Grain de poudre

Le smoking s’attire toujours les faveurs des élégants. Il y a ceux qui sautent le pas pour le plaisir d’être parfaitement vêtu lors des soirées « black tie ». Et il y a ceux qui à l’occasion de leur mariage veulent une tenue remarquable et qui sort de l’ordinaire.

Les très rigoristes bien sûr vont ergoter sur l’ineptie du smoking porté en journée. Je ne peux pas leur donner tort. En même temps, de nos jours où tout est si moche, un beau smoking s’applaudit toujours. Même le jour. D’autant plus que beaucoup de mariés chez moi optent pour le smoking d’été, à veste écrue. Quelle merveille. L’allure de James Bond quand c’est bien fait.

Le tissu ancestral du smoking est logiquement le tissu de la queue-de-pie, son ancêtre. Pour rappel, la tenue composée de cette veste aux basques longues dans le dos, associée avec une chemise à col cassé, un pantalon du même tissu, un gilet en coton nid d’abeille et un papillon du même coton, cette tenue donc s’appelle un frac.

Pour couper queue-de-pie ou smoking, le tailleur propose à son client un tissu particulier que l’on appelle en France un grain de poudre. Définition :

GRAIN DE POUDRE, locution masculine. Tissu proche d’un granité alterné (natté irrégulier 2 à 1) fabriqué en laine peignée très fine ou en soie, d’aspect sec au grain poudreux.

Pour la faire plus compréhensible, le grain de poudre ne fait pas apparaitre le dessin habituel des twill (ou serge = légère trame diagonale) ou des toiles (légère trame de fils qui s’entrecroise orthogonalement). Le grain de poudre a une surface légèrement piquée, un petit peu comme le tissu qui recouvre des enceintes audio on pourrait dire. Voyez ces diverses images à échelles différentes :

Le grain de poudre, c’est le nom français. Dans les pays de langue anglaise, on dit barathea. Mais en France aussi on peut dire une barathea, ou un barathea. Seulement, quelques drapiers interrogés font une distinction entre grain de poudre et barathea. Pour eux, le grain de poudre c’est le fin du fin, une trame dense et serrée. D’où l’impression de poudre. Alors que le barathea, c’est beaucoup plus grossier. Et de conclure, de toute manière, le grain de poudre ça n’existe plus, y’a plus que du barathea. Cette manche au dessus, c’est du barathea. On le voit sur les boutons. C’est trop granuleux pour être du grain de poudre.

Pour avoir assez souvent observé des habits du siècle précédent, je peux confirmer que les grains de poudre que j’ai vu était d’une densité incroyable. Il faut tirer l’aiguille avec une pince pour arriver à coudre un bouton dedans. (Presque).

Le grain de poudre, ou la barathea, peuvent être noir, ou écru. Ou bleu. Ou rouge même, pour des uniformes de la garde royale anglaise. Bref, comme on veut.

Mais ce n’est pas non plus obligé. Un autre tissu adapté à un smoking, surtout un smoking d’été est la toile. Qui lorsqu’elle est un peu grosse, disons composée de fils un peu épais, peut prendre le nom d’hopsack. Souvent, ces toiles ou hopsack ne sont pas 100% laine, mais laine et mohair. Le mohair apportant un brillant et une raideur bienvenus. Cette toile un peu forte type hopsack, elle est en photo ci-dessous :

Et puis il y a aussi la faille. Ahaha voilà une armure rare. La faille, définition :

FAILLE, nom féminin. Tissu, toile de soie ou de fibre artificielle, moins brillante que le taffetas, à grains très marqués. Des côtes transversales se dessinent à la surface du tissu. Elles résultent de l’utilisation de filés de soie organsins en chaîne et de gros fils de soie ou de coton glacé en trame, ou encore de l’introduction simultanée de plusieurs duites dans le même pas. Le tombé de la faille est raide mais élégant. Autrefois, la chaine était en soie cuite.

Voilà pour cette définition qui est un bonheur de langue française, mais bien difficile à saisir. Ce que l’on peut rajouter est que la faille se fait aussi en laine. Et qu’une faille de laine peut très bien être utilisée pour couper un smoking. Il aura une tendance entre mat et brillant. C’est difficile à décrire, mais c’est très beau. La faille, c’est plus brillant qu’un twill tout bête. Mais moins brillant que du satin, comme le montre peu clairement la photo ci-dessous :

D’ailleurs, en parlant de cela, évoquons les revers du smoking noir. Le tissu qui les recouvre n’est pas du satin comme les clients me disent souvent. Mais de la faille justement. Faille de soie lorsque l’on a (énormément) d’argent, faille en matière artificielle dans tous les autres cas. La faille est un tissu luisant, mais pas brillant. Elle fait un contraste très subtil avec le tissu du corps, sans pour autant être brillante. En fait, la différence entre le lainage du corps et la matière du revers doit à peine s’apercevoir. C’est justement là que l’on remarque un smoking acheté chez Tati. Ses revers sont brillants, en satin (ou taffetas). Erreur, les revers brillants, c’est pour les vestes de fumoir en velours. Que les anglais appellent « smoking jacket ». Mince, on va se perdre… !

