LE CONCOURS – DESSINS !

Messieurs, et mesdames, l’épreuve fut rude ! J’ai eu toutes les peines du monde à finir le dessin en temps et en heure. Plus de 40 figurines à dessiner ! Un véritable travail d’Hercule, mené à bien en passant mes dimanches devant mon ordinateur ! Merci à ceux qui ont fait preuve de concision, pour faciliter ma lecture. Pardon par ailleurs pour ceux dont le dessin n’est pas l’exacte représentation de leur idée, mais parfois, les descriptions étaient vagues et sujettes à interprétations (poches notamment).

Je tiens malgré tout à vous remercier pour l’intérêt que vous avez porté à ce jeu amusant. Les réponses sont très différentes, très panachées et c’est tant mieux. Cela donne des visuels très différents. Nous pouvons alors nous apercevoir de l’extraordinaire diversité des propositions possibles, à partir de bases pourtant classiques et normées. Toutes les réponses ne sont pas canoniques du point de vue du style, mais toutes sont passionnantes ! Le choix va être dur. Je vous soumets les figurines.

N’hésitez pas à prendre votre temps avant de voter (dans l’article en dessous ou ICI), car vous ne pourrez le faire qu’une fois, votre IP étant conservée par le système de vote. Vous avez une semaine pour faire votre choix. Le scrutin se fait en cachant les résultats. Ainsi vous ne serrez pas influencés. Les trois premiers remporteront donc de petits lots. Je me joindrais (en figurine) au gagnant pour monter à bord du train dans une tenue que je choisirais aussi !

LES TERMES DU CONCOURS SONT RAPPELÉS ICI POUR LES RETARDATAIRES.

Si vous souhaitez les visualiser toutes sur un même support, la planche est disponible ici.

Concours en cours !

Messieurs, bonsoir,

le concours a enregistré un nombre record de participants ! Diantre que de travail ai-je devant moi ! J’ai enregistré tous les commentaires, en m’arrêtant au dernier de ce dimanche, LM. J’ai passé ce jour quelques heures à pondre une bonne partie des figurines, non colorées pour le moment. J’avancerai un peu dans la semaine et dimanche prochain. En attendant, pas de nouveaux articles. Dès que j’achève cette tâche herculéenne, je publie, et nous vôterons.

En attendant, encore bravo pour votre réactivité et inventivité ! Je n’ai pour le moment ressenti aucun doublon, ce qui est assez impressionnant mais prouve aussi l’extraordinaire adaptabilité des petites règles que l’on évoque semaine après semaine ! Il y a même une figurine en t-shirt !

CONCOURS

Lancement du concours !

Chers amis et amies s’il y en a, permettez moi d’abord de vous remercier pour votre lecture assidue, vos commentaires toujours constructifs et votre bonne humeur, malgré parfois mon orthographe fantaisiste ! Je tiens le blog depuis un certain temps déjà, toujours avec envie, même si avec le temps les sujets paraissent plus difficile à trouver. Paraissent seulement, car le sujet est sans fin et les redites ne sont jamais un mal. Il faut rabâcher pour faire entrer des idées dans les têtes, surtout pour les nouvelles recrues !

Bref, cet humble blog, toujours droit dans ses bottes, raide comme le Stiff Collar, m’a permis de me développer, personnellement et professionnellement ! Je n’ai jamais voulu en faire la vitrine directe de mon activité de tailleur, sauf lorsque je suis assez fier d’une création ou de telles ou telles pochettes roulottées main.

Ce blog est lu uniquement par des gens influents ! Entre autres, je me souviens d’un charmant industriel-businessman qui m’a tourné autour quelques temps… Parmi eux, je retiens un autre Julien, maquettiste chez Hachette Presse, qui eut l’excellente idée de montrer mon travail à son éditrice. C’était il y a deux ans, et depuis je lutte chaque semaine à mettre des petites pierres les unes sur les autres, pour constituer une compilation complète – et presque nouvelle – de mon blog. Si j’y arrive, ce livre sortira bientôt, normalement. Je pense que cela vous ravira au plus haut point ! Je vous en dirai plus en temps et en heure.

