Qu’il fait chaud!

Que diable, quelle chaleur à l’atelier ces temps-ci, entre l’énervement des machines à coudre et l’échauffement des fers! Mais alors, que mettre? Si l’obligation de service au client impose, évidemment, le port du costume (nous y reviendrons dans un futur article), la vie d’atelier est plus décontractée. Hélas, les tenues pour être chic et court sont rares.

Notons, en partant du bas le non port de chaussettes. Monsieur de ce mois-ci propose une astucieuse idée pour porter les mocassins nu-pied, sans avoir peur de se bruler les talons sur le cuir, à savoir un petit bas discret, acheté au rayon féminin de la marque (chez Falke). Quant aux souliers, les habituels mocassins, ici dans une version bicolore, ou les derbys type ‘buck’ en veau velours à semelle crêpe sont de sortie. MàJ: D’aucun me souffle également le port des espadrilles, une corde de choix!

Puis, le bermuda. Cette pièce essentielle de la garde robe varie beaucoup dans sa forme. Quelle soit très courte dans un genre short de boyscout ou plus longue, elle apporte un gain en terme de fraicheur non-négligeable. Pour ma part, une longueur autour du genoux protège ma pudeur. La matière est souvent le coton, en version chino ou pourquoi pas en madras. Pensez aussi à vos vieux pantalons de flanelle. Une rapide coupe à mi-mollet permet de confectionner un bermuda à revers. Avec 5cm de revers c’est parfait!

D’ailleurs ce bermuda à revers possède une petite esthétique très années 60 que je ne renie pas. Avec une paire de Persol, c’est tout à fait adéquat. J’ai revu récemment le très bon film de Steven Spielberg ‘Attrape moi si tu peux‘ qui m’a remémoré cette époque où les américains faisaient encore mine de goût. Avec ce bermuda en flanelle, pourquoi ne pas tenter la chemisette…?

Là, je vois les puristes fuirent. Non à la chemisette toute colorée avec une cravate dans l’environnement de travail. Non pratiquement tout le temps à la chemisette. Mais dans ce cas de figure, avec le pli de repassage bien marqué, dans un colori simple, je crois, je pense que c’est une bonne option. La seule autre occasion de porter admirablement la chemisette serait lors d’un quelconque voyage en asie mineure, avec une saharienne. Les militaires anglais en poste sur le sous-continent indien ne s’y trompaient pas.

Sinon, l’habituel polo à manche courte, dont l’origine remonte aux premiers temps du rugby, est toujours d’actualité. Hélas, les vraies mailles de jersey ne se trouvent plus beaucoup. Elles sont pourtant plus aérées que les piqués de chez Ralph Lauren et consort. J’en ai vu récemment chez Charvet, mais à plus de 500€ la chemise-polo, elles sont d’un luxe rare.

Julien Scavini

Frac contre smoking dans les 60’s.

Cet article est extrait du très célèbre magazine masculin ADAM n°262, décembre/janvier 1960/61, aux éditions Condé Nast. J’ai tout à fait apprécié le ton du journaliste (non crédité) à propos d’une soirée parisienne. Il fait suite à la série d’articles sur le frac et le smoking. L’occasion de vous le retranscrire, et de l’illustrer:

« Faut-il le déplorer? L’habit perd pied dans les soirées parisiennes. Le gala de la première représentation de l’International Ballet du marquis de Cuevas justifiait pourtant le port du frac dans le magnifique théâtre des Champs Elysées. Mais les smokings y étaient représentés dans une proportion de 99%. Le marquis lui même était en smoking, alors ses invités se sentaient parfaitement dans le ton. Où est-il, le temps où les habitués de la Salle Garnier ne pouvaient se rendre à l’Opéra autrement qu’en cravate blanche, manteau noir et haut de forme mat? On ne les compterait même pas sur les cinq doigts d’une main lors des soirs habillés actuels. Il faut la présence du chef de l’État pour un gala donné en l’honneur d’un hôte illustre, de passage, pour que réapparaissent les habits – sur lesquels les brochettes de décorations jettent leur éclat coloré. Mais alors combien on s’attristera, lors de l’entrée du théâtre, en voyant nos contemporains gravir les marches de l’escalier d’honneur sur lesquelles les gardes républicains – eux, en grande tenue – saluent de l’éclair de leur sabre les hautes personnalités, vêtues de manteaux de pluie, trench-coats, pardessus beiges en poil de chameau, contrastant si pauvrement avec les visons, les brocarts, les soies des riches manteaux féminins. que de va-nu-tête! Que de gants maculés (bien sûr, le chevreau ne s’accorde guère au contact  du volant). On ne voudrait pas être, ici, censeur impitoyable et grogner une fois encore sur l’évanouissement des traditions d’élégance. Pourtant, que diable! un manteau noir n’est pas un luxe! Il peut être en vigogne, en cachemire, mais aussi en drap d’honnête qualité ; il devient alors à la portée de toutes les bourses.« 

