Bonne fête de Pâques

20 avril 2014

Comme chaque année, un petit portrait de famille, avec pour thème le voyage et la course aux œufs en chocolats ! Quelque part, à la fin des années 20…

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http://stiffcollar.files.wordpress.com/2009/12/separateur-texte.gif?w=153&h=12&h=12

En marge de ce dessin, découvrez également quelques clichés réalisés à l’intérieur de la boutique Charvet de la Place Vendôme. Les photos sont l’œuvre Claude Truong-Ngoc (qui m’a aimablement autorisé à en présenter ici) et publiées sous licence Wikimédia Commons. J’en mets quelques unes en consultation directe ici, les autres sur la page Wikimédia !

Bonne semaine, Julien Scavini.

La couleur verte

14 avril 2014

Une couleur difficile le vert… Ces quelques mots lâchés par tante Constance dans Gosford Park (Maggie Smith par Robert Altman)résument parfaitement la réaction de chacun, hommes et femmes à l’idée de porter du vert. C’est vrai mais bien dommage.

Rappelons d’abord que le vert est la couleur dont l’œil peut voir le plus de nuances, son spectre étant très large. Il existe une infinité de variantes, vert pomme, vert anis, vert menthe, vert sapin pour les végétaux, vert sinople en héraldique, vert malachite pour les pierres dures, vert du vers de terre et vert de gris, vert ScotchBrite, vert et bleu canard et j’en passe. De plus le vert est considéré comme la couleur relaxante par excellence. Voir de la verdure repose l’esprit.

Seulement quand il s’agit d’en porter sur soi, le débat se corse. La couleur attire, mais repousse aussi, à cause du teint blafard qu’elle peut donner.

J’ai identifié quelques pièces simples, qui proposées en vert, peuvent être très belles : une veste de tweed, une cravate en grenadine, une chemise rayée, un pantalon chino. Voyez l’illustration. Seulement attention au choix du vert.

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Si ces pièces peuvent être superbes, on ne les mariera que peu entre elles. Et là où le vert acquiert un intérêt certain, c’est dans sa capacité à s’associer à d’autres teintes. Je n’en connais pas qui soit aussi versatile. Ainsi le vert s’associe : avec les bruns évidemment, les orangés et autres rouilles, dans un accord très campagne qui convient bien aux roux ; avec les gris et surtout les anthracites osant une harmonie exceptionnelle rappelant un ciel d’orage sur fond de forêt printanière ; avec les bleus enfin, pour des associations à la fois très étudiées et en même temps presque insensées.

Ainsi, une veste en tweed, par exemple un fin donegal, peut être portée alternativement avec un pantalon de moleskine marron, un pantalon de flanelle anthracite et un chino bleu. Avec une chemise dans l’accord général, soit petits carreaux vert ou marron, soit petits carreaux vert ou anthracite, voir une popeline bleu ciel, soit avec une chemise à petits carreaux vert ou bleu ou encore une popeline bleu ciel. Petits carreaux ou rayures du reste, bien que le premier soit plus sport.

La cravate en grenadine verte, je l’ai dessinée dans cet article, en complément de LA chemise bleu ciel qui va bien avec tout. Un accord majeur à l’italienne.

La chemise à rayures bengal vertes est aussi une trouvaille. Avec un costume uni gris souris ou gris foncé, l’effet peut être captivant et peut – c’est assez curieux – passer pour du bleu à une certaine distance. Cela change des habituelles chemises bleues. En plus, vous pourrez utiliser cette chemise y compris avec des tenues sport à dominante marron.

Enfin le pantalon chino vert est presque devenu ces derniers temps un incontournable chez la plupart des revendeurs, H&M et autres Napapijri compris. Cela doit être dû à la capacité de tels pantalons (qui vont du vert amande au vert kaki) de se fondre dans la masse sombre, sans pour autant être du déjà vu. Il y a les pantalons de couleurs, les pantalons gris et bleus et ceux qui sont verts. D’un vert camouflage très à la mode en passant par un vert plus acidulé, ils iront avec tout en restant discret. Assez étonnant n’est-il pas ?

Je vous laisse méditer ces quelques réflexions, je ne doute pas que cela vous travaille longuement !

Bonne semaine, Julien Scavini

Mon expérience en souliers

7 avril 2014

J’ai longtemps hésité à écrire sur les marques de souliers et notamment celles que je porte. Principalement car je ne suis pas un expert. Ceci dit, ce n’est peut être pas une tare, car quand je lis certains, compter leur nombre de port entre deux crémages, je m’estime heureux ! Bref, je vais vous relater mon expérience en souliers, plutôt humble tant du point de vue que de la critique des marques. Pour avoir été moi même critiqué (gentiment) ça et là sur internet, je vais prendre des pincettes, je suis sûr que vous comprendrez.

