Le manteau bleu marine

Pour rebondir sur l’article d’il y a quinze jours, j’ai réalisé ce jour deux illustrations avec des manteaux. Il me semble que c’est un choix un peu moins classique ou britannique de faire faire un manteau bleu. Pour autant, c’est un choix d’esthète de nos jours, le bleu était une très belle couleur, avec une immense profondeur. L’avantage du bleu marine : il est toujours plus lumineux que l’anthracite à nuance égale.

manteaux bleu marine

Deux modèles passent très bien en bleu. Le premier est le Rain-coat, raglan ou à manches montées, sur le modèle du Macintosh. En lourde toile de coton ou alors en fin whipcord, c’est peut-être l’un des pardessus les plus versatiles qui soient, à la fois urbain et sport. Il peut être cintré ou non comme sur mon illustration. Ses deux poches raglans permettent de tenir chaud aux mains si l’on a pas de gants.

Le deuxième modèle représenté est un type chesterfield (donc sans les coutures parallèles en bas et des manches, comme sur le covert coat). En bleu marine, il passe immédiatement pour quelque chose d’assez habillé, mais que vous n’aurez pas de mal à accorder à des mises plus sport, dans un esprit franchement italien. Et en effet, comme soulevé par un lecteur la dernière fois, avec un pantalon – ou un costume – gris, cela passe bien. Les souliers noirs ne gênent pas trop la lecture. En revanche, les gants noirs jurent un peu. J’ai été obligé de redessiner des gants bleus. On trouve des nuances de la sorte chez les gantiers. Qu’en pensez-vous ?

J’espère avoir rassuré certains lecteurs décontenancés. La semaine prochaine, nous étudierons le covert coat gris, un classique parmi les classiques. Bonne semaine, Julien Scavini.

Un rare cas de noir élégant

On ne le dira jamais assez souvent, le noir, ça ne se fait pas ! Sauf dans deux cas bien particuliers : les habits – du soir comme la queue de pie ou le smoking, ou du jour comme la jaquette – et les vêtements de deuil. Mais ces deux catégories de vêtements tombent un peu en désuétude… Pourtant, il est un troisième cas où je trouve le noir parfaitement élégant : le grand manteau de ville.

Il se trouve que j’ai un vieux manteau noir complètement usé que je mets beaucoup l’hiver avec le costume. Je préfère en effet réserver le manteau raglan camel et le polo-coat aux tenues un peu plus sport. Et j’ai passé l’hiver à me demander quel manteau de ville je me couperai pour la prochaine saison.

Deux options classique s’offrent aux élégants dans ce cas : le manteau anthracite ou le manteau bleu marine. Alors j’ai fait quelques test dans le métro et regardé les gens autour de moi. Je suis arrivé au constant que l’anthracite avait une petite tendance à ternir. Par contre le bleu marine est très lumineux ! En revanche, le manteau bleu marine sur un costume gris ne constitue pas l’idéal, et vise versa.

Côté mode, une marque que je ne citerais pas commençant par un K et finissant par un S a beaucoup édité cette saison des manteaux noirs à cols fantaisies en fourrure. Si la qualité est terrible, les idées n’en restent pas moins valable. L’avantage d’un manteau noir, c’est le rappel immédiat des souliers noirs. Cela donne un ensemble d’un minimalisme et d’une netteté assurée. Mais alors un manteau tout noir ? Non, ce serait trop triste seulement. J’ai alors repensé à ces fameux manteaux K…..S.

manteau noir

Sur un manteau noir intégral, l’idéal est de recourir à un couvre-col en velours noir. Cela crée un dialogue de texture et un effet de tons intéressant qui rehaussent l’ensemble. Il est également possible de poser des parements en bas des manches dans le même velours. Ainsi, on évite l’effet croque-mort.

De même, je me suis aperçu grâce à mon vieux manteau noir que le port de gant noir (en plus des souliers noirs) n’est vraiment pas heureux. C’est la goutte de trop. Je conseille dès lors des gants gris ou beurre-frais, ou encore bleu marine, si vous êtes en bleu marine dessous. Car c’est la tout l’intérêt du manteau noir, il s’associe aussi bien avec les costumes gris que bleu marine. Ce sont les souliers noirs qui font la jonction.