Seconde personne, M. Alexis Brézet du Figaro qui fut emballé par cette tribune m’a-t-on rapporté. Tellement emballé qu’aussitôt je fus contacté pour y écrire une chronique hebdomadaire ! Depuis samedi donc, vous pouvez retrouver un feuillet de mon cru dans le cahier Art De Vivre en fin du Figaro Magazine. Quel avancement ! Je souhaite que vous y trouviez autant de plaisir que sur le blog. Le ton est le même, et en plus une correctrice passe derrière moi 😉

Entre temps, et cela certains l’ont déjà découvert, j’ai eu la chance d’être trouvé par M6 et la BBC pour l’adaptation de l’émission britannique English Sewing Bee. Dans ce programme, dix couturiers amateurs s’affrontent sur différentes épreuves techniques ou inventives, jupe, chemise, salopette d’enfant etc… Leurs travaux sont examinés par un jury composé d’un homme et d’une femme. Au Royaume-Uni, M. Patrick Grant est jury, et en France, ce sera moi ! Quelle aventure. Rarement vu tant d’engouement et d’envie de la part des candidats ; rarement vu tant de dévotion et d’effort de la part des équipes de télévision durant un tournage, disons le, éreintant ! Le programme est présenté par ma chérie, Chritina Cordula et sera diffusé à la rentrée.

Voici pour l’actualité, un peu chargée. Pour autant je ne délaisse pas du tout mon petit commerce, et serais bientôt épaulé par mon premier salarié !

https://stiff-collar.com/wp-content/uploads/2009/12/separateur-texte.gif?w=153&h=12&h=12

Passons enfin au concours du début juin. Comme l’année dernière, je vais vous soumettre un thème. Vous allez me proposer en retour une description précise. De cette description, je pourrais tirer de multiples figurines, et nous voterons pour la meilleure, les meilleures.

Cette année, il y a des prix :

  • PREMIER PRIX : une des mes cravates 7 plis, de la collection actuelle ou à venir, ainsi qu’une bouteille de Crozes-Hermitages E. Guigal 2010 rouge.
  • SECOND PRIX : une des mes cravates 7 plis, de la collection actuelle ou à venir.
  • TROISIÈME PRIX : une pochette roulottée main de la collection.

(Les frais de port pour les gagnants en province seront à discuter).

Mais allons-y. Le thème est EMBARQUEMENT A BORD DE L’ORIENT-EXPRESS.

En marge de la fabuleuse exposition Orient-Express à l’Institut du Monde Arabe à Paris, où les wagons ainsi que la locomotive vapeur de la SNCF sont présentés (et visitables, ce qui constitue vraiment le clou de l’exposition!), imaginez une tenue, costume ou dépareillée, pour vous présenter à l’enregistrement à la Gare de l’Est. Mettons que vous arrivez un matin, au printemps, pour un départ suivi d’une collation le midi. Au champagne bien sûr ! Le groom en livrée bleue vous tend une contremarque et prend vos valises. Montez !

orient-express dessin

La description des tenues d’aujourd’hui, à écrire dans la page commentaire, doit être formulée de la manière suivante pour être recevable :

  • VESTE : forme, couleur, matière etc…
  • CHEMISE OU AUTRE :
  • PANTALON (AVEC OU SANS CEINTURE) :
  • SOULIERS (ET CHAUSSETTE) : forme, couleur etc…
  • AUTOUR DU COU :
  • AUTRE (optionnel) :

Suivant le nombre de tenues proposées, je ne pourrais toutes les dessiner. Je ferais alors un choix – le mien – souverain. Je me laisse éventuellement une semaine sans publication pour bien dessiner toutes les idées. Nous nous retrouverons alors et jugerons ! A vos marques…

Le petit maillot de corps

Je voyais cette semaine dans le métro un homme plutôt élégant, portant un chino à pinces et une jolie chemise. Son col de chemise était ouvert ! Et laissait entrevoir un maillot de corps blanc à col rond. J’ai immédiatement tilté : il doit être américain, c’est typique. Evidemment, il se mit à parler à la femme à côté, avec un fort accent… américain !

Le maillot de corps est-il un signe de propreté corporelle ? Un signe extérieur envoyé aux autres pour évoquer son hygiène et ses mœurs bonnes sous tous rapports ? Seul un américain pourrait répondre sur ce trait si typique de la culture US, qui transparait même à la télévision et au cinéma.

Je vais confesser en porter également, à col V, pour ne rien laisser deviner ! J’aime cette cotonnade car son touché est plus doux que celui des chemises, surtout moins froid le matin. Quand ce petit jersey blanc s’enfile sans y penser, la chemise bien repassée, apparait cassante, froide, même dans les plus fines étoffes.

