Un article un peu différent des autres ce jour, où je voudrais vous faire part de deux points. En premier lieu je souhaite vous présenter Une Histoire de l’Elegance Masculine, une chronique de la célèbre maison Gieves & Hawkes. Écrit par un collectif de personnes, dont Simon Crompton (qui en fait de participation livre une page sur les deux cent quarante que compte l’ouvrage!), le livre est plein de promesses. La couverture est superbe, le costume qui est représenté aussi. Le format est généreux, type beau-livre, bien loin des chiches dimensions du mien et le prix (75€ tout de même) distille une certaine idée de qualité. C’est donc plein d’entrain que j’ai attaqué, car le mot n’est vain en l’occurrence, la lecture de ce pavé lourd et encombrant.
Une histoire de l’élégance masculine. Rien que ça. Mis en avant dans les rayonnages des grandes librairies, je m’attendais à une somme encyclopédique sur le sujet. Peut-être aurais-je le plaisir de lire un autre Des Modes et Des Hommes, l’ouvrage de référence pour qui s’intéresse à la mode masculine. Il y a l’histoire stricte d’un côté, Des Modes et Des Hommes en est un bon exemple. Il y a une autre façon d’aborder le vestiaire masculin, par exemple en dressant une étude stylistique et purement conventionnelle, à la manière d’un guide de bonne manière. L’Eternel Masculin est l’exemple parfait de cela même si le côté historique est moins marqué.
Il y avait donc deux solutions pour aborder ce thème de l’histoire de l’art très rarement mis en lumière de manière intéressante et didactique. Et Une Histoire de l’Elégance masculine n’entretient avec ces deux ouvrages qu’une relation de titre. Purement et simplement.
Ainsi, l’ouvrage constitué de différents articles d’une vingtaine de feuillets chacun n’est que la chronique ordinaire et soporifique du développement de différents petits tailleurs qui donneront naissance à la fin du XXème siècle à la ‘si grande’ maison Gieves & Hawkes. Sous couvert d’un titre extrêmement pompeux, le livre n’est en fait qu’une vulgaire plaquette publicitaire. Et encore, pas la meilleure.
Les articles font rapidement tomber dans l’ennui le plus émérite des gentlemen. Je n’ai absolument rien appris dans cet ouvrage (à part peut-être l’histoire du casque colonial ou du gilet gonflable !). Je n’ai rien appris de l’histoire de l’élégance masculine et je n’ai rien appris de l’histoire du tailleur. Je n’ai pas non plus appris comment on faisait un costume chez Gieves & Hawkes. Quelle coupe, quelle philosophie, qui sont les coupeurs, les façonniers etc… Là dessus mystère !
Les articles ont par ailleurs le défaut d’une bonne partie des ouvrages écrits par les anglais, dont ceux du sympathique James Sherwood, ils ne parlent que de monarchie ! Ainsi, au fil du texte sont égrainés les noms des rois successifs, de leurs cousins, petits neveux, grands oncles etc… si bien qu’il faut un arbre généalogique sous le coude pour bien suivre. Savoir que tel duc ou tel baronnet faisait faire ses vêtements chez G & H. ne présente aucun intérêt et rend la lecture difficile.
Le seul intérêt de l’ouvrage, ce sont les photos. Le prince Charles en veste de brousse, son grand oncle le Duc de Windsor en culotte de cheval, les amiraux britanniques et quelques huiles diverses et anciennes. Mais il faut encore dire hélas. Hélas car toutes les photos ne sont pas belles. Par exemple, la quasi totalité des photos réalisées spécialement pour l’ouvrage à partir de création d’aujourd’hui présentent des mises d’une vulgarité et d’une superficialité extrême (la jaquette et la queue de pie sont affublées d’accessoires hideux, les vestes et pantalons sont trop courts, les couleurs ne font pas envie etc…). Rien dans les propositions ‘maison’ n’a attiré mon attention en dehors du costume de la couverture et du manteau de la quatrième de couverture.
Ainsi, je suis ressorti de cette lecture de manière indifférente. Et c’est bien dommage. Ne dépensez donc pas l’argent qui vous est demandé pour ces pages. Feuilletez le à la Fnac, vous en saurez autant !
Par contre, si vous souhaitez un ouvrage très historique et érudit, je vous conseille de chercher So British aux éditions du Regard. Ce livre raconte l’histoire et l’ascension du grand magasin Old England. Là aussi un livre de commande à visée commerciale, mais une réussite qui dépasse le sujet, richement illustré.

En seconde partie de cet article, je présente quelques photos de ma penderie. Pour une émission que je prépare, la styliste voulait voir quels ‘look’ j’allais adopter. Si je n’avais à l’origine aucune envie de me livrer à cet exercice ruinant irrémédiablement l’entrain de la découverte d’un nouveau jour pour tout gentleman qui se respecte, je suis assez heureux de ma démonstration.
L’idée de remuer ma penderie pour me livrer à cette promenade stylistique faisant tâter de manière pesante l’étonnante vacuité qui étreint chaque homme élégant ne m’enthousiasmait guère. Un travail qui met en exergue un goût dispendieux pour l’inutile qu’est la beauté… Mais j’ai du m’y résoudre.
Et j’y ai pris un malin plaisir au final. Voici donc le résultat (partiel) de mes travaux. J’ai essayé de proposer de la variété, d’accorder les couleurs de manière simple, pour montrer au débutant que la complication n’est pas obligée. Une chemise bleu ciel, une autre rayée, une blanche, quelques cravates et le tour est joué. Cela illustre le clacissisme dont je parle toujours ici, qui avec un peu de goût et de patience peut être certes simple mais enjoué.
Côté costume. J’ai essayé de garder des chemises simples et de chercher dans les cravates un accord direct de couleur, soit la cravate contient un peu de marine/ gris ou de noir, soit elle contient les deux couleurs pour faire le lien chemise/ costume. Toujours avec souliers noirs.
Côté ‘sport’. Je essayé d’illustrer les propos développés précédemment sur le blog. J’ai adjoint les souliers.
Bonne semaine. Julien Scavini



