Je sais évidemment que cette prise de position va en fait rugir plus d’un. Je la tente, rappelant que le manteau noir est un classique des soirées, avec la cape. C’est en effet le seul manteau que vous pourrez enfiler sur un smoking. Et comme l’hiver, il fait nuit quand on part de chez soit, et nuit quand on y rentre, tout va bien 😉

Question détails supplémentaires, pensez aux dos à complications avec des pinces, aux martingales ou aux poches particulières…

Julien Scavini

Le polo, tenue d’hiver et d’été

Il est amusant de constater que la même semaine, deux lecteurs m’ont posé des questions sur le polo et de son absence criante dans mes colonnes. L’occasion d’y répondre. En effet, c’est une pièce dont je parle assez peu, une pièce également peu présente dans le répertoire de l’élégant et dans les règles d’élégance masculine anciennes.

Historiquement, le polo est assez jeune, puisqu’il daterait des années 30. L’histoire la plus commune à son propos est française. En effet, René Lacoste aurait inventé le polo à la fin des années 20 pour faciliter la pratique du tennis. Il a en fait pris la chemise typique des tennismen, en a coupé les manches (qui étaient depuis longtemps retroussées) et a remplacé le coton et la flanelle (des matières tissées) par un jersey dit ‘jersey petit piqué’ (matière tricotée).

Une autre histoire fait provenir le polo des Indes anglaises, où précisément des joueurs de polo, auraient fait confectionner ce vêtement plus simple dans une toile de gros oxford, ayant l’aspect du piqué de coton. Il y a donc une controverse sur le sujet entre les sujets de Sa Majesté et ceux de la République.

Quoiqu’il en soit, le polo de René Lacoste, qu’il commercialisa en Europe et aux Etats-Unis à partir de 1933, avait plusieurs points particuliers, que l’on retrouve encore de nos jours : des manches courtes, une fente boutonnée facilement ouvrable pour respirer, un col mou facilement retournable pour se protéger le cou des brulures du soleil, un jersey de coton pour rester au frais, un pan arrière plus long pour ne pas sortir du pantalon.

Alors justement, comment porte-t-on le polo ? La méthode classique veut qu’à l’instar d’une chemise, on le porte dans le pantalon ou le bermuda. Avec une ceinture. Mais attention à l’aspect ‘saucissonné’ d’un tel ensemble. Bien sûr, la méthode contemporaine est de le sortir. Évidemment, d’aucuns pourraient objecter que c’est négligé.

polo

Quid du polo à manches longues ? S’il est maintenant rare d’en voir porté, il fut à la mode sur les parcours de Golf, notamment ceux de St Andrews en Écosse. Le froid mordant était ainsi contenu et le cardigan en laine d’agneau à manches longues était son indispensable allié. L’ensemble n’est pas le plus élégant, mais il a fut un canon de l’élégance sportive, alors …

Maintenant, comment vois-je le polo ? Il est évident que ma valise en est rempli lorsque je pars l’été sur la côte basque. Mais il est évident que ce n’est vraiment pas un vêtement élégant. C’est un vêtement trop décontracté pour entrer d’une quelconque manière dans un recueil d’élégance. Aucun art la dedans ! Et puis surtout, ce qui ne me le rend pas sympathique, c’est son affreuse tendance à marquer l’anatomie. Vous me direz, on est pas obligé de le prendre ajusté. Oui mais c’est alors pire.

Ainsi, poitrine et petit ventre sont moulés, d’une manière pas forcément avantageuse. De même que le col trop bas fait ressortir des longs cous, dont je suis. Non, vraiment cela fait beaucoup. Dès lors, je préfère autant une bonne chemise fine et pourquoi pas, une chemisette. Mais nous y reviendrons cet été…

Julien Scavini

Pape émérite et surtout coquet

A l’heure où les peuples catholiques du monde attendent la fumée blanche et la prononciation au balcon de la célèbre phrase ‘Habemus Papam‘, intéressons nous quelques instants au vestiaire de Sa Sainteté Benoit XVI ! S’il est inutile d’évoquer de nouveau son fournisseur de chaussettes  – Gamarelli – (qui ne confectionne d’ailleurs pas que ces articles), il est notable que le pape avait un goût pour l’élégance, d’esprit d’abord, vestimentaire ensuite. Et c’est d’autant plus remarquable qu’il est allemand !

Si je ne suis pas un fan des curés en soutanes dans la rue (en revanche cela a de l’allure dans le cadre d’une messe solennelle à St Eugène), il est notable que Benoit XVI a laissé revenir ce vêtement qui avait été remplacé par le moderne costume – pantalon noir depuis Vatican II. Et s’il a beaucoup œuvré pour faire évoluer l’Église d’Occident en la rapprochant de celle d’Orient, des peuples juifs et musulmans (malgré de nombreuses incompréhensions mutuelles), il est et restera comme un vicaire du christ particulièrement conservateur. pape benoit 16 chapeaux

Et sur le plan vestimentaire, évidemment, cela ne me gène guère. C’est tout de même un grand plaisir pour les yeux que de voir tous les hauts prélats du Vatican en grandes couleurs, doublés par les Gardes-Suisses, tout autant bariolés. Nous n’avons plus l’habitude de voir tant de jolis nuances de nos jours, à part peut-être au 14 juillet lorsque les militaires aussi daignent se parer de milles coloris.