Quand j’ai commencé à me vêtir correctement, c’est à dire ‘à la parisienne’ et à abandonner mes sweatshirt Billabong et Quiksilver, j’ai découvert BEXLEY. Leur toute petite boutique de Sèvres-Babylone à deux pas des Beaux-Arts exerçait sur moi un pouvoir d’attraction fort. Des souliers du sol au plafond, dans de beaux rayonnages de bois. Superbe ! Mon goût avait été aiguisé par un professeur qui portait une paire de richelieu à bout droit en veaux-velours, dont j’avais reconnu la provenance (professeur depuis devenu un client, les retournements sont amusants, entre élégants).

J’ai commencé par une première paire identique, mais souffert le martyr au début. Je ne savais pas ce qu’était un soulier en cuir, les baskets rendant les pieds mous. Cependant j’étais particulièrement satisfait de la forme, très équilibrée avec son bout rapporté plutôt court et sa matière très feuille de tabac. Un bonheur dont je prenais grand soin : patin, fer encastré et embauchoir.

Je choisis toujours chez Bexley un richelieu noir, toujours à bout droit, mais d’une ligne plus John Lobb. Superbe là encore. Il complétait mon premier costume, un Hackett bleu marine que j’ai toujours. A l’époque cette vénérable maison proposait encore de la qualité !

La ligne du soulier est quelque chose qui m’obsède. Son balancement, ses proportions. Je suis devenu très difficile à ce sujet.

J’ai continué d’acheter chez Bexley. Toujours un peu trop grand (42 1/2, 43). Les vendeurs ne sont pas bien formés, le choix se fait un peu à la va vite. Mais je n’ai jamais trop souffert. J’ai également eu chez Bexley une paire de one-cut bergeronnette et une paire de tassel loafer en veau velours, dont un client m’a dit qu’elle ressemblait à des Green.

Et puis j’y suis retourné quelques temps plus tard, acheter la même paire que ma première, le richelieu à bout droit en veaux-velours. Disposant d’un peu de sous, j’ai pris la même en cuir marron foncé. Et j’ai bien déchanté. Cinq années se sont écoulées. Les formes ont changées. Légèrement évidemment, si bien que je ne le remarquais pas immédiatement. La forme est devenue plus large, le bout droit s’est allongé, si bien que les plis se forment maintenant sur celui-ci. Hérésie et douleur au gros orteil ! Celle en cuir foncé avait un cuir tellement dur qu’un ami a dû y pulvériser un produit pour les assouplir. Rien n’y fit. Les deux paires partirent à la poubelle bien vite et je fus contraint de garder ma très ancienne paire, qui avait franchement fait son temps, vaillamment.

Je ne suis jamais retourné chez Bexley depuis. Dommage, car le prix et le cousu Goodyear sont intéressants.

Autre expérience, chez BOWEN, un jour que je faisais des emplettes à La Vallée Village, un lieu où les marques écoulent leurs stocks à prix réduit. Je choisis un richelieu à bout droit, en veaux-velours gold. Couleur pas évidente, mais sur le moment j’ai apprécié. Je pris une paire en 9 (43). Elles ont très bien vieilli, en dépit d’une tâche de graisse faite dans la première semaine de port… Seulement j’ai remarqué qu’à l’usage, elles sont trop grandes et cela se ressent sur le confort. Le pied flotte et les orteils buttent à l’avant.

Je suis ensuite allé chez MARKOWSKI. Un ami bloggeur m’y a accompagné pour ce que j’estimais être une première expérience de vrais souliers. J’y croisais d’ailleurs le créateur, avec qui j’ai parlé de chemises non-iron Brooks Brothers. Je choisis une paire assez ronde de richelieu à bout droit noir, avec du fleuri car hélas le plus simple modèle était en rupture. Le vendeur de bon conseil, me vendit une paire de 8,5. Je signalais être un peu serré. A l’époque, je ne savais pas trop quelle était l’aisance nécessaire. Personne ne me l’avait expliqué clairement.

Là encore, j’ai souffert le martyr là encore. Ils ont en effet eu l’idée très saugrenue de placer une couture de doublure juste sur le côté du talon, vers l’intérieur, précisément là où je perce mes doublures, car je marche un peu sur le talon intérieur. J’ai pesté plus d’une fois contre cette couture ! Mais dès lors que sa sensation s’est estompée, ces souliers sont devenus de véritables chaussons. Et je dois dire être très satisfait par la ligne générale, harmonieuse et très anglaise. J’aime les souliers un peu rond, voilà qui est parfait. Seulement, je note que cette chaussure, au bout de deux ans est un peu trop grande. Comme quoi… Pour le prix, c’est merveilleux.

