Vers une tenue un peu plus décontractée

Le reproche souvent fait à la veste est de ne pas être très pratique (pas assez légère ou souple, trop guindée ou pas assez chaude). Si l’argument ne tient pas toujours, il n’en demeure pas moins vrai que celle-ci peut ne pas paraitre adaptée à toutes les situations. Elle l’était, il suffit pour s’en convaincre de voir l’extraordinaire potentiel des coupes sports (dont beaucoup sont ré-inventés ces temps-ci par Cifonelli). Au delà de la veste, que mettre sur un pantalon sport pour sortir le week end, que ce soit à la ville ou à a campagne ?

La réponse la plus évidente est une maille : pull à col en V ou à col rond, col roulé, sur-chemise, cardigan, sweater à col châle, gilet etc. Le répertoire est l’un des plus vaste qui puisse être dans la penderie d’un homme. Les coloris sont préférentiellement ceux de la laine naturelle, soit ivoire. Les teintures naturelles à bases de lichens et autres petites plantes des landes de bruyères donnaient des coloris fauves ou feuille morte. Les accords sur des souliers marrons n’en sont que plus logiques ! Le marron, couleur de la décontraction par excellence. De nos jours évidemment on trouve des mailles bleues ou grises. Si les premières accompagnent admirablement des chinos bleu marine et des souliers marrons, de veau-velours par exemple, les secondes sont moins évidentes, car appellent presque immédiatement des souliers noirs, par idéal en telle circonstance.

bomber

Le pantalon reprend les modèles proposés la semaine dernière, avec comme pièce phare le chino de coton beige /mastic. Belle invention que ce chino exporté en Europe à la sortie de la seconde guerre mondiale par les américains, pour 1- se défaire d’un immense stock militaire et 2- permettre à l’Europe de faire face à sa pénurie de textile. Relisez l’article sur Old England à ce sujet.

Autre pièce maintenant incontournable que nos amis d’outre atlantique ont gentillement introduite chez nous : les field jacket. Veston sport par excellence, celui-ci dans ses versions civiles est court (porte à la taille du pantalon), possède une ceinture au niveau de celle du pantalon fait d’un matériaux élastique (caoutchouc ou jersey) ou alors des tirettes ajustables. Ce principe est repris en bas de manches pour empêcher l’air de rentrer. La fermeture se fait souvent avec un zip et la doublure peut-être adaptée à l’hiver ou à l’été. C’est en quelques sorte le ‘barbour’ américain. Pratique et versatile, il est souvent appelé ‘bomber’ bien que chez nous ce nom désigne plutôt un veston de cuir croisé à zip. C’est lui qui est représenté dans l’illustration du jour, en plus d’un pull ras de col type Aran venant d’îles irlandaises. Avec un chino et des bottines type chukka, rien de mieux ! (enfin si peut-être ;))

Dans Apparel Arts, que pouvons nous voir comme tenues décontractées ?  Difficile choix, car évidemment ce genre de tenue n’était pas monnaie-courante. 1- Au club de cricket ou de tennis, un monsieur en complet blanc, l’autre en veston sport. Mais un simple veston. A remarquer, le port de chaussettes blanches de sport, très américain. Ils le faisaient dans les années 60 y compris avec le costume ‘sack suit’. 2- Une tenue estivale pour le yachting. Ici c’est la chemise qui se transforme en veste, pour s’approcher de ce que l’on appelle un ‘saharienne’. 3- Tenue pour la plaisance encore. Mais en version pêcher, avec un pull de type St James et des souliers de toile, déjà existant à l’époque ! 4- Deux choses intéressantes ici : à l’arrière, un jeune homme portant un bomber similaire à celui dessiné aujourd’hui et au premier plan avec le club, le monsieur porte une bien étrange veste, qui a l’air d’être réalisée en jersey, c’est à dire une sorte de veste tricot. Je n’y vois pas de revers. Un cardigan amélioré peut-être…

Julien Scavini

4 réflexions sur “Vers une tenue un peu plus décontractée

  1. Le Chiffre 18 février 2013 / 22:42

    A propos de cette veste étrange que vous mentionnez (image 4), sans revers, et que l’on pouvait d’ailleurs également apercevoir, en vert, avec un renfort en daim à l’épaule, sur l’une des illustrations d’Apparel Arts de votre article de la semaine dernière, il suffit de revoir ses classiques : c’est cette veste, avec poches plaquées, que porte Cary Grant dans The Philadelphia Story (1940), à la toute fin du film. Il se remarrie même avec, chose assez amusante pour l’époque ; une scène où le marié est le personnage le moins formellement habillé de toute l’assistance, et ce lors d’un mariage très high society. D’autant plus ironique que c’est Cary Grant…

    Cependant, je ne suis pas fou de la veste, à part en été à la plage.
    Elle donne un peu l’impression d’un large gilet avec des manches de veste attachées dessus 🙂

  2. Wouarnud 21 février 2013 / 14:29

    M. Scavini,

    Erm, « ArRan » comme les îles du même nom a l’Ouest de l’Irlande. Etant marié à une fille d’Eire, je commenterais simplement que l’on peut aujourd’hui trouver des variations un peu plus intéressantes dans ces pulls de grande qualité, car il faut bien dire que les pulls classiques (et les fameux motifs individuels aux pécheurs) sont quand même un peu vieillot. Mais il est possible de porter un « arran sweater » sans habiter le County Sligo, Pas de publicité gratuite mais ça n’est pas dur a trouver.

    Amicalement,

    Wouarnaud.

  3. F. 23 février 2013 / 16:35

    Wouarnaud faudrait quand meme pas confondre Eilean Arainn et Oileáin Árann.

    • Wouarnud 25 février 2013 / 13:23

      Oui, autant pour moi… Désolé.

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