Le crépon de coton

Sous ce nom amusant du logiciel de traduction se cache en fait le fameux seersucker tant apprécié des anglais et des américains. Parlons en ce soir.

Le seersucker de coton est un tissu généralement rayé, utilisé pour confectionner des tenues estivales. Ce terme anglais découvert en Inde provient du perse  « shir o shekar », qui signifierait « de lait et de sucre », probablement du à la ressemblance de ses raies alternées lisses et grossières. Le seersucker est surtout reconnaissable à son tissage curieux. Les fils de trame et de chaîne ne sont pas tendus de la même manière sur le métier.Peu de fabricants existent encore sur ce type de matière, son tissage étant long et complexe. Car une fois les fils bleus (par exemple) insérés dans le tissu, la laize produite est détendue, donnant au drap une apparence froncée le long des rayures blanches. Cette caractéristique facilite la dissipation de chaleur et la circulation d’air. Il convient évidemment de ne pas repasser un seersucker. En revanche il a un côté pratique car infroissable et lavable en machine.

Il est possible de trouver de nombreux articles en seersucker, allant des costumes aux bermudas, en passant par les peignoirs. Les couleurs les plus communes, outre le blanc de fond, sont le bleu et le marron. Mais il est également possible de trouver des raies vertes ou violettes, toujours légèrement plus large que des têtes d’épingles.

Ce sont les commerçants musulmans qui ont rendu célèbre cette étoffe qui fut popularisée dans les chaudes colonies britanniques. Il fut également utilisé pour les uniformes des infirmières durant la deuxième guerre mondiale. Les Américains l’apprécièrent aussi avant le développement de la climatisation. Si son origine dans ce pays fut relativement difficile, il devint à partir du début du siècle la tenue par excellence des gens du sud. Peu à peu les gentlemen du nord le portèrent, popularisé également par les étudiants qui y voyaient à la fois une nouveauté pratique et une occasion de se démarquer des traditionnels costumes. Les journalistes politiques rendirent également honneur au seersucker, en commentant les débats à Washington, ville relativement chaude l’été.  Il est toujours à noter qu’au mois de Juin, il est habituel pour les sénateurs américains de porter des costumes en seersucker, lors des bien nommé seersucker thursday.

S’il est véritable (et donc non lisse), ce tissu constitue une agréable solution pour l’été, à utiliser certes avec modération, mais qui peut faire un effet certain. Voir un élégant porter un costume de cette matière annonce certainement le printemps et le retour des chaudes journées ensoleillées. Traditionnellement, vous trouverez cet article chez Brooks Brothers, bien que de nombreux autres confectionneurs en vendent également.

MàJ: dans le dictionnaire du textile, on trouve aussi à l’onglet historique la définition suivante: tissus de soie, d’or et argent à l’effet ondulé originaire de l’inde et destiné aux habits de cérémonie. Il fut importé en Europe aux alentours de 1746 et devint très recherché à la cour du roi louis XV(1764) – dictionnaire international des tissus.article du journal du textile du 6 avril 1998. Voilà qui n’est pas forcément contradictoire avec son histoire anglaise.

Stiff Collar publié!

Vous en avez peut-être entendu parlé au détour des blogs et autres forums, le dernier numéro du magazine Métiers d’Art pour Mars/Avril se penche sur le métier de tailleur! Et à cette occasion, j’ai eu le privilège de collaborer modestement avec la rédaction, pour fournir croquis et autres schémas, qui font depuis les origines l’essence de ce blog!

La première page (p.25) présente deux schémas, le plan de découpe d’une veste sur un drap et une planche documentaire récapitule les étapes de la mise sur toile:

1- Devant de la veste; 2- Petit Côté; 3- Dos; 4- Passepoils; 5-Parmenture de la poche poitrine; 6- Poche poitrine; 7- Garniture intérieure; 8- Dessous de manche; 9- Dessus de manche; 10- Couvre col.

La deuxième (p.47), faisant face aux commentaires sartoriaux de Lorenzo Cifonelli, reprennent de nombreuses figurines ayant beaucoup plu aux journalistes, les voici:

Certains de ces personnages avaient été publiés ici, beaucoup d’autres proviennent d’un album Facebook où ils sont allés fureter, à raison, et où j’avais pris l’habitude de caricaturer des amis dans leurs tenues de travail!

Pour ce qui est du fond éditorial proprement dit, je suis quelque peu déçu par la recherche qui a été menée. Finalement, ce dossier TAILLEURS se réduit à une peau de chagrin lorsque l’on retire tout ce qui ne le concerne pas, à savoir les rencontres avec les stylistes et autres ‘designer de vêtement’.