Parce que tout simplement la boutique Markowski est trop loin de chez moi, je suis allé ensuite chez LODING, dont plusieurs amis portent les souliers. J’ai pris un richelieu à bout droit, en cuir lisse gold. Je l’ai trouvé superbe dans le magasin. Le vendeur en jogging n’avait pas l’air de s’y connaitre, aussi ai-je pris une pointure qui me semblait bonne. Je les porte encore, mais sans plus. Oui c’est bon, mais la forme est à peine déséquilibrée, et cela me gêne un peu. Le bout droit est un peu trop long et l’arrondi a quelque chose de pas chic, de pas assez anglais, une forme de méplat maladroit que je ne sais pas caractériser vraiment. Quand je vous dis que je suis difficile. Finalement j’ai aussi une tare :)

Je continue toutefois de conseiller à mes jeunes clients et aux clients pour les mariages d’aller chez Loding. Jusqu’à ce qu’un client la semaine dernière me montre son achat, sur mon conseil (un richelieu noir à bout droit). J’ai découvert un cuir très dur et surtout un cousu blake. Non pas que ce soit un défaut, loin de là, mais disons que c’est dommage. Je pense que Loding se développant énormément, ses vendeurs doivent être confrontés en province surtout à des retours négatifs de clients ne comprenant pas qu’il faille en plus poser des patins sur des souliers déjà chers (ah inculture quand tu nous tiens), d’où également l’importance des semelles gommes maintenant.

Bref, l’expérience fut intéressante mais peu concluante.

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Puis, j’essayais 7EME LARGEUR. Tout le monde m’en parlait, il fallait que je teste ! J’y suis donc allé un matin avant d’ouvrir. Je fus agréablement impressionné par les formes. Je fis une folie et en pris deux paires, un richelieu à bout droit noir et un mocassin en cuir grainé marron. Le vendeur m’expliquait que mon pied était plat et que je devais prendre un petit soulier pour éviter les plis d’aisance trop marqués. Je me suis laissé convaincre. Pour une raison que j’ignore, il a absolument voulu me vendre le richelieu en 7 (40,5) et le mocassin en 7 1/2 (41), en me donnant une semelle intérieure pour faire monter le pied en plus. Soit ! Après deux ports des richelieus, j’avais le pied en sang et ce n’était plus possible. Je fis une réclamation pour un échange standard. Refus. Je suis donc allé chez mon cordonnier qui me les a élargies. Erreur. Le cuir sec a craquelé tout au long des pans élargis. Résultat moyen au final, avec des souliers très petits qui certes ne plissent pas, mais iront à la poubelle dès que j’aurais troué les doublures. Car les glissoires (ces pièces de cuir que le cordonnier pose à l’intérieur au talon) sont épais, trop épais en l’occurrence. Quant au mocassin, il n’est pas mal, même si je trouve que finalement cette forme ronde (la 206?) est vraiment trop ronde, pas élégante.

Expérience moyenne à désastreuse, je passe mon chemin. Finalement, j’en venais à être dégoûté des souliers en cuir. Chez Décathlon au rayon Nike et Addidas, c’est beaucoup plus simple et on est toujours très bien dedans ! Alors quoi ?

J’ai laissé passer du temps, sans rien acheter, car j’avais trop peur d’être déçu.

Puis un client est venu, qui est allé sur mon conseil pour son mariage chez BOWEN. Je fus très enthousiasmé par la forme et l’équilibre générale. J’y suis donc allé la semaine dernière, prendre un richelieu à bout droit en veau-velours. Le vendeur sympathique à qui j’ai expliqué tout ce que je viens d’écrire marchait sur des œufs. Il me fit essayer la paire 8 et la 8 1/2. Je découvris avec lui que j’avais un pied fort, évidemment plus serré dans le soulier. C’est un peu la même chose en tailleur. Lorsque le sur-mesure commence à être de qualité, on voit apparaitre les petits défauts, une épaule plus large d’un côté, un bras à peine plus long de l’autre. Je me suis décidé pour la plus petite paire des deux. Un peu serré, mais je compris l’idée : le veau-velours se détend bien. J’ai juste peur le jour où je devrai poser des glissoires. Mais pour l’instant, c’est un bonheur : forme équilibrée, cuir d’une belle couleur. Le mois prochain, je prendrais une paire en noir. Pour 305€, je suis assez conquis.

Bien sûr, quantité de clients me parlent de CROCKETT & JONES. Mais mettre 450€ dans une paire est pour moi encore impensable. On évolue à son rythme. Pour me faire l’écho de mes clients et poursuivre ce commentaire général, j’ai entendu extrêmement de bien de GAZIANO & GIRLING y compris de clients dans mon cas qui ont découvert le bonheur dans une de leur chaussure. Enfin, AUBERCY et LOBB semble tenir une place de choix chez nombre de messieurs classiques pas calcéophiles pour deux sous. Ils ne doivent être ni trop serré, ni trop au large. C’est le secret ! Et chez EDWARD GREEN, un de mes clients qui y a fait une folie ne le regrette pas !

Voici donc pour ce panel très large. D’habitude sur les blogs et magazines, il n’est question que de souliers à 500€ minimum. J’ai voulu contre-balancer cet esprit général élitiste avec mon humble expérience. Je n’ai pas jugé le cuir ou les montages techniques, je ne suis pas expert. Il s’agit juste de donner la parole à mes pieds, après tout, ce sont eux qui ont souffert, ou pas. La ligne et le confort, deux critères finalement hautement subjectifs qui n’engagent donc que moi et ne remettent pas en cause votre propre expérience… à vous d’essayer ces maisons. De toute manière, si ces maisons sont citées ici, c’est qu’elles sont déjà de qualité, je ne vous importunerais pas avec Er*m ou And*é …

Bonne semaine, Julien Scavini

PS : j’ai échangé à un client sa paire d’Aubercy marron, hélas elles sont bien trop grandes. 9, c’est trop grand, le pied galoche, ce n’est pas confortable. Je les remets donc en jeu, pour une somme modique du coup, 380€, à débattre. Faîtes moi signe. La paire est visible à la boutique. État neuf.