Julien Scavini

Une (grosse) production d’une année de cours à l’AFT

Ce soir, nous allons faire un petit tour en photos de ma production de vestes et autres devants. Car au cours d’une année à l’Assocation de Formation Tailleurs, l’art des poches -nombreuses- nous est enseigné, mais pas seulement. Lorsque nous commençons à maitriser certains détails, la suite logique est de les assembler, sous forme de devants gauche simple (demi-veste en somme) et encore plus avant, sous forme de veste. Évidemment, la formation d’apiéceur en dix mois ne recouvre pas le montage de manches ou du col. Mais, une professeur admirable et un peu d’obstination m’ont permis d’arriver à cette fin. J’ai d’ors et déjà fini trois vestes, ce qui n’est pas si mal, sachant que je suis parti de zéro: sans savoir coudre!

Commençons par les devants, simplement:

  • le premier des meilleurs est ce devant de veste trois boutons, en lainage motif glencheck plaid. 400gr environs. Doublure bemberg rabattue à la soie. Petite erreur de positionnement de la poche intérieure haute, mais ce n’est pas bien grave. Le patron est le mien, sur une coupe à mon idée.
  • le second, ce devant de smoking croisé en lainage bleu nuit, 260gr, avec garniture de satin lourd. Bel essai, mais la garniture est piquée machine, et non rabattue à la main comme c’est l’usage en grande mesure:
  • le troisième enfin, non doublé, sur un lainage fin à rayures 220gr. Revers en pointe très marqué et très haut. Vous découvrez donc l’intérieur de la veste, comme illustré sur les croquis de toiles tailleurs.
  • les vestes maintenant, avec cette première ébauche, dans un joli pied de poule multicolore, en fini cachemire, 320gr. Toujours sur une coupe personnelle, à ma taille. Poches en biais, poche à ticket, revers à cran aigu haut, veste trois boutons et une fente milieu dos très profonde (j’avais l’idée de pouvoir l’utiliser au cheval). Le couvre-col n’est pas posé et les manches non finies, mais je reste content du raccord de la poche poitrine:
  • je me suis ensuite attaqué à une veste qui me tenait à cœur, pour la chasse. Dans un drap moyen (350gr) à chevrons fenêtrés, peut-être Harrisons, elle arbore deux grandes poches à soufflets à rabats et deux poches ventrales passepoilées. Je dispose toujours le cran de col assez haut, peut-être trop? Le dos possède une martingale (le plus sympathique détail pour une veste) et une fente milieu. Les bas de manches sont à quatre boutons, dont un dissimulé (à la Saint Laurent). La doublure intérieure est une moire d’acétate, très résistante et imperméable:
  • ensuite, petit travail pour ma sœur qui devenait jalouse 🙂 Une petite veste en serge de laine (qui ressemble à du jean), dans une coupe près du corps avec un revers rond années 30. Surpiqure évidemment main en blanc pour rehausser et doublure demi-dos:
  • j’ai ensuite essayé un petit gilet dans un tartan de chez Harrisons. Je devais avoir le pantalon, mais le culottier l’a raté, ce qui arrive, dans une école:
  • d’ailleurs en parlant de ratage, voyons cette veste en prince de galles en lin/laine, que je n’arrive pas à finir, à cause des manches, de leur raccord et de leur embu principalement! J’avais essayé un revers extra-large, pour tester, et imiter les dernières collections polo RL:
  • puis, j’ai enchainé sur mon stroller, vous savez, je vous en ai déjà parlé ici. J’ai réalisé la veste deux boutons à cran aigu et le gilet croisé à cran aigu dans une toile anthracite (350gr). Le résultat porté n’est pas si mal, même si les manches grignent un peu par endroit. Quant au pantalon à deux plis, il m’a couté 105€ en mesure chez Gambler, ce qui reste le meilleur rapport qualité/prix de Paris! Et fabriqué en France qui plus est. La boutonnière de revers à la milanaise est toujours faite maison:
  • enfin, la dernière veste en date, ma préférée et ma plus réussie (même si le col une fois porté tombe un peu bas). Dans un beau tissu Wain Shield en 300gr, j’ai réalisé ce petit blazer à poches plaquées (bordées en haut), semi-doublé. Le bords sont entourés d’un biais de coton bleu et les fonds de poches réalisés en coton de chemise blanc rayé bleu.  Les boutons sont recouverts et mes initiales en feutre cousues sous le col. Toutes les coutures y sont couchées ( et non ouvertes) y compris pinces et épaules:

Voilà pour ce long tour à travers une année de création, quasiment une année pour ce blog aussi. Il n’est évidemment pas conseillé de réaliser autant de travaux en si peu de temps. Je n’ai en tout cas jamais vécu d’année si brève et n’ai pas arreté une seconde de travailler, pour produire toujours et encore. Que voulez-vous, quand on aime, on ne compte vraiment pas. Mais je suis assez heureux du résultat et de l’expérience accumulée, ce qui sera fort utile pour la suite! Julien Scavini