Le reportage chez Camps reflète que l’ambiance y est certes agréable (embauchez moi:), mais n’en dit pas plus sur le métier. Je m’attendais véritablement, de la part de Métiers d’Art magazine, à une somme encyclopédique sur le sujet, faisant un point à un instant t du métier en France. Même si les pages drapiers, opéra bastille et tailleurs militaires (qui seront d’ailleurs supprimés à l’Ecole Militaire en 2011 par décret du SGA) me semblent honnêtes dans le lot, je n’ai absolument pas compris les histoires avec Udo Edling ou Gaspard Yurkevitch qui me semblent hors de propos.

Bref, un numéro grand-public sur le sujet, mais heureusement, de nombreux blogs de qualités sont cités dans le carnet d’adresse, reprenons les, vous y trouverez des détails complémentaires :

Évidemment, la liste est trop courte… Sur ces blogs et sites internet, vous pourrez compléter et poursuivre votre éducation de parfait gentlemen, connaisseurs et hommes de goût. Ce travail souvent collaboratif et toujours généreux (dans le sens de la gratuité aussi, c’est important) devient incontournable de nos jours, tant la masse de savoir-faire est importante et diffuse. Maintenir vivante une tradition et la mettre en lumière passe par ce biais. Ici, nous pouvons dénoncer abus et tricheries commerciales, expliquer arts et sciences des métiers, applaudir hommes et savoir-faire!

Merci encore à Priscille de Lassus et Anna Serwanska, rédactrices à Métiers d’Art magazine.

Julien Scavini

Du choix de la bonne laine

Le grand drapier anglais Holland & Sherry inaugurait la semaine dernière son grand et nouveau showroom rue de l’Echaudé dans le quartier de Saint Germain des Près à Paris. Ce nouvel espace qui fait la part belle aux tissus d’ameublement ne doit pas faire oublier l’origine de la marque, qui est l’une des plus renommée qui soit. C’est l’occasion de se pencher sur cette question du tissu de costume.

Car l’un des critères prépondérants en ce qui concerne l’achat d’un nouveau costume est son tissu. Quelle matière choisir d’abord et quelle couleur éventuellement. Dans cette quête de perfection et de qualité, les drapiers justement nous viennent en aide. Un drapier est un acheteur et/ou un fabriquant de laine. Ils sont nombreux, Holland & Sherry donc, mais aussi Harrison of Edinburgh, Robert Noble ou Moxon pour les anglais, Dormeuil en France , Scabal en Belgique, Loro Piana, Zegna ou Vitale Barberis Canonico chez nos amis italiens et Gorina (Certain) pour les espagnols. Notons que les anglais et les italiens mènent la danse, en terme de fabrication ou d’innovation.

Les critères de sélection d’une laine de costume sont:

  • le toucher
  • le tomber (le poids)
  • la résistance
  • la finition (teinture notamment)
  • la qualité générale

Alors autant le dire tout de suite, la laine est une produit couteux, dont les prix varient de 40€ HT/m à 4000€ HT/m pour la vigogne par exemple. Et la laine est un produit vivant aussi, à l’instar du cuir. Une bonne laine provient d’un bon mouton, élevé dans un bon terroir! La chaine de production est également peu mécanisée encore, le tri de la laine (du ventre au dos du mouton) étant le plus souvent réalisé à la main. Ensuite les laines sont lavées pour certaines, afin de retirer les suints du mouton. Après tissages, les laizes subissent des finitions, coutant entre 2 et 4€ HT/m. Certains cachemires tissés en écosse sont mêmes frottés avec de véritables chardons pour obtenir une qualité optimale. Quant aux flanelles, elles sont lavées en tambour pour faire feutrer leur surface. Ces petits traitements de surface sont des triches des drapiers pour améliorer l’esthétique du tissu; esthétique qui s’estompe (rassurez vous, j’amplifie la réalité) lors du décatissage (action de laver ou de passer à la vapeur les laizes avant de les travailler, pour qu’elles rétrécissent en position normale).

Les deux grandes manières de tisser les laines sont la toile et la serge. Évidemment, la toile est plus estivale, car plus aérée. Cette toile présente un maillage simple: un fil sur l’autre, l’un après l’autre, c’est la plus basique. La serge (ou le sergé) présente en revanche un effet de diagonale. Les tissus fil à fil sont par exemple des toiles teintes au fil (présentant donc un effet de chiné) alors que les serges sont plus souvent teintes en pièces. Le caviar se réalise dans la serge, la tête d’épingle dans la toile et le prince de galles dans les deux pour l’exemple.

Le choix de la bonne laine chez son tailleur ou son confectionneur est avant tout un problème d’éducation du client. Pour un usage normal, prenez toujours une de plus de 300gr, minimum 280gr. Une 180gr est pénible à travailler en artisanat et par ailleurs, tous les confectionneurs confondus, gonfle avec l’humidité ambiante et qui plus est la pluie. Le travail se détruit!

Par ailleurs, la grand mode actuellement est de parler de laine super 100’s ou autres. Autant le redire, c’est une absurdité! Donc révisons: la longueur de fil qu’il est possible de tisser à partir d’un kilogramme de laine se définie comme suit:

  • super 100’s, dans 1kg de laine non tissée se trouvent 100km de fils,
  • super 150’s, dans 1kg de laine non tissée se trouvent 150km de fils.

