Les cols de Stiff Collar

Ce soir nous allons tenter de faire le tour des différents cols de chemise que l’on peut trouver sur le marché, plus ou moins courants, plus ou moins chics, plus ou moins modes. Je dis tenter, car le nombre de possibilité est sidérant, surtout depuis l’avènement des chemisiers industriels à votre mesure. Je tenterai également de nommer correctement les cols, ce que les vendeurs ne savent pas bien souvent faire…

Premier tableau:

A- Le col classique, ou col français, avec une petite ouverture. La version B est plus authentique, avec les rabats du col qui partent du même point, en haut du col, ce qui donne un effet ‘hirondelle’, comme les modèles de Lino Ventura dans certains films. C, le col à pointe ronde, détail transférable sur d’autres types de col.

D- Le dérivé du col français, mais boutonné, appelé col américain ou button down (nous partageons beaucoup de détails sartoriaux avec nos amis US). Inventé par Brooks Brothers dans les années 30 pour les joueurs de Polo, il s’est largement démocratisé pour son côté pratique et décontracté. PS: ne le portez pas avec une cravate au travail, c’est tout à fait déplacé.

E- Le col semi-italien (j’insiste sur le préfixe semi). C’est peut-être le col le plus répandu, tout à fait ‘business’ et de très bon goût.

F- Le col italien 1 est le col premier col spread aussi appelé col cut away. Spread signifie étendu et caractérise la largeur d’ouverture qui dégage largement la base du cou. Ce col est aussi très marqué business. Son origine se trouve en Italie (d’où il tire son nom) mais ce sont les anglais qui l’ont démocratisé au début du siècle avec les premiers voyages touristiques en terre romaine. Certains vendeurs l’appellent col anglais, ce qui n’est dès lors pas faux, même si le col anglais est un autre modèle (H et I)…

G- Le deuxième col spread (ou italien) est le col full spread. C’est l’étape ultime de l’ouverture de cou, très prononcée, très chic, necessitant de bien nouer la cravate en place, très à la mode actuellement.

H- L’un des premiers cols dit anglais est le col boutonné sous patte. Il est semblable dans son rendu au col boutonné (I), cet autre col anglais, très formel, qui donne un petit côté old school, ou même pire… hautain (cf. Dominique Paillé…)

J- Le col officier, avec un bouton sur le pied de col ras.

K- Le col mao, sans bouton sur le pied de col mais une fente.

L- Le col Charvet (sans garantie). C’est un col un peu mode, par forcément nouveau, porté notamment par Ozwald Boateng qui est caractérisé par sa ligne brisée.

Et enfin, les deux derniers cols sous-nommés M et M sont dans l’ordre: le col à lavallière et le col cassé. Le premier possède des points allongées, créant un effet de col classique sur l’avant, à la différence du second, très caractéristique avec ses deux petites pointes qui passent au dessus du nœud papillon (ou de la cravate)…

Pour finir ce petit tour, sachez qu’un col classique et de goût possède des dimensions modérées (comme les gentlemen). La hauteur normale du pied de col est de 3 cm et les pointes de 7 cm, pour les cols business notamment… Les cols à deux boutons en pieds seront plus hauts, et ceux à trois boutons à proscrire, car trop ‘matuvus’ de notre avis, de même que les modèles surpiqués en couleur. Les types les plus chics sont souvent ceux qui présentent de légers effets de froissements, de plis au repassage, que l’on ne trouve plus du fait de l’usage de toiles thermocollantes. Les cols sont habituellement remplis de toiles de percaline (coton fin), piquotées comme des cols de veste.

Plusieurs maisons proposent à Paris des chemises réellement sur-mesure (càd au sens de la loi: réalisée avec trois essayages au moins, dans des méthodes artisanales): Courtot, Lucca, Charvet, Demagne, Rolly. Les deux premiers proposent des tarifs moyens (commençant à 200€), le troisième des tarifs bien plus chauds! Pour ce qui est des fabricants industriels, internet en regorge, régalez vous! Sinon Hilditch & Key, Lanvin, Hermès, Old England, Brooks Brothers proposent de bons produits PàP.