Les toiles tailleurs

En cet avant dernier jour du CAP tailleur, il fut intensément question dans ma tête de la découpe des toiles et aux plastrons qui composent l’essentiel d’une veste de tailleur. Rigidifiant le lainage du devant de la veste, ces toiles ont d’autres propriétés, qui dépendent de la méthode de pause ou de l’esthétique générale de la veste. Ils forment le soubassement du veston. Alors que l’industrie les ont rendus légères, à grands coups  de thermocollage, les tailleurs ont toujours recours à d’ancestraux systèmes de piquotage, donnant du galbe au devants, formant la poitrine. Et tout ne se joue pas au fer, au contraire! Nous allons tâcher d’y voir plus clair, entre les différentes approches tailleurs (car évidement, autant de méthodes que de tailleurs). Accrochez vous, cet article en forme d’encyclopédie est réservé aux plus connaisseurs!

Récapitulons d’abord la hiérarchie. Tous les tailleurs utilisent en premier lieu la toile tailleur, ou toile de corps, constituée de laine vierge à 100%. Tissée grossièrement, elle contient encore beaucoup de suints, utiles au travail au fer. Il convient de la faire décatir plusieurs heures dans une bassine d’eau avant de la travailler.  Cette toile, malgré sa grossièreté de tissage, existe dans un nombre quasi infini d’épaisseur et de poids, permettant à chaque professionnel d’adapter son choix au lainage. Cette toile occupe une bonne partie du devant, y compris les revers lainage, lesquels sont brochés sur celle-ci à l’aide de points de chevrons (invisibles).

Vient ensuite le plastron, le plus souvent en laine et laine de chèvre et/ou laine et crin de cheval. Ces plastrons, plus petits, possèdent ce que l’on appelle du ressort, c’est à dire qu’ils réagissent avec vigueur aux tentatives d’écrasements. Ils ne se froissent donc pas et ont la mémoire de la forme.

Enfin, pour protéger la doublure intérieure des longs poils rêches et secs des plastrons, il est coutume de recouvrir une bonne partie de l’ensemble plastronnant avec un matériaux duveteux. Certains utilisent des ouatines de coton ou de polyester, d’autres de fins mohair ou du feutre etc…

Sur les schémas ci-dessous, j’ai tâché de résumer diverses méthodes de découpes et/ou d’assemblages des toiles composant le plastron. Les trois premiers exemples présentent, en plus d’une vue de face extérieure, trois intérieurs possibles. Les hachures oranges représentent  la ouatine qui cache tout le reste. Les hachures bleue figurent une bande (en percaline ou en doublure), coupée en droit-fil ou en biais, et qui permet de maintenir le roulant du revers à sa place. Il réalise une butée. Il est donc nécessaire de connaitre le type de boutonnage (2 ou 3 ou voire 4 boutons) pour régler le revers (à la différence des vestes de prêt-à-porter où les marchands modifient à l’envie et à grands coups de fer le revers). Les zigzags oranges représentent la liaison machine ou zigzag machine (qui permet de tenir une pince, par l’intermédiaire d’un petit bout de doublure en biais). Toutes les épaisseurs sont rendues solidaires par de grands points de chevrons (nous y reviendrons). De plus, le passement est représenté en rouge (largeur 1cm en réalité):

Trois possibilités donc:

A: la toile tailleur est coupée en plein biais. C’est une option assez peu vue, mais qui existe. Les avantages sont: déformer très facilement la toile à la clavicule (flèche) pour obtenir le travail de la souplesse à l’épaule; lutter contre la déformation en biais du lainage du devant. Évidement, la passement en bordure de veste (bande de coton en droit-fil, 1cm de large, glacée sur le bord tout autour de la veste, pour fixer notamment les arrondis de la veste, qui se sont pas en droit-fil. Ce passement est posé à cheval sur la toile tailleur et sur le lainage, au bord de la piqure de garniture intérieure) sera posé sans souplesse, à plat, pour contrebalancer l’effet diagonal. De même, l’arrêt de revers (hachure bleu) est posé en biais, car l’un sur l’autre, ils se compensent. L’inconvénient majeur est la non reprise du poids des poches, à cause du biais.

Ensuite, le plastron (chèvre laine) est coupé en droit-fil, et des crans sont réalisés en haut, pour permettre la déformation sous le fer de la clavicule. Avec la chaleur, l’humidité et le poids du carreau tailleur (le fer de 5, 7 voire 14kg), il est possible de fortement déformer cette zone, pour créer le ‘godet’.

Il est également possible d’y adjoindre un plastron annexe de crin de cheval/laine, avec beaucoup de ressort. Les deux plastrons, de forme quasi équivalente (l’un est plus petit de 1cm en périphérie) ainsi que le pied d’éléphant (la dernière petite partie que l’on dispose à l’épaule) donne de l’épaisseur aux plastrons, un effet d’armure, qui choque au premier abord, mais satisfait de nombreux amateurs. C’est la méthode utilisée par exemple chez Guilson à Paris.