Le diamètre de la fibre ensuite: super 100’s= 18,5 microns; super 150’s= 16 microns; super 220’s 12,5 microns. Mais le poids du tissu, généralement mesuré en gramme par mètre linéaire, ne dépend pas la qualité du tissu. Un super 120’s peut aussi bien avoir un poids de 220gr ou de 400gr! Cela ne préfigure par la laine finie, seulement son fil, donc c’est un mensonge que de parler de légèreté. Cela décrit uniquement la finesse du fil utilisé. Par ailleurs, je vous recommande de voir la certification (genuine) du tissu en ce qui concerne son super XXX’s, sinon il s’agira de laine mélangée. Ceci dit, une laine en super 140’s de 300gr peut constituer une superbe solution pour un costume. En dessous de 300gr, on parlera de tissus légers, au dessus de 300gr de tissus lourds. Un tweed de campagne se trouvera du côté des 450gr et toile d’été plutôt du côté des 250gr.

Mais, chaque occasion nécessite le bon tissu. Pour ce qui est de toutes les saisons, quelque chose de moyen fera l’affaire. Il est à noter que plus l’on monte en europe, plus les clients veulent du léger -comble- ce qui s’explique par le plus grand développement du chauffage centralisé. Les laines d’épaisseurs moyennes auront une tendance naturelle à se défroisser simplement sur cintre, alors que les laines fines froissent (derrière les genoux, aux coudes) de manière visible. Si vous voyagez beaucoup, n’hésitez pas à choisir, si vous souhaitez du léger, une laine avec du polyester de type super 100’s en 230gr par exemple. Sinon, du côté du rêve, de nombreuses inventions récentes (vigogne et cachemire, ortie, bambou, mouton bio) ou anciennes (lin irlandais en 400gr) sont du plus grand secours pour varier les plaisirs. Sinon, les laines de mérinos qui sont constituées de fibres très longues et très douces sont intéressantes à considérer, de même que le mohair qui est un poil de chèvre rêche.

Nous pouvons également trouver, dans le désordre, le poil de chameau, l’orilag (chinchila/angora/laine), l’alpaga (du lama, une des plus chaude laine du monde), l’angora (du lapin), le cashgora (chèvre croisée chachemire et mohair) et enfin les laines peignées etc… Petit coup de pouce final à Holland & Sherry, je recommande fortement ses liasses victory (280gr laine et cachemire) et dakota (whipcord, cavalry twill et flanelles).

Visite à Savile Row

Voici venu le temps du récit, après un retour difficile aux réalités parisiennes et un passionnant traitement des photos du séjour. J’étais donc la fin de semaine dernière (du samedi au lundi soir) à Londres avec l’association de Formation Tailleur pour visiter le célèbre Row, invité par deux drapiers que nous apprécions, Holland & Sherry et Harrison. Le lundi matin, sous un beau soleil et malgré un petit vent du nord, nous avons arpenté cette rue, célèbre dans le monde entier et mis en avant par la perfide albion (humour) comme sa vitrine du bien fait, du fait main, du bespoke!

La première maison visitée fut H. Huntsman dont l’histoire remonte à 1849 et qui se situe au 11 du row. Il s’agit de la maison la plus chère avec des costumes aux alentours des 5000£. Leur modèle fétiche serait actuellement la veste un bouton, que ce soit en répertoire ville ou campagne. Commençons le diaporama (image cliquable):

La boutique, puis la devanture et le vestibule d’entrée. C’est ici que se décident les premiers choix stylistiques avec le client, que le tailleur écoute et analyse ses volontés et desiderata…

Le manager Peter Smith nous fait découvrir les tweed exclusifs pour H Huntsman, réédition de vieilles liasses, dans des coloris plus clairs et des poids plus légers (aux alentours de 500gr). Juste derrière les cabines d’essayages se trouvent les tables de coupe. C’est ici que les coupeurs dessinent le patronage et coupent les draps. Chaque nouveau client a son propre patron, à partir d’une veste seulement. Les gabarits sont ensuite gardés au sous-sol qui en contient pratiquement 5000.

Dans une cabine d’essayage se trouve encore un cheval d’arçon qui permet de visualiser le bon tombé des culottes de cheval et autre hunt jacket. Au sous-sol (enfin plutôt cour à l’anglaise) se situent les ateliers d’apiéceurs. C’est ici que la veste prend forme sous les mains des ouvriers apiéceurs. Enfin, au finishing se trouvait une veste curieuse faite de chutes de tweed: wonderful!

Autre tailleur, même prestige, Gieves & Hawkes sur un emplacement privilégié de Savile Row, au premier. Maison très importante, elle a su développer une gamme extrêmement importante de prêt-à-porter, même si je trouve les coupes pas très excitantes… Gieves & Hawkes est aussi connu pour être le tailleur exclusif et attitré de l’armée britannique, pour qui il réalise encore spencers d’officiers et autres tenues formelles.