La saison des mariages, partie IV

31 mars 2014

Suite et fin des diverses possibilités pour s’habiller à SON mariage et ce soir pièce incontournable : le costume gris. Le mariage est l’événement formel par excellence, rare par définition. Le vêtement absolu (et rare) en terme de style reste d’abord et avant tout la jaquette. La jaquette est constituée d’un vêtement long (jusqu’aux genoux) de forme caractéristique (rond sur le devant et un bouton), principalement noire ou grise, que l’on associe avec un pantalon noir rayé de gris et de blanc (au dessin caractéristique la encore) et un gilet gris clair ou de couleur. Pour plus d’information, cet article fait le point sur le sujet.

Un client m’interrogeait récemment sur le porte de la veste longue, genre redingote. Comme il me dit, c’est la proposition incontournable des vendeurs ‘marieux’, et comme il me dit aussi : "c’est toujours d’un goût douteux". J’étais d’accord. Il s’agit là d’une invention contemporaine, batarde du point de vue du style. Si l’idée découle des redingotes droites du début du siècle, l’esprit ici est radicalement différent, et totalement déguisé. A la limite, tant qu’à être mal fagoté en ‘costard’ dans la vie de tous les jours, autant l’être aussi à son mariage. Non, ce vêtement est idiot, surtout en écru brillant comme il est possible de voir dans les vitrines. Si l’on veut un vêtement long, alors il faut se tourner vers la jaquette. En plus, si l’un comme l’autre se portent peu, vous pourrez reporter la jaquette à d’autres mariages, alors qu’il serait saugrenu de reporter une redingote blanche ailleurs (et même à votre mariage).

Bref, si vous trouvez la jaquette un peu trop formelle et pas pratique (car il est vrai qu’il est difficile d’arriver au bureau dans une telle tenue), l’alternative courte serait le costume gris ou anthracite. Je passe volontairement sur le ‘stroller’, qui paraitra décalé aux non initiés.

Je trouve le costume gris légèrement plus formel que le costume bleu marine à un mariage. Peut-être pour le côté plus éteint, moins lumineux que le bleu. Un bel anthracite, peut-être à chevrons fins comme pour les jaquettes peut être du plus bel effet, avec une chemise blanche et des souliers noirs. Là encore, le gris du costume appelle plus logiquement le noir aux pieds.

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Ce costume peut être trois pièces aussi. Trois pièces sur même tissu, trois pièces avec un gilet du même tissu mais d’une teinte plus claire, ou encore trois pièces avec un gilet dépareillé. Trois écoles se font face.

J’ai réalisé l’année dernière pour un client un complet gris moyen, dans une belle laine froide, lourde mais avec un veston non doublé. Avec, nous avons décidé de réaliser un gilet droit dépareillé, bleu ciel à fines rayures blanches : un tissu de costume, une laine froide là encore, sélectionnée dans une autre liasse. J’étais interrogatif lors du choix – du client – mais conquis par le résultat. L’ensemble était léger et très agréable et le rappel de bleu et de blanc faisait écho à la chemise et à la cravate.

Cet année, j’ai guidé un client vers un costume gris uni, d’une coupe relativement simple (deux boutons, deux poches horizontales) associé à un gilet croisé. Ce gilet, plutôt que de batailler des heures à trouver un autre tissu coloré, nous l’avons simplement réalisé dans le gris clair, juste à côté dans la liasse. Sans complication, mais avec un rendu exceptionnel. Ainsi, le complet n’était pas chargé et juste assez formel pour cet événement. Passé le mariage, le costume intégrera la vie de tous les jours et le gilet pourra ressortir à l’occasion de baptêmes ou fêtes de famille. D’une pierre, deux coups.

Je souhaite qu’avec ces diverses propositions, ce long chemin pour les non initiés paraitra plus simple et plus agréable à parcourir. Retenez une chose de ces articles. Il ne sert à rien de vouloir absolument faire de l’effet à votre mariage. Vous êtes le marié, tout le monde le saura. Et le simple fait de pousser la porte d’un tailleur donnera déjà à votre costume assez de cachet et une allure remarquable. Cela suffit.