Cela me permet également de ne pas abimer trop mes chemises, car les traces de transpiration attaquent fort le coton, et les déodorants modernes n’aident pas.

ILLUS50

Je sais que cette idée ne fait pas du tout l’unanimité, et je pense que vous serez nombreux à réagir à ce propos. Pourtant, il n’est pas si loin le temps où chacun portait un débardeur, le bien nommé Marcel d’après une société française qui le commercialisa sous ce nom ! C’était un signe de propreté, un sous-vêtement que l’on aurait oublié pour rien le matin. Le cadre le portait autant que le travailleur de force, mais pas pour les mêmes raisons. Symbole de la classe ouvrière, le Marcel permettait de protéger le torse des courants d’air tout en étant libre de ses mouvements au niveau des bras. Et ce coton se lave facilement.

Je crois avoir lu quelque part que cette invention – le maillot de corps en coton – est une invention européenne, que les soldats américains se sont appropriées durant la première guerre mondiale. Car lorsqu’ils sont arrivés pour nous aider, ils en ont découvert le confort par rapport aux maillots de corps en laine…

Et ce sont ces maillots de corps, le A-shirt (pour Athletic shirt) en anglais et marcel en français ainsi que le T-shirt (en forme de T), qui sont devenus de nos jours des vêtements à part entière et non plus des sous-vêtements. Il faut cependant éviter de porter le T-shirt avec un veste comme Ardisson ou Don Johnson dans Deux Flics à Miami ! Ce n’est pas élégant !

Bonne semaine, Julien Scavini

PS :La semaine prochaine, je ferai quelques annonces : un peu de mon actualité et aussi le lancement d’un nouveau concours, comme l’année dernière, avec quelques prix à gagner cette fois-ci. Je vous donnerai le thème complet, puis je dessinerai vos idées. Nous élirons les trois premiers, qui recevront cravates, pochettes, entre autres. Préparez-vous…

Le pantalon gris

Voici un article que je souhaite écrire depuis des lustres à propos d’un sujet qui me tracasse depuis toujours. Un sujet pas évident, sujet à controverse.

D’un point de vue classique, une veste sport, quelle qu’elle soit se complète d’un pantalon gris. De flanelle par exemple l’hiver, de laine froide l’été. C’est ainsi.

Seulement, deux choses me gênent dans cette idée. Premièrement, je classe le gris plutôt du côté des couleurs urbaines, qui s’opposent aux couleurs ‘sport’. D’un côté je range le gris, le noir et le bleu, de l’autre le marron, le vert, la rouille etc. Ainsi, je construis une garde robe sur ce principe. Avec le bleu pouvant jouer le rôle de pivot, qui se prête avec la même aisance au costume ou au chino.

Dès lors et c’est le second point, j’ai du mal à coordonner mes vestes sports dans les coloris cités plus haut avec un pantalon gris et des souliers marron. Car j’ai le marron associé au gris presque en horreur. A l’exception par exemple de souliers en veau-velours avec un pantalon gris foncé et un blazer marine. Remarquez, j’ai une paire de mocassins grainés qui vont bien – car assez sombre – avec du gris.

Je sais que nombre d’entre vous vont être étonnés par mes propos. Je marche sur des œufs, mais au moins cela provoquera un débat. Le gris va, il est conventionnel. Mais ce n’est pas l’accord ultime à mon goût, qu’en pensez-vous ?

J’argumente. Avec un veston de tweed aux tonalités marrons, que peut-on associer d’autre qu’un pantalon gris ? Immédiatement, je réponds pantalons marron (d’une nuance différente, ou d’une texture et/ou matière différente) ou sable. Autre option, si le marron s’accorde bien avec : du bleu marine ! Très Italien.

Si la veste a de légers carreaux bleus par exemple et si sa matière n’est pas du tweed, mais une laine fine, d’un genre très italien, alors un pantalon bleu ciel pourrait compléter également celle-ci, mais dans un accord très estival.

Je me souviens également d’un client à qui j’ai réalisé un pantalon de fin cavalry twill, dans une tonalité bronze. Superbe, à la fois légèrement urbain mais qui s’accorde à merveille avec les dégradés marron et rouille, ainsi que le vert. Et qui ne jure jamais sur des souliers marron.

J’ai également trouvé dans une liasse un sorte de gris mêlé de marron. Un tissu italien évidemment, que je trouve formidable, comme vous pouvez juger par le dessin. Ainsi, le débat est court-circuité par cet entre deux.