Le manager de la boutique tient dans sa main ce que l’on a coutume d’appeler une bûche: après la coupe, les tissus de la veste sont roulés soigneusement avec les éléments accessoires (poches, toiles, doublures etc) pour être donnés à l’apiéceur qui réalise la veste. La bûche est réalisé par une personne dont le poste est dit de ‘saladier’. Les ateliers de Gieves & Hawkes, spacieux et propres sont remplis de jeunes apprentis, cela fait plaisir à voir! Enfin un apiéceur en train de monter une épaulette, avant le piquage des manches.

Visite ensuite chez L.G. Wilkinson, un peu derrière Savile Row, au 11, St George Street. Dans cette boutique résident en fait plusieurs tailleurs qui se répartissent les clients et les ouvriers apiéceurs, dans une sorte de coopérative bien gérée. Chaque tailleur reçoit son client, le patronne et ensuite confie le travail à l’un des ouvriers partagés. Ancienne tenue de maître d’hôtel, frac avec tablier.

Au sous-sol dont se trouvent les apiéceurs partagés. Ils exécutent un travail soigné dans une ambiance bien plus britannique et peut-être plus agréable que dans les grandes maisons. Nous noterons tout de même que le travail à l’anglaise est moins dans les détails, moins dans le tout fait main, comme c’est la règle à Paris. Entre les passements thermocollés, les points deux fois plus grand et les process hérités de l’industrie, la démarche anglaise est plus dans la recherche de l’effet que de la ‘haute couture’ et de ses détails… Différences d’approches intéressantes néanmoins!

Au premier étage de cet immeuble se sont récemment installés deux jeunes tailleurs, mari et femme, travaillant aux noms de Byrne et Burge. La volonté du tailleur principal étant de réaffecter tout l’immeuble à la pratique sartorial (comme c’était le cas avant 1950), ces nouveaux venus participent tout à fait à la réappropriation de cet adresse mythique où Churchill descendait! Ces photos montrent leur atelier, où l’on peut tout trouver pour être élégant.

Henry Poole et Co pour finir ce tour d’horizon, est la maison la plus prestigieuse au 15 de Savile Row. C’est ici que fut inventé le smoking (dinner jacket), c’est d’ici que sortent les uniformes royaux, c’est ici que les cours du monde entier s’habillaient, c’est ici que le snob V. Giscard d’Estaing se faisait tailler des costumes, bref, une adresse incontournable, à l’ancienne!

Remontant à 1781, l’épopée de la maison Henry Poole et Co se confond avec l’Histoire dont ces warrants (appointements) royaux et impériaux sont l’expression. Aux ateliers, sous l’apparent foutoir, le travail continue, avec le même soin pour le bien fait et pour la transmission. Ici aussi, de nombreux jeunes issus d’écoles de mode passent. Comment être grand styliste sans connaitre et appréhender la confection traditionnelle? Comment bousculer les codes sans les connaitres? Alexander McQueen ou Tom Ford sont par exemple passés chez Anderson & Sheppard.

Parfait exemple du mélange tradition et modernité, dans un bel esprit de continuité, une livrée royale en cour de confection. Ce modèle fut réalisé pour le couronnement de la reine Élisabeth II, pour les gardes suivants. A l’occasion du jubilé 1952-2012, toutes ces livrées sont re-réalisées, en sur-mesure bien sûr. Mais il faut trois mois pour réaliser une de ces tenues complète (jaquette + gilet + culotte), alors on prend de l’avance… La laine rouge est éditée exclusivement pour Her Majesty’s Armed Forces, sur laquelle est posée par endroit du velours de soie bleue, surmontée de galons de fils d’or, exclusivement tissés à Lyon pour la couronne. L’ensemble dort la nuit dans un coffre à cause de sa valeur intrinsèque…

Voilà pour ce petit tour d’horizon des tailleurs les plus captivant de Savile Row. Bien sûr nous sommes allés voir Anderson & Sheppard, le plus important tailleur du quartier, qui sort quelques 1500 costumes fait main par an, ce qui reste inégalé de nos jours dans le monde entier. Vous trouverez sur leur site internet (très bien fait) autant de photos que j’en ai fait. Je finirai ce petit reportage par deux visuels qui me tiennent à cœur: un passage par Jermyn Street, le paradis pour les hommes élégants et la cuisine britannique, vraiment pas mauvaise:

Dans le desordre, Turball & Asser, John Lobb, Tricker’s, Hackett, Fortnum & Mason, Ede & Ravenscroft, Trumper, Beretta, New & Lingwood, Edward Green, Hilditch & Key, Favourbrook, Cordings etc…

Fish and Chips, Sausages on mash potatoes et Kidney Pie, le nec plus ultra de la cuisine anglaise, avec une half pint de Guiness (parcequ’il faut être modéré): parfait!