NB: les sacs de poches (côté et poitrine) sont basculés derrière les toiles, soit après coup (et donc glacé), soit réalisés directement dedans (meilleur solidité alors).

B: Cette fois ci, la toile est coupée en droit-fil. Pour former l’épaule, un autre morceaux de toile tailleur (en biais ou en droit fil) est cousu en haut, ce que l’on appelle la plaque d’épaule. Avec la déformation au fer, cela permet de bien créer le ‘godet’. Sa découpe en rond et son accrochage à la toile permet éventuellement de prêt-former ce trop-plein de tissu. Ici, le passement est posé avec beaucoup de souplesse, voire des vagues (montage à l’italienne). Cela évite au plus haut point les effets de rides au bord de la veste, qui sont dûs (dans la méthode A) au rétrécissement du passement coton (et oui, encore une tuile à prévoir). Aussi, chez Camps, la ouatine descend très bas (ce qui est une bonne idée à mon goût).

Alors, le plastron chèvre/laine sera coupé en biais. Il est également possible d’y coudre une autre plaque d’épaule, ce que Camps de Lucca réalise. Ils disposent également un autre plastron chèvre/laine, plus petit, pour asseoir la forme. Il est également possible d’élargir la découpe du haut du plastron, pour ensuite chercher à la faire correspondre à la toile, moins large. L’effet est évident: un godet se crée qui sera résorbé par le travail à la main de piquotage. Et enfin le pied d’éléphant.

NB: les poches, par exemples, ne subissent pas le même traitement. La poche poitrine reste coincée entre la laine et les toiles, alors que la poché côté est basculée derrière et glacée. Pour la poche poitrine, je trouve que c’est clairement un inconvénient, tout mouchoir de pochette ou lunettes marquant alors un ‘bombé’ sur le devant.

C: Enfin, un variante de la méthode B, qui consiste non plus à réaliser une plaque d’épaule, mais une ‘quille’. Il s’agit de fendre le haut de la toile tailleur, et d’y insérer un biais en forme de triangle, que l’on zigzag. L’effet est immédiat et crée le ‘godet’. Cette méthode est indiquée dans les tissus très fins, ou le zigzag horizontal de la plaque d’épaule (B) pourrait marquer.  Si le tissu est fin, évidemment, le deuxième plastron sera éjecté du lot.

NB: ici, les poches peuvent être exécutée à l’inverse de la B. Mauvaise idée, la méthode A, à ce niveau, étant la meilleure (toutes poches à l’intérieur).

Évidemment, à propos des poches, elles peuvent être réalisées avant, ou après la mise sur toile. Personnellement, j’aime faire les poches côtés avant, puis les faire basculer et les glacer. Quant à la poche poitrine, je trouve que la réaliser directement dans la toile, une fois l’entoilage effectué, est un gage de solidité.

Pour ce qui est du ‘godet’ de clavicule, vous avez sans doute compris que c’est un élément essentiel. En effet, avec l’aide de l’épaulette (fine ou épaisse), ils compenseront le creux de la clavicule, cet os qui règle les mouvements de l’épaule et du bras. Ce ‘bombé’ créera sur le devant une ligne nette, qui ne marque pas l’os et donne de l’aisance (regardez les épaules des costumes deux boutons grande mesure Arnys de François Fillon: impeccable). Au moment de bâtir le dos et les devants ensembles, il s’agira de bien ‘jouer’ avec ce godet, avec un travail incroyable de la main disposée en creux, pour positionner la souplesse, travail dit ‘à l’italienne’, encore…

Tous les petits éléments de ce plastronnage sont finalement rassemblés ensemble, les uns sur les autres, au niveau de la poitrine et de l’épaule, comme le montre la première figure ci-dessous. Une ouatine recouvre donc ensuite le tout, avant le piquotage. Ce piquotage, composé de quelques centaines de points mains (de temps à autres à la machine) prend l’aspect de chevrons, d’où le nom du point. Il peut-être réalisé dans plusieurs sens: du milieu vertical à gauche puis à droite et la plaque d’épaule (1) ou du milieu horizontal vers le bas puis vers le haut et la plaque d’épaule (2). Voilà deux grandes écoles. Pour le biais qui arrête le revers, il est rapporté ensuite, et repiquoté, avec un point identique mais plus petit. Enfin, le revers est broché sur la toile, avec le même point, mais petit cette fois (que Camps, hélas, réalisent à la strobel-machine à ourlets invisibles). La méthode 1 permet une meilleur prise en main, et par grattage sous la main, un meilleur bombé naturel. La deuxième est plus adaptée au long plastrons et laisse le champ plus libre pour le travail au fer.