Les tissus et leurs motifs

Si deux grandes catégories de tissages se disputent le marché des tissus de gentlemen (à savoir l’armure toile (fils à 90°) et l’armure sergé (effets diagonaux)), de nombreuses déclinaisons existent et font le bonheur des stylistes et des tailleurs, qui aiment, ou pas les travailler. Souvent d’ailleurs, le choix des armures de tissus est une question de mode. La grosse toile a disparu, trop difficile à travailler, trop visible aussi, au profit le plus souvent de l’armure sergé, résistante, et donnant un bel effet de brillant à la lumière. Par exemple, si la flanelle est une armure toile, il est devenu plus courant de voir le même effet feutré sur des sergés peignés.

Le petit tableau ci-dessous récapitule les grands motifs utilisés, tissés à partir des armures toile et sergé:

1- Armure sergé, motif tennis (en anglais Pin stripe). ce tissus à rayures présente des lignes plutôt fines. Vu de près, cela ressemble à une succession de points. Elle n’est pas à recommander pour qui veut être discret.

2- Armure toile, motif carreau-fenêtre (en anglais window pane). Ce motif est par exemple, à la mode actuellement. Il peut-être réalisé à partir d’une armure sergé également.

3- Armure sergé, motif rayure à la craie (en anglais chalk stripe). C’est une rayure plus large, souvent moins forte que la rayure pin stripe. Elle peut présenter une bon compromis entre port de la rayure et discrétion.

4- Armure toile, motif caviar (en anglais birdseye). Ce tissage est formidable pour qui veut un costume uni avec de la personnalité. L’effet changeant vu de près permet de rompre la monotonie d’un uni.

5- Armure toile, motif pick & pick. Cet effet peut facilement être confondu avec un sergé, mais les rayures sont inversées. Les tissus en pick & pick jouent souvent sur l’opposition de fils de couleurs contrastées pour créer une couleur générale entre-deux, permettant également un effet de chiné.

6- Armure toile, motif pied-de-coq (en anglais hounds tooth). C’est par excellence un exemple de tissus hors du temps, réservé aux vestes de nos grands pères. Ceci dit, bien porté, ce peut être très original.

7- Armure toile, motif glencheck. Souvent confondu avec le prince de Galles, il en représente une version édulcorée, guère à la mode. Le croisement des lignes horizontales et verticales se fait par l’intermédiaire d’un motif pied-de-coq, alourdissant l’ensemble. Idéal pour les manteaux ceci-dit.

8- Armure toile, motif prince de Galles. Tissage excessivement connu, souvent du meilleur effet.

9- Armure sergé, motif chevrons (en anglais herringbone). Il s’agit d’une version complexifiée de l’armure sergé (à diagonales donc) qui n’était plus tout à fait à la mode jusqu’à ce qu’Uniclo propose de très beaux pantalons dans ce motif. Très résistant, il évoque immédiatement les vêtements d’avant-guerre. Ceci dit, il est souvent très esthétiques, car il ‘brille’ d’une rangée à l’autre.

Ce rapide tour est clôt, si toutefois vous aviez des questions ou des remarques, n’hésitez pas, le sujet des tissages est vastes et l’on peut facilement s’y perdre!

Nouvelle adresse de qualité à Paris

Jeudi dernier avait lieu au 37 boulevard des Capucines à Paris l’inauguration de la nouvelle enseigne de la maison Hackett. Cette nouvelle succursale qui s’ajoute à celle de la rue de Sèvres permet de découvrir l’ensemble de la gamme, au rez-de-chaussée les collections tweed et campagne, sponsoring et enfant (je tiens à saluer la qualité des vestes 3/4 ans qui sont hilarantes); au premier niveau les collections formelle, ville et mayfair (difficile de définir la différence entre ces deux lignes). Vous pourrez également découvrir la ligne en confection industrielle (et non pas de sur-mesure, nous ne sommes pas chez un tailleur (au sens de la loi française)).

