J’aime bien de temps à autre vous présenter les trouvailles cinématographiques que je fais. Car il est assez rare finalement de regarder un film ou une série où les acteurs sont correctement vêtus. C’est encore plus vrai lorsque l’opus se situe dans une époque antérieure, le vêtement devenant historique.
Tous les amateurs de beaux vêtements sont ainsi, ils peuvent trouver un film insupportable à voir du simple fait d’une garde-robe médiocre. C’est par exemple le cas de la série Murdoch diffusée par France 3 est qui est censée se dérouler à la fin du XIXème siècle. A côté de la finesse d’un Hercules Poirot, cette production apparait comme extrêmement faible du point de vue vestimentaire.
Un film tourné dans son époque peut aussi prendre un relief particulier des années après. C’est le cas des deux premiers exemples dont je veux parler.
Le premier film fut réalisé par John Landis et se déroule à Philadelphie en 1983. C’est un film presque récent malgré ses 32ans. A la fois proche et lointain, ce qui en fait un document d’archive maintenant. J’ai découvert cette drôlerie cinématographique grâce à Netflix, service ô combien utile pour farfouiller parmi les époques et les styles. Ce film a lancé la carrière d’Eddy Murphy et Dan Aykroyd y tient le premier rôle. Le titre est UN FAUTEUIL POUR DEUX. Évidemment, il ne s’agit pas d’un chef d’œuvre du cinéma, le scénario étant tout au plus amusant et distrayant. Ceci dit on ne perd pas son temps à le regarder.
Le film se déroule dans le milieu de la banque d’affaire, au sein d’une firme dirigée par de vieux frères, les Duke, qui roulent dans une sublime Rolls-Royce Phantom VI grand style. Les deux frères font un pari idiot pour savoir si un riche peut être déclassé socialement et s’en sortir et si à l’inverse un mendiant peut devenir directeur de banque et réussir aussi facilement. Bref, je vous le dis, le scénario ne brille pas.
Toutefois, l’intérêt de la production est ailleurs. Car 1983 a beau être très proche, il y a finalement un monde qui nous sépare de cette époque. Et cela se voit dans les vêtements. Tous les hommes du film ou presque portent le gilet. La plupart des costumes sont des peignés légèrement laineux et tous arborent de belles rayures, plus ou moins fines. C’est l’essence même du costume de l’agent de change, traditionnel et respectable. Le film sent bon les institutions WASP, les frères en sont l’expression, cravate club pour l’un et papillon du même club pour l’autre. On a l’impression de voir une réclame pour Brooks Brothers. Ceci dit, n’oublions pas que Ralph Lauren et consort ont explosé à cette époque. Lorsqu’ils sont dehors, tous les deux portent un pardessus en poil de chameau, l’un droit et l’autre croisé. Avec un chapeau homburg pour finir le tout, c’est visuellement palpitant ! Dan Ayrkoyd de son côté sort vêtu d’un immense manteau croisé à grand col de velours, un ravissement absolument. Eddy Murphy passé de mendiant estropié à rupin dans sa grande demeure avec maître d’hôtel (joué par le très élégant Denholm Elliott) porte quant à lui un très amusant blazer croisé avec grand écusson, le stéréotype absolu, mais quel délice ! Mention spéciale également au détective privé toujours en dépareillé et qui fait honneur aux vestes à carreaux !
Avec ces bons arguments, je souhaite que vous le regardiez car en plus d’un moment de détente agréable en mode rigolade, les vêtements vous raviront vraiment. C’est pour moi presque un chef d’œuvre vestimentaire! D’ailleurs au cours de ma recherche pour cette article, j’ai trouvé un autre blog qui en parle en terme élogieux, comme un des films les plus preppy ! De nombreuses photos vous en convaincront !
Dans le même genre de production ancienne qui a pris avec le temps une valeur vestimentaire intéressante, il existe une série de la BBC tournée en 1990. Celle-ci m’a été soufflée par un client et a été réadaptée récemment aux Etats-Unis avec un succès certain. Il s’agit de HOUSE OF CARDS version BBC 1990. La série relate la succession de Margaret Thatcher au sein du parti conservateur, dirigé à la chambre des Communes par un certain Francis Urquhart interprété par l’excellent Ian Richardson. L’intrigue politique est digne d’un thriller. Le niveau scénaristique est extraordinaire. Et question vestimentaire, tous les amoureux des vêtements des années 90 seront comblés. Le rôle principal lui même est toujours ceinturé dans ses costumes trois pièces sombres. A l’extérieur, il lui arrive de mettre un covercoat olive à col de velours et chapeau feutre gris, une composition très anglaise. Suivant l’importance du personnage secondaires, les costumes sont à rayures ou à motif prince de galles pour un foisonnement visuel très intéressant. Un cran en dessous d’Un Fauteuil Pour Deux niveau vestimentaire mais enthousiasmant quand même.
Enfin le dernier film dont je veux parler n’est pas encore sorti. Pourtant, il m’apparait déjà comme un chef d’œuvre. Il a en tout cas tout pour l’être! D’abord des pointures sont à l’écran : Helen Mirren, John Goodman et l’inénarrable Bryan Cranston. Deuxièmement l’époque et le lieu – car c’est un film d’époque à la différence des deux précédentes références – sont porteurs vestimentairement parlant : les années 40 et Hollywood ! Souvenons-nous émus de The Artist se déroulant un peu plus tôt… Troisièmement car à la première à Toronto en septembre, la standing ovation fut longue de 5 minute ! Il est annoncé en France pour janvier 2016, un peu retardé par rapport à sa date initiale. Le titre est TRUMBO. Le film raconte l’histoire d’un scénariste célèbre d’Hollywood évincé à cause de ses sympathies communistes. Si je ne peux pas en dire beaucoup pour le moment, la bande annonce que voici mettra l’eau à la bouche à tous les amateurs de vêtements. Je ne peux plus attendre en ce qui me concerne ! Jugez-vous même de l’éclat visuel :
Belle semaine, Julien Scavini




