J’espère que ce bref aperçu du Londres Gentlemen vous aura plu. J’ai tenté de photographier les ateliers le plus clairement possible, pour vous rendre compte de l’admirable travail de patience qui s’y réalise quotidiennement depuis presque 200 ans maintenant pour certains!

Julien Scavini

Petit délai

Bonjour,

vous vous demandez certainement pourquoi il n’y a pas eu de publication lundi soir (jour que je consacre à cette activité) et vous avez raison, mais pourquoi! Figurez vous que j’étais en déplacement à Londres -capitale ô combien importante aux yeux des tailleurs- avec mon école d’apiéceur pour visiter notamment la célèbre Savile Row!

Je prends le temps d’organiser mes photos et vous poste le billet aussi vite que possible!

Par ailleurs, notez dans vos agendas que l’Association de Formation Tailleurs (AFT) fera portes ouvertes. Les lundi 15, mardi 16 et mercredi 17 mars 2010, l’Association Formation Tailleur ouvre ses portes de 10h à 18h. Exceptionnellement, cette année, vous pourrez découvrir, outre le métier de tailleur sur mesure pour homme, plusieurs autres métiers artisanaux liés au secteur de la mode (couturier, bottier, chapelier, entre autres). En effet, le 15 mars 2010, cela fera exactement 5 ans que l’AFT existe, occasion de fêter dignement cet événement et célébrer l’artisanat d’art de la mode en général. Je vous invite donc à venir fêter cet anniversaire avec nous lors de nos Journées Portes Ouvertes.

A Baskerville

L’avalanche de sports olympiques à la télévision m’a poussé à déserter France 3 qui ne diffuse plus l’inspecteur Barnaby ces temps-ci et à me réfugier sur le câble, et notamment sur Paris Première qui programmait en février un cycle Sherlock Holmes. Nous avons évidemment eu le droit au Chien des Baskerville, dans une adaptation miteuse. Mais cela m’a rappelé l’excellent opus réalisé par les productions Hammer en 1959. Penchons nous ce soir sur cette réalisation.

Connu pour ses collections de films d’épouvantes, la société Hammer mit aux commandes le réalisateur Terence Fisher pour l’adaptation cinématographique de la plus célèbre œuvre de Sir Arthur Conan Doyle. Tourné au royaume-uni et notamment dans le Surrey, il fut brillamment mis en scène, avec soin et dans les détails. La distribution est également notable avec Peter Cushing dans le rôle de Sherlock Holmes et André Morell dans celui du célèbre docteur Watson. Notons également la présence à l’écran du grand Christopher Lee qui confère à Sir Baskerville un je ne sais quoi d’aristocratique.

L’intérêt des réalisations autour des histoires de Sherlock Holmes réside dans la recréation d’une époque révolue et surtout fantasmée en terme d’élégance et de décorum. Le début du siècle précédent fait l’objet de restitution souvent méticuleuses, dont l’expression ultime est le manteau à pèlerine (appelé MacFarlane) et la pipe recourbée; de même que l’ambiance belle époque, ses minuscules machines à vapeurs et ses véhicules hippomobiles. D’excellentes séries télévisées ont recréé ces temps passés, et aussi certains films, avec plus ou moins d’authenticité.

Même si elle a vieilli, l’adaptation de la Hammer propose dans tous les domaines une vision clair et précise du roman. La lande est parfaitement restituée, avec sa brume et ses mystères à la limite du surnaturel; et les intérieurs, pour la plupart (je pense notamment au presbytère du vicaire) sont tout à fait charmants dans leur cosyness. Pour les costumes, Molly Arbuthnot a fait des propositions convaincantes en terme d’élégance campagnarde. Voyez plutôt:

Dans l’ordre, le docteur Watson porte un complet à veste Norfolk typique. Cette pièce tailleur est l’expression par excellence du vestiaire extramuros. Ses larges poches plaquées à soufflets sont retenues par des bretelles intégrées qui meurent dans les plaques d’épaules. Il s’agit d’un veston très résistant, dont le dos est souvent pourvu de repli d’aisance. Le docteur porte également une chemise à col à pointes rondes.

Holmes quant à lui porte une curieuse veste, à mi chemin entre la Norfolk et la classique à poches à rabats. Notons surtout ce long trottoir (on dit comme cela) qui borde les devants. A l’instar des autres personnages, le veston arbore quatre boutons. La chemise ne doit pas être vu de trop (elle est encore considérée comme un sous-vêtement) mais surtout il s’agit d’avoir chaud, sur la lande de Baskerville et ailleurs. L’un des traits notables de Holmes est aussi ce nœud papillon engoncé sous le col de la chemise et la casquette à double rabats, autrement appelé deerstalker à oreillettes. Si son port en ville est hilarant, il n’en demeure pas moins un excellent moyen de se couvrir les oreilles de la bise.