Bonne semaine, Julien Scavini

La saison des mariages, partie III

24 mars 2014

L’une des difficultés des cérémonies de mariage, c’est qu’il a parfois lieu en deux temps, civil puis religieux, avec quelques jours ou mois d’avance. C’est par exemple le cas d’un de mes clients, qui se marie religieusement assez tard au mois d’aout, mais dont la cérémonie à la mairie a lieu au mois de juin. Vous me direz, où est la complication : costume les deux fois et costume identique. Et bien ce n’est pas si facile. Car il faut aussi compter avec la mariée, qui en toute logique garde la grande robe blanche pour l’Eglise. Les tenues pour le mariage civil sont plus sobres. ll est alors possible pour le marié de recourir à un simple costume de travail, que l’on aura mis au pressing avant, avec des souliers simples que l’on aura bien ciré également.

Dans le cas qui nous intéresse ce jour, ce mariage civil aura lieu à la campagne, dans l’arrière pays Varois. Il pourrait faire chaud, très chaud. Et l’idée d’un costume ne plaisait qu’à moitié. Son père quelques années auparavant et dans les mêmes conditions, avait porté un costume de coton beige puis un costume bleu marine. Mais il est rare que les fils fassent exactement comme les pères.

Nous avons passé en revue une grande quantité de tissu à la quête d’une idée. Pour ma part, je me souvenais d’une mise portée par le personnage de Peter Campbell dans la série Mad Men, lors d’une garden partie à l’occasion d’un mariage (S03E03). Le rapport était immédiat dans ma tête grâce à ce détail. Le blazer était marron et le pantalon bleu pétrole. Cravate fine très années 60 et petits derbys marrons foncés. L’ensemble était harmonieux. Seulement les tonalités étaient fortes, alors que la robe de la mariée sera claire. Dans un cadre champêtre, cela nous a paru déséquilibré.

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Nous avons également essayé d’inverser l’ensemble, souliers marrons et pantalon marron, le haut bleu (chemise + cravate + veste). Là encore, l’ensemble semble à la fois foncé et trop tranché (marron en bas, bleu en haut). L’avantage d’un pantalon bleu marine au milieu est de séparer deux masses de marron : souliers et veste.

Mais plus nous avancions plus la veste marron nous semblait fade. Le marron est une couleur formidable, qui dans une mise à l’italienne est facile et complète admirablement le bleu marine et les souliers en veau-velours tabac, mais qui en veste est assez ennuyeux. Une belle idée sur le papier mais une mise en œuvre plus difficile. J’en possède une mais ne suis jamais très enthousiaste à l’idée de la mettre. Le côté terreux sans doute. Alors qu’un ocre ou une teinte chamois est superbe.

Nous aurions pu pencher pour une veste sable précisément, et un pantalon bleu marine, mais pour le coup l’ensemble nous parut déséquilibré. Car les mises dépareillées doivent être équilibrées. Teintes foncées ensemble, ou teintes claires ensemble, ou tonalités se faisant écho etc.

Devions nous revenir au costume? Non. Nous trouvâmes bien un caviar bleu tirant sur le beige, mais il était à la fois trop lourd pour l’été et trop gris vu de loin. Car il faut penser à tester les échantillons à diverses distances.

Finalement, nous nous arrêtâmes sur un coton sable pour le pantalon. Une matière lourde (360grs) avec un joli tombé. Et pour la veste, nous avons sélectionné deux tissus bleus, l’un bleu piqué de beige assez clair et l’autre natté bleu plus franc. C’est moi qui choisirai, le client n’en pouvant plus au bout d’une heure et demie de choix cornélien. Il y a un moment où le tailleur reprend la main, que lui laisse courtoisement son client en toute confiance. Et j’ai toute confiance dans les deux choix. Il me reste donc à choisir :)

Bonne semaine, Julien Scavini

La saison des mariages, partie II

17 mars 2014

Continuons ce jour le tour d’horizon des différents cas qui se sont présentés à moi, à propos des tenues de mariage. L’une des premières questions que je peux poser pour cerner mieux l’idée du jeune homme a rapport au thème de couleur. Certains couples choisissent en effet de décorer leur salle de banquet avec des chemins de tables ou des fleurs d’une certaine couleur. Cette couleur est souvent répétée sur les cravates et accessoires portés par les témoins et pères.

J’ai déjà eu le plaisir d’être le témoin de la mariée et mes amis avaient décidé d’acheter un lot de cravate, pour tous les témoins et pères. Nous avions tous une cravate violette, assez foncée et le marié en avait une violette claire. Ainsi, malgré nos jaquettes et costumes différents (les pères n’avaient pas voulus de la jaquette, à la différence des jeunes ; monde amusant), il y avait une certaine harmonie dans l’assemblée, et le premier cercle était immédiatement lisible sur les photos de groupe.

Donc, un jeune homme se présente avec une idée simple : costume blanc pour être raccord avec la marié… Oui oui oui… J’écoute tranquillement et je dois hélas le doucher assez vite : la laine blanche, ça n’existe pas! C’est une matière animale, c’est donc toujours crème. Et je dois dire qu’au premier abord, je manquais d’inspiration. J’avais en tête les affreuses liquettes à moitié longue, blanches, que l’on peut voir dans les boutiques de mariage. Le projet m’enthousiasmait peu.