Bref, un pape attaché aux traditions et qui n’a pas hésité à exhumer de vieux atours pontificaux. Signe de cela, la nomination en 2007 de Monseigneur Guido Marini au poste de maître des cérémonies liturgiques pontificales. Cet ecclésiastique est favorable à un retour à la tradition vestimentaire. C’est surtout au niveau des accessoires que se manifeste cette envie, comme par exemple à travers l’utilisation d’imposantes mitres de la fin du 18ème siècles (cf. dessin du milieu).

Ensuite, le pape étant frileux (il suffit pour cela de voir le nombre de couches de vêtement qu’il porte : chemise, gilet et veston croisé, avec entre les deux certainement un petit thermolactyl), il a besoin de se couvrir la tête. Ainsi, comme repris dans les dessins en haut, vous pouvez observer un ‘Saturno’. Il s’agit d’un chapeau d’été, couramment porté à Castel Gondolfo et qui est uniquement un accessoire non-cérémoniel (à la différence du ‘Galero’). Aussi appelé ‘Cappello romano’, il est a priori en fourrure de castor ou en feutre, mais peut aussi être de soie rouge. Il est rehaussé d’or. Il est d’ailleurs notable à ce sujet qu’il n’était pas insensible aux dorures.

Autre petite trouvaille de charme beaucoup plus cérémonielle, la remise au goût de jour (car pour le coup, il avait complètement disparu des usages depuis les années 60) du ‘Camauro’. Il s’agit d’un bonnet de laine ou de velours de soie rouge, bordé de fourrure d’Hermine. Si l’on ira pas voir s’il s’agit de vraie ou de fausse fourrure, je ne peux m’empêcher de trouver beaucoup d’attrait à ce couvre-chef. Il ressemble un peu à un bonnet de nuit ce qui n’est pas le plus élégant, mais il constitue une attention remarquable, et amusante ! Attendons de voir si le suivant en perpétue l’usage …

MàJ : finalement la tradition ne se perpétue pas pour l’instant, comme le rapporte Le Chouan.

Julien Scavini

Un début de collection à la boutique

Le printemps arrive bientôt, et avec les nouvelles collections. J’ai eu le plaisir de recevoir ce matin la collection de cravates, pochettes et autres petits accessoires qui je l’espère, vous plairont. Le tout est réalisé en partie à la main, en Italie, pas un excellent petit façonnier. Dans la photo ci-dessous, vous pouvez découvrir quelques modèles de pochettes, 100% lin imprimé ou non, à 30€ :

collect

Les cravates sont d’un standard court, 145cm de long, 8cm de large. Dans le détail, les cravates classiques, à 80€ :

Deux modèles estivaux, 80% soie, 20% coton, aux motifs tissés :cravate coton et soie

Trois modèles en reps de soie lourd dont j’ai aimé l’aspect de ‘jean’, aux motifs tissés :reps

Trois modèles en soie imprimée motif ‘vieux madder’ :vieux madder

Puis, les cravates en grenadine, finement triplée et non doublé, avec une finition de cravate d’atelier, à 100€ :

grenadine

grenadines

MàJ: suite à diverses interrogations sur la construction de cravates non-doublés, il s’agit de cravates 3 plis et non 7 plis. Je pense que cette matière ne se prête pas à ça. Elles sont triplés comme des cravates ‘foulards’, c’est à dire que la triplure fine commence à la garde.

Venez aussi pour les nœuds-papillons, à nouer, à 40€ :papillons

Je vous propose également quelques grandes écharpes / étoles pour l’été, en lin imprimé, de toute beauté, à 120€.

A très vite, et bon week end ! Julien Scavini.

Allons chasser en Ecosse II

Suite de la retranscription de l’article d’Adam édition n°30 de juillet-aout 1954 sur la chasse en Écosse.

 » Les rabats sont très longs et poussés par des rabatteurs parmi lesquels se trouvent des femmes attirées par le côté sportif, presque toujours des étudiantes, parcourant  de très nombreux kilomètres dans un terrain particulièrement difficile, la bruyère mouillée arrivant au dessus du genou des marcheurs. Il faut 30 à 35 rabatteurs pour former une équipe efficace. Une bonne journée de chasse comporte une moyenne de six traques.