Enfin dernière option, des revers recouverts en cannelé, aussi appelé ottoman, aussi appelé reps suivant les matières. L’ottoman c’est en laine ou en coton ou en matière artificielle, le reps, c’est en soie. Ces cannelés sont striés horizontalement, pas verticalement. Du plus bel effet :

Voilà de quoi alimenter les débats sartoriaux les plus érudits! Ou simplement enrichir son vocabulaire de mots nouveaux. Belle et bonne semaine, Julien Scavini

Une devinette doublée d’une drôlerie [réponse]

Au fil d’heures de ratissage des bases de données de wikimedia commons, je trouve et j’enregistre moult images. Dont celle-ci, Churchill pendant la guerre. Je ne crois pas trop me tromper en disant que les trois armes y sont réunies. Croisé de Marine à 4 rangs de boutons et teinte profondément navy à droite. Veston de l’Air à gauche en teinte logiquement… air force blue… ou RAF blue, (en prononçant longtemps le Raaaffff) et teinte terreuse pour la Terre. C’est si élégant.

En plus, il y a dans cette photo une drôlerie je pense. Une invention. Je vous laisse observer cette photo et mettre en commentaire quelle peut bien être cette drôlerie. Et demain ou après-demain, je donne la réponse 🙂

A demain, et bon début de semaine, Julien Scavini

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Et en effet, vous étiez nombreux à l’avoir vu… la fermeture à glissière, autrement appelée fermeture éclair, autrement appelée zip… sur les richelieus noirs de Winston Churchill! Plus simple que les lacets. Plus simple que la fermeture à boucle. Et avant le scratch. Quelle idée ergonomique. Jamais vu cela ailleurs ! On osera pas poser la question du bon goût, Churchill par ses origines et ce qu’il fit de sa vie avait tous les droits en la matière !

Je ne l’avais pas fait remarquer hier de peur de mettre la puce à l’oreille, mais l’accord entre le cuir des souliers et des uniformes est implacable. Souliers noirs pour l’Air Force et la Royal Navy, et encore mieux, des richelieus! Souliers marron pour l’Armée de Terre, et encore mieux, un derby. Voilà un bel exemple de dignité vestimentaire.

Quant à la pochette sur le croisé militaire, quelle merveille. J’espère que ce petit exercice d’observation vous fut d’un agrément des plus plaisants!

A bientôt

Le croisé, une question au carré

Sur la photo du Prince Michael de Kent (pour ceux qui ne le savent pas, un cousin germain d’Élisabeth II) publiée la semaine dernière, Monsieur A. à la boutique m’a fait remarquer le positionnement très bas des boutons. Il est vrai que les passepoils des poches côtés se retrouvent placés comme au milieu du carré de bouton.

C’est qu’à la fois les poches sont assez hautes en fait (pour ma part je les aurais placé un peu plus bas), et qu’à la fois le carré de boutons est assez bas. Cette position, je la trouve pour ma part assez bonne. Si l’on cache les poches, on remarque un placement des boutons un peu bas certes, mais cela permet de donner un V assez marqué pour placer de généreuses et opulentes cravates.

Soit le tailleur aurait pu descendre un peu les poches. Soit il aurait pu remonter un peu les boutons. Ce que cela nous montre, c’est qu’il n’y a jamais une seule bonne réponse en art tailleur.

Ce qu’il faut avoir à l’esprit, c’est qu’à cause de sa croisure double, le V de la veste croisée se trouve rogné un petit peu. Un boutonnage haut sur une veste croisée donne un V court, similaire à une veste droite à 3 boutons. Un boutonnage placé plus bas, comme sur le Prince permet de dégager un V digne d’une veste droite à 2 boutons, à peu près. Voyez plutôt ce dessin :

Mais aujourd’hui, j’ai envie de vous parler un peu de ce carré de boutons devant. Sur le Prince Michael de Kent, les boutons sont disposés devant en formant un carré fort scrupuleux.  C’est tout à fait satisfaisant pour l’esprit. Une sorte de quadrature.

Cela dit, est-ce que le carré est digne des proportions de l’Homme ? Pourquoi un rectangle aux proportions d’or ne serait-il pas mieux ? Un rectangle posé à la verticale, plus haut que large. Après tout, lorsque les drapiers dessinent des prince-de-galles et autres carreaux-fenêtres, ils ne dessinent jamais des carrés. Mais des rectangles verticaux. Car le rectangle vertical sied mieux à la verticalité du corps humain.

