Jeudi dernier avait lieu au 37 boulevard des Capucines à Paris l’inauguration de la nouvelle enseigne de la maison Hackett. Cette nouvelle succursale qui s’ajoute à celle de la rue de Sèvres permet de découvrir l’ensemble de la gamme, au rez-de-chaussée les collections tweed et campagne, sponsoring et enfant (je tiens à saluer la qualité des vestes 3/4 ans qui sont hilarantes); au premier niveau les collections formelle, ville et mayfair (difficile de définir la différence entre ces deux lignes). Vous pourrez également découvrir la ligne en confection industrielle (et non pas de sur-mesure, nous ne sommes pas chez un tailleur (au sens de la loi française)).
Votre jeune serviteur avait eu la chance de recevoir une invitation (présentée sous la forme d’un mouchoir de pochette imprimé), ce qui fut l’occasion de sortir le chapeau melon! Outre la divine cave à whisky (nous nous souviendrons longtemps du single malt vingt ans d’âge) et les petits-fours anglais (saucisse sur lit de pommes de terre), cette petite réunion fut l’occasion de rencontrer deux héros modernes vénérés par Stiff Collar: Monsieur Jeremy Hackett himself et Monsieur Floc’h, dessinateur de son état (dessin). Nous avons aussi vu quelques acteurs, MM. Berléand et Arditi, quelques présentateurs de télévision plus ou moins connus et quelques journalistes, dont la très sympathique Suzy Menkes.
Bref, Monsieur Jeremy. J’avais toujours entendu dire qu’il était sympathique et discret, les rumeurs ne s’étaient pas trompées. Gentleman courtois et distigué (pléonasme), c’est l’anglais typique tel qu’on se l’imagine. Il parle calmement, avec flegme dirait-on, pèse ces mots, et n’hésite pas à vous demander ce que vous pensez des produits qu’il vend et que vous portez. Sa devise pourrait être Silence et Dignité – Ordre et Service, je n’en doute pas! Il portait pour l’occasion un très beau costume croisé en flanelle épaisse, et des richelieus à bouts droits glacés JM Weston. D’ailleurs, j’en profite pour évoquer tristement le fait que la plupart des invités n’avaient fait aucun efforts pour se fagoter, et que l’état général des souliers ferait frémir n’importe quel amateur!
Monsieur Floc’h quant à lui est très connu des amateurs du magazine Monsieur qu’il illustre bien souvent, de même que les catalogues de la marque Breuer. C’est aussi un dessinateur émérite dont le travail en ligne claire est très réputé. Si ces personnages sont quelques fois forts chaloupés, à l’image des dessins de Bob de Moor, il a l’art et la manière de représenter les britons des meilleures années, dont le point culminant est la publication de Male Britannia. Stiff Collar lui dédit son travail, ainsi qu’à Ted Benoit, un autre héros du dessin franco-belge!
Pour en revenir à la boutique Hackett, l’exquise directrice de la boutique se prénomme Isabelle et l’une des vendeuse émérite est Malika, une perle rare que je vous conseille de vous mettre dans la poche! Allez y faire un petit tour, pour le plaisir des yeux d’abord, le personnel n’étant pas avare de conseils.











Pour la marche, une veste droite imperméable sera de bon aloi. Trois quart, elle permettra un bon jeu de jambe pour les promenades. Réalisée en gabardine de coton avec un intérieur en velours, elle est réversible. Les larges poches de côté (sur des modèles de poche poitrine) permettent de tenir les main au chaud. Un bon pantalon de tweed, pourquoi pas à carreaux fenêtres, c’est la mode du dépareillé inversé (
Pour la pêche, visons du sérieux, à savoir cette veste coupée dans un tissus type Gore-Tex, tout à fait imperméable à la pluie et au vent, chaude, légère et lavable. La plaque d’épaule est réalisée dans une couleur différente. Des poches à soufflets et à pli creux permettent de promener ses accessoires et de larges poches ventrales permettent d’attendre le goujon les mains au chaud.
Pour une visite au paddock, préférez donc cette large veste à col raglan dotée de trois poches extérieures à rabats. Réalisée dans une laine chaude, elle est doublée aux manches d’un fin coton, et son ouverture est réglée par une doublure de protection sur le devant. Les poignets sont dotés de caoutchouc permettant un resserrement sur les gants, pour ne pas faire manche à air à grand galop.
Alors évidemment, il convient de ne pas porter le gilet à revers avec n’importe quelle veste. Reprenons les conseils de
ou à la campagne, plus facile notamment en soirée où le compromis élégance/contrôle thermal est optimisé:
Pour ce qui est des couleurs, soit vous préférez le complet (gilet, veste et pantalon sont de la même matière), soit le dépareillé, avec un gilet d’une laine différente, mais c’est alors une histoire plus compliquée, mais peut-être plus ‘moderne’ ou ‘mode’… Pour ce qui est des poches, le gilet est le lieu des fantaisies tailleurs. La norme est quatre poches (du type poche poitrine). Mais vous pouvez trouver des poches passepoilées à rabats, des poches à passepoilées simples, des poches paysannes (un seul et haut passepoil) et que sais-je encore…
C’est en costume en flanelle anthracite, à un bouton (de type smoking), avec un gilet moutarde, une chemise bleue à col blanc, et une cravate en fin lainage bleu éteint. Il s’agit là d’un compromis pratique, qui permet de remettre le costume pour des occasions plus particulières, ou même en milieu profesionnel sans le gilet.
Cette tenue que les anglais appellent pour l’occasion ‘full formal’ est extrêmement rigoureuse et très très formelle. L’habit est constitué d’une queue de pie, d’un pantalon à double galon, d’un gilet en nid d’abeille, d’une chemise à col cassé et d’un nœud papillon en nid d’abeille également. Le port des gants s’impose. Stiff Collar lui donne sa préférence: l’habit peut se réutiliser; il permet aussi de rester sobre et élégant.