Et puis je lui ai parlé de ce thème de couleur, et il m’a répondu vouloir une cravate ou un papillon bleu lagon, ou bleu sarcelle (bleu/vert canard), pour correspondra à la ceinture de la robe de sa fiancée et aux couleurs de la décoration de salle. Intéressant ! Il est vrai qu’envisager un costume entièrement dans cette couleur serait difficile. Le blanc était finalement une couleur pas idiote pour ce costume. Je repris ma réflexion, en ouvrant des liasses de coton et de lin, les seules matières que j’avais en blanc de blanc.

A force de conversation, nous nous sommes arrêtés sur le trois pièces blanc de coton, finalement dans un esprit à gentleman anglais, bien loin des premières idées affreuses que j’avais. Pour les souliers, une interrogation demeure encore : marron, noir ou bleu s’il est possible d’en trouver?

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Le second cas fut aussi très intéressant. Pour la première fois, c’était un couple de garçon qui venait pour se faire couper deux costumes identiques. Comme quoi, le mariage gay, ça fait faire des affaires! L’un des deux avait essayé chez un ‘spécialiste’ du mariage une veste col mao greige, avec gilet orange très haut et affreuse lavallière du même ton que le gilet. La tenue n’était pas grotesque, mais ce jeune homme est plutôt petit et costaud. La veste col officier était une absolue hérésie sur lui. Avec des manches recouvrant la moitié de la main, le tableau n’était pas très heureux.

Mais grâce à cet essayage, ils avaient décidé de porter de l’orange et que cette couleur constituerait un thème. J’accueillis l’idée favorablement, même si cette couleur franche n’est pas forcément facile à placer.

Nous avons étudié d’abord un assortiment pantalon orange avec veste blanche, puis l’inverse en passant en revue laine froide, lin et coton. Pas évident, les oranges sont souvent criards ou au contraire éteints. Nous sommes revenus au trois pièces en tombant par hasard sur une laine froide crème à pieds de poule orangés. Superbe  et idéal pour un gilet. Nous nous sommes finalement arrêtés sur des costumes de lin crème, associés à ces fameux gilets. L’ensemble fait merveille avec des souliers en daim blanc et une cravate orange en soie sauvage. Je leur ai sortie de la tête la lavallière, qui de mon humble avis fait vraiment costumé, surtout que personne n’en maîtrise vraiment le montage avec l’épingle. Et pour les différencier, l’un aura une veste à col châle et l’autre une veste à cran pointu.

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Finalement, nous pouvons voir à travers ces deux exemples qu’à partir d’idées curieuses ou très moyennes du point de vue de l’élégance classique, il est possible d’arriver à des réponses d’un goût relativement épuré, ni criard ni terne et très différents de costume de travail. Et quand le client est aussi ravi du résultat que le tailleur, tout va bien ! J’ai pu paraitre un peu dur dans le premier article la semaine dernière. Mais personne n’est obligé de s’y connaitre en vêtement, et chacun peut faire des erreurs de jugement à propos de tel ou tel style. La bonne démarche, c’est déjà d’aller chez un professionnel de bon conseil ! Et il y en a.

 

Bonne semaine, Julien Scavini

La saison des mariages, partie I

10 mars 2014

La plupart des mariages se déroulant de juin à septembre, la réalisation du costume du marié occupe l’hiver. C’est certes moins de temps que l’année prise par les jeunes femmes pour leurs robes, mais ces six mois sont bien nécessaires, la décision étant parfois longue à prendre. Je vais vous relater quelques cas, qui je l’espère vous aideront.

La majorité des jeunes mariés ne savent pas ce qu’ils veulent, c’est le point clef. Seulement, certains ont quelques idées plus abouties. Ensuite, il est possible de classer ces messieurs en trois types : 1- la catégorie avec des idées qui ne changeront pas ; 2- la catégorie au goût incertain que je finis par orienter sur un choix plus classique ; 3- la catégorie au goût classique (dont le mariage est souvent religieux avant d’être civil, sans que cette règle soit absolue (pour l’ordre et le sens) ) avec qui la discussion est rapide et un grand plaisir.

La catégorie 1 est rapide à évacuer. Par exemple un jeune homme est récemment venu me voir avec une idée : un costume brillant à boutonnières violettes ! Si si, je vous jure (bien que Marie-Thérèse le sache : il ne faut point jurer, merci Chatiliez). Au bout d’une heure et demie de conversation infructueuse, je lui ai dit de trouver un autre tailleur !

La catégorie 2 est plus intéressante. La présentation du projet par le client est quelque fois un long moment de solitude pour le tailleur, des paroles comme ‘costard’, ‘pas blanc mais ivoire comme la robe de ma fiancée’, ‘lavallière avec col cassé’, ‘pas un bleu du travail, mais pas un bleu électrique non plus’ pouvant être prononcées. Et je vous en épargne… Mais au milieu de tout cela, je décerne toujours quelques points positifs sur lesquels bâtir un costume plus classique, d’un goût plus sûr et intemporel. Car comme je le répète à jeunes gens :  si vous ne divorcez pas avant, vous garderez votre photo de mariage  pour des dizaines d’années. Alors attention, restez simple et de bon goût. Ne faîtes pas une tenue que vous trouveriez ridicule passé 40 ans ! Si vous n’avez jamais porté la lavallière, ne pensez pas être chic avec le jour J. Et si en plus vous ne portez jamais de costume, cela suffit déjà pour une première !