C’est avec cette logique que bien des tailleurs et stylistes composent le croisé. Et ce faisant, ils définissent plutôt un rectangle devant, vertical. Deux paramètres donnent ce rectangle un peu vertical : d’abord une croisure moindre, ensuite un corps relativement mince.

Car c’est le grand défi du croisé. Lorsque le porteur est mince, fluet, élancé, on manque un peu de tissu devant pour bien réaliser le carré de bouton. On ne peut pas trop forcer la croisure, car alors le bord du devant viendrait embrasser la poche. Et on ne peut pas non plus repousser la poche vers le dos, car alors celle-ci irait chatouiller la fente dos. Il y a un équilibre subtil à trouver et placer les quatre boutons un peu en forme rectangulaire vertical est obligatoire.

De là à dire que le croisé est plus facile à caler sur quelqu’un de corpulent, il n’y a qu’un pas que je peux bien franchir.

D’ailleurs, à l’inverse exactement, lorsque le client a un peu de « surface », il est aussi possible dans certaines circonstances d’obtenir un croisé avec des boutons disposés en rectangle… horizontal. C’est encore bien autre chose. Les stylistes de chez Ralph Lauren sont assez tentés par cela, comme une disposition un peu forcée du croisé, un stéréotype un peu outré. C’est ainsi que l’on forge des images.  

Ci-dessous : le carré, le rectangle vertical, le rectangle horizontal :

Pour finir, revenons au carré. Au bon carré bien régulier. Ses dimensions peuvent varier. Les tailleurs un peu « tradi » ont tendance à faire des petits carrés devant. Moi je trouve cela trop chiche. Le Roi Charles porte un peu comme ça. Petit croisé. J’aime mieux lorsque le carré prend une belle dimension, disons 12cm de côté. Au lieu de 10cm comme chez Charles. C’est subtil vous me direz.

Il est vrai. Le croisé, c’est fort subtil à bien dessiner et à bien calibrer. Et il dépend un peu de chaque client, de sa corpulence et de son rapport hauteur largeur. Quel art… ! Interprété avec diversité aussi bien par les tailleurs que par les clients ! & bloggeurs…

Ci-dessous, une image d’un croisé Ralph Lauren et une autre du Roi Charles, avec son petit croisé de boutons… et sa rustine en bas à gauche de la veste :

Bonne semaine, Julien Scavini

Les boutons du croisé

Si le croisé 6 en 1 façon années 90 revient un peu sur le devant de la scène sartoriale (à cause ou grâce à Lorenzo Cifonelli?), le modèle classique reste toutefois le 6 en 2. Soit pour celles et ceux qui ne suivraient pas, 6 boutons visibles sur le devant, dont 2 se boutonnent du côté droit.

Ce faisant, s’il y a 2 boutonnant à droite, il y a en retour 2 décoratifs à gauche, question de symétrie. Certains stylistes se sont essayés à l’asymétrie. Ainsi qu’un client une fois qui m’avait demandé de ne pas disposer les boutons ne « servant à rien ». C’est un style…

Le croisé classique 6 en 2 présente sur le devant 4 boutons disposés en carré. Plus deux boutons un peu plus haut, sur les poitrines. Pourquoi? Allez savoir. Probablement une question de silhouette et de forme en V. Le carré seul devant fait un peu pataud, comme ci-dessous à gauche. Ajouter ces deux boutons de manière un peu excentré, ça redonne une ligne à la veste en évasant son dessin vers les épaules. Une veste croisé avec un carré devant, mais sans les deux boutons aux poitrines, c’est tout à fait singulier. Ça fait pauvre. Voyez plutôt :

Sauf si la poche poitrine est plaquée. Alors dans ce cas, on ne met pas le bouton. Cela donne un vieux style de Lord en goguette. Car on ne le coud pas sur la poche. Comme je l’ai vu dans une publicité une fois. Ou une autre fois j’ai vu une médiocre fabrication chinoise qui se voulait sartoriale. Ne sachant pas quoi faire des deux boutons du haut, ils les avaient placés plus bas, en les rapprochant du carré. Quelle curiosité comme sur mon dessin ci-dessous à droite :

A titre informatif, je pense que les deux boutons décoratifs se placent au même espacement que les boutons du bas. Si 12cm, alors, 12cm. La diagonale fera un peu plus logiquement. Voir flèches en orange.

Anglais et italiens n’ont je crois pas la même approche de ce positionnement. Les anglais ont tendances à placer ces boutons proches du centre, donnant un V peu marqué, ci-dessous à gauche. A l’inverse les italiens placent les boutons de manière plus excentrés ci-dessous à droite, accentuant le V. Ralph Lauren est le maître en la matière, avec des boutons de poitrine placés sur les pinces devant. Je fais ainsi presque. J’aime bien. C’est selon les goûts.