Voici donc un résumé, forcément partiel, de tout l’art qui se cache derrière la poitrine bien formée d’une veste de tailleur. Nous sommes très loin ici des vestes ‘mornes plaines’ du prêt-à-porter, où le thermocollant n’arrive jamais vraiment à créer une forme et à la maintenir. Au contraire, tout le pouvoir de la confection réside ici, dans ces quelques épaisseurs de matériaux, rendues solidaires et travaillées longuement sous le fer, pour dessiner l’empreinte du client, jeune ou âgé, dont les pectoraux ne sont jamais identiques ou au même endroit. J’espère avoir été aussi clair que possible, même si cela peut paraitre brouillon. Évidemment, le tailleur est une science vivante qui s’accommode assez peu de l’écrit…

Julien Scavini

Un costume vintage

Récemment, un jeune lecteur m’a écrit pour me poser une question à propos d’un ancien costume, qu’il a récupéré de son grand-père. Cette pièce qui fut réalisée par un tailleur de Savoie est pour notre goût contemporain (dont les sources sont principalement anciennes) difficile à utiliser, c’est pourquoi je me tourne vers vous.

Ce costume trois pièces est réalisé en velours noir. Le pantalon et le gilet sont de facture classique. En revanche, la veste arbore trois poches plaquées et ses revers sont généreux, dans la goût des années 70. La fermeture est réalisée par deux boutons sur l’avant et trois boutons aux pieds de manche (factices). Le dos présente une fente.

Le jeune homme pensait porter ce costume pour l’opéra ou encore un rendez-vous de travail.

De prime abord, je ne sus quoi répondre tant cette pièce est loin de mes a priori esthétiques. Si l’opéra ne me semblait pas le lieu approprié, où le frac et le smoking seraient plus ad hoc, il me fallait tout de même esquisser une réponse.

Les poches plaquées me font indéniablement penser à un usage sportif, même si à cette époque, il était d’usage de les placer sur nombre de modèles. De même pour le cran de revers classique (ou droit ou sport). Et le noir étant une couleur, traditionnellement réservée aux deuils ou aux cérémonies, j’émis l’idée que ce costume serait adéquat pour une soirée du motor-boat club, bref pour une soirée dans un environnement sportif… Pourquoi pas, mais à essayer de catégoriser une telle pièce, on en devient forcément restrictif, ce qui n’est plus dans le goût de l’époque.

Donc évidemment, que voir au delà de cette lecture classique? Faisons abstraction des poches plaquées et concentrons-nous sur l’élément le plus fort, le noir. Il oblige à porter ce costume dans des conditions spécifiques dont effectivement les soirées font parties. Le velours ras est une très belle matière, dont les reflets soyeux provoquent évidemment l’admiration. D’ailleurs, petite anecdote de tailleur: il est connu que les industriels cousent leurs velours avec le poil vers le haut (au lieu logiquement, de le disposer vers le bas). Car il se sont rendus compte, notamment pour les pantalons, que le poids de l’eau au séchage, arrachait les poils, d’où une durée de vie moindre, propice aux achats.

Bref, pour en finir avec ce complet, je finis par proposer toutes sortes de ports, surtout en soirée où il pourrait faire merveille. En journée, difficile d’arborer du noir. Peut-être serait-il possible de le porter pour le travail? Les classiques grinceront évidemment des dents, les limites de ce goût étant dépassées. Ceci dit, bien porté, il peut aussi être d’une grande élégance, bien loin de l’élégance à minima que nous cotoyons tous les jours!

MàJ: de récentes photos nous en disent plus. Le marchand à Paris est Ivy oxford Co. Je pense qu’il s’agit plus d’un faiseur que d’un tailleur, car je ne connais pas cette maison. En ce qui concerne la veste, la poche poitrine n’est pas plaquée, mais traditionnelle. Cela change-t-il grand chose? oui peut-être, attenuant l’effet sport. Quant aux revers, ils sont encore bien plus large que dessiné, ce qui en fait une belle pièce d’histoire du vêtement!

Julien Scavini

Quelques crans de revers

L’un des traits notables de style en ce qui concerne les vestes est d’abord et avant tout la forme du revers, et par là même, celle de son cran. Nous verrons que si son origine est d’un ordre usuel, comme souvent, l’histoire l’a consacré comme un ornement, certainement pas superficiel. De nombreux modèles existent évidemment, tellement que je ne pourrais en faire le tour. Notons simplement que l’histoire du revers commence naturellement avec le pourpoint, sorte de long habit à queue de pie, dont l’encolure pouvait présenter deux formes: une similaire au col officier (ou mao) et une plus proche du col châle.

