The Artist

J’ai eu ces derniers jours la bonne idée d’aller voir The Artist, le dernier film du duo Dujardin – Hazanavicius. Vous avez sans doute entendu parler de ce fabuleux film en noir et blanc et muet ! Autant de qualificatifs qui me plaisent! Et force est de constater que c’est une franche réussite. Dire que j’aime ce film est en dessous de la vérité ! Une pure merveille. Peut-être pas le chef d’œuvre du siècle, il manque pour cela un peu plus de profondeur intellectuelle – nous ne sommes pas ici chez Resnais – mais  indéniablement une réalisation hors du commun.

La réalisation est assez impeccable et certains plans empruntés à Citizen Kane ou encore au cinéma de Fellini sont époustouflants. J’ai en tête cette scène très architecturale dans l’immense cage d’escalier grouillante d’un immeuble de bureau ou encore la découverte par George Valentin de son important mobilier stocké sous des voiles de cotons blancs ! Des séquences magnifiques, qui empruntent tour à tour aux registres du suspence, de l’épouvante, de la romance etc… Tout y est, même une sorte de course poursuite sans poursuite à la fin! Et la musique, un ravissement à l’ancienne.

J’ai passé 1h40 en apesanteur ! Hors du temps ! Et que dire des voitures, des voitures !!! Du charme dans chaque plan. Et heureusement, les costumes étaient à la hauteur, la grande hauteur ! Impeccable grâce à Mark Bridges. En dehors de menus erreurs sur l’habit (avec nœud blanc et non noir), ils étaient tous très bien choisis. Pour les plans du matin en intérieur, Jean Dujardin nous offrait un défilé de robes de chambre et de pyjamas Sulka. En extérieur, alternance de costumes trois pièces en donegal (avec souliers bicolores s’il vous plait!) et de queue de pie. Quant au propriétaire du Kinograph, interprété par John Goodman, il arborait de belles rayures, celles des producteurs de cinéma et le chauffeur, James Cromwell arborait les parfaites livrées, avec le surtout croisé col claudine et les grands gants de conduite. Pourquoi d’ailleurs les chauffeurs ne sont ils plus habillés de la sorte de nos jours ?

Jean Dujardin est encore une fois merveilleusement habillé dans un film. Car avec les OSS 117, il figure maintenant dans les références, au même titre que Sean Connery ou Lino Ventura. Pourtant, à la ville et sur les marches de Cannes, peut mieux faire mieux dirons nous. Pourquoi donc les acteurs de nos jours ne sont ils plus élégants ? Il fut un temps où les costumières n’avaient pas besoin de les relooker pour apparaitre à l’écran. Clark Gable était le même à la ville et à l’écran. Et puis comment peut-on mentalement assumer une si belle tenue devant la caméra et se présenter devant le public vêtu comme un as de pic ? Telle est la question…

Julien Scavini

10 réflexions sur “The Artist

  1. Bigstop 31 octobre 2011 / 18:01

    Il est bien triste de constater que la plus grande peur du comédien contemporain est de se faire enfermer dans un rôle…

    Du coup, le moindre acteur qui vient de signer son dernier navet, craignant de marquer les esprits et l’Histoire à tel point qu’on ne lui proposera plus que des avatars de ce dernier rôle, change radicalement de look pour la promotion sur les conseils de son impresario.

    Ceci dit, autant ça peut expliquer qu’on se retrouve avec des acteurs habillés n’importe comment pour la promotion d’un film où ils sont correctement vêtus, autant ça n’explique pas pourquoi ils arborent toujours les tenues les plus négligées après un film où ils apparaissent tout aussi négligés !

    (votre commentaire, je le souligne, vaut tout autant de nos jours pour les actrices que pour les comédiens).

  2. Nicolas 31 octobre 2011 / 21:43

    Je n’étais – a priori – pas attiré par ce film. Je ne suis pas assez cinéphile, et je n’ai pas assez de culture pour apprécier le noir et blanc. Mais ce billet donne envie.
    Quelle belle figurine !
    Quant à Dujardin, il est comme les autres : mal habillé à la ville. Dommage car il pourrait aisément avoir de l’allure.
    J’avoue avoir du mal avec le frac et le smoking, je préfère les tenues plus modernes (tout en restant élégantes!!)

    Amicalement,

    Nicolas

  3. PocPoc 1 novembre 2011 / 11:57

    Assurément l’un des très bons films de l’année avec le fabuleux « King’s speech ».

    Sinon, toujours à l’affiche, dans un registre très différent, je recommande très chaudement « Drive » ! Une vraie merveille.

  4. Jeune et large d'épaules 1 novembre 2011 / 12:30

    Hé hé, j’étais au cinéma hier soir et j’ai moi aussi énormément apprécié! Et vous ne parlez pas des numéros de danse ébouriffants! Quel bonheur… Et les tenues, tant masculines que féminines, étaient parfaites. (sans ces regrettables erreurs sur le nœud pap’ noir avec l’habit…)
    « Malgré » (ou grâce à?) l’absence de dialogues et le noir et blanc, on ne s’ennuie pas une seconde – et rassurez-vous Nicolas, ce n’est pas une question de cinéphilie ou de culture 😉

  5. Guillaume 1 novembre 2011 / 15:10

    J’ai été moi aussi tout à fait conquis par ce film. Sans rentrer dans les détails, j’ai trouvé l’esthétique du film magnifique de A a Z (costumes, décors, musique…). Du beau pour le beau, de l’art pour l’art. C’est un tel régal!

  6. Armand 1 novembre 2011 / 21:40

    Bonsoir,
    Merci pour cette critique, elle m’a définitivement convaincu d’aller voir ce film. Elle comporte cependant une coquille: depuis quand l’habit se porterait-il avec un noeud papillon noir ?

  7. Orgel 4 novembre 2011 / 10:39

    Bonjour,

    Je ne pense pas que le nœud noir soit une erreur: l’acteur porte l’habit en journée, comme un costume de ville; le nœud noir est là pour casser (tout est relatif, je vous l’accorde) l’aspect formel d’une tenue exclusivement de soirée. Je trouve cela même très judicieux : à aucun moment on a l’impression que l’acteur sort d’une soirée mondaine, mais on comprend tout de suite qu’il s’habille comme ça au quotidien, comme Mandrake le magicien…
    On est donc plus proche de la redingote que de la white tie, à mon avis.

    C’est décidément un excellent film.

    Bien à vous

    • Julien Scavini 4 novembre 2011 / 19:06

      Ce serait donc une exquise recherche!

  8. Arturo Moriarty 14 novembre 2011 / 11:55

    Avez-vous remarqué dans ce film la référence au film de Billy Wilder sur le même thème, Sunset Boulevard ? Dans le film-fiasco que produit Dujardin en dernier recours, lorsqu’il s’enfonce dans les sables mouvants, il appelle l’héroïne « Norma ». Or Norma Desmond, c’est justement cette actrice de cinéma muet qui a perdu tout son prestige avec le parlant dans Sunset Boulevard.

    Si vous ne l’avez pas vu, je vous le conseille !

    • Julien Scavini 14 novembre 2011 / 19:45

      Référence intéressante et que je ne connaissais pas ! Merci.

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