Cette semaine, étudions un cas, les semaines prochaines nous en verrons d’autres.

Premier cas, le costume bleu.

Ce projet n’est jamais évident, car après l’annonce de cette idée pourtant si limpide, une annonce est faite : il faut que le costume puisse être réutilisé au travail, mais que cela ne soit pas un bleu de travail, pas un bleu de costard quoi ! Je rigole toujours et montre alors des bleus spéciaux, qui évidemment effraient. Il n’y a pas trois bleu : ceux du travail, ceux du mariage et les importables (bleu Klein ou ultra-violet) ; il n’y en a que deux : les deux premiers étant les mêmes. Ce préambule évacué, nous retombons sur un bleu marine ou un bleu pétrole (à porter exclusivement avec souliers noirs, même si cela ennuie parfois les jeunes mariés, que je m’empresse de recadrer : c’est votre mariage, souliers noirs, sans discussion).

La question est souvent de savoir si le costume est deux ou trois pièces. Et s’il est trois pièces, dans quelle couleur et matière réaliser le gilet ? Le gilet doit-il être ton sur ton ou d’une autre couleur ? Ce n’est jamais une réponse facile. Si la cravate est bleue, il faudra faire attention à l’accord des trois bleu. Si la cravate est bleu d’un même ton que le costume, le gilet est alors facile à dépareiller. Si la cravate est d’une couleur autre, comme fushia, le gilet doit-il être fushia (mais forcément pas tout à fait le même), ou d’un autre bleu, couleur complémentaire de la cravate et du costume ? Le choix est hasardeux. Il y a bien le gilet blanc cassé, qui sur un costume marine foncé est très formel, mais rares sont les jeunes gens à se laisser tenter.

La matière du gilet dépareillé peut être sélectionnée dans la même liasse de tissus (par exemple un bleu air force associé à un bleu marine classique), ou dans une liasse différente (par exemple un lin bleuté associé à un bleu marine classique).

Voici deux exemples illustrés. D’une part le costume trois pièces dépareillé, et d’autre part le costume trois pièces uni. A vous de choisir.

ILLUS40Bonne semaine, Julien Scavini

Boutonner ou non sa veste, telle est la question.

3 mars 2014

Un jeune client m’a récemment posé cette question au détour d’un rendez-vous pour un costume de mariage :

"La veste que vous me réalisez peut elle se fermer ? Je dois dire que j’ai été interloqué quelques instants, ne comprenant par le sens de cette demande.

- Euh, oui répondis-je balbutiant, le regard interrogatif.

- ah? car celles que j’achète dans le commerce ne peuvent pas se boutonner habituellement". J’ai continué à creuser le sujet et ai fini par découvrir avec stupeur que ce jeune homme prenait systématiquement des vestes une taille plus petite que la sienne, pour le style me dit-il. Mais quel style? Celui près du corps. Oui, vous avez bien compris : le style étriqué, un peu raz de fesse. Tout de même, je ne sais pas quelle mode ou bien même qui a pu mettre une telle idée dans l’esprit des jeunes, qu’une veste se porte trop petite, à telle point que le bouton ne peut se fermer ?

L’occasion était trop belle de lui rappeler quelques évidences. A l’extérieur, la règle est simple : il faut boutonner sa veste. En intérieur, la règle est sujette à interprétation. Le plus logique est de porter la veste ouverte, mais si l’on a envie, fermée est aussi bien. Par contre, en intérieur toujours, pour une occasion particulière, par exemple devant un supérieur hiérarchique, ou lorsque l’on prend la parole devant un auditoire, il FAUT fermer sa veste.

Ce genre de petits détails peut paraitre anodin en France. Seulement si vous voyagez ou faites des affaires, cela aura une grande importance. De ce petit détail, vous passerez pour quelqu’un de civilisé ou pour un sauvage. Si les anglais font cela naturellement, les américains très à cheval sur ces petits principes de vie vous le feront vite sentir si vous fautez. Je ne parle même pas des japonais qui vous tourneront le dos.

Je me souviens aussi de cet autre client, un jour que nous nous promenions vers Madeleine, qui me fit remarquer le nombre de gens déambulant dans la rue veste ouverte. Il me dit 80%, je fus surpris d’en voir au moins 95% avec la veste ouverte. Cela aussi vient peut-être de cette manie de vouloir toujours tout cintrer. Je coupe mes costumes avec de l’aisance à la taille et suis régulièrement amené à réduire celle-ci. Cela doit être inconfortable au final.