Le premier des revers à cran, le plus courant est celui qui ne porte pas de nom en français, mais que les anglais nomment notch lapel. J’ai pris l’habitude de le nommer cran ‘sport’ ou droit, par opposition au cran aigu, plus formel. Il en existe évidemment plusieurs variantes, influencées il est vrai par la mode (ce qui nous le savons, n’a que peu de rapport avec l’art tailleur). Ce cran simple résulte d’une simple idée: le basculement du col officier. Essayez sur votre veste de faire revenir en plus les revers en position non pliée, et vous aurez sous le cou une sorte de col officier. Notez d’ailleurs que la boutonnière peut (si le col est bien coupé), correspondre avec un bouton (rarement cousu), permettant un boutonnage intégral de la veste.

Trois variantes donc du col sport: la version classique, hauteur moyenne (A1), la version à col bas, très années 80 (A2) et enfin la version appréciée aujourd’hui avec un cran haut, nommé folded up par les anglais (A3). Evidemment, ce col simple a donné naissance à de nombreuses études:Avec une patte d’attachement, pour donner chaud lorsque la veste est rabattue (D1), avec des angles arrondis, très à la mode dans les années 30 (D2), avec des contre-anglaises allongées (très ‘tailleurs’ et connoté chasse ou militaire)(D3), et enfin des contre-anglaises en pointes vers le bas (D4), très années 60 et récemment récupéré par Thierry Mugler, même si c’est une grosse erreur de goût, car l’effet tombant donne un air triste un n’importe qui portant cette veste.

L’autre grand modèle de cran de revers est le cran aigu, ou ‘revers de croisé’ (en anglais peak lapel). C’est un modèle un petit plus ardu à bien réaliser (en tailleurs) mais qui est bien plus formel:

Le premier (B1) est évidemment, le plus canonique, avec des pointes modérées, mais donnant un bel effet. C’est par exemple le revers typique du smoking. La version B2, avec ces anglaises à l’horizontal (en rouge) a fait beaucoup d’adeptes dans les années 50. La version outrée du revers en pointes (B3) fut adorée dans les années 30. Récemment Tom Ford l’a réutilisée. Le fait de décoller les contre-anglaises (B4) n’est en revanche plus utilisée depuis les mêmes années 30. Enfin, il est possible de voir quelques stylistes modifier le tracé en proposant une forte asymétrie (rouge et vert) des pointes (B5).

A Paris, sous l’influence de coupeurs talentueux, comme Joseph Camps, il fut tenté de créer quelque chose de nouveau, pour se différencier des coupes italiennes ou anglaises. La chose fut bien réussie à tel point que ces revers peuvent être nommés crans parisiens. Ils sont le résultat de la combinaison des deux cols cités auparavant: la brisure de l’anglaise (comme sur un cran aigu) et du petit cran sport où anglaise et contre-anglaise se séparent: J’en différencierais deux, le premier véritablement ‘Camps’ (C1), remarquable à son tracé perpendiculaire: le haut du revers (rouge) et le bas du col (vert) se terminent à 90°, ce qui donne une belle clarté à la coupe! Le deuxième (C2) est un dérivé du cran Camps imaginé par Francesco Smalto (ancien apprenti coupeur de Joseph Camps). Il a simplement étendu la largeur du revers, et refermé le cran. L’esthétique est plus féminine mais très recherchée également. C’est pratiquement ce col qu’Arnys utilise, regardez les revers de François Fillon pour vous en convaincre…

Autre famille de revers, ceux sans crans, appelés col châle. Notez que le nom du col recouvre alors celui du revers! C’est comme je vous l’ai dit l’un des plus anciens avec le col officier:Le premier est le plus classique (E1), avec un naissance simple, à l’instar d’un revers classique. Le modèle E2 est quant à lui une variation particulièrement appréciée pour les smoking même s’il n’est pas ma tasse de thé. Il est caractérisé par sa naissance marquée en arrondi.

La réalisation du col châle est en revanche plus ardue que les cols à crans. Historiquement, deux options se présentaient aux tailleurs: de couvrir le revers avec de la fourrure, donc pas de couture à faire visible; ou de réfléchir au positionnement d’un couture (entre les pans gauche et droit) qui est le plus souvent placée derrière le cou. Mais il exista des variations, comme les E3 ou E4. Vous voyez ici poindre les cols à revers, dont la nécessité fut exprimée par ce simple problème technique…

Peu à peu (c’est tout à fait notable sur les gravures de mode de la fin du XIXème siècle), le col chale s’est ouvert pour faire apparaitre anglaises et contre-anglaises (E5). C’est à cette époque aussi que l’on se piqua des revers à trottoir (E6) (le satin est bordé par la garniture de tissu). Notons enfin les revers ‘tyroliens’ qui s’épanchent sur la poitrine, rabattus par des boutons et marqués par l’abscence de col.