Enfin sir Baskerville arbore dans le film une tenue délicieusement désuette, à savoir une hunting jacket. Plus précisément, il s’agit d’une veste de cheval dont la réalisation est un chef d’œuvre tailleur: la pièce à taille. A la différence d’une veste traditionnelle, la pièce à taille possède une couture horizontale à la taille qui meure dans le dos au niveau de boutons et d’une longue fente centrale (à l’instar des jaquettes et queues de pie). Cela confère à la veste un tombé plus flottant avec une jupe et des basques évasés.  Il complète l’ensemble avec un jodhpur en cavalry twill à bas volet et un gilet croisé.

Dans tous les cas, Le Chien des Baskerville dans cette adaptation reste un must-see sartorial, bien loin du vulgaire épisode actuellement au cinéma. Chaque détail peut-être analysé, de quoi compenser évidemment, l’intrigue et l’épouvante depuis longtemps éventées!

Une histoire de cintrage

L’une des esthétiques principales que nous présentent les magasines de mode masculine est le cintrage quasi systématique des vestes, souvent aidé par des pinces disposées dans le dos des mannequins. Certains voient dans cette démarche une féminisation des coupes sur le chemin de l’androginité, d’autres y voient le diable ‘Slimane’, mais tentons ce soir d’être objectif.

Le grand tailleur Rousseau à Paris avait une habitude lors des essayages: il pointait du doigt la veste à la perpendiculaire du corps pour chercher l’aisance, et disait régulièrement, comme une sorte d’adage qu’il fallait toucher tout de suite pour y être! Cette idée est représentative d’une bonne démarche de coupe.  L’aisance doit être prise en compte, mais il ne s’agit pas de flotter dans le veston.

L’histoire de la coupe a toujours cherché le bon compromis entre élégance et aisance, ce qui touche à des questions d’appréciation et de goût. Ces quarante dernières années ont vue des évolutions contradictoires en terme d’élégance masculine, le point culminant étant le flasque des années 80. Pour autant les bons tailleurs ont souvent eu comme préceptes de rechercher la ligne juste plus que la ligne de la mode, même si encore une fois cela renvoie à des questions d’appréciations personnelles.

La coupe cherche perpétuellement à renouveler ses codes. Les schémas ci-dessous représentent trois stades d’évolution de cette dernière. Une veste se compose principalement de deux devants, de deux petits-côtés et du dos en deux parties aussi. Sur les schémas, ils sont représentés en haut à plat. En rouge les bords qui seront piqués ensemble, en vert l’emmanchure de la manche. Donc le premier schéma représente la version de base, datée années 50. Le petit côté (celui du milieu) est relativement droit et se termine par le bas de l’emmanchure. Il se raccorde sur le devant en tangente horizontale et se raccorde sur le dos en tangente quasi verticale. Le dos est donc peu marqué par les manches.

La première proposition pourrait donc dater des années 50 (schéma 1). Souvenons nous dans les anciens magazines ou films de ces vestes taillées comme des armoires et proposant des bustes très larges, très masculins pourrait-on dire. Ces vestes étaient taillées comme des tubes, ce qui donnera d’ailleurs à Pierre Cardin l’idée de ces vestes tuyaux  à basques carrés dans les années 60/70. Nos amis grands bretons furent d’un sens les premiers à chercher le cintrage, sans pour autant modifier la coupe en profondeur (schéma 2). Le petit côté reste quasi le même. Les italiens (je généralise d’un sens, car l’histoire est bien plus complexe) sont allés plus loin en modifiant la coupe du petit côté, qui se raccorde dès lors au dos avec une pente moins importante de l’emmanchure. Cela fait reposer sur le dos une partie plus importante de l’emmanchure. Il s’agit de la démarche la plus actuelle.

Ces trois démarches proposent trois visions stylistiques différentes. La première donne une carrure (carrure en U), la deuxième un léger cintrage mais proposant toujours un dos large (carrure en V) et la troisième une silhouette très près du corps et beaucoup plus fluide. Mais si la dernière est fortement représentée dans le commerce du prêt-à-porter, un tailleur sera capable de proposer les trois suivants le ‘gabarit’ du client qu’il rencontre. Quelqu’un de fort et de carré sera parfaitement à l’aise dans la première. Une personne sportive sera plus confortablement habillée par la deuxième et enfin le drop mince et urbain sera quant à lui parfaitement à l’aise dans la troisième. Les différences apparaissent fortement sur les hanches devant et sur les épaules dos.

Voici trois exemples de coupes montrant l’infinie possibilité de l’art tailleur pour créer des silhouettes différentes loin de la standardisation industrielle. Ces trois schémas presente aussi trois histoires de la coupe et du style qu’il est innévitable de comprendre pour bien appréhender les spécificités historiques du costume masculin. Et notons enfin à quel point, pour un simple cintrage, ou plutôt une simple coupe ‘près du corps’, il aura fallu du temps pour définir et redéfinir les normes tailleurs, sans changer les fondements, mais en les améliorant, dans une démarche presque darwiniste d’évolution.