Votre jeune serviteur avait eu la chance de recevoir une invitation (présentée sous la forme d’un mouchoir de pochette imprimé), ce qui fut l’occasion de sortir le chapeau melon! Outre la divine cave à whisky (nous nous souviendrons longtemps du single malt vingt ans d’âge) et les petits-fours anglais (saucisse sur lit de pommes de terre), cette petite réunion fut l’occasion de rencontrer deux héros modernes vénérés par Stiff Collar: Monsieur Jeremy Hackett himself et Monsieur Floc’h, dessinateur de son état (dessin). Nous avons aussi vu quelques acteurs, MM. Berléand et Arditi, quelques présentateurs de télévision plus ou moins connus et quelques journalistes, dont la très sympathique Suzy Menkes.

Dessin de Floc'h et Jeremy HAckett

Bref, Monsieur Jeremy. J’avais toujours entendu dire qu’il était sympathique et discret, les rumeurs ne s’étaient pas trompées. Gentleman courtois et distigué (pléonasme), c’est l’anglais typique tel qu’on se l’imagine. Il parle calmement, avec flegme dirait-on, pèse ces mots, et n’hésite pas à vous demander ce que vous pensez des produits qu’il vend et que vous portez. Sa devise pourrait être Silence et Dignité – Ordre et Service, je n’en doute pas! Il portait pour l’occasion un très beau costume croisé en flanelle épaisse, et des richelieus à bouts droits glacés JM Weston. D’ailleurs, j’en profite pour évoquer tristement le fait que la plupart des invités n’avaient fait aucun efforts pour se fagoter, et que l’état général des souliers ferait frémir n’importe quel amateur!

Monsieur Floc’h quant à lui est très connu des amateurs du magazine Monsieur qu’il illustre bien souvent, de même que les catalogues de la marque Breuer. C’est aussi un dessinateur émérite dont le travail en ligne claire est très réputé. Si ces personnages sont quelques fois forts chaloupés, à l’image des dessins de Bob de Moor, il a l’art et la manière de représenter les britons des meilleures années, dont le point culminant est la publication de Male Britannia. Stiff Collar lui dédit son travail, ainsi qu’à Ted Benoit, un autre héros du dessin franco-belge!

Pour en revenir à la boutique Hackett, l’exquise directrice de la boutique se prénomme Isabelle et l’une des vendeuse émérite est Malika, une perle rare que je vous conseille de vous mettre dans la poche! Allez y faire un petit tour, pour le plaisir des yeux d’abord, le personnel n’étant pas avare de conseils.

Les pardessus de ville

Petit tour par la tradition du pardessus hivernal ce jour, avec la présentation des trois grands canons classiques que l’on peut trouver dans le vestiaire masculin pour la ville. Les méthodes de coupe préconisent de relever les mesures de la personne sur son gilet et de les majorer suivants quelques règles simples, dont 3cm de plus que la longueur de manche de veste.

Premièrement, on trouve le pardessus croisé classique, sans pinces sous le revers, donnant une bonne ampleur sur les hanches et le bas. Cette coupe permet de conserver une bonne capacité de mouvement, et tient également chaud. Réalisé pourquoi pas en vigogne, c’est tout à fait élégant!La deuxième évolution, issue de la première est le pardessus anglais de forme droite. Réalisé dans un lainage en super 120, son col est en velour ras. Les poches classiques sont, pourquoi pas, plaquées à rabats.

Enfin, la dernière forme du manteau de ville est quelque peu désuette, c’est pour cela que je l’aime, il s’agit du pardessus MacFarlane, connu pour sa pélerine de cocher. Ce vetêment était autrefois en vogue dans le monde élégant. Il emprunte la forme du pardessus droit de soirée. Les revers, s’il en possède, seront recouvert de soie. La pélerine quant à elle est une grande pièce de tissus couvrante, coupée en biais (donnant alors de nombreux plis). Le MacFarlane peut avoir des manches ou pas. Réalisé dans un gros chevron, c’est délicieux:

Vous voilà donc prêt à sortir couvert!

La coupe des revers

S’il est une tâche extrêmement agréable dans le métier de tailleur, c’est bien celui de couper! Et la coupe, c’est tout un art! Si la formation que je suis à l’A.F.T me destine à devenir uniquement apiéceur (celui qui réalise le veston), je goûte mon plaisir lorsque je trace, ce qui n’est pas du goût d’ailleurs du maître tailleur.