ILLUS49Pour ma part, je réserve maintenant mes pantalons gris aux blazers. Et avec mes vestes plus sport, j’associe l’hiver la moleskine ou le velours, et l’été la laine froide beige, le coton bleu ciel ou le blanc. Le chino beige ou marine joue un rôle intermédiaire. J’oublie enfin la flanelle anthracite, qui pour du gris, s’associe parfaitement avec les teintes marron. Une spécificité de cette matière chinée sans doute.

Finalement, s’habiller en suivant des conventions classiques est très facile. Un peu de bon sens et quelques règles suffisent. Par contre, commencer à s’habiller avec conscience, c’est à dire faire de son acte du matin une pensée construite, presque un art – de la futilité – cela fait réfléchir longuement. Très longuement. Au moins une vie…

Bonne semaine, Julien Scavini

PS : Je fais des fautes, oui et m’en excuse. Je publie très vite et n’ai pas toujours le temps de me relire. Et particulièrement sur les accords de couleur ! Mais bon sang, faut-il les accorder ou pas ? Je pars du principe que la couleur est quelque fois un adjectif qui s’accorde, mais plus souvent un nom commun qui est pris adjectivement. En gros, l’adjectif est aussi un nom. À ce moment-là, la couleur est invariable. Un avis sur la question ?

Le noir et le bleu

Pendant de très nombreuses décennies, les souliers noirs ont tenu le haut du pavé. Une chaussure de ville, prise comme une icône est noire. Les gentlemen d’Angleterre nous ont légué quelques codes, parmi lesquels l’usage de souliers différents avec une tenue formelle et avec une tenue sport. C’est ainsi que le noir et le sombre est devenues la couleur des tenues de ville, des tenues de cérémonie, bref de tout ce qui est important, et donc peut-être, du travail. Le marron quant à lui demeure une couleur plus naturelle, plus proche de la teinte de la peau d’origine, plus facile à marier avec des tenues décontractées.

De nos jours, les règles sont évidemment brouillées et personne n’est véritablement obligé – sauf par son milieu social, et encore – de respecter à la lettre ces préceptes. D’autant plus que si l’on suivait ceux-ci à la lettre, il ne serait pas possible de porter souvent les souliers marrons, surtout si l’on aime cela. Car de nos jours, et dans de nombreux domaines, la question du goût – personnel et collectif – se surimpose aux règles quelles qu’elles soient. Que je veuille ou non juger ce goût, il est là.

Et le goût du moment (est-ce une trouvaille italienne ?) consiste à associer un costume sombre avec des souliers marrons, y compris et surtout dans le cadre du travail voire même à un mariage ! Soit. Parfois et suivant le bleu, l’accord peut être sympathique. C’est le cas par exemple de l’alliance de flanelle bleu marine avec des souliers en veau-velours foncé. C’est parfois le cas avec des souliers d’un beau marron moyen, grainé, avec un bleu légèrement pétrole.

ILLUS48

Mais je m’arrête là, car l’usage de souliers marron clair est plus qu’hasardeux, avec du bleu marine ou pire, avec du gris… Ceci dit, il est bien vu de manière classique de porter l’ensemble blazer bleu, pantalon gris et souliers marrons. Donc le gris peut aller avec le marron. Une question de règles. Ceci-dit, je n’aime précisément pas tellement cet accord.

Les souliers noirs n’ont donc plus la cote ? Trop fades, trop semblables d’une paire à l’autre, trop classiques ? Classique ! Ah le mot est lâché pour immédiatement vouloir faire l’inverse. Pourtant, quel commun que toutes ces groles Eram, André ou Zara, marron clair, qui rebiquent car elles ne voient jamais d’embauchoirs ! Le métro le matin est un défilé de laideur.

J’avais récemment un client avec sa fiancé qui cherchait une telle alliance. Mon rôle n’est pas d’imposer mon goût, ni même de vouloir entrer dans de longs débats. Je fus très impressionné par leur capacité à trouver des règles pour associer gris et marron. Ils trouvaient que tel gris allait mieux, que tel autre moins. Je trouvais tout simplement que cela n’allait pas ensemble ! Chacun ses goûts.

