – tartare – stoppeur (stoppeur-remailleur, terme actuel).
Julien Scavini
Soirée des élégants, au Curio Parlor
Comme annoncé par notre ami Hugo sur son blog Parisian Gentleman, les gentlemen sont conviés autour d’un verre pour une soirée placée sous le signe de l’élégance!
Celle-ci aura lieu le mardi 31 mai, à partir de 21h, au Curio Parlor, 16 rue des Bernardins, 75005 Paris.
J’y serais, ce sera l’occasion de nombreuses rencontres!
Cigarette versus Camicia
Aujourd’hui, rapide tour d’horizon des différentes possibilités de monter une manche. L’engouement actuel – et tout à fait intéressant pour les montages italiens – fait naître une curiosité mal étanchée par les divers supports à notre disposition. J’ai même lu récemment sur un blog des contre vérités terribles sur ce sujet complexe. Il m’a fallu moi-même beaucoup de temps pour comprendre, surtout par le montage, comment fonctionnent ces différentes solutions. Pour autant, je ne suis pas encore sûr de maîtriser à fond le sujet – c’est même évident – mais je vais tenter de vous livrer mes premières constatations, pour clarifier vos idées.
Rappelons d’abord qu’il existe autant de montages qu’il existe d’ateliers dans le monde, chaque tailleur aimant ses trouvailles. Certains, plus doués que d’autres, finirent par créer des Écoles de pensée, souvent associées à des régionalismes.
Le principe universellement reconnu pour monter une manche est le principe (que j’appelle anglais) de la tête de manche avec cigarette. Comme vous pouvez le voir sur le petit schéma ci-dessus (à gauche), la cigarette en rouge, permet de repousser le tissu de la tête de manche, pour donner son volume à celle-ci. En revanche, le montage inversé, d’origine Napolitaine renverse le principe, comme pour une chemise. La ligne est plus fluide, plus proche du corps.
Rappelons aussi qu’une épaule contient (quasi) systématiquement une épaulette (appelé idiotement padding par les francophones non francophiles). Car une épaulette est le seul moyen de ‘finir’ la toile qui recouvre les devants. C’est en effet l’épaulette qui protège et gère la transition à la fin de la toile. Après, cette épaulette peut être très fine, certes… Notons que les vestes thermocollées peuvent, du coup, se passer d’épaulettes assez facilement.
Donc une grande École – celle du montage à cigarette – fait face à une minuscule École en expansion constante ces derniers temps – celle du montage de chemise. La première est plus grande car elle est ramifiée. Elle est aussi intellectuellement plus satisfaisante, car plus compliquée, techniquement et mentalement. Elle demande plus de technique (même si l’autre aussi tout de même).
Des ramifications donc comme vous pouvez le voir dans le tableau ci-dessous:
La ligne 1 représente donc les montages avec enroulé ou cigarette, que les italiens appellent ‘con rollino’. La ligne 2 et sa case unique le ‘spalla camicia’. L’ampleur de la manche A est standard, c’est celle qu’une machine peut donner. La B demande plus de dextérité et la main est nécessaire pour répartir l’embu (le trop plein de tissu). Le C est le fameux épaulé Cifonelli, volumineux (qui ne se limite pas à ce détail seulement, voir ici). Notons d’ailleurs que le montage Cifonelli n’a rien à voir avec un montage italien. C’est un montage à l’anglaise, avec une technique propre à cet atelier. Enfin le montage D, plutôt Italien et même peut-être plus romain encore est aussi un montage ‘con rollino’, mais avec une cigarette très fine. J’ai entendu parlé de cigarettes en peau de chevreau. De ce fait, la tête de manche est très molle et présente souvent des fronces ou des bosses (ce que l’on fuit chez les autres tailleurs). Enfin, en ligne 2, le montage spalla camicia, plus reculé et donc plus près du corps, qui présente souvent de petites vaguelettes.
Voilà pour cette rapide étude technique.