En effet, le fonctionnement traditionnel d’un atelier est très hiérarchisé: le tailleur qui reçoit le client prend les mesures et dessine le patron. Il coupe ensuite les tissus, puis donne la bûche (les différents tissus roulés en bûche donc) à : un apiéceur qui réalise le veston, un culottier qui réalise le pantalon, un giletier qui réalise le gilet. Ensuite l’apiéceur rend le travail exécuté, avec les manches et le col non montés, ce qui sera le privilège du tailleur. Un bon ouvrier apiéceur (qui le désire) pourra éventuellement passer ouvrier coupeur (celui qui coupe suivant les patrons), puis tailleur, puis maître en son art… voilà pour le cursus hérité du compagnonnage. Et les tailleurs ont toujours voulu garder au secret leurs méthodes de coupe! Dieu, un apiéceur ne doit pas me voir!

Car la coupe, c’est l’ultime étape du goût et de l’esthétique. Les derniers grands maîtres tailleurs étaient tous des coupeurs de formation; formation dispensée dans la très célèbre école de coupe de la rue d’Aboukir me semble-t-il, aujourd’hui fermée. Francesco Smalto était coupeur chez Camps où il a fait ses armes par exemple.

Mais comme disait Pépin, bref! Revenons en à la coupe du revers de la veste, pour vous montrer à quel point la coupe, c’est important:

Voici figurés trois devants gauches à trois boutons, avec assemblés le devant et le petit côté. La pince recoupe les poches. La ligne rouge foncée représente l’axe de symétrie du revers, sur lequel on le pivote. Faites l’essaie avec votre veste, vous comprendrez.

  1. Cas 1, revers à cran sport (en rose), de type droit. Comme vous le voyez, la coupe du bord du devant suit l’axe DL, y compris le revers. Ainsi, lorsque l’on roule celui-ci, il présente une petite surface et surtout un roulé (à la base, au niveau du bouton) très peu visible. C’est la coupe du prêt à porter, qui l’utilise par soucis d’économie notamment. La pose du passement (bande de coton qui longe le bord intérieur du veston) est facilitée par cette coupe en ligne droite! Cela crée des ‘petits’ revers, disons plutôt mode actuellement.
  2. Cas 2, revers à cran parisien (en rose), de type revers courbe. Vous constatez que le dessin du revers à plat (orange) ne suit pas le DL, et est quelque peu bombé. Cette technique, très culture tailleur, permet au revers de rouler avec élégance, et de bien marquer la base du revers, au niveau du bouton. Elle oblige à poser le passement en courbe, et à piquer les lainages de manière courbe aussi, ce qui n’est pas le plus facile!
  3. Cas 3, revers à cran aigu (en rose), de type devant courbé. Ici, on atteint le summum de l’élégance en terme de coupe, (mais ce n’est pas une obligation ni même une démarche, cela dépend du ‘style’ de la maison) peut-être plus français qu’anglais dans la tradition, quoique… Pour arriver à ce rendu, on courbe aussi le devant, en le rentrant vers l’intérieur (par rapport au DL) au niveau du dernier bouton, et en bombant le revers. Cela crée un ressaut marqué au niveau du roulé. Il est alors possible (à l’instar d’Arnys) d’arrondir le reste de la coupe, notamment l’échancrure du bas, les pinces ou encore les passepoils des poches, ce qui représente un travail non-négligeable. Cela donne un petit esprit équestre pas désagréable, et adoucie le côté strict de la coupe droite, sans pour autant sortir du cadre codifié de la tradition!

Vous constaterez ainsi qu’une coupe grande mesure apporte quelque chose de différent d’un prêt-à-porter, et quelle se remarque, de par son esthétique finement élaborée, dans le détail, car l’élégance n’est que détails…

Editorial du catalogue Arnys AH09

Cet hiver, le catalogue d’Arnys est préfacé par l’écrivan Gabriel Matzneff. Je l’ai retranscrit ici pour votre plaisir. Enjoy:

Quand j’étais un jeune garçon, rue de Sèvres, la piscine Lutécia et le tailleur Arnys se faisaient face. Tandis que, désireux de barboter, le fiston se dévêtait côté impair, son papa composait avec délectation sa garde-robe côté pair. J’associe ces deux noms car la fonction d’une piscine et celle d’un tailleur pour hommes sont analogues. Ici et là, nous apprenons à respecter notre corps, à veiller à notre silhouette, à résister à la tentation de l’avachissement.