Bien évidemment, il ne saurait être réaliste de vouloir catégoriser l’ensemble de cols. Mais ce petit aperçu vous donne une idée de l’histoire complexe et souvent croisée des différents revers et de leurs utilités. Nous pouvons en revanche constater l’extrême pauvreté actuelle des types de revers, bien loin de ce que les stylistes appellent la révolution permanente. Evidemment, tous ces cols ne sont pas des réussites, mais leurs combinaisons sur des vestes simples ou croisées, avec peu ou beaucoup de boutons, ouvrent un champ quasi-infini de recherche…

Julien Scavini

Les souliers, partie 2

Ce soir, continuons l’un de mes premiers articles, consacré aux souliers et lisible à cette adresse. Intéressons nous tout d’abord à la technique, chose que j’avais à peine esquissée. Je vais tâcher d’être didactique et surtout à la portée de toutes les bourses.

Une chaussure de qualité, outre son cuir, se caractérise par sa méthode de montage, c’est à dire la façon dont la partie visible de la chaussure (la tige) se raccorde sur la semelle. La première approche, commune, consiste à thermocoller ou simplement coller les deux parties ensembles. Évidemment, cette technique n’a pas ma faveur, et les semelles de ce type étant généralement en caoutchouc, inutile de s’y attarder. Dans le niveau supérieur (à partir de 130€ comme je l’avais énoncé dans l’article 1), nous trouvons le célèbre cousu Goodyear, dont beaucoup s’interrogent sur la signification. C’est l’un des plus perfectionné système de montage, avec le cousu norvégien (courant sur les Paraboot, assurant l’imperméabilité de la chaussure). Il existe aussi le montage Blake, moins perfectionné, peut-être plus italien que l’anglais goodyear, mais relativement esthétique s’il est bien utilisé.

Bref, le cousu goodyear fut développé pour assurer une chose toute simple: le changement simple et rapide de la semelle d’usure, à une époque où les gommes et autres patins collants n’existaient pas encore. Si sa réalisation préliminaire est relativement ardue en méthode artisanale, les industriels ont su en tirer un bon compromis performant:

Voilà donc un schéma de coupe sur une chaussure (en fabrication artisanale). J’espère que la légende est claire. L’une des grandes différences avec la méthode industrielle est le ‘mur’, ici sculpté dans la masse de cuir de la première, que les industriels réalisent par moulage d’une pâte siliconée sur la première. Évidemment, technique industrielle et démarche artisanale ne sont pas comparables, mais toutes deux permettent une chose: le changement de la semelle d’usure lorsque celle-ci est finie. Le démontage de la couture petits-points permet son remplacement rapide, sans pour autant démonter le soulier entièrement, puisque la trépointe reste solidaire de la tige et de la première via le point goodyear. Voici donc pour la technique; un peu d’entretien maintenant.

Lorsque vous achetez une nouvelle paire de soulier, il convient de prévoir un budget additionnel non négligeable, et surtout non négociable: une paire d’embauchoir et un passage chez le cordonnier dans le mois qui suit l’achat.  Si vous avez un budget serré, faites comme moi, prenez des embauchoirs en plastique. Ils sont moins performants que ceux en bois, mais la fonction de maintient est à peu près la même. Pas de snobisme là dedans, à chacun suivant ses moyens et ses besoins… Ensuite, si vous portez votre paire deux fois par semaine en moyenne (et oui, avoir beaucoup de paires de souliers permet de ne pas trop les user) attendez un bon mois avant d’aller chez le cordonnier pour: poser un patin et un fer à l’avant (pour éviter que la semelle s’ouvre comme un artichaut avec le temps). Avec cela, vous partirez pour trois bonnes années de tranquillité à ce niveau!

Pour ce qui est du patin (G), deux options s’ouvrent à vous: le patin topy ou le patin en crêpe de caoutchouc. L’un est bon marché mais ne laisse pas respirer le cuir, l’autre est plus cher, dure moins, mais est parfait pour les souliers de qualité. Pour l’instant, je me contente du premier sur mes petits souliers. Quant au fer (F), prenez plutôt celui encastré, autour de la quinzaine d’euros.

Puis, tous les ans (cela dépend des coups de pieds), faites changer le talon gomme (B), vos chaussures seront en route pour un long usage! Quant à la partie A de la semelle, enduisez la généreusement de cirage marron, cette partie se dessèche énormément!

Pour ce qui est de l’entretien proprement dit, il vous faut plusieurs outils et produits:

  • crème délicate (ou surfine), genre Famago
  • cirage de la couleur (ou plus clair si volonté d’éclaircir), marque Grison ou Saphir uniquement!
  • une brosse à chaussures
  • une brosse à poils métalliques
  • un chiffon doux ou une polish.