Et finalement, ce qui me surprit le plus, c’est que le client chaussait des souliers noirs – un derby curieux – avec son jean, forcément…. bleu. Ah, alors ? Avec le costume bleu marine, plusieurs clients m’ont souvent dit que les souliers noirs ne s’harmonisaient absolument pas ! Que le marron était mieux. Mais là, le jean bleu par essence, se marierait-il mieux avec les souliers noirs? Je cherche encore la réponse … On se fait les règles que l’on veut. Cela s’appelle des principes à géométrie variable, un trait commun de l’époque.

Bonne semaine, Julien Scavini

Bonne fête de Pâques

Comme chaque année, un petit portrait de famille, avec pour thème le voyage et la course aux œufs en chocolat ! Quelque part, à la fin des années 20…

ILLUS47

https://stiff-collar.com/wp-content/uploads/2009/12/separateur-texte.gif?w=153&h=12&h=12

En marge de ce dessin, découvrez également quelques clichés réalisés à l’intérieur de la boutique Charvet de la Place Vendôme. Les photos sont l’œuvre Claude Truong-Ngoc (qui m’a aimablement autorisé à en présenter ici) et publiées sous licence Créative Commons. J’en mets quelques unes en consultation directe ici, les autres sur la page Wikimédia !

Bonne semaine, Julien Scavini.

La couleur verte

Une couleur difficile le vert… Ces quelques mots lâchés par tante Constance dans Gosford Park (Maggie Smith par Robert Altman)résument parfaitement la réaction de chacun, hommes et femmes à l’idée de porter du vert. C’est vrai mais bien dommage.

Rappelons d’abord que le vert est la couleur dont l’œil peut voir le plus de nuances, son spectre étant très large. Il existe une infinité de variantes, vert pomme, vert anis, vert menthe, vert sapin pour les végétaux, vert sinople en héraldique, vert malachite pour les pierres dures, vert du vers de terre et vert de gris, vert ScotchBrite, vert et bleu canard et j’en passe. De plus le vert est considéré comme la couleur relaxante par excellence. Voir de la verdure repose l’esprit.

Seulement quand il s’agit d’en porter sur soi, le débat se corse. La couleur attire, mais repousse aussi, à cause du teint blafard qu’elle peut donner.

J’ai identifié quelques pièces simples, qui proposées en vert, peuvent être très belles : une veste de tweed, une cravate en grenadine, une chemise rayée, un pantalon chino. Voyez l’illustration. Seulement attention au choix du vert.

ILLUS46_1

Si ces pièces peuvent être superbes, on ne les mariera que peu entre elles. Et là où le vert acquiert un intérêt certain, c’est dans sa capacité à s’associer à d’autres teintes. Je n’en connais pas qui soit aussi versatile. Ainsi le vert s’associe : avec les bruns évidemment, les orangés et autres rouilles, dans un accord très campagne qui convient bien aux roux ; avec les gris et surtout les anthracites osant une harmonie exceptionnelle rappelant un ciel d’orage sur fond de forêt printanière ; avec les bleus enfin, pour des associations à la fois très étudiées et en même temps presque insensées.

Ainsi, une veste en tweed, par exemple un fin donegal, peut être portée alternativement avec un pantalon de moleskine marron, un pantalon de flanelle anthracite et un chino bleu. Avec une chemise dans l’accord général, soit petits carreaux vert ou marron, soit petits carreaux vert ou anthracite, voir une popeline bleu ciel, soit avec une chemise à petits carreaux vert ou bleu ou encore une popeline bleu ciel. Petits carreaux ou rayures du reste, bien que le premier soit plus sport.

La cravate en grenadine verte, je l’ai dessinée dans cet article, en complément de LA chemise bleu ciel qui va bien avec tout. Un accord majeur à l’italienne.

La chemise à rayures bengal vertes est aussi une trouvaille. Avec un costume uni gris souris ou gris foncé, l’effet peut être captivant et peut – c’est assez curieux – passer pour du bleu à une certaine distance. Cela change des habituelles chemises bleues. En plus, vous pourrez utiliser cette chemise y compris avec des tenues sport à dominante marron.

Enfin le pantalon chino vert est presque devenu ces derniers temps un incontournable chez la plupart des revendeurs, H&M et autres Napapijri compris. Cela doit être dû à la capacité de tels pantalons (qui vont du vert amande au vert kaki) de se fondre dans la masse sombre, sans pour autant être du déjà vu. Il y a les pantalons de couleurs, les pantalons gris et bleus et ceux qui sont verts. D’un vert camouflage très à la mode en passant par un vert plus acidulé, ils iront avec tout en restant discret. Assez étonnant n’est-il pas ?