A bord de l’Orient Express (fin)

Ce soir, découvrons les trois derniers personnages masculins du film de Sydney Lumet:

  • premièrement, le comte Andrenyi (joué par le jeune -à l’époque- Michael York) qui est jeune marié avec la comtesse Eléna ou Héléna Greewood, sœur de la défunte Mrs Armstrong. Jeune diplomate, il s’habille de manière très luxueuse -nous pensons notamment à son magnifique manteau de fourrure du début du film- et pour l’occasion de dessin, en négligé d’intérieur, complet sans la veste en laine grise et foulard en ascot.
  • Comptons également Hercules Poirot, joué pour l’occasion du long métrage par Albert Finney qui signe là l’un de ses grands rôles! Nous retenons la tenue du dénouement, à savoir un costume croisé marron à rayures plus claires, porté avec un gilet, une chemise blanche et un nœud papillon à motifs painsley. La veste du croisé arbore d’ailleurs un couvre-col en velours marron clair.
  • Enfin le meurtrier (mais pas celui que l’on croit…), Samuel Ratchett (joué par Richard Widmark) qui arbore le costume typique de l’américain des années 30: le croisé noir à rayures grises.

Cette série d’article est maintenant finie, après un tour complet des personnages masculins et de leurs tenues en dessins. Si l’art costumier dans ce film n’excelle pas forcément, nous retonnons l’atmosphère homogène qui s’en dégage. Notons par exemple la forte présence de tissus à rayures et de coupes généreuses (les revers notamment) tout à fait de bon ton dans l’entre-deux guerres. Retenons aussi la justesse des propositions pour chaque classe sociale, donnant immédiatement une lisibilité à l’ensemble des ‘jurés’, comme un condensé de la société, justifiant plus ou moins moralement le sort réservé à Ratchett; les domestiques, suivant leur rang, ressemblent à des domestiques, les aristocrates de même. En revanche nous penserons à regret à la faible présence de mouchoirs de pochettes. Notons enfin que les costumes sont un savant mélange d’un style des années 30 rêvé et de la mode des années 70. Car nous le savons bien entre gentlemen, les années 30 restent une référence en terme d’élégance, mais elles sont bien souvent réinterprétés -malgré nous ou consciemment- dans un esprit plus ‘contemporain’…

L’Orient Express et son crime (MàJ 1)

Réalisé en 1974 et nommé plusieurs fois aux oscars, Le Crime de L’Orient Express a été adapté du roman éponyme d’Agatha Christie par Sydney Lumet qui a réuni pour l’occasion une belle pléiade d’acteurs, signant là l’une des adaptations les plus ambitieuses des aventures d’Hercules Poirot. Le détective belge fut joué par Albert Finney, qui donna pour l’occasion la réplique à (entres autres) Sean Connery, Lauren Bacall ou encore John Gielgud.

Ce film est remarquable à plusieurs niveaux, que ce soit de la musique (de Richard Rodney) aux décors (de Tony Walton), en passant par les costumes, (du même décorateur) l’occasion pour Stiff Collar de revenir sur cette vision des années 30. Commençons ce soir par quatre des personnages masculins secondaires:

  • Bianchi ou Blanchet (suivant la langue) d’abord (joué par Martin Balsam), qui est l’ami de Poirot et le directeur de la ligne de l’Orient Express. Il lui permet d’accéder à bord pour rentrer en France. Ce personnage arbore pendant le film un complet en prince de galles gris, additionné d’une chemise à rayures bleus et d’un nœud papillon blanc à pois bleus.
  • Cyrus Hardman ensuite (joué par Colin Blakely), ancien policier et fiancé de la nounou des Armstrong puis détective de l’agence Pinkerton, porte quant à lui une veste en gros prince de galles additionnée d’un pantalon de flanelle grise, d’un pull en jacquard et d’une chemise rose.
  • Gino Foscarelli (joué par Denis Quilley) est l’ancien chauffeur des Armstrong devenu vendeur de voitures. Il arbore, ‘en bon italien’, un costume voyant noir à rayures beiges, additionné d’un gilet gris et d’une chemise à rayure. Les revers de sa veste sont typiques de l’époque et de sa profession avec ses pointes marquées.
  • Enfin le docteur Constantine (joué par George Coulouris) est l’aide de Poirot et de Blanchet à bord du train où il effectuera l’autopsie du corps de Ratchett. Il porte un complet dont la matière reste difficile à définir, entre le pied de poule et le petit carreau.