Ensuite, l’entretien est relativement simple. A chaque port, un petit coup de brosse à chaussures avant et après. Une fois par mois (cela dépend du nombre de ports), une révision en détail: commencez par les nettoyer à la brosse et au chiffon, puis brossez vigoureusement la trépointe et ses petits-points (ils s’encrassent vite) avec la brosse métallique. Ensuite, vous constaterez certainement que des plis, des rainures, des rides, apparaissent à l’avant de votre chaussure. C’est tout à fait normal, cela s’appelle des plis d’aisance.Prenez la crème délicate, et déposez une goutte (seulement une goutte) à l’avant (1) et une autre sur les rides (2). Ensuite, appliquez avec un chiffon. Sur l’avant, cherchez à faire briller. Bien faire pénétrer dans les rides pour adoucir et faire ‘revenir’ le cuir. Éventuellement, mettez un peu de crème sur l’arrière, de temps à autre. Après une dizaine de minutes, passez un chiffon sec pour faire briller, voilà tout. En ce qui concerne le cirage, je n’en mets pas beaucoup, car il assèche le cuir, et amplifie les effets de ride (vous pouvez vous en dispenser). Disons que vous pouvez cirer dans une proportion de 1/4 par rapport au crémage, sauf en ce qui concerne la semelle (A). Ainsi, les plis de vos souliers s’adouciront et prendront avec le temps une jolie patine. Enfin, une fois tous les trois à quatre ans, faites changer la doublure intérieure des quartiers arrières (D) (une quinzaine d’euros), qui sont usées par le chausse-pied (autre instrument indispensable) et le talon.

Et pour les veaux-velours, un petite bombe d’imperméabilisant, de la bonne couleur, chez Grison, sera parfaite. Pensez aussi (désolé de vous faire dépenser tant, mais une paire de souliers, il faut la chérir, que voulez-vous, elle est vivante) à acquérir des semelles intérieures, elles garantissent le confort et surtout la pérennité de la première en cuir (qui ne noircira pas irraisonnablement)…

J’espère qu’avec ces conseils vous trouverez matière à vous exercer, et à faire fonctionner votre cordonnier. Et sachez bien que je ne fais pas ça par plaisir (quoique si un peu), mais par intérêt: mes petites Bexley durent pour certaines depuis 5 ans, alors que ce n’est pas la prime qualité. C’est une source d’économie certaine comme aurait dit Oscar Wilde. Et cet entretien est à la portée de toutes les bourses, du possesseur de Loding à celui de Lobb…

Julien Scavini


Voyage chez Camps de Luca

Mon court stage de découverte de l’environnement professionnel s’est déroulé le mois dernier au sein de l’atelier de Camps de Luca, célèbre tailleur parisien, sis au 11 place de la Madeleine à Paris. Fondé à partir de 1948, par regroupement de deux tailleurs, il s’est hissé au plus haut, formant avec Cifonelli le duo parisien au service de l’homme élégant. Notons par ailleurs que Joseph Camps est à l’origine de la méthode Camps, reconnue maintenant comme La méthode parisienne, marquée notamment par un cran de revers brisé, que Smalto (ancien coupeur de Camps) récupéra à son profit, et diffusa plus encore.

Camps de Luca, maintenant piloté par M. Marc de Luca et son fils M. Charles de Luca, occupe le deuxième étage d’un bel immeuble de rapport, à la façade richement décorée. Deux appartements regroupent la maison. Visualisons ensemble le plan:

A,B,C représentent les parties publiques: salons à destinations du client. D,E,F,G les ateliers en tant que tel. Découvrons la façade, avec au deuxième balcons les larges enseignes Camps de Luca / le vestibule d’entrée (A):

Revue de presse dans le vestibule / Le grand salon de deux points de vue (B) / Dans le salon d’essayage dans une cabine (C):

M. Charles de Luca en train de couper un drap dans la salle de coupe (D). Les éléments de la veste sont d’abord tracés sur du papier kraft, puis redessinés sur le tissu, auquel sont ajoutés des ‘relarges’ (car le tailleur garanti la retouche d’une veste, dans le temps, sur plusieurs dimensions). Deux points de vue de la grande salle de travail (E) où Antoine, Pauline et Fatma travaillent (ou discutent). Dans l’ancienne galerie de l’appartement (F), mon poste de travail au premier plan, avec Pauline:

La brodeuse automatique (salle G) (qui n’est pas utilisée pour broder les initiales des clients) inscrit Camps de Luca sur la doublure, au dessus de la poche ‘goutte d’eau’:

Antoine travaille sur la veste d’un client, une curieuse demande, certainement très agréable à réaliser (laine jaune moutarde, quatre boutons, bas à angle droit, poches plaquées à rabat, martingale, et pattes au bas des manches). Miqueline repasse une veste en cours de réalisation (il faut toujours repasser, et le pressage finale prend bien 2h avant la livraison) avec une pattemouille. Pour ma part, j’apprends les boutonnières à la milanaise avec Hortense qui testait le tissu jaune (de fait, les miennes sont bleus (la milanaise est en gris)). Enfin pour finir, la vue depuis le salon (B) sur la place de la Madeleine, quoi de plus magnifique comme lieu de travail?

Notons d’ailleurs que Camps de Luca figurera dans le prochain numéro de The Rake Magazine, ce qui est, pour les connaisseurs, une marque de qualité!

Julien Scavini