Je vous laisse méditer ces quelques réflexions, je ne doute pas que cela vous travaille longuement !

Bonne semaine, Julien Scavini

La saison des mariages, partie IV

Suite et fin des diverses possibilités pour s’habiller à SON mariage et ce soir pièce incontournable : le costume gris. Le mariage est l’événement formel par excellence, rare par définition. Le vêtement absolu (et rare) en terme de style reste d’abord et avant tout la jaquette. La jaquette est constituée d’un vêtement long (jusqu’aux genoux) de forme caractéristique (rond sur le devant et un bouton), principalement noire ou grise, que l’on associe avec un pantalon noir rayé de gris et de blanc (au dessin caractéristique la encore) et un gilet gris clair ou de couleur. Pour plus d’information, cet article fait le point sur le sujet.

Un client m’interrogeait récemment sur le porte de la veste longue, genre redingote. Comme il me dit, c’est la proposition incontournable des vendeurs ‘marieux’, et comme il me dit aussi : « c’est toujours d’un goût douteux ». J’étais d’accord. Il s’agit là d’une invention contemporaine, batarde du point de vue du style. Si l’idée découle des redingotes droites du début du siècle, l’esprit ici est radicalement différent, et totalement déguisé. A la limite, tant qu’à être mal fagoté en ‘costard’ dans la vie de tous les jours, autant l’être aussi à son mariage. Non, ce vêtement est idiot, surtout en écru brillant comme il est possible de voir dans les vitrines. Si l’on veut un vêtement long, alors il faut se tourner vers la jaquette. En plus, si l’un comme l’autre se portent peu, vous pourrez reporter la jaquette à d’autres mariages, alors qu’il serait saugrenu de reporter une redingote blanche ailleurs (et même à votre mariage).

Bref, si vous trouvez la jaquette un peu trop formelle et pas pratique (car il est vrai qu’il est difficile d’arriver au bureau dans une telle tenue), l’alternative courte serait le costume gris ou anthracite. Je passe volontairement sur le ‘stroller’, qui paraitra décalé aux non initiés.

Je trouve le costume gris légèrement plus formel que le costume bleu marine à un mariage. Peut-être pour le côté plus éteint, moins lumineux que le bleu. Un bel anthracite, peut-être à chevrons fins comme pour les jaquettes peut être du plus bel effet, avec une chemise blanche et des souliers noirs. Là encore, le gris du costume appelle plus logiquement le noir aux pieds.

ILLUS44

Ce costume peut être trois pièces aussi. Trois pièces sur même tissu, trois pièces avec un gilet du même tissu mais d’une teinte plus claire, ou encore trois pièces avec un gilet dépareillé. Trois écoles se font face.

J’ai réalisé l’année dernière pour un client un complet gris moyen, dans une belle laine froide, lourde mais avec un veston non doublé. Avec, nous avons décidé de réaliser un gilet droit dépareillé, bleu ciel à fines rayures blanches : un tissu de costume, une laine froide là encore, sélectionnée dans une autre liasse. J’étais interrogatif lors du choix – du client – mais conquis par le résultat. L’ensemble était léger et très agréable et le rappel de bleu et de blanc faisait écho à la chemise et à la cravate.

Cet année, j’ai guidé un client vers un costume gris uni, d’une coupe relativement simple (deux boutons, deux poches horizontales) associé à un gilet croisé. Ce gilet, plutôt que de batailler des heures à trouver un autre tissu coloré, nous l’avons simplement réalisé dans le gris clair, juste à côté dans la liasse. Sans complication, mais avec un rendu exceptionnel. Ainsi, le complet n’était pas chargé et juste assez formel pour cet événement. Passé le mariage, le costume intégrera la vie de tous les jours et le gilet pourra ressortir à l’occasion de baptêmes ou fêtes de famille. D’une pierre, deux coups.

Je souhaite qu’avec ces diverses propositions, ce long chemin pour les non initiés paraitra plus simple et plus agréable à parcourir. Retenez une chose de ces articles. Il ne sert à rien de vouloir absolument faire de l’effet à votre mariage. Vous êtes le marié, tout le monde le saura. Et le simple fait de pousser la porte d’un tailleur donnera déjà à votre costume assez de cachet et une allure remarquable. Cela suffit.

Bonne semaine, Julien Scavini