Je suis récemment tombé sur une double page ‘Mode Homme’ dans le Figaro Madame, dont je vous joins le scan, ici. Parlons-en, d’autant que l’article est bien tourné et correctement référencé. Bref, presque juste et bien écrit.
Le chino de couleur. Il est vrai que le modèle classique, on ne le répétera jamais assez est beige ou mastic, disons couleur sable, à l’instar de son père le cavalry twill de laine. Ceci dit, le chino moderne est plus volontairement bleu marine – ah le bleu marine dans la conception sportswear, toute une histoire ! Sans aller jusqu’aux chinos brodés de petits motifs preppy, les modèles de couleur sont des compléments intéressants. Avec une petite chemise en chambray ou à fines rayures, cela peut être la juste touche d’intérêt d’une tenue. Mais les couleurs sont difficiles à manier, d’autant que certaines paraissent toujours très passées, comme les roses saumons. Je suis assez d’accord avec la journaliste en ce qui concerne la toile de coton du chino qui doit être épaisse et raide. Les fines matières s’usent vite et froissent beaucoup. Dans les bonnes maisons, exigez donc autant de ‘matière’ que le prix est élevé. Laissons à Zara et H&M le soin de radiner sur le poids de la matière.
Souliers sans chaussettes. Bonne conclusion de la part de la journaliste là encore. Couvrons le haut de notre soulier et arborons de jolies chaussettes ou mi-bas suivant le moment. Car avoir les pieds nus use tout : les pieds et les chaussures qui durent franchement moins. Les espadrilles – oui – peuvent (doivent) se porter sans chaussettes. Je dirais que deux souliers se prêtent moyennement aux pieds nus : les derbys type bucks et les mocassins à gland type tassel-loafer.
Le costume bleu. Voici que voilà le point le plus intéressant de l’article. En effet, il est rare de constater une telle unanimité dans le vestiaire des hommes. Aussi bien les ‘branchouilles’ que les ‘modeux’ que les ‘banquiers’ mettent en avant leurs costumes bleus ces temps-ci. Je vous l’accorde, dans des coupes qui n’ont rien de semblables. J’émettrai une remarque à l’intention des messieurs classiques qui arborent du bleu au travail : faites attention à la coordination de la chemise et de la cravate. Vouloir être minimaliste n’est pas une mauvaise chose, mais ne mettre en place qu’un simple camaïeu de bleu peut vous faire passer pour un steward d’Air France. Surtout si vous y ajoutez une manteau léger bleu marine… Remarquez, c’est déjà un bel effort.
Se pose aussi la question des souliers. Ma seule réponse et je m’y tiendrai est noir ! Avec un costume, qu’il soit bleu ou autre, souliers noirs. Du reste, dans certaines compagnies, c’est obligatoire, le marron étant encore proscrit. Un article entier pourrait être consacré à cette couleur, tant elle est celle de l’époque ! Couleur par excellence du registre urbain, à côté du gris, elle est pourtant la plus utilisée maintenant dans le registre sportswear. Elle s’associe en effet pas mal avec les marrons, au point d’ailleurs que certains hommes n’imaginent même pas que l’on puisse mettre autre chose que du marron aux pieds avec un costume bleu. Marron et bleu, voilà l’attelage le plus courant pour qui veut s’habiller décontracté – uniquement. Si je ne suis pas particulièrement pour – trouvant encore et désespérément le bleu pas assez campagne – je reconnais que cela confère une grande élégance à ceux qui en prennent le parti. Simple et efficace.
Le blazer. Preppy ou papy ? Ni l’un ni l’autre mon général. Classique et bien coupé, il va avec tout. Choisissez une laine légèrement feutrée, il n’en sera que plus mat et élégant, en accompagnement d’un pantalon de flanelle anthracite ou d’un velours rouge. Les versions preppy sont désespérément trop courtes et leurs fines rayures n’apportent rien, si ce n’est de la complication. Enfin, évitez vraiment les blazer The Kooples noirs avec écusson.
La cravate tricot. En effet, celle-ci est au sommet de l’élégance ces temps-ci. Petit rappel : la cravate tricot se finie à angle droit et est faite de mailles de soie. Il ne s’agit pas d’un tissage mais d’un tricotage. En revanche, la grenadine de soie est un tissage à effet mailles. La texture est plus fine que le tricot, la forme de la cravate plus classique. Un choix d’élégance qui préfigure peut-être le retour en grâce de la soie imprimée de petits motifs ? Après avoir fait le tour des cravates clubs en soies lourdes et souvent trop raides, pourquoi pas …
Julien Scavini