Dans la semaine, nous étudierons le reste des personnages masculins! En attendant, régalez-vous avec le roman et son intrigue complexe où la morale le dispute au suspens 😉

Les quatre personnages que nous étudirons ce soir sont:

  • Le valet de Ratchett, le bon Bedoes et qui est joué par l’excellent John Gielgud.  Il porte pour l’occasion ce que l’on pourrait qualifier de Stroller, à savoir la version plus ‘usuelle’ de la jaquette du maître d’hôtel. Il se compose d’une veste et d’un gilet noir, d’un pantalon à rayures et d’un chemise à col cassé portée avec une cravate club.
  • Le secrétaire de Ratchett, le curieux Hector McQueen (joué par Anthony Perkins) qui arbore en bon ancien étudiant américain son blazer à écusson, additionné d’un pull jacquard et d’une cravate club. Le pantalon de flanelle complète l’ensemble d’un manière fort classique.
  • L’ami de Mary Debenham et ancien collègue de M. Armstrong est le colonel Arbuthnot (joué par  Sean Connery). Il portait pour rentrer en angleterre un complet de tweed en pied de poule avec une cravate club. Sa moustache très british convenait parfaitement à l’acteur qui plus est!
  • Enfin le conducteur du wagon-lit est le français Pierre Michel (joué par Jean-Pierre Cassel). Il arbore sa livrée noire gansé de rouge, à col officier avec beaucoup de tenue!

A lundi!

Le pantalon dépareillé

Au cours d’une visite récente dans une grande surface de l’habillement, un ami m’a demandé ce que je pensais d’un pantalon anthracite à rayures violettes vendu seul, sans veste; et je dois dire que j’ai été bien incapable de me prononcer sur le sujet: mais avec quel type de veste et dans quelle occasion un tel pantalon pourrait-être porté? De même pour nombre de références en prince de galles (très à la mode apparemment) ou à rayures multiples. Donc voici l’occasion de revenir aux fondamentaux en terme de pantalon.

Traditionnellement chez les hommes, nous avons en résumé deux tenues: le complet (de ville ou de campagne) autrement appelé costume et la tenue sport. Si la première est évidemment unie, le pantalon et la veste étant coupés dans le même drap, la seconde ouvre des possibilités infinies de combinaisons. Nous appelons habituellement et par extension vêtement de sport les vestes réalisées dans des tissus différents des étoffes de villes (plutôt bleu marine ou gris/noir, à rayures ou pas) car souvent plus épaisses et peut-être moins unis en terme de motifs. Du gros chevrons aux carreaux en passant par le glencheck plaid, le répertoire est important pour cette composition vestimentaire des instants de détente. Nous comptons également dans ce registre les blazers, droits ou croisés, même si l’assemblage est osé!

Bref, dès qu’une veste est vendue seule, elle peut être catégorisée dans les vestes de sport. C’est une appellation avant tout, ayant perdu ses origines depuis les clubs. Avec ces vestes, que portons nous en bas?

  • La première possibilité, évidemment, est le pantalon de flanelle grise (unie). Historiquement portée l’été, cette étoffe s’est rendue indispensable pour compléter les vestes aussi bien que les blazers. Il s’agit du canon de l’élégance masculine, incontournable aux quatre coins du monde occidental. La flanelle peut se présenter en plusieurs épaisseurs et diverses nuances, de l’anthracite au gris clair. Ce pantalon doit arborer un pli de repassage et peut avoir des revers;
  • Les pantalons en gros chevrons peuvent constituer une réponse ad hoc à la campagne et pourquoi pas à la ville, à vous de tenter, de même pour les pantalons en tartans.
  • Nous classerons en troisième le chino de coton, très utile et qui s’est fortement démocratisé sans être aussi vulgaire que le jean. De couleurs variées, du bleu marine au beige en passant par le blanc, il propose une lecture plus décontractée de la tenue de sport, sans son pli marqué et sa résistance accrue, notamment au lavage mécanique. Nous noterons que le cavalry twill, une forte armure de laine souvent en beige ou mastic, reste l’ancêtre toujours usité du chino.
  • Les velours côtelés constituent une importante catégorie de possibles, dans de nombreuses couleurs mais restent plutôt hivernaux, de même que les moleskines.
  • Enfin pour l’été, un nombre important de laines froides ou de laines vierges pourront compléter les vestes légères en soie ou en lin, dans des motifs souvent unis.

Voilà pour l’état des lieux des classiques possibles et qui laissent entrevoir de nombreuses variantes malgré tout, dans un cadre tenu de modèles. Pour autant je n’ai pas répondu à la question préliminaire du pantalon à rayures violettes. Car la rayure est un motif de ville par excellence, et le collisionner avec des attributs sportifs (synonyme de dépareillé donc) me pose problème. Je n’ai pas d’idée, comme pour le pantalon noir uni par exemple, à part peut-être de le completer avec une maille, pull ou cardigan, mais je n’ai jamais été un admirateur de ces pièces, à la différence des créateurs actuels appatés par les volumes à prix réduits qu’ils permettent de réaliser. Une veste coûte en effet plus chère, surtout si vous cherchez à en avoir autant que de tricots, mais l’effet est plus construit, plus recherché et nécessite un peu de goût, entre la pochette et la cravate, car oui, une cravate est toujours utile, au moins pour tenir le cou au chaud!