Il y a aussi la hauteur de positionnement des boutons du croisé. J’ai tendance à penser que sur un croisé, il faut franchement abaisser ce niveau de boutonnage. Placer les deux boutons fonctionnels plus bas que si c’était une veste droite. En descendant le rang du bas sous la poche. C’est aussi une vision, que ne partagent pas toujours les ateliers.

La semaine prochaine si tout va bien on parlera du carré devant.

Reste enfin une dernière touche de symétrie sur le croisé. Avec une ou deux milanaises au revers… ? Pour moi, c’est deux comme la photo ci-dessous du cousin d’Elizabeth II, Mickael de Kent. Une de chaque côté. Autant aller sur la symétrie jusqu’au bout ! Mais ça aussi, c’est une question de goût !

Amusante photo enfin, autour du Président Truman, l’homme en papillon et croisé clair. A sa droite, un croisé à poche plaquée de poitrine, avec une bouton subtilement cousu au bord de la poche de poitrine… Et vers la gauche, un homme déboutonnant son croisé façon 4 en 1, sans les boutons de poitrine. Tout se fait, tout s’est fait !

Belle et bonne semaine. Julien Scavini

Trois manteaux d’hiver

Petit avertissement en préambule. Cet article totalement ringard illustré par le Roi Charles n’est destiné qu’aux anglomanes avertis. Les amateurs de manteaux modernes, slim et courts peuvent aller voir ailleurs.

J’aurais pu titrer ce billet « trois manteaux d’hiver qu’il faut avoir ». Mais, nous n’avons pas tous les moyens de crésus, et nous ne sommes pas tous né chez les Windsor. Et j’ai bien conscience que l’époque actuelle ne nécessite pas une telle débauche sartoriale. J’ai déjà écrit ça et là sur le manteau sans forcément ressentir le besoin de donner une réponse définitive. Mais le temps passant, je me fais une idée plus sûr des choses.

Je vous présente ce soir trois modèles de pardessus. J’aurais pu n’en proposer que deux ou au contraire quatre. Toutefois, à force de regarder des films en noir et blanc, des séries anglaises des années 90 mais dépeignant les années 50 ou 30, à force aussi de passer en revue des photos anciennes, je suis arrivé à ces trois modèles. Que par ailleurs le Roi Charles corrobore presque.

Ces trois modèles sont d’hiver. Chauds et lourds, coupés dans des molletons de laine. La gabardine un peu mi-saison, comme le manteau en whipcord, le fameux covert-coat, ne font pas partie de cette sélection permettant de lutter contre le froid.

Le premier manteau, l’absolue nécessaire, est je pense un grand croisé. Un pardessus statutaire et résolument urbain. Celui que Michael Douglas portait dans les années 80. Long, généreux, ample. Celui que l’on peut mettre pour aller au travail ou à un enterrement. Celui qui pose un personnage et donne une allure à nulle autre pareille. Je l’ai dessiné en bleu marine, car je pense que cette teinte est plus heureuse que le gris. Et plus moderne, remarquable petite concession à la modernité. Un modèle « charcoal » serait toutefois du meilleur goût aussi. Dans les deux cas, marine ou anthracite, il est possible d’opter pour un col recouvert de velours, marine ou noir. Bien que ce col donne un petit aspect… je ne sais pas, moins habillé peut-être? Plus fantaisiste? En même temps, le col de velours sur un grand croisé, c’est sublime. Premier dessin donc :

Le deuxième modèle est droit, plus simple et moins guindé. Pour être légèrement plus décontracté, je propose la couleur camel. Pour cette teinte, il y a deux choix. Soit fort clair à la manière de Loro Piana qui propose un poil de chameau lumineux et naturel, soit légèrement plus caramel à la manière des anglais, avec un mélange de laine et de cachemire. Cette teinte camel est aussi à l’aise en association avec un costume de ville gris ou bleu qu’avec une tenue de week-end plus décontractée. Elle est polyvalente. Les boutons cachés sont une option. Et le col en velours ton sur ton est une seconde option. Sachez que le velours beige, c’est presque impossible à trouver !

Enfin, dernière proposition d’hiver, dans un crescendo de décontraction, le manteau parfait pour sauter dans un train et dans une automobile rapide, un croisé à col enveloppant, type polo-coat. Réalisé dans un gros chevrons de tweed marronné, il est d’une souplesse parfaite. Ses détails nombreux, parements en bas de manche, poches boite-aux-lettres, martingale au dos, surpiqures voyantes en font un modèle sport.

Comme vous pouvez le constater, je reviens aux origines de Stiff Collar. De la rigueur anglaise et un esprit suranné affirmé. J’ai bien conscience que pour beaucoup et moi bien souvent, la doudoune est la réponse universelle. Mais, ne sommes-nous pas ici pour rêver un peu à de beaux vêtements d’un ancien temps. J’imagine que vous ne serez pas tous d’accord avec ces trois propositions, et c’est bien normal. Il existe tant d’autres manteaux tout aussi légitimes ! Et beaux.