Un collégien débraillé peut avoir son charme, mais non un homme d’âge mûr qui se néglige. Dans les années 70 et 80 du siècle dernier, l’allure cradingue, la doudoune bisexuelle, la bedaine mal comprimée dans un jean trop étroit, le rejet systématique de la cravate (je veux dire: même en des circonstances et des lieux où elle s’impose) firent florès. C’était le triomphe de la laideur flasque.

Aujourd’hui les hommes sont las de ressembler à des sacs, ils ont la nostalgie des vêtements bien coupés, ils redécouvrent le plaisir d’être – avec nonchalance et désinvolture – tiré à quatre épingles.

Le contraire de l’avachissement n’est pas le guinderie, c’est l’élégance. Et l’élégance n’est jamais guindée, ostentatoire. Le dandy, mixte d’épicurien et de stoïcien, a horreur de l’épate et n’aime rien tant que passer inaperçu.

L’élégance a son prix, et un esthète fauché ne peut certes pas rendre chaque semaine visite à son tailleur, mais une garde-robe masculine n’a pas besoin d’être surabondante : quelques vêtements de qualité (et donc inusables) suffisent. A thing of beauty is a joy for ever, et c’est pourquoi nous aimons, de temps à autre, casser notre tirelire et pousser la porte de notre tailleur pour nous offrir le gilet, ou l’imperméable, ou le costume, de nos rêves.

Gabriel Matzneff

 

Le Prince de Galles

Non, cet article ne sera pas une extension de Point de Vue – Images du mondes, mais il parlera simplement de ce tissu qui porte le nom de Prince de Galles, cette étoffe si chère aux esthètes de l’habillement. Inventé à Londres vers la fin du XIXème siècle par Charles Redfem, il fut adopté par le futur Edouard VII, prince de Galles, pour ses tenues de voyage. Il lança alors Redfem qui baptisa sa création du nom de son royal client!

schéma de larmure prince de galles, simple et fenêtrée

Dans les faits, le motif du prince de Galles est basé sur les carreaux, faits de jeux de lignes horizontales et verticales qui se croisent à des intervales réguliers dans des nuances voisines du blanc au gris foncé sur un fond gris clair. Quelque fois, ce motif de base est surcoupé d’un mince filet rouge ou bleu, on parle alors de prince de Galles à carreaux-fenêtres. Il diffère du dessin écossais qui lui est généralement fait de nuances vives.

Ce motif est généralement réalisé en croisé 2 et 2 qui présente un quadrillage, souvent contrasté ou plus marqué, qui se superpose sur une armure pied-de-poule. A ce sujet, le pied-de-poule est une armure toile qui présente un visuel d’armure sergé (en diagonale). Le pied-de-poule est un tissu croisé 2 et 2 formé de deux fils de couleurs différentes en chaîne et en trame. Le dessin en forme de damier empietant, caractéristique du tissu pied-de-poule est obtenu par le rythme des effets de chaînes et des effets de trame, associé à une alternance régulière des fils de couleur, en chaîne et en trame. Les motifs gros pied-de-poule sont appelés pied-de-coq.

Pour ce qui est du port du prince de Galles, ce bon compromis entre tissu sport et tissu ville, il est varié et souvent de bon goût. Il permet de porter un motif carreau sans que cela devienne fatiguant. Il est le plus souvent très discret, mis à part peut-être ces princes de Galles des années 30 présentant un format supersized… Deux grandes couleurs dominent: le beige estival (ci-dessus) et le gris plus hivernal (ci-dessous). Ceci dit, cette différenciation n’est qu’une proposition de style, le prince de galles porté en journée peut être très polyvalent, à la ville comme à la campagne ou dans une gare de la côte amalfitaine à côté de vos malles…