On perd peu de gibier parce que la grouse ne piète absolument pas (10 mètres au maximum). Elle reste sur place. Et les chiens sont d’excellents retrievers-labrador. Ils sont fournis par les gardes ou pas des éleveurs spéciaux qui viennent ramasser le gibier.

La chair de la grouse n’est pas appréciée par les tireurs français. Son goût un peu fort rappelle celui de la sauvagine, à l’exception des toutes jeunes, les pouillardes. Pour soigner ses invités, un locataire de moors n’a-t-il pas fait venir un chef d’un des grands restaurants de Paris, assisté de ses deux aides… Le résultat ne fut pas meilleur. Seul le salmis eut les honneurs d’applaudissements.

Les trois cuisiniers parisiens furent ensuite invités à préparer un dîner pour la Princesse Élisabeth, résidant au même moment en Écosse.  La soeur de la Reine en fut si satisfaite qu’elle les reçut dans la soirée pour remettre à chacun d’eux le menu signé de sa propre main.

portrait ecosse breeches

Sur les parties les plus élevées des montagnes, se trouvent de nombreuses hardes de cerfs qui sont tirés à l’approche, après de stratégiques reptations. On ne doit, en effet, les tirer qu’avec des certitudes de succès, c’est-à-dire à moins de 100 mètres. En raison du terrain dénudé, il faut profiter de toutes les petites dénivellations et de l’abri de la bruyère pour ramper, souvent pendant des heures, avant d’assurer son coup de carabine. Signalons aussi les lièvres, bleutés en été, devenant complètement blancs l’hiver.

A la dernière saison de chasse à la grouse de Downie Park assistaient notamment : M. et Mme Marcel Boussac, M. Pierre Etienne Flandin, Lord Granard, Major Caldwell, M. Henry Fayol, M. Vittorio Necchin (le roi des machines à coudre), Marquis Vistorino, MM. André et François Guirche, M. Sainteny, ancien Haut Commissaire de France au Maroc, Général Renaudeau d’Art … Tout près de 3000 grouses constituèrent le tableau général. Seront-ils également tentés par la pêche au saumon ? »

 

Allons chasser en Ecosse

La série des articles sur les essentiels stylistiques est presque terminée. Nous avons vu au cours des semaines passés de nombreux registres, avec les couleurs et formes adaptées. Il reste deux éléments, les manteaux, sur lesquels je reviendrai bientôt (dès que j’aurais quelques minutes de repos) et aussi les blazer. Pour ces derniers, à l’histoire complexe, je vous renvoie vers le numéro du mois de MONSIEUR qui m’a fait l’honneur d’une publication sur le sujet.

Aujourd’hui et la semaine prochaine, je vous propose une retranscription d’un article intitulé « The Glorious Twelve », issu du magazine Adam, édition n°30 de juillet-aout 1954.

« L’ouverture de la chasse à la grouse a lieu le 12 août immuablement. Ce jour-là, en Écosse, les moors voient arriver les locataires et leurs invités pour pratiquer ce sport de tir rapide, entre tous difficile. On calcule que la grouse peut atteindre des vitesses de 100km. à l’heure lorsqu’elle est bien portée par le vent dans un de ses longs vols. Elle épouse souvent les dénivellations  du terrain et celles-ci sont si variées dans ces régions que l’on tire aussi souvent au-dessous de soi qu’au dessus. La photographie en arrière plan de la figurine représente un paysage caractéristique de Downie Park, propriété de l’Earl of Airlie dans le comté d’Angus, au nord de Perth. Même par beau temps, le ciel est variable et cette vision de nuages est caractéristique d’une très belle journée.

C’est un sol complètement dénudé (bien que baptisé ‘The Forest’), recouvert de bruyère, qui tapisse de violet le décor de cette fameuse ‘glorious twelve’. La bruyère doit être brulée tous les sept ans, pour renouveler les jeunes pousses où la grouse trouve sa nourriture. Pendant la guerre, la densité en grouses avait diminué, parce qu’on ne brûlait pas les lots de terrain. On procède à cette opération par petites parcelles, chacune d’elles étant réservée à un coupe de grouses pour y élever sa couvée.

lande de bruyère ecosse

Les meilleurs tireurs affirment que le calibre 12 est celui qui convient le mieux au tir à la grouse et utilisent des cartouches rapides, ce que les Anglais appellent ‘high velocity’, avec du plomb n°6 car l’oiseau est plus gros qu’un perdreau et un peu moins qu’un faisan.