Belle et bonne semaine, Julien Scavini

La doublure du pantalon

Tous les pantalons ont une doublure au niveau de la ceinture. A part les jeans. Une petite cotonnade en plusieurs morceau qui s’appelle la hausse de ceinture et qui double celle-ci, tout en camouflant le haut des sacs de poches. Le terme hausse est curieux. Il vient probablement du verbe hausser. Le dictionnaire donne : « Technique :Objet ou dispositif qui sert à hausser. » On l’aurait deviner.

Rentrons dans la technique. Chez un tailleur, la ceinture d’un pantalon est réalisée en triple épaisseur. A l’extérieur le tissu proprement dit. A l’intérieur contre la chemise, un tissu de coton, de la percaline exactement, faisant doublure. Entre les deux, en sandwich, une toile de lin fort rigide, donnant la structure verticale et le maintien de la bande de ceinture.

En industrie, il n’y a que deux couches. A l’extérieur le tissu proprement dit, légèrement thermocollé. Mais peu rigide. En revanche, la doublure intérieure (généralement en plusieurs bandes) incorpore elle une sorte de toile, un mesh, rigide. C’est le complexe de doublure, préfabriquée par une autre usine que celle qui coud les pantalons, qui incorpore cette sorte de toile qui fait la rigidité de la ceinture. De fait, ce composé, on ne l’appelle plus simplement une doublure de ceinture, mais une hausse. Car c’est lui qui tient la ceinture « debout », verticale et rigide.

Voilà pour cette première information.

Ensuite, parlons un peu de cette doublure qui est présente sur le devant de la cuisse, s’arrêtant sous le genoux. Elle n’est pas en coton elle. Mais en viscose sur les beaux pantalons. En polyester sur les mauvais. Et en soie sur les pantalons cousus à la main, si le client a apporté un bout de soie, à la fois pour faire son intéressant et pour embêter le tailleur avec des fadaises. Cette doublure rend tous les pantalons qui en ont des selvedges…. ahaha. Car cette doublure est coupée perpendiculairement au sens du tissu, et sa lisière (en anglais selvedge) un peu fileuse sert de bord non cousu.

Cette doublure est toujours présente sur les beaux pantalons, de laine. Si le pantalon est en coton ou en lin, cette doublure n’a aucun intérêt. C’est mon avis. Un chino n’a pas besoin de doublure. A priori… En mesure, j’ai l’opportunité de choisir avec mon atelier la présence ou non de cette doublure. Une fois que j’avais choisi de ne pas la mettre dans deux modèles en lin, le client a fait des histoires et j’ai du la coudre à la main… Je ne vous explique pas la galère pour rajouter une doublure dans un pantalon déjà cousu. Dès lors, j’ai tendance par défaut à laisser la doublure cuisse pour ne pas avoir d’histoires.

Cette doublure date de l’époque où la laine grattait. Car avant, oui, la laine grattait. Pourquoi dans les années 70 cette matière a perdu les faveurs du grand public et que le WoolMark a dû lancer d’immenses campagnes marketing pour ne pas faire oublier la laine… Car les anciens petits enfant se souvenaient – avec horreur – de leurs cuisses rougies par la laine qui grattait. Cette doublure cuisse devant est là où le pantalon applique le plus. Pour les laines les plus grattantes, il est aussi possible de doubler la cuisse dos.

Mais alors, de nos jours, alors que les laines ne grattent plus, ou peu, est-il utile de garder cette doublure? Pas forcément. Je me souviens que lors d’un stage chez Camps De Luca, j’avais ouï-dire que les pantalons n’étaient pas doublés. Et bien pourquoi pas. Je me suis fait cette double réflexion l’année dernière. L’été, je portais un pantalon de lin un jour de forte chaleur. La doublure de viscose me plaquait la cuisse et collait. Tout l’inverse des qualités du lin. J’ai fini par défaire le pantalon et araser la doublure en deux coups de ciseaux. Ah, le pantalon gagnait en fraicheur. Et en décembre, alors qu’il faisait bien froid, je sentais l’air froid remonter dans la jambe. La flanelle était agréable. Mais ce bout de viscose sur la cuisse était alors glacé. Désagréable. Dès, je me suis dit, peut-être qu’il est temps de se passer de cette doublure.

D’autant que cette doublure n’est pas simple à gérer avec les tissus fins. Il est obligatoire de lui donner du mou à cette doublure. En bref, d’en mettre plus que la laine elle-même. Avec comme objectif que la doublure jamais ne fasse tirer le tissu extérieur. Il y a un petit tour de main en couture à faire, pour avoir plus de doublure que de tissu. Un problème parfois ressort… le pli de la doublure n’est plus aligné avec le pli du tissu. Et le pli de la doublure se voit à travers le tissu. Et le client n’est pas content. En bref encore, la doublure fait du bazar et le tailleur est fautif.