Ça ne coûte pas si cher de bien s’habiller

C’est sur cette rengaine commerciale que je vais vous faire part de la tenue que je portais aujourd’hui, pour répondre à un discussion que j’ai entretenu sur un autre blog à propos du coût et de la relation à la classe sociale que peut représenter l’habillement. Si l’on sait que les dépenses d’habillement des ménages français ont baissé de moitié en 45 ans, passant de 11,8 à 4,7% du budget annuel, la perte qualitative fut aussi très grande. (CF cet article captivant de La Dépêche). Ainsi, ce jour pour aller en cours à l’AFT, j’avais sorti ma panoplie méga-brand pas chers, dans une tonalité très automnale:celio

  • La veste en velours côtelé marron, 3 Suisses de l’année dernière, 78€ (+boutons changés pour des modèles en cuirs, chez Ultramode mercerie, 5€)
  • Le pantalon en velours côtelé moutarde, Celio d’il y a trois ans, une cinquantaine d’euros, de bonne coupe.
  • Une chemise Le Grand Comptoir (une sorte de bazar de meubles) blanche rayée marron, 29€
  • Un nœud papillon Polo Ralph Lauren bleu rayé club rouge avec des têtes de chiens de chasse, 9€ à La Vallée Village
  • Une ceinture en veaux-velours, à boucle dorée, Bexley, 29€
  • Une paire de souliers à bouts droits en veaux-velours, amoureusement entretenus, Bexley, 129€
  • Une paire de boutons de manchette ronds dorés, aux puces de Vanves, 15€
  • Un petit mouchoir de pochette beige à pois blancs découpé dans un échantillon de tissus, O€

Voilà pour ce petit tour d’horizon, qui ne manquait pas de panache, pour une prix total franchement raisonnable, avec des classiques réutilisables. Comme quoi aussi, dans les sous-marques, on peut trouver de quoi se fagoter convenablement, à ma grande surprise aussi.

MàJ: Ceci dit, nous sommes tous d’accord que l’Art ne nait pas dans le médiocre ou même le moyen. Mais avec un peu de goût, sans trop de moyen et un grand respect des codes, on peut être correctement ‘mis’. Mais en aucun cas cela ne peut dépasser ou remplacer l’Art, le bien fait et le vrai savoir-faire…

Distractions hivernales

L’annonce de l’hiver flaire bon les ballades au bord des étangs ou ces autres joies de petits matins brumeux. Encore faut-il avoir la bonne tenue, la plus chaude, la plus décontractée, la plus pratique…

Si l’on identifie quatre grandes activités pour la saison froide (chasse, promenade, pêche, équitation), il convient de faire un petit tour des idéaux vestimentaires qu’elles recouvrent. Cet article reprend les thèmes du magazine ADAM d’Avril/Mai 1961, dont la citation.norfolk

La chasse (aux tetras ou aux pigeons d’argiles, c’est selon…) pour commencer. Le veston le plus cannonique qui soit est la veste norfolk (ci dessus), une petite merveille anglo-saxonne, très bien décrite dans cet article sur De Pied en Cap. Cette veste qui réapparait cycliquement suivant un rythme d’une vingtaine d’année doit beaucoup de son succès au prince d’Edinbourgh qui « en choisissant le veston norfolk (…) a prouvé son côté foncièrement pratique. En effet, aucun autre vêtement n’est aussi adapté aux exigences du tireur. L’aisance de cette veste invariablement fendue à mi-hauteur dans le dos, la ceinture lâche, les vastes pohes à soufflets et la coupe confortable des manches et des épaules font de ce vêtement un costume pratique et souple« . Les modèles hérités de l’époque victorienne étaient réalisés en velours cotelés ou en whipcord et les années 60 les ont adoré en drap Grenfell. Ce modèle est notable pour ses bretelles intégrées qui retiennent les poches depuis les épaules. Un bon chevron ou un tweed saxony seront du meilleur effet, en coordonné ou pas. La casquette et les souliers peuvent reprendre le même tissus que la veste…

marchePour la marche, une veste droite imperméable sera de bon aloi. Trois quart, elle permettra un bon jeu de jambe pour les promenades. Réalisée en gabardine de coton avec un intérieur en velours, elle est réversible. Les larges poches de côté (sur des modèles de poche poitrine) permettent de tenir les main au chaud. Un bon pantalon de tweed, pourquoi pas à carreaux fenêtres, c’est la mode du dépareillé inversé (merci le Chouan) sera complété par des derbys en veaux-velours et des gants en pécari.

