Alors qu’un froid mordant nous est déjà tombé dessus, les commandes de manteaux battent leur plein, ce qui est déjà un fait assez notable pour être remarqué. Habituellement, je vends un à deux manteaux par an ; alors que ce mois-ci, quasiment un par semaine ! Ce sont principalement des manteaux classiques que choisissent les clients, lourds peignés bleu marine, avec quelques fantaisie sur les doublures en laine, à carreaux ou à pois.
Vous le savez peut-être, je réalise des petites et demi-mesures. Dès lors mes modèles sont réduits – même si mon atelier italien propose une large gamme. Un de mes amis est venu avec une demande toute simple en demi-mesure : un manteau croisé, très à l’italienne, plutôt trois-quart, dans un drap bleu marine laine et cachemire. Comme il me dit, rien dans le commerce ne lui avait plu, poches idiotes, doublures trop bariolées, coupe moche, jamais de simplicité. La fiancé d’un autre client me rapporta qu’elle aussi ne trouvait rien. « Même chez St James, ils font des boutonnières colorées et des doublures patchwork genre manteau de la droguerie » me dit elle en rigolant !
Remarque importante, le manteau devait avoir l’aisance d’une veste, c’est à dire être assez près du corps pour être porté directement sur la chemise ou un pull. Le croisé devait être sur une base 2×6, c’est à dire un carré de 2 boutons fonctionnels, plus deux boutons décoratifs. Dessin que je ne proposais pas en demi-mesure européenne. J’ai alors fait une petite recherche sur internet avec mon ami, de photos diverses glanées sur Google, principalement avec les mots clés ‘coat’ ‘pitti uomo’ ‘italian’ etc…

Nous avons finalement abouti à une proposition sobre que l’atelier va m’exécuter. Et plus j’y pense, plus j’apprécie cette forme très classique mais avec quelques petits twist : poches plaquées à rabats plutôt sport, épaule ronde, taille relativement courte. Et en passant devant une vitrine d’Arthur & Fox, j’ai pu apercevoir un manteau identique. Donc, les choix sont les bons.
Le croisé a cet avantage par rapport au manteau droit, il donne un petit surplus de chaleur sur le devant. Grâce aux deux pans de tissus de la croisure qui se recouvrent, on gagne quelques degrés sur le ventre, partie qui nécessite le plus d’être enveloppée. Cet effet va de paire avec un manteau plutôt près du corps. Finalement, alors que je le poussais à choisir une forme classique de covercoat, ceci est un exemple d’une discussion constructive. Nous attendons maintenant le résultat !
Bonne semaine, Julien Scavini











