Alors quant la doublure descend jusqu’à la chaussure, devant et derrière, je ne vous raconte pas le stress si jamais la doublure a un comportement inapproprié. Oui, car dans les tweeds bien grattant, une doublure devant et derrière, intégrale, peut être agréable. Elle peut aussi aider les chaussettes mi-bas à glisser mieux et à ne pas agripper le mollet. Je ne l’ai pas testé moi-même. Parce que l’idée de mettre une matière artificielle pour gainer entièrement un beau pantalon de laine me parait baroque. Je préfère être en contact d’une matière naturelle plutôt que d’une viscose. Mais chacun ses goûts et ses petits trucs !

Alors, avec ou sans doublure cuisse ? Faîtes vos jeux.

Belle et bonne semaine, Julien Scavini

Le british-warm

Ce n’est pas tellement aux îles britanniques que l’on pense lorsque cherche la chaleur… (signification du mot warm). Pourtant, on peut accoler ces deux mots, pour former un nom. Et j’ai toujours pensé que c’était un nom curieux pour un manteau. Car c’est bien le nom d’un manteau : le british-warm. En fait, il s’agirait surtout d’un surnom à visée commercial donné par le créateur et pourvoyeur aux armées de ce modèle : Crombie. Un nom publicitaire en fait. Avec ce manteau, c’est la certitude d’avoir chaud.

Décrivons le. C’est un manteau qui s’arrête au genoux, à peine au dessus. Il est croisé. Il est toujours de teinte caramel, ou mastic. Parfois grisâtre. La matière est un lainage fort lourd. Le boutonnage se fait sur six boutons rangés en 2×3, et aucun bouton décoratif sur les poitrines. Les manches sont classiques, montées, et terminées par deux ou trois boutons. Il n’y a pas nécessairement de poche de poitrine. Mais toujours deux poches à rabats, simples, sur les côtés. Le revers est en pointe, comme le croisé classique ou, de forme tombante comme le polo-coat. Des surpiqures faites à la machine à coudre à 2cm du bord égayent et soulignent le modèle.

Jusque là, j’ai décrit un manteau relativement simple, presque un classique. Là où ce modèle se remarque, c’est à deux détails très caractéristiques : d’abord des boutons en cuir tressé, et enfin des épaulettes. Ce sont ses spécificités !

Le british-warm d’après wikipédia apparait durant la première guerre mondiale et sert à habiller chaudement – et élégamment – les officiers de l’armée britannique. D’où ses épaulettes. Quant aux boutons de cuir, je pense qu’ils ont du remplacer des boutons de laiton armoriés, tout en conservant la forme dîtes « en boule ».

C’est un modèle de manteau que l’on repère très souvent dans les images des années 50 et encore plus dans les séries télévisées ou les films, dont l’action se déroule dans les années 50. (Type Hercule Poirot ou Miss Marple).

En général, c’est le personnage du major ou du capitaine retraité, en bref du militaire, retraité ou en tenue « de ville ». On comprendra aisément qu’il s’agissait d’une tenue réglementaire portable en ville plus facilement qu’un manteau galonné et orné, et disponible surtout en surplus de l’armée ou auprès du fabricant, Crombie. Même si les façonniers ont dû être légion à s’emparer du modèle.

Il s’agit donc d’une icône du style britannique ! Un manteau au style affirmé. Qui occasionnellement sert à des costumiers pour illustrer un stéréotype. Celui du vieux militaire. Comme dans ce délicieux film aperçu la semaine dernière sur Arte, Tueur de dames. Une délicieuse drôlerie dans laquelle Cecil Parker joue le major Claude Courtney… et est donc habillé d’un british-warm. Voyez plutôt ces images que j’ai attrapé de ma télévision :

Finissons sur une autre photo d’illustration. Un british-warm porté par quelqu’un qui sait ce qu’est un bon vêtement, le Prince Charles :

Belle et bonne semaine à vous. Julien Scavini

Le derby, une passion française?

J’ai longtemps regardé la chaussure de forme derby avec la plus grande circonspection. Ce n’était pas, pour moi, une forme valable. Mon anglo-manie probablement. Non, moi, je préférais les « oxford », enfin en français, les richelieus. Voilà une vraie chaussure, statutaire, qui pose bien et présente avec une dignité incomparable. Ces morceaux plaqués sur les flancs pour porter les lacets, ces découpes et surpiqures, non, décidément, c’était trop. D’autant que dans mon petit esprit, les derbys, c’était ces chaussures à 29,99 des galeries commerciales. Voyez, dans ce genre là :

Cette écrase-merde, passez-moi l’expression, on la voit partout. En général au bout d’un chino skinny qui n’a pas été beaucoup repassé. Façon casual-chic d’entrée d’agglomération. Je ne voulais pas de derby, car pour moi le derby, c’était cette chaussure.