pechePour la pêche, visons du sérieux, à savoir cette veste coupée dans un tissus type Gore-Tex, tout à fait imperméable à la pluie et au vent, chaude, légère et lavable. La plaque d’épaule est réalisée dans une couleur différente. Des poches à soufflets et à pli creux permettent de promener ses accessoires et de larges poches ventrales permettent d’attendre le goujon les mains au chaud.

chevalPour une visite au paddock, préférez donc cette large veste à col raglan dotée de trois poches extérieures à rabats. Réalisée dans une laine chaude, elle est doublée aux manches d’un fin coton, et son ouverture est réglée par une doublure de protection sur le devant. Les poignets sont dotés de caoutchouc permettant un resserrement sur les gants, pour ne pas faire manche à air à grand galop.

Ces quatre figurines pour vous prouver à quel point, un vêtement bien porté dans une occasion particulière sera d’un grand secours pour assurer votre confort. Une place pour chaque chose, et chaque chose à sa place (dixit un écrivain écossais, on y revient toujours)!

En bras de chemise

Comme le titre de ce billet le laisse présager, nous allons ce soir laisser tomber la veste, pour une raison simple, il fait chaud, dans ces intérieurs surchauffés. Comment donc dès lors être chic? rester élégant?

Le port du gilet, ce vêtement de plus en plus manquant à nos gardes robes semble revenir à la mode, même si l’on voit rarement les gens porter des complets (nom du costume trois pièces d’une même matière). Une raison notable à cela, le coût du gilet. En grande mesure et à 1000€, le choix est vite vu, aussi vite qu’en confection industrielle, où les 150€ de surcoût sont plutôt mis dans la commande d’un second pantalon. Cet argument économique n’est pas le seul, la chaleur étant la seconde des raisons.

Pourtant, le gilet permet de retirer la veste sans peur d’être trop ‘nu’, de modérer sa température corporel tout en restant civilisé.

Il existe plusieurs sortes de gilets bien évidemment, du plus simple au plus habillé. La classification reprend les grands thèmes de la veste, à savoir droit ou croisé, à revers ou non etc… le tableau ci-dessous récapitule ces idées:gilets3Alors évidemment, il convient de ne pas porter le gilet à revers avec n’importe quelle veste. Reprenons les conseils de Parisian Gentleman:

– Avec une veste droite avec des revers à crans simples:

  • gilet droit : sans crans, crans simples
  • gilet croisé : col châle

– Avec une veste droite avec des revers à crans aigus:

  • gilet droit : sans crans, crans aigus
  • gilet croisé: crans aigus, col châle

NB: pour la classification des cols et revers, je renvoie à mon article sur les revers. De plus, il est tout à fait possible de porter un gilet sous une veste croisée, mais si cela se fait moins. Le secret (s’il en est un) est de faire correspondre le ‘formalisme’ des revers, du plus simple au plus formel donc.

Ensuite, libre à vous des porter, à la ville:gilet1ou à la campagne, plus facile notamment en soirée où le compromis élégance/contrôle thermal est optimisé:gilet2Pour ce qui est des couleurs, soit vous préférez le complet (gilet, veste et pantalon sont de la même matière), soit le dépareillé, avec un gilet d’une laine différente, mais c’est alors une histoire plus compliquée, mais peut-être plus ‘moderne’ ou ‘mode’… Pour ce qui est des poches, le gilet est le lieu des fantaisies tailleurs. La norme est quatre poches (du type poche poitrine). Mais vous pouvez trouver des poches passepoilées à rabats, des poches à passepoilées simples, des poches paysannes (un seul et haut passepoil) et que sais-je encore…

Alors messieurs, n’hésitez pas! Vous seriez si élégants sans votre veste mais en complet pantalon+gilet…