Les tableaux de grouses atteignent dans leurs records 1500 à 1800 oiseaux dans la journée, qui se sont rarement reproduits. Actuellement, pour une journée moyenne, il faut compter 150 paires, soit 300 oiseaux à 8 fusils. Un bon fusil varie entre 60 et 80 à 90.

Pour aller de battue en battue, comme le terrain est très accidenté, les Anglais ont des poneys qui sont des chevaux très sages et très adroits. Le cheval porteur conduit les porte-fusils. Ils sont munis de deux corbeilles latérales destinées aux cartouches et au gibier…. « 

Nous continuerons la semaine prochaine…

Vers une tenue un peu plus décontractée

Le reproche souvent fait à la veste est de ne pas être très pratique (pas assez légère ou souple, trop guindée ou pas assez chaude). Si l’argument ne tient pas toujours, il n’en demeure pas moins vrai que celle-ci peut ne pas paraitre adaptée à toutes les situations. Elle l’était, il suffit pour s’en convaincre de voir l’extraordinaire potentiel des coupes sports (dont beaucoup sont ré-inventés ces temps-ci par Cifonelli). Au delà de la veste, que mettre sur un pantalon sport pour sortir le week end, que ce soit à la ville ou à a campagne ?

La réponse la plus évidente est une maille : pull à col en V ou à col rond, col roulé, sur-chemise, cardigan, sweater à col châle, gilet etc. Le répertoire est l’un des plus vaste qui puisse être dans la penderie d’un homme. Les coloris sont préférentiellement ceux de la laine naturelle, soit ivoire. Les teintures naturelles à bases de lichens et autres petites plantes des landes de bruyères donnaient des coloris fauves ou feuille morte. Les accords sur des souliers marrons n’en sont que plus logiques ! Le marron, couleur de la décontraction par excellence. De nos jours évidemment on trouve des mailles bleues ou grises. Si les premières accompagnent admirablement des chinos bleu marine et des souliers marrons, de veau-velours par exemple, les secondes sont moins évidentes, car appellent presque immédiatement des souliers noirs, par idéal en telle circonstance.

bomber

Le pantalon reprend les modèles proposés la semaine dernière, avec comme pièce phare le chino de coton beige /mastic. Belle invention que ce chino exporté en Europe à la sortie de la seconde guerre mondiale par les américains, pour 1- se défaire d’un immense stock militaire et 2- permettre à l’Europe de faire face à sa pénurie de textile. Relisez l’article sur Old England à ce sujet.

Autre pièce maintenant incontournable que nos amis d’outre atlantique ont gentillement introduite chez nous : les field jacket. Veston sport par excellence, celui-ci dans ses versions civiles est court (porte à la taille du pantalon), possède une ceinture au niveau de celle du pantalon fait d’un matériaux élastique (caoutchouc ou jersey) ou alors des tirettes ajustables. Ce principe est repris en bas de manches pour empêcher l’air de rentrer. La fermeture se fait souvent avec un zip et la doublure peut-être adaptée à l’hiver ou à l’été. C’est en quelques sorte le ‘barbour’ américain. Pratique et versatile, il est souvent appelé ‘bomber’ bien que chez nous ce nom désigne plutôt un veston de cuir croisé à zip. C’est lui qui est représenté dans l’illustration du jour, en plus d’un pull ras de col type Aran venant d’îles irlandaises. Avec un chino et des bottines type chukka, rien de mieux ! (enfin si peut-être ;))

Dans Apparel Arts, que pouvons nous voir comme tenues décontractées ?  Difficile choix, car évidemment ce genre de tenue n’était pas monnaie-courante. 1- Au club de cricket ou de tennis, un monsieur en complet blanc, l’autre en veston sport. Mais un simple veston. A remarquer, le port de chaussettes blanches de sport, très américain. Ils le faisaient dans les années 60 y compris avec le costume ‘sack suit’. 2- Une tenue estivale pour le yachting. Ici c’est la chemise qui se transforme en veste, pour s’approcher de ce que l’on appelle un ‘saharienne’. 3- Tenue pour la plaisance encore. Mais en version pêcher, avec un pull de type St James et des souliers de toile, déjà existant à l’époque ! 4- Deux choses intéressantes ici : à l’arrière, un jeune homme portant un bomber similaire à celui dessiné aujourd’hui et au premier plan avec le club, le monsieur porte une bien étrange veste, qui a l’air d’être réalisée en jersey, c’est à dire une sorte de veste tricot. Je n’y vois pas de revers. Un cardigan amélioré peut-être…

Julien Scavini