Avec le temps, j’ai appris toutefois à voir de beaux derbys, avec bout demi-chasse ou cambrure racée façon Corthay. J’ai fini par sauter le pas, comme on trempe un orteil dans le lac d’Annecy l’été pour dire qu’on s’y est baigné. J’ai acheté en sortie de Covid, pour soutenir notre industrie, une jolie paire de Paraboot. Mais, non, je n’ai pas pris une Michael ou une Chambord. J’ai pris une Azay Griff II. Cette simplicité des lignes, ce bout droit rapporté devant, je me sentais là presque avec un richelieu.

Et je dois confesser qu’avec le temps, cette chaussure est un bonheur. Que je peux même partir en vacances avec et les garder quelques jours au pieds sans avoir mal, ce qui n’est pas le cas de mes Alden.

Mais si je vois le derby à travers son prisme contemporain, d’affreuses choses collées made-in-China, je sais aussi le voir à travers l’histoire. Et c’est depuis longtemps que j’ai remarqué dans la presse mode-masculine des années 50 le derby. Un derby même très présent. Très iconique d’ailleurs. A côté de la belle anglaise, ce richelieu riche et puissant vendu par Weston sur les Champs Elysées, il y avait foule de jolis derbys, coupés en courbes merveilleuses.

Et ce derby deux œillets (ou trois), si épuré que l’on fini par croire qu’il fut inventé par Xavier Corthay, on le retrouve à longueur de publicités dans les années 50. Une forme si limpide que Bata met à l’honneur. Une apothéose des courbes :

Une marque en particulier ressort très souvent dans la presse, UNIC, marque de la maison Fenestrier à Romans dans la Drôme. (Qu’est-elle devenue cette marque?) Avec le temps également et à force de réfléchir à la spécificité d’un vestiaire français, façon Arnys, j’ai associé mentalement cette si jolie chaussure, ronde et épurée, avec un goût français. Opposé à la rigueur et à la lourdeur de « l’oxford » anglais. Le derby fait français. Et le derby deux œillets fait très français. Admirez et étudiez ces quelques planches de la marque UNIC. Anteuil et Armor, quelle finesse :

Quelles beautés ces derbys vous avouerez quand même. Et impossible à trouver je pense dans le commerce actuellement. Sauf chez Corthay justement, mais là, les lignes sont plus affutées et sculpturales, là où les UNIC sont juste ce qu’il faut de rustique et de gentil.

Il n’y avait pas qu’UNIC. Nous avons vu Bata. Voyons aussi Bali et quelques autres :

Si dans les années 50 il y avait une sorte de mise en avant nationale du derby par rapport à l’oxford plus britannique, il me semble que cette spécificité continue. Nicolas Sarkozy, François Hollande et Emmanuel Macron portent des derbys noirs il me semble. Sans probablement faire la différence. Et si votre banquier porte des souliers de cuir, il y a fort à parier que ce soit des derbys noirs aussi.

Évidemment, maintenant au milieu du flot de sneakers et autres baskets, ce débat sur la ligne d’un derby et sa spécificité nationale est bien peu de chose. Mais au moins ce soir, nous aurons vu de belles formes !

Bonne semaine, Julien Scavini

Bonne année 2023

Chers amis lecteurs et lectrices. Comme j’aimerais avoir du temps pour écrire quelques lignes chaque lundi ou mardi soir. Mais hélas, quelle fatigue. Je suis exténué le soir et je manque de temps.

Je vous adresse tous mes vœux pour 2023. Joie, santé et prospérité ! A bientôt.

Les différents velours et leur fabrication

Il existe trois types de velours :

  • le velours lisse, où la surface douce et duveteuse est unie et continue. On appelle ce velours chez les tailleurs de la palatine. Et chez les anglais, on dit « velvet ».  Ce velours est idéal pour couper des habits du soir, des vêtements formels. Et habiller des fauteuils ou des coussins.
  • Le velours à côtes, où la surface douce et duveteuse est discontinue, seulement présente le long de lignes, les côtes, de largeur et de densité variables. Chez les anglais, on dit « corduroy » quand il est gros, « needle cord » quand il est petit. Les côtes se comptent par pouce. Un gros velours, c’est 8 côtes par pouces. Un velours fin, c’est 16 côtes par pouces, presque du mille-raies. Ce velours est idéal pour couper de robustes habits d’esprit campagnard.
  • Le velours façonné, mélange des deux précédents, où des dessins et arabesques sont créés par des surfaces douces et duveteuses, en relief, s’opposant à la trame de fond. En ameublement, je crois que l’on parle de velours de Gênes ou de velours Damassé.

Tous ces velours présentent des fils dressés et accrochés dans une trame de fond. Ce sont des fils dressés comme du gazon sur de la terre qui donnent la douceur et l’aspect brillant et luisant au velours.