Enfin, je lis souvent des questions de style attachées à ces problématiques techniques. Et je le dis, il n’y a absolument pas de type de physique pour telle ou telle manche. Seule l’occasion et/ou le tailleur expliquent un montage. Les seuls montages disponibles dans le commerce, y compris en demi-mesure, sont le A et le E. Les autres sont réservés à la grande mesure et aux porte-feuilles bien garnis. Ne cherchez pas l’introuvable hors de l’atelier artisanal spécifique qui le produit! Ne demandez pas non plus à votre tailleur de faire ce qu’il ne maitrise pas, c’est lui le chef 🙂
Enfin, est-ce que l’emmanchure ‘spalla camicia’ convient mieux aux hommes forts? Je ne sais pas. Je dirais non. Cela dépend de votre envie et surtout de votre envie de confort. Cette emmanchure est très adaptée aux vestes non-doublées et/ou sportswear. Plus adaptée qu’aux costumes, mais c’est une question de goût personnel…
Julien Scavini
C’est fait !
Comme je vous l’avais souvent annoncé, mon projet est enfin sur pied et les premières commandes ont été enregistrées… Je suis resté fidèle à la ligne directrice : la meilleure qualité possible avant la Grande Mesure des Maîtres Tailleurs. La première newsletter est partie ce jour, la voici. Retrouvez ces informations sur www.scavini.fr .
Bonne semaine. JS
Une question de style, une pure question de style!
Il est très courant d’entendre parler de style et j’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur ce non-sens linguistique qui est utilisé comme une tarte à la crème par n’importe qui parlant ‘mode’. Et évidemment, le style est souvent utilisé pour décrire des particularités insignifiantes issues des dispositifs marketing. Or le styliste ne décide pas de grand chose ; tout juste est-il bon à comprendre au mieux le dispositif industriel qui le suit, pour utiliser au mieux les outils techniques qui permettent la nouveauté.
Car au final, peu de choix fondamentaux sont réalisés chaque saison, chaque décennie même. Ce que j’appelle un choix fondamental : une nouvelle manière d’aborder le corps par le vêtement. Et si je tâche de me souvenir du dernier grand changement stylistique 1990 > 2000, il n’est peut-être pas conscient, mais lent et progressif, à moins qu’Hedi Slimane y soit pour quelque chose, mais je ne suis pas assez historien du vêtement.
Bref, parlons ce soir de l’épaulé d’une veste, au cours du dernier siècle. Car voici une vraie question de style. Comment entoure-t-on l’épaule, comment finit-on la veste, comment applique-t-on la manche sur le corps ; autant de questions, autant de réponses, autant de styles! Intéressons-nous au schéma ci-dessous, en coupe et en élévation :
La première colonne présente la solution actuelle, que j’appellerais ‘naturaliste’. La manche borde le bras au plus près, sans encorbellement au dessus du bras. On cherche l’acromion pour placer la tête de manche. Si bien que lorsque l’on passe la main le long du bras, la tête de manche est au bord, la manche est bien verticale. Le cintrage également est moyen, bref on est au plus près du corps, dans un choix stylistique particulier.
Dans les années 30 fut développé à Londres par quelques grands tailleurs ce qui restera dans les annales sous le nom de ‘drape cut’ puis d’american cut’. C’était une proposition un peu baroque, consistant à faire paraitre les hommes forts et virils. C’est le style à la Cary Grant par exemple, ou de toutes les autres stars d’Hollywood. La carrure parait large, grâce à la mise en place d’une épaulette longue pour soutenir une coupe large, une coupe d’épaule en débord. Zoomez sur le schéma pour comprendre, vous verrez à quel point l’épaulette est en encorbellement au dessus du vide. On cherchait à soutenir l’épaule, en même temps que l’on gonflait les poitrines. En cintrant moyennement, l’effet était immédiat, l’homme possédait une belle carrure, une carrure d’homme! Et c’est un style, apprécié encore de quelques personnes. Ce n’est pas une veste trop grande comme je l’avais entendu dire de la veste de James Sheerwood lors de sa visite à Paris. L’ennui de ce montage est qu’en vieillissant, les épaules finissent par s’effondrer…
Enfin dernière technique, celle des années 20, celle des hommes-enfants, des hommes loin du front, des hommes des années folles… Le montage n’était ni naturaliste ni baroque, mais légèrement triché, dandy dirions-nous aujourd’hui même si le terme est impropre. Ici, les vestes cherchent la petitesse. Les hommes doivent paraitre des garçons, la jeunesse est chérie, c’est l’époque, les hommes ont été tués. Les épaules sont dessinées très rentrées, quasiment sans épaulettes. Les têtes de manches sont fuyantes. Aucune triche ici, presque même un naturalisme comparable aux envies actuelles. Mais pour arriver à une telle prouesse, il faut impérativement réaliser une tête de manche minuscule, comme un t-shirt. De même la taille était serrée, très serrée. Et seule triche : le bassin très ample, parfois même rembourré pour donner du tour de bassin, des hanches larges, presque féminines.