ILLUS39

Récemment, lors d’une journée particulièrement chargée, je remarquais vers 8h du matin que mon costume était plutôt ample, 8 à 10cm d’aisance lorsque je tirais sur le bouton. Et je fus étonné lorsque vers minuit, toujours dans le même costume, l’aisance était nulle, voire serrée. Les heures et la fatigue ont tendance à faire gonfler le corps. Par exemple, il ne faut pas acheter de souliers le matin ou en toute fin de journée, quand vos pieds sont froids ou gonflés.

Je pense prêcher dans le désert quand je dis qu’une veste c’est plutôt ample à la taille. Le cintrage ne doit être qu’un effet, une triche relative entre la taille du bassin et de la taille. Si la veste a un bassin très resserré, pour obtenir l’effet de cintrage, il faudra aussi beaucoup resserrer la taille, d’où l’étroitesse. Au contraire, si le bassin a un peu d’ampleur et la poitrine un peu de drapé, l’effet de cintrage sera facile à obtenir, par pincement. C’est ici que réside l’allure des vestes de tailleur, en opposition aux vestes de prêt à porter et demi-mesure. Bref, une idée : un effet de pincement plus que d’étroitesse. Mais difficile d’aller contre les modes…

Bonne semaine, Julien Scavini

Le cran pointu

23 février 2014

Aujourd’hui, étudions le cran pointu, parfois appelé col tailleur. Vous le savez, sur une veste, l’encolure et l’ouverture sur le devant sont bordées par le revers et le col. Cette partie est assez difficile à réaliser, tant du point de vue technique que du point de vue stylistique. En effet, c’est de la forme du col que dépend en grande partie l’allure et le style d’une veste.

Le revers en lui-même est constitué par la garniture de la veste (c’est à dire la partie intérieure en tissu, le long du devant), qui se retourne vers l’extérieur. Cette partie peut être plus moins large suivant le goût et la morphologie. Par exemple, un revers d’une largeur de 8cm est classique ; certains modèles ‘slim’ présentent 4 ou 5cm de largeur et certains modèles à l’italienne une dizaine de centimètres, voire plus.

Le haut du revers forme à la jonction avec le col, un cran plus ou moins caractéristique. Le cran est dessiné par l’association des lignes d’anglaise et de contre-anglaise. L’anglaise, c’est la ligne du haut du revers, la contre anglaise, c’est la ligne du bas du col (vert et orange sur le schéma A). Ces deux lignes s’épousent puis se séparent : c’est le cran de revers.

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Le cran le plus classique est appelé ‘notch’ lapel par les anglais (A). Difficile de lui trouver une traduction directe (revers à encoche?) en français, les termes les plus courants sont cran ‘sport’ ou cran ouvert. Il est caractérisé par sa forme très nette. C’est le plus répandu, notamment sur les vestes droites (non-croisées).

Un autre cran très répandu est le ‘peak’ lapel ou cran pointu (B). Sa forme caractéristique est tout de suite reconnaissable : une pointe monte vers le ciel. Il n’y a pas de séparation visuelle entre le col et le revers, les deux sont bord à bord. Le dessin de ce col est particulièrement ardu à bien faire. Il est tout en équilibre et en proportions. 5mm de trop ici ou là et l’esthétique paraitra déséquilibrée (C et D).

Ce col en pointe est presque exclusif de la veste croisée. Sur cette dernière, le cran ouvert est une hérésie du pire goût, souvent appréciée des stylistes du reste. Il peut aussi être employé sur une veste droite, notamment pour un smoking. Sur une veste droite de ville, le cran pointu apporte une touche de formaliste. Il rend la veste plus ‘importante’. Il est possible de réaliser avec ce cran des vestes un, deux voire trois boutons suivant l’envie.

crans pointus

Le cran pointu sur des vestes droites peut donner un effet ‘dandy’ ou du moins rendre plus ‘précieuse’ une mise, par opposition au cran ouvert, plus classique, plus décontracté aussi. Il a ses amateurs et ses détracteurs. Ceci dit, il a de l’allure, y compris et surtout quand il est bien large et assez haut. 9 à 10cm de large est classique pour le cran pointu. Regardez donc Hercule Poirot dans la série du même nom pour vous en convaincre.

Notons enfin que le cran pointu a un seul défaut, il vieillit mal quand il est réalisé dans des tissus fins. Car alors, ses pointes vont finir par tomber avec le temps. C’est un trait typique des vieux smoking souvent utilisés. Cela peut faire son charme aussi.

A vous de choisir, si à l’occasion de la commande d’un costume, vous n’optez pas pour celui-ci.

Bonne semaine, Julien Scavini

Au pays de Morse, Barnaby et Dowton Abbey …

16 février 2014

Au pays des inspecteurs Morse, Barnaby et Poirot ou des Lords de Downton Abbey et Upstairs/Downstairs, il pleut (un peu), le majordome attend (souvent) et la Bentley roule (toujours). L’occasion cette semaine d’un beau dessin d’inspiration au lieu d’histoires de vêtements …

GRAND DESSIN 2 copie

Ainsi qu’une bande sonore issue d’Hercules Poirot et joliment intitulée A Country Retreat.

Bonne semaine, Julien Scavini


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