C’est probablement le tissu le plus onéreux qu’il était possible de trouver avant la révolution industrielle. Car en plus d’une trame de fond lisse, il faut une énorme quantité de fils pour créer toute cette surface poilue. Et le fil a toujours été fastidieux à obtenir. C’est le plus long dans l’élaboration d’un tissu.

Il est bon ici de faire une remarque. Le velours est donc une manière de tisser. Qui ne préfigure en rien la matière utilisée. Pour faire du velours, on peut utiliser :

  • de la soie. La matière la plus ancienne, et la plus onéreuse, encore aujourd’hui. Le velours de soie, c’est la Rolls des tissus, impraticable ou presque pour un tailleur, apprécié pour habiller fauteuils et intérieurs de châteaux.
  • du mohair, solide et endurant. Les bancs de l’Assemblée Nationale sont en velours de mohair. Une composition exclusive de l’ameublement de luxe. 
  • du coton. C’est le plus simple de nos jours.
  • du polyester ou de la viscose. Et plein d’autres merveilles de la chimie moderne qu’il serait préférable d’oublier.
  • des mélanges. Par exemple, pour un beau velours d’habillement à côtes, mélanger coton et laine, ou coton et cachemire est un plaisir pour le porteur. Une touche d’élasthanne est aussi possible. Chez Dormeuil, j’avais le souvenir d’un velours palatine de coton et soie, une beauté.
  • de la laine. Je n’en ai jamais vu. Mais je sais que cela existe.

La création du velours lisse et du velours côtelé est une merveille d’ingéniosité. Pour faire du velours, il faut déjà créer un tissu composant le fond du velours. Ou plutôt, il faut créer deux tissus, car ce métier à tisser spécial va créer deux velours en même temps. Ces deux tissus sont fabriqués dans le métier, avec quelques millimètres de séparations. Il y a de l’air entre ces deux tissus. Chaque tissu haut et bas possède sa chaine et sa trame. En même temps, une troisième chaine (c’est à dire les fils dans les longueur) est insérée, avec détente, reliant les deux couches. Des milliers de fils, pour relier ces deux tissus, comme pour les coller. Comme un gros sandwich, lisse au dessus, lisse en dessous, et plein de milliers de fils (perpendiculaires) au milieu, comme une éponge.

En sortie de métier, une imposante lame de rasoir attend. Cette lame est située pile entre les deux tissus initiaux. Se faisant, en avançant, le rasoir coupe les milliers de fils constituant le milieu du sandwich. Il en résulte quoi ? Deux tissus de nouveau séparés, mais présentant maintenant des fils coupés et dressés, les scories de la troisième chaine. Malin n’est-ce pas ! Un bon schéma :

Légende : les tissus de fond sont composées chacune d’une trame (en orange) ainsi que d’une chaine qui zigzag entre la trame (rouge et violet). Il y a donc deux trames et deux chaines. Puis une troisième chaine est insérée (en bleu canard) qui relie et fusionne les deux étoffes. A la fin, une lame (en grise) coupe cette troisième trame, dont les bouts deviennent des poils dressés.

Précisons que les tissus de fond ne sont pas obligées d’avoir la même composition que les fibres « poilues » du velours. Généralement en habillement, c’est le cas, sauf l’élasthanne qui n’est présente par exemple quand dans les trames et non dans les « poils ». En ameublement, la trame peut être différente pour soucis d’économie, le beau du velours étant le « poil » et non le fond.

Lors du processus de fabrication de ce velours, une certaine orientation des « poils » apparait. Un velours, lorsque vous le caressez, a toujours un sens. Dans le bon sens, il est doux. A contre-sens, ou devrais-je dire à rebrousse-poil, il est plus rugueux.

Mais il y a la douceur. Et il y a la prise de la lumière. Deux choses différentes.

Car à contrario de la douceur, un velours prend mieux la lumière à rebrousse-poil. Sa couleur est plus profonde, plus vibrante, en particulier pour le velours palatine. Dans le bon sens, le même velours sera terne, presque blanchi.

Lorsqu’un tailleur coupe un vêtement en velours, il doit donc s’interroger sur le sens de la coupe. Coupe-t-il la veste dans le sens du poil pour la douceur ? Ou la coupe-t-il à contre sens, pour l’éclat de la couleur ?

Pour ma part, j’ai le plus souvent fait couper à rebrousse-poil les vestes en palatine, pour une plus grande expressivité de la teinte. Et j’alterne pour les pantalons, les côtes ayant un peu moins ce problème.

Cela dit, tous les tailleurs ne sont pas d’accord. « Un velours coupé à contre-sens s’abime plus » m’avait dit Monsieur Guilson. Pourtant, un vêtement du soir n’est pas si utilisé que cela. Et les grandes maisons italiennes, et Ralph Lauren, coupent à contre-sens ai-je souvent remarqué. Donc…

C’est un petit débat de tailleur, je le concède.

Belle et bonne semaine. Julien Scavini