Vous comprenez donc ce qu’est une question de style dans l’art tailleur. Non pas une finasserie de revers ou de courbure du devant, mais au contraire un questionnement du rapport au corps. Car vous voyez aussi, entre 1920 et aujourd’hui, à quel point les techniques sont différentes pour monter l’épaule, alors que l’idée est la même : être près du corps. On pourrait d’ailleurs trouver dans les montages à l’italienne (comme la spala camisia) une idée de cette époque. Et la triche également, permise ou non, à certains endroits, pas à d’autres, pour imprimer une empreinte, celle de l’homme du moment.
MàJ: pour illustrer un drape cut intéressant, je mets en ligne cette couverture de The Rake Mag représentant Ralph Lauren qui affectionne cette coupe : épaules larges (alors qu’il est petit) et poitrines boursouflées :
Julien Scavini
Bonnes fêtes de Pâques!
L’année dernière, la fête de Pâques fut l’occasion de dessiner des enfants en tenues d’époques. Pour le charme des habits à culottes courtes et du petit décalage avec notre réalité. Car ici on aime cet aspect ‘Chap’, donc surréaliste.
Aujourd’hui donc, photo de famille (fictive), après la chasse aux œufs, dans la salle à manger des enfants, à bord du paquebot Normandie, en route pour Cherbourg en… 1938 ? Et souvenons nous que cette pièce fut confiée à Jean de Brunhoff qui la décora dans le thème de sa création: Babar l’éléphant! Un fond tout à fait enfantin et plaisant aujourd’hui! Bonnes pâques!
Julien Scavini
Nouvelle formule!
Et voici poindre une nouvelle mise en forme du blog. Les rubriques sont mieux définies et l’ambiance plus claire! J’espère que cela vous plaira autant!
JS
Le bon produit (suite)
Petit message pour vous tenir informé de mon offre, qui ne saurait tarder maintenant. Les étiquettes sont en cours de tissage, les liasses de tissus sont déjà en ma possession, et les vestes, modèles et prototypes en cours d’élaboration. J’espère être opérationnel début Mai.
Les tissus disponibles sont : tous les tissus Holland & Sherry, dont un produit d’appel, un super 100’s laine et cachemire. Je me fournis chez eux également pour les flanelles et les 100% cachemires. Ensuite Gorina propose de superbes serges couvertes (tissu duveteux, à l’image des flanelles), des tissus sports dont quelques Saxony ou Shetland Tweed, ainsi que des twills, des étoffes fresco pour l’été ou des super 150’s. Puis notons Thomas Fisher, qui offre la gamme la plus étendue de tissus de ville, du super 110’s au super 160’s, en passant par le laine-mohair. Enfin Dugdale Brothers qui présente de lourds tissus à manteaux ou une superbe liasse de tissus de ville en super 120’s 280gr.
Je me tiens maintenant à votre disposition si vous souhaitez découvrir l’offre. Le veston démonstrateur arrivera fin avril, mais nous pouvons nous rencontrer avant pour étudier vos envies et examiner les tissus et mon projet. Je me tiens à votre écoute. N’hésitez pas à prendre rendez-vous, peut-être pour le mois de Mai si vous aimez prévoir les événements, au 06 14 90 17 45 ou par mail : tailleur@scavini.fr. Si vous me laissez vos coordonnés, je pourrais vous faire parvenir un courrier de lancement par voie postale. Merci pour votre soutien.
